Skip to main content

Full text of "Dictionnaire de la tradition pontificale, patristique et conciliaire : ou, Repertoire général et particulier, par ordre alphabétique, des points du dogme, de la morale et de la discipline"

See other formats


I 



I 



TROISIEME ET DERNIERE 



ENCYCLOPÉDIE 

THÉOLOGIQUE , 

ou TROISIÈME ET DERNIÈRE 

SERIE DE DICTIONNAIRES SUR TOUTES EIS|P:.IÎ9TIES DE LA SCIENCE RELIGIEUSE, 

OrrRAHT EH rRASÇAIS, rx PAR ORDRE AX.PHABÉTIQTIE , 

LA PLUS CLAIRE, LA PLUS FACILE, LA PLUS COMMODE, LA PLUS VARIÉE 
ET LA PLUS COMPLÈTE DES THÉOLOGIES. 

CES DICTIONNAIRES SONT CEIIX : 

DE PHILOSOPHIE CATHOLIQUE, — d'aNTIPHILOSOPHISME, — 

DU PARALLÈLE DES DOCTRINES RELIGIEUSES ET PHILOSOPHIQUES AVEC LA FOI CATHOLIQUE, — 

DU PROTESTANTISME, — DES OBJECTIONS POPULAIRES CONTRE LE CATHOLICISME, — 

DE CRITIQUE CHRÉTIENNE, — DE SCHOLASTIQUE, — DE PHILOLOGIE DU MOYEN ACE, — DE PHYSIOLOGIE, — 

DE TRADITION PATRISTIQUE ET CONCILIAIRE, — DE LA CHAIRE CHRÉTIENNE, — d'hISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE, — 

DES MISSIONS CATHOLIQUES, — DES ANTIQUITÉS CHRÉTIENNES ET DÉCOUVERTES MODERNES, — 

DES BIENFAITS DU CHRISTIANISME, — d'eSTHÉTIQUE CHRÉTIENNE, — DE DISCIPLINE ECCLÉSIASTIQUE, — 

d'érudition ECCLÉSIASTIQUE, — DES PAPES ET CARDINAUX CÉLÈBRES, — DE BIBLIOGRAPHIE CATHOLIQUE, — 

des musées religieux et profanes, — des abbayes et monastères célèbres, — 

de ciselure, gravure et ornementation chrétienne, — de légendes chrétiennes, — de cantiques chrétiens, 

— d'Économie chrétienne et charitable, — des sciences politiques et sociales, — 

DE législation comparée, — DE LA SAGESSE POPULAIRE, — . DES ERREURS ET SUPERSTITIONS POPULAIRES , — 
DES LIVRES APOCRYPHES, — DE LEÇONS DE LITTÉRATURE CHRÉTIENNE EN PROSE ET EN VERS, — 
DE MYTHOLOGIE UNIVERSELLE, — DE TECHNOLOGIE UNIVERSELLE, — 
ET DES ORIGINES DU CHRISTIANISME. 

PUBLIÉE 

PAR M. L'ABBÉ MIGNE, 

ÉOITBUm DE LA BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE DU CLEESA, 

OU 

DES CO0R8 COSaPI.ETS SUR CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCLÉSIASTIQUE.' 

fRIX : 6 FR. LE VOL. l'OUU LE SOUSCRIPTEUR A LA COLLECTION ENTIÈRE. 7 FR. ET MÊME 8 FR., POUR LE SOUSCRIPTEUR 

A TEL OU TEL DICTIONNAIRE PARTICULIER. 

60 VOLOIËS, PRIX : 560 FRANCS. 



T OME DOUZIEME . 

DICTIONNAIRE DE LA TRADITION PONTIFICALE, PATRISTIQUE ET CONCILIAIRE. 

- TOME PREMIER. 

2 VOLUMES, PRIX : lit FRANCS. 

S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE, EDITEUR, 
AUX ATEUERS CATHOLIQUES, RUE D'AMBOISE, AU PETIT-MONTROUGE, 

BARRIÈRE d'enfer DE PARIS. 

1833 




662 4 



i 



DICTIONNAIRE 



DE 



LA TRADITION 

PONTIFICALE, PATRISTIQUE ET CONCILIAIRE, 




PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE, 

DES POINTS DU DOGME, DE LA MORALE ET DE LA DISCIPLINE, 

PRÉSENTAIT AINSI 

LES PRINCIPALES AUTORITÉS DE LA TRADITION CATHOLIQUE 

DANS DES SÉRIES DE TEXTES 

TIRÉS DES SAINTS PÈRES, DES CONCILES, DES CONSTITUTIONS, DES LETTRES 
ET DES JUGEMENTS DES SOUVERAINS PONTIFES, 

Classés snlTant l'ordre logique et chronologique, 

AFIN DE PRÉSENTER LE DÉVELOPPEMENT DE LA TRADITION, SCIVANT tA SUCCESSION DES TEMPS. 

OUVRAGE UTILE 

AUX THÉOLOGIENS, AUX PRÉDICATEURS, AUX CONTROVERSISTES, AUX CATECHISTES, QUI ONT BESOIlf 
DE PUISER AUX SOURCES LES PREUVES DE L'eNSEIGNEMENT CATHOLIQUE; 

PAR LES ABBÉS J.-C. POCSlSIN ET J(.-C. G4JKIER, 

Prêtres du diocèse de Reims, Membres titulaires de l'Académie Impériale de celte ville. 

PUBLIÉ PAR M. L'ABBÉ MIGNE, 

ÉDITEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE DU CLERGÉ, 

00 
DES COURS COMPIETS SUR CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCLÉSIASTIQUE. 



TOME PREMIER, 

^ — r> « on — I. — 

2 TOL. PRIX : 14 FRANCS. 



S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ M. J.-P. MIGNE, ÉDITEUR, 

AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D'AMBOISE , AU PETIT-MON TROUGE , 

BARRlàRE d'enfer DE PARIS 

1853 







luipriinerie MIG.NE, au Pelil-Monlrouse. 



1 



INTRODUCTION. 



DÉFINITION ET PREUVES 



DE LA TRADITION CATHOLIQUE, 



PAR L'ABBÉ BERC.^BR. 



( Extrait du Dictionnaire de Théologie dogmatique. ) 



Quoil tibiqiie, qtiod semper, quod al) omnibus crediliiiu 

est seqn.iiniir universilatem, anliquilaietii, ccii- 

sensionem. 

S. Vincent. Liriii., Commonil., c. 2. 



TRADITION, dans le sens Ihéologique, est 
an témoignage qui nous atteste la vérité 
d'un lait, d'un dogme ou d'un usage. On ap- 
pelle tradition orale, ce témoignage rendu 
de vive voix , qui se transmet des Pères aux 
enfants, et de ceux-ci à leurs descendants ; 
tradition écrite, ce même témoignage couché 
dans l'histoire ou dans d'autres livres ; gé- 
néralement parlant , cette dernière est la 
plus sûre, mais il ne s'en.«uit pas que la pre^ 
mière soit toujours incertaine et fautive , 
parce qu'il y a d'autres monuments que les 
livres, capables de transmettre à la postérité 
la mémoire des événements passés. 

Quant à l'origine, la tradition peut venir 
de Dieu ou dos hommes ; dans ce dernier cas, 
elle vient ou des apôtres, ou des pasteurs de 
l'Eglise ; c'est ce qui fait la différence entre 
les traditions divines, les traditions aposto- 
liques et les traditions ecclésiastiques. Les 
secondes peuvent être justement appelées 
traditions divines , parce que les apôtres 
n'ont rien enseigné que ce qu'ils avaient ap- 
pris de Jésus-Christ lui-même, ou par inspi- 
ration du Saint-Esprit ; et l'on doit nommer 
traditions apostoliques celles que nous ont 
transmises les disciples immédiats des apô- 
tres, parce qu'à leur tour ils ont fait profes- 
sion de n'enseigner que ce qu'ils .avaient 
DiCTION.N. DE LA TnjriT/oN. L 



reçu de leurs maîtres. Les traditions pure- 
ment humaines sont celles qui ont pour au- 
teurs des liommes sans mission et sans ca- 
ractère. Quant à l'objet , une tradition re- 
garde ou la doctrine, ou la discipline, ou des 
fijits historiques, mais celte différence n'en 
met aucune dans le degrédecertilude qu'elles 
peuvent avoir, comme nous le prouverons 
dans la suite. 

La grande question entre les prolestants 
et les catholiques est de savoir s'il y a des 
traditions divines ou apostoliques touchant 
le dogme, qui ne sont point contenues dans 
l'Ecriiure sainte, et qui sont cependant rè- 
gle de foi ; les protestants le nient , et nous 
soutenons lecontraire.Conséquemment nous 
disons que la tradition est la parole de Dieu 
non écrile, que les apôlres ont reçue de la 
bouche de Jésus-Christ, qu'ils ont transmise 
de vive voix à leurs disciples ou à leurs suc- 
cesseurs, et qui est venue à nous par l'en- 
seignement des pasteurs, dont les premiers 
ont élé instruits par les apôtres. En daulres 
termes, c'est l'enseignemenl constant et per- 
pétuel de l'Eglise universelle, connu par la 
voix uniforme de ses pasteurs , qu'elle 
nomme les Pères, par les décisions des con- 
ciles, par les pratiques du culte public, par 
les prières cl les cérémonies de la liturKic. 

a 



par le témoignage même do quelques auteurs 
profanes et des héréiiques. 

L'autorité el la nécessilé de la tradition , 
ainsi conçue, est déjà prouvée par les mêmes 
raisons p,:r lesquelles nou!< avons fait voir 
que l'Ecriture sainte ne peut pas être la 
seule règle de notre foi. Voy. Dépôt, Doc- 
trine cnr.ÉTîF.NNE, Ecriture, Eglise , Pè- 
res, etc. Mais, comme c'est ici le point capi- 
l.il qui dislingue les calboliqufis d'avec les 
sectes hétérodoxes, el en particulier d'avec 
les protestants, il est essentiel de répéter les 
principales de ces preuves, d'en montrer 
leiichainemeiit et les conséquences, d'y en 
ajouter d'autres, el de résoudre quelques 
objections auxquelles nous n'avons pas en- 
core satisfait. 

Première preuve. L'Ecriture sainte. Saint 
Paul écrit aux Thessaloniciens, Epist. Il, 
c. u. V. 14, Demeurez fermes , mes frères, et 
gardez les traditions rywe vous avez apprises, 
soit par mes discours, soit par ma lettre. Aux 
Corinthiens, Epist. I , c. xi, v. 2 : Je vous 
loue, mes frères, de ce que vous vous souvenez 
de moi dans toutes les occasions, et de ce que 
vous gardez mes préceptes comme je vous les 
ui donnés. Au lieu de mes préceptes, le grec 
porte mes traditions. U dit, / Tim., c. vi, 
V. 20 : Timotliét, gardez le dépôt, évitez 



INTRODUCTION 



Seconde preuve. Pendant deux mille qua- 
tre cents ans. Dieu a conservé la religiou 
des patriarches par la tradition seule, et 
pendant quinze cents ans celle des Juifs, au- 
tant par la tradition que par l'Ecriture; 
pourquoi aurail-il changé de conduite à 
l'égard delà religion chréiieunc? Moïse, 
près de mourir, dit aux Juifs, Drut., c. xxxu, 
V. 7 : Souvenez-vous des anciens temps, con- 
sidérez toutes les générations. Interrogez vo- 
tre père, et il vous enseignera; vos aïeux et 
ils vous instruiront. 11 ne dit pas : Lisez mes 
livres, consultez l'histoire des premiers âges 
du monde quej'ai écrite et que je vous laisse. 
Ils le dpvisient, saiis doute; mais sans le se- 
cours de la tradition de leurs pères , ils 
n'auraient pas pu entendre parfaitement ces 
livres. Moïse ne s'était pas contenté d'écriro 
les prodiges que Dieu avait opérés en faveur 
de son peuple, il en avait établi des monu- 
ments , des rites comméraoralifs , pour en 
rappeler le souvenir, et il avait ordonné aux 
Juifs d'en expliquer le sens à leurs enfants, 
afin de les leur graver dans la mémoire, 
Deut., c. vr, ?• 2D, etc. Pourquoi ces précau- 
tions, si l'Ecriture suffisait? David dit, Ps. 
Lxxvii, V. 3 : Combien de choses n'avons- 
nous pas apprises de la bouche de nos pères...? 
Combien de vérités Dieu leur a ordonné d' ca- 
les nouveaulù profanes et les contradictions seigner à leurs enfants, afin de les faire con 



fausaempnt nommées science. Il Tim. c. i, v. 
13. Ai/ez une formule des vérités qui^ vous avez 

entendues de ma bouche , gardez ce bon 

dépôt par le Saint-Esprit; c. ii, v. 2, ce que 
vous avez appris de mui devant une multitude 
de témoins, confiez-le à des hommes fidèles qui 
seront capables d enseigner les autres. 11 dit 
aux Hébreux, c. vi, v. 1, qu'il ne veut pas 
leur parler de la pénitence, des œuvres mor- 
tes, de la loi en Dieu, des différentes espèces 
de baptême, de l'imposition des mains, de la 
résurrection des morts et du jugement 
éteruel , mais qu'il le fera, si Dieu le per- 
met. 

Nous ne voyons point que saint Paul ait 
traité toutes ces matières dans ses lettres ; 
il en a donc instruit les fidèles de vive voix. 
Or, il met de pair les vérités qu'il a ensei- 
gnées dans ses discours, el celles qu'il a 
écrites, les unes el les autres formaient le 
dépôt qu'il confiait à Tiinolhée, et qu'il lui 
ordonnait de transmettre à ceux qui seraient 
capables d'enseigner. S'il n'avait voulu par- 
ler que de vérités écrites, il aurait dit : Faites 
un recueil de mes lettres , gardez-les , et 
donnez-en des copies à des hommes capa- 
bles d'enseigner; jamais saint Paul n'a 
nommé l'Ecriture sainte une formule de vé- 
rités. Les protestants répondent que les apô- 
tres écrivaient les mêmes choses qu'ils prê- 
chaient. Assurément ils n'ont pas écrit des 
choses contraires à ce qu'ils enseignaient de 
vive voix.; mais la question est de prouver 
qu'ils ont mis par écrit toutes les vérités 
qu'ils ont prêchées , sans exception; or, 
saint Paul témoigne que cela n'est point ; il 
serait impossible que cet apôlre eût reo- 
feriné en quatorze lettres tout ce qu'il a en- 
seigné pendant trente-trois ans. 



naître aux générations futures? Jls en use- 
ront de même à l'égard de leurs descendant.^, 
afin qu'ils méfient en Dieu leur espérance, 
qu'ils n'oublieJit point ce qu'il a fait, et qu'ils 
apprennent ses commandements. A quoi bon 
ces leçon> des pères, s'il suffisait do lire les 
livres saints? Nous ne voyons point de lec- 
tures publiques établies chez les Jcifs avant 
le retour de la captivité, el il s'était pour 
lors écoulé mille ans depuis la mort de 
Moïse. Ce législateur, ni aucun des pro- 
phètes, n'a ordonné aux Juifs d'apprendre à 
lire. 

Troisième preuve. Dieu a établi le chris- 
tianisme principalement par la prédication, 
par les instructions de vive voix, et non par 
la lecture des livres saints. Saint Paul ne dit 
point que la foi vient de la lecture, mais de 
l'ouïe, et que l'ouïe vient de la prédication , 
Fides ex auditu, auditus autem per verbum 
Christi [Ptom. x, 17). 11 y a sept apôtres des- 
quels nous n'avons aucun écrit ni aucune 
preuve qu'ils en aient laissé. Cependant ils 
ont fondé des Eglises qui ont subsisté après 
eux, et qui ont conservé leur foi très-long- 
temps avant qu'elles aient pu avoir l'Ecri- 
ture sainte dans leur langue. Sur la fin du 
\V siècle, saint Irénée a témoigné qu'il y 
avait chez les barbares des Eglises qui n'a- 
vaienl point encore d'Ecriture , mais qui 
conservaient la doctrine du salut, écrite dans 
leur cœur par le Saint-Esprit, el qui gar- 
daient soigneusement l'ancienne tradition. 
Contra Hœr., l. m, c. 4. n. 2. Aucune ver- 
sion n'a été faite par les apôires, ni de leur 
temps; ce que disent les protestants de la 
haute anli.juiié de la version syriaque 
est avancé sans aucnie preuve. Voy. Ver- 
sion. 



INTRODr 

Pour la commodité de Imr s', sièrae, ils 
supposent et ils assurent qiio, dès le temps 
do .ipôlres , l'Ecriture sainte fut traduite 
dans les langues de tous les peuples qui 
avaient embrassé le christianisme; nous 
pouvons le nier hardiment. A la réserve de 
la traduction grecque des Septante, nous ne 
connaissons la date précise d'aucune des 
anciennes versions. Les protestants ne ces- 
sent de répéter que celle dis Septanie est 
l'ès-fautive, qu'elle a clé la cause de la plu- 
part des erreurs qu'ils reprochent ;iux Pè- 
res de l'Eglise ; c'est néanmoins sur cette 
version que la plupart des autres ont clé 
faites. Ils disent que le grec élait entendu 
partout ; cela est faux. Dans la plupart des 
provinces romaines, le peuple n'avait pas 
plus l'intelligence du grec quil n'a celle du 
latin parmi nous, et hors des li.nites de l'em- 
pire cette langue n'élail d'aucun usage. Il y 
a eu des nations chrétiennes dans le langage 
desquelles lEcriture sainte n'a j-imais été 
traduite. On sait d'iiilleurs combien l'usage 
des lettres était rare chez la plupart des na- 
tions dans les temps dont nous parlons. A ta 
vérité, Théodoret, Thémpeut., liv. v, dit 
que de son temps les livres des Hébreux 
étaient traduits dans les langues des Ro- 
mains, des Egyptiens, des Perses, des Indiens, 
des Arméniens, des Scythes et des Sarmales, 
en un mol, dans toutes les langues dont les 
différentes nations se servaient pour lors. Si 
ce passage incommodait les protestants, ils 
demanderaient comment Théodoret a pu le 
savoir ; il> diraient que c'est un lait hasardé 
et cerl.ii.iement exagéré , que l'Ecriture 
sainte n'a été traduite ni en langue punique 
usitée à Malte el sur les côtes de l'Afrique, 
ni en ancien espagnol, ni eu celle, ni on an- 
cien breton , quoique ces peuples fussent 
déjà chrétiens. Nous ne doutons pas qu'ji'i 
cinquième siècle il n'y ait eu quelques li- 
vres hébreux traduits dans les différentes 
langues dont parle Théodoret ; mais on ne 
prouvera jamais qu'ils l'étaient tous, et ce 
Père ne parle point du Nouveau Teslamenî. 
D'ailleurs il y avait pour lors près de quatre 
cents ans que le christianisme était prêché ; 
le iv siècle qui avait précédé, avait été un 
temps de lumières, de travaux apostoliques, 
d écrits de toute espèce faits par les Pères 
de l'Eglise, au lieu que les trois premiers 
avaient été un temps de souffrance et de 
persécution. 

Malgré ces faits , nos adversaires soutien- 
nent gravement que Jcsus-Christ et les apô- 
tres n'auraient pas agi sagement , s'ils 
avaient confié les do;;mes de la foi à la faible 
et trompeuse mémoire des hommes, à l'in- 
certitude des événements, à la vicissitude 
continuelle des siècles, et s'ils n'avaient pas 
mis par l'Ecriture ces vérités divines sous 
les yeux des hommes; Mo^heim, JJist. 
christ., ne part., sec. 3, c. 3, § 3. Ces criti- 
ques téniéraires ne voient pas qu'ils accu- 
sent réelement Jésus-Christ et les apôtres 
d'avoir manqué de sagesse. Car enfin voici 
des faits pi».sitifs qui ne se détruiseni puiiit 
par des présomptions, savoir, queJé>us- 



CTION. ^ 

Christ n'a rien écrit, qu'il n'a point ordonné 
à ses apôtres d'écrire, que sept d'entre eux 
n'ont rien laissé par écrit, que les autres .j 
n'ont fait traduire aucun livre de l'Ecriture, - 
que la plupart des versions n'ont été faites * 
que longtemps après eux, à mesure que lc« 
églises sont devenues nombreuses dans les 
divers pays du monde. Il est singulier qu- 
des dispuleurs qui exigent que nous leur 
prouvions tout par écrit, forgent si aisément 
les faits qui peuvent étayer leur système. lis- 
en imposent grossièrement, lorsqu'ils pré- 
tendent que les dogmes de foi prêches pu- 
bliquement et tous les jours, enseignés au 
commun des fidèles dès l'enfance , exposés 
aux yeux de tous par les pratiques du culte, 
répétés et inculqués par les prières de la li- 
turgie , soi»l conliés à la mémoire trompeuse 
des hommes. ÎNos mœurs, nos usages, nos 
droits, nos devoirs les plus essentiels, sont 
confiés au même dépôt, et il n'en est point 
de plus incorruptible. Dieu a-t-il donc man- 
qué de sagesse en négligeant de faire écrire 
avant Moïse les dogmes qu'il avait ensei- 
gnés aux premiers hommes deux raille 
quatre cents ans auparavant? Faut-il abso- 
lument savoir lire pour être capable de faire 
des actes de foi et d'obtenir le salut. 

L'on a vu des personnes ignorantes, des 
femmes, des esclaves, faire des conversions. 
C'est par des vertus , par des miracles , el 
non par les livres seuls, que Dieu a converti 
le monde. D'ailleurs les apôtres savaient que 
leurs disciples écriraient; ils ont donc pu se 
reposer sur eux de ce soin , aussi bien que 
de celui d'enseigner les fidèles : or, ce que 
ces disciples ont écrit n'est plus confié à lij 
seule mémoire des hommes, quoiqu'il ne soit 
pas dans l'Ecriture sainte. 

Quatrième preuve. Si Jésus-Christ et les 
apôtres avaient voulu que la doctriiie chré- 
tienne fût répandue et conservée par lEcri- 
ture seule, il n'aurait pas été besoin d'éta- 
blir une succession de pasteurs el de doc- 
leurs, pour en perpétuer l'enseignement; 
les apôtres se seraient contentés de mettre 
l'Ecriture à la main des fidèles, et de leur en 
recommander la lecture assidue. Ils oi:t fait 
tout le contraire. Saint Paul dit que c'est 
Jésus-Christ qui a donné des pasteurs et des 
docteurs , aussi bien que des apôtres et des 
prophètes, afin qu'ils travaillent à la perfec- 
tion des saints, aux fonctions de leur minis- 
tère, à l'édification du corps mystique de Jé- 
sus-Christ, jusquà ce que nous parvenions 
tous à l'unité de la foi et de la connaissance 
du Fils de Dieu (Ephes., iv, 11). Il décide que 
personne ne doit prêcher sans -missior) , 
llom., c. X, V. 15. Est-ce le peuple qui h. 
donne? Non, c'est le Saint-Esprit qui a éta- 
bli les évêques pour gouverner l'Eglise de 
Dieu, Act., c. xx, v. 28. Celle mission se 
donne par l'imposilioa des m lin*, / Tim.. 
c. IV, V, li ; et quand un pasieur l'a reçue, 
il peut la donner à daulres, c. v, v. 22. L'A- 
pôire recommande ta lecture de l'r.crilure 
siintc, non aux simples fidèles , mais à ua 
pisleur, parce qu'elle est utile pour ensei- 
gner, pour reprendre, pour corriger, pour 



503 
.P7 



vui 



instntrre dans In justice, ponr rendre pa>'fait 
un homme de Dieu, ou un ministre île Dieu, 
// Tim., c. IV, V. 16. Il n'ajoute point qu'elle 
est utile à tous les fidèles pour apprendre 
leur religion. Saint Pierre les averlil au con- 
traire qu'il n'apparlicni pas à tous de l'in- 
lérpréier, que les ignorants et les esprits lé- 



îNTRODÎjCTION. 

doute raisonnable, et prévaloir sur îoat ar- 
gument spéculatif. En eiïet , lorsqu'un fart 
sensible est attesté par une multitude de té- 
moins qui n'ont pu agir par collusion, qui 
étaient de différents àgos et de divers carac- 
tères, dont les intérêts, les p issions, les pré- 
jugés tiepouvaientêtre les mêmes, quiétaieot 



gers la pervertissent pour leur propre perte, de différents pays, et qui ne se parlaient pas 
~ "" ■"-•■' la même langue , il est impossible que tanl 

de témoignages réunis sur un fait soient su- 
jets à l'erreur. Il ne sert à rien de dire que 
chaque témoin en particulier a pu se trom- 
per ou V(»uloir tromper, qu'aucun n'est in- 
faillible ; il n'est pas moins évident que 
l'uniformité de leur attestation nous donne 
une certitude entière du fait dont ils dépo- 
sent, ils méritent encore plus de croyance , 
lorsque co sont des hommes revêtus de ca- 
ractère pour rendre témoignage du fait dont 
il s'agit, bien persuadés qu il ne leur est pas 
permis de le déguiser ni d'en imposer, qu'ils 
ne pourraient le faire sans s'exposer à être 
contredits, couverts d'opprobre, dégradés et 
dépossédés de leur état. Or les pasteurs de 
l'Eglise sont autant de témoins revêtus de 
toutes ces conditions pour rendre témoi- 
gnage de ce qu'ont enseigné les apôtres, de 
ce qui a été cru , professé et prêché publi- 
quement dans toutes les Eglises qu'ils ont 
fondées. 

S'il y a dans le christianisme une question 
essentielle , c'est de savoir quels sont les li- 
vres que nous devons regarder comme Ecri- 



JI Petr., c. I, V. 20; c. m, v. 16. Mais les 
protestants, plus éclairés sans doute que les 
apôtres, prétendent que tout fidèle doit lire 
lÉcrilure sainte pour y apprendre ce qu'il 
doit croire , et que tous sont capables de 
l'entendre. 

Loin de convenir que les pasteurs et les 
docteurs ont travaillé à la perfection des 
saints et à l'unité de la foi, ils soutiennent 
que ce sont eux qui l'ont corrompue, et 
qu'ils s'y sont appliqués depuis la mort des 
apôtres jusqu'au xvr siècle. Cependant Jé- 
sus-Christ avait promis d'être avec ses apô- 
tres jusqu'à la (in des siècles , Matth.^ c. 
xxviïi, V. 20 ; de leur envoyer l'Esprit de 
vérité pour toujours, Joan., c. xiv, v. 16; 
mais, selon l'opinion des protestants, il n'a 
pas tenu parole. Il avait aussi promis d'ac- 
corder aux fidèles le don des miracles, Marc, 
c. xvi, v. 17, et nos adversaires conviennent 
qu'il a exécuté celle promesse, du moins 
pendant les trois premiers siècles de l'E- 
glise ; quant à la première, qui n'était pas 
moins nécessaire , elle est demeurée sans 
exécution; la seule grâce que Jésus-Christ 



ait faite à son Eglise a été d'y conserver b s ture sainte et parole de Dieu ; les protestants 



saintes Ecritures sans altération, entre les 
mains de dépositaires fort suspects. Mais 
sans l'assistance du Saint-Esprit , à quoi 
celte dernière grâce a-t-elle pu servir ? C'est 
sur le sens des Ecritures que la plupart des 
disputes, des schismes , des hérésies, sont 
arrivés dans l'Eglise. Si Jésus-Christ lui a 
conservé l'esprit de vérité pour déterminer 
et fixer ce sens, toute dispute est finie, il 
s'ensuit que l'Eglise a conservé pure la doc- 
trine de son divin Maître et qu'elle a eu 
droit de condamner les hérétiques. Si cela 
n'est point, l'Ecriture est la pomme de dis- 
corde qui a divisé tous les esprits ; faute de 
la consulter ou de la bien entendre, les pas- 
tfiurs de l'Eglise ont altéré la doctrine chré- 
tienne, les hérétiques ont bien fait de mé- 



sont forcés d'avouer que nous ne pouvons 
en être informés que par le témoignage des 
anciens Pères, pasteurs des églises, déposi- 
taires et organes de la tradition. Mais si ces 
Pères ont été ignorants , crédules , souvent 
trompés par des livres apocryphes, tels qu'ils 
sont peints par les protestants, quelle cer- 
titude peut nous donner leur témoignage ? 
Pour fonder no're foi, il faut être assuré 
que ces livres ont été conservés dans leur 
entier, et non altérés et falsifiés ; qui nous 
le certifiera, si les Pères ont été capables 
d'user de fraudes pieuses? On dira qu'il ne 
leur était pas possible d'altérer les livres 
saints, parce que ces livres étaient lus pu- 
bliquement et journellement dans les as- 
semblées des fidèles, et parce que la con- 



priser ses anathèmes, il y a autant de pré- frontation des exemplaires- aurait découvert 



somption en faveur de leur doctrine qu'en 
faveur de la sienne. Cependatit Jésus-Christ 
a détruit le très-grand nombre des hérésies 
et a conservé l'Eglise ; où est l'éq lité, où est 
la sagesse de ce divin législateur? C'est aux 
prolestants de nous expliquer ce phéno- 
raène. 



la fraude. Nous en convenons. Mais les au- 
tres points de la doctrine chrétienne n'y 
étaient pas prêches moins publitjfe/iGOent ni 
moins assidûment ; s'il y était survenu de 
l'altération quelque part , la comparaison 
de cette doctrine avec celle des autres églisea 
aurait fait le même effet que la confron- 



Cinquième preuve. Tout le monde convient tation des différentes copies des livres saints. 



que la certitude morale , fondée sur le té 
moignage des hommes, est la base de la so- 
ciété civile, elle ne re>t pas moins à l'égard 
d'une religion révélée, puisque celie-ci 
porte sur le fait de la révélation; et ce fait 
général en renferme une infiiiité d'autres. 
Tous sont prouvés par des témoignages, et 
l'on démontre aux déistes que la certitude 
qui en résulte doit exclure toute espèce de 



Un protestant célèbre et très-prévenu con- 
tre la tradition l'a compris. Beausobre, dans, 
son Discours sur les dires apocryphes, Eist. 
du Manich., lom. I, p. kM , dU que pour 
discerner si un livr;^ était apocryphe ou au- 
thentique, les Pères en ont comparé la doc- 
trine avec celle que les apôtres avaient prê- 
chée dans toutes ies églises, et qui était uni- 
forme. Donc il reconnaît aue la tradition ds 



INTRODUCTION. 



ces églises c'ait un témoignage irrécusable, 
el que les Pères ont été capables de le ren- 
dre sans aucun danger d'erreur. « La tra- 
dicion, dil-il, ou le témoignage de l'Eglise , 
lorsqu'il est bien vériûc, est une preuve so- 
Tuie de la certitude des faits et de la certi- 
tude de la doctrine. » Cet aveu est remar- 
quable. H ajoute , en second lieu, que les 
Pores ont pu savoir certainement quels 
étaient les livres donnés aux Eglises par les 
apôtres et par les hommes apostoliques, dès 
le commencemeril , parce qu'il y a eu dans 
l'Eglise une succession contimu' d'évêques, 
de prêtres , d'écrivains ecclésiastiques qui , 
depuis les apôtres, ont instruit les Eglises , 
et dont on ne pouvait pas récuser le témoi- 
gnage. Il dit enfin que les Pères ont comparé 
les livres qui venaient certainement des apô- 
tres avec les autres , pour savoir si ceux-ci 
ressemblaient aux premiers, que c'est la rè- 
gle el la maxime de tous les critiques. 

Voilà donc les anciens Pères reconnus capa- 
bles de confronter la doctrine des Eglises avec 
celle des livres saints, capables de porter un 
témoignage irrécusable sur la conformité de 
l'une avec l'autre, capables d'user de li cri- 
tique pour comparer le ton, le style, la ma- 
nière des écrits incontestablement apostoli- 
ques, avec la manière de ceux desquels 
l'authenticité n'était pas encore universelle- 
ment reconnue. Si Beausobre et les autres 
protestants avaient toujours rendu la même 
justice aux Pères de l'Eglise , nous leur eu 
saurions gré. Or, puisque ces Pères sont di- 
gnes de foi lorsqu'ils disent : Voilà les livra 
que les apôtres nous ont laissés comme divins, 
ils ne ie sont pas moins lorsqu'ils disent : 
Telle est la doctrine que les apôtres ont en- 
seignée à nos Eglises, et tel est le sens qu'ils 
ont donné à tel outel p<issage. Ainsi, lorsqu'en 
325, au concile de Nicée, plus de trois cents 
évéques , rassemblés non-seulement des dif- 
férentes parties de l'empire romain , mais 
encore d'autres contrées, rendirent unifor- 
mément témoignage que le dogme de la di- 
vinité du Verbe avait été enseigné par les 
apôlres, toujours cru et professé dans les 
églises dont ces évéques étaient pasteurs ; 
que par ces paroles de l'Evang le : Mon Père 
el moi sommes une même chose, on avait tou- 
jours entendu que le Fils était consubstan- 
liel au Père: que manquait-il à cette attes- 
tation pour donner de ces faits une certitude 
morale, enlière et complète ? Quand ce même 
témoignage aurait été rendu par les évéques 
dispersés dans leurs sièges, et consigné dans 
leurs écrits, il n'aurait été ni moins fort ni 
moins incontestable. Jusqu'à présent nous 
n'avons vu dans les ouvrages de nos adver- 
saires aucune réponse à celle preuve. Ils di- 
ront peut-être qu'en fait de dogme et de doc- 
trine la preuve par témoins n'est pas admis- 
sible. Pure équivoque. Lorsqu'il s'agit de 
juger par nous-mêmes si un dogme est vrai 
ou faux, conforme ou contraire à la raison, 
utile ou pernicieux, ce n'est plus le cas de 
consulter des témoins ; mais quand il est seu- 
lement question de savoir si tel dogme a été 
enseigné aux fidèles par les apôtres, s'il a 



IX 

été prêché el professé constamment dans les 
églises, c'est un fait sensible, public, écla- 
tant, qui ne peut être constaté que par des 
témoignages. Or, dès qu'il est certain que 
les apôtres l'ont enseigné, toule autre ques- 
tion est superflue. 

Dans les tribunaux de magistrature on in- 
terroge également les témoins sur ce qu'ils 
ont vu et sur ce qu'ils ont entendu ; leur dé- 
position fait foi sur l'un et sur l'autre de ces 
deux faits. Les apôtres eux-mêmes nous ont 
donné l'exemple de celte méthode : Nous ne 
pouvons nous dispenser, disent saint Pierre 
et saint Jean, de publier ce que nous avons 
vu el entendu [Art. iv, 20.) Nous vous annon- 
çons el nous vous attestons ce que nous avons 
entendu, ce que nous avons vu, ce que nous 
avons touché de nos moins, au sujet du Verbe 
vivant (/ Jean., i). Immédiaienient .-^près la 
tnorl des apôlres, Cérinthe, Ebion, Saturnin, 
Hasilide et d'autres nièrent la création , la 
divinité de Jésus-Christ, la réalité de sa chair, 
de sa mort, de sa résurrection, et le dogme 
de la résurrection future. Que leur opposè- 
rent saint Barnabe, saint Clément, saint Po- 
lycarpe, saint Ignace? la prédiration des 
apôlres qui avaient été leurs maîtres. Pour 
préserver les fidèles de l'erreur, ils leur re- 
commandent de se tenir attachés à la tradi" 
tion des apôlres et à la doctrine qui leur est 
enseignée par leurs pasteurs; nous citerons 
ci-après leurs paroles. Donc au ii® et au m* 
siècle, lorsqu'il est survenu d'autres héréti- 
ques, les Pères ont dû leur répondre de mê- 
me : Votre doctrine n'est pas celle qui nous 
a été enseignée par les successeurs immédiats 
des apôtres. Saint Ircnée, dans Eusèbe, llist. 
ecclés., 1. v, c. 20. — Si l'on prétend que celle 
preuve de fait a perdu sa force par la suc- 
cession des temps, il faudra soutenir aussi 
qu'elle esl devenue caduque à légard des 
autres faits sur lesquels le christianisme est 
fondé, et en particulier à l'égard de la ques- 
tion de savoir quels sont les livres qui nous 
ont été dounés par les apôlres comme Ecri- 
ture sainte. 

Sixièms preuve. Des réilexions que nous 
venons de faire , il s'ensuit di>jà que l'Ecri- 
ture seule n'aurait pas été un moyen sufû- 
sant pour répandre et pour conserver la 
doctrine de Jésus-Christ, s'il n'y avait pas 
un ministère, une mission, un enseignement 
public pour allesler aux fidèles l'aulhenli- 
cité, l'inlégrilé, la divinité des livres saints, 
pour les leur expliquer et leur en donner le 
véritable sens. Mais cette vérité esl encore 
confirmée par d'autres raisons. 1° Dans les pre- 
miers siècles, peu de personnes avaient l'u- 
sage des lettres, et l'ignorance devint encore 
plus générale après l'inondation des peuples 
barbares. Avant l'invention de l'imprimerie, 
une Bible était un livre très-cher, el les exem- 
plaires n'en étaient pas communs. Il est évi- 
dent que pendant quatorze cents ans les 
trois quarts et demi des chrétiens étaient ré- 
duits aux seules instructions des pasteurs ; 
nous ne croyons pas pour cela que le saUii 
leur ail été beaucoup plus difficile qu'à nous. 
Dieu ne l'a jamais allaché à des moyens ra- 



res , dispendieux, presque impraticables; 
Moïse le fait remarquer aux Juifs, Deut., 
c. XXX, V. 11 ; il n'y a pas lieu de penser que 
Dieu en agit avec moins de bonté envers les 
chrétiens : nous avons fait voir ailleurs que 
dans l'Eglise catholique la loi des simples 
et des ignorjinis , fondée sur la mission des 
pasteurs qui les instruisent, et sur la tradi- 
tion, est très-sage et très-solide. Nous exa- 
minerons ci-après si celle du commun des 
protestants est plus certaine et mieux ap- 
puyée. 2° Le très-grand nombre des vérités 
de foi , comme la sainte Trinité, l'incarna- 
tion, la rédemption du monde, la résurrec- 
tion future, la nature du bonheur éternel , 
les supplices de l'enfer , la communication 
du péché originel, l'effet des sacrements, ce- 
lui de l'eucharistie en particulier , la prédes- 
tination , l'efficacité de la grâce, etc., sont 
des mystères incompréhensibles. De quel- 
que manière qu'ils soient couchés par écrit, 
il nous restera toujours des doutes sur le 
sens des termes, parce que le langage hu- 
main ne peut nous en fournir d'assez clairs. 
L'oubli des langues originales, la variété 
des versions, l'inexactitude des copies, l'é- 
quivoque des mots, lechangemenldes mœurs 
et des usages, la bizarrerie des esprits , les 
subtilités de grammaire, les sophismes des 
liérétiques, laisseront toujours des inquié- 
tudes au commun des lecteurs. Quand il y 
aurait beaucoup d'hommes capables de sur- 
monter tous ces obstacles, s'ils n'ont ni ca- 
ractère, ni mission, ni autorité divine, à quel 
titre pourrons-nous leur ajouter foi ? 3" Les 
prolestants ont beau répéter que l'Ecriture 
sainte est claire sur tous les articles essen- 
tiels du christianisme, il n'en est pas un seul 
que les hérétiques n'aient attaqué par l'Ë- 
criture même. Jamais deux sectes opposées 
n'ont manqué d'y trouver chacune des pas- 
sages favorables ; point d'absurdité que l'on 
n'ait étayée parla : cet abusacommencé avec 
le christianisme, et il dure encore. Dieu nous 
a-t-il donné, pour seul moyen d'apprendre 
notre croyance , la pierre d'achoppement 
contre laquelle se sont heurtés tous les mé- 
créants. 

Mais ces réflexions, quelque évidentes 
qu'elles soient, paraissent aux protestants 
autant de blasphèmes : ils nous accusent de 
déprimer l'Ecriture ou la parole de Dieu, do 
la faire envisager comme un livre inutile 
dont la lecture est dangereuse; de mettre la 
tradition, qui n'est que la parole des hom- 
mes, au-dessus de celle de Dieu , comme si 
Dieu ne savait pas mieux parler que les hom- 
mes , eic. Pures calomnies cent fois réfutées. 
Ce n'est point déprimer l'Ecriture sainte, que 
de la représenter telle que Dieu nous l'a 
donnée: en la faisant écrire par des hom- 
mes inspirés , il n'a pas changé la nature du 
langage humain ni l'essence des choses. Les 
protestants eux-mêmes conviennent que , 
pour l'entendre, il faut l'assistance du Saint- 
Esprit, et ils disent que Dieu ne la refuse 
point à un fidèle docile, qui cherche sincè- 
rement la vérité. De notre côté, nous soute- 
nons que Dit'u n'a point i)romls cette assis- 



:CTjON. 

i ioce à cnaque fidèle , mais à son Eglise , 
aux apôtres et à leurs successeurs, aux pas- 
teurs chargés d'enseigner; que quiconque 
refuse de les écouler n'est plus ni fidèle, ni 
docile, ni sincère, puisqu'il résiste à l'ordre 
de Dieu, et que , par un orgueil téméraire, 
il se croit mieux inspiré que lEglise entière; 
qu'il y a du fanatisme à nommer parole de 
Dieu le sens qu il plaît à chaque particulier 
de donner à l'Ecriture sainte, sous prétexte 
que c'est Dieu qui le lui fait connaître. Loin 
de rejeter l'Ecriture sainte, nous la mettons 
toujours à la tête de toutes nos preuves 
théologiques ; el lorsque lei hétérodoxes en 
détournent le sens, lorsqu'ils disent que les 
passages que nous citons sont obscurs, et 
que nous en lirons de fausses conséquences, 
nous leur répliquons que ce n'est ni à eux 
ni à nous de juger définitivement celte con- 
testation, que c'est à l'Eglise , au corps des 
pasteurs auxquels Dieu a donné mission et 
autorité pour enseigner , par conséquent, 
pour expliquer le vrai sens de l'Ecriture. 
Nous ajoutons que si l'Ecriture garde un si- 
lence absolu sur un point de dt)cirine, et s'il 
est enseigné néanmoins par l'Eglise ou par 
le corps des pasteurs, nous devons y croire, 
parce qu'ils ont toujours fait profession de 
n'enseigner que ce qu'ils avaient reçu , par 
tradition , des apôtres, et que la parole des 
apôtres, qui est la parole de Dieu, n'est pas 
moins respectable non écrite que quand elle 
est écrite. Nous avons donc pour cette divine 
parole un respect plus sincère que les pro- 
lestants. 

Pour nous rendre odieux, ils nous repro- 
chenl de favoriser le déisme et le pyrrho- 
nisme. En effet , les déistes ont ftiit ce rai- 
sonnement : D'un côté les catholiques prou- 
vent que l'Ecriture seule ne peut donner 
aux chrétiens une entière certitude de leur 
croyance, de l'autre les protestants soutien- 
nent que la tradition peut encore moins 
produire cet oll'et; donc les chrétiens n'ont 
aucune preuve de leur foi. 11 nous paraît 
d'abord fort aisé de reioumer l'argument et 
de dire : D'un côté les catholiques prouvent 
que la tradition leur donne une certitude 
entière de la vraie doctrine de Jésus-Christ, 
de l'autre les protestants soutiennent que 
l'Ecriture seule suffit pour opérer cet effet; 
donc l'Ecriture et la tradition réunies don- 
nent une certitude encore plus complète. 
Que peuvent répondre les déistes? 

Au lieu de les réfuter ainsi, les protestants 
ont jugé qu'il était mieux de faire retombcf 
ce sophisme sur nous seuls, ils disent : Nous 
prouvons évidemment que la tradition est 
souvent fausse et trompeuse ; donc , si vous 
venez à bout de démontrer que l'Ecriture 
est insuffisante, vous ôlez toul foodement 
aux vérités de la foi, vous donnez gain de 
cause aux incrédules. — Outre le ridicule 
qu'il y a de leur part à s'attribuer la vic- 
toire, lorsque le combat dure encore, nous 
leur demandons si la certitude de notre foi 
est fondée sur deux preuves, savoir, l'Ecri- 
ture et la tradition, lequel des deux partis 
lui porte le plus de préjudice, celui qui veut 



INTllODCCTÎON. 



qu'on les réunisse el que l'on soulionne l'une 
par l'aulre, ou celui qui rejelle absolutncHl 
l'une (les d 'ux ? L'enlèteinent de nos adver- 
sinres est de supposi-r îouiours que nous re- 
j^'tons lEcriture comme ils rejellent la tra- 
dition; fausselé notoire. Encore une fois, 
nous disons que. l'Ecriture sainte expliquée 
^t suppléée par la tradition est une rèiile 
sûre, divine, infaillible, à laquelle tout cliré- 
li< n doit se soumettre sans liésiter; mais que 
l'Ecriiure sain;e sans la tradition, et iiv:ée 
à l'interpiét.ition arbitraire de chaque par- 
ticulier, est une source infaillible d'erreur ; 
nous ne rejetons donc que la méthode pio- 
teslanle d'user de l'Ecriiure , et non l'Ecri- 
lure elle-même. 

Ils insistent cependant encore, et ils dirent : 
Ma'gré l'efficacité que vous attribuez à votre 
double règle, elle n'a pas empêché parmi 
vous les erreurs de naître et les dis[)utes de 
coniinuer; donc vous n'êtes pas pus avan- 
cés avec deuv règles que nous ne le sommes 
avec une seule. Nous répondons qu'il ne 
peut naître parmi nous aucune erreur, tant 
que tout théologien demeurera également 
soumis à l'Ecriture sainte el à la tradition: 
s'il y en a qui s'écarîenl de l'une ou de l'au- 
tre, ils tomberont dans l'erreur sans doute ; 
niais alors ce sera leur faute, et non celle de 
la règle. <)uant aux disputes des théologiens 
caiholiques, elles n'intéressent en rien la foi 
ni les mo'urs; tous reçoivent !a même pro- 
fession de croyance, il n'y a point do schisme 
entre eux. Parmi les hérétiques, au con- 
traire, malgré leur dérérenoe apparente à 
l'Ecriture, il s'en est trouvé plusieurs qui 
ont nié des articles essentiels au chrisiia- 
nisme, et dès qu'ils ont eu un certain nom- 
bre de partisans, ils ont fait bande h part. 
Jamais ils n'ont pu dresser une confession 
de foi qui ait réconcilié deux sectes, quoi- 
qu'ils l'aient souvent tenté. 

On nous demandera peut-être si la néces- 
sité de la tradition, que nous regardons 
comme un article fondamental, est couchée 
dans le symbole. Nous soutenons qu'elle y 
est dans ces paroles: Je crois lu sainte EijUse 
catholique; aux mots Catholique et Catho- 
licisme, nous avons fait voir que cet article 
signifie : Je crois que la sainte et véritable 
Eglise est celle qui prend pour règle de foi 
la catholicité, c'est-à-dire la tradition, lu 
croyance, l'enseignement consiant el uni- 
forme de toutes les églises dont elle est com- 
po'^ée. Au besoin, nous trouverions encore le 
même sens dans ces mots : Je crois la corn- 
inunion des saints; il n'y a plus lie commu- 
nion entre des sectes qui u'onl pas la même 
croyance. 

« Ces mois, dit le savant Bossuet, Je crois 
l'Eglise catholique, ne signifient pas seule- 
ment, je crois qu'elle est, mais encore, je 
crois ce qu'elle croit; autrement ce n'est 
plus croire qu'elle est, puisque le fond el, 
pour ainsi dire, la substance de son être, 
c'est sa foi qu'elle déclare à tout l'univers. » 
Voy. Esprit de Leibnilz, t. H, p. 10. 

kepli'me preuve. Personne n'a pu mieux 
savoir de quelle muuièrc il faut acquérir el 



XI 

conserver la foi, que ceux (|ui ont été char- 
gés par les apôtres de l'enseigner : or, ils 
recommandent ''attachement à la tradition, 
et non l'étude de l'Ecriture sainte. Saint 
Barnabe, Epiât., n. 5, dit aux fidèles : « Vous 
ne devez point vous séparer les uns des au- 
tres, en vous croyant justes : mais tous r;is- 
semblés, cherchez eo qui est utile et convr- 
nable à des amis de Dieu ; car l'Ecriture dit : 
Malheur à ceux qui s<' croient seuls intelli- 
gents, et se (latlenl intérieurement d'être sa- 
vants. » Le Clerc, dans une note sur ce pas- 
sage, croit que l'auteur fait allusion à l'or- 
gueil des pharisiens , mais il condamne 
encore plus évidemment l'orgueil des héré- 
tiques, qui se croient plus intelligents et plus 
savants que l'Eglise universelle de laquelle 
ils se sont séparés. — Saint Clément, pape, 
dans sa première lettre aux Corinthiens, les 
réprimande de leurs divisions et du peu de 
respect qu'ils avaient pour leur clergé. Il 
leur représente, n. 12, que ce sont les apô- 
tres qui, animés de l'esprit de Dieu, ont éta- 
bli les évoques el les ministres inférieurs el 
qui ont réglé leurs fonctions: or, une de 
leurs fonctions est certainement d'ensei- 
gner. H les exhorte, n. 37, à êlr-- soumis aux 
prêtres, à n'avoir ni orgueil ni airug;!nce. 
Ce saint pontife ne peu ait pas qu'un laïque, 
une Bible à la main, fût en droit de faire la 
leçon à ses pasteurs. — Saint Ignace, sui- 
vant la remarque d'Eu^èbe, ntst. ecclés., 
I. III, c. 36, exhorlail les fidèles, da:is toutes 
les villes où il passait, à se précautionner 
contre les erreurs des hérétiques, et à se te- 
nir fortement attachés aux traditions des 
apôtres ; c'est en effet la morale (jue ce saint 
martyr enseigne dans toutes ses lettres. Ad 
Magnes., n. 0, il exhorte les fiilèles à la con- 
corde, à être soumis à l'évéque qui présida 
à la place de Dieu, aux prêtres qui repré- 
sentent le sénat apostolique , aux diacres 
chargés du ministère de Jésus-Chrisl, à tenir 
unanimement avec eux une doctrine invio- 
lable. Il le répète, ad Trait., u.'S, et il ajoute 
que sans eux il n'y a point d'Eglise. Il dit 
aux Philadelphiens, n. 2 el 3 : « Fuyez toute 
division et toute mauvaise doctrine, suivez 
voire pasteur comme des brebis dociles ; il 
y a des loups qui paraissent dignes de fui, 
mais qui tiennent les fidèles caplifs, après les 
avoir séduits par de belles apparences.... 
Tous ceux qui sont à Dieu el à Jésus-Christ 
demeurent allachés à leur évêque... Si quel- 
qu'un suit un schismatique, il n'héritera pas 
du royaume de Dieu ; si quelqu'un a des 
sentiments particuliers, il renonce à la pas- 
sion du Sauveur. » — Saint Polycarpe, dans 
sa Lettre aux Philippiens, n. 10, les exhorte 
à demeurer fermes et constants dans la foi, 
dans l'amour fraternel, dans la paix el dans 
la profession des mêmes vérités. « Or, cela 
ne se peut pas faire lors(jue chaque particu- 
lier veut former lui-même sa propre foi el 
entendre l'Ecriture sainte comme il lui plaît; 
l'exemple des sectes hétérodoxes le démoo- 
tre. Ainsi ont pensé les disciples immédiats 
des apôtres. 
Au n° siècle, Hégésippe, selon le rapport 



M\ INTRODU 

o'Kasèbe, liv.iv, c. 22, fil un voyaRC à Rome ; 
s! consulta un grand nombre d'évéques, il 
trouva la même docirine dans loutes les 
f^lises des villes par lesquelles il passa. 
Mais à quoi bon ces perquisitions, s'il suffi- 
sait de consulter l'Ecriture pour connaître 
ia vraie foi ? Dans le même siècle on lisait 
dans les assen)blées chrélionnes les lellros 
des saints évêques, aussi liien que celles des 
apôtres, ibid., c. 23: chose fort inutile, sui- 
vant l'opinion de nos adversaires. — Saint 
Justin, dans sa Lettre à Diognèle, n. 11, dit 
que le Fils de Dieu accorde des lumières à 
ceux qui les demandent, qui ne frmchissent 
ni les bornes de la foi, ni celles qui ont été 
posées parles Pères...; qu'ainsi l'Evangile 
s'établit, la tradition des apôtres est gardée, 
et l'Eglise comblée de grâces. — Saint Théo- 
phile, é.vêqued'Anlioche, ad Autolic. ,\ib. ii, 
n. 14, compare les saintes Eglises dans les- 
quelles se conserve la doctrine des apôtres, 
à des ports dans lesquels les navigateurs 
sont en sûreté, et les hérétiques à des pira- 
tes, leurs erreurs à des écueiis contre les- 
quels ies vaisseaux fout naufrage. Selon 
l'avis des prole«tants, les fidèles ne sont en 
sûreté que quand ils consultent i'Eciilure 
sainte. 

Saint Irénée ne pensait pas comme eux, 
Contra Ilar., lib. m, c. i, n. 1. « Il ne faut 
point, dit-il. cherclier ce qui est vrai ailleurs 
que dans l'Eglise, dans laquelle les apôtres 
ont rassemblé toutes vérités comme dans un 
riche dépôt, afin que quiconque veut élan- 
cher sa soif puisse y trouver ce breuvage 
salutaire. C'est là que l'on reçoit la vie, tous 
les autres docteurs sont des larrons et des 
voleurs, il faut donc les éviter, et consulter 
soigneusement les Eglises, pour y trouver la 
vraie tradition. Car enfin, s'il y avait une 
dispute .sur la moindre question, ne faudrait- 
il pas recourir aux églises les plus ancien- 
nes dans lesquelles les apôtres ont enseigné, 
et savoir d'elles ce qu'il y a de vrai et de 
certain sur ce sujet? et quand même les apô- 
tres ne nous auraient point laissé d'Ecritu- 
res, ne faudrait-il pas encore suivre l'ordre 
de la tradition qu'ils ont donnée à ceux aux- 
quels ils confiaient les Eglises? » Il montre 
cette nécessité par l'exemple des Eglises fon- 
dées chez les barbares, qui n'avaient encore 
aucune Ecriture sainte, mais qui suivaient 
Gdèlemenl la tradition. i)an% le chapitre pré- 
cédent il réfute les hérétiques par la tradi- 
tion de l'Eglise romaine; et liv. i, c. 10, il 
atteste que, malgré la distance des lieux et 
la diversité des langues, la tradition est 
uniforme partout. Dans une leitre rapportée 
par Eusèbe, I. v, c. 20, il rend témoignage de 
l'altenlion avec laquelle il écoutait les leçons 
de saint Polycarpe, disciple immédiat de l'a- 
pôtre saint Jean. Cependant un protestant 
célèbre prétend que ce Père ne faisait aucun 
cas de la tradition. Carpocrate, dit-il, Va- 
lenlin, les gnostiques, les raarcionites, fon- 
daient leurs erreurs sur de .prétendues tra~ 
ditions; ils disaient que Jésus-Christ n'avait 
pas prêché publiquement toute sa doctrine, 
liiaib qu'il avait confié plusieurs vérités à 



CTION. 

quelques-uns de ses disciples, sous condi- 
tion qu'ils ne les révéleraient qu'à ceux qui 
seraient capables de les entendre et de les 
conserver. Saint Irénée rejette ces traditions 
avec raison ; il dit que si les apôtres avaient 
appris de Jésus-Christ des \érités cachées, 
ils les auraient transmises à ceux auxquels 
ils confiaient le soin des Eglises. 11 dit aux 
marcioniles : Lisez ex;ictement les prophè- 
tes, lisez les évangélistes, vous trouverez 
dans ces écrits toute la doctrine de Jésus- 
Clirist. Ce n'est donc qu'au défaut des Ecri- 
tures que ce Père dit qu'il faudrait recourir 
à la tradition, Basnage, Hist. de l'Eglise, 
I. IX, c. 5, et suiv. — Mais quelle ressem- 
blance y a-t-il entre les prétendues tradi- 
tions cachées des hérétiques, desquelles il 
n'y avait point de témoins, et l'enseignement 
public, coiislant, uniforme des pasteurs aux- 
quels les a[)ôlres avaient confié les Eglises, 
enseignement que saint Iréi'.ée appelle tra- 
dition ? C'est à cette règle qu'il veut que l'on 
s'en rapporte en cas de dispute sur la moin- 
dre question : or, lorsque l'Ecriture garde le 
silence, n'est-ce pas la môme chose que si 
l'on n'avait point d'Ecriture pour savoir ce 
qu'il y a de vrai et de certain? l\ soutient avec 
raison que s'il y avait eu des vérités cachées, 
les apôtres les auraient enseignées aux pas- 
teurs par préférence, puisque de tous les 
fidèles c'étaient les plus capables de com- 
prendre ces vérités et de les conserver. Mais 
ce n'est point là l'idée que les protestants 
nous donnent de ces hommes apostoliques ; 
ils les peignent comme des hommes simples, 
ignorants, crédules, qui n'avaient ni discer- 
nement, ni capacité. — Quant aux marcio- 
niles, le cas était tout différent; ils soute- 
naient que l'Ancien Testament et le Nouveau 
n'étaient pas l'ouvrage du même Dieu: pour 
prouver le contraire, saint Irénée leur dit : 
« Lisez exactement l'Evangile que les apô- 
tres nous ont donné, lisez ensuite les pro- 
phètes, vous trouverez que toutes les actions, 
toute la docirine, toutes les souffrances de 
Noire-Seigneur y sont prédites, 1. iv, c. 34-, 
n. 1. S'ensuil-il de là que, dans toute ques- 
tion de doctrine, il suffit, comme dans celle- 
là, de confronter les évangélistes avec les 
prophètes? Saint Irénée veut que Ion s'en 
tienne à la tradition. 

Au m' siècle Ion n'avait pas changé de 
principes. Terlullien, de Prœscript., c. 15 et 
seq., ne voulait pas que l'on admît les hé- 
rétiques à disputer par l'Ecriture sainte, ;l 
soutient que c'est une complaisance inutile 
et déplacée, parce que l'Ecriture sainte n'a 
pas été donnée aux hérétiques, mais à l'E- 
glise, et pour elle seule, parce qu ils en re- 
jetaient ce qui leur déplaisait, parce qu'ila 
eii mutilaient ou altéraient les passages, et 
parce qu'ils en détournaient le sens, ibid., 
c. 19. « L'ordre exige, dit-il, que l'on s'in- 
forme de qui, par qui, quand et à qui a été 
donnée la doctrine qui nous rend chrétiens* 
où sera la vraie, là se trouvera aussi la vé- 
rité des Ecritures, des explications et de lotî- 
tes les traditions chrélienues. » Ainsi c.3 
Père veut que l'on élablisse par ia tradition. 



IXTRODL' 

non-seulement l'authenticilé el l'intégrité (!c 
l'Ecriture, mais encore le sens et les expli- 
cations ; chap. 32 <"t 38, il renvoie les héré- 
liqaes à la tradition des Eglises apostoli- 
ques; il soutient que celles qui fe forment 
tous les jours ne sont pas moins apostoli- 
ques que les p'us anciennes, parce qu'elles 
licunenl la même doctrine, et qu'elles sont 
en communion les unes avec les autres. — 
Cela n'a pas empêché nos adversaires de 
nous opposer 'IVrtuIiien. L. de Resurr. car- 
nis, c. 3, il veut que l'on Ô!e aux hérétiques 
les sentiments païens, qu'ils prouvent les 
leurs par les Ecritures seules; alors, dii-il. 
ils ne pourront plus se soutenir. Mais il 
ajoute que l'instruction divine ne consiste 
point dans la superficie, mais dans la moelle, 
et qu'elle paraît souvent contraire à l'évi- 
dence. Il le répète, fie Prœscript., c. 9. « Il 
faut combattre, dit-il, par le sens des Ecri- 
tures, sous la direction d'une interprétation 
sûre. Aucune parole de Dieu n'est assez 
étendue ni assez exemple d'embarras pour 
en soutenir les mots, et non ce qu'ils signi- 
Gent. » L. adv. lîermogen., c. 22, après avoir 
cité ces paroles: Au commencement Dieu a 
fait le ciil et ta terre, « J'adore, dit-il, Ja 
plénitude de I Ecriture, qui me montre l'ou- 
vrier el ce qu'il a lait. Je n'y ai vu nulle part 
qu'il a tout fait d'une manière préexistante. 
Qu'Hermogène me fasse voir que cela est 
écrit; s'il ne l'est pas, qu'il craigne cette 
menace: Malheur à ceux qui ajoutent ou qui 
retranchent. » 11 esi évident que ce Père itis- 
pulail conlre les hérétiques dont l'un niait 
la création, l'autre la résurrection de la 
chair, et qui opposaient à ces deux dogmes 
les raisonnements et l'aulorilé des philoso- 
phes païens. Tcrlullien veut d'abord qu'ils 
renoncent à ces principes du paganisme, et 
qu'ils prouvent leur senliraent par l'Ecri- 
ture ; mais pour en tirer la moelle et poi;r en 
prendre le vrai sens, il veut que l'un soit 
dirigé par une interprétation sûre. Où la 
trouver, sinon dans l'Eglise ou dans la tra- 
dition? Il n'y a ni obscurité ni coulradiclion 
dans les principes de ce Père. 

Clément d'Alexandrie, S/rom. 1. vu, c. 16, 
p. 891, reproche aux hérétiques les mêmes 
abus de l'Ecriture sainte que Terlullien. 
Jbid., I. I, c. 1, p. 322, il atteste que les maî- 
Ires par lesquels il avait été instruit gar- 
daient fidèlement la doctrine reçue des apô- 
Ires par tradition, cl il la met par écrit, alln 
d'en conserver le souvenir. Pour savoir si 
une doctrine est vraie ou fausse, orthodoxe 
ou hérétique, il veut que l'on en juge non- 
seulement par l'Ecriture, mais par la tradi- 
tion de l'Eglise. Il fait voir, 1. vn, c. 17, 
p. 898t't 899, que l'Eglise catholique est plus 
ancienne que toutes les hérésies, qu'elle 
est une dans sa doctrine el dans sa foi, 
«ju'elie les tire (ta Testament qui appartient 
à elle seule : que comme la doctrine des 
apôtres a été une, il eu est de mêuie de la 
tradition <\\i"\\s onl laissée. Potier et Beau- 
sobre ont lâché de travestir le sens du mol 
tradition dans ce passage e! dans celui de 
sain! Paul, // Thess., c. ii, v. l'i ; ils n'v ont 



CTION. XIII 

pos réussi. — Origène, dans la préface de ses 
livres des Principes, n. 2, prescrit la même 
règle. « Comme il y ena plusieurs, dit-il, qui 
croient suivre la doctrine de Jésus-Christ, 
el qui sont cependant de divers sentiments; 
comme d'ailleurs l'Eglise conserve la prédi- 
cation qu'elle a ri'çue des apôtres par suc- 
cession, et que cette doctrine y subsiste en- 
core aujourd'hui, on ne doit tenir pourvériié 
que ce qui ne s'écarte en rien de la tradition 
ecclésiastique et apostolique. » Celte profes- 
sion de foi est si claire, qu'elle rend tonte 
autre citalion inutile. — Saint Denis d'A- 
lexandrie, disciple d'Origène, était dans le 
môme sentiment; il est cité par saint Ailia- 
n.ise el par saint Basile. — Lorsqu'au 
111' siècle il y eut contestation touchant la 
validité du baptême donné par les héréti- 
ques, !e pape saint Etienne n'opposa aux 
cvêques d'Afrique que ce seul mot : N'inno- 
vons rien; suivons la Iradilion. S.iint Cy- 
prien ne niait point la solidité de ce prin- 
cipe, mais il croyait que la tradition, que le 
pape lui opposait, n'était ni certaine, ni an- 
cienne, ni universelle, el qu'elle était oj.'po- 
sée à l'Eciilure sainte; en quoi il se trom- 
pait, Epist. 7+ ad Ponipeium, eic. Aussi la 
tradition prévalut-elle à tous les argumenis 
de ce Père. 

A toutes ces aulorilés les prolest-inls 
répondent que l'on pouvnil suivre en sùreié 
la tradition des trois premiers siècles, parce 
qu'elle était encore toute fraîche , qu'elle 
n'avail pas encore eu le te.'ups de se cor- 
rompre, el (luela croyance chréiienne étail 
réduite à peu de dogmes, mais qu'il n'en a 
|,as été de même des siècles suivants, parcv? 
que celte tradition s'est altérée peu à peu , 
el que les d.igmes se sont multipliés. Ils 
disent , en second lieu , que les anciens 
parlaient de la tradition en fait d'usages et 
de pratiques, el non en fait de dogmes et de 
doctrine. — Kien n'est plus faux que <etle 
réponse. 1° Il suffit de lire les passages que. 
nous avons cités pour voir qu'il y est question 
de tradition en matière de doctrine, et non 
en matière d'usage. 2" Lorsque nous prou- 
vons par la pratique du second siècle le 
culte rendu aux martyrs et à leur reliques, 
à la hiérarchie, la présence réelle de Jesus- 
Chrisl dans l'eucbansiie, etc., nos adver- 
saires ne font pas plus de cas de celle tradi- 
tion que de celle des siècles suivants. Ils 
disent même que la doclrine de Jésus-t'hrisl 
a commencé à se corrompre immédiatement 
après la mort des apôtres. Ils placent dans 
ce même temps les causes des prétendues 
erreurs qu'ils ailribueul aux Pères <te l'E- 
glise, savoir. Il iir ignorance, leur défaut île 
critique, la confiance excessive qu'ils ont 
eue à la version des Septante, trop de com- 
plaisance pour les Juifs et pour les païens , 
afin de les attirer à la foi, trop d'attachemen* 
à la philosophie païenne, etc. 3° Il est faux 
que, dans ces premiers icnj;)s , la croyance 
chrélienne ail été réduite à peu de dogmes; 
celte croyance n'a jamais augmenté ni dimi- 
nué : nous prouverais eiaprès que iion^ 
seulement il ne s'y est inlroduil aucuu nou- 



xiT INTRODUCTION^ 

vel arîicle, mais qu'il a élé impossible d'y 
en introduire, k" Nous avions déjà fait voir 
qu'on supposant que la tradition pout perdre 
de son poid-s par le laps des siècles, l'on atta- 
que la certituile des faits fondamentaux du 
chîislianisme. Enfui la nécessité et l'autorité 
(!e la tradition en matière de foi est ou une 
vérité ou une erreur; ^i c'est une vérité, le 
proleslanlisnie est renversé par le fonde- 
ment; si c'est une erreur, elle date du se- 
cond siècle, elle vient des disciples immédiats 
des apô'res; c'est liur esemple qui a égaré 
les siècles suivants. 

Quant au iv" siècle, nous avons déjà vu ce 
que pensait Eusèbe au sujet de saint Ignace 
et d'Flégésippe, el l'on est frappé, en lisant 
son Histoire ecclésiastique , de rexactilude 
avec laquelle il rapporte les sentiments des 
Pères des trois siècles précédents , et copié 
leurs propres termes. Dans les disputes qui 
survifirent entre les ariens el les calholi- 
(lues, l'on opposa toujours aux premiers la 
tradition , le sentiment des doclenrs qui 
avaient vécu depuis les apôtres. C'est l'ar- 
gumenl qu'opposaient à Arius et à ses par- 
tisans, Alexandre, son évêque, et ceux de 
son patriarcal qu'il avait assemblés pour 
juj^er ces hérétiques, ils leur reprochaient 
de se croire plus savants que tous les doc- 
leurs (le l'Eglise, qui les avaient précédés ; 
Théodoret , Hist. ccclés., I. i, c, 4-, p. 17. 
On fil de même au concile de Nicée. Ainsi 
en agirent encore les évêques du concile de 
ïlimini, soit avant, soil après avoir été sé- 
duits par les ariens. Voyez les Fragments 
de saint Hilaire de Poitiers, col. \'i\\ et 
1345. A la vériié les ariens mêmes voulurent 
se couvrir du manteau de la tradition pour 
rejeter les termes de substance el de consub' 
slanliel, en parlant du Fils de Dieu, desquels 
lis prétendaient (lue l'on ne s'élail pas servi 
jusqu'alors. Ibid., col. 1308 et 1319. Ils 
oppelaient ainsi tradition le silence des 
siècles prccéleiils , pendant que les calhoL- 
qui s entendaient par là le témoignage for- 
mel ot positif des docteurs de l'Eglise : ce 
sophisme est encore aujourd'hui renouvelé 
par les protestants. — En 383, au \' concile 
de Conslantiiiople , les ariens refusèrent 
encore d'être jugés par le sentiment des 
anciens Pères. Socrale, Hist. ecclés., I. v, 
cap. 10. Saint Atlianaseles renvoyait conli- 
niiellement à celte tradition , toujours res- 
pectée et toujours suivie dans l'Eglise. 
Orat, 3, contra Arian., n. 18, p. 568: Epist. 
1, ad Serap., n. 28, p. G76, n. 33, p. 682; L. 
de Synodis, n. 5, p 719; Epist. adJov.,n.2, 
p. 781, etc. Saint Basile l'oppose à ces mêmes 
i'iéréliques et aux macédoniens ou pneu- 
matoma<jues, L. de Spir. snncto, c. 7 el 9 : il 
leur reproche leur alTeclation de recourir à 
l'Ecriture sainte , comme si les Pères des 
trois siècles précédents ne l'avaient pas 
consultée aussi bien qu'eux; il prouve par 
isaint Paul la nécessité de s'en tenir à la 
tradition, et il soutient que sans cette sau- 
vegarde on renverserait bientôt toute la 
doctrine, ibid., c. 19. — Nous pourrions ciu-r 
saint Grégoire de Naziauze, saiul Ambroi&o.. 



saint Jean Chryso tome, saint Jérôme el 
saint Augustin, quoique les trois derniers ne 
soient morts qu'au commenrem.enl du v° 
siècle; mais les prolestants font peu de cas 
du sentiment de ces Pères (1). lis se plai- 

(1) Le cardinal de la Luzerne a forlilié celle 
preuve dans sa disseriaiion sur les Eglises catholi- 
que el protestante. Voici comment il s'exprime ; 
< Saint Justin rapporte le précepte de cé'ébrer le di- 
manche en s'assemblant dans l'église à une tradilioa 
donnée par Jésns-Clirist à ses apôires el à ses 
disciples dans une de ses appanlions {Apol. i , 
cap. 67). Dira-l-on que ce saint martyr ignorait ce 
dont il parlait? Dira-t-on que .lésus-Christ n'avait 
pas en etfel donné ce préeepie? Dira-i-on que ce 
précepte fait partie de la tradilion écrite? Que no. 
adversaires choisissent entre ces assenions absurdes 
celle qui leur plasra le plus. — Saint Irénée établit 
l'anionlé de la tradition dans plusieurs endroits. 
« Quand nous appelons, dii-il, les hérétiques à lu 
Iradiiion qui vient des apôtres, el qui se conserve 
dans l'Eglise par les succe>sions des évêques, ils 
combatienl la iradiiion. Ceux qui dans toute l'Egli-e 
veulent voir la vérité, n'ont qu'à considérer la tradi- 
tion des apôtres manifestée dans le monde entier. 
En montrant la tradition que l'Eglise a reçue des 
apôtres el la foi annoncée aux hommes, laquelle 
parvient jusqu'à nous par les successions des évê- 
ques, nous confondons tous ceux (|ui, de quelque 
manière que ce soii, moissouneal où ils ne doivetst 
pas.... par rordinaiion divine et par la successien, 
la Iradiiion el la prédication de la vériié qui, dans 
l'Eglise, vient des apôtres, arrive jusqu'à nous ; et 
c'est la marque certaine que la même et unique toi 
vivilicatrice se conserve dans l'Eglise depuis les 
apôlres jusqu'à iiréseni, transmise avec vérité. > 
(Conlra Hœres., lib. ni, cap. 2). Deux choses soni 
ici certaines : la première, que saint Irénée combat 
les héréliques par la iradiiion, et qu'il la donne 
comme une régie de loi ; la seconde, (|ue la tradition 
dont il parle esi la Iradiiion non écrite, el non pas 
l'Ecriture sain.e. C'est la tradition qui découle des 
apôtres, par les successions des évéïiues, c'esl-à- 
dire celle qui s'est transmise de bouche en bouche, 
et qui s'esi ainsi conservée dans les différents sièges. 
Si ce Père avail en vue l'Ecriture sainte, il s'expri- 
merait aulremenl, il l'indi nierait clairement. — «J'é- 
tablis, dit Teriuliien, cette preseriplion, qu'on ne 
doit pas prouver ce que les apôlres ont prêché, 
c'est-à dire ce que Jésus-i^lirisl leur a révélé, autre- 
jiieni que par les églises que les apôtres onl fondées, 
en leur préchant, soil de vive voix, soit ensuite par 
leurs épilres. Cela étant, il est certain que toute 
doctrine qui s'accorde avec ses églises-mères et ori- 
ginaires de la foi doit être regardée comme la vé- 
rité.... Ce qui est trouvé le même l'arlout n'est pas 
une erreur, c'est une tradition. » (/-'e Prœscripl. , 
cap. 21). Que Teriuliien entende ici la tradition 
écrite, on ne peut pas le contester. D'abord il eu 
fait une mention expresse, en parlant de la prédica- 
tion faite de vive voix par les apôlres; ensuite, s'd 
voulait parler de l'Ecriture sainte, pourquoi ne la 
nommerait-il pas expressément? — Sainl Clément 
d'Alexandrie, après avoir parlé de dilférenls saints 
personnages qu'il avail vus, qui éiaienl dans une 
haute estime el considération, spécialement d'un 
qu'il avail leeherché en Egypte, quM dit être une 
véritable abeille de Sicile, recueillaiil le suc des 
Heurs de la prairie proi liétiijue el aposloli(|ue , 
ajoute : Ces hommes ccnserx aient la vraie iradiiion 
de la bienheureuse doctrine donnée p'f Pierre , 
Jean, Paul el les saints apôtres, de même qu'un (ils 
l;i recevrait de son père. Elles sont parvenues jus- 
(|u'à nous par la volonté de Dieu, les semences apos- 
toliques données par leurs aucèlres, el d'>nl ils ont 



IMUODICTION. 



XT 



gnont de ce que depuis celle époque les com- dos Pères , et que l'on s'en est tenu à leur 
inenlaieurs de rÊcrilure sainte n'ont fiiit témoignage pour prouver les dogmes de l.i 
autre chose que compiler les explications foi. Ils disent que c'est principalement au 



été les (Icposiiaires. > {Stromat., lib. i, cap. i,)Il ne 
peut pus y avoir de doule que le saim docieur ne 
parle de la iradiiion non écrite, ouire ijue loin !e 
conlexie l'annonce, outre que t'est une tradition 
reçue coui me du père au fils; saint Clément dit 
qu'elle vient des apôtres, dont plusieurs n'ont pas 
Irtissé d'écrits parmi les livres canoniques. — « Nous 
démontrons, dit saint Athanase anx ariens, que no- 
ire doctrine a été transmise de pères en pères , 
comme par la main. Mais vous, nouveaux juifs, dis- 
ciples de Caïplie, quels pères, quels ancêtres mon- 
trer-vous de voire enseignement? Vous ne pouvez 
en citer aucun atiteur parmi les hommes doctes et 
prudents. » (De Décret. iSic. sijnoUic, n. 27.) — 
Ecoulons saint Ba.siie, établissant l'autorité de la 
iradiiion aushi positivcn)enl qu'il soit possible. « Ce 
qui a été dit par nos ancêlres est ce que nous di- 
sons.... Entre les dogmes et Ici institutions que l'on 
prêche dans l'Eglise, nous en avons quelques-uns 
qui sont de la doctrine pruiiuite par écrit; nous en 
recevons quelques autres de la tradition des apôtres, 
transmise avec plus de secret. Les uns et les autres 
ont une égale force pour étaliiir la piété, et ils ne 
sont contredits par aucun de ceux qui savent le 
moins du monde quelles sont les lois de l'ICglise. 
Car si nous entreprenons de rejeter, comme étant 
(le pou de poids, les couinmes qui ne sont pas écri- 
tes, nous portons un grand préjudice à l'Evangle 
même, ou plutôt nous réduisons à un pur nom la 

prédication de la loi Un jour ne suiTirait pas 

pour rapporier tous les dogmes transmis autrement 
que p;tr é( rit. Que ceux qui veulent rejeter notre 
manière de glorifier le Seigneur, comme n'étant pas 
prescrite par écrit, nous montrent et la profession 
de foi, et les aunes choses que nous admettons, 
prouvées par Us Ecritures... Contre ce qu'on allègue, 
que la glorilic:iiion avec le Sainl- Esprit manque de 
lémoig. âge, et n'existe pas dans les Ecritures, nous 
répondons : S'il n'est rien reçu que ce qui esî dans 
les Ecritures, nous consentons que cela même ne le 
soit pas. Si au coniraire un ^rand nond)re de choses 
som reçues sans èire comprises daus les Ecritures, 
nous recevons celle-là avec heaucoup d'aulres. .Mais 
je suis persuadé qu'il est dans la doctrine apostoli- 
que de nous attacher même aux traditions non écri- 
tes. Saint Paul dil : Je vous loue de vous être souve- 
nus des iradilions que je vous ai apiwilées ; et ailleurs : 
Conservez les iradilions que vvtis avez reçues, soit par 
vies discours , soit par luon épiire. De ce nombre e,>t 
celle que nous traitons ici, que ceux qui onl prêché 
dans le commencement onl transmise à leurs succes- 
seurs, et que par le laps de temps un long usage a 
enracinée dans les églises. » [De Spir. saucto, c. 7.) 
Il peut puraiiie étonnani d'entendre saini Basile dire 
qu'en rejetant li tradition non écrite ou porte préju- 
dice à l'Evangile même. .Mais il faut faire altenlion que 
la Iradiiion e>t d'abord l'inierprèie le plus (idcle de 
l'Evangile, ei ensuite le seul garant de son auiiien- 
licilé'; iiu'ainsi la rejeter, c'est se priver du moyen 
le plus sûr d'en coniiailre le vrai sens, ei du seul 
moyen d'être assuré qu'il est vérilableinenl des au- 
teurs sacrés donl il porte le nom. — Saiui Epipliane 
dil : I La tradition esi aussi nécessaire, car on ne 
peut pas tout chercher dans les Ecritures. C'est 
pour cela (|ue les saints apôlres nous oui laissé des 
choses par écrit, et d'aulres par tradition. Saint 
Paul l'assure en ces termes : tomme je vous /' i 
transmis, et ailleurs : Ainsi je renseigne, aiusi je l ui 
iranbmts dans CEglise... Je dis que l'Eglise doil né- 
cessairement obst-rver le riie qu'elle a reçii, iransmis 
par ses ancêtres. Quelqu'un peut-il enlreindre la 
Sanction maternelle, ou la loi paiernelle, selon ce 
que dit Saloiiion : t'icuU'i, mon fus, les diicours de 



votre père, et ne rejetez pas la loi de votre mère. > 
{Hœres. 61, c. C.) Ce seiait obscurcir des textes 
aussi clairs que ceux de saint Epipliane, que d'en- 
treiireiidre de les comnienier. — Saint Jérôme n'est 
pas moins formel et moins cl lir, et cela dans plu- 
sieurs endroits. Képoridant à des questions qui lui 
avaient été faites, il doiuie cet avis général que les 
traditions ecclésiastiques, etsmioiit celles qui ne 
portent aucun préjudice à la (oi, doivent être obser- 
vées de la manière qu'elles onl él ' transmises par 
les ancêtres, et que la < ontume d'iui pays n'est pas 
infirmée par l'usasse coniraire des autres pays. Dan.s 
une autre épitre il dit iiue c'est d'après la tradilioi. 
des apôlres que nous jeûnons pendant le carême et 
dans le cours de l'aiiiiée aux jours convenables. Il 
répond aux hicifeiiens (jne, quand même il n'aurait 
pas l'autorité de la sainte Ecriiure, le cnnsenlemeni 
de l'univeis entier aurait la orce du précepte; car 
bfancoup d'aulres choses, (fui sont observées par l:i 
tradition dans bs églises, onl acquis l'aulonlé de la 
loi écrite (iipisf. 78, ad Lucinium). — Saint Jean 
Chrysostome s'exprime sur notre objet aussi fortf- 
nieni (]ue les précédents. < Ce n'est pas seulemeru 
par ses lettres, c'est aussi par ses paroles que saim 
Paul déclare à son discip'e (Timotliée) ce qu'il doil 
faire. Il le montre en plusieurs endroits, disant : 
Soit par notre parole, soit par Cépitre que nous vous 
avons eiiveijée. Pour que nous n'imaginions pas qae 
nous avons une doctrine moins étendue, il a transmis 
à ce disciple beaucoup de choses sans les écrire, et 
il les rnppelle à son souvenir, en lui disant : Con- 
servez la forme des sain'.es paroles que vous avez en- 
tendues de moi. i Expii(iuanl dans une antre homé- 
lie le titre de l'Epitre aux riiessaionicieiis, que j'ai 
cité, il s'exprime ainsi : < C'est pourquoi, mes frères, 
soyez fermer, et conservez les traditions que vous avez 
apprises, hoil par mes discours, soit par mon Epitre. M 
est I lair par là que les apôires n'ont pas loui ensei- 
gné dans leurs Epiires, mais qu'ils onl transmis 
beaucoup de choses sans écritures; et celles-là doi- 
vent avoir aussi notre croyance. En conséquence, 
nous devons regarder aussi la tradition de l'Eglise 
comme digne de loi. C'est la iradiuou; ne.cherebez 
rien de plus. » (Ilomil. 5, in Ei)ist. ad Jim.) — Ce 
serait un irês-long ouvrage de rapporier tout ce 
qu'on lit dans les ouvrages de saim Augustin, sur 
l'autorité de la tradition non écrite. Bornonsnons à 
qucl(|ues passages, où sa doctrine est bien netiemeni 
exprimée. Il oppose au pélagien Julien l'autoiilé des 
l'éres qui l'ont précédé, et il la fonde sur le mè:i:e 
mo.if que nous, c Ce qu'ils onl trouvé dans l'Eglise, 
ils l'ont conservé; ce qu'ils ont appris, ils l'ont en- 
seigné; ce (pi'ils ont reçu des Pères, ils l'onl trans- 
mis aux enfants. > Parlant dans le même ouvrage 
du p, ché originel : « Quoiqu'on ne puisse, dit-il, dé- 
couvrir ( e dogme par aucune raison, quoiqu'on ne 
puisse l'expliquer par aucun discours, ce qui est 
prêché de louie aniiquité comme la loi catholique, 
el cru par toute l'Eglise, est une vérité. • Traiiani 
de l'unité du baptême : i Nous faisons ainsi, dit-il , 
nous l'avons reçu de nos pères, nous le conservons 
dans l'Eglise caiholiqne répandue par louie la terre, 
conire les nuages de la subtiliié Ne nous objec- 
tez pas raulorité de Cyprieii sur la réiléralioii du 
ba(iiênie, mais suivez avec nous l'exemple de Cy- 
prien pour la conservation de l'unité. Cette question 
sur le baptême n'était pas encore suffisamment ap- 
profondie, mais cependant l'Eglise observait la sa- 
lutaire couiuine de corriger dans les héréluiues et 
les schisniaiii|iies ce qui esi mauvais, de ne point 
réitérer ce qui a été donné, de guéiir ce <|ui a be- 
soin de l'être, de ne pas ti aller ce qui est sain. Je 
regarde celle cuulu.-t;c coiiiiue venant de la tradition 



XV| 



!NTUO!>LXïION. 



IV' (jne se sonl fiilos les prélenduos inno- niem soulenu qu'il n'était permis à personne 

wiîions dont ils se plaignent. Voyons si cela de s'écarter de la trnd'tion on de l'enscigne- 

esl possible. ment public et constant de l'Eglise, donc ils 

Huitième preuve. Les Pères ont constam- ne l'ont pas fait et n'ont pas pu le faire sans 



ri^s apôlrps, ainsi que beaucoup d'antres choses 
qu'on ne ironve ni dans l('jir> épîtres, ni dans les 
e>>ni'iles posiérieirs; el cppenijanl. comme elles 
sonl ohiscrvées lians toute i'Kglise. on lient qu'elles 
uni éié transmises ei recimimandées par les apô- 
lies. > Sur le haplème «les enfants, il s'exprime 
ainsi : i La ronlume de l'L^slise, notre mère, relati- 
vement an bapiêmc des petits enfants, ne doit être 
ni méprisétî ni aueunemeni regardée comme super- 
iliie, et on ne serait pas obligé d'y croire, si ce n'é- 
lail pas nnt^ tradition apo«toli(iue. Si nous pouvions, 
dit-il, dans on auire ouvraue, consnlier l;icilemenl 
le docie Jérôme, combien il nous citerait d'écrivains 
de i'iini> et de l'.inire langue, qui ont on interprété 
les Ecritures, ou discuté It^s vérités du chrislianis- 
liie, qui, depuis l'origine de l'Eglise, n'ont eu d'au- 
tre doctrine que celle qu'ils avaient reçue de leurs 
pères, el qu'ils ont enseignée à leurs descendants ! 
Nous autres, éiahlit-il ailleurs, professons la foi ca- 
llioliqfie, qui vient de l'enseignement des apôtres, 
|)î;)niée parmi nous, reçue par une suite de succes- 
si>^ns, el que nou.s devdns transmelire pure à la 
posiérité. • II développe dans plusieurs endroits les 
principes sur l'oiigine des traditions non écrites, 
Mir roiiligaiion d'()ll^erver comme venant des apô- 
tres celles qui suni univer-elles, sur la convenance 
de pratiquer les nsuges qui se pratiquent dans le 
p<iys où on se trouve. Je n'en citerai qu'un seul 
passage relatif à notre objet : Ces choses que nous 
observons, qui sont, non pas écrites, m d» transmi- 
ses, et qui ^ont pratiqué-s dans toute la terre, nous 
devons cooiprendre qu'elles ont été instituées, ou 
par les apôires mx-mcines, on par les conciles, 
doni l'autorité salut;iire s'étend sur louie rKç;ll-se. » 
{Contra Jul., 1, ii, c. 54.) — Saint Cyrille d'Alexan- 
drie veut que, pour ré'.ormer ses erreurs et pour 
revenir à lu vr.ùe loi, on étudie avec soin les écriis 
des saints l'ère-; , qui sont unlverselleineni loués 
pour l'exactitude ci la certiinde du dogme. 'Ions 
ceux qui ont le cœur pur s'eiïorcenl de se conlor- 
mer à leurs opinions. La ruson qu'en donne ce 
Tèie, est que ces grands docti urs s'étant pénétré-i 
de l'esprit de la tradition apostolique el évangéli- 
que, et ay ml tmiié d'après les saintes Ecritures les 
pariiles de la bà avec vcrilé el sans reproche, sonl 
devenus les Imiières du monde, renfermant dans 
eux, ainsi qu'il est éciii, la purole de vie (.4f/y. 
Orient., sive liber apolocjelicus, anathema 8). Nous 
viiyons ici d'abord l'auioriié des saints i'èies établie, 
ensuite la di^tinelion faite entre la ir:»diiion évungé- 
lique et apostolique, enfin l'usage de la tradition 
pour rihtelligence de l'Lcrilure. — Vincenlde Lé- 
rins établit de la manière la plus forine.llc la néces- 
sii<5 de joindre l'autorité de la tradition à celle de 
l'Ecriture, pour connaiire la vraie loi. < Souvent , 
avec un grand soin et avec une grande attention, je 
>ne suis iidormé auprès de beaucoup de personnages 
«lislingiiés jiar leur sainteté et leur science, com- 
ment et par «nielle règle certaine el générale je puis 
discerner la vérité «le la foi catholique de la lausieié 
de la criminelle hérésie. J'ai rei;u constamment de 
presque tous cette réponse : Quiconiiue, soll moi , 
soit tout autre, veut «locouvrir iesfrauijes des héréti- 
ques, éviter leiiis pièges et demeurer pur et entier 
d.ins la loi, doit, avec l'aide de Dieu, munir sa foi 
de deux manières : d'abord par l'auioriié de la foi 
divine, ensuite par la tradition de l'Eglise catholi- 
que. Quelqu'un demandera peut-êire: Si le canon des 
Ecritures est parfait, s'il se suffit surabondamment, 
qu'est il besoin d'y joindre l'autorité de l'inielligence 
ecclésiastique? C'est parce que, à raison même de sa 
LauteurJ'Eciilurc n'esipas eiHeiiJue par lous dans le 



même sens; mais ses expressions sonl interpr tées 
diversement par les uns et par b-s autres; en sorte 
qu'autant il y a d'hommes, autant on peut en infé- 
rer d'oiiinions dilférenles. Novatien , Plioliii, Sabel- 
lius, etc., l'entendent tous «le diverses manières. Et 
par celle raison, à cause des détiiurs si mullipliés 
et si variés de l'erreur, il esi néeessiire que l'inler- 
prét:uion de la doctrine prophétique et apostoliiine 
soil dirigée selon le sens ecclésiastique el catholi- 
que. Dans l'Eglise catholique, il faut avec le plus 
grand soin lenir ce qui [tartout, ce qui toujours, 
ce qui par tous a été cm... C'est ce qui arrivera, si 
nous suivons l'universalité, l'antiiiuité, le consente- 
ment... Noiissuivr«)nsraiitiqnilé,si nous ne nous écar- 
tons nullement des sentiments qu'il est manifeste que 
les Pères ont publiés. Nous suivrons le consentement, 
si dans l'yntiquiié nous nous atlach')iis aux sesti- 
inenis et aux délinilions de tons ou «le presque Ions 
les évêques el les maîtres. » (Comm., c. 1, 2, 3.) 
— Au conciliabule appelé vulgairement lebrg;ui- 
dage d'Epiiése, Diosci.re, chef de l'hérésie euty- 
chienne, invoqua en faveur de sa cause l'auldj-ité 
des saints Pérès. Tout le concile, el les évêques ca- 
ihorKjues comme les autres, reconnurent cette anto- 
riié, dirent analhè:iie à i\n\ voudrait innover, et dé- 
cl.irèrent qu'ils conservaient la loi des saints l'éres. 
{Inier Acta couc. Clialced., act. l, Coilect. Hardaini, 
t. VIII.) Ainsi c'était un principe reconnu nniversel- 
lemeni, el |iar les hérétiques, el par les catholiques, 
que la tradition esiune règle de foi. — Saint Léon ra- 
coiinail et établit disertemenl l'autorité des Saints 
Pères, que les hérétiques seuls contredisent. « Pour 
que voire piété sache que nous sommes d'accord 
avec les insiructioiis des vénéraMes Pères, j'ai cru 
devoir ajouter à ce discours quelqies-unes de leurs 
maximes. Si vous daignez y faire atleniion, vous 
verrez que nous no professons que ce «pie nos Pères 
«uit enseigné à tout l'univers , el que personne ne 
diiîère d'eux, sinon les impies liérétiipies. Votre 
soliieilude doit exhorter au progrès de la loi le peu- 
ple, le clergé et l«)ute la fraternité, de manière à 
montrer que vous n'enseignez rien de nouveau, mais 
à faire pénétrer dans tous les cœurs ce que les Pères 
de vénérable mémoire ont enseigné par une prédi- 
caiicni unanime, et auxquels noire épiire esl con- 
forme en tout point. Vous devez, et par vos propres 
discours, el par la récitation el l'exposition des 
écrits antérieurs, faire connaître au peuple que, dans 
la doctrine actuelle, on lui prêche ce que les saints 
Pères avaient reçu de leurs prédé -esseurs, et ont 
transmis à leurs successeurs. Après avoir lu d'abord 
les enseignements de ces anciens évèipies, lisez-leur 
ensuite mes écrits, alin de leur prouverj(iuenous n'en- 
seignons pas autre chose que ce que nous avons reçu 
de nos auteurs: qu'en tomes choses donc, et dans la 
règle de la foi, et dans l'observation de I id:sc pline, b 
langage de l'ami juiié soit <,«)iiservé. » {Ep)st. 105, ad 
Proleriiim, Alex, episc, c. '2 et 5.) — Les successeurs 
des divins apôires, dit 'I héodorot, furent des hommes 
dont «luclqties-uns ont eniemlu leurs voix sacrées, 
et oui eu le bon^ieur de vivre dans leur admirable 
socieié. Beaucoup d'entre eux aussi ont été décorés 
de la couronne du martyre. Vous es'-il donc permis 
(l'agiier contre eux une langue blaspliémaloire. > 
(Dial. 1, Immulabtlis.) Q\n'l mal y auraii-il donc, 
«piel blasphème, de combaitre la doctrine des suc- 
cesseurs des apôtres, si ce n'était (las celle des apô- 
tres qu'i-ls avaient reçue et iransimseï 

« Voilà une longue suite de saints docteurs des pre- 
raier-- et des plus beaux .siècles du christianisme et 
des temps où nos adversaires reconnaissent que 1* 
foi de ri'glise était pure, qui établissent d'une ma- 



IN FRODU 

rxciler contre eax l'inflisnalion des fi;lèlps, 
el suriout de l«?urs coHèçiie'*. A entendre 
nos adversaires, il semble que les Pères de 
l'Eglise aient été des docteurs isolés et sans 
conséquence, qui pouvaient imaginer, écrite, 
enseigner impiinénienl tout ce qui leur plai- 
sait, on des fourbes qui contredisaient d ms 
leurs livres co qu'ils prêchaient en pul)lie. 
C'est pousser trop loin la prévention et la 
malignité. 1° C'étaient presque tous des pas- 
leurs qui instruisaient un troupeau nom- 
breux; les premiers p.irlaient à di's assem- 
blées de fidèles qui avaient été enseignés 
par les apôlies mêmes; leurs successeurs 
étaient et>vironnés d'un clergé et d'hommes 
avancés en aire qui avaient appris dès l'en- 
fance la doctrine chrétienne, et dont plu- 
sieurs lisaient sans doute i'Ecrilure sainte. 
Croirons-nous que si leur évéque leur avait 
proposé une doctrine nouvelle, contraire à 
celle des apôlres, aucun d'eux n'aur;iit ré- 
clamé? Nous vorrons bientôt des preuves du 
contraire- 2' Plusieurs de ces Pères atta- 
quaient des hérétiques et leur opposaient la 
tradition; ceux-ci ne l'auraienl-ils pas in- 
voquée à leur tour, si elle avait été pour eus. 
Vs ne l'onl pas fait; pîr les écrits des Pères 
nous voyons comment ces entêtés se délen- 
daient; les uns faisaient profession de re- 
p.nrder les apôtres comme des ignorants, \ps 
autres prétendaient que les Pèrosentendaient 
ma! la doctrine des apôtres ; la plupart allé- 
guaient l'Ecriture sainte, la falsifiaient et 
produisaient des livres apocryphes; presque 
tons fondaient leurs erreurs sur des raison- 
nements philosophiques. Au milieu de ces 
ennemis il n'était pas aisé d'introduire de 
nouveaux dogmes jusqu'alors inconnus. 
3* L'on sait ce qui est arrivé lorsqu'un évé- 
que a eu celle léuifrilé, quels qii'aient été 
ses lalenls, son crédit, son rang dans îEgiise, 
il a été censuré et df'possédé. S'il y eul jamais 
des hommes capables do changer la croyance 
commune, ce sont Paul de Samosate, Théo- 
dore de rdopsuesîe , évêque d'Anlinche, et 
Nestorius. patriarche de Constantinople. Ou 
ne peut contester ni leur cipacilé, ni leur 
réputation, ni l'auîorilé qu'ils s'étaient ac- 
quise; dès qu'ils voulurent dogmatiser, ils 
furent condamnés sans ménasement. Paul 
fut accusé par son troupeau, Nestorius par 
son clergé ; Théodore déguisa ses sentiments, 
sans quoi il aurait eu le même sort. Si loîis 
les trois avaient lidèlemcnt suivi la tradition, 
•Is seraient au rang des Pères de lE-lise. 
Comment ceux-ci, toujours surveillés par les 
fidèles, par leurs collègues et par les héréti- 
qnes, ont-ils pu altérer l'ancienne croyance? 
Ils l'ont fait . disent les protestants'; donc 
ils l'ont pu, n'importe com.r.ent. Au iv siè- 
cle nous trouvoiis des dogmes universelle- 
ment crus, desquels il n'avait pas été ques- 
tion pendant les trois précédents, des juels 



niere claire et »ranch.in!e l'-iuloriié sacrée delà ira- 
diiion. S'ils avaient prévu iVrreiir des proiesianls 
S'ir ccMijel, qu'aiinient-ils pu dire de plus dneioi- 
que pour la conil.aitre ? . - La Luzerne, Disserla- 
iiof. sur Ici L^lise: calholiquc et vro'estanie. 



CTION. ,ni 

même on aTait enseigné le contraire; confro 
ce fait positif el prouvé il est absurde d'ailé- 
gaer de prétendues impossibilités. Lorsque 
nous demandons aux protestants quels sont 
ces dogmes, ils en citent quelques-uns aa 
hasard, sans s'accorier jamais sur l'époque 
de leur naissance. Comme en parlant de 
chacun de ces dogmes prétendus nouveaux, 
nous eu avons prouvé l'antiquité, no'js nous 
bornons ici à des réflexions générales, i* 
(^est un abus des termes de nomuier fait 
positif , preuve positive , le prétendu silence 
des trois premiers siècles ; ce n'est qu'une 
preuve négative qui ne conclut rien. Il nous 
reste très-peu de monumenis de ces temps- 
là, nous n'avons pas la dixième partie des 
ouvrages faits par les auteurs chrétiens 
pendant toute la durée des persécutions ; 
l'on peut s'en convaincre par les cataloïues 
des écrivains ecclésiastiques et de leurs ou- 
vrages. De quel front peul-o i soutenir quo 
dans cette multitude de livres perdus il 
n'a jamais été fait mention des dogmes et 
des usages crus et pratiquas au \v siè- 
cle? Uce preuve positive qu'il y en était 
parlé, c'est que les Pères de ce siècle, qui 
a'vaient ces écrits entre les mains, ont pro- 
testé qu'il ne leur était pas permis de s'écar- 
ter de ce qui avait été enseigné dans les 
trois siècles précédents. Contre ce témoi- 
gnage universel et uniforme, quelle force 
peut avoir une preuve purement négative? 
— 2" Au IV' siècle il y avait des églises éta- 
b ies uon-seulement dans toutes les provin- 
ces de l'empire romain, mais hors des limi- 
tes de cet empire, en Afrique loin des côtes, 
dans l'inlérieur de l'Arabi;>. dans la Méso- 
potamie et dans la Perse, chez 1 -s Ibères et 
chez les Si-ylhes de la petite Tartarie , chez 
les Goths el les Sarmates. Cela est prouvé 
par le témoignage des écrivains de ce siè; le, 
et par les ovéques de presque toutes ces 
contrées qui se trouvèrent au concile de 
Nicée l'an 325. Or, ces Eglises avaient été 
fondées pendant les deux 'siècles précédents, 
et quelques-unes par les apôtres mêmes. 
A-t-il pu y avoir de la collusion entre les 
évêques dont les sièges élaient si éloignés 
les uns des autres, dont les mœurs el le lan- 
gage étaient si diiïerents? Quel intérêt com- 
mun a pu les engager à recevoir des dog- 
mes opposés à ceux qui leur avaient clé en- 
seignés parleurs fondateurs ? On nous dira 
sans doute que cela s'est fait insensibleraenî 
et sans que l'on s'en soit aperçu. Mais outre 
l'absurdité de ce sommeil général qui aurait 
r.gné d'un bout de l'univers à l'autre, un 
changement positif arrivé dans la doctrine, 
prêché publiquement, a dû être sensible, 
étonner les esprits, réveiller rallenlion. Où 
a-t-il commencé? où en sont les témoins? 
Le fait positif ei certain est que toute inno- 
vaiion a fait du bruit, a excité des réclama- 
tions el des censures ; donc le faii contraire 
avancé par les protestants est un rêve ei 
une absurdité,— 3" [)e tous les siècles, it 
n'en est aucun pendant lequel il ail pu 
le moins arriver un changement dans 1.» 
croyance qu'au ■?«. Dès que la paix eul 



XMii tNTRODL'CTION 

élé donnée à l'Eglise en 313, la conmuni- 
calion devint plus libre et plus fréquente 
entre les différentes sociétés chrétiennes 
dispersées ; c'est. alors qu'il fut plus aisé de 
savoir ce qui était enseigné dans ces diver- 
ses Eglises; c'est donc alors que la frarf«7/ojj le plus grand respect pour les livres de ïhéo- 
universelle parut avec lo plus d'éclat. Ja- dore de Mopsaeste , de Diodore de Tarse et 
raais aussi la f<)i chrétienne n'eut un plus de Théodoret ; ils regardent ces trois por- 



lenrs langues. Les nesloriens rejettent le 
concile d'Ephèse, parce qu'il les a condam- 
nés , et sous le prétexte que ce concile a 
établi un nouveau dogme, au lien que Nes- 
torius soutenait l'ancienne doctrine, ils ont 



grand nombre d'ennemis qu'à celle époque; 
il y av.iil <!es marcionites, des maniché''ns, 
des novaliens, des donalisles , des ariens de 
trois espèces, des montanistos, etc., qui ne 
pardonnaient rien aux catholiques en fait 
de dogme, de culte ni discipline : était-ce là 
le moment d introduire impunément quel- 
que chose de nouveau? Il est d'ailleurs ri- 
dicule de croire qu'un dogme n'a commencé 
que quand il s'est trouve des hérétiques 
pour le combattre. Mais il y a un fait singu- 
Ner; jamais l'on n'a travaillé avec plus de 
îîèle que dans le ni* et le iv siècle, à Ira- 
dwire les livres saints, à les mettre à la por- 
tée des Tiilèies, à les expliquer, et jamais le 
nombre des erreurs n'a élé plus grand ; grâ- 
ce aux protestants, ce phénomène s'est 
renouvelé au xvi' siècle. — k' Quand un 
siècle comm^^nce. il n'efface pas le souvenir 
du précédent ; le iv« était composé d'a- 
bord d'une grande partie de la génération 
née dans le cours du m®. Il y avait parmi 
les évê(jucs, conune parmi les fidèles, des 
vieillards qui en avaient vu écouler plus 
de la moitié, qui avaient assisté à plusieurs 
conciles , qui ne pouvaient ignorer ce qui 
avait été enseigné jusqu'alors. Plusieurs 
avaient été confesseurs de .lésus-Ciirist pen- 
dant la perséculio!! de Dioclétien ; ont-ils 
souffert que l'on changeât la doctrine pour 
laquelle il« sciaient exposés au martyre? 
Les évéques du iv« étaient leurs disci- 
ples, et l'on juge aisément combien ceux- 
ci devaient être attachés aux leçons do 
maîtres aussi véiiérables. C'était donc, à 
proprement parler, le m' siècle qui par- 
lait , enseignait et écrivait au iv% et ainsi 
de suite. Il y a de la démence à mettre une 
li;;tie de sépara ion entre la tradition de 
ces deux siècles. L'enseignement de l'Eglise 
est un fleuve majestueux qui a coulé et qui 
coule sans interruption depuis les apôtres 
jusqu'à nous; il a passé d'un siècle à l'autre 
sans laisser troubler ses eaux; et si quel- 
ques insensés ont entrepris d'y mettre obsta- 
cle, ou il les a entraînés dans son cours, ou 
il s'est détourné pour aller couler ailleurs. 

Neuvième preuve, ^os adversaires auraient 
voulu persuader que le respect pour la tra- 
dition est un préjugé propre et particulier à 
l'Eglise romaine ; que les sectes de chrétiens 
orientaux , les Grecs schisnialiques , les 
cophles et les Syriens jacobiles ou euly- 
chiens, et les nesloriens ne reconnaissent 
point d'autre règle de foi que l'Ecriture 
sainte ; c'est une lausseié. On a fait voir que 
toutes ces sectes admettent les décrets des 
trois premiers conciles œcuméniques, et 
font profession de suivre la doctrine des 
Pères grecs des quatre premiers siècles; 
qu'ils en ont traduit plusieurs ouvrages dans 



sonniiges comme les plus saints Pères de 
l'Eglise. Les jacobiles au contraire reçoivent 
le concile d'Ephèse et rejettent le concile de 
Chalcédoine; il prétendent que celui-ci a 
contredit la doctrine du précédent; ils sont 
très - attachés aux écrits de saint Cyrille 
d'Alexandrie. Le principtl grief des Grecs 
schismatiques contre l'Eglise laline est 
qu'elle a ajouté au concile de Conslanlino- 
ple le mot Filioque, sans y être autorisée 
par un autre concile général. Toutes ces 
sectes orientales ont des recueils de canons 
des premiers conciles touchant la discipline, 
et les suivent; leur croyance et leur con- 
duite ne ressemblent en rien à celles des 
protestants, Perpétuité de la foi , t. V, l. vn, 
c. 1 et 2. 

Dixième preuve. L'exemple de ces der- 
niers pourrait suffire pour démontrer que la 
doctrine ne peut se perpétuer dans une so- 
ciété quelconque, sans le secours de la tra- 
dition. 1° Les luthériens disaient dans la 
Confession d'Augsbourg, art. 21 : « Nous ne 
méprisons point le consentement de l'Eglise 
catholique ; nous n'avons point dessein d'in- 
troduire dans celte sainte Eglise aucun 
dogme nouveau et inconnu, ni de soutenir 
les opinions impies et séditieuses que l'Eglise 
catholique a condamnées. » On sait qu'ils 
n'ont pas persévéré longtemps dans ce lan- 
gage. 2° Quoique les anglicans, dans leur 
confession de foi, c. 20 et 21, rejettent for- 
mellement la tradilion ou l'autorité de 1 E- 
glise, et déclarent qu'elle ne peut rien dé- 
cider que ce qui est enseigné dans l'Ecri- 
ture sainte; néanmoins dans le plan de leur 
religion dressé en 1719, i" part., c. 1, ils font 
profession de recevoir comme authentiques, 
ou comme faisant autorité, les quatre premiers 
conciles et les sentiments des Pères des cinq 
premiers siècles. La raison de celle contra- 
diction est aisée à découvrir. En 1562, lors- 
que leur confession de foi fut dressée, le so- 
cinianisme n'était pas encore prêché en An- 
gleterre; mais en 1719, et même dans le siè- 
cle précédent, il y avait fait beaucoup de 
progrès. Les théologiens anglicans , dans 
leurs disputes avec ces sectaires, avaient 
éprouvé qu'il était impossible de les con- 
vaincre par l'Ecriture sainte; ils sentirent 
donc la nécessité de recourir à la tradition y 
pour prendre le vrai sens de l'Ecriture , 
aussi onl-ils fait grand usage de l'autoriîé 
des Pères pour expliquer les passages dont 
les sodniens abusaient. Nous leur deman- 
dons pourquoi les conciles et les Pères pos- 
térieurs au v siècle n'ont plus la même au- 
torité que les précédents , et pourquoi ils 
n'admettent pas tous les dogmes et tous les 
usages qui sont pronvé.s par la tradition des 
cinq premiers siècle»? Aussi les luihériens 



INTRODUCTION 

et les calvinistes roprochenl-ils aa% angli- 
cans celle inconséquence ; ils disent que la 
religion de ces derniers n'est qu'un demi- 
papisrae. 3° Mais eux-mêmes n'ont pas pu 
éviter cet embarras ; toutes les fois qu'ils se 
sont trouvés auv prises avec les sociniens , 
ils ont vu qu'ils ne g.ignaieiil i-»en en citant 
l'Ecriture sainte à des adversaires auxquels 
ils avaient appiis l'art de se jouer de tous 
1»'S passages. Lors(iu ils ont voulu alléguer 
le sens que les l'ères y ont donné en dispu- 
tant contre les ariens, les sociniens leur ont 
demandé si, aprï-s avoir rejeté la tradition , 
ils la reprenaient pour règle de leur foi. So- 
cin lui-même convenait que, s'il fallait la 
consulter, les c;ilholiques avaient gain de 
cause, Episl. ad Radecium; il est donc prouvé 
que, sans celte sauve-garde , les hérétiques 
renverseraient bientôt les articles les plus 
essentiels du christianisme. « Nous recon- 
naissons, dit Basnage, que Dieu ne nous a 
point donné de moyen infaillible pour ter- 
miner les controverses qui naissent... Il faut, 
selon saint Paul, qu'il y ait des hérésies , et, 
par la même raison , il faut que ces héré- 
sies subsistent, » Hist. del'Eglise, liv. xxvn, 
chap. 2, § 17, p. 1577. 4-° Pour terminer les 
disputes qui s'étaient élevées en Hollande en- 
tre les arminiens et les gomaristes, les cal- 



roment traditionnelle des protestants , c'est 
qu'ils répèlent encore aujourd'hui les argu- 
ments, les impostures, les calomnii^s des pré- 
tendus réformateurs, quoiqu'on les ait réfu- 
tés cent fois , et ils y croient comme à la 
parole de Dieu. 

Onzième preuve. Ils conviennent comme 

nous q u'un ignorant es tobli;:ré de faire des actes 
de loi, qu'un enfant y est tenu dès qu'il est 
parvenu à l'àj^e de raison ; les sociniens ne 
donnent point le baplême avant cet âge, 
parce qu'ils soutiennent que la foi actuelle 
est une disposition nécessaire à ce sicrernent. 
Or , nous ne concevons pas commenl l'un ou 
l'ii litre peut fonder sa foi sur l'iicriture sainte. 
Qu'il la lise ou qu'il l'entende lire, il n'en- 
tend toujours qu'une version; ce n'est point 
la langue des auteurs sacrés : comment sail- 
li que celte version est lidèle? 11 n'en a point 
d autre preuve que le témoignage des théolo- 
giens de sa secie; c'est toujours la tradition , 
mais qui n'est pas celle de lEglise univer- 
selle, et qui même y est (ontraire. Ceci 
néanmoins le cas dans lequel se sont trouvés 
les trois quarts et demi de ceux qui ont 
embrassé le protestantisme dans les commen- 
cements; c'était une triiupe d'ignorants 
conduits à l'aveugle par les prédicants de la 
réforme. Bossuet, dans sa conférence avec le 



vinistes convoquèrent à Uordrecht, en 1618, ministre Claude , a fait voir qu'un protestant 



un synode de toutes les églises réformées, 
afin de décider, à la pluralité des voix, quelle 
était la doctrine qu'il fallait suivre, et quel 
sens il faliaU donner aux passages de l'Ecri- 
ture sainte que chacun des deux partis allé- 
guait eu sa faveur ; ils ont donc rendu hom- 
mage à la nécessité delà tradition pouc bien 
entendre l'Ecriture sainte. 5" Ainsi, après 
a*oir méprisé hautement \a tradition de l'E- 
glise universelle, les prolestants se sont mis 
sous le joug de la Oat/<7io« particulière de 
leur secte ; à proprement parler, elle est leur 
seul guide. En effet , avant de lire l'Ecri- 
ture sainte , un protestant, soit luthérien, 
soit anglican , soit calviniste , a déjà sa 
croyance toute formée par le catéchisme 
qu'il a reçu dès l'enfance, par les instruc- 
tions de ses parents et des ministres, par les 
discours dont il a eu les oreilles frappées. 
Lorsqu'il ouvre l'Ecriture sainte pour id 
première fois, il ne peut manquer de trou- 
ver dans chaque passage le sens que l'on y 
donne communément dans sa secte ; les opi- 
nions dont il est imbu d'avance lui tiennent 
lieu de l'inspiration du Saint-Esprit. S'il lui 
arrivait de l'entendre autrement et de sou- 
tenir son interprétation particulière, il se- 
rait excommunié, proscrit, ir.iiié comme 
hérétique. Telle a été la conduite de tous 
les sectaires depuis les premiers siècles. 
« Ceux qui nous conseillent les recherches, 
ditTertuUien, veulent nous atlirerchezeux... 
Dès qu'ils nous tiennent , ils érigent en dog- 
mes et prescrivent avec hauteur ce qu'ils 
avaient feint d'abord de soumettre à notre 
exiimen.» de Prœi,cript., cap. 8 et seq. On 
dirait qu'il a voulu peinure les prédicants de 
la réforme treize ceuis ans avant leur nais- 
sance. Une autre preuve de la croyance pa- 



ne s'entend pas lui-même, lorsqu'il dit en 
récitant le symbole : Je crois la sainte Eglise 
catholique. Si par là il entend la secte parti- 
culière dans l;iq'.ielle il est né, c'est une er- 
reur, et il y croit sans aucun motif raison- 
nable. S'il entend, coiiiaie la plupart, l'as- 
semblage de tous ceux qui croient en iJicu et 
en Jésus Christ, il se contredit en ajoutant : 
Je crois la communion des saints, puisque 
encore une fois il ne peut y avoir de commu- 
nion entre ceux qui n'ont pas la même 
croyance. Au mot Fo:, en faisant l'analyse 
delà foi d'un catholique ignorant ou enfant, 
nous avons fait voir qu'il a un molif très-solide 
de croire a l'Eglise catholique. 

Douzième preuve. La chaîne des erreurs 
qu'a fait naître la méthode des protestants 
démontre qu'elle est fausse; non-seulement 
elle a donné lieu à celte multitude de sectes 
qui les divisent, mais elle conduit directe- 
meul au déisaie et à l'incréd iiité. Eu eiïel, 
pour décrédiler la tradition, les prolestanls 
ont noirci, tant qu'ils ont pu, les Pères de 
l'Ëgiise; ils ont attaqué leur capacité, leur 
doctrine, leur morale, leurs actions, leurs 
intentions, leur bonne foi. Cependant les 
plus anciens des Père» étaient les disi iples 
immédiats des apôtres; il e.st difficile d'avoir 
une haute opinion de maîtres qui ont formé 
de pareils élèves et qui les ont choisis pour 
successeurs. Aussi plusieurs prolestanls cnl 
parlé des uns à peu près comme des autres. 
Si les apôtres eux-mêmes, disonl-ils, ont été 
sujets a des erreurs et* à des f.iiblesses , 
faut-il s'étonner que leurs disci[)les les plus 
zélés en aient été susceptibles? Barbeyrac, 
Ttailé de la momie des Pères, c. 8, § 39; 
Chillingworlh, ta Religion protestante , voie 
assurée du salut ^ etc. Est il croyable d'ailleurs 



ïx INTROOl 

(]jue Jésus-Chr'sl ait veillé sur son F.glise, on 
perniellant qu'eile tombât entre les mains 
de pasteurs si capables tie. l'égarer? On con- 
çoit tout l'avaniage quo ces accusations 
téméraires ont donné aux iléistes; ils n'ont 
pas manqué de tourner contre les apôlres les 
mêmes objections que les protestants ont 
laites contre la personne et contre les écrits 
dfs Pères; bientôt ils ont osé les lancer con- 
tre Jésus-Christ lui-même. Quand on deman- 
dait : esi-il possible que des hommes tels que 
Luther, Calvin el les autres, emportés par 
les passions les plus fougueuses, qui ont 
donné dans des erreurs dont leurs sectateurs 
rougissent aujourd'hui , aient été suscités de 
Bieu pour réformer l'Eglise? Ceux-ci , plutôt 
que de demeurer muets , ont répondu que les 
fondateurs mêmes et les propagateurs du 
christianisme ont été sujets à des erreurs et 
à des faiblesses. 

Lorsque nous soutenons qu'un fidèle doit 
user de sa ra-isou pour connaître quelle est 
la vériiable E;;lisc , et pour peser les preuves 
de son infaillibilité , mais que <lès qu'il la 
connaît, il doit déférer à cette autorité, ils 
disent que celle conduiie est absurde , que 
nous allribuons à l'Eglise le droit d'ensei- 
f;ner toutes sortes d'erreurs, sans qu'il nous 
soil permis d'examiner si nous devons les 
adtneltre ou les rejeter; qu'il n'est pas plus 
(iilûcile à la raison de juger quelle est la 
véritftble doctrine, que de discerner quelle 
est la véritable Eglise. Nouveau sujet de 
tiiomphe pour les déistes : Selon vous, 
ont-ils dit, nous ne pouvons juger de la 
mission de Jésus-Christ, de celle des apôlres, 
(ie l'inspiration des livres saints , que par la 
raison; donc c'est encore à elle de juger si 
la doctrine qu'ils enseignent est vraie ou 
faus>e : il n'est pas plus difficile de porter ce 
jugement que de voir si leur mission est 
divine ou humaine, si tels livres sont inspi- 
rés ou n )n. Conséquemment les déistes ont 
attaqué l'Ecriture sainte en général par les 
mêmes arguments que les prolestants ont 
laits contre certains livres qu'ils ont rejelés 
du canon. Au mol EuRRua nous avons fait 
voir la multitude de celles qui sont nées les 
unes des autres sur cliacune des questions 
«ontroversées entre les protestants el nous; 
toutes sont venues de l'opiniâtreté à rejeter 
la tradition : dès qu'une fois les protestants 
ont eu posé pour principe que nous ne 
devons croire que ce qui est expressément et 
formellement révélé dans l'Ecriture sainte, 
et que c'est à la raison d'en déterminer le 
vrai sens, les sociniens ont conclu d'abord : 
Donc nous ne devons croire révélé que ce 
qui est conforme à la raison ; et les déistes 
ont dit de leur côté : Donc la raison suffit 
pour connaître la vérité; nous n'avons pas 
besoin de révélation. Nos aiîvcrsaires nous 
répondront sans doule qu'il n'est aucun 
principe si incontestable, que l'on ne puisse 
en abuser et en tirer de Causses conséquences. 
Soit. 11 fallait donc commencer par examiner . 
si le leur était incontestable; mais ils l'ont 
posé sans prévoir où il les conduirait : or, 
nous avons prouvé qu'il est non-seulement „ 



iCTION. 

très-sujet à conteslalibn , mais absolument 
faux et destructif du christianisme. 

Dans les divers articles relatifs à la ques- 
tion présente, nous avons ré[)<)ndu aoK 
principales objections des protestants; mais 
la manière dont ils s'y sont pris pour décré- 
diter les témoins de la tradition mérite un 
examen particulier. 

Le Clerc, Hist. codés., W siècle, an 101, 
commence par observer qu'à dater de la 
morl des apôtres, l'on entre dans des temps 
où l'on ne peut pas approuver tout ce qui a 
éié dit el tout ce qui a élé fait ; que cependant 
Dieu a veillé sur son Eglise , el qu'il a empê- 
ché que le fond du christianisme ne fût 
changé. Les apôtres, dit-il, avaient puisé 
leurs connaissances dans trois sources : dans 
les livres originaux de l'Ancien Testament, 
dans les leçons de Jésus-Christ, dans dos 
révélations immédiates ; le Saint-Esprit leur 
enseignait toute vérité, et ses dons miracu- 
leux en étaient la preuve, avantages quo 
n'ont point eus ceux qui leur ont succédé. 
Ceux-ci étaient des Juifs hellénistes ou des 
(irecs ; comme ils n'entendaient pas l'hébreu , 
ils se sont souvent trompés. Ils ont cru que 
les Seplanle avaient élé inspirés de Dieu, et 
ils n'ont pas vu que ces interprètes ont sou- 
vent très-mal traduit le texte sacré. Les 
apôtres n'ont cité celte version que pour sa 
prêter au besoin des Juifs hellénistes qui no 
savaient pas l'hébreu. D'où l'on voit que les 
Pères grecs ont été de mauvais interprètes 
de l'Ecriture, à plus forte raison les Pères 
latins qui n'avaient qu'une mauvaise version 
faite sur celle des Septante. Une autre source 
d'erreurs est venue des traditions reçues de 
vive voix des apôlres, comme l'opinion quj 
Jésus-Christ a vécu plus de quarante ans , 
son règne futur de mille ans, le temps de la 
céiébraiion de la pâque, etc. Attachés à la 
philosophie de Platon , ils ont cherché à en 
concilier les dogmes avec ceux du christia- 
nisme; ainsi ils ont adapté la Trinité chré- 
tienne à celle de Platon, ils ont cru Dieu et 
les anges corporels. Ignorants dans l'art de 
la dialectique et dans celui de la critique , ils 
ont souvent raisonné faux, ils ont admis 
comme vrais plusieurs écrits supposés. Em- 
pressés d'amener les pa'iens à la foi chré- 
tienne, ils se sont fréquemment rapprochés 
des opinions vulgaires, ils ont pris dans le 
sens le plus commun des termes qui eu 
avaient un très-différent dans les écrits des 
apôlres, comme celui de mystères en parlant 
des sacrements , el celui d'oblalion pour dési- 
gner l'eucharistie. De là sont nés une multi- 
tude de dogmes qui ne sont point dans le 
Nouveau Testament; mais comme c'étaient 
des subtilités que le peuple n'entendait pas, 
il a eu des mœurs plus pures cl une religiott 
plus saine que ceux qui étaient chargés de 
l'enseigner. 

Le Clerc couronne cet exposé perfide, 
moitié socinien et moitié calviniste, en disant 
que la sincérité d'un historien l'oblige à faire 
ces aveux, mais celle sincérité n'est qu'une 
hypocrisie malicieuse, il faut la démasquer. 

1° Ce portrait des Pères du ii' siècle est 



INTRODUCTION. 



KTI 



bien dilTcrcnt de celui qu'en â Iracô lîeau- 
sobre, lorsqu'il a re'evé l'intelligence, la 
capacilé, la sage crilique, avec lesquelles 
ces Pôtfs ont procédé pour distinguer les 
livres aullientiques de l'Ecriture saiiiied'avec 
les livres apocryphes ; vo?/, ci-dessus notre 
cinquittue preuve. Le Clerc n'a pas vu qu'en 
déprimant les qualités et le caractère per- 
sonnel de ces témoins, il afl'aiblissait d'au- 
lant la cerlilude du jugement qu'ils ont porté 
sur le canon des livres saints. Mais un mé- 
créant n'est presque jamais guidé dans ses 
ccrils que par l'intérêt du moment. — 
2° Puisque les miracles opérés par les apôtres 
prouvaient qu'ils étaient inspirés par le 
Saint-Esprit, nous demandons pourquoi les 
miracles laits, pendant le ii' et le m' siè- 
cle, par les fidèles et par les pasteurs, ne 



leur exemple? Nous ne le concevons pas. — 
i° On nous cite avec emphase ces paroles 
de saint Paul à Timolhée, // EpUt. c. m, 
V. 15 : Comme vous connaissez dès l'nnfance 
les saintes Ecritures, elles peuvent vous ins~ 
truite pour te snlut , par la foi en Jésus-Christ, 
Toute Ecriture divinement inspirée est utile 
pour enseigner, pour reprendre , pour corri- 
ger, pour instruire dans la justice, pour 
rendre parfait un homme de Dieu, et le ren- 
dre propre à toute bonne œuvre. Mais on ne 
fait pas attention que Timolliée, né en 
Lvcaonie, d'un père gentil, élevé par une 
mère et par une aïeule juives, n'avait pu 
lire l'Ecriture sainte que dans la version des 
Septante; cependant cela suifisail, seioa 
saint Paul , pour lui donner la science du sa- 
lut, pour le metlre en élal d'enseigner, pour 



prouvaient pas qu'ils étaient aussi remplis du faire de lui un pasteur parfait ; comment cela 



Saint-Esprit , quoiqu'ils ne l'eussent pas reçu 
avec la méuie plénitude que les apôtres? 
Jésns-Clirisl n'avait pas promis à ces derniers 
l'Esprit de vérité pour eux seuls ni pour un 
temj s, mais pour toujours, Joan., c. xiv, v. 
IG, 17, 23. Il leur avait dit, c. xv, v. 16: 
« Je vous ai choisis afin que vous alliez faire 
du Iruit; et que ce fruil soit durable, » ut 
fructus rester vianeat; mais ce fruil n'a été 
que passager, suivant l'opinion de notre 
dissertateur; il a commencé à se détruire 
immédiatement après la mort des apôlres. 
^ 3" Si ce qu'il dit est vrai, il ne lest pas 
que Dieu ait conservé sain et sauf le fond ou 
le capital du christianisme. Comme Le Clerc, 
socinien déguisé, n'admet ni la création, 
ni la Triniic, ni l'incarnalion , ni la rédemp- 
tion dans le sens propre , ni la transmission 
(lu péché originel, ni l'éternité des peines de 
l'enler, etc., le fond de son christianisme 
se léduit presque à rien : l'unité de Dieu, 
l'immorlalité de l'âme, le bonheur futur des 
justes, la mission de Jésus-Christ, la sulQ- 
sance de l'Ecriture interprétée à sa manière, 
voilà tout son symbole. Or Dieu, selon lui, 
n'en a pas conservé purs tous les articles 
dans le ir siècle, puisque l'on y a commencé 
à enseigner la limité des personnes en Lieu, 
la nécessité de la tradition , le culte des mar- 
tyrs, etc. : autant d'erreurs dc.NUUctives du 
christianisme socinien. ÏNous ne conieslc- 
rons pas au crilique que les apôlres n'aient 
jeçu avec le don des langues la faeullc 
d'entendre et de parler l'ancien hébreu. Celle 
connaissance leur était nécessaire jjour 
convaincre les docteurs juifs qui auraient 
pu leur opposer les oracles tic ILcrilurc 
suivant le texte original. iMais alors les 
apôtres en paraîtront plus coupables aux 
jeux de Le Clerc et de ses pareils. Convain- 
cus de la nécissilé de savoir l'hébreu, ks 
apôtres n'ont commandé à personne de 
l'apprendre; connaissant toule l'imperf.c- 
liun de la version des Scptanie, ils n'ont 
chargé personne d'en faire une meilleure; eu 
se servant de celle-là, ils lui ont concilie un 
respect que sans cela on n'aurait pas eu pour 
elle. S'ils ont bien fait de se préier ainsi au 
besoin des hellénistes, pourquoi leurs disci- 
ples ont-ils mal fait au ii* siècle de suivre 

UiCTIONX. DE LA TRADITION. 1. 



ne suffisail-il plus aux Pères du w siècle? 
Autre mystère. Disons hardiment que s'il 
avait paru pour lors une nouvelle version 
grecque de l'Ancien Testament, elle aurait 
été rejelée par les juifs hellénisles , prévenus 
d'estime pour celle des Septante, et accou- 
tumés à la lire; qu'elle aurait été suspecte, 
même aux gentils converiis, ('es qu'ils au- 
raient su qu'il y en avait une plus ancienne. 
C'est ce qui arriva au i\' siècle, lorsque 
saint Jérôme cnlreprit de donner une nou- 
velle version laline sur l'hébreu. — 5° Du 
moins les Pères grecs du ii' siècle et du m* 
entendaient le lexle grec du Nouveau Tes- 
tament, ci il est à présumer qu'ils le lisaient 
encore plus souvent que l'Ancien. Comment 
celte lecture ne les a-l-elle pas détrompés 
des erreurs qu'ils puisaient dans la traduc- 
tion de celle-ci, faite par les Septanlc? 
Plusieurs protestants ont dit que, quand il 
ne nous resterait que le seul Evangile de 
Saint Matthieu , c'en serait assez pour fonder 
noire foi ; il est bien étonnant que le Nou- 
veau Testament tout entier n'ait pas pa 
préserver de toute erreur les disciples des 
apôlres et leurs successeurs. — G" Suivant 
le sentiment des protestants saint Paul a 
encore très-grièvement péché en recomman- 
dant aux fidèles de garder la tradition; il 
devait au contraire leur défendre d'y avoir 
égard, puisque c'a été une source intarissa- 
ble d'erreurs. Mais laquelle des fausses tra- 
ditions citées par Le Clerc a-t-elle passé 
en dogme dans l'Eglise, et a-!-elle été géné- 
ralement adoptée? car c'est ici le p.iint 
de la question. Jamais on ne s'est avisé 
d'appeler tradition le senlimont particulier 
d'un ou de deux Pères de l'Eglise, mais le 
sentiment du plus grand nombre, confirmé 
et perpétué par l'ensc ignement de l'Eglise. 
Saini îréiiéc est le seul qui ait cru que Jé- 
sus-Chrisl avait vécu plus de quarante ans, 
et il fondait celle op.nion sur l'Evangile, 
Joan.y c. viii, v. 57; les millénaires ap- 
puyaient la leur sur l'Apocalypse, et les 
quartodécin)ans pouvaient se prévaloir de 
ce que Jésus-Christ avait dit, Luc, c. xxii, 
V. 16 : Je ne mangerai plus cette pâquf. 
jusqu'à ce quelle s'accomplisse dans le 
royaume de Dieu; or, il Pavail mangée i^ 



xxn INTRODU 

quatorzième delà lune Ho, mars. Lorsqu'un 
prolevStant vioiit nous dire : Fiez-vous après 
cela aux traditions ; un déiste peut ajouter 
sur ie inf-me ton : Fiez-vous après cela à 
l'Ecriture sainte , sur laquelle on a c'tatjé 
toutes les erreurs possibles. — 7° Si les Pères 
du -ïi* siècle étaient en général ignorants, 
crédules, mauvais raisonneurs, incapables 
d'entendre et d'interpréter l'Ecriture sainte, 
les apôtres ont été bien mal inspirés par le 
Saint-Esprit, loi'squ'ils ont choisi de tels 
hommes pour leur succéder; n'y en avait-il 
donc point de plus capables? Saint Irénée 
nous en donne une idée fort différente, 
contra Hœr..\iv. u\, c. 3, n. 1; il devait 
les connaître, puisqu'il avait vécu avec eux. 
Le Clerc convient cependant, n. 22, que le 
christianisme Gl de grands progrès dans ce 
siècle, par les reslcs de miracles opérés par 
les disciples des apôtres, par la réfutation 
des erreurs des païens, par la constance 
des martyrs, par la pureté des mœurs des 
chrétiens Quoi! Dieu a employé ces moyens 
surnaturels pour propager une àoclrine qui 
se corromjjait déjà, et dont les erreurs 
allaient croître pendant quinze siècles en- 
tiers? C'est une supposition non moins ab- 
surde qu'impie. Enfin, nous prions Le Clerc 
de nous dire où les fidèles du second siècle, 
instruits par les pasteurs de ce temps-là, 
avaient puisé des mœurs plus pures et une 
religion plus sainte q!:e celles de ceux qui 
étaient chargis de les enseigner : est-ce en- 
core dans le texte !)ébreu de l'Ecriture 
sainte? On est tenté de croire que Le Clerc 
était en délire lorscju'il a écrit toutes ces 
inepties. 

Moshcim n'a été guère plus raisonnable ; 
il soutient (jue les chrétiens ont été imtius 
do plusieurs erreurs, dont les unes venaient 
des juifs, les autres dos païens ; donc il ne 
faut pas croire, dit-il, (ju'une opinion tient 
a la doctrine chrétienne, parce qu'elle a ré- 
gné dès le premier siècle et du temps des 
apôtres. Il met au rang des erreurs judaï- 
ques l'opiîiioQ de la fin prochaine du monde, 
de la venue de l'Antéchrist, des guerres et 
des forfaits dont il serait l'auteur, du règne 
de mille ans, du feu qui purifierait les âmes 
à la fin du monde. 11 attribue aux païens ce 
que l'on pensait des esprits ou génies bons 
ou mauvais, des spectres et des fantômes, de 
l'étal des morts-, rie l'efiicacité du jeûne pour 
écarter les mauvais esprits, du nombre des 
cieus, etc. Il n'y a rien de tout cela, dit-il, 
dans les écrits des apôtres ; c'est ce qui 
prouve la nécessité de nous en tenir à l'E- 
criture sainte plutôt qu'aux leçons d'aucun 
docteur, quelque ancien qu'il soit, Inslit. 
hist. christ, majores, c. 3, § 17. — Ce critique 
avait-il réfléchi avant d'écrire? i° S'il eniend 
seulement que, parun les premiers chré- 
tiens, quelques particuliers ont retenu des 
opinions juives ou païennes qui néiaient 
contraires à aucun dogme du christianisme, 
nous ne disputerons pas ; nous n'avons au- 
cun intérêi à savoir quels ont été les seuti- 
menis de ciiaque individu converti par les 
apôtres ou par leurs successeurs. S'il veut 



CTÎON. 

que ces opinions indifférentes aient été assez 
communes pour former une tradition parmi 
les docteurs chrétiens, nous nous inscrivons 
en faux contre cette supposition. 2° Si elle 
était vraie, et que les apôtres ne se fussent 
pas alt.ichés à réfuter ces erreurs, ils en se- 
raient responsables, et ce serait à eux qu'il 
faudrait s'en preiulre. Aussi les incrédules 
ont-ils attribué aux apôtres mêmes toutes 
les erreurs dont Mosheim veut chargsr les 
premiers chrétiens, et ils out prétendu les 
trouver dans les écrits du Nouveau Testa- 
ment. Ils ont soutenu que la fin prochaine 
du monde est enseignée par Jésus-Christ, 
jlIatLh., c.xxiv,v.3'i-; par saint Paul, 1 Thess., 
c. IV, v. Ik ; par saint Pierre, Epist. II, c. m, 
v. 9 et seq. La venue et le règne de l'Anté- 
christ sont prédits, // Thess., c. n, v. 3; / 
Joan., c. H, V. 18. Le règne de mille ans est 
promis, Apoc, c. xx, v. 6 et seq.; // Peir., 
c. iji, V. 13. Saint Paul a parlé du feu puri- 
fiant, I Cor., c. :ii. V. 13, et saint Pierre, ibid., 
V. 7 et 10. La distinction entre les bons auges 
et les mauvais est enseignée clairement dans 
les livres de l'Ancien et du Nouveau Testa- 
ment ; on a jugé des inclinations des mau- 
vais ailles par ce qui en est dit dans le livre 
de Tobie, c. iv, v. 8, et c. vr, v. 8, etc. Il est 
parlé de fantômes, Mattli., c. xiv, v. 26, et 
Luc, c. XXIV, V.37. On a raisoui;é sur l'état 
des morts d'.iprès la parabole du mauvais 
riche, Luc, c. xvi, v. 22, d'après un passape 
de saint Pierre , Epist. I, c. m, v. l'J, *e( 
d'après ce que dit saint Paul de la résurrec- 
tion future. L'efficacité du jeûne est fondée 
siir l'exemple de Jésus-Christ, de saint Jean- 
IJaptiste, des apôtres et des prophètes ; il fst 
fait mention du troisième ciel, II Cor., c. xi;, 
v. 2 et 4. Quoique parmi ces opinions il y eu 
ail de vraies, de fausses ou de douteuses, 
nous délions les protestants de les réfuter 
par l'Ecriture seule. Une preuve que les an- 
ciens Pères, qui ont suivi les unes ou les 
autres, les ont puisées dans l'Ecriture, et 
non ailleurs, c'est qu'ils citent l'Ecriture, et 
point d'autres livres. La fureur de nos ad- 
versaires est d'attribuer toutes les erreurs 
aux fausses traditions ; nous soutenons q .e 
quand il y en a eu, elles soiii venues de 
fausses interprétations de l'Ecriture, et que 
c'est la tradition seule qui a décidé, entre 
les différentes interprétations, quelles étaient 
les vraies et quelles étaient les fausses. Ils 
cherchent à tromper, en disant qu'ils s'en 
tiennent à l'Ecriture: encore une lois l'Ecri- 
ture et l'interprétation de l'Ecriture ne sont 
pas la même chose. 3" Mosheim lui-même, 
en réfutant le système erroné d'un auteur 
moderne sur le inystère de la sainte Trinité, 
lui oppose le silence de l'aniiquiié, Dissert, 
sur l'Iiist. ecclés., lom. 11, p. 5b4.. Si le témoi- 
gnage des anciens ne prouve rien, leur si- 
lence prouve encore muins. Il y a plus : ce 
critique, réfutant l'ouvrage de Toland, inti- 
tulé Nazarenus, eu 1722, blâme en général 
la mauvaise foi de ceux qui, pour se débar- 
rasser du témoignage des Pères, commen- 
cent par leur reprocher des erreurs, des in- 
fi 'éli'.és, de l'ignorance, etc. > il dit qu'eu 



INTRODl 

suiv.int cette mélliodc il ne reste plus rien 
de certain dans l'histoire; et c'est jnstoment 
celle qu'il a suivie dans tous ses ouvraj^es, 
VvuHciœ antiquœ christianonim discipli- 
vœ, etc., secl. 1, c. 5, § 3, p. 92. k' Ce criti- 
que n'est pas pardonnable d'attaquer, par de 
simples probabilités, ce que nous lisons dans 
les anciens touchant l'innocence et la pureté 
des mœurs des premiers chrétiens ; plusieurs 
auteurs païens en sont convenus, et Le Clerc 
avoue que c'est une des causes qui ont con- 
tribué à étendre les progrès du christianisme 
pendant le second siècle. Moshcim dit qu'en 
y ajoutant foi, nous nous exposons à la dé- 
rision des incrédules : que nous importe le 
mépris des insensés? C'est lui-même qui 
livre notre religion aux sarcasmes de ses 
ennemis, en voulant prouver que, dès l'ori- 
gine, c'a été un chaos d'erreurs empruntées 
des juifs et des pa'iens. 

Il a montré peu de sincérité en parlant de 
la règle de loi de l'Eglise romaine. Ses doc- 
teurs, dil-il, prétendent unanimement que 
c'est la parole de Dieu écrite et non écrite, 
ou, en d';iuiros termes, que c'est l'Ecriture 
et l<i tradition; mais ils ne sont point d'ac- 
cord pour savoir qui a droit d'interpréter 
ce» deux oracles. Les uns prétendent que 
c'est le pape, les autres que c'est le concile 
général; qu'en attendant, les évoques et les 
docteurs ont droit de consulter les sources 
sacrées de l'Ecriture et de la tradition, et 
d'en tirer des règles de foi et de mœurs pour 
eux et. pour leur troupeau. Comme il n'y 
aura peut-être jamais de juge pour concilier 
ces deux sentiments, nous ne pouvons espé- 
rer de connaifre jamais au vrai les doctrines 
de l'Eglise romaine, ni de voir acquérir une 
forme stable et permanente à celte religion ; 
Hist. ecdés., xvr siècle, sect. 3, i" part., 
cl, §22; jf'/tP.se sur la validité des Ordin. 
anglicanes, c. 3, § 3 et suiv. 

On voit ici, dans tout son jour, le génie 
artificieux de l'hérésie. — l" Aucun catho- 
lique n'a jamais nié que la décision d'un 
concile général touchant le sens de l'Ecri- 
ture et de la tradition, en fait de dogmes et 
de mœurs, ne soit une règle de foi inviola- 
ble : ainsi toutes les décisions du concile de 
Trente sur ces deux chefs sont incontesta- 
blement reçues par tous les catholiques sans 
exception, et quiconque oserait les attaquer 
serait condamné comme hérétique. Sur tous 
ces points, les protestants sont donc bien as- 
surés de connaître au vrai la doctrine de 
l'Eglise romaine. Vof/. Trente. En y ajou- 
tant le syenbole place à la tête de ce concile, 
quel dogme y a-t-il sur lequel un protestant 
puisse Ignorer ce que nous croyons? Bos- 
suet. Réponse à un mémoire de Leibnilz tou- 
chant le concUe de Trente; Esprit de Leib- 
nilz, loin. II, p. 97 et suiv. 2" Tout théolo- 
gien catholique reconnaît qu'une décision 
du souverain pontife en matière de fui cl de 
mœurs, adressée à toute l'Eglise, reçue par 
tous les évéques ou par le très -grand nom- 
bre, soit par une acceptation formelle, soit 
{).(r un silence absolu, a autant d'autorité 
<|ue si elle était portée dans un concile gé- 



CTION. XX Di 

néral, parce que le consentement des pas- 
teurs de l'Eglise dispersés dans leurs sièges 
n'a pas moins de force que s'ils étaient ras- 
semblés, il ne fait pas moins tradition. Touie 
la différence, c'est que, dans le premier cas, 
ce consentement est moins solennel el moins 
promplement connu que dans le second. En 
vertu de son caractère et du sernient qu'il a 
fait d'enseigner et de défendre la foi catho- 
lique, tout évêque est essentiellement obligé 
de réclamer contre une décision du pape qui 
lui paraîtrait fausse. Si dans ce siècle il y a 
eu quelques théologiens qui ont contesté 
ces principes, c'étaient des demi-protestants; 
ils sont regardés par l'Eglise universelle 
comme des hérétiques. Les prolestants l'ont 
si bien comjiris, que depuis les dernières dé- 
cisions des pa[)es sur les matières de la grâce, 
ils n'ont pas cessé de répéter que l'Eglise 
romaine professe hautement le pélagianisme; 
cependant ces décisions n'ont pas été don- 
nées dans un concile général. 3' Il n'importe 
en rien de savoir s'il y a des docteurs ca- 
tholiques qui portent plus loin l'autorité du 
pape et qui soutiennent que sa décision a 
force de loi, indépendamment de toute ac- 
ceptation ; ces docteurs n'en sont pas moins 
soumis à une décision acceptée, ni à celltj 
d'un concile général ; ils n'en sont pas uioins 
persuadés de la nécessité de consulter l'E- 
criture sainte et la tradition des siècles pas- 
sés. Y a-l-il aujourd'hui une décision des 
papes en matière de foi ou de mœurs, de la- 
quelle on paisse douter si elle a été accep- 
tée ou rejetée? k° C'est nous qui sommes ré- 
duits <à ignorer quelle est la croyance de cha- 
cune des sectes protestantes ; tout particu- 
lier y jouit du droit d'entendre l'Ecriture 
sainte comme il lui plaît ; pourvu qu'il ne 
fasse p-is de bruit, aucun n'est obligé de 
se conformer à la confession de foi de sa 
secte; toutes en ont (hangé plus d'une fois, 
elles peuvent bien en changer encore. C'est 
donc à nous d'assurer que leur religion 
n'aura jamais une forme stable et perma- 
nente; elles ne subsistent que par la rivalité 
qui règne entre elles, et par la haine qu'elles 
ont toutes jurées à l'Eglise romaine. La 
forme de la nôtre est stable et permanente 
depuis les apôtres ; les divers conciles tenus 
dans les dififérenls siècles n'ont rien décidé 
que ce qui était déjà cru auparavant; ils 
n'ont point établi de nouveaux dogmes, 
puisqu'ils ont tous fait profession de s'en 
tenir à la tradition : cette règle invariable 
assure la perpétuité et la stabilité de notre 
religion jusqu'à la fin des siècles. 

Jiasnage, dans son Histoire de l'Eglise, 
'. IX, c. 5, 6 et 7, a fait une espèce de traité 
très-long et très-confus contre l'autorité de 
la tradition : il prétend que l'ancienne Eglise 
n'admettait des traditions qu'en matière de 
f<iiis, d'usages et de pratiques ; nous avons 
prouvé le contraire, et nous avons fait voir 
qu'en matière même de doctrine la tradition 
se réduit à un fait sensible, éclatant et pu- 
blic. H nous oppose un grand nombre de 
Pères de l'Eglise, en particulier saint Irénée 
et Tertullien ; nous avons mualré qu'il n'en 



wïy 



INTRODUCTION 



.1 pas pris le "sens. II on allègae d'autres qui 
(lisent, com-iic snint Cyrille de Jérusalem, 
Catech. k, on parlant du Saint-Esprit, qu'on 
ni.' doit lii-n expliquer louchant nos divins 
myslères qu'on ne l'établisse par di^s lémoi- 
puaiics (le rKcriture. Ce Père ajoute : « Ne 
croyez pas même ce que je vous dis, si je 
no vous le prouve par rE(rilure sainte. » 
Saint Cyrille avait raison, et nous pensons 
encore comme lui. 11 parlait à dos fidèles do- 
ciles, il élail assuré qu'ils ne lui conteste- 
raient pas le sens qu'il donnait aux paroles 
de l'Ecriture. Mais si ce Père avait eu pour 
auditeurs des sectateurs de Macédonius, qui 
niaient la divinité du Saint-Esprit, qui au- 
raient disputé sur le sens de tous les passa- 
ges, qui lui en auraient opposé d'autres, etc., 
comment aurait-il prouvé le vrai sens, si- 
non par la tradition ! Lui-même recom- 
mande aux fidèles de garder soigneusement 
la doctrine qu'ils ont reçue par tradition; il 
les avertit que s'ils nourrissent des doutes, 
ils seront aisément séduits par les héréti- 
ques, Catech. 5, à la fin. — Laclance, Divin. 
Jnstit., lib. VI, c. 21, argumente conire les 
païens qui ne faisaient aucun cas de nos 
Ecritures, parce qu'ils n'y trouvaient pas 
autant d'art ni d'éloquence que dans leurs 
pcëies et dans leurs orateurs. (( Quoi donc, 
dit-il, Dieu, créateur de l'esprit, de la parole 
et de lu langue, ne peut-il pas parler? Par 
une providence très-sage il a voulu que ses 
leçons divines fussent sans fard, afin que 
tous entendissent ce qu'il disait à tons. » 
Sur ce passage les protestants triomphent. 
Mais la simplicité du style de l'Ecriture met- 
elle les vérités qu'elle enseigne à la portée 
de l'intelligence de tout le monde? Si cela 
était, pourquoi tant de disputes sur les pas- 
sages mêmes qui paraissent les plus clairs? 
Pourquoi tant de commentaires, de noies, 
d'explications chez les protestants mêmes? 
Le seul premier verset de la (ienèse a donné 
lieu à des volumes entiers, et le sens en est 
encore contesté aujourd'hui par les soci- 
niens. Ces courtes paroles de Jésus-Christ: 
Ceci est mon corps, ceci est mon sang, sonl 
entendues par les prolestants dans trois sens 
différents. Lactance n'avait à justifier que 
la simplicité du style de l'Ecriture; il n'est 
point entré dans la question de savoir si 
tout le monde pouvait entendre l'hébreu, 
s'assurer de la fidélité des versions, saisir le 
vrai sens de tous les passages essentiels, 
sans danger de se irouiper. Vainement on 
nous répétera ces paroles : Dieu ne peut-il 
donc pas parler ? 11 le peut sans doute, puis- 
qu'il l'a lait : mais encore une fois, il n'a 
changé ni la nature du langage humain ni 
la bizarrerie de l'esprit des hommes ; il a 
parlé aux uns en hébreu, aux autres en 
grec; donc il a voulu qu'il y eût des inter- 
prèles pour les peuples qui n'entendent ni 
l'un ni l'autre. Le seul interprète infaillible 
est l'Eglise, tout aulre est suspect et sujet à 
l'erreur. 

Basuage observe que les Pères se ser- 
vaient contre les hérétiques de l'arguirtenl 
négatif et leur opposaient le silence de l'E- 



criture dans les disputes, mais que c<'iix-ei 
le rétorquaient aussi contre les Pères. Il éta- 
blit neuf ou dix règles pour discerner les 
cas dans lesquels cet argument est ou solide 
ou sans force. Comme ces prétendues règles 
ne servent qu'à embrouiller la question, 
nous nous bornons à soutenir que cet argu- 
ment était soli;le contre les hérétiques qui 
en appelaient toiijours à l'Ecriture, comme 
font encore les protestants, et qui ne pou- 
vaient citer aucune tradition certaine ea 
leur faveur, mais qu'il ne prouve rien con- 
tre les Pères ni contre les catholiques, parce 
que chez eux la tradition de l'Eglise a lou~ 
jours suppléé au silence de l'Ecnlure ou à 
son obscurité. Il entreprend de réfuter la 
règle que donne Vincent de Lérins, savoir,, 
que ce qui a toujours été cru partout doit 
être regardé comme véritable; qu'il faut 
consulter l'antiquité, l'universalité et le con- 
sentement de tous les docteurs : Quod uhi- 
que, quod semper, quod ab omnibus creditum 

est sequamur universitalein, antiquilatem, 

consensionem ; Commonit., c. 2. Basnage y 
oppose, 1° que si l'on doit mettre au nombre 
des docteurs les apôtres et leurs disciples, il 
faut donc en revenir à consulter leurs écrits. 
Qui en doute ? Mais la question est de savoir 
si, lorsqu'ils gardent le silence ou ne l'ex- 
pliquent pas assez clairement, on ne doit 
pas suivre le sentiment de ceux qui leur ont 
succédé et qui font profession de n'enseigner 
que ce qu'ils ont appris de ces premiers, 
fondateurs du christianisme. Nous soutenons 
avec Vincent de Lérins qu'on le doit, et nous 
l'avons prouvé. 2" Il dit que l'on ne peut ja- 
mais connaître le sentiment de l'universa- 
lité des docteurs, puisque ceux qui ont écrit 
ne sont pas la millième partie de ceux qui 
auraient pu écrire et dont on ignore les 
opinions. Nous répondons en premier lieu 
que quand un concile général a parlé, on ne 
peut plus douter de l'universalité de la 
croyance; en second lieu, que ceux qui 
n'ont pas écrit pensaient comme ceux qui 
ont écrit, puisqu'ils n'ont pas réclamé. Tou- 
tes les fois qu'un évêque ou un docteur s'est 
écarté du seiUiment général de ses collègues, 
il a été accusé et condamné, ou pendant sa 
vie ou après sa mort ; l'histoire ecclésiasti- 
que en fournit cent exemples. 3° il objecte 
que, parmi ceux qui ont écrit, il n'y en a 
souvent que deux ou trois qui aient traité 
une question, et encore n'en ont-ils parlé 
qu'en termes obscurs; que s'ils faisaient au- 
torité, les hérétiques en auraient pu citer de 
leur côté; qu'enfin ce petit nombre a pu se 
tromper. Nous répliquons que, quand trois 
ou quatre docteurs de réputation, placés 
quelquefois à cent lieues l'uii de l'autre, se 
sont exprimés de même sur un dogme, sans 
exciter nulle part aucune réclamation, nous 
sommes certains que tous les autres ont été 
de même sculimeul. 



MONITUM AD LECTOREM. 



Nemo est sane qui unquom in dubium vocare possit, quoi ea in quihusvivimus temporia 
momcnta, Irndilionis sacrée tijrfflf/afjonem prœsertim requirere videantur. Quoi enim Scri- 
ptura sncra lihero interpreti derelicla mentis arbitrio quotidie errores in orbem profude^ 
rit Christiamim, tôt quotidie eadem prœcavet et avellit, interpretibiis sanctorum Potrum 
confirmata sentenliis. Si enim, ut quidam lepide asserunt, divino afflante spiritu, multi, ex 
Anglia prœsertim, nd Laliuni tendant, qui longe lateque procellis et omni vento doctrinœ 
circumlati, procul a Roma devii hucusque errarunt , id certe , magis nota traditionum 
catholicarxm unanimi spectacuto, ipsis nuper conversis sœpe fatentibus, nullus est qui dif- 
ftdere possit esse tribuendum. 

Cujus operis, de utilitate, usu et commodo mulla dicere supervacaneum foret, cam jam 
eadem in Thesauro bïhWco materiarum séries et principiorum ordo, et usus, muUis annis, 
multorumque plausu sancita fuerint. Quid enim ulilius, quid magis necessarium, quatn om- 
nem Scriptnrœ sacrœ scientiam, omnia principia, conciones, verba, prolatis SS. Patrum 
explanare testimotiiis ; ita ut sive vera eruenda sit sentenlia, sive explicanda aut Ulustranda 
reniât, sive sint errorum detergendœ nubes, stalim omnium sœculorum o.dmota splendoris 
face Veritas menlibus illucescat? 

Quod si pro uno fratrum etiam minimo semel attigerimus, ita satis erit prœmii, ut nul- 
lum aliud prœter œternum putaverimus nobis esse concupiscendum. 

Vale, Uclor optime, et vro me deprecare Deum. 

C. POUSSIN. 



DICTIONNAIRE 



DE LA TRADITION 



PATRISTIQUE ET CONCILIAIRE 



A 



ABNEGATIO 



[Ex SS. Palribus.] 
S. Iren., 1. IV contra hœres. — Si vis per- 
fectus esse, vade, vende quœ habes, et dapau- 
peribus, et veni,sequere me. [Matth. xix,2L) 
Aposlolorura parlera promitlit Dominus eis 
qui sic fecerinl : et non alterura Deum pa- 
trem annunliabal eis qui sequebantur eiim, 
prœier eurn qui ab inilio a Lege annuntia- 
lus esl; nec aliua» filium, — sed docebat ut 
lacèrent praecepla quae ab inilio [)rœcepit 
Deus, el ul velerera cupidilatem per opéra 
bona solverent, et sequerentur Chrislum. 
Quoniam autera ea quae possidentur, pau- 

DlCTIO.NN. DE LA ThAUITiON. I 



peribus divisa, solutionera faciuntprœlerilffi 
cupiditalis, Zaccheeus Jecit nianifeslum : 
Ecce, dicens, dimidium ex bonis meis do 
paupcribus, et si cujus quid fraudavi, reddo 
quadruplum. (Luc. xix, 8.) 

Clem. Alex., Strom., ]ib. vu, t. II. — 
Quineliam petit (Christarius) ut vivat vjtam 
in carne deûnitara, tanquam gnosticus , 
tanquam expers carnis, et consequatur qui- 
dera quae sunt Ofttima ; lugial autem quae 
suiU détériora. Pelil autem sublevalionero 
quoque eorum quœ nos peccavimus, et 
conversionem ad agnitionein, tam acriler 




DICTIOMNAIRE DE LA TRADITION. 



11 

sequens eurn qui vocal in excessu, quam 
jlle vocal prœcedens, per bonam conscien- 
tiam, ut ila dicam, feslinans ad agendas 
gralias, et ul cum illic fuerit cum Christo, 
iil qui seipsum clignum prœbuerit propter 
puritateni, per quamdam quasi temperalio- 
iieui liabeat Dei virlutem quae su['pe(lilalur 
per Chiisluni. Non enim caioris parlicipa- 
tione calidus, neque ignis, lucidus, sed vult 
lolus esse lux. Idem accurale novit id quod 
diclum est : Nisi odio habuerilis pntrcm cl 
matrem, ei prœterea propriam quoque ani- 
mcim, et nisi s'igmim portaveritis. {Luc. xiv, 
26, 27.) Naui et carnales affectioues, qure 
voluptalis maximas habent illecebras, odit, 
inaguoque desfiicit animo omnia quce ad 
crealionem et iiulrilionem carnis sunl ac- 
commodata. Etiam insurgit adversus ani- 
inam corporeani, imperiuai delreclanli spi- 
rilui, experli ralionis, frenura injicicris, 
quoniam caro concupiscit adversus spirilum 
[Galal. V, 17.) Sigyium aulem portare, est 
luorlem circumferre, adeo ut vivus adluic 
onjnibus renuntiet, quoniam non esleequa- 
lis cliarilas ejus qui seminavit carnem, et 
ejus qui animam creavit ad scientiam. 

OiiiGEN., Exhort. ad martyr., tom. I. — 
Quid volo nisi ut accendalur? {Luc. xii, 49.) 
Acccndatur igilur liic ignis et in vobis, de- 
]eaUiue lerrenas omnes et corporis arnicas 
cogilationes, et i)aptismo quo usqne dum 
peiticeretur, coarclabalur Jésus, libentis- 
f»ime baplizeiuini. Ac tu quidem qui et uxo- 
rera habes, et iiberos, et iralres, et sorores, 
mémento hujus sermonis : Si quis venit ad 
tne, et non odit palrcm, et matrem, et uxo- 
i-em, et Iiberos, et fratref, et sorores, non 
polest meus esse discipulus ; ambo aulem 
illius niemenlGle : Si qiiis venit ad me, et 
non odit, piaeter su[ira relalos, adliuc autem 
et animam suum, non potest meus esse disci- 
pulus. Sed animam vesiram sic odio habele, 
ut eam per odium in vitam œlernam custo- 
dialis : Qui enim odit animam, suam, inquit 
in vitam œlernam custodit eam, {Joan. xii, 
25). Animam ergo propler vitam œlernaiu 
odio habete, bonum et utile odium esse 
persuasi quod Jésus docet. Sicut aulem, ut 
in vitam cftlernam cuslodiatur anima, odio 
iiobis liabenda est, sic uxorem, et Iiberos, 
et iralres, el sorores odio liabelo lu qui hœc 
habes, ul iis quos oderis ulilis sis, eo ipso 
quod odio eos habueris, accepta bene 
eis laciendi polestale, Dei scilicel amicus 
laclus. 

Idem. Comm. in Matth., t. Ul. — Si quis 
vult post me ventre, abneget semedpsum. 
{Matth. XVI, 24-.) Hinc oslendilur non 
levé esso et conlemnendum l'acmus velle 
post Jesum ire, eumque sequi ; nec quem- 
quam posl Jesum ilurum qui sibi i|)se non 
renunliaveril : sibi aulem ipse renunlial, 
qui auleaclam sibi in nequilia vitam, egre- 
gia conversione delel ; quemadnioduui , 
exempli causa, qui prius libidinosus luit et 
inlcraperans, poslquam magis deinde con- 
linens i'aclus est, sibi lascivo ipse renun- 
lial. 



il 



I(iem , ibid. — Si quis amans vilep, et vi- 
tam preesenlem bonura esse ducens, animara 
suam studiose conservât, ut in carne vivat, 
morlem reformidans, quasi morte eam arais- 
surus, is animam suaiu po pacto dum ser- 
vare sludet, eam extra felicilah's terminos 
eliminans, amittet. Si quis aulom propler 
sermonem meum, quo ad morlem usque de 
vila œterna pro verilale decerlare persuasus 
fuit, vilara preesenlem conteranens, animam 
suam perdit, prœ pietale eam Iradens ei quod 
vulgo morsappellatur ; is, ulpote qui vitam 
suam propler me amiseril, servabit eam 
polius et tuobitiir. Alio etiam modo id quod 
dictura est accipere possumus. Si quis in 
ariimum inducens suum quid sif saltis, ani- 
mœ suœ salulem consequi optai, vilœ huic 
iiuniium remillens, earnque ejurans, el cru- 
cem suam tollens, ac me sequens, animara 
suam raîione mundi perdal ; nam qui eam 
propler me, el omnem meam docirinam per- 
diderit, salulem adipiscilur, finem perdilio- 
nis hujus. 

Idem, hom. 36 in Luc, t. III. — Martyres 
quœrunl salvare animam suam, piopler'^a 
perdunt ul salvent eam. Qui vero voltint 
salvare animam suam, ut non perdant eaui, 
hi el corpus el animam pariter perdunt in 
gehennam. 

Tertdl., De idol., c. 13. — Sunl qnidarti 
dies munerum, (luœ apud alios honoris lilu- 
lum, a|)ud alios mercedis debitum expun- 
gunl. Nunc ergo, inquis, recipiam meum, 
vei rependam alienum. Si hune morem sibi 
homines de su()erstitione consecraveruut, 
lu, extraneus ab omni eorum vanilale, quid 
participas idolothyta solemnia? quasi tibi 
quoque [jiœscriptum sil de die, (luominus 
id quod homini debes, vel tibi ab homino 
debetur, cilra diei observationem luas, vel 
recipias. Da formam, qua velis agi tecum. 
Cur enim et laleas, cum ignoranlia alterius 
tuara conscientiara contamines? si non 
igiioraris quod sis Christianus, lenlaiis, et 
contra conscienliam alterius agis, lanqunm 
non Christianus. Enimvero elsi siinulaveris, 
lenlalus addiclus es. Certe, sive hac, sive 
illac, reus es confusionis in Domino. Qui 
autem confusus super me i'uerit pênes ho- 
mines, et ego confundar super iHo, inquit, 
pênes Palrem meum, qui est in cœlis. 

Tertul., De corona milit., cap. 11. — 
Nusquam Christianus aliud est. Unum 
Evangelium el idem Jésus : negalurus om- 
nem negalorera, et contVssurus omnem 
confessorem Dei, et salvam laclurus ani- 
mam pro nomine ejus amissam, perditurus 
aulem de contrario adveisus nomen ejus 
lucri habitam. Apud hune lam miles est 
paganus fideJis, quam paganus est, miles 
intidelis. Non adu]iltit status tidei nécessi- 
tâtes. Nulla est nécessitas délinquendi , 
quibus una est nécessitas non délinquendi. 
Nam et ad sacriticandum et direclo negan- 
dum, necessitate quis ()remilur tormenio- 
rum sive pœnarum : lamen nec illi neces- 
siluli disciplina connivel : quia potior est 
nécessitas timendee negalionis el obeundi 



1- 



ABNEGATIO 



44 



martyrii, qnam evadenJœ passionis et im- 
Dlendi oificii. 
Tertul., in Scorp. advers. Gnoslic, c. 9. 

— Frustra erit dicftre, etsi me negavero 
Chrislianura, non negabor a Chri^to ; non 
enirD ipsiim negavi. Ex illa enim negatioiie 
tantunuJem tenebitur, qiia se Chrislianura 
noganiio, Ciiristuin in se negans, eliara i[)- 
sum negavil. Plus estauleni quod et ronfu- 
sioiii confusionem comrninattir. Qui nie 
confiisus fuerit corara hominibus, et ego 
coiiluiitlar eum coram Paire meo qui in 
cœhs est. Sciebat enim a confusione vel 
maxime forraari negalioncm : mentis sta- 
lum in fronle consistere : |)riorem esse pu- 
doris qnam corporis plagam. 

D. Cyprian., epist. 9. — Dissimulandi 
nui'.c locus est, quando decipitur fralernilas 
noslra a quibusdam veslrnm ; qui, dum sine 
ralione restituendse salulis plausibiles esse 
cupiunt, magis lapsis obsunt. Summum 
enim deliclum esse quod persecutio com- 
mitli coegit, sciunt oliam ipsi qui corami- 
serunl; cum dixeril Dominus et judex nos- 
ter : Qui me confessas l'ueril toram homi- 
nibus, et ego illum ondtebor coram Pâtre 
meo qui in cœlis est. Qui autem me negave- 
ril, et ego illum negabij. 

Cyprian., Dfi laude martyr. — Si salutem 
limes [)erdere, scilo te mori posse. Porro 
autem conlemnenda tibi mors est, cui Chri- 
slus occisus est. Ante ocuJos, tibi quœso, 
concurrant Dorainicse passionis exempta, 
concurrant oblata et prœmia et parala dis- 
crimina, et quantam inter se liabeant dilli- 
culiatem, res utrasque conspicito. Nec enim 
poteris confiteri, nisi scias quantum noceas, 
si negaveris. Cœlo maitjres gaudent, veri- 
latis inimicos ignis absumet. Paradisus Dei 
lestibus tlort.'l : negalores gehenna complexa 
œti-rnus iguis in<irtlescel. 

S. Athanas., Doctr. ad monac, tom. II. 

— Si quis post me veniat, abneget semetip- 
sutH. Non modo bona et viiae necessaria des- 
picere prœcipimur; sed etiam mutua ollicia 
quse secundum naluram et legem sunt, su- 
l)eraie et omiitere jubemur, dicenle Domi- 
no : Qui diligit patrem et malrem plus quam 
me non est me dignus. [Matth. x, 37.) — 
Quauiubrem vehementer liortatur, ut cuin 
perseverantia asceseos laboies suslinea- 
mus, in nullo metuenles inimici adversum 
nos paratas insidias. Prœleril tigura hujus 
mundi. 

S. Basil., inlerr. G Regul. fus. trac, t. H. 

— Abnegare semeti[isum esi prœleriiorum 
prorsus oblivisci, atque a voluntalibus suis 
seoedere : quem secessum in proujïscua 
hominum consuetudine servare difiicilli- 
muui luetit, ne dicam, viribus omnino im- 
par. Alque elium ne quis toilat crucem 
suam, Clinstumque sequalur, impedimenlo 
est eju>modi viiae societas. Nam prœparaie 
se ad morlem pro Christo perferendam, 
morlilicare membra quœ sunt super ter- 
ram, accingi quasi in inslructa acie ad pe- 
nculum omne subeunduin, quod nobis pro 
Clirisli noNiine impendeal, vilaque prœsenli 
i»on ullici, hoc est crucem suam tollere : ud 



quod rangna nobis impedimenta a coramuni 
viiiB consuetudine. 

S. Basil., interr. 8, t. II. — Cura Dominus 
nosler Jésus Christus posi documenta multa, 
enque ex mullisoperibus v;)Iidecomprol)ala, 
dicat omnibus : Si quis venit ad me, abneget 
semetipsum; et ilerum : Sic ergo omnis ex 
vobis, qui non renuntiat omnibus quœ possi' 
det , non polest meus esse discipulus, arbi- 
tramur hoc prœceplum ad plura a quibus 
aljalienare oportet, pertinere. Nam et dia- 
bolo ante omnia et carnis afrectibus rennn- 
tiamus, qui nuntium reraisimus occullis 
turpitudinibus , cognationibas cor()oreis, 
hominum amiciliis et vitae consuetudini, 
quœ iiitegritati Evangelii salutis adversetur. 
El, quod his magis necessarium est,sibi 
i()se renuntiat qui eïuit veterem hominem 
cum actibus ipsius,qui corrumpitur secun- 
dum desideria erroris. 

S. Greg. Naz., orat. i. — Unam classera, 
unum animarum genus ab bac lœla (Chris- 
lianorum) celebritale abdico alque propello, 
gemens quidem et dolens, nec gemitum 
forte raeum audientes, nec exilium suum 
sentienies deflens. Hoc enim totius eorum 
plagœ maxime miserabile est; sed tameu 
abdico, eos nempe qui non supra firmom et 
stabilem petram, sed supra siccnm et sleri- 
Ilmu seminati. Hi autem sunt qui leviler ac 
defunctorie ad pielatis doctrinam accesse- 
ruiit, atque exigua fuie preediti sunl, quia 
allas in terra radiées non egerant, contestim 
oxorli sunt, ac prospicientes, ut aliis pla- 
cèrent, poslea ad brevem et cxiguura dia- 
boli assuilum parvuraque tentalionum œs- 
lura exaruerunt et emortui sunt. Alque his 
eliam adhuc pcjores, magisque ab hoc fausto 
et IcBU) convenlu proscribendi sunt, qui 
lempori, atque iis, qui nosabeo, qui iii 
allum ascenderat, [)ulchreque captivos nos 
duxerat, in raalam et funestam ca[)ùviiatem 
abducebant, ne tantillum quidem obstite- 
runt, verum ultro ac Sfionle improbos ac 
vénales se prœbuerunt : ut qui ne ()aulisper 
quidem repugnarint , aut ;iboita ipsis ob 
Verbum aliqua calamilale aut lenlalione 
scandalum passi sint; verum cum brevi 
quodam et cadaco qusestu , aut obsequio, 
aut exigua potenlia salulem iuam miseri 
commulaiint. 

S. HiLAR., De Trinit. — Si quis vult post 
me venire, abneget seipsum sibi. Requi- 
ramus quomodo in hoc corpoie coiisti- 
luti post Chrislura ire possimus. Ipsum se- 
quimur, quando ejiis praecepta servamus, 
quando facimus ea quœ ipse mandavit. Ab- 
negamus nos, cum sludemus odisse quod 
fuimus, et amare incipimus quod esse de- 
bemus. Eigo loties nos negamus, quoiies 
ad meliora converlimur :,quolies exteriori 
vetustatedeposita, in Dom'iui serviiule novi 
horainis alacritale juvenescimus : quoiies 
ad fervorem animi de tepore, ad conlinen- 
tiam de voluplate , ad munditiam, ad ho- 
neslalem transimus, quoiies tidem veram, 
deposita incredulitaie, su.scipimus. 

idem, Com. in Matth., cap. 16. — Abne- 
get seipsum. bealum dauinum, et ju- 



i5 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



16 



clurafelix! ditescere nos Dominas detri- 
mento animse et corporis voluit, et esse stii 
similes hortatur : quia ipse in figura Dei 
constitutus , usque ad niortera humilis et 
obediens factus, principatum potestatis to- 
tius, qtiee in Dec est, acce[)it. Sequendus 
igitur est cruce assunipta, cl passionis su;b 
si non sorte (forte, edit. Veron.), attamen 
voluntale comitandus est. Quid enina pro- 
dest occupasse mundura , et toto terrenœ 
potestatis dorainatu opibus saecuii incubaro, 
si perdenda anima, et suscipiendum vitœ 
detrimentum est?Quœ autera commutalio 
pro anima, cum fuerit amissa , quaerelur? 
Cum angelis enim Christus aderit, reddens 
singulis ut merebuntur. Quid alTeremus ad 
vitam ? Praeparalos, credo, lerrenarum opura 
futuris eomirierciis Ihesauros, arabitiosos 
dignitalum faraaeque titulos, aut veteres 
delicalcB tiobilitatis imagines? Neganda sunt 
bœc umnia, ut melioribus abundemus : et 
contemptu universorum Christus sequendus 
est, el œternitas spiritalium terrenorura 
damno est comparanda. 

D. Ambr., De pœnit,, I. i, c. 11, t. II. — 
Nonne vobis videtur ille qui lapsus est se- 
mivivus esse, si vitale aliquid lides spiret ? 
Nam qui penitus Deum ex suo cordeabjecif, 
ille mortuus est. Qui ergo non penitus ab- 
jecit, sed per impressionem tormentorum 
ad tempus negavit, semivivus est. Aut si 
mortuus est, cur ei dicitis agendam pœnl- 
tentiam, qui jam curari non potest? Si se- 
mivivus est, infunde oleum et vinum : non 
vinum sine oleo, scilicet quod et foveat et 
reaiordeat. Toile eum in jumentum tuuni, 
trade stabulario, duo sera ad ejus cuiam 
impeude : esto ei proximus. Proximus au- 
teiu esse non potes nisi lacias misericor- 
diam. 

Idem, ibid., cap. 4. — Potest fieri , ut 
aliquis, viclus suppliciis, sermone Deum 
negel, et corde adoret. Nunquid eaddii 
causa est ejus qui sponte negat, et ejus 
quem loruienta inclinaverint ad sacrile- 
giuiii,nouvoluntas?Quamautemindignum, 
cum apud homines valeat certaminis graiia, 
ut apud Deum non vakre asseratur! Nam 
seepe in hoc athletarum saeculari certamine, 
etiam victos, quorum l'uerint certamuia 
probata, vulgus hominum cum victuribus 
coronare consuevit ; maxime quos viderit, 
forte dolo aut fraude, Victoria exclusos. 

Vide et c.oejusd. lib. i, ubi idem argum. 
reperitur. 

Idem. Expos, in psal. cwui, tom. I. — 
Ejfundo in conspeclu ejus oralionem meam, 
tribulalionem meam anle ipsum pronunlio, 
in deficiendo ex me spirilam meum. {Psal. 
CLxi, 3, k.) Deiecit enim ejus S})irilus, iiuo 
ab eo deticit spiritus suus, qui se ipsuui 
negat ut adhœreat Christo. Unde semiiui 
ejus cognoscunlur a Domino; quia non su it 
carnis, sed Christi semilœ. 

S. JoAx. Chuysost. , hom. 3 ad popul. 
Anlioch., t. il. — Exue viiœ negoiia, ei 
athlela factus es ; indue arma spiriluaba, 
L'i lactus es miles. Te ipsum vitœ curis dé- 
nuda, luctœ enim tempus est : arma spiri- 



tus indue, bellum enim nobis contra dae- 
mones conflatum est grave. Propterea et 
nudum esse oportel, ut nullam diabolo no- 
biscura luctanti ansam prœbeamus : et un- 
dique armari, ut nusquam lethalem plagam 
acoi()iamus. 

S. Juan. CHRYST.,hom. 26, in Malth.xm. 
— Quanto superius ad virtufis ascendimus 
exceisura, tanlo amplius docemur quam sit 
inter nos et Deum grande discrimen. Nec 
sane minima est isla pars philcsophise, me- 
rilum suura posse dignoscere. ille aulem 
maxime novit seipsum, qui se esse nihil 
existimat. Nihil période facit ut teipsum 
ignores, quam temporalibus rébus esse af- 
tixum : et rursus, nihil ita temporalibus ré- 
bus hominem aliigit, ut ipsa sui ignoratio, 
si quidem ulrumque hoc pendet ex altero. 

ï?. JoAN. Chrysost., tom. Vil, hom. 66, in 
Maitli. XX. — Qui sibi plurimum arrogat , 
is vere abjectus est : qui vero humilis est , 
ad verae sublimitatis cacumen volavit; quœ 
non appellatione nominis, sed re ipsa sub- 
limitas est. Externa quippe celsiludo , 
iiecessitaiis atque timoris est; hœc vero 
interior atque nostra , celsitudinis divines 
similis esse (Ognoscitur. Quare quid apud 
nos magnus est, eliamsi nemo ipsum lalem 
prœdicet, vere taraen magnus est; sicut e 
contra superbus quem omnes admiranlur 
el colunt, omnium vilissimus reperitur 

S. J. Chrys., De ador. crue, tom. III. — 
Qui vull venire post me, abneget semetipsum, 
et tollal crucem suam ; et sequatur me. {Mallh. 
XVI, 24.) Vide ut nullcim necessitalem verbis 
suis aJjungat. Non enim dixit, velitis, 
noiitis , hoc vobis perferendum est : sed 
quo modo? Si quis vult post me venire; non 
vim alfero, non cogo , sed suœ quemque 
voluntatis dominum facio : ob eamque 
causa m dico : Si quis vult venire post me. 
Ad bonum enim et honestatem voeu, non 
ad malum et molesliam , non ad supplicium 
et pœuam , sed ad regnum et ad vitam 
cœlestem. Ipsa enim nalura rerum salis 
virium habet ad Irahendum. Si quis vult 
venire post me, sive vir, sive mulier, sive is 
qui praeest, sive is qui alii paret, el servari 
vult, hanc ingredialur viam. Tria sunt quae 
commémorât, abnegare seipsum, crucem 
(lOrtare , et sequi ; sed primum quid sit 
seipsum abnegare, videamus. Discamus qu d 
sit alterum negare, ac tum denique negaie 
se quid sit, inlelligemus. Quid ecgo est 
negare alterum? Qui alium negat, exempli 
causa, fdium, vel, fratrem, vel aiuicum, vel 
vicinum,autquemvisalium, sive flagns eum 
caedi videat , sive. in viiicula conjici, aut 
quidvis aliud perpeti, non pra?sto est, non 
fert auxilium, non irangilur an;mo, nullum 
sensuni doloris ejus seniit : alieno naïuque 
ab eo esi animo. 

S. IsiD. Peins., lib. i, epist. 103.— Triplex 
Domiui ad Pelruiu de charitate interrogalio, 
e Domini ignoratione prolicisci minime 
exislimanda est (neilaquidamdecipianlurj, 
verum Iriplicem negationem tripJici ascen- 
sioue bonus luedicus depulit. 
D. \hv.v,.,in Matlh. — Qui deponit velereju 



17 



ABNEGATIO 



18 



hoTuinera cura operibus suis , abnegal so- 
melipsum,dicens : Vivo aulein non ego, vivit 
vero in rae Christus : tollitque cruceiu 
suam, et niundo crucitigilur. 

S. Hier., ep. ad Algas., tom. IV. — 
Credens in Cliristum quolidie follit crucem 
suara, et negat seipsuiii. Qui impudicus 
luit , versus ad caslitatem , temperaiiti?i 
luxuriam negat. Qui formidolosus et tiini- 
dus, assumpto robore forlitudiiiis, priorena 
se iiSSQ nescit. Iniquus, si sequatur jusli- 
tiani , negat iniquitatem. Stullus , si Cliris- 
tum confiteatur Dei virtutem et Doi saf.ien- 
liara, negat stultitiam. Quod scientes , non 
soluQi perseculionis tempore, et necessiiate 
marljrii, sed in omni conversatione, opère, 
cogitatione, sermone.negemusnosroetipsos, 
quod anle fuinius; et confiieaujurChristum, 
qui in Christo renati suinus. 

S. Hier., in TU. ii. — Quicunque vo- 
luerit venire ad trie , abnegeC semelipsum. 
{Luc. IX, 23.) Exutus velerem liomineiu 
cum operibus ejus, et iudutus novum , se- 
quetui- Deuiu suum, quoiuodo autem se quis 
abnegei, contemplaiiduin est. Pudicus forni- 
calorem, quod prius fuerat, negat ; sapiens 
imprudentem ; juslus injustum ; fortis intir- 
uium. Et ut in commune de omnibus lo- 
quar : tolies negamus nos , quolies priera 
vilia calcanles desiniraus esse quod fuimus; 
et incipimus esse quod ante non fuimus. 

S. AuG., tom. V, serm. 85, in Marc, viii, 

— Durum videtur et grave quod Dominus 
imperavit, ut si quis eum vult sequi , abne- 
get seipsum. Sed non est durum nec grave 
quod ille imperat , qui adjuvat ut fiât quod 
iuiperat. Nam et illud verum est quod ei 
dicitur in psalrao, Propter verba labiorum 
tuorum ego custodivi vias duras. (Psal. xvi, 
4.) Kt illud verum est quod ipse dixit : Ju~ 
gum meum suave est , et omis meum levé. 
(Malth. XI, 30.) Quidquid enira durum est 
in prœce})tis , ut sit !ene charitas facit. No- 
vimus quaiita ipse amor faciat. Plerumque 
etiam ipse amor reprobus atque iascivus est : 
quanta homines dura perpessi sunt, quanta 
indigna et inlolerabilia perlulerunt, ut per- 
venirent ad id quod amaverunt. Sive sit 
amalor pecuniae , qui vocatur avarus; sive 
sit honoris amator, qui vocatur ambiliosus; 
sive sit corporum pulchrorum amaior, qui 
vocatur Jascivus. Et quis poissel enumerare 
omnes amores ? Considerate tamen , quan- 
tum laborent oiunes amatores, nec sentiunt 
quod laborant; et tune ab eis plus labora- 
lur, quando a labore quisque prohibetur. 
Cuni ergo taies sint homines [)lures, quales 
sunt amores, nihilque aliud curœ esse de- 
beat quomodo vivalur, nisi ut quod aman- 
dum ejt eligalur; quid miraris, si ille qui 
diligit Chrislum, et qui vult sequi Christum, 
amando negat se ipsum ? Si enim périt homo 
auiando se, proleclo invenitur negando se. 

— Quid est neget se? non prœsumat de se , 
senliatse hominem, et respiciatdictum pro- 
phelicum : Maledictus omnis qui spetn suam 
ponil in homine. [Jerem. xvii, 5.) Subducat 
se sibi , sed non deorsum versus. Subducat 
se sibi, ut hajreal Deo. Quidquid boni habet. 



illi tribual a quo factus est : quidquid niali 
habet, ipse sibi fecit. Deus quod in illo m.a- 
lum est, non l'ecit : perdat quod fecit, qui 
inde defecit : Abneget , inquit, se, et tollat 
crucem suam, et sequatur me. 

S. Ado., t. V, serm. 331, in JSal. Martyr. 
— Neget se. Quomodo negat se qui amat se? 
il,i vero rationis est, sed humanœ : homo 
mihi dicit : Quomodo negat se qui amat se? 
Sed dicitDeus bomini : Neget se, si amat se. 
Amando enim se, perdit se : negando se, 
invenit se. Qui amat, inquit, animam suam, 
perdet eam. — Luctuosa res est perdere 
quod amas. Sed interdum et agricola [lerdil 
quod séminal. Profert , spargit, abjicit, 
obruit. Quid miraris? iste contemptor et 
perditor avarus est messor. Quid factum sit 
hiems et œstas probavit; ostendit tibi gau- 
dium raetentis consilium seminantis. Ergo 
qui amat animam suam perdat eam. Qui frue- 
lura in ea quaerit, seminel eam. Hoc est 
ergo neget se, ne perverse eam amando per- 
dat «e. 

S. AuG., t. VII, lib. xiv, De Civ. Dei, 
c. 2^. — Feceruni civilates duas amores duo : 
terrenaui scilicet amor sui, usque aii con- 
lemptum Dei: cœlestem vero amor Dei us- 
que adcontemptum sui. llla in seipsa, hœc 
in Domino gloriatur. 

Idem, serm. 4-7, De diversis. — Si périt 
homo amando se, profeclo invenitur ne- 
gando se. 

S. Paul., ep. il, ad Sanct.'Ct Amand. — 
Orate sollicili ut tanlo ore vel munere Dei 
dignum Deo cor accipiamus ; et qui acce- 
pimus contemptum patrimonii, accipiamus 
etiam nostri contemptum: angusta enim via 
gradimur, et quasi in fune suspenso anci- 
pites ambulamus : et nisi certo iibramine 
vestigia ûxerimus, ut non declinemus dex- 
tra vel sinistra, facile nos in hujus aut illius 
partis ruinam inimicus iuipellet. Ideo nobis 
in Salomone sapientiacanit : Non deflectalis 
a Domino, ne cadatis. [Eccli. ii. 7.) Ipso 
enim Dominus Christus via, Veritas, et vita 
est. [Joan. xiv, 6.) qui dicit: Omni ligilia 
serva cor tuum [Prov.iv, 23.) Quia peripsas 
virtutum vias in vilia delabi possumus : et 
nisi certo — statu dirigentesanimi momenta 
libreraus, de ipsa humiiilate capiemus su- 
perbiam ; et evanescet species pietatis, si 
per laudem paupertatis obrepat inflalio. Et 
quid proderit caruisse diviliis, si remane- 
mus divites viiiis? — Non enim pecuniam 
et fundos, extraneas facultates ; sed etiam 
animi nostri internas opes, quœ vere nosira 
subslanlia est, possidemus. Hanc vendere ; 
Vende omnia tua [Luc. xviii, 22), hoc est 
alienarea nobis, lanto major Victoria, quanto 
altior difiicullas est ingenita quam apposila 
separare; et intus infixa divellere, quam 
afiixa exlrinsecus rejicere. Se enim ii)suni 
vincil et superat, qui renuntiat moribus 
suis, et se abdicatsibi, ut illud fortissimum 
Dei verbum impleal : Qui perdet aniinam 
suampropter me, inveniet eam. (Joan. xii, 25.) 
HiBcDomini verba rocordantes, etfandamus 
in illuui animam nostram, et ipse nos euii- 
trict, ot absconditain in se vitam nostram 



w^ 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



20 



îovebil et se cum gloria revelabit: si lamen 
[)ro hac eadem anima oremus in lempore 
opportuno nunc in isto saeculo. In inferno 
enim qiiis confilebitur tibi? {Psal.\i, 6.) Islic 
moriamur peccatis, ne illlc vivamus pœnis. 
Mors enim quae secunda dicilur, nihil aliud 
est quam vila pœnarum. 

S. Maxim, cap. De chnritate, lora. I. — Ne 
libi ipse placeas, et Iralrem odio non ha- 
bebis: nec le ipse ac carncni [L^-ave auiave- 
ris, Deique araans ac religiosus eiis. Si qui- 
dem cum spiriUilibus viiam ducere animo 
conslilutuni est, ex ipsis slalim fi)ribus : 
luis voluiitatibus Munlium lemiite. Non 
eniu) aliter lieri poterit, ut vei cum Deo, 
vel cum iliis pacem iiabeas, quibuscura vitee 
socielatem inieris. 

S. Greg. pap. l. I, in Evang., lib. ii, 
hora. 32. — Qui vult post me vcnire, abneget 
itmetipsum. Portasse laboriosum non est 
bomini reJinquere sua, sed valde laborio- 
sum esl relinquere semetipsum. Minus 
quippe est abnegare quod babel: valde au- 
tem mulluvu esl, abnegare quod est. Ad se 
autem nobis venientibus Dominus praece- 
pitut renuniiemus noslris ; quia (juicunque 
ad fidei agunem venimus, luctamen contra 
inalignos spiritus ^umimus. Nihil autem 
lualigiii spiriius in boc mundo proprium 
possident. Nudi ergo cum nudis luciari de- 
bemus. Naui si veslitus quisquam cum nudo 
iuclalur, cilius ad turram dt'jicitur, quia 
habet unde leneatur. Qutd enim sunt ler- 
rena omnia , iiisi queedam corporis indu- 
juenta? Qui ergo conlra diabolum ad certa- 
luen properat, vestimenta ajj'iciat, ne suc- 



cunibal. Nihil in hoc mundo amando possi- 
deat, nullas rerum labentium delectationes 
requirat, ne unde aii votum legitur, ad ca- 
.sum inde leneatur. Nec lamen suflicit nostra 
relinquere, nisi relinquamus et nos. Quid 
est quod dicimus, relinquamus et nos? Si 
enim nosmetipsos relinquimus, quo ibimus 
extra nos? vel quis est qui vadit, si se de- 
seruil? Sed aliud sumus per peccatum Japsi, 
aliud per naiuram conditi : aliud quod fe- 
cimus, aliud quod facli sumus. Relinqua- 
mus nosmeii[)Sos quales peccando nos fe- 
cimus, et maneamus nosmelipsi quales per 
graliam facti sumus. Ecce elenim qui su- 
perbus fuit, si conversus ad Chrislum hu- 
nii is faclus est , semetipsum relinquit. Si 
hixuriosus quisque ad coniinenliam vitam 
mulavit, abnegavit ulique quod fuit. Si ava- 
rus quisque ambire jam desiit, et largiri 
didicit propria qui prius aliéna rapiebat, 
jirocul dubio semetipsum reliquit, Ipse qui- 
dem est per naiuram, sed non esl ipse per 
malitiam. 

D.Ber!na.r. Serm. de S. Andréa. — Cum 
S. Andréa, ut simul crucifigamur et nos, 
allenlius auribus cordis audiamus vocem 
diceruiii: Qui vult venire post me, abneget 
semetipsum: ac si dicat : Qui me desiderat, 
se despicial : el qui vult lacère volunlalein 
meam discal frangere suara. 

Idem De contempt. 7nundi, c. 1, — Qui re- 
linquere universa disponis, te quoque in- 
ler relinquenda numerare mémento : imo 
vero maxime el principaliter abiiega lemet- 
ipsum. 



ABSOLUÏIO 

Yid. verb. Cgnfessio. 



ACSTEMIÏ 



[Ex SS. Patribus.] 
TERTut., /)c jr>/jm. — Dominus dixiC ad 
Aaron : Vinum el siceram non bibetis, lu 
(.'l tilii lui post te, si quando ingrediemini 
tabernaculum , vel ascendetis ad allare, et 
non moriemini. Adeo morientur qui non 
sobrii in ecclesia niinistraverint. Sic el 
Israeli proximo exprobal, et potum dabalis 
sanctificalis meis vinum. Et base autem 
slrictura potus xerophagiœ porlio esi ; quan- 
qiiaui ubi abslinenlia vini aut a Deo e\igi- 
tur, aul ab homine vovetur, illic inlelliga- 
tur eliam pabuli pressura formam prœ- 
itruens potui. Qualis enim esus, talis et 
{)0lus. Verisimile non est ut quis dimidiam 
gulam Deo immolet, aquis sobrius et cibis 
ebnus. An autem el Aposlolus xerophagias 
norit qui majora celebraverat, sitim et 
lamem et mulia jejunia qui ebrielates et 
commessaliones recusaverat, vel do disci- 
pulo Timolheo argumenli salis est, quem 
pjopter stomachum ti assiduas imbecillita- 



tes modico vino monens uti , quo ille non 
ex inslitulione, sed ex devotione abstine- 
bat (cœterum , stomacho magis consueludo 
prodessel) hoc i[)so abslinenliam vini di- 
gnam Deo suasil, quam ex necessitate dis- 
suasit. 

S. Chrys., t. II, Hom. ad pop. Antioch — 
Concedatis mihi, quœso , aliquid de Timo- 
thei virlute et cura Pauli dicere. Quid enim 
illo fuit amantius , qui tanlo absens inter- 
vallo et lot circumventus negotiis pro slo- 
machi sanilate discipuli taniam providen- 
tiamgerebat, et cum sedulitale de morbi 
correclione scribebal? Timoihei vero viriuti 
quidœquale? sic delicias aspernabalur, et 
lautac) mensam deridebal, ul in aiorbum 
ex victus asperitale, et nimio caderel jeju- 
nio. Quod enim nalura talis non esset , sed 
jejunio et aquaB potu slomachi vim pro- 
slrassf \ ipsum Paulura diligenler hoc ma- 
nifeslard-em audife. Non enim simpliciier 
dixil : Vtno modico utere : Sed tum prius 



21 



ABSTLNENTIA 



25 



dixikset : Noli adhuc aquam libère, tune 
bibendi viiii conciliurii allulit. lllud uuteai 
adhuc verbiiQi est signilicatilis , quod eous- 
que aquam bibebat, et proplerea iaibecillis 
t'actus sit. Quis non admirelur ipsius plii- 
losophiam et diligenlianj? — Cogita eniiu 
quomodo non a principio, neque ab exor- 
diis hoc consilium Paulus dederit, sed 
postquani vidit onineni virtuteiu dejectain , 
lune consuluit : neque lioc sim|)liciler, sed 
ciiin prœfinilionG quadam. Non eniiu siiu- 
pliciter dixit: Vino utere, sed, vino modico: 
non quod liac admonitione et consilio Ti- 
niolheus egeret, sed quod nos indigeanius. 
Mcirco ad illuiu scribens, nobis bibendi 
vini mensuram et terniinos staluit; lanluni 
bibere jubens , quantum valeludineui adju- 
vet, quantum corpori sanitalem prœbeat, 
et non allerum morbum. Non 



pauciores 

enim quam immoderatus aqaae potus, sed .,^., ^. ..^,v^...v^,..^ . .,„„.« ...^i/,,«,, ^,,»v i.., 

niullo plures et dilïïcilioieï animi et cor- quo est luxuria. (Ephes. v, 18.) 

puris luorbos immodica vini parit polalio , S. IUsil. , homil. de jejunio. — Nemo 



Argi (ut fabulœ ferunl) centum oculis ob- 
};ervare. Hoc est quoii Aposlolus verbis 
aliis loquebatur : Omne peccatutn quod fece- 
rit homo , extra corpus est ; qui autem for- 
nicatur^ in corpus suum peccat. (II Cor. 
VI, 18.) Aiunt medici, et qui de humano- 
runi corporum scripsere naturis, prîeci- 
pueqiie Galenus in libris, quorum tituhis 
De tuenda sanitate , puerorum et juvenuin , 
ac perfeclœ œlalis viroruni mulierumquo 
corpora insito calore l'ervere; et noxios 
esse bis œlatibus cibos, qui calorem au- 
geatit, sanitatique conducerefrigida quaeiiuo 
in esu et polu sumere. Sicut e contrario 
senibus, qui pituita iaborant et frigore , 
caiidos cibos et vêlera vina prodesse. LJnde 
et Sn\\a[or : Allendiie f inquit, vobis , ne 
forte graventur corda vcsira in crapula et 
ebrielate, et curis hujus vitœ. (Luc. x\i , 
3i.) Kt Aposlolus : iVo/jV« inebriari vino in 



pai 
passionum bellum, absunJarum cogilalio 
Dum procellam in ratnlem inducens', et 
corporis vim moiliorem et solubiliorem el- 
ticiens. 

S. Hier., t. IV, episl. kl ad Furiam , De 
eiduilate servanda. — Grandis virtutis est, 
el sollicilae diligentiœ superare quod nala 
sis : in carne, non carnaliler vivere : tecum 
pugnare quotidie, el inclusum boslem , 



hausla aqua crap.ulam conlraxit. Nullius 
unquam caput condoluit, aqua prœgrava- 
lum. Nemo alienis pedibus opus habuil bi- 
bendœ aquœ assuescens. Nullius {)edes 
fasciis astricti sunt : nullius manu> in- 
liles reddilcP. 
Yid, verb. Abstinextia, Ebriëtas, Jeju- 

NILM, TeMPEUANTIA. 



ÂBSTÏNENTIA 



[Ex SS. Palribus.] 
s. Basil., Const. vwnast. t. II. — Ante 
omnia temperanliam castimoniae tulum cus- 
todem et quœ prœsidem menlem bue illuc 
errare non sinit, excoli oporlet. Ut enim 
constricla per canales aqua, cum non ha- 
beat quo se diffundat , recla a comprimenie 
vi in allum l'ertur: ila et humanus animus 
lemperantia, quasi angusto quodani canali 
undelibet conslrictus, quodam modo ex mo- 
lus nalura ad reruin sublimiorum deside- 
rium attolletur, qui scilicel, quo etlundatur, 
non habeal. Neque enim animus unquam 
stare potest, qui ejusmodi naluram a G(jn- 
ditore accepit, ut seraper moveatur, et si 
prohibeatur movere se ad res va^as , fieri 
non polest, ut ad veri(atem recta omnino 
non lendat. Temperanliam autenj aibilramur 
iion soia ciborum abstinenlia circuuisciibi, 
(hocenim mulli et a|)ud genliles philosopbi 
i'aclilarunl) sed maxime oculorum accurala 
occupalione. Quid enim prodesl a cibis ab- 
slinere, si adullerii libidint-m per oculos 
vores, aut lubens vanas ac diabolicas voces 
auribus audias ? abstinenlia |)rorsus inutilis 
est, nisi et a faslu et a superbia et a vana 
gloria, el abomini aiïoclu vilioso abstineas. 
Aut quid inde emolumenti , si abslineas ab 
escis, a pravis aulem et vauis cogilalionibus 
non prorsQS absliocas? Quamubrcm Apo- 



slolus dicebal: Timeone corrumpantur sensus 
veslri. (Il Cor. ii, 3.) Abslineamus igilur 
ab bis omnibus, ne merito Dominiaceusalio 
veniaf in nos quoque, lanquara qui excole- 
luus culicem, camelum vero glutiamus. 

S. Gbeg. Naz., episc. — -El convivia lune 
ex charilaie veraciler prodeunt, cum in eis 
nulla abslinenlium vita mordelur, nulius ex 
irrisione reprehendilur, nec in eis inanes 
sœcularium negoliorum fabulee, sed verba 
sacrœ leclionis audiunlur: cum non plus 
quam necesse est servilur corpori, sed soia 
ejus intirniilas relicitur, ut ad usus exer- 
cendœ virlulis habeatur. Hcec si vos in 
veslris conviviis agiiis, abslinenlium (l'aleor) 
magistri eslis. 

Dum sacro volumine Jonœ prophelœ gesta 
replicanlur, forsilan aliquis secumcogilalet 
dicil : Triduo et Ninive subvertetur. (Jon.m, 
k.) Subvertetur plane, cum calcalis dele- 
rioribus studiis, ad raelioi'a converlelur. 
Subverlilur, inquam , dum purpura in cili- 
ciuu), aliliienlia in jejunium.lœlilia mulalur 
in llelum. Ubi sunl qui negant remédia 
pœnileniitB, qui eam vei accipiendam , vei 
coramunione ftosl labores em'.Milos mune- 
randara e^se non creduni? 

S. HiLkR., De pœnit. Niniv., iiom.2, t. IV 
BibLPalr. — Nniivila3 [)ropœnilenlia alquo 
abslineulia irai desuper imminoulis suspcu- 



23 



DICTlOiNNAlRE DE LA TRADITION. 



94 



derunt ruinarn, et parvuli ac pecora pariter 
abstinentes, egressam a Domino plagam,at- 
queseDtenliamjamcadentem(utitadixerim) 
retorserunt. Tarn manifestum judicantes 
affliclionis reraediuin, ut sibi eliam anima- 
lium creiierent profulurum esse jejunium. 

S. Ambr., ep. 63, class. i. t. H. — Quid 
pulchriusabslinentia.quœfacitetiamjaveiiy 
tulis annossenescere,ut tiat morum senectus? 
namque utredundanlia ciborumac temulen" 
lia etiam malurior eetas calescilj; ita mitiga- 
tur juveutulis ferocitas epularum parcirno- 
uia, irriguoque fonlis. Exterior ignis aquœ 
inlusione exslinguitur, non mirura si etiam 
inleiior feslns corporis fluviali polu refrige- 
ratur; cibo enim flamma alitur ac déficit. 
Siquidem fenum, stipula, lignum, oleum, 
alque liujusmodi alimenta ignis sunl, qui- 
bus pascilur : ea si detrahas , vel non suggé- 
ras, etiam ignis sopitur. Similiterergo vapor 
corporis cibo alitur aut miûuiiur: cibo 
exciiatur, cibo solvitur. Luxuria igitur ma- 
ter libidinis est. 

S. Ambr., De Virg. lib. i, t. II. — Cibus 
parcimoniœ, potus abstinenliae, docet vitia 
nescire, qui docet causas nescire vitiorum. 
Causa peccandi etiam justos see{)e decepit. 
Hinc populos Deipostquam sedit manducare 
et biljere, Deum negavit. Hinc Loi concu- 
bitus filiarum ignoravit et pertulit. Hinc 
inversis vesligiis fi'ii Noe patris quondam 
pudenda lexerunt: quae procax vidit, mo- 
destus erubuit, plus texit, otTensurus si et 
ipse vidisset. 

S. Hier., in epist. ad Furiam. — Absli- 
nenlia tua alque jejunium tuum eo raagis 
Deo grata sunt, quo cum moribus sanciis 
oll'erenlur; ut quae in aliis sunt urabracula 
viiiorum, in te sint ornaraenla viitutum. 

S. HiERON., in epist. ad Dom. virginem. — 
Nonnulii vitam i)udicam appelentes , in 
raedio itinere corruerunt, dum solam absli- 
nenliam carnium pulant, et leguminibus 
onerant slomachum, quae moderale parce- 
que innoxia sunl : et ul quod sentio loquar, 
nihil sic inflammat corpora, et titillât mem- 
bra genilalia, sicut indigestus cibus victus- 
que convulsus. 

Mater sanitatis est abstinentia , mater 
œgriludinis voluptas : sine enim carne el 
vino cito friget Venus : et a paire Libero 
ad inconcessam Venerem gradus proximus 
est inlemperantiœ locus. 

S. Léo., De jejun. Pentecost. serm. k, 
tom. L — Laudeiur Deus qui hominum 
usui tam multa donavit ; sed agnoscal ra- 
lionaiis animus, majores delicias menti 
datas esse quam carni. Et cum audit sibi 
per Spirilum sanclum dici : Post concupis- 
cenlias tuas non eas, .et a voluntate tua 
cvertere {Eccli.\ xviii, 30), intelligat sibi 
contra omnia, quee sensibus corporels blan- 
diunlur, lemperantiae seciandam esse virtu- 
lem ; per quam dum exterioris hominis 
volunias miuuilur, sapientia inlerioris au- 
gelur. Non enim idem vigor cordis est sub 
onere cibi , qui sub lenitate jejunii, nec 
eumdem sensum potest salieias generare 
quam parcitas. Quia cum caro concupiscens 



adversus spirilum, spirilali cupiditale supo- 
ralur, libéra obtinelur sanilas, el sana 
libertas, ut el caro mentis judicio, et mens 
Dei regatur auxilio. 

S. AuG., De defimlion.rectœ fidei. — Bo- 
num est in cibo, cura gratiarum aclione 
perciperequidquid Deus edendum prff'cfipit. 
Abstinere aulem ab aliquibus non quasi 
malis, sed quasi non necessariis, non est 
malum. 

S. Prosp., lib. II De vita cont. — Sic ab- 
stinere vel jejunare debemus, ut non nos 
necessilali jejunandi subdamus, ne jara non 
devoli, sed inviti rem voluntariara faciamus. 

Jo. Cassian., De inst. mon., lib. v. — Me- 
lior est ralionabiiis quotidiana cum mode- 
ratione refectio, quam per intervalla loii- 
gumque jejunium. Novilimmoderala inedia 
non solum mentis labefaclare conslantiara, 
sed etiam orationum efTicaciam reddere las- 
siludine corporis enervalam. 

idem, super psal. cxxx. — Ipsis fit gra- 
vior consueludo subtracli cibi, qui se escis 
aliis nesciunt consolari. 

Idem, De inst. mon. — Non solum crapula 
vini mentem inebriare consuevil, verum 
Gtiara cunctarum escarum nimielas vacil- 
lantem ac nulabundara eam reddil, omnique 
inlegritatis ac purilatis contemplatione de- 
spoliat. 

S. Maxim., Lib. ad piet. exerc, t. I. — 
Abstineniia concupiscentiam macérât alque 
edoraat ; quia ils omnibus abstinere facit, 
quae non sunt necessarii usus, sed delicias 
prœbent : nec aliquid sinit sumere, quiim 
quod necesse est ad vilain suslenlandam : 
nec permitiit ea persequi, quae dulcia sunt, 
sed quae ulilia, et ut cibuin et potum adjus- 
tœ necessilalis modos componamus, nec 
superfluos corpori huraores congeramus, 
solamque corporis vitam servare studeamus, 
alque a coitionis appetitu liberum cuslodia- 
mus. Sic igitur abstinentia concupiscentiam 
macérai alque edomat : voluptas vero, cibi- 
que ac potus saturitas ventri calorem conci- 
liai, et ad turpis libidinis appetitum accen- 
dit, tolumque animal ad illegiliraae copulse 
dévia conlrudit. Tune lascivi oculi, etl'rena 
manus, lingua loquensquae aures mulceant ; 
aurisinanium avida ; mens Deum spernens; 
animus secum ipse cogilandi aclu adulle- 
rium palrans, et ad nefanda sceleris ipso 
ojiere corpus provocans. 

S. Paulin, episc. NoI., epist. ad Celan- 
ciam. — Cave, ne si jejunare aut abstinere 
cœperis, te putes esse jam sanctara ; beec 
enim virtus adjumentum est, non perfeclio 
sanctitatis. — Tune prœclara est abstinen- 
iia, tune pulchra atque magnifica casligalio 
corporis, cum est animus jejunus a viliis. 
— Qui probabiliter ac scienler abstinentiœ 
virlutem eneut, eo affligunt carnem suam, 
quo aniaiae frangant superbiam ; ut quasi 
de quodam lastigio conlemptus sui alque 
arroganliae descendant ad iraplendam lîo- 
niini voluntatem, quee maxime in uumilitale 
perficilur. 
' Idem, ibid. — Quid prodesl tenuari abs- 



25 



ABUSUS VESTIUM 



26 



linontia corpus, si animus intumescal su- 
perbia. Quam laudera merebimurde pallore 
jejnnri, si invidia lividi sumus? Quid vir- 
tulis habel vinura non bibere, et ira alque 
odio jnebriari? — Minus jejuniorum et abs- 
tinenliae laborem caro sentit, anime esu- 
riente justitiam. — Omnibus omnino vir- 
tutibus abslinentia opitulatur. 

S. Bern. Ad sor. — Melior est abslinentia 
Titiorum quam ciborum. 

S. Bern., serm. 66 m Cantic, tom. I. 

— Et ego interdum abstineo; sed absti- 
nentia njea salisfactio est pro peccalis. 

— Abstinebo a vino quia in vino luxuria 
est : ;iul si infirraus sum, raodico utar, juxia 
consiliiim Paiili. (/ Tim. v, 23.) Absti- 
nebo a carnibus, ne dura nimis nulriunt 
t-arnem, siraul et carnis nutriant vilia. Pa- 
nera ipsum cum mensura sludebo sumere, 
ne onerato ventre stare ad orandum lœdeat, 
et ne iraproperet eliam mihi propbeîa, quia 
panera meuin comederim in saturilale. 
{Ezech, XVI, 49.) Sed ne simpiici quidem 
aqua ingurgitare me assuescam, ne dislensio 
sane ventris usque ad lilillationem periin- 
gat libidinis. 

Vid. Jejunidm. 

[Ex Conciliis.] 

Ex conc. Salegunslad., sub Bened. YIII, 
an. 1022. — 1. Ut 14 dies omnes Christiani 
anie festivilatem S. Jean Bapt. in abslinen- 
tia sint carnis et sanguinis, nisi inlirmilale 
impedienle, aut alicujus lesli solemnilate 
inlercedente et ante nalivilalem Domini 
simililer, et in vigilia Epiphaniœ , et in 
omnium vigiliis aposlolorum , et in vigilia 
Assumptio. S. Marias et in vigil. S, Laureiitii, 
nec non eliam in vigil. omnium SS. ad- 



jicienles prœdiclis unam horam refeclionis 
excepta infirmitale, elc. 

Exconc.Rom.w suhGregorio F//, nr?. 1078. 
— 8. Quia dies Sabl>ali apud' patres nostros, 
in al)slineniia celebris est habitua, etc. ad- 
monemus, ut quicunque se Chrisiianse 
religionis participera esse desiderat, ab esu 
carnium eadem die, nisi majori fesliviiate 
inlerveniente, vei infirmilate impedienle 
abslineat. 

Ex conc. Claramont , sub Urbano II, an. 
1095. — 23. Nullus Chrislianiisa capile Jeju- 
nii, usque ad Pasclia carnein comedat 

Ex conc. Moguntino sub Paulo Jll, nn, 
1549. — 47. Fidèles diebus jejuniorum si- 
n)iliter sextisferiis <t Sabbalis a carnium et 
aliorum esu, quos Ecclesiae consuetudo per 
pos dies hucusque vitare perseveravil, ex- 
tra legilimam necessilatis excusationem sibi 
tempèrent. 

Ex conc. Trident, generali x\'\u, sub 
Pio IV, an. 1562. sess. 24. De Delectu cibo- 
rum. — Pastores ea quee tara in boc coiici- 
lio quam in aliis œcumenicis staluta suut 
quibuscunque fidelibus sedulo commen- 
dent, omnique diligenlia utanlur, ut illis 
omnibus et iis prœcipue sint obsequenles 
quœ ad raorlificandam carnem conducunt, 
ut ciborum deleclus et jejuuia, vel eliam 
quœ faciunt ad pielatem augendam, ut die- 
rum fesiorum devola et religiosa cele- 
bratio. 

Ex conc.Mediolan. ii, sub Pio V, an. 1569, 
'fit. I. — 20. Quibus ob inûrmam valeludi- 
nem, aut ob aliam justara causam permis- 
sum erit Quadragesiraœ diebus carne aut 
aliis eo tempore vetilis cibis vesci, ne pu- 
bliée neve eliam cum domesticis, sed se|)a- 
ralim in remoliori œdium loco, ejus ger.eris 
cibum capiant. 



ACUSUS VESTIUM 



[Ex SS. Patrihus.J 
Const. apost., lib. i, t. 1. — Si vis fidelis 
et acce[)ia esse Domino, o mulier, noii le 
ornare, quoalienis viris placeas; neque me- 
relricis cirrosaul vestimenla aut calceos irai- 
tare ac gesla, ut eos quos isla irreliunt, 
ad te allicias. Sed et quaravis bœc flagiiia 
non ad peccalum désignes, sed tanlum- 
modo ad cultum; neque sic luluras pœnas 
fîilugies, quœ querapiam ad tui cupidinera 
induxeris, et non caveris, ut neque in de- 
Jicluni ipsa incideres, neque alii in scan- 
dalum. Quod si teipsam dedendo, pecces ; 
et ipsa deli(iuisli, et animae bominis iilius 
rea es facta : deinde poslquam cum uno 
oirenderis, quasi seraei emissa spe , ad 
alios rursus sine doloris sensu deflectes ; 
sicut ait sermo divinus : Cum venerit impius 
in profundum malorum, contemnit ; super- 
venit autem ei ignominia et opprobrium. 
iProv. xvm, 3.) Hujusmudi euira mulier 



deinceps crudeliter sauciala, animas insi- 
pienlium illaijueat. Vi(ieamus igitur quo- 
mndo taies divina Soriptura traducat. Ail : 
Odi supra mortem muiierem quœ est laqueits 
venatorum, et sagenn cordis ; vincula vero 
sunl manus iilius. (Eccle.wi, 27.) El alibi : 
Sicut inauris aurea in naribus porci ; ita 
mulieri faluœ pulchriludo. (Prov. ii, 22.) 
Et ad hue ; Sicut vcrmis in tigno, sic viros 
disperdit mulier malefica. [Prov. xii,4 sec. 
LXX.) — Ne igitur vos, quœ christiame 
eslis, hujusmodi mulieres imitemini. Quœ 
aulem viro luo fida esse vis, iili lanlum 
grala esse contende : in plaleis caput tege ; 
nam per velamen, aspeclum curiosioribus 
occludes. 

F^jciera tibi a Deo datam noIi pingere ; 
nihil quippe in le est, quod ornalu indi- 
geat; cura cuncta quœ Deus fecit, adrao- 
dum pulcbra sinl: al impudicus pulclirœ 
rei ornalus, arlilicis graliara dedecoral . 



27 



DICTIONNAIRE DE 



'Jejeclis igilur ociilis iler liium perage, 
etque obvoluio capite, quemadraocJum mu- 
lieres decet. 

Clem. Alex., Pœdag. 1. ii, t. I. — Mulie- 
res, siinililer non in plicaturis, vel auro,vel 
maryarilis, vel veste sumptuosa, sed, quod 
decet mulieres, profitenles pietatein, per bona 
opéra seipsas ornantes. (/ 11m. ii, 9, 10.) 
Paulusjure ab his ornatura abesse jubet. 
Si suiit enin^i pulchrœ, sufficit natura : non 
contendat ars contra naluram : hoc est fraus 
uiinime liliget cum veritate. Sin autein 
sunt natura turpes, ex iis, quee sibi appli- 
cant, quod non habent, arguunt. Eas ergo 
quee Christo scrviunt, frugalitatem convenit 
amplecti. — Quod enim frugale est , ut 
ipsum eliam uoiiien indicat, non eminet, 
neque ulla in re in molem assurgit,aut in- 
tumescit, sed est universum planuru, lene, 
œquale et minime superfluum, et ea de 
causa sufficiens. Est autem sufficientia , 
liabitus quidam qui ad suura finem per- 
venit, ita ut neque quid desit. neque re- 
dundet. 

Tertul., De cultu feminarum, cap. 1.— Si 
tantain terris muraretur lides, quanta mer- 
ces ejus exspectalur in cœlis, nulla oranino 
vestrum, sorores dileclissirace, ox quo Deum 
vivum coguovisset, et de sua conditione 
didicisset, leeliorem habitum, nedicam glo- 
riosiorem appetisset, ut non magis in sor- 
dibus ageret et squalorem potius affecta- 
rct; ipsam se circumferens Evara lugentera 
et pœnittntera; quo plenius id de Eva tra- 
liit (ignominiam dico primi delicti et in- 
vidiam perditionis humanœ) omnis satis- 
factionis habitu expiaret... Propter tuuni 
meritum, id est moitem, etiam Filius Dei 
inori habuil : et adornari tibi in mente est, 
super pelliceas tuas tunicas ? 

Idem, ibid., cap. 2. — Certum oranera glo- 
riam et ambitionem et atîeciionem per car- 
nem placendi, Deo dispiicere. 

Idem., c. 13.— Pudiciliee Christianae salis 
non est esse, vcrum et videri. Tanta enim 
débet esse plenitudo ejus, ut emanet ab a- 
nimo ad habilum, et eruclet a conscientia 
in superficiem: ut et a foris inspiciat quasi 
supellectilerasuam,qi]8econveniat fidei con- 
tinendee in perpetuum. Disouliendge sunt 
enim deliciee, quaruin mollilia et fluxu tidei 
virtus etreminari potest. 

S. Cypr., De virg. habitu. Edit regia. — 
Si tu te som[)tuosius comas, et per publi- 
cum nolabiliter incedas, oculos in le juven- 
lulis illicias, suspiria adolescentium post 
le Irahas, concupiscendi libidinem nulrias, 
suspirandi fomenta succendas; ut etsi ipsa 
non pereas alios loraen perdas, et velut gla- 
dium le et venenum videntibus prœbeas ; 
excusari non potes, quasi menle casla sis 
ot pudica. Redarguit le cullus improbus, et 
impudicus ornalus; neo computari jara po- 
tes inter virgines Chrisli, quee sic vivis ut 
poss'S adamari. 

h Basil, epist. 3, t. III. — Incestus eslo 
nec segnifi, ne animum dissoiutum arguai ; 
nec rursus vehemens, ac superbus, ne sto- 
lidos animi impelus indicet. Unus vesti- 



LA TRADITION. 2» 

menti scopus, ut idoneum sit carnis ad hie- 
mem et eeslalem operimentum. Neque vero 
in colore flaridum exquiralur, neque in opè- 
re tenue ac molle. Etenim in veste piginen- 
toruQi lautilias conseclari, non absimile est 
venustatis studio, quo mulieres ducunlur, 
dum gênas et crines alieno tlore inficiunt 

S. Greg. Naz., orat. 8, 1. 1. — Audite, mu- 
lieres, queecunque nimio oslenlationis stu- 
dio et desidia laboralis, ac pudoris vehim 
conlemnilis. Non iilara ( Gorgoniam )auruin 
arle ad eximiam pulchritudineu] elaboratum 
ornavii, non flavœ comee, tum pellucentes, 
tum subluccnles, non criniura nodi, et im- 
poslurœ, preliosura caput sumraa cum infa- 
njia scenam efTicientium, noncircumfluentis 
et pellucidee veslis magnificenlia, non la[>i- 
duin splendores et graliœ,' propinquum 
aerem colorantes, ac formam lumine cir- 
cumfundenles ; non pictorum artes et pree- 
sligiae, ac vilis et parvo constans pulcbriludo, 
terrenusque fictor, in contrarium fabricans, 
insidiosisque coloribus Dei figmenlum ob- 
ducens, et per honorem infamiam inurens, 
ac divinam formam raeretricium procacibus 
oculis idolum proponens, ut aduiterina pul- 
cbriludo naluralem imaginem, quee Deo ac 
fuluro aevo servatur subripiat. Verum cum 
exlernos mullos et varios mulierum ornalus 
cognilos haberet, nullum tanjen moribus 
suis, atque intus condilo spicndore, pres- 
sianliorem agiwscebat. Unus illi rubor {)la- 
cebal, quera pudur alfert : unuscandor quem 
parit continentia. Nam pigmenta, et fucos 
ac vivas tabulas et fluxam formée venusla- 
tem scenicis et Irivialibus relinquebat, qui- 
busque probrura ac dedecus est eiubescere. 

Apud S. CuTxYS.Ascetam facetiisuli non de- 
bere, 1. 1. — Hubentes condimenta cl tegumenta, 
his contcnti crimus. {/ ï'im. vi, 8.) Nam quee 
ad ornatum comparatee sunt vestes, mulie- 
bres potius quam viriles censeanlur. Lex- 
qui[)pedicil : Non indue tur vir veste feminea. 
Ne igilur elleminelur vir, quandoquidem 
neque muliebrem sexum admodum conve- 
nit apud Deum etfeminari. Ex pilis camelo- 
rum vestem geslabal, et zonam pelliceam 
circa lumbos suos Joannes: et ante illurn 
Elias, cujus spii'itum Joannes gcrebat, ovilla 
solum pelle ipse quoque amiciebatur. Slu- 
pidi est et mollis animi splendidum indu- 
menlum etsulililiarlificio conlextum raagni 
facere : animus aulera ad altiora quœque 
natus, qui veri ornalus sensum capere po- 
test, mollem oranem veslem despicit, et 
sublimiorem illa desiderans, securam, mi- 
nime superiluam, bonestiorem illam maxi- 
meque venerandam castitatem omnibus 
existimal preelerendam. 

Idem, in l Tim. \, hom. 2, t. IL — In 
amictuvestium ne glorieris, inquil Sapiens. 
{Eccli. Il, i. ) Nam Sâllator, meretrix et 
scenicus, gratit)siora te et preliosiora ves- 
limenia cncumferunl. Proeterea vero de re 
gloriaris, quam si lineae invadant, ejus le 
voluplale privabunl. Vides quam incerta 
res sithujus vilœgloria? gloriaris in re, quam 
vermes pariunl ei perdum. 

S. Chjrys., Expos, in psal. \lviii, t. V. — 



ABUSUS VESTIUM 



Quid faois? te cerais et orn.is, mulier? Cui 
vis placera? virone luo? Malum studiuin, 
si viro sic plucilura es, si sic studes ipsi 
placere. Qiiomodo igitup placebo? modeslia 
ph lo^ophia, raansuetudine, charilate, con- 
cordia, consensu. Haec ornanierUa lua, mil- 
lier,, lise virtules tiiae concordiam pariunt: 
illi vero orr'aïus ut pîaceas non eflîciiint, 
veriim id preeslant ut viro oneri sis. Cuiu 
onirn illi dixcris : Kape et atfer mihi : exiguo 
lempore places; sed |)Ostea ininiicura illuoi 
liabes. Ut autem discas le viro non placere: 
rloîiu illa deponis, et in ecclesia illis circuui 
ornaris Si vero placeres, domi illa geslares. 
Veruuî ut dixi, in ecclesiam ingtederis au- 
ratis luanibus et collo. Si venerit Paulus, 
lerribilis siiuul ille et amabilis: lerril)ilis 
j)ecratoribus, amabilis [lie viventibus, cla- 
inabit et sic dicet: Mulieres oportel ornare 
se non auro et margaritis, et veste pretiosa. 
( 1 Tim. II, 9. ) — Quid tibi utililaiis atfert 
ourura, mulier? ut pulclira et speciosa 
appareas? veruin iilud niliil libi confort ad 
pull hritudinem animœ. Sis animo speciosa, 
et eris corpoie amabilis. Sapienlia hominis 
vullum ejus illwninabit? (Lccle.yiu, i.) At- 
qui sapienlia est animas ejus. Ni'.iil ita aino- 
rum parit ut ch;iritas. Si enim vir tuus le 
aniat, etiamsi deforrais sis, lamen amabilis 
ipsi videris. Si autem le oderit, etiam si 
sptciosa sis, ne qiiideni viJ(:!re le volet. 
Odium quippe animi tbimam vullus appa- 
rere non sinil. Cuui enimab eo ornafus et 
aurum petitura es, tum ipse te aversaiurus 
est, perinde atque eum qui in foro aliquid 
ab eo exigat. Verum ab illo fugere potest, 
a le minuue quœ iiitus es semper, et petis 
oflicia ralioni contraria. 

S. Cyril, catech. 4, de decem dogmatibus. 
— Vestitus libi simplex esto, non ad orna- 
lum, sed ad necessarium tegumentum: non 
ut molliterdelicieris, sed ut hieme calescas, 
et verecundiam corporis tegas. Ne vero le- 
gendœ lurpitudinis praetexlu, superflu ves- 
lium paratu inaliam lurpitudinem incurras. 

S. AMBR., Hexam. 1. vi , t. 1. — Pictus es, 

homo, a Domino Deo tuo. Noii bonam de- 
1ère picturam, non l'uco sed veriiaie fulgen- 
lem; non cera expressam, sed gralia. Pelés 
picturam, mulier, si vultum tuum maleriali 
candore oblinas, si acquisito rubore per- 
fundas. Illa piclura vitii, non decoris est, 
illa pictura l'ruudis non simplicilatis est; 
illa i)iclura fallit et decipit, ut neque illi 
placeas cui placere desideras, qui inlelligit 
non tuum sed alienum esse quod placeas; 
et tuo displices auclori, qui videt opus suum 
esse deletum. Die milii si supra artiQcem 
aliquem inducas alterum, qui opus illius 
superioris novis operibus obducat, nonne 
indignatur ille qui opus suum adulteratum 
esse cognoverit? Noili loUere picturam Dei, 
et picturam meretrii;is assumere, quiascrip- 
plura est; Tollam ergo tnembra Christi et fa- 
ciam membra merelricis? Absit! {I Cor. vi 
15. ) Quod si ([uis adultérai opus Dei, 
grave crimen admiltit. 

S. AuGUST. , serm. 162 De verbis Apostoli, 

1 Cor. VI, lom. V, — Corporis bujus. 



id est exlerioris hominis ornamenla quanlo 
magis appelunlur, tanlo sunt interioris 
majora detrimenla : qiianto aiilem mi- 
nus appetunlur ornamentis exlerioris ho- 
minis, lanlo magis moribus pulchris 
homo inlerior adorualur. Unde dicit et 
PtMrus : (sic) ornantes se non in lortis 
crinibus. Cum enim dixissct : Ornan- 
tes se, quid aliud a carnalibus, quam visi- 
bilia isla ornamenla putareutur? conlinuo 
tulit cogiîalioni quodcupiditas inquirebat. 
Non, inquit, in torlis crinibus, neque aurf> 
vel margarilis, vel veste pretiosa; sed ille 
abscondilus cordis homo, qui est anle Deum 
dives. Neque enim Deus divilias daret ex- 
teriori hoinini, et inopem relinqueret inte- 
riorem : deditinvisibili divilias invisibiles, 
et invisibilem ornavit invisibiliter. 

S. AuGUST., Lib. de serm. Dom. — Anim- 
advertendum est non in solo rcrum cor- 
porearum nilore atque pompa ; sed etiarn 
inipsis sordibus lutosis esse posse jaclan- 
tiam, eteopericulûsioremquod sub noraine 
servitntis Dei decipit. — Quanta amenlia 
est effigiem mulare nalurœ, picturam quœ- 
rere 1 tolerabilia prope modum in adullerio 
crimuia sunt. Ibi enim pudicilia, hic na- 
tura adulleratur. 

S. HiER., in Epist. — Vestes pullasœque 
dcvita, ut caiididas : ornalus ut sordes pari 
modo fugiendi sunt, quia alterum delicias, 
allerum gloriam redolet. — Inter sericuui 
et linteainina, quibus tibi videris fulgidus 
et formosus intellige te nudum, conscissum, 
sordidum, raendicantem. 

Idem.— Si vir vel mulier se ornavtirit,et 
vullus hominum ad se provocaverit, etsi nul- 
lum inde sequaturdamnum,judiciura lamen 
palietur seternum, quia venenum altulit, si 
luisset qui biberet. 

S. Gregor. Mac, m Evang. 1. 1, liom. 6, 
t. 1. —Quid est dicere : Ecce qui mollibus 
vesiiuntur in domibus regum sunt [Matlh. 
XI, 8J, nisi aperta senleniia demonslrare, 
quia non cœlesli, sed terreno régi militant 
hi, qui pro Deo perpeti aspera fugiunt, sed 
solis exterioribus dediti , prœsentis vitaî 
mulliliem et deleclalionem quœrunt ? Nemo 
ergo existimet in fluxu atque studio ves- 
lium peccatum déesse : quia si hoc culpa 
non esset, nullo modo Joannem Dominus 
de veslimenli sui asperilalo laudasset. Si 
hoc culpa non esset, nequaquam Pelrus 
aposlolus per epislolam l'eminas a prelio- 
sarum vestium appelitu compesceret, di- 
cens : xYo/i m tes/e prefiosa. Pensale ergo 
quœ cul{)a sit, hoc etiam viros apf)elere, a 
quo curavil paslor Ecdesiae et feminas pro- 
hibere. 

S.Gregor. Mag. in Homil. - Quod pro 
sola iuani gloria vestimentum preiiosum 
quaeritur, res ipsa lestatur : quia nemo vull 
ibi pretiosis vestibus indui, uni ab alus non 
possit videri. 

S. Bern. in Apoi. — Vanum cor vanita- 
tis noliuam ingeril corpori. Exterior enim 
superfluiias iiilerioris vaniialis indiciuuj 



31 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 52 

iidiimeiita aniiiii mollitieii» in- lus nisi prius neglficta i'uissel mens in- 



est. Mollin 

di&aïU. Non taiiluiii curareiit corporis 



cul 



nisi 
culta virtulibus. 



ACCEPTIO PERSONÂRUM 



[ExSS. Patribus.J 
Const. Apost.y I. II, t. I. — jEqiium non 
est ut ea judicia exerceaiitur, in quibus 
altéra pars judicium occupât. Nara si unani 
personanî audieritis, altéra absente, hac- 
que ad ohjectuiu crimen non resf)ondente, 
sudVayiiim daninationis temere tuierilis; 
rei necis et consorles calumuiatoris, seu 
eadeiu cuiu iilo mensura uietientes repe- 
rieiuini apud Deum justum judicoiu. Sicut, 
eniiii, qui tenet caudam canis, sic qui prœ- 
sidet alieno judicio (Prov. xxvi, 17.) Quod 
si imilatores fiieritis senum illoruiu Baby- 
louis iiicolarum, (^ui falso teslimouio con- 
Ira Susannam diclo, eara injusta mortis 
daiiinatioue ati'eceruiU ; ohnoxii erilis sen- 
teutiae et coiideinnalioni adversuin eos latfB. 
(Juoiiiara Susannam quidein Dorainus per 
Danielein eripuit e luanibus iiiiquorum, 
reos auteui sanguinis feuiinae seiies ad 
ignem damnavil; vero per Danielem ex- 
probravit, dicens : Sic falui fil ii Israël :non 
dijudicantes, neque quod manifestum est co- 
gnoscentes, condeinnaslis filiam Israël? Re- 
verlimini ergo ad judicium: quia falsum tes- 
timoniumisti locutisunt adversus eam. [Dan. 
xiii, 48.) 

S. (^YPRiàN., epist. 69, éd. Oxon. — 
Spiritus sanctus non de mensura dalur, sed 
super credeniem tolus infundiiur. Nam si 
dies omnibus aequaliter nascitur, et si sol 
super omnes pari et œquali luce ditl'undi- 
tur ; quanto magis Christus sol et dies verus. 
in ecclesia sua lumen vitae aeternfe pari 
jeijualitato largilur? cujus œqualilatis sa- 
cramentum videmusin Exodo esse celebra- 
tum, cum de cœlo mannadeflueret, etfutu- 
rorum preetiguratione alimeulum panis cœ- 
leslis et cibuin Ohrisli veuienlibostenderet. 
lllic enim sine discriuiine vei sexus, vei 
œtatis gomor a singulis aequaliter collige- 
batur. Unde apparebat Christi indulgen- 
liam et cœlestem gratiam postmodumsecu- 
luram, aequaliter omnibus dividi sine sexus 
varietate, sine annorum discrimine, sine 
accefdione personae super omnem Dei popu- 
ium spiritalis graliae munus infundi. 

S. Basil., //omt/icp, 1. 11. — Adsuntcoram 
le IVatres diversee sortis : alius pauper, alius 
dives : alius bospes, alius domesiicus, qui 
aut le judice judicandi sunt, aut qui luis 
largilionibus indigent. Si sederis judex, ne 
videas inaequalia, ne videas divilem subii- 
mem, aut pauperem humilem. Si foribus 
tuis astileril qui penuriae suae quaerat le- 
vamen, ne sic quidem videas inaequalia. Ne 
dixeris : Hic amicus est, hic sanguineus, 
hicaucior est collali in me beneticii; ille 
(leregrinus, alienus, ignolus. Inaequalia si 
videas, non consequere misericordiam. |^«i 
videt levia misericordiam consequelur (ait 
Sapiens). Levia vide. Natura est una : laui 
hic, lum ille homo est. Penuria una, egu- 



slas in utroque eadem : fratri da et pere- 
grino, et cave fralrem averseris : peregri- 
num autem pro fratre habe. Itaque levia 
videre operae pretiura est. Amicum egestati 
suae consulentera alieno ne praeponas. Vult 
Deus te indigentibus solatium afferre, nul- 
lara personarum rationem habere, non pro- 
pinquo dare, peregrinum vero repellere. 

S. Ambros., lib. Il De offic. — In judicio 
gralia absit, causœ mérita discernan- 
tur 

S. Chrys., hom. 49, al. 48, in Joan., t. 
VlU. — Nolite ergojudicare secundumfaciem. 
{Joan. VII, 24.) Hoc pulemus non illis tan- 
lum dictum fuisse, sed nobis quoque, ne 
ulla in re justiliam corrumpamus, sed pro 
illa omnia agamus, ne attendamus an pau- 
per an dives quis sit, necpersonas, sed res 
exploreraus. Non misereberis, inquit, pan- 
péris in Judicio. {Exod. xxiii, 3.) Quid sibi 
vult illud ? Ne frangaris, inquit, ne flecla- 
ris, si pauper sit is qui laesit. Quod si pau- 
peri nonignoscendum, multo minusdivili. 
Haec porro dico non judicibus lantum, sed 
et omnibus, ne unquam jus violetur, sed 
incorruptum seraper servetur. Diligit, in- 
qml, justiliam Dominus. Qui autem diligit 
iniquitatem, odit animam suam. {Psal. x, 
6.) Ne, quaeso, animas noslras odio habea- 
raus, nec iniquitatera diligamus. Hinc certe 
parum vei nibil lucri nunc percipimus ; sed 
in luturo magnum aderit damnura. 

S. Hier., in Origen., super Amos. — Qui- 
cunque consanguinitate aut ainicitia, vei e 
converso, hostili odio, vei inimicitiis in 
judicandoducitur, pervertit judicium Chri- 
sti, qui est justitia. 

Idem ad Fabiolam. — Multa nos facere 
cogit affectus, dum propinquitatem respi- 
cimus corporum, et corporis et animœ 
oflendimus Grealorem. 

S. AuG., epist. 194, ad Xisv. — Ibi nulla 
esse potest personarum acceplio, ubi una 
eademque massa damnationis et otfensio- 
nis omnes involvit. Dum autem Deus ex lis 
iniseretur, quorum vult, et quos vult indu- 
rat, debitam pœnam reddit uni, et indebi- 
tam gratiam largitur alieri : ut nec ille se 
indignum esse tuli pœna queri possit, nec 
isledignum se esse hac misericordia glo- 
riari. 

Idem, in 5erm. — Absit 1 Domine , ut in 
tabernaculo tuo prae pauperibus accipianlur 
|iersonae divilum ; aut prae ignobilibus no- 
biles, quando potius intirma mundi elegisti , 
ut conlunderes fortia. 

S. AuG., I. H contra Pelag., t. X. — ; 
Acceptio personarum ibi recte dicitur, ubi 
ille qui judicat relinquens causae merilura 
de qua judicat, alieri conlra allerum sulfra- 
gatur , quia invenit aliquid in persona quod 
lionore vei miseratione sit dignum. Siaulem 
quisiiiaiu duos habeat debiiores , et alteri 



33 

Telit diraillere debitum , alterum eïigere; 
oui vult donal, sed neminem fraudai : nec 
acceplio personaruin (Jicenda est,quando 
iniqjilas uulla est. Alioquin eis qui parutu 
intelligunl, potest acce[)iio personarum vi- 
(ieri , ubi vineœ Douiinus opcrariis, qui 
nna hora illic opus fecerunt, tantum dédit, 
quantum illis qui perlulerunt pondus diei 
et œstus , œquales faciens in mercede , 
quorum tam magna distantia fuerat in labore. 
Sed quid respondit de hac veluti acceptione 
peiS(jnarum adversus patrem familias mur- 
luuianlibus? « Amice, inquit, non facio tibi 
injuriam. iSonne es denario convenisli me- 
ciiui? toile quod tuum est, et vade. Voio 
aulem et huic novissimo dare sicut et tibi. 
Annon iicet milii quod volo facere? An 
oculus tuus nequam est, quia ego bonus 
suui ? » Nempeliic totajustitia est: Hoc volo: 
lilu , inquit , leddidi, buic douavi ; neque 
l'.t buic donarem , libi aliquid a'bstuli, aut 
t^uod debebam vel minui vel negavi. Annon 
Iicet niilii lacère quod volo? An oculus 
luus nequam est, quia ego bonus sum ? 
Sicut ergo bic nullaest acceptio personarum ; 
qui-a sic alius gratis honoratur , ut alius 



debilo nori IVaudetur : sic etiara cum secuu- 
dum propositum Dei vocatur alius , alius 
non vocaïur, vocato datur graluilum bo- 
num , cujus boni et vocatio ipsa principium ; 
non vucato redditur malura , quia omnes 
lei suiil ex eo, quod per unum hominem 
peccaluuj inlravil in munduni. 

S. Greo., et habetur ii , quœst. 3, Sum- 
mopere. — Kemoia personarum acceplioue, 
diUinitiva proferatur sententia. 

Idem, in bom. 4 Moral. — Personam 
homiuis acci{)ere, est bomiiiem, non quia 
liouio , sed propler aliquid, quod circa ipsum 
est, bonorare. 

Idem, in //owji7.— Judicare digne de sub- 
ditis nequeuni , qui in subditorum causis 
non mérita, sed odium vel gratiam conse- 
quunlur. 



ACCUSATIO 34 

IsiD. Pelus., I. IV De summo bono. — 
Judices iniqui errant a veritaie senlentiœ, 
dum intendunt qualitatera personœ , et 
exulceranlsaepe justos, dum improbe defen- 
dunt iniquos. 

Idem, ibid. — Divescilo murieribuscorrura 
pit judicem : pauper autem dum non habet 
quod offerat, non solum audiri contem- 
iiiiur, sed etiam contra veritatem 0[»pri- 
mitur. 

Idem , ibid. — Est de quo maxime, quid 
in tua lateat conscientia, lalere te noiim. 
Quid illud sit quœris ? acceptio personarum. 
Non parvi te reum peceati existimes , si 
faciès peccalorum sumis, et non | otius 
causas dijudicas meritorum. Est item vi- 
lium, cujus si te immunem sentis, inter 
omnes quos novi ex bis qui calbedras as- 
cenderunl, sedebis, m' judice, solitarius : 
quia veraciier singulariterque levasii te 
supra te , juxta [)rophetam. ( Thren. m, 
28. j Facilitas credulilatis baec est, cujus 
caliidissimae vulpeculœ magnorum neminem 
comperi satis cavisse versuiias. Inde eis 
ipsis pro niliilo iiœ mullae, inde iniioten- 
tium frequens addictio, inde prœju'Jicio in 
absentes. 

Innoc. , lib. II De vilil. condition, hum. — 
Vos non atlenditis mérita cau>aruin , sed 
personarum : non jura, sed munera. Non 
quod ratio dictet , sed quod voluntas iitfictel, 
non quod senliat, sed quoi] mtns cupiat , 
non quod Jiceal, sed (juod libet. Nunquam 
in vobis est ila simplex oculus, ut toluni 
corpus lucidum sit : sed aliquid semper 
dimittilis fermenti , quo tolam massam 
corrumpilis. 

Idem, ibid. — Pauperum causam cum 
mora uegligitis , divitum causam cum iu- 
stantia promovetis, In illis rigorem osten- 
ditis, in istis ex mansuetudine dispensati;*: 
lllos cum dillîcultate respicilis, isios cum 
facinore tractatis. lllos negligenler auditis , 
istos subliliier auscultatis. 



ACCUSATIO 



[Ex SS. Palribus.] 

Const. Apost. , lib. ii, cap. 43, t. I. — 
Hune [convictum falsi testimonii , Ecclesia 
exiorrem ellicies , velut fratricidam. Inler- 
jecio deiii tempore, si pœnitere se protitea- 
lur, jejunia ipsi infligite, et postea , mani- 
bus impositis, admiliite, praemunitum ta- 
luen ac edoctum molestiam iterum alleri 
lion creare. Quod si rursum in Ecclesiain 
ingressus , similein concitat sedilionem, 
nec desinit turbas ciere , et fratri couvicia 
ingerere , studio contendendi excogitans 
crimina , ejicile eum lanquam pestiferum, 
ne Ecclesiam Dei depopuletur. Hujusmodi 
eniiu liomo tumultum facit in civitatibus : 
liic, Iicet introconsistat,Ecclesiœindecorus, 
supervacuus est ac inanis , macuians, quoad 
ejus esi , corpus Cbrisli. 

Nam si nonnulli homines, ab ortu su- 
pertlua quœdam membra corpori connexa 
nabenies , pula digilos, vel carnes super- 



crescenies, sponie ea accrementa, propter 
fœditatem,abscindunt; neque vero ullaienus 
indecens est , quod bomo opéra cujuspiam 
artificis naluralem recu|)erat pulchritudi- 
nem : quanto magis vos pastores Ecclesiae, 
quee est corpus integrum, conslans ex mem- 
bris sanis, in Deum cum timoré Domini et 
cbarilate credenlibus, facere idem oponet, 
quando inventum fuerit merabrum quoddam 
inutile, maie erga alia alTecliim , et reliquo 
corpori deformitatem conticiens , illiquo 
vexationem , seditionem , bellum, ac dc- 
Iractionem inferens, necnon eidem incutit'ii.s 
timorés, molestias , vituperationes , obtn- 
ctationes, criminationes , lumullus , simi- 
liaque exsequens diaboli opéra; quasi 
homo a diabolo eleclus ad Ecclesiaui ujale- 
dictis , mullaque seditione , contenlioiie , 
discordia inquinandam. 

S. lUsiL., epibt. 22, al. 411, de perf. vitœ 
monasStf 1. 111. — Oportel in chijnlateChrisli 



0% 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



50 



dolere et afilictari de fratris viliis, gaudere 
vero oL> illius recte fada. Non oporlet indif- 
feientem esse erga peccantes , aut sllenlio 
L'OS tolerare. Oporlet ut qui redarguit, cum 
orani commiseralione redarguat ex Dei ti- 
moré, et eoconsiiio utconvertat peccaulem. 
Oporlet ut qui redarguilur aut increpalur, 
libenter id accipiat, suara ipsius in iucre- 
palione uliiitatem agnosceiis. Non oporlet 
'jl, cuai aliquis accusatur, alius coram illo 
autcorauT aliis noniiullis coiilradicat acou- 
sanli. Quod si quaudo accusalio videatur 
alicui a ralione aliéna, privatirn coargueii- 
tom inlerrogare dei^et, aUpae aut persuadere, 
aut persuaderi. Oporlet unumquem([ue 
quanium in se est, ei qui adversuui se ali- 
quid habueril, niederi. Non succensendum 
ei queui peccasse pœnitet , sed ex corde 
condonandura. Oporlet eum qui pcccati |)œ- 
nitere se dicit, non compungi soluoi ob 
peccalum admissuu:i, sed fruclus eliaiu pœ- 
nilenliœ dignos i'acerc. Qui pro prioribus 
peccalis correj'lus esl, ac veniam consecu- 
tus, is si rursus peccavurif, delerius priore 
coujj)arat sibinjelipsi judicium irœ. Qui 
posl priinam et alleraiu admonilionem [)er- 
uianet indeliclo, suo indicandus prae[)Gsito, 
SI torte euui a pluribus correplum pudeui. 
Quod si nec sic quideru euiendalus fuerit, 
deinceps exscindeudus est , ut scaudaluuj, 
atque habenduspro elhnico acpublicanoad 
securilaleni eorum qui obedienliam sibi 
studio babent, secundum id quod dicluju 
est : Jmpiis cadentibus j'usti timoré corri- 
piuntur. Sed et deilendus est, ul membrum 
a corpore abscissuui. Non oporlet in ira- 
cui.dialratrissoleraoccidere, nenox ulrum- 
que separet, ac in die judicii crimen iu- 
eluctabile lelinquat. 

S.tiREG. Naz., oral. 22, t. I. — Nec me 
vel Jaudalores, vel vitupérâmes iiurnuta- 
bunt, (quemadmodura qulcceno unguenlum, 
aul unguenlo cœnum admiscent, ac per 
niislionem qualitates conrundunlj, ut lua- 
ledicos sermones, lanquam a me ipso mu- 
lalus, graviter et miquo aniuio feram. Nam 
multas proleclo pecunias laudaloribus nu- 
merareai, si me laudando melioreui effice- 
reul. Nunc autem aliter se res habet. Quod 
eniiu sum hoc luaneo, sive malediclis alli- 
ciar, sive Jaudibus in cœium lerar. Homo 
autem temere verbis natal, iuquit Job. (cap. 
XVI, 3.) Ac quanium [lelraui spuma, aut 
pinuiu, vel aliquam aliaui deusani et proce- 
lam arborem aurœ, tanlum me linguae cir- 
cumfluunl, siinulqiie bujusmodi quiddaiu 
mecuui coiiimenlor : si lalsa objicit accusa- 
lor non me magis quaui eum, qui loquiiur, 
hic sermo ailiugil, eliamsi m-i nominatiui 
conviciis pelât ; si aulem vera, meipsuin 
potius quam eum qui loquiiur accusa- 
bo (a me enim ilii serinonis malena 
subniinistratur , non autem illius seiiuo 
causa esl cur lalis sim) : ac vocibus prifiier- 
ilis, ut quae nibil siul, meipsius ero, lioc 
unuiu ex eorum improbilate commuai ca- 
i)iens, ul caulius vilam insliluam. 



S. Amb. Enarr. in psal. lxi. — Unus- 
quisque gravior accusalor est sui, et inex- 
cusabilem in se feit ipse senlenliam. 

Idem, in psal, cxviir, t. J. — Tu mentis 
cœcalus oculis, noli œstimare quod sine 
lesle delinquiraus; quia houiinispraesenliam 
declinare potuisli. Ipsum le fugere lui 
accusalorern non potes quem convenil pro- 
pria conscientia (1). Et si negas aliis, libi 
non negas. Rt si homini inticiaris, Deo 
faleris. El si volueris negare, iuœ te cogi- 
laliones revincutit. 

S. HiERON., lib. I Apologiœ adv.Rufinum, 
t. IV. — Quos accusas et a quibus accusaris 
ordinis lui sunt : recte an perperam, vus 
videritis. Mihi eliam vera accusalio conlra 
fralrem displicel : nec re})rehendo alios, sed 
dico quid ipse non facerem. Tanlis spaliis 
terrarum separ.ihis quid peccavi in i«i? 
quid commerui?an quia Origen;sten me non 
esse respondi? nunquid delensio mea, ac- 
cusalio tua esl? Lt tu si non es Orige- 
nisles, vel non l'uisli, credo juranli. Si 
luisli, susciiMO pœnilentoin. Quid doles, si 
id suui, quod esse le dicis? An quia Orige- 
nis libros |)Ost le Iransferre ausus suai , et 
inler})retalio mea sugillalio putalur operis 
lui? Quid poteram lacère? niissa mihi est 
laudalio tua, id est accusalio mea. Tarn 
l'ortiler me prolixeque laudaveras ; ut si 
tuis laudibus acquievissem, omiies iiaereli- 
cum me pularenl. 

S. Ghkys., hom. li m Act. apost. — Ut 
laudes non oporlet admiltere ; sic nec accu- 
saiiones. El cur hœc dico ? Nenio nobis 
unquam insidiari polerit, neque accusaiione 
circumvenire, si volueriiaus. Hoc ita coiisi- 
deremus ; Irahat nos quis ad furum ; calum- 
nietur, si vis, et animuin eil'eral. El quid 
hoc si paulisper liœc iaïuierilo feras? Hoc 
ipsum malum est, inquies. Hoc ipsum bo- 
iium esl, quodimmerilus [)aliaris? sed quid? 
an meriium pâli oporlebat. Aliquid ilerum 
dicam. PbilosO|)hus quidam exteiorum, ut 
audivitquempiam obiisse,cum quidam ex 
discipulis diccret ipsi : Vœ mihi, quia injuste • 
ille conversus : Sed quid, ail, an juste vo- 
luissts? Et Joannes uonue injuste morluus 
esl? Quem ergo magis miseraris : eumne 
qui juste, an eum qui injuste? Nonne hune 
miserum dicis, ilium vero bealum? In quo 
ergo laediUir iioiuo a morte, qui mullum la- 
cratar, nedum quid damtii referai? Nam si 
ex imuiodali munaleai lecisset, fur.e dam- 
uum essel ; si vero mortalem, et ex iialura 
sua paulo post aïonluram festinavit cum 
gloria abducere, quid hitic damui ? Sit nobis 
duia-ius lecle cuiu|)osilus, ei uullum exinn- 
secus daainum auveniel. Sed non es in glo- 
ria ? Et (juid lioc? Naai quod in opibus, 
idipsuiu 11» gluria est. Si eiiim maguihcus 
lueru, nallo opus liabebo ; sia vanaj glur.îB 
cupidui», quanio plura consequar, lanto plu- 
ribus egebu. Tune vero spleudidior ero, et 
nuijori iruar gloria , sigior.aai conlempsero. 

S. LHRYS. super Kp. liom., boni. 32. — Accu- 
set se quisque, ei piopitiuai judicem habcbil. 



{\) Convenu, Yerbuin e foro; iil esl judicio persequilur. 



$7 



ACCUSATIO. 



Mein , hoio. 1 super psal l. — Accu- 

sare se, el non corrigere, Deum est tentare. 

Idem , super Joan. hora. iO. — Accusan- 

tnr non solum qui aut'erunt , sed qui non 

niiseronlur. 

Ideai, patient. Job, fiom. W. — Accusons 
se Ipsum, irani Del miligat. 

Idem, ad pop.Anlioch. liom.l3. — Accu- 
santes aliéna, graviura nostia i'aciiiius. 

Idem super Luc. deLaz. conc. k. — Accu- 
salio peccali exilialls estpercato. 

Idem advers. Jud. oraL 5. — Accusaior 
sui ipsius est jusius. 

S. ÀL'G.,X,i7; deHnicobaptis77io,t. IX. — Quid 
laborom probare deferisionem meara, cum 
ille (Pelilianusj nec lenuiter probare cona- 
lus'sil accusallonem suara : si est uila liii- 
ma^iilas in rébus liumanis, pulo nos juslius 
posse repreiiendi, si ignolos homines, quos 
criminantur inimici, nec eorumcrimen ulla 
tesliticaliono demonstrant, nocenles polius 
quam innocentes crediderimus. Quia si l'orte 
se aliter veritas habet, ipsi cerle huraani- 
tali debitum redditur, cum bomo de ho- 
mine nihil mail lemere susplcatur, nec cui- 
quam criminanti facile crédit, quando sine 
teste, ac sine ullo documenlo crimen obji- 
ciens, nialedicus putius convicialor, quam 
veredicus accusator exsliterit. 

Jdein, Enarr. in psal. lxvi, t. IV. t- Ini- 
quitalem si conspexi in corde meo, nonexau- 
diel Do}7ii7ius. {Psal. lxvi, 18.) Considerate, 
Iratres, quam facile, quam quotidie bomines 
erubescentes in bominibus iniquitates ac- 
cusant. Maie fecit, perdite fecit, sceleratus 
homo est : hoc forte propter homines dicit. 
Vide si non in corde tuo conspicis iniquita- 
lera, ne forte quod reprehendis inallero, 
cogites facere, el ideo in illunj clames, non 
quia fecit, sed quiainventus est.Kediad le 
intus estu libi judex. Ecce in cubiculo tuo 
abscondilo, in i|)sa vena intima cordis, ubi 
lu solus es et ille qui videt , illic tibi dis- 
pliceat iniquitas, ut placeas Deo. Noii illam 
respicere, id est noIi illam diligere, sed 
f)0tius des|)ice, id est contemne, el avertere 
ab ea. 

S. Gregor. Mag., hom. 7 in Ezech. t.I . — 
Mala quae fecimus, el deseramus, et accu- 
semus. Scriptum est : Justus in principio 
accusator est sui. {Prov.wm, 17.) Quilibet 
eteniiu peccator convursus in llelibus, jaui 
justus esse incboal, cumcœperii accusare 
quod fecit. Cur enim justus non sil, qui 
contra suain injustitiam jam per lacrymas 
sœvil? Justus igilur advocalus nosler jus- 
tes non defendel in judicio : quia nosmel- 
ipsos et cogiiosciiuus etaccusamus injustes. 
Idem. — lu cunctis quœ in bacvita adversa 
proveniunt, sola est omni()Olentis Dei dis- 
trietio pensanda, alque ad cor sem|»er pro- 
prium l'ccurrenduin , ut nulliusnos ibi lingua 
im[)licet, ubi conscientia non accusai. Quem 
enim conscientia défendit , et inter accusa- 
tionem liber est; et liber vel sine acciisa- 
tione esse non |)otest , si sola quse interius 
addicil, conscientia accusai. De vestra igilur 
sanclilale absit a Christianorum judicio ea 
<lii<X' Qialedicorum liouiiiiuiu rumoiibus con- 



in qualicunque 



38 

modulo 



ficta credimus 
suspicionis adduci. 

[Ex Conciliis.] 

Ex conc. Eliberitan,. sub Marcello /, an. 
305.— 73. Delalor si quis exstilent fidelis et 
per delalionem ejus aliquis fuent proscrip- 
tus vel iiileifecius , placuit eum nec iiifino 
accipere communionem, si levior causa lue- 
rit, inlra quinquennium accipere poterit 
communionem, si catecliuinenus po.st quin- 
quennium admitlalur ad baplismum. 

74. Faisus teslis, prout crimen esl,absli- 
nebit, si tamen non fuerit mortis qnnd ob- 
jecit, et si piobaverii quod diu lacuerit, 
biennio abslinebit; si auiem non probaverit 
in convenlu clericorum, [lacuit per quin- 
quennium abstinere. 

Ex conc. Arelat.i, subSilveslro l,an. 314. 

— 14. De bis qui faiso accusant fratres 
suos, placuit eos usque ad exiium non cora- 
municare. 

Ex conc.Arelat.u, sub Siricio,on. 389. — 
3. Hi qui publicis inter se odiis eiarde- 
scunt, ab ecclesiasticis convehtibus sunl 
removendi donec ad pacem reciirranl. 

24. Eos qui faisafralribus caiiituia obje- 
cisseconvicti fuerint, placuit usqae ad exi- 
tum non comrautiicare, nisi digna satisfac- 
tione pœnituerinl. 

Ex conc. Carlli. secund. Gralian. — 3. Si 
quis episcopum, aut presbyterum, vel dia- 
conum fabis criminibus aipelieiit, et pro- 
bare non potuerit, nisi in liiie dandam ei 
communionem. 

Ex conc. Carthag i\, sub Anaslasio an. 3d8. 

— 2G. Staluendum est e()iscopis, ut dissi- 
dentes sive clericos , sivc laicos ad paceu» 
magis quam ad judicium coliortenlur. 

55. Episcoimsaccusalores fralrum excom- 
municel, et si emendaverint vitium, reci- 
l)ial eos ad communionem. non adclerum. 

58. Ejus qui fréquenter litigal, el ad cau- 
sandum facilis est, testimoniumnemo abs- 
que grandi examine reci[)ial. 

Ex conc. Milevit. ii, sub Innocentio, an. 
416. — 19. Placuit ul quicunque ab impe- 
ratore cognilioiieu) judiciorum peiierit, ho- 
nore proprio piivelur ; si autem episcopale 
judicium ab imperat. poslulaveril, uibil ei 
obsit. 

Ex conc. Agalh. sub Sijmmacfio. an. 506. 
—34. Placuit ul qu.cunqueudio, aut longm- 
qua inter se lite dissenserinl, et ad pacem 
revocari diutina intentione ne(]uiverini, a 
saceruotibus civilaiis primitus arguantur 
qui si inimicitias deponere noiueiint, do 
Êcclesiœ cœtu , jusiissima excoiiimunica- 
lione, pellanlur. 

Ex eodem conc. sec. codicem libror. 16, lib. 
y. — 22. Si quis conientiones el rixas ama- 
verit, vel manifestum vitium fiairi iniulerit, 
juxia arbiirium lectoris modumque peccaii, 
diuluriia excipietur pœnilentia. 

LiO. XV. — 8. Faisus teslis débet excora- 
municari iicul adulter, fur <;l h'v)mic:da.. 

Ex conc. llerdensi sub Jounncl, an. 524. 
Sccundnm Burchardum. — 7. Fruler in fra- 



59 



DICTIONNAIRE DF. LA TRADITION. 



iO 



iiem si aususfuerit manura mittere, legi- 
lïiuara disciplinam accipiat. 

Ex conc. Matiscon. i sub Pelagio II, an. 
582, —18. Qui innocentes corara priticifie, 
aut judicibus accusare convicti fuerint, si 
clericus honoralior i'nerit, ab officii sui or- 
dine degradetur, sisœcularis, comaïunione 
privetur. 

Ex conc. Tolet. vi, sub Honorio I, an. 638. 
— 11. Quisquis a quolibet crirainatur , non 
ante supplicium detur quam accusator 
prœsentelur ; quod si indigna ad accusan- 
dam persona invenilur, ad ejus accusatio- 
nem non indicetur, nisi ubi pro capite ré- 
gies majestatis causa versatur. 

Ex conc. Tolet. xii, sub Agalhone, an. 
681. — 7.Qui supra proditionis iegem te- 
slificandi dignitatem perdiderunt , receplo 
testimonio[ pristinœdignitatis, causas débi- 
tée actionis exsequipossunt, quaiiter nobili- 
tatissolitœ litulum reportantes, et quœque 
de preeteritis légitime testificari voluerint, 
licenliœ oblineant votum, et a judicibus, 
nullis prohibitionibus arceanlur. 

Ex conc. Bavarico apud Dingolvingam, 
suh Adriano 1, an. 772.— 11. Si quis de quo- 
"unque reatu accusatus ab aliauo potesla- 



tem accipiat, cum accusaiore suc, paciûcare 
si voiuerit, antequam pugna quae wedhinc 
vocatur, permittatur. 

Ex conc. Bhemens. sub Eugénie III , an. 
1U8. — 6. Nullus.advocalus preeter jus et 
beneficium anliquitus constilutum sibi ali- 
quid accipere vel ttirpare praesumat, subad- 
vocatos vero et exactores eorum , modis 
omnibus ab ecclesiarum inlestationibus 
reraoveri praecipimus. 

Ex conc. Londinensi, sub Innnocentio III, 
an. 1200. — 12. Dillaraati lama pnblica,vel 
verisiraiiibus indiciis super crimine de quo 
vinci non possunt, tertio commoneantur, 
ut confiteantur et salisfaciant ; si vero in- 
correcti in negatione perstiterint, indicatur 
eis purgatio, et non occasione pecuniœ cap- 
dandee dilferatur de die in diem, si parala 
fuerit suscipiatur, et canonicum numerura 
non excédât. 

Ex Conc. Sabin. inHispania subJoan. XXII, 
an. 1322. — 5. Faisi lestes, advocaii, media- 
lores, et aliter eos inducenles ad l'alsa testi- 
nionia pertiibenda, ipso facto excoraniuni- 
citionem, a qua, nisi postquam laesa salis- 
lecerint, nullatenus absolvanlur. 



ACEDIA 



[Ex SS. Palribus.] 

S, Clem. Alex. Slromat. lib. i, t. I. Vade 
ad formicam, o piger, et efficere illa sapientior, 
quœ mullum et omnis generis nulritnenlum 
recondil tempore messis adversus minas hie- 
mis. {Prov. vi, 0, 7, 8.) Aut vade adapem, 
et disce quam laboriosa sit : ipsa eniin 
omne pratum depascens, unuui i'avura gé- 
nérât. Si aiitem oras in cella {Matlh. vi, 
6), sicut docuit Dominus udorare spiriiu 
[Joan. IV, 23), non utique cura tua soiura 
circa domum versabilur, sed etiam circa ani- 
mam , quaenam sint ei tribuenda, et quem- 
admodum et quantum; et quaenam sint 
reponenda, et in ipsam recondenda : et 
quando ea atl'erenda, et ad quos. Non enim 
iiatura, sed doctrina viri boni et honesti 
tiunt, quemadmodum medici et gu'iernalo- 
res. Omnes ilaque communiter videmus vi- 
tem et equum : sed sciet quidem agricola, 
vitisne ad ierendum l'ructum l)ona sit , an 
mala : et qui equorum habet coguiiionem, 
i'acile discernit ignavum, vel celerera. Alios 
aulem esse aliis nalura ad virlutem aptiores, 
oslenduntquidem queedam studia eorum^qui 
sunl aliis natura aptiores : virtutis autem 
l)erl'ectionem inesse istis qui sunt meliori 
iialura,nullam arguit,quod etiam qui natura 
minime apli sunl ad virtutem, eam quam 
par est asseculi disciplinam, vel ad omne 
genus f)robitatis et honesialis [fervenirenl : 
elconlra qui natura apti erant ad virtutem, 
evaserint mali negligentia et incuria. 

S. MACAR.,hom.24.-Ni$i raeruerit horao 



per fidem assequi gratiam, inulilis est, nec 
aplus regno Dei. Contra vero, qui gratiam 
S[)iritus acceperit, nullatenus aversus, aut 
per negligentiam, aut delictum, gratiam con- 
tumelia alïïciat,et ita tempoium successu 
decertans Spiritum sanctum non contristet, 
vitam œternam consequi poterit. Quemad- 
modum eiiim sentit quispiam operationes 
vitiosas, ex ipsis alfectionibus, ira, inquam, 
concupiscentia, invidia, torpore, pravis co- 
gilationibus et reliquis absurdis atïeclioni- 
bus : ila débet sentire gratiam et vira divi- 
nara in virlulibus, nempe charitate, benigni- 
latCv bonilate,gaudio, simplicitate et exsul- 
tatione diviiia; ut similis esse possit et 
conieraperari cum bona et divina nalura, 
cum benigno et sancto gratiae instinctu. 

S. Cypbian., De /apsî's. — Domini praecepla 
contemnunt, uiedelam vulneris negligum, 
agere pœnilenliam noiunt. Ante admissuin 
lacinus improvidi, post lacinus obstinali ; 
nec [)rius slabiles, nec postmodura supplices. 
Quando debuerant slare, jacuerunt, quando 
jacere et prosternero se Deo debenl, slare 
se opinanlur. 

Deus quantum Patris pieiate indulgens 
semper et bonus est, taniuiu judicis maje- 
state metuendus est. Quam magna deliqui- 
mus, lam granditer delleamus. Alto vulneri 
diligens et longa medicina non desit. Pœ- 
nitentia crimine minor non sit. Putasne lu 
Dominura cilo posse placari, quem verbis 
pertidisabnuisli,cui f)atrimunium preeponere 
maluisti,cujustemplura sacrilega contagione 



41 

vioiasli? 



ACKDIA 



42 



Orare oporlel impensius el ro- 



gare, diem luclu transigere, vigiliis nocles 
flc fletibus duccre, — slratos solo adlieerei'c 
oineri, in cilicio et sordibus volulari, post 
indumeiituiji Chrisli |ieiditum, nulluin bic 
jam ve'.le vestiliiiu , post diabuli cibuiu , 
malle jpjunium;juslis operibus incumbere, 
quibus peccala |)urgatilur; eleemosynisfre- 
quenler insislei e quibus a morte animae li- 
bererUur. Quod adversarius auierebal Cliri- 
slus acc'ipiat. Nuc leueri jam nec amari pa- 
Irimoniuiii débet, quo quis et deceptus el 



limere eos qui circumeunt civKalem, noii 
vulnera t'ormidare, qute sequeniibus Chri- 
slum liocere non possunt. Elianisi corpus 
luum, hoc est vitam corporis lui auferant, 
vicinus est Christus : quem cuui inveneris, 
ibi cum eodcm commemorari debeas agnosce, 
ne forte a le discedal; cilo enim deseril né- 
gligentes. 

S, Chrïs., hom. 1 de panit., t. II. — Ne- 
que a spe cadamus, neque omnino pigrilc- 
mur, utraquc enim hœc perniciosa. Despe- 
ratioquidera exsurgere non sinit: pigritia 



viclus est. — Ad hoc lantum proluerit quod vero et stantem cadere facil. Alque ilia qui 



leuiansit, ul inde crimen et culjia rediiua- 
lur. — Censiis oiiinis in medelam vulneris 
esigitur : opil)Us et lacuhatibus nostris (jui 
de nobis judi(;<tturus est Domino i'enerclur. 

S. Basil., Jteg. brev. tract., inleir. 37, l. 
II. — Int. Quoinodo gui piger est ad vianda- 
Iwn conficieiidum , dilicjentiam studiumque 
gueat recuperare? 

R. Si ei persuasum sil de prœsenlia Do- 
niini Dei omnia inspicientis, et de minis 
pigresceiili inlenlis, de(juespe magnae iliius 
remuneralionis relribuendas a Domino, qui 
perapostolum Faulum poliicilus est, accep- 
turum unumquemque propriam mercedem 
secumium suum Jaborem. (/ Cor. m , 8.) 
Item ad id i'aciunlquîocunque alia id genus 
scripta sunt ut aul proj)rium uniuscujusque 
sluuium ai;cendatur, aul comparelur palieu- 
lia ad gloriam Dei. 

S, liPHREM. De patient, et consummat. sœ- 
cuU. — Ne sis negligens in laborando, spem 
libi fruclus ante uculos conslituens. Ubi 
sunl cerlamina, il)i el prœmia. — Tempus 
brève est, sed judiciuiu iongum. 

S. Ghegor. Naz., l. I, append. — Bonam 
iilaiii terrain beatam prœdico, cujus inge- 
nuus vir regnum tenel; ubi lempeslive bonis 
fruunlur, qui il!ic prœlecturis el dignitatibus 
or/iati sunt. Al piger et ignavus domum mi- 
iiuunl, derisores et scurrw lacti; atque ad 
ingluviem suam rébus omnibus abutenles, 
argenio ductiles, exigui pretii causa, tur- 
piicr el abjecte (juidvis facere sustinentes. 

S. Cyril. Hieros., catb. 2 de pœnit. — 
Diaboius omnibus suggeril; sed non vi su- 
perai eos qui non acquiescunt. Quamobreiu 
ilicit Ecclesiasles : Si spiritus potcslatem 
habciUis ascenderit super te , locum tuum 
ne dimiseris. (Eccte. x, k.) Oslium. luum 
Claude, el illuin procul a te fuga, nec tibi 
iiocebii. Si vero indilferenter libidinis cogi- 
talionem admiseris, obversans animo radi- 
ées in le tigel, uicntem luam iigabit, teque 
in maioruin foveaui pertrahet. Sea forte 
dices : Fidelis sum, non me su[)erabil pra- 
Tum desiderium , lamelsi frequentius illud 
animo inforiueui. Ignorasne quod radix ad 
pelram diu manena adtixa, iliam jjlerumque 
perrumpil ? Ne semen suscijjias quoniam 
lidem luam discindet. Priusquam tloreal, 
radicilus estralie malum; ne, si ab inilio 



negligonter 



egeris, 



ignis el secures sint libi 



pobtea cogilandœ. Lippiiudinem incœptan- 
Um iemj)estive cura, ne, taecus faclus, lum 
d^iuuin medicum qua-ras. 
"S. Ambk., De virginilate, lom. II. — Noll 

DlCTIONN. DB LA TiV.VDiriON. 1. 



dem jam partis privare nos solet bonis 
bœc malis, quibus urgemur, nos liberari 
non sinit; et negleclus quidem ex ipsis de- 
trudil cœlis : cles()eratio vero in ipsam ma • 
Jitiœ deducit abyssum, sicul si non despere- 
mus, cite illinc reducimui-. Considéra vero 
ulriusque vim ; diabo'us antea bonus eral ; 
pigrilans vero el dcsperans cecidil, tantaque 
ubrutus maliiia est, ut in jioslerum non 
resurgal.Quod enim bonus fueril, audi quid 
dicatur: Vidi Satanam teluti fulgur caden- 
tetn de cœlo. [Luc. x, 18.) Fuiguris enim si- 
miiitudo, et claritati/m pristinae conversa- 
tionis ostendit, et casus veocitalem. Paulus 
blaspliemus erat, et p.erseculor, el contu 
meliûsus : quia vero desudavit, et spe non 
decidil, et exsurrexit, par angelis effectus. 
Judas ai)OSlolus eral, sed pigrilans laclus 
est prodilor. Lalro item posl lantum maliUœ, 
quia de spe non lapsus est, ante alios para- 
<Jisum ingredilur. Phariseeus contidens ex 
ifiso virlulis culmine decidil in proiundum: 
Publicanus quia non desperavii, sic erectus 
est ut illum prœvenirel.Vis ut libi ostendam 
et urbem lolaiu hoc fecisse ? Ninivitarum 
urbs sic omuis servala est ; illos cerle lala 
jam seiitenlia a spe depulerat. Non einni 
dixil, si pœnilenliara egerint, servabunlur : 
sed solum : 1res adhuc dies et Ninive subvcr- 
tetur. {Joan. m, k.) Sed lamen miiiilanie 
Deo, el propheta clamante, senteniia dila- 
liouem non habente neque dislinclionem, 
non ceciderunt animis, neque bonas spes 
perdiderunt. Proplerea enim dislinclionem 
non a{)pr)suit, neque dixil, pœnitentiam si 
egerint, servabunlur; quo el i{)si latamDei 
senleniiam sine distinclione audientes , ne- 
que sic spe cadamus, sed ad illud exemplum 
respicieiiies, non desperemus. Neque in eo 
solum videre est Dei clementiaui, quod sen- 
lenliae nulla adbibila distinclione, tamen 
pœuilentibus reconciliatus sit : sed vel ex 
eo eliam quod absolute lala sit. Nam augero 
volens limorem, ingcntemque iJb>rum se- 
gniliem langere, id eUecil, ipsumque pœni- 
lenliae tempus ineliabilem ejus oslendit 
clemenliam. 

S. Chrys., hom. li in Gen. ii, t. IV. — 
Quocunque die comederitis ex eo, morte mo- 
riemini. {Gen. ii, 17.) Magna bujus praecepl: 
lacililas est. Sed, dilecle, grave malum est 
desidia ; sicut enim illa facil ul tacilia omnia 
videanlur didlcilia; sic studium el vigiian- 
lia, eliam omnia ardua et ditlicilia, fatilia 
nobis reddunl. Quid eniiu, die quœso, lioc 
mundalo facilius? quid boc honore majus? 



43 



DICTIOiNNAIRE DE LA TRADITION 



l* 



concedebat versari in paradiso, visibilium 
formositale oblectari, aspiciendo exhilarari, 
el fruendo inagnani voluptatern percipere. 
S. Chbys., hom. 35,al.5i, inJoan., t. VIU. 
— Violenti rapiunt illud. [Mallh. xi, 12.) 
Non igitur desides possumus illud conse- 
qui; sed cum diligentia et studio. Sed qui 
sibi vult violenti? violeiitia uiulla est opus. 
Nam angusta est via, et sttenuo opus est 
anirao. Qui rapiunt oranes volunt antever- 
tere. Nihil respiciunt, non .daranationem, 
non accusalionem, non suppliciutii, sed 
unum tanlum, id rapere quod appetunt, 
omnes qui ante sunt anlevertere sludent. 
Rapiamus ergo regnura cœ.'orum. Non est 
culpa id rapeie, sed laudi datur ; cul[)a vero 
est non rapere. Si ira, si concupiscenlia 
instent, nalurœ vim inferaraus, niansuetio- 
res simus, paululum laboremus, ut perpe- 
lui quiescatïius. 

S. Joan. Chrysost., Lib. de lupsu. — Radix 
desperationis est ignavia : et non soium 
radix, sed nutrix ejus et mater. Nam .sicut 
vesliraentum et lineara générât et nulril, 
lia ignavia non solum gignit ex se despera- 
lionem, sed alit et fovet. 

S. HiERON., epist. ad Demetriad. — Nihil 
in sancto proposito deterius est olio, quud 
non solumraodo non acquirit nova, sed 
etiam peracta consumit. Sanclae vilœ ratio 
processu gaudet, et crescit, cessatione lor- 
pescit et déficit. Quotidianis ac recentibus 
virtulum incretneulis instauranda mens est, 
et Vivendi hoc iter non de transacto, sed de 
reliquo meliendum. 

S. Hjeron., ad Rustic. monac, et habetur 
Le consec. dist. 5, Nunquam. — Facilo uli- 
quid operis, utsemper diabolus inveniat te 
occupatum. 

S. AuG., Lib. de Conflictu vit. et vlrt. — 
Torpor et ignavia dicunt, si lectioni conti- 
nuato studio semper insislis, ocuiorum ca- 
liginem incurris. Si indesinenter lacryraas 
fundis, ipsos etiam oculos amillis. Si pro- 
lelaiis vigiliis psalmorum censum persolvis, 
insaniam capilis acquiris. Si quolidiano 
labore te conlicis, ad opus spirituale quan- 
do. consurgis ? 

S. Paulin. Nol., episc, epist. 24, ad Sève- 
rum, passira. — Vocale et videle quoniam 
ego sum Dominus {Psal. XLV, 11) ; non olium 
nobis suadet lioc verbo; sed vacare a sœcu- 
lo, ut occupeuiiir sibi; vncaie ab liis nego- 
liis, quibus implicati utiamur Deo. Noviia- 
lem vilœ in nobiS œditicanies, necesse est 
ui veluslatem destruamus; el quia nullum 
lenebris cum iumine polest esse coramer- 
cium, expedit nobis ut vetera mutemus; et 
occupationis pariter ac vacationis génère 
converso, implicemur quibus vacavimus; 
ut vicissim vacemus quibus fuimus iœpli- 
cali; ujoriamur quibus viximus, et vivamus 
vicissim his operibus ac sludiis quibus 
mortui fuimus. 

S. Cyril., arch. Alex., De festis Pasch., 
t. V, paît. II. — Erigat uniiiscujusque men- 
lem Puuius ad omne opus bonum, languen- 
lemque animi cunclalionem discutiat cla- 
maus : Surge qui dormis, et exsurge a mor- 



tuis, et illuminabit te Christus. (Ephes. v, 
14-.) Nam et si humano more in somnuni 
delapsus, qui te peccatis, veluli hausio raero 
large iiigurgilaveris, et cogilaiionum obscu- 
ra nocte velut ebrielate correptus es, tem- 
pus lamen jam adest quo ex[)ergiscere ad 
salutem, atque oculum ad justitiae solem 
inlendas. Excipiet le quij)pe qui beiiignus 
est Dominus, miserabi'.ur licet fugitivum, 
non aversabilur Jugeiitem, emaculatum red- 
det, si errasse pœniteal, teque in pietatis 
possessione denuo collocabit. 

— Quicunque ob segniliem ad ea quœ 
minime decel delapsus est, excitari el ira- 
rauiari rursum a Deo, unicuique pers()i- 
cuum erit. Pro|)iietarum voces id teslabun- 
lur quae passim ut ad Deum converlantur, 
peccantes admonent. Nullum eleniru tem- 
pus, pro ea qua liomines prosequiUir bene- 
volentia Dominus nosler prœterraisit, quo 
non omnes ad salutem vocaret. Audire licet 
igitur increpantem duriliem intractabilila- 
temque peccantium, obtirmatamque (in ma- 
lo) consuetudinem accusanteni. Dicebat 
enim aliqu.indo : Non me ergo timebitis, ait 
Dominus, aul a facie mea non cavebitis? qui 
posui lerminum mari, mandalum œternum et 
non superabit illum. Populo vero huic fuctum 
est cor inobediens, et exaspérons. Dcclinavc' 
runt, et abierunt, et non dixerunt cordi ip~ 
soriim : Timebimus Dominum Deum nostnim. 
{Jerem. v, 22, etseq.) Aliquando vero eos 
qui impudenlius fugiebanl, asperius objur- 
gans, dicebat : Nunquid polest JEtliiops mu- 
tare pellem suam, et pardus varietatem suam, 
et vos poteritis bene facere, qui didicistis 
malaf {Jerem. xiii, 23. ) Éousque si- 
quidem generi humaiio dominabalur omnis 
peccati parens, ut essent plane pauci- Dei 
cultores quique legum conditoiis memoriam 
relinendam esse persuasum haberent. Ve- 
rura ut heec demonslreraus, non erit nobis 
vehemenlioii conlenlione opus, cura aperte 
Psaltes vocil'eretur : Omnes declinaverunt, 
simul inutiles facti sunt, non est qui facial 
bonum, non est usque ad unum, [Psal. siii, 
3.) lia namque peccato in omnes tyranni- 
dein exercente, ac instar caliginis cujusdam 
per omnem terram dill'uso, Dei Verbum ut 
ad nos descendercl, ac salutari Iumine om- 
nium menlibus illucesceret, sancti preca- 
bantur. Clamant itaque illi dicentes : Emilie 
lucem l'uam et veritalem tuam. (Psal. xlii, 3.) 

Emissa est igitur ad nos vera lux quœ il- 
luminât omnem hominem venientem in hune 
mundum. [Joan. i, 9.) lloc esl Dei V'erbum, 
Deus ipse, nosiriquo in se sus<;e[)ta simili- 
tudine, sanctae Virginis purlu edilus, generi 
humano salutem altulil, auliqua naturee in- 
coiiuplibiiiiale revocala. Ob liaec tara in- 
gentia, diJecti, l'estivos dies ceiebremus, 
non in fermenio veteri, neque in fermenta 
matitiœ el nequiliœ, sed inazymis sinceritatis 
et verilalis [ICor. v, 8) ; legera nosiruin 
cum oiuni graiiarum actione vénérantes, et 
ea quœ nos decel, alacrilale exci[>ieiites. 
Et cbantatem quidem inler nos mutuam 
reiineamus , hospitalilatem vehemeniiore 
sludio seclantes, misericordia pauperibus 



i.n 



ACQUISITIO ir<JUSTA ^ 

tiislitia cor claiidi, securilale vero et lœti- 
lia aperiii. Quantum putas convenit hœc 
viilus hilaritalis virginibus sacris , quao 
j^au(Jiu[u hujus mundi et oranem ornaluui 
bcHculi conlempserunt propler amorem Do- 
mini sui Jesu Chrisli.ut (luoddeeslexlerius, 
iiilerius \m\i\ealur '? Gauclete ergo in Domino 
icm/jpr. • ([uia vana gaudia ejecislis. //eruwi 
dico, gaudele : quia vero gaudio adhaerere 
uieruistis, et in cogitalione cordis veslri 
hilaiitalis nilorera semper habere. Hilarem 
enitn datorrto diligil Deus, dalor singuiaris 
et verœ hilaiitalis. 

Idem., Tract, de ord. vitœ, l. I. — Sunl 
nonnuili qui bona quidem opéra faciunt, vel 
coactione, vel iiecessilate, vel consuetudine; 
sed ad hœc agenda nulla alacrilate moven- 
lur, quod vilium pro[)rie acedia dicitur;et 



iniperiita fdgentes, vinctorum nioraoros, 
tan.juam simul vincti , et laboranliuni, 
tanquani et ipsi in corpoi-e morante«, et Ln 
omnis, ut uno verbu dicam, cullum viilu- 
tis inionii. 

S. Maxim., cap. De charitale, 1. 1. — Cun- 
cli alii aiïeclus, aut irascenleuj dunlaxat 
aninii ()artein, aut concupiscentcui attin- 
i^unt ; aul etiam ralionis facuUatem, ut (il)li- 
vio et ignoranlia. Acedia veroomnes animée 
vires coniiiiens, umnes fere simul unoquû 
impelu aireclus coinmovet. Quapropter 
oliam cunclis aliis affectibus molestior est. 
Beiie igilur Dominus , assignalo adversus 
eam remedio. Jn patienlia vestra , inquit, 
possidealis animas veslras. {Luc. xxi, 19.) 

S. IsiD., Solilog., lib. ii. — Per torporem 
vires et ingenium detluunt. 

S. Léo, in senn. de apparitione. — "^on hoc quidem vilio religiosi homines maxime 
dormientibus provenit regnum cœlorum, affliguntur. Namsôeculares admodum pauci, 
jiec oliu et dcsidia tor()entibus beatitudo et si hoc sit vitium, non advertunt. Mundo 
ajlernitatis repromiltitur. enim alligali, spirilualis vitii vis possunt 

S. Bern., Tract, de pass. Dom.,t. W. — apprehendere nomen, cum tamen hoc vi- 
Vitium acediœ est, quod quemdam lorpo- tium inter septem principalia nominetur. 
rem inculit animo; ut ipsi omnia exercilia Acediœ duo gênera sunt. Unum quod ad 
spiritualia quasi insi[)ida videantur et in opus Dei pigritare raonachum ac doriuilare 
grave taniium conveilanlur. De quo lœdio compellit. Aiiud quod vagari hue iilucque 
dicit Psalmista : Dormitavit anima mea prœ lacit, ac fugere cohortatur de fratrum, cum 
lœdio, (/'sa/, cxviii, 28.) Et alibi : 0/nnem quibus vivil, societale. 

escam abominuia est anima eonun, et appro- S. Bernard., De considerationCy lib. ii. — 
pinquaverunl usqiie ad portas mortis {Psal. Fugienda.esl otiositas, mater nugarum, nO' 
cvi, 18.) Tantum quippe aliquando afth'gitur verca virtulum. Inter saeculares nugœ, nugœ 
iioc vitio anima bunorum, ut etiam omnem sunt; in ore sacerdotis blasphemiae sunt. 



escam, id est omne spiriluale exercitium, 
ûbou)inetur; ut nec orare, nec légère, nec 
meditari,necopus manuum libeat exercore. 
Imo eliara appropinquant usque ad por- 
tas moriis, id est, ut eliura ipsius vilre fas- 
lidium hubenles, morte (iniri desiderent, 
cum sanclo Job dicenles : Tœdet animam 
tneam vitœ meœ. {Job x , i.) Huic gravi vi- 
lio, medelur jucundilas, quee per nitorem 
radicis lilii designalur, et reformât eegrum 
animum et abjec.ium, et ad meditationem 
incitai spirilualem, et reddit desi.lerium 
laborandi,orandi, legeudi ; ut exsullel quasi 



JoAN. Cassian., De inst. monac.f lib. x. — 
ExperimentO[)robalum est,acedifleimpugna- 
tionem non declinando fugiendam, se<l ro- 
sistendo superandam. 

y^irf.— Acedia esisolitariis magis experla, 
et in eremo commoranlibus iiifeslior hostis, 
ac frequens. 

BoETius, I. DeEccl. discipl. — Sicul in 
unoquoque opère maler invenitur conslan- 
tia, lia universee doctrinœ et disciplina no- 
verca est negligentia. 

Beda, super Frov., 1. ii, — Vult cl non 
vult pjger. Pigri vocabulo denolalur, qui 



gigas ad currendam viam, et cum Psalmista vult regnare cum Deo, et non laborare pro 

Uicat : Viam inandatorum tuorum cucurri, Deo. Délectant praemia, cuiu pollicenlur : 

cum dilatasti cor meum. {Psal. cxvin, 32.) déterrent cerlamina, cum jubentur. 
Currilur quippe via mandatorum Dei, cum Vid. Negligentia, Otium el Tuesaurcm 

cor dilataïur, id est, spirituali jucundilale biblicum. 
aperitur. Dicitur enim ualuraliler timoré el 



ACQUISITIO INJUSTÂ 

Vid. etiam verb. Injustitia.* 



[EV SS. Palribus.] 
Const. Apost., lib. i, tom. I. — Qui agrura 
appétit, et in eo atleclu persévérai, nonne 
maligne id agit, ul terminos agri scalpendo, 
togat possessoreo), nullo sibi prelio tra- 
dere? Dicit enim propheta : Vœ qui adjun- 
gunt domum ad domum, et agrum agro conti- 
nuant, ut aliquidproximiauferant. {Jsa. v,4). 
VA alio in loco : MaUdictus qui transfert ter- 
minos proximi sui; et dicel omnis popuius : 
Fiat. {Dent, xxvii, 17.) Unde et Mt'sos ail 



: Non transmovebis fines proximi tuif quo» 
patres tui posuerunt. {Deut., xix|, l'i. ) Ob 
hanc igitur causam timorés, mortes, judicia, 
damnationes hominibus hujusmodi divini- 
tus iui pendent : iis aulem qui Deo obediuni, 
una li«c lex Dei simplex, vera uc viva in- 
sila esl'.Quod ab alio odcris tibi fieri, tual- 
teri ne feceris. {Tob. iv, 16.) — Non vis pal- 
lium tibi lurlo tolli; neque tu altcrius abs- 
luleris. 
Objge.n. Commen/. inMalth., t. III.- Quom- 



47 



DICTIOXNAÎRE DE LA TRADITION. 



4S 



admodiim neqne adulter, neqiie lioniicida 
in vilam intrabiint, ila neque qui fuiii se 
alligat. Cujus quidem criminis rei siml eo- 
ruïB quamplurimi, qui Chrisli fidem dicun- 
tur amplexi, cum invilœ negotiis, in fidei 
suaB commissis pecuniis, in mediis quas 
exercent arlibus furli minime insontes esse 
deprehendanlur. Nec fur lanlummodo, ve- 
rum et ipsius in furlo parliceps ac socius 
in vitam non ingredietur; scriplum quippe 
est in Isaia : Socii furum omnes diligunt 
mimera. {Isa.i, 23.) 

Clem. Alex., Cohorl. ad génies, t. I. — 
Deus, rerum verilalis norma ac mensuro. 
Quemnduiodum igilur mensura comprelicn- 
dil res deniensas : sicoliara qui Deum ani- 
mo suo concepit, ipsam (luoque veritalein 
inelituret comprehendil.Unde sanctissimus 
Moses : Non erit, inquit, m luo marsupio 
stntera et stalera, magna vvl parva : fed sla ■ 
tera vera, et œqua eril tibi : {Dent. x\v, 
13, 15.) Deum esse staterara, et mensurani, 
el iiuroerum universorum exislimans. In- 
justaeuim et iniqua simulacra donii in mai- 
supio, sive squalcnle, ut ila dicam, anima 
sunt abscondila. Unicus autem verus Deus, 
quem per unicamjustam mensurani signiti- 
cat, semper aequalis eodemque modo se lia- 
bens, omnia justitia sua, quasi lrulina,me- 
lilur et pondérât, universam naluram velul 
in œquilibrio continens et suslinens. 

S, Basil. ,^ t. H. — Vœ qui conjungunt 
domum ad domuvi , et agrum ad agrum 
connectunt , ul a proximo aliquid auferant. 
[Isa. V, 8.) Tu vero quid facis? annon in- 
lîumera causaris, ut rem proximi usurpes? 
Mihi, inquit, lenebras etlundit domus vici- 
ni, lurbas excitât, aul erronés suscipit , aut 
landemquidvis alius prœlexens, exagitans, 
extrudens, trahens semper ac lacerans, non 
prius tinem l'acil , quam cum alio migrare 
coegerit.Quid Nabuttiam Jezraelilam inter- 
emil? Nonno cui)iditas Acliab vitem lilius 
concupiscentis ? (/// Reg. xxi.) Avarus , 
malus in urbe, malus ruri vicinus est. No- 
vil mare terminos suos : nox anliquos limi- 
tes sibi prœscriplos non trau.sgreditur; al 
vero'avarus non vereiur tempu^, non agno- 
scil terminum, successionis ordini non ce- 
dit : sed ignis vim innlalur, invadit omnia, 
omnia dei)ascitur. El ut flumina ex parvo 
iuilio prol'ecta, deinde per eas quœ paula- 
lioi (iunl accessiones inlolerabililer aucla , 
quidquid obsistit el objicilur, id violenio 
impetu secum trahunl, ita etiam avari ad 
magnam polenliam provecii, ubi ex iisquos 
lam polenlia sua oppressere , inl'erendœ in- 
juriée iacullatem ampliorem adepii sunt. 
Tiinc reliques una cum iis quos prius inju- 
ria affecere, redigunt in servitulem , alque 
poleslalis incrementum tit ipsis occasio ma- 
jor nequiiiee. Nara qui prius damnum aci;e- 
j»ere, mviti ipsos adjuvantes, ipsi quoque 
r;oxas aliis el injurias accersunl. 

S. Chrys., hom. kO in Act. aposl., t. IX. 
— Nemo curel pecunias possiaere, — ut 
Iwnum babere nomen. Mehus est "ooien 
«iuam diviliae mullie. {Prov. xxii, 1.) lHuU 
i-uiui n^anel, hœ pereunl : el iHud possideri 



potest, hre vero minime. Nam qui malam 
liabet famam , vix iliam excutere poterit. 
Pauper vero a nomine cilo dives erit. — 
Ne igilur hoc obiter curemus , sed ut nego- 
lialionem quamdara ulilem. 
Idem, liora. 68, al. 67, in Joan., t. VIII. 

— Quam'veniam consequemur, si aliis dare 
jussi, aliéna rapiamus ? quee nobis eril spes 
salutis? Si esurjentem non alas, punieris; 
si indutum exuas , quam consequeris ve- 
niam? Haec fréquenter dicere non cessabi- 
mus : forte qui hodie non audiunt, cras au- 
dient : qui cras non attendent, posiridie 
audient. Quod si qui immorigeri sint, nos 
saltem innoxii judicium ion subibimus. qui 
quee noslra erant impleverimus. Utinam nec 
nos de diclis erubescamus, nec vos pudore 
aiiiciamini. 

Idem, hom. 41, al. 40, m Joan., t. VllI. 

— Si Lazarusqui nihil lœsus fuerat a diviie, 
sed nuUam ab eo opem acceperal , acerbus 
ejus accusalor exsiitit, nec })ermisit ut ve- 
niam ullam consequerelur; quam , quœso , 
defensionem habebunl qui aliéna rapiunl, 
nedum eleemosynam erogent, pupillorum- 
que domos everlunt? Si illi qui Christum 
esurientem non nutrierunt, lanlum ignem 
in capui suum attraxerunt; qui aliéna ra- 
piunl, mille Jites movent, oinniumque 
bona sibi ascribuni, qua consolatione 
fruenlur? hanc ergo cupiditalem ejiciamus. 

— Annon extremœ demenliee fuerit , in sol- 
liciuiUine el eerumnis versari , ut et in hac 
vita laboribus alteramur, et hinc raigratiles 
intolerabilibus torqueamur suppllciis atque 
laboribus , cum oporleret et hic in dtliciis 
vivere?Niliil enim lanlam voluptatem paril, 
quantara -- conscienlia pura ; cl defunctos 
ab omnibus erui raaiis, et innumera con- 
sequi bona. Sicut enim nequilia etiam ante 
gehennam , eos qui illam exercent suppli- 
cio alficere solet; sic el virtus eiiam ante 
regnum, illam exercenlibus delicias paroi, 
bona spe, perenni voiuplate vitam ulli- 

cicns 

Idem, hom. 60, al. 59, in Joan. , t. VllI. 

— Quod si non aurum rapimus, si non lut 
et lot jugera lerree ; al fraude el furto idip- 
sum in minoribus pro virili facimus. Nam 
cum in commercio, vel in j emendo el 
vendendo, minus quom oporlet numerare 
conlendimus, omnemque machinam mo- 
vemus, annon illud lalrocinium est? Annon 
furlum el rapina? Ne mihi dixeris, te nec 
domum, nec servum abslulisse. Injuslitia 
iiamque non raplee rei f)retio, sed rapientis 
volunlale penditur. Justiiia namque cl in- 
juslilia in magnis et parvis rébus eamdem 
vim habent : el furem api)ellu tam eum qui, 
exsecta crumena, aurum abripil, quam 
eiuentem qui aliquid defraudat de prelio ; 
el parielis etlossorem voco, non eum modo 
qui, ruplo pariete, aliquid inlus iuralur; 
sed etiam eum qui jure violaio aliquid a 
[troximo aufert. 

[Ex Conciliis. 
Yid. verb. Flutlm. 



19 



ADJLTOR 

ACTUS HUMANI 

Vid. Verb. Conscientia. 

ADiE STATUS PRIMIGENIUS ET LAPSUS 

Yid. verb. Homo. 



rrf) 



ADJUTOR 



[Ex SS. Palribus.] 

Mi.NL'Tius Félix, in Octavio. — Non nol.n- 
culo corporis, utpulotis, sed i.nnocenli(B 
oc inodeslifR signo facile dignoscimus : sic 
muluo araore diiigiinus, quoniam odis>e 
non iiovimus. Sic nos fratres vocaiiius, ut 
unius Dei parenlis simus, ut cotisorlos 
fidoi , ut spei cohœredes. — Lilabilis hosiia 
bonus aninius; et pura mens, et sincera 
cojiscientia ; igiturqui innocenliana colit , 
Domino su[)plical, qui justiliam Deo libat; 
qui Iraudibus abstinot, propiliat Deum ; 
qui hominem periculo subripil, opimam 
viclimam credit. Hœc nostra sacrificia , hœc 
Dei sacra sunt Sic a[)ud nus reiigiosior est 
qui justior. 

S. GREfi. Nyss., episl. 45.— Non sibi ipsi 
quis lantum vivit, sed et firoxinn» : nec sibi 
lidem facere satis est , nisi aiiis quoque 
tides tiat. 

idem, De pœnit., I. u, 36. — Qui non 
repeliil a socio injiiriam si potest , i.am est 
in vitio quam illc qui facil. 

S. Basil., Inierr. 102. — Si pro amicis 
ponenda est anima, quanto magis quœ mi- 
uoris pretii sunt. 

S. Basil., Consl. monast. , t. II. — Qui a 
Deo se 0f)lat juvari, suo non deest oliicio ; 
qui autem officio non deest, nunquam di- 
vino auxilio deslituitur. Oportet itaque in 
nulia re a propria conscientia condemnari, 
et ita demum divinum auxilium flagitare : 
ilagit;itulum autem est non segniter, neque 
bue et iiluc divagante : siquidem quisquis 
est ejusmodi , non soluin non conseculurus 
est quœ petet , imo vero Dominum magis 
exasperabil. Si enira cum aiiquis corani 
principe stal ac loquiliir, stal cum multo 
liiuore, atque tum externum , tum inter- 
num animœ oculura nequaquam vagum , 
sed inienlum habet, ne lorte in aiiquod 
periculum veniat : quanto megis coram 
Deo cum timoré ac tiemore slandum esl , 
mente tola in illum solum , nusijuam vero 
aiio intenta. 

S. Gregor. Naz. , orat. 2. — Nobis circa 
occultum et iniernum hominem curatio 
omnis et studium V9rsatur; alque cum eo 
hoste dimicandum habemus, qui nos in- 
terne oppugnat, et certamine lacessit , ac 
nobismelij)sis, quo niliil miserius est, 
lanquam armis in perniciem noslram ulens, 
peccati morte nos allicit. Ergo adversus 
isla , lura magna porlectaque lide opus est, 
lum major.i Dei auxilio, nec parva^ ut mibi 
quuiera persuadoo,, contenlione nostra quœ 



pariim sermone , partim opère spectetur: 
si(|uidom id nobis propositum est, ut ani- 
mœ , quibus nihil praestantius h;ibemus , 
prolie curenlur atque purgentur, maximi- 
([ue sint pretii. 

Idem., orat. 3. — Apud Ciiristianos lex 
et norma amicitiœ quisque ipse est , 
at(iue eadeiM proximis velle quae et sibi 
i[)si. 
. S. Ambr.. Offîc. — Nécessitâtes ah'orura, 
quantum possurans, i»^venimus, et plus 
interdum quam possumus. Nihil tam secun- 
dum naluram est, quam juvare consorlem 
iiaturœ. 

Idem, Deoffic., 1. m. — Si non potest alteri 
subveniri, nisi aiter lœdalur, comraodius 
est neutrum juvari, quam gravari alte- 
rum. 

Idem. — mis favemus sœpius , a quibus 
referendse graliœ vicem speramns. 

Lactanï. iib. VI. — Nullius opeindigere se 
putat , qui alteri suam negat. 

S. CuRYS., Exp. in psal. ix , t. V. — Ad- 
jutor in opportunitatibus , in tribulatione. 
(Psal. IX, 10.)Qaid est, in opportunitatibus? 
In tempore, inquit Psalmista, opportune. 
Duplicem dicit opportunitalem , quod et 
ferat auxilium , et quod in tempore. Op- 
portunitalem enim liic dicit afllictionem. 
Qua de re?Quod sit mater philosophiœ, et 
a , morte liberabit hominem , ac divinum 
maxime attrahat auxilium. Tune sublata est 
socordia , et dissolulio, tune su[)[)licationi- 
bus vacamus diligenlius. Et sicut hiems 
est tempus opportunum ad terrœ agricultu- 
r.im : ita etiam aflhctio ad curam animœ. 
Ejus enim semper opus habemus auxilio, 
eisi sint nobis res secundœ. Tune autem 
maxime sentimus auxilium , quando versa- 
mur in alllictionibus. Adjutor hic etiam 
aliquid aliud signitioavit nempe quod opor- 
leat nos operari. Qui enim ferl auxilium , 
ei fert qui 0[)eratur. Non oportet ergo otio- 
sos esse, et animo deficere, sed et preces 
atlerre, et eleemosynas, et omnia quœ a 
nobis ipsis offerri possunt. Qui enim iii 
bello socii sunt , iis qui pugnant opem fe- 
runt, non iis qui animo deliciunt et se de- 
dunt olio. Si vis ergo Dei opem assequi . 
nunquam quœ tua sunt prodideris. lia Job 
lalum est auxilium stanti, et forliter dimi- 
lanti ; ita etiam apostolis pulchre labo- 
lantibus. 

S. Chrys., hom. 7, 8, m Matth. xxvi — 
Si in rébus sœcularibus nemo sib* vivit soli ; 
sed tam opifex quam miles, tam agricola 



quam mercator ad coramunem ulilitateni 
omnes conferunt; mullo raogis in spiriliia- 
libus id est faoiendum : hoc enim maxime 
vivere est, aliis eliam prodosse. Nam qui 
sibi soli vivil, cœleros negligens, et viia ejus 
supervacanea est et ipse superfluus ; nec 
homo geneiis nosirf. 

S. Chrysost., conc. 13, àe ferendis repre- 
hensio. — Cum Judeeis praeceplum sit, ne 
inimicorura bruta conterananl, mis ne 
frairmn animos qui quotidie supplaiilantur, 
despiciemus; et quoraodo non est sumraa 
inhutnanilas et ferina credulitas, nos non 
tantum curœ hominibus impendere, quan- 
tum aliis jumentis. 

Idem , liom. 7 in H Tim. m. — Qui 
se i[)sum amat, ille irapiimis est qui se non 
amasse convincitur. Qui vero diligilfraliem, 
hic ma\ime seipsum amat. 

Idem , liora. 25 in l Cor. — Hoc est 
régula perfeclissimi christianismi , — hoc 
summum l'asiigiiim , ea quœrere quae in 
commune conterunt. — Nihil enim œque 
potest f<icere imilalorera Chiisti, alque cu- 
lam gereie proximi. 

S. Hier., in psal. \x, t. II, apjiend. — 
Adjulorin opporlunitailbus. [Psal. \x, 10.) 
Chrislus aiijulor est Ei-cltisiœ suée. In tribu- 
latione. Quando 0[)portunum est, ut ait 
Aposlolus : l'idelis Deus qui nonpalietur vos 
lentari supra id quod poiestis : sed faciel 
cum lenlalione eliam provenlum y ut possitis 
suslinere [l Cor, x, 13j : ne cura peccatori- 
bus in sup|)licio danmeraur seterno. 

laera, Comment, in EccL, t. II. — Eccle- 
sinslices dixerat et dnmesticis et alienis 
bene esse iaciendum» Poterat ergo aliquis 
respondere : Si omnibus benefacere voluero, 
not) habeo unde faciam. Nec polest juslus 
lantas habere divilias, quee soient magis 
peccatoribus abundare ; proplerea nunc 
ait: Quos non potes re, consilio adjuva, 
solalio fove. Plus enim potest in angustia 
conslitulo pra3Staresa[)ientia,quam quœlibet 
maximae potesiates. Et hoc ipsura cum pru- 
dentia facito. Grandis quippe jibra jusliliae 
est: et cui , et quantum , et quandiu, et 
quaie vel in re, vel in consilio Iribuere. 

S. Hi£R., in Epist. — Vult Deus unum- 
quemque alterius angustias ut proprias 
stntire , et quomodo sibi in tali tribula- 
tione si esset , subveniri cuperet, iia ipse 
alteri propler Deum subvenire non posl- 
ponat. 

S. AuGUST., Enarr. in Psal. ix, l. IV, — Ad- 
jutor in opportunitatibus, in tribulatione. 
(Psal. IX, 10.) Qui sit adjutor in opportuni- 
tntibus, exposuitcum addidit m tribulatione. 
Non eniu) converlilur anima ad Deum , nisi 
dum ab hoc sœculo averiiiur. Nec opportu- 
nius ab hoc sfeculo aveililur, ni>i nugatoriis 
ejus et noxiis el perniciosis voluplalibus 
Jabores doloresque misceantur 

idem, Enarr. in psal. xxxiv, serm. 1, 
t. IV. — invocemus Leum , Iralres, utdicat 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. S2 

potins persequeniesinimicos in fribulalione 
constiluli. Si aliquid deest, si in anguslo 
est anima, in ino[)id tcmporalium, quœrit 
auxilium plerumque a dœmonibus, arrepti- 
tios dœmonum vult consuler-e, sortilegos 
quaerit: persecutores illain hoslesinvisibiles 
adieiunl, intiaverunt, expugnaverunt, cap- 
livaverunt, viceruni, dicendo : Non est salus 
illi in Deo ejus. Obsurduit contra vocem 
dicentem: Salus tua ego sum. Die animœ 
meœ : Salus tua ego sum, ul confundanlur et 
revereantvr requirentes aiiimam meam , cui 
dicis tu : Salus tua ego sum. Audiara dicen- 
tem mihi : Salus tua ego sum. Alium salutem 
non requirara, prœler Dorainura Deum 
meum. De creatura mihi salus suggeritur; 
ab ipso est : et si Icvo oculos meos in monter 
unde reniât anxilium mihi {Psal. cxx , 1); 
non laiiien a montibus, sed auxilium meum 
a Domino qui l'ecitcœlum et terram. In ipsis 
ten)poribus, angusliis per hominem subve- 
nit Deus ; salus tua ipse est. Per angelum 
subvenit Deus; salus tua ipse est. Omnia 
illi subjecla sunt, el ad islam quid^-m vilaiu 
temporalem subvenit , alii inde , aliiinde: 
œteinam vitam non dat nisi de se. Ecce in 
angusliis conslitulo, non subest quod qu.'e- 
ris, sed adest quem queeris. Et illum (pisere 
qui déesse nunquam polest. Subtrahanlur 
quœ de(Jit, nunquid sublrahitur qui dédit? 
Jdem, De docl. Christ., lib. i. — Homines 
omnes aeque diligendi sunt, sod omnibus 
si prodesse nonpossis, bis potissimum sub- 
veniendum est, qui pro locorum el lempo- 
rum, vel quarumiibel rerum opporlunitali- 
bus conslricti , libi quasi quadam sorte 
uniunlur. 

Idem, De vera rel. — Hœc iex est divinaa 
providentiae, ut nemo a superioribus adju- 
vetur ad cognoscendam graliam Dci , qui 
non ad eamdeui puro alleclu inferiores 
adjuverit. 

Idem, De serm. in monte, Uh. i. — Juslum 
consiiium est, ut qui se a poienliori vult 
adjuvari , adjuvel et inferiorera , si est ipse 
polenlior. 

Idem, De verb. apost. — Nihil sic probat 
amicura, sicut onera amici portare. 

idem, in quad. epist. ad Hier.— Eleganter 
dictum est, cum quis in puteum cecidisset, 
et aqua eum suilocaret, accessil alius, et» 
eo viso , admirans ait, Quomodo hue ceci- 
disli? Obsecro, inquit, cogita quomodo 
hinc me libères, non quomodo hue cecide- 
rim, quœras. 

Idem, in Serm. — Non facile inveniuntur 
in adversilale prœsidia , quœ non fuerunt 
in pace quœsila. 

S. Hier., Comment, in Job, t. II, ap- 
pend. — Hespondens autem Job dixit : Cujus 
adjutor es, nunquid imbecillis ? Et sustentas 
brachiumejus qui non est fortis? {Job xxvi, 
1, 2.) Sanclus Job amicis suis nunquani 
aspere respondit, cum illiei apeilas injurias 
iriogarenl: nunc aulem videns Deo inju 



animœ nostrœ: Salus tua ego sum [Psal. riam tieri, justa indignalione commolus est, 

XXXIV, 3j: et aperial aures ejus, ul audiat et verbis arguit Baldad quod iia Joquere- 

iJiceniem : Salus tua ego sum. Dicit enim, lur, lanquam Deus ioûrmus sit et egerel 

se^l- quidam obsurdescunt : unde audiunt auniio. 



55 



ADMONITIO 



54 



S. Gregor. Mac, Moral. I. xvii, in Job, 
t. I. — A(i;|Uvareimbecil!om, charilatis est; ad- 
juvare lolentem velle, elalionis. Quia igitur 
ainici ejus (Job) hœrelicorum speciein tenen- 
tes , quasi adjuvantes Deuni , sapienliam 
suam oslendcre conabantur, juste Haldad 
reprêliendilur ut dicalur; Cujus adjutor es? 
etc. Ac si aperle dicat: Duin euiu juvare 
iiileris, sub cujus magnitudiiio succuinbis, 
omne quod impendis solatium, de osten- 
lalione est, non de pielate. Sed inter baec 
scienduni est quod plerumque etiam Deurn 
qui videlicet inibecillis non est, hurailiter 
agentes adjuvamus. Unde et per Pauluin 
dici lur : ^(/ju.'ores enim Dei sumus. {1 Cor. 
III, 9.) Nam cum ei, quera ipse per internarn 
graliam iiifundit , nos exborlationis voce 
concurrirnus, lioc quod iiie per spirituni 
agit intrinsecus, nos exterius minislerio 
vocis adjuvamus ; et tune soluui noslra ex- 
liorlatio ad perleclioneQ! ducilur, cum in 
corde Deus î'uerit qui adjuvetur. Unde et 
alias dicit : Ncque qui plantât, est uliquid , 
neque qui rigat, sed qui incrementum dat 
Deus. {Ibid., 7.) Planiare quip(ie et rigare , 
adjuvar(^ est. Quod ulruraque vacuum erit 
ministerium, si in corde Deus non dat in- 
cremenlum. Sed qui de sensu suo alla sa- 
j)iunl, esse humiiiter Dei adjulores noiunt : 
qui cum se Dec utiles esse œstimant , a 
fructu se ulililatis aliénant. Unde ei Verita- 



lls voce discipulis dicitur : Cum frceritis 
omnia quœ prœcepta sunt vobis, dicit p : 
Servi inutiles sumus : quod debuimus facere 
fecimus. [Luc. xvii, 10.) 

Idem, in Hom. — Habens loquendi 
iocum apud divitem , daranalionem pro re- 
lento talenlo liment, si non apud eum, sicut 
vali't, pro pauperil)us intercédât. 

Idem , in quadam bom. super parab. 
talent i, — Habens inteilectum,curet omnino 
lie laceat ; babens raram aflluenliam, a mi- 
sericordia non lorpescat ;. babens arlem, qua 
regitur, usura ipsius cum proximo parlia- 
tur; habens loquendi Iocum apud divitem, 
pro pouperil)Us inlercednt : lalenti enim 
nomine cuilibet re[)ulabitur, quod eliam 
minimum accepit. 

Jdera, in lleg. — Qui potesl emendare, et 
nogligit, participera se procul dubio consti- 
luit : qui allerius bonum adjuvat, suum 
l'acit. 

Jdera., in Hom. — Minus proxiraum 
amare convincilur, qui non cum eo in ne- 
cessilale illius, ea, quœ sunt sibi necessaria, 
partitur. 

S. Greg. Conc. quorumd. testim. S. 
Scrip., l. 111. — Non eodem modo dicimus : 
Deus adjutor noster in œternum [Psal. lxi, 
9), quo dicimus: Dei adjulores sumus. lllc 
enim non eget adjutorio nostro : nos autem 
nihil possumus sine illo.j 



ADJUTORIUM 



[Ex SS. Palribus.] 

Cassian., m quadam e[)ist. — Oleum pie- 
talis et miseraiionis unguentum : quanlo 
copiosius in fialernas nécessitâtes elTun- 
ditur, lanio donis potioribus augmenlulur. 

Idem, ibid. — Age sicaliud, utiuura non 
obliviscaris negolium ; amicis ita enim pro- 
desse deberaus, ut nobis non noceamus. 

Idem, in (juadam episl. — Gralum débet 
esse subsidium, cujus solutum uiagis sol- 
venticrescitincomuiodum, quam suscipienli 
proticial in augmentura , el quod danlem 
juval, et accipienlera pro temporis neces- 
silale Iretiticat, ut sic in una mercatione, 
quod rarosolel emergere, ulerque videalur 
desiderata commoda pcrcepisse. 

Idem, super psal. lv. — Quid libi, fide- 
lissime, 0[)us sunt arma, qui babere lalia 
probaveris auxilia?ipse enim pro le pugnal, 
cui nullus resislil, ipsc insequitur, ,quem 
iiullus déclinai. 

S. Berîj., serra. 1, in psal. Qui iiaditat. 



etc. — Qui habitat in adjutorio Altissimi , 
in protectione Dei cceli commorabitur. [Psal. 
xc, 1.) Quis sit divini inhabilator adjutorii, 
per non inhabit;tnles illud melius polest 
agnosci. Tria siquidem eoruuj reperies gê- 
nera : unum non sperantiura, aliud despe- 
ranlium, tertium frustra sperantiura. Neque 
enim habitat in adjutorio Dei, qui non po- 
suit Deum adjutorem suum, sed confidil in 
virlule sua, et in multitudine diviliarum 
suarura. Surdus namque est ad propbelaj 
vocera dicenlis: Quœrile Dominumduminve- 
niri potest, invocale eum dum prope est [Isa. 
LV, ()), el sola leraporalia quœrens, œmulalur 
in malignanlibus, pacem peccatorura videns 
{Psal. xxxvi, 1); et elongalur ab adjutorio 
Altissimi, quod sibi ad bœc necessarium 
esse non re[)utat. Sed quid nobis de bis 
quœ foris sunt judicare? Timeo, fratres, ne 
loi te etiam sil in nobis, qui non babilel in 
adjutorio Altissimi, sed confidat in virtute 
sua, el in raulliludine diviliarum suarum. 



ADMONITIO 



[Ex SS. Palribus.] 
Const. Apost. lib. ii, t. I. — Judica , epi- 
scope , cum polesUitu , quemadmodum l'a-'.it 
Deus: verumpœnilenles suscipe. Deusenira 
Deus misericordiœ est. Delinquentes incre- 
pa, admone aberrantes, stantes horlare ad 
perseveranliara in bonis, pœnilenles ad- 



mitle : quoniam cum sacraraento Dominas 
Deus dulurum se veniam pœnitenliura de- 
lictis pollicilus est. Ail enim per Ezechie- 
!era [Ezech. xxxiii, l\) : Die ad eos ; Vivo 
ego, dicit Adoiiai Dominus; si voluero mor- 
tem peccatoris, sed potias, uC impius conver- 
tatur a via sua prata, el vivat. Converlimini 



55 



DICTIONNAIRE DK LA TRADITION. 



td 



ergo a v'iis vestris malisy et qiiare moriemini, 
domus Israël? HicScriplura bene sperare 
lieccatores jussit, et saliUem, si resipuerinf, 
(.'xspectare: ne quasi deplorati, criminibus 
succumbant; sed ut, sperata salute, ad se 
reversi, peccata sua coram Dcn defleanl; a 
quo paire, vidolicet bono, oblivionera sce- 
lerum ac irapnnilalem coiiseqnantur. 

S. Clem. Alex., Pœdag., lib. i. — Omnibus 
viribus, humanœ natuiœ paedagogus, divi- 
num nostrum Verbum, utens omnibus sa- 
pientiae machinis, infantes conservare ag- 
};ressus est, admonens, reprehendons, in- 
ctepans, arguens, minans, sanans, promit- 
tens , gratilicans, niullis quibusdam veluti 
fienis a ralione aliénas humanae natura) 
appetiliones alligans. Ut ergo paucis dicam, 
in nos ila segerit Dominus, ut nos in nos- 
tros filios. Sunt tibi filii? castiga eos,suaùel 
Sapieniia. {Eccle. vu. 23, 2i.] El inflecte 
eosa juvcnlute sua. Sunt tibi filice? attende 
corpori earum, et ne vullum tuum apud eas 
exhilaraveris. Atqui liberos noslros, tilios et 
lilias, valde, et supra quodcunquf^ aliud, 
iimamns. Quoniam autem iis, qui ad gra- 
tiam loquuntijr,parum est quod moleslia non 
alliciunt : qui autem ad utililatem acerbi 
sunt, etsi in prœsenlia molesti sint, in fu- 
luram poslea setatem beneticio afliciunt; non 
prœsenlem vnluplalem Dominus, sed l'ula- 
ram speclavit deleclaliouem. Quare jam be- 
nigriœ illius pœdagogiœ rnodum percurramns 
cuni propholico teslimonio. 

S. Clem. Alex.. , ibid. — Quomodo autem 
qui naiura bonus est Deus, ei qui non [)ec- 
cat, erit limori'! Si autem malum facieii, time, 
ut dicit Apostolus. {Rom.xm, î.) El ideo 
ipse quoque Aposiolus ad simililudineiu 
Domini sigillalim Ecclesias peracriler in- 
cessit : et suœ conscius libcrlalis, et im- 
becillilutis eoruin , qui audiebanl, Galatis 
(ilcii : inimicus factus sum y vera vobis di- 
cens [Rom. iv, 16)? Quemadmoduui autem 
qui saiii sunt, non opus babent raedico , 
qualenus recle valent ; qui autem œgrotant, 
arle incJigenl : ila nos quoque, qui in vita la- 
boiamusprobrosiscupidilalibus, viluperan- 
disque inieiuperanliis, ac libidinibus, alio- 
rumque viliorum inflammalionibus , Sor- 
vatore opus babemus. Is autem non solum 
lenia adhibet medïcamenta, sed eliam acria. 
Peccalorum quideni cerle proser[)entes ccr- 
rosiones sistuntamarœme'.as radiées. Quam- 
obrem salutaris est nietus , licet aujarus. 
Jure ergo qui œgrotamus, Servalore 0[>us 
iiabemus:qui auieai aberravimus , eo qui 
nos ducat: et qui cœci sumus, eo qui nus 
ad luceru deducal: et (jui silimus, jontevi- 
taii, cujus qui sunt partici[)es, non amplius 
sitient [Joan. iv, 14., 15) : et qui nioilui 
suiuus, vita egomui;: qui oves, pastore ; et 
i\u\ pueri , pœdagogo : quiu etiam universa 
liumana natura, Jesu; ne indomili et pec- 
^catores ad tiuem usque exislentes, iucida- 
mus in condemnationem. 

Quemadmodum (vero) spéculum non est 
nialutu deformi, eo quod ipsum oslendal, 
(jualis sit; et quemadtiiodum luedicus non 
iwi ae^rotanli mëlus, quod ei l'ebrem annuu- 



tiel: non enim medicus febris causa est, sed 
febreu) indicat: ila nec is qui rejjrebendil, 
ei maie vult, qui laborat animo; neqiie 
enim infeit ei delicta , sed ea, quée adsunt, 
peccala ostendit, ad hoc, ut avertat ob ejus- 
raodi studiis. Quamobrem Deus quidem 
bonus est propter seipsum, justus autem 
propter nos, et ideo quia bonus. Quod jus- 
tum est autem, nobis per suum ipsius Ver- 
bum ostendit illinc e superis, unde ipse fuit 
Pater. Priusquam enim esset Creator, Deus 
erai, bonus erat; et propterea et opifex esse 
et Pater vo'uit: et illius araoris babitudo ac 
relatio fuit justitiae principium, cum et so- 
lem suum lucere faceret, et Filium suum 
mitteret. Isque primus e cœlis bonam an- 
nuntiavit jtl^litia!^, cum diceret: Nemo no- 
vit Filium nisi Paler, ncque Patrem nisi 
Filius. {Luc. X, 22.) Hœc reciproca , quee 
ex œquo pondérât cognilio, est antiquee 
justitiae syinbolum. l)einde ad lioinines 
descendit justilia, et littera et corpore, 
Verbo et Lege, huraanam nalurara ad salu- 
larem urgens pœnilentiam: bona enin\ erat. 
Al Deo non obedis? Ejus rei culpam tibi 
asf.ribe, qui judioem attrahas. 

Orig., bora. 3 m Levit., t. H. — Sivideris 
fratrem tuum peccare, argue ewn inter te et 
ipsum solum. Si le audierit, Incratus es fra- 
trem tuum. Quod si le non uudierit, die Ec- 
clesiœ. [Matlh. xviii, 15, 16.) Evangelicum 
prwcef)lum in eo fierfeclius dalum esl, quod 
indicandi peccali modum disiiplinamque 
constituit. Non vult enim te, si l'orle pec- 
calum videris fratris tui, continuo evolare 
ad [>ublicum, et proelamare passim, ac di- 
vulgare aliéna peccata: quoti esset ulique 
non corrigenlis, sed potius infamanlis. So- 
lus, inquil, inler te et i[;suni solum corripe 
euni. Ubi enim servari sibi mysterium vi- 
derit ille qui peccaveril, servabit et ipse 
emendationis pudorem. Si vero ditïamari se 
videal, illico ad denegandi im[)udenliam 
converieiur: et non solum non emendave- 
lis peccalum, sod et duplicaverii. Disce 
ergo ex Evangeliis ordinem. Primo, inquil, 
solus inter te et ipsum. Secundo adliibe te- 
cum alios duos, vel très. Quare duos, veî 
très? m are, enim, inquit [ibid.), duo- 
rum, tel trium lestium slubit omne verbum. 
Quoniam quidem tertio— corre[)lus, si emen- 
uaiesenon vult, cum ad Ecclesiamdelatum 
luerit ejus peccatum, possil duobus adtiibi- 
tis leslibus confulari: fréquenter enim ac- 
cidii, ut volens quis evangelicum implere 
mandalum, calumnialor viuealur si crimeti 
déférât ad Ecclesiam, et deticiat leslibus. 
Ne ergo hoc accidal, idcirco duos vel très 
lestes in seconda convenlione jussit adhi- 
beri. Cum ergo Evangelii taie mandatuuj sit, 
et lex prœcipiat, quia si tacuerit, accii»iet 
peccalum ejus; sciendum es!, quod, si quis 
ea quœvidel incJcliclo proxifui sui, vel non 
indicat secundum regulam superius datam," 
vel in lesiimonium vocalas, non quœ vera 
sunt dixerit, peccatunj quod commisit ille 
quem celât, ipse suscipiet, et pœna coin- 
missi revulvetur ad conscium. 
D. Ctpr, 2'c5nm. lib m. — CorrepHoncm 



17 ADMONITIO W 

lionosqnnsquelibenleraiidiro debere. Apiid obsecralionem , et objurgationem perraillit, 
Salomoneiii in Ptoverbiis (c;ip. ix, 8): nusquam veroopprobrinm admisit, tanniiain 
Qui corripit impium, odietur ab co. Corripe qiiod adversetur, ac contrarium s'il. Et vi- 



sapientem et diliget le. 

S. HiLAR. , Tract, in psnl. xiv , t. T.— 
Opprobrium non accepit adversus proximos 
suos. [Psal. XIV, 3.) Insolentire scilicet 
et liduciœ vlii;i depellil , el commune illud 
superbiae m.iliira lollit. Quid enim tam inane, 
lam miserum, quam homo homini siiper- 
bicns, quam de se aliquid fidens? Nonne vi- 
demus plures per opum insolenliam, cun» 
exprobrassent inopum egeslalera , amissis 
oiuiiibus egeic; et aliorum niiscriarn fasli- 
dienles, rursum eguisse miseranlum? Du- 
res eiiam per [)rsesum[)lionem vitae diu in- 
nocentis ad crimina devolulos, et cum de- 
Iicta aliis exprobrareni, ipsos vii ad pœni- 
tenliam perlinere? Non est igitur oppro- 
biium advetsus proximos ineundum ; sed si 
quid in iis incuriosum, si quid poluiatis, 
il quid negiigens, si quid inconlinens de- 
prebeiidilur ; sine ex[)robralionis amariln- 
dine, blandiiuento emendalionis est corri- 



detur quidem objurgalio liiiern habero pec- 
caloris correctionera , opprobrium vero ad 
lapsi confusionem inferri. 

Append. Opcr.Jœm. infamemetsicc, t. H. 
— Sil auditio benigna, anima morigera, sn- 
scipiens leniter admonitiones, dicenii co- 
dens vehit cera sigilinm im[)rimenli. 

Oper. S. Basil., Regul. brevius tract., 
t. II. — Immisericors est qui siict, non qui 
redarguit, lanquam qui venenura relinquat 
in eo qui a venenata bestia morsus est, non 
autem cxiraat. Quineliam qui ejusmodi est, 
everlit eharitatem. Scriptum est enim: Qui 
parcit baculo, odit filium suiim : qui autem 
diligit, diligenter casligat. [Prov. xm, 2'*.] 

S. Basil., in Isa. m. — Sacra quccdam res 
est consilium, voluntatum unio, fruclus di- 
leclionis, bumilitulis insigne. E diverso in- 
tolerabilis est superbiœ argumenluin, exis- 
limare se nuilius cgere consiiio; sed sibi 
uni attentnm esse, quasi solus possit sibi 



i^e:idum. Hoc bumilitas, iiocsui per metum consiiio decernere quœ oplima sunt 



ililliden:ia, qnœ validissima liduciœ cuslos 
ebl, curât ne sil admonilio contumeiia, ne 
bit eraendalio opj)robrium, ne sit doctrina 
conviciuui. 

S. Ephr., tni7/ud: ATTE5DETiBi,elc.,t. I. — 
Debitores suujus, cliarissimi, ut nos inler 
nos admoneaiiius, et i^onsolemur, secundum 
vouem A[iosloli. [l Thess. v,ll.) Dicit aa- 
lem alibi : Scienli bonum facere, et non f'a- 
cienti, peccatum est illi. {Jac, iv, 17.) Sed 
el Prophciam audi dicenieni : Ecce labia 
tnea non proliibebo. {Fsal. xxxix, 10.) Sus- 
cipile ergo concilium etiam vilitalis meœ, 
obst'cro: et siquidem otlendi verbo, igno- 
ôiiio niihi lanquam homini rudi ac pec- 
ciilori. Si autem rccte sermones dicii sunt, 
lioc graliœ 0[)us est. Gratiaigilur seruionem 
iiobis supped, tante, non oporlet coiiibero 
labia. MalilicC quippe pigritiam conjunxit 
Dominas, dicens : Serve maie et piger, opor- 
tuit te committerc pecuniam ineam nunimula- 
riis; et veniens ego recepissem utique quod 
meum est, cum usura. [Matlh. xxv, 27.) Do- 
cct porro nubis Dominus, qui sermonoui 
accipimus, Iruclus acccplos lacère elotl'erre 
l)omino. 

Append. Oper. S. Basil. , hom. in 
psal. XIV, t. \.—El opprobrium non accepit 
adversus proximos suos. [Psat.xiv.) Ambigua 
uiclio est, utrum ii)se (sapie.'isj nihil le- 
cerit, quod sibi merilo exprobrari possel 
a pioximo, ob idque opprobrium ab eo non 
accepent; an op|irobri.o nullum proximo- 
nim aifeceiil , qui in liumana delicla pro- 
lapsi suit, aut cum mulilalis corporis |)ar- 
libus, aut ahis quibusdam carnis defecti- 
bus tuerinl dc()reliensi. Neque enim is qui 
peccal, probris insedandus esl,uli scriptum 
est : iVe improperes homini avertenti se a 
peccato, [Eccii. viii, 6. ) Neque enim novi 



S. Gregor. Naz., oral. 32, t. I. — lilud libi 
impera ut l'ralrem non condemnes, nec timi- 
dilali irapieiatis nomen imponas, nec lemere 
ac prœcipili judicio eum condemnes, aut sa- 
lutem ejus pro desperata babcns discedas, 
qui animi facilitatem ac morum suavitatem 
profiteris. Quin polius bic burailem le prœbe, 
dum licel : bic nuljo cum tuo delrimenlo 
fiatrem libi antepone, ubi condemnare, et 
contemnere, nihil aliud est,quam a Gliristo, 
ac sola spe ejicere, alque exlurbare, occul- 
lumque Irilicum el quidem trilicura l'orlasse 
te praîstantius,Mna cumzizaniis exscindere. 
[Malth. xiii,29.) Hanc rationem lene, ul il- 
lumquidem corrigas, idque leniler el hum;».- 
ne, non ut hoslis, nec ut durus et rigiJus me- 
dicus.nec ut seclionibus lanlum el cauleriis 
adversus morbum grussari sciens; leipsum 
aulem,ac tuam intirraitatem agnoscas. Quid 
enim si lippientibus oculis,aui alioquopiani 
morbo laborantibus, obscurum solem aspi- 
cias?Quidsiomnia vertiacsursum deorsum- 
quel'erri putes, ipsenausea oorreplus, aut vi- 
no obrulus, ignorantiamque tuam aliis allri- 
buas?Multum diuque anle versandus, alque 
contorquendus est aniraus, mulla ferenda, 
quam ut alium ioipielalis damnemus. 

S. A.MBROS. , Enarr. in psal. xxxvii, t. I. 
— Novit medicus quœ singulis vulneribus 
medicamenla conveniant, cujus ulceris [lu- 
Iredo l'erro sit arapulanda, ne in totius cor- 
poris serpat exilium. Si dixerit medicus rao- 
dicinte genus quo curari œger debeat, el ille 
t'aslidiat, discedit medicus et œgrum dero- 
linquil.Videeumqui curari velitomni génère 
medico acquiescenlem : attende ordinem. 
Aperit primo vulnera sua medico, et dicit : 
Gura me, sed rogo ne ira tua ; quia non sus- 
tinenl duram medicinara infirmitales meae. 
Medicina Chrisli correplio est ; corripit enim 



mus unquam ad delinqueniium utililalem Dominus quem vult convorlere. Ideo el Pau- 

opprobriuiu tuisse adhibilum. Nam Apo- lus ad medicum dicit: Arguct obsecrajin- 

slolus in suis ad disci[)ulum Timolheum crêpa. {II Tim. ly, 2). 

documeulis, reprehensionem quidem, et S. Gukt5., hom.38adv.7Mrf.— Nemo suuia 



5» 



DICTIONNAIRE DE LA TR^VDITION. 



60 



ipsius npgotium recte gererepolest,nes'ec!a inlelligendum est tune potins malum prc 
proximi dileclione et sainte; propter lioc et malo reddi, si corripiendus non corripitnr, 



Panlus ail : Ncmo quod suum est quœrat,sed 
quisqnr quod alterius. 

S. Chrys., tîom. 60 xnMallh. — Non exau- 
dielme, inquis, protervus ille, Unde idscis? 
An unquarn etuendare conalus es?Saepius 
id, ais, feci. Dicas oro, et semel et bis me 
fecisse arbitror. rem mira m ? liane semel 
aut ilerura sœpius tibi videlur? Eisi per 
lolam vitam id fecisses non oporluisset te 
labore victum defecisse. 

Idem, hora. 83 in Matth. — Non coercea- 
nius solura et excidamus, sed corrigamus, 
reducaiDus et curam omnium habeamus. 

S. Chrys., hom. in psal. xlix. — Deusnon 



sed prava dissimulatione nogligitur. Dicit 
etiara peccantes coram omnibus corripe, ut 
cœteri timoremhabeant. il Tim. v, 20.) Quod 
de bis peccalis accipiendum est quœ nr)n 
latent, ne contra Domini sententiam putetur 
loculus. Ille enim dicit: Si peccaverit in te 
frôler tuus, corripe eum inter te et ipsum. 
[Matlh. XVIII, 15.) Veruratamen et ipse se- 
veritatem correplionis eo usque perdu(n't, nt 
dicat : Si nec Ecclesinm audierit , sit tibi 
tanquam œthenicus et publicanus. [Ibid. 17.) 
Et quis magis dilexit intirraos, quam ille qui 
pro omnibus est factus intirraus, et pro om- 
nibus ex ipsa est infirmilalc crucifixus? 



liabet opus ullore injuriarum suarum; sed Quœ cum ila sint, nec gratin probibet cor- 



tatnen vult te hujus rei esse rainistrum, ne 
in ea;lera iiicidas,dura aliis succenses effec- 
tus temper, niior, ut ex eo tuam in Deurn 
pietalem praUercurreris, neque reprelien- 
deris, neque œgre luleris, animum tuurn 
negligenliorem et ad casum proniorem efli- 
cis; illuni aulem importuna bac gratia non 
leviier olfendis, efticiens ut in futuro sit 
giavior ei reddenda ratio, et ad praesentia 
eum reddeiis segiiiorem. 

Idem, hom. in psal. cxl. — Oportet eum 
qui reprehendit, multa excogitaie, ut ac- 
cepta et grala sit ejus repreheusio ; et magna 
sapionlia 0()us est ei qui laie adhibuerit 
niedicamenlura: ac majore quidem, quam 
ei qui reprebenditur. 

ld^'m, bom. 5, inisa. — In reprehendendo 
niulto nifigis opus est mansueludine quam 
(iducia, Neminem enim sic aversantur ode- 
runti|ue bi (pii |)eccanl, atque eum qui parât 
••Ciiarguere, cupiuntque occasionera arri|)ere 
ut elabanlur. Necesse est igitur ut eosman- 
suetudi'ie retineatrius. 

idi-m, Serm. in divers. — Loquere et ad- 
nione tVatrem. Veium non audivil. Tu nilii- 
losecius babes paralanj merceden),ne desti- 
leris, priusquaui persuadeas, donec animam 
offlaveri.s. Terminus moneudi, sit obedieu- 
lia iiionitionL'U» tuam recipieniis. 

S. HiERON., episi. 34, ad Jul. — Si tibi la» 
cita cogilalio sciupuluu» moverit,cur moni- 
tor ipse non talis sim, qualera te esse desi- 
dero, et nonnullos videris in medio itinere 
corruisse; illud breviler respondebo, non 
niea esse quaedico, sed Domini Salvatoiis; 
non inovere quid ipse possim, sed quia de- 
beat velle vol lacère qui servus fulurus est 
Christi. Et alblelae suis incanialoribus for- 
tiores sunt; et tamen movet debilior, ut 
pugnet ille qui forlior est. 

S. AuG. L. de corrept. et grat., t. X. — 
Omnibus ne pcreant, vel ne alios perdant 
adbibenda est a nobis medicinaliter severa 



reptionem, nec correptio negat graliam : et 
ideo sic est praecipienda juslilia, ut a Deo 
gratia qua id quod praecipitur bat, fideli 
oralioue poscatur: et boc utrumque ila fa- 
ciendum est, ut neque justa correptio ne- 
gligatur.Omnia vero beeccumcbaritatefiaiU : 
quoniam charilas nec facit peccalum et coope- 
rit muUiludinem percatoriim. (/ Pelr. iv, 8 ) 

S. Alg. , epist. 19 , Hieronijmo. — Petrus 
rarius et sanctius exeraplum [)Osteris prie- 
buit, quœ non dedignarenlur, sicubi forte 
rccli tramilem reliquissent, etiam a poste- 
rioribus corrigi; quam Paulus, quo con- 
tidenter audcrent etiam minores majoribus, 
pro defendenda evangelica veritate , salva 
fralerna cliarilate, resistere. 

Multo est inirabilius et laudabilius, Mben- 
ter accipere corrigentera , quam audacter 
corrigere devianiem. 

Est lans juslœ libcrtatis in Paulo, et sanc- 
tœ buuiiliialis in Pelro. 

idem, ep. 48, Vinccntio. — Non omnis 
qui pareil, amicus est; nec omnis qui ver- 
berat, iniraicus : et luelius est eum seve- 
rilate diligere, quam eum lenitale deci- 
pere. 

Qui pbreneticura ligat, et qui lelargicum 
excilat, anibol)us moleslus, ambos amat. 

Idem, Proœin. 1. ii DeTrinilate. 
oplanduui est a quolibet expreliendi, quaiti 
sive ab erranle, sive ab adulante laudari, 
Nallus enim refirebensor formidandus est 
aiiiaiori verilalis. Etenim aut inimicus re- 
prebensurus est, aut amicus. Si inimicus 
insullal, ferendus est; amicus autem, si 
errai, docendus ; si docel, audien(Jus. Lau- 
dalor vero, et errans conlirmat errorera, et 
aduians illicit iii enorem. 

Idem, quœsl. 49 in Gènes. — Omnia de- 
bent fieri consilio, quœ consilio recle fieri 
possunl, ad evitanda quœ adversa sunt : 
etiam eum Deus apertissime adjutorest. 

Idem, quœsi. 68 in Gènes. — Scriptura 
correptio. — Si enim aliquando limore non nos admonet, per quemiibel bominem detur 



Magis 



corripimus, ne aliquis inde pereat : cur 
non eliarn limore corripimus, ne aliquis 
inde plus pereat? Neque enim dileclionis 
viscera majora gestamus quam beatus Apo- 
stolus qui dicil : Corripite inquiétas, con- 
iolamini pusillanimes, suscipite infirmas, pa- 
pientes estote ad omnes, videte ne quis malum 
pro malo aUcui reddnt. {1 Thess. v, 14. j Ubi 



consilium verilalis, non debere coutemni. 
Idem, Decivit. Dei, 1. i, c. 9. — Quamvis 
ad boc speculalores, boc est populorum 
prœpositi, constiluli sint in Ecclesiis, ut 
non pnrcant objurgando peccala ; nec ideo 
lameu ab hujuscemodi culpa penitus alienus 
est; qui, licet prœ|)Ositus non sit, in eis 
tamen quibus vilao bujus necessilalw con- 



61 



ADMONITIO. 



&i 



jiingitur, multa raonenda vol argnenda no- scitur, tcmpus quœntur, ut de malo qnnd 
vit, et negligit ; devitnns eoriira offensioties, l'ecit increnctur. Nisi enim praedicalnr 
propter illa quibns in hac vita non indcbilus sustineat, qtiando proferre congrue corrcf)- 



ulilnr; sed plusquara dchuif, deleclalur 

Idem, I. IX, c. 5, De Civil. Dei. — Cliri- 
sliana eruditio Dec mentem subjicit regen- 
dain et juvandam, mentique passiones doc t 
ita moderandas atque frenandas, ut in 
usum justitia; conveitanlur : irasci eiiim 
peccanti, nt corrigatur; contristari pro af- 
flicto, ut liberelur, limere |)ericlitanlî , ne 
pereat ; nescio uirum quisquoin sana mente 
reprehendat. 

Idem, Lib. adv, Adimant., c. 17. — Perfec- 
lorum est ut non oderint in peccaloribus 
nisi poccata; ifisosaulem homines diliganl; 
et cuin vindicant, non vindicent aceibitale 
saBviiiœ, sod moderatione justiliœ; ne ipsa 
relaxalio ptccanii plus noceat peccaloii, 
quam pœna vin Jiclœ. 

I(Jein, I. M, c i,advcrs. Parmen. — Quis- 
quis qnod polesl arguendo corrigit; vel 
quod corrigoro non potest, saivo pacis viri- 
culo exoludil ; vel qnod salvo pacis vinculo 
excludore non potest, aequitate iraprobat, 
tirmitale supportai, hic est (laciticus: et ab 
islo maiod:clo Si:ripinrœ immunis : Vœ his 



tionem possit, anget in eo malura qnod in 
sequitnr. Sœpe enim contingit, ut talis si', 
qui nulla innrepationis vetba suscipiat. Quid 
itaque in hujus culpa pisedicatori agenduni 
est, nisi ut in sermone admonitionis quein 
pro communi salule omnium audilorum 
facit, laies culpas ad médium deducat, qua- 
les eum perpétrasse considérât, qui el prœslo 
est, et de se solo adliuc orgui non poloî^t, 
ne deterior fiai? El cum gênerai iler contra 
cnipam inveclio intenditur, correplionis 
vcrbum libenter ad mentem ducilur;quia 
potens pravus ignorai, quod sibi hoc spo- 
cialiler dicatur. Quid itaque isti prœdieator 
suus nisi parcens minime pepercit? Cui el 
specialiter correplionis verba non intuiil, 
et tamen vulnus iilius sub coramuni admo- 
nitione percussit. Unde fit plerumqueul eo 
veliementius perpetratam culpam lugea', 
quo realum suum el cum se percussura 
senliat, nescire pulat. 

Idem, Lib. Paslor., adra. 8. — Aliler im- 
pudentes, atque aliter verecundi admonendi 
sunt : illos ab impudentiœ vitio nonnisi 



î 



ui dicunt quod nequam est, bonum ; et quod increpatio dura compescit, islos autem pie 



onumest, nequam. {Isa. v, 20.) 

Ideu), ibid., \\b. ni, c. 1. — Virgachnrita- 
tem habel : Aliud est enim charilas severi- 
latis, aliud charités n)ansuetudinis ; una 
quidam charilas, sed diversaindiversisope- 
lalur. 

Cum ad vindiclas excomtnunicationis né- 
cessitas cugit, humililas lugentium débet 
impetrare misericordiain , quam rcpellit 
superbia; nec iilius ipsius qui de luedio 
fratrum lollitur, débet negligi salus; sed ita 
flgendum, ul ei talis vindicta sit utilis, et 
agendum voto et precibus, si corrigi objur- 
galionibus non potest. 

Idem, Z)e cor. et gratia, c. IV.— Si is 
qui corripitur ad prœdestinalorum nume- 
rum [)ertinet, est ei correj)lio salubre mu- 
dicamentum; si autem non pertinel, est ei 
•;orreptio pœnale tormentum. Sub isto ergo 
incerto ex chaiitate adhibenda est, cujus 
exiius ignoralur; et pro illo cui adhibereiur, 
orandum esl, ut sanelur. 

Idem, Serin, in psal. xxxiii. — Rapite 
quos polcslis, hortando, portando, rogando, 
disjiutando, ralionem reddendo, cum man- 
sueludine, cum lenitate : rapite ad amorem 
Dei. 

S. Gregor. , ibid., c. 5. — Stulti cum 
prudentium iacta conspiciunt, heec eis om- 
nia reprehcnsibilia esse videntur, suaeque 
imperiliœ atque infirmitalis oblili, lanlo 
intenlius de alienis judicant, quanto sua 
profundius ignorant. At contra jusli cu^n 
pravorum faola redarguunl, sem[)er suœ in- 
tirmitatis conseil, eos etsi exteiius see- 
viondo, lamen inlerius compaliendo reprc- 
hendunt : quia iilius solius est peccata 
hominum sine compassionc discutere , qui 
ex naturaesuœomni})olenlia ignorât peccare. 

Idem, ibid., lib. xiii, c. 3. — Potens el 
protervus, cum aliquid perpétrasse cogno- 



rumque ad melius exhorlalio modesta com- 
ponit. 

S. IsiDOR. Pelus., I. v,ep. 290, Hcracl. 
presb. — Oporlet, ut equidem arbitror, ad- 
moncntera neque verberdjus agere, neque 
convicia jncere, aut fortiter repugnare, sod 
reprehendere dunlaxal cum libeilaio, ve- 
renlein nihil, nihilt|ue raetuenlem. Hic si 
hœreas nmbigens, divina reciial)0 oracula. 
Quid enim ait J)eus Ezechieli? l'u si an- 
nunliaveris impio, et il le non fuerit conter s us 
ab impietute sua, impius in iniquitnle sua 
morietur : tu autem animam tuain liberasii. 
[Ezcch. m, 19.) Tacens enim, nec libère re- 
prebendens, particeps, ail, lis ejus pœiiae, 
Paulo enim anle jam dixerat : 5/ tu non 
annuntiaveris ei, sanguinem ejus de manu tua 
requiram. (Jbid., 18.) Si vero ex te , ol- 
ficio salisfeceris tuo , non eris reus. Illi 
enim pœna gravior irrogabitur, qui lu:;m 
non admiseril admonitioncm. Tu vero ijui 
mandalum servasii , exsors eris cnminis. 
Docentis elenim officium est iuculpabib.'ra 
agendo vilam, instiluere alios, luliii ve- 
rendo peccanliura auctoritatem. — Quod si 
objicias, quomodo ergo B. Piiulus prohibât 
arcetqiie l'ornicarium a cœlu U'ielium? Ma- 
jus quid opinione mea objicis. At non ver- 
beravil, injuriave alfecit Apostolus : sed a 
grege fideliuiu separavil, ne pesliler ad re- 
liquas oves n)orbus serpal. Si iterum sub- 
jicias : Quotnodo igitur Heli admonens filios 
ofiicii et nihil etliciens, pœnas dedil? Ues- 
pondeo : Oporlet lotis viribus in filiorun» 
eliam sacerdolum nequitias animadverlere, 
eosque a sacris arcere, imo ex oculis pel- 
lere, ac gradu dimovere, maxime vero cum 
in Deum redundet injuria. Idcirco eliam 
reus ipse evasil. — {Aliunde.) Si- Dei ex- 
pendas verba, non lam in ipsum Heli, quaro 
in t^us doraum sententiam esse pronuii- 



63 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



r>i 



liatnm. Ait enim : Juravi domui Heli, si 
expiabitur peccatum domus Heli vel victimis, 
tel sacrificiis in œlernum. Non dixit : Jtiravi 
Ileli t neque sic : Non expiabitur delictum 
Heli, sedail, domui Heli, quasi penitus 
exslingui pcccatoresoninesoporteret. 

Idem, Mb. IV, ep. 139, Theogn. — Re- 
preliensofos vitiorum sœpenumero soient 
innprobi, cum sint plures, et maie ab ipsis 
dissonent, langiienles ac ignavos redilere 
quominus libère in viti.i invehanlur eaque 
compescant. Miscenda igitur est conr.cato 
libertas reprehensionum, et vituperiuracha- 
ritale lemperandum, atquo ita adraoniiiones 
adhibendœ sunt. Quod si ne sic quidera illi 



utiiilatem ullara inde percipinnt, sed insu- 
per etiam maie répudiant, ac iraducunt eos, 
qui maximis coronis digni sunt, omninoque 
etiara a Deo praeconiis recte faclorum orna- 
buntur. Generoso magnoque anime id fe- 
rant vitiorum reprohensores et correctores, 
ac doleant, non quideoi suarum rerum con- 
sideratione, (nihil enim aliud ipsis accidit, 
quam quod scelerati ac detestabiles visi sint, 
cura taies rêvera minime sini, ) sed supt^r 
illorum perversitate et insania, quod ita 
incurabilibus morbis Jaborent, ut etiam rae- 
dicis probra alque convicia ingérant. 
Vid. verb. Correctio fraterna. 



ÂDOLESCENTIA 

Vid. verb. Juventus. 

ADOPTIO 

Vid. verb. Fini adoptivi. 

ADORÂTIO 



[Ex SS. Patribus] 
Tertul. De Oratione. — Oratio aCtirisfo 
constiluta ex tribus constituta est : ex ser- 
raone que enuntiatur; ex spiritu, quo tan- 
tum potest, ex ratione , qua suscipilur. 
Docuerat et Joannes discipulos suos ado- 
rare; sed omnia Joannis,Ghristo [)rœstrue- 
hanlur, donec ipso aucto, sicut idem Joan- 
nes {)rœnuntiabat, illum augeri Ofiortere, 
severo diminui, totum prœmiiiistri opus 
cum ipso spiritu transiret ad Dominum. 
Ideo nec exstat in quee verba docuerit 
Joannes adorare, quod terrena cœUslibus 
resserint. ^ui de terra est, inquit, terrena 
fatur ; et qui de cœlis adest, quœ vidit, ea 
loquilur. Et quid non cœlesle, quod l>o- 
niini Christi est; ut liœc quotjue orandi 
disciplina?Consideiemus ilaque,Benedicii, 
cœlestem ejus sopbiam, in primis de prae- 
cepto secrète adorandi ; quo et lîdom homi- 
nis exiu;cbat, ut Dei omniputenlis et con- 
spectum et audilum sub teciis et in abdi- 
tis etiam adesse oontideret; et modestiam 
tioei desiderabat, ut quem ubique audire 
et videre tideret, ei soli religionein suam 
olferret, sequenle sophia in sequenti prae- 
cepto ; quod elsi proinde pertineat ad ti- 
dem elmodesliam tidei, si non agmine ver- 
borum adeundum putemus ad Dominum^ 
quem ultio suis prospicere certisimus; 
allamen brevitas isia, quod ad tertium so- 
pliiœ gradum facial, magnae ac beatœ inter- 
prelationis sabstantia fulta est: quantum- 
que subslringitur verbis, tanlum ditlundi- 
lur sensibus. 

Orig., inExod., t. Il, — Non adorabis ea, 
neque cotes ea. [Deut. v , 9.) Aliud est 
adorare et aliud colère. Nam qui tolo ani- 
ïoo hisce servit, non modo adorai, veruu» 
etiam colit. Qui autem rem simulale ac pro- 



pter génies facil, non cûlit quidam, sed adorât. 
Idem , Comm. in Epist. ad Rom., I. i, 
t. IV. — Revelatur ira Dei de cœlo super om- 
nem impietatem el iniquilatem hominiim, 
qui veritatein in iniquitate detinent. {Rom. 
1,18.) impielas in Deum peccare est; ini- 
quitas in homines. in Deum ergo et in bo- 
mines peccant qui verilatem in iniquita- 
te detinent. — Hoc ex pacto, juslum eril 
judicium Dei etiara erga eos qui ante ad- 
ventum Cliristi, cum ()Otuerint Deum agno- 
scere, ab ejus cullu déclinantes, ail imagi- 
nes liominiMU adorandas et animalium <ii- 
verlerunt. Ut enim breviter, et omni in 
unum collecta delinitione dicamus, adorare 
alium quempiam prœter Patrem, et Fiiium, 
et Spirilum sanclum , impietatis est crimeii. 
Elseb., Corn, in psal. , t. 1. — Affcrte 
Domino glorinm et honorem. (Psal. xxvni, 
2.) Cujus senlenliam ex lioc Salvalor is nostri 
ad discipulos monilo iulelligas. Luceant 
opéra vestra coram hominibus, ut videnles 
bona opéra vestra, glorificent Patrem vestrum 
qui in cœlis est. {Mutth. y, 16.) Prœsens 
psalmus prœcipit atrerrc Domino gloriaui 
iiomini ejus. Ipsi nainque, per doctiinam 
sanam, gloriam aUcrHuns, si huic ejus 
praecepto pareamus ; Honora Dominum de 
luisjustis laboribus, el primilias ojfer ipsi 
de tuis justitiœ fructibus. [Prov. m, 9.) No- 
mini aulem ejus gloriam conciliaraus, si 
quando luccani ooera nostra coram bomi- 
nibus ; ita ut viaentes ifisi glorificent Pa- 
trem noslrura oui in cœlis est. Quo pacto 
autem etiam apim génies nomini ejus glo- 
ria reieralur, hic pioplietce sermo déclarai, 
qui Judaicain gentem respicil, et sic ha- 
bel : Non est voluntas mea in vobis, dicil 
Dominus omnipotens, et sacrificium non ac- 
cipiam de manibus vtstris ; ab orlu enim iu- 



6S 



ADORATIO 



6R 



lis, usqiie ad occasum, glorificatum est no- 
tnen meum in genlihus ; et omni loco thymia- 
via offerlur noniini meo, et sacrificium mun- 
dum. Quia magnum est nomen meum in gen- 
tibus : et vos poUuislis iU.ud. [Malac. i, 10 
el scq.) Ad lioec oiuiiia ii, qui lilii esse de- 
claraiiiur, scilicel filii nrietum, jubetilur 
adorare Dominum in aula sancla ejus. Non 
vull enini extra auiam, neque in secessu, 
nul semotos adorare ipsum; sed accédera 
jubet ad Ecclesiani suam. Loco autem iilius, 
ïn aula sancta ejus; Aquila : In décore sanc- 
lificato; Symmachus vero: Jn décore sancto, 
edidii. Vult enim nos cuiu debilo orualu, 
ac Deo dilecla juslilia adoralionem poi- 
agere, sanctitali prorsus dedilos ac decori. 

S. HiLAu. De Trinit., I. ii. — Quia Deus 
invisibilis, incompreheiisibilis, immensus 
est, ail Domiuus, venisse lempus, iil non in 
monte vel îetnpio Deus sil adorandus: quia 
spiritus Deus est, el spirilus nec circuniscri- 
bilur, nec lenelur, qui per nalurae suœ vir- 
luteiu ubique est, nuque usquam abesl, in 
omnibus omnis exul)erans: hos igilur veros 
esse adoraioies, qui in spirilu el venta^e 
sint adoraluri. Adoraturis autem in spirilu 
Deum S()irilum, aller in oflicio, aller in bo- 
iiore est; quia discrelum est in que quis- 
que sil udorandus. Non enim lollit sancli 
bpiritus el nomen et doiium, quia diclum 
est : Deus spiritus est. Kesponsum autem est 
niulieri ^Samarilanœj. Deum templo et monte 
claudenti, esse orania in Deo, Deum in se- 
nictifiso, el invisibilem atque incomprehcn- 
sibilem in iis quae invisibilia et incompre- 
hensibilia sunt, adorandum, Atque ita na- 
lura et niuueris et bonoris signiticata, cum 
in spirilu DeuraSpiritum docuitadorandum, 
el libertalen) ac scienliam adoranlium, el 
adorandi inlinitatem, dum in spirilu Deus 
Spirilus adoralur,ostendens. 

S. Basil. Caes., Lib. de Spirit. sanctô , 
cap. 27 t. m. — Adoralio quae fit in spi- 
rilu , mentis noslrae operalionem ut in 
luce faclam indicat, ut dicere iicet ex iis 
quaiî Samaritanae dicta sunt. Nam cum 
illa consueludine regionis decepla, exisli- 
marel in loco esse adoralionem, Dominus 
eam dedocens dixit {Jean, iv, 24.) in stii- 
riluet verilate adorare oportere : nimirum 
seipsum apjiellans verilatem. Quemadmo- 
dum igilur in Filio dicimus adoralionem, 
Telul in imagine Dei ac Patris ; sic et in 
Spirilu lanquam inseipso Domini divini- 
lalem exprimente. Unde el in adoratione 
inseparabilis est a Paire et Filio Spirilus 
sanclus. Nam si sis extra illum, nullo pac- 
10 es adoraiurus : contra, si in iilo fueris, 
nullo modo eum separabis a Deo, nihil pro- 
lecto magis quam lumen separabis ab iis 
quœ visui fiaient. Impossibile siquidem est 
cernere imaginem Dei invisibilis, nisi in 
Jumine Spirilus. El qui intuelur imaginem, 
Ijunc impossibile est lumen ab imagine se- 
parare. Qiiod enim ut videas in causa est, 
id necesse est, ut simul cum iis quae cer- 
nunlur, videatur. Itaque proprie et congru- 
enler per illuminationem Spiritus conspi- 
cimus splendorem gloriœDei: per cliarilalem 



sed 



aulem ad eura cnjus est characler ctœquale 
sigillum, subvehimur. 

S. GnEGOR. Nazi.mz., oral. G, t. I. — Om- 
nps in uno spiritu unanimes raaneamus 
{Philip. I, 27), fidei scuto urmati, succincti 
tumbos in reriiale [Ephes. vi , H, 16), non 
eos timcntes, qui corporis quidemnecandipo- 
teslatem habent, cœterum animam orripere 
nequeunt; sed eum, eut in corpora animas^ 
que nostrasjus et impcrium est. formiuanles • 
( Mattli . \, 28. ) prœclarum diposilum, 
quod a palribus nostris accepimus, custodien- 
tes {Il Tim, ï, i!^ ), adoranles Putrem, et 
Filium, et Spirilum sancluni; in Fi io 
Patrem, in S[)iriiu Filiuni cognoscenles, in 
quorum nomine b^plisiui aqua lincli su- 
mus, in quos credidimus, quibus numen 
dedimus, prius eos dividenles , quam con- 
jiinxerimus, priusque conjungeules , quam 
distinxerimus, nec tria lanquam unum uc- 
cipientes; (neque enim ejusmodi sunt bœc 
noujina, ut per se non subsis'ant, aut de 
una lantum })ersona prœdicentur, quasi 
opes noslrae in nominibus, non autem in 
rébus silœ sint,) el (;ia unum esse creden 
tes. Uiium enim suni, ntn persoiicç, 
Divinilalis lalione. Umlas in Tiinilate ad- 
orala, et Trinitas in unilalem collecta. Iota 
adoranda, tola regia ejusdem Ibroni el glo- 
riœ mundo sublimior, lempore su[)erior in- 
creata, invisibilis, taclus et coniprebensio- 
nis expers, secuiidum vero ordinem qui in 
se est, sibi soli cogniia, nobis lameu ex 
œquo veneranda el adoranda. 

S. Ep]ph., adv. hœr es. 1. u , t. 1. — Talem 
milii Deum exbibeii volo , qui adoratione 
digiius sit : qui idem recta sincoraquefide , 
quœ quidem Crealori soli, non idem crealis 
ab illo rébus adoralionem impertil , crealus 
aliquando cerisealur. 

S. CuRYs., Exposit. in psal. XLiv, t. V. — 
Quod si non nosti omnia quœ sunt lui 
Doraini, projilerea eum gloria alïïce , pro- 
plerea eum maxime adora, propier inelJ'a- 
bilem ejus majeslalem, propier incompre- 
bensibilem ejus providenliam , propltr 
variam ac sapionleui ejus curationem. 

idem, hoiu.33, al. 32, inJoan., t. VlJl. — 
Quinam sunt veri adoralores? qui cultum 
non loco circumscribunt, acDeum in spiiiiu. 
colunt, sicul et Paulus ait : Cui scrvio in 
spiritu meo , in Evangelio filii ejus (Rom. 
1, 9); et ilerum : Obsccro vos ut exhibeaiis 
corpora vestra hostiam vivenlem, Deo pla- 
ceniem , rationabile obsequium vestrum. 
{Rom. x;i, 1.) Cum aulem Joaniies dicit • 
Spirilus est Deus {Rom. iv , 24), nibil 
aliud quam incorporeum signiticat. Oportet 
i^itur incorporel cullum eliam lalemesse, 
cl per id quod incorporeum in nobis est 
olferri ; id est. per animam et per mentis 
purilalem. Idcirco ait : Et adoratores ejus 
in spiritu el veritate oportet adorare. {Joan. 
IV, 24.) 

S. HiERON. episl. 49, ad Paulinum, t. IV. 
— Non audeo Dei omnij)otentiam angusto 
fine concludere , et coarctare parvo lerrœ 
loco, quem non capilcœlum. Singuli quique 
credenlium, non locorum diversilalibusi 



67 



DlCTlON.NAmE DE LA TfUDmON. 



es 



sed fidei mei'ito ponderantur. Et veri ad- 
oratores, neque Jerosoljmis, neque in 
luotde Garizim adorant Patrem : quia Deus 
Spiriliis est, et adoratores ejus in spirita 
et veritate adorare o\)Or[el. Spirilns spiral 
ubi vult. [Joan. m , 8.) Domini est terra et 
plenUudo ejus. {Psal. xxiii, i.) 

S. AuG. , in Joan. u , tract. 10, t. III. — 
Qiiaiido Judœi venerur.t ad euin {Joannem 
lioplislum ,) ul ba[)lizarenlai' , et ne super- 
bireiit d(! noiuiiie Abraliam : Generalio , 
i 'quit, viperaruin , quis oslenclit vobis fugere 
ab ira venturu? Facite ercjo fruclum digrtum 
pœnitenliœ. [Mollh. m, 7, 8.) id est huuiiles 
e>tote ; sujJL'rbis eniin loquebalur. Unde 
auieai erant supeibi? De geiitraiiune 
cai-iiis, non do liuciu iinilalioiiis pains 
Abraliaiii. Quid eis iwi'! Noliledicerc , palrein 
habeiims Abrukain; polens est cnim Dcus de 
iiipidibus istis susciture filios Abruliœ. [Ibid. 
9j l.aiiiiies Uicl-ms omnes génies, non 
ju'-pl'-r liiiuilalen» , sicul la()is diclusest, 
Queiu I epiuudveruntiediucantes, sed |)ropler 
M.o.dilaieni et duiUiaiii siullitiae; quid eis 
quos aiiorabaiit suiiiles i'acii eranl : adma- 
baiit emni insen&ala siniulacra, |)anlei- in- 
seribali. Liide insensali ? quoniam in psahuo 
dîciiur : Similes iilis liant qui fuciunt ca , 
et oinnes quicoufidunl m ets. [Pscil. cxiii. , 8.) 
Iiieo tuni cœpeiini liuiuincs Uctiiu aUurare, 
qiii<l audiuniV Ut sicis fiiii Palris vestri, 
qui in cœlis est, qui soient suuin fncil oriri 
super bonos et malos , et plutt super juslos 
et injustos. [Mallli. y , 45.) Quaprupler si ei 
lit bunio Mujilis (iLien» adorai; quid est, 
i^ûlens est Deus de lapidibus islis susciture 
Jilios Abrahœ? Nos ipsos interrogemus, et 
videnius quia lacluiu est. Nos eniiu de 
gtiilibus vcnimus : de gonlibus anteuj non 
veniremus, nisi Deus de lapidibub susci- 
la^sel tilios Abrabai. Facllsumus tilii Abrahae 
imilando lidem, non nascenUo jier carnem. 
Sicut eniiu illi degenerando exhaeredali , sic 
nos iuiitando adoplati. 

S. Cybil. , arch. Alex,, Comm. inlsaiom^ 
I. I, oral. 5, l. 11. — Non boves sacritica- 
biuius, neque bosliis cruentis universorum 
Deum venerabimur, at spuilualeni culluui 
ilii polius olleremus in odorem suaveulen- 
tiœ : siculi enim , ail Servator : Deus Spiritus 
est, et qui adorant illum, in spirilu et 
veritate oportet adorare. 

Idem , ibid. — Dixit ergo Jésus ad duo- 
decim : Nunquid et vos vultis abire ? {Joan. 
VI, 68.) Domiuus nosler, Jésus Clirislus 
sanctos discipulos ad discedenduiu non 



excitât, neque liberam et culpae immun'îni 
fore istam licenliani ostendit ; sed nec 
temere discedere ()eriiiitlit, quasi niliil 
inde noxœ peipessuri sint : verum graviter 
polius inlerininatur , rétro quoque ipsos 
niissum iri, necamplius secura anibulaturos, 
sed ruiluros in exitium , nisi poliores se 
Judœoruni inscitia piœsliteiint. Adoratores 
enim apud Deum mulliluiiine non œslunan- 
tur, sed recla tide , licel exiguus sil eor(im 
numcrus. Proindeque mullos quiuem esse 
vocalos Scripluia divina })rtedicai, sed sus- 
te|)lum iri tanlum ek'ClOi, et probaiissimos 
esse quam paucissimos; id etnm ip.^e 
quoque nobis divinus-sermo lesiaini-. Iii, nj 
quip()e e>t ac si disci|)u!is suis Salvato.- 
dicerel : Si noslris verbis incunciu'iiei- cre- 
dilis, si indubilala tidn uaysienuuj î>u»ci- 
[)ilis, si acerbuai vobis videUii' et conipninis 
deiestaiidum , quod mei sermoncs durilu-i 
accusanlur , si cavelis Jndaico nioredicere: 
Quomodo polest nubis hic dure carnem suu>n 
ad manducuvdunt f lubens ej^o vos mecuuj 
versari conspiciam, et vobiicuin laeius 
conv(;rsabor , adeoque tanquain ve.os ac 
ie^^ilinios aujicos recq)io. bm auteiu idem , 
quod ii qui rétro teciuerunl, senlilis, et 
uua Vos amando, el jure vos uum iis cxpello, 
Nec enim adoraloies deerunl, evano^Uco 
i lœconio lion unam tanlum Juuaeam sed 
lolum terrarum orben» fiervadoaie , ac m 
unam veluti socielalem omnes undique 
vocante, et ad veriialis agiiiUunem laciiu 
congiegaiite. 

THiiODouEr., serm. 2 de principio , t. IV. 
— Nos niiiil eorum quae uculis cernunlui-, 
Deum l'acimus. Homm.busauiem qui viriule 
aiiqua ciarueruit, ui oplimis vwis honores 
delerimus : solum vero adoramus universo- 
rum Deuiu ac Patrem, el iihus Verbum, 
ac sanclissimum Sj intum. liumdem vcro, 
el Filium unigenitum el verbum el tucem et 
vitam et verilatem , appellamus et ose cre- 
dimus, sanclum inisuper Spiriiuui, Dominant 
dicimus et vivificantem : ,Tria bœo unuui 
esse subslantia et divinitate, et unum tria 
proprielaiibus credentes. 

S. Greg. i\JAG. , Moral. 1. m, t. I. — 
111e veram Dec adorationem exbibet , (jui 
semetipsum, quia pulvis sit, humililer 
videt, qui nihil sibi virluîis tribuit , 'qui 
bona quae agit , esse de misericordia Gon- 
d'i loris agnocil. 

[Ex Conciliis.] 

Yid. verb. Deus, Cultus. 



ADULATIO 



[Ex SS. Palribus.] 

Philonis Jud. Lib. Quod omnis probus liber. 
— KeveraservilisestadulaiiosimuJatioque , 
(luoiies a mente verba dissident. Cœlerum 
ingénue, sine fuco , e sincera conscientia 
liberam sententiam depromere decet gene- 
rosos animes. Rursum is ipse vir probus, 
vide ut D6 sub hasta quideiu inlei* veoulia 



mancipia servus sibi videtur, slupefaciens 
spectatores, quasi non solum ingeuuus, 
sed et emptori suc dominalurus. 

Philonis Jud.Ljô. Quis rerum divinarum 
hœres. — Maximum bouum homini 3 nalura 
dalum sermonem, plurimi viliaveru/it ac- 
ceplum, ingrate, pertideque hoc Uïi conlra 
largiiricem. Hi sunl adululorcs, praBSligia- 



ADULATIO 



70 



lores , invenlores .«ophismatum persuasi- 
bilium, iiiiposlores fallacianim perilissirai , 
de inendaciovitando haud sollicili et insuper 
fîireclalores obscuritalis. Est auleiii obscu- 
ritas caligo profunda in sermone, res comr 
uiodissiijia furil)us. 

Obig. , t. XVI, in Matth. — Assenta- 
tionibus non adniittendis erudiamur, neque 
propterea quod de aiiquibus bene iiierili 
esse visi siiuus, benelici appelîari gaudea- 
mus. Hœc auteni eo non dicimus, quo PiOS 
)[)si inconsuito/iMmj7/e;;u«s5u^ polenli manu 
Dei (/ Petr. v, G),| et juxta ipsius sei- 
inonera , sub ecdesiasiico niiiiisteiio , qiian- 
dO(]ue autem juxta Aposloli ellalutii : Pec- 
canlcs coram omnibus arguendi sunt , ul et 
cœteri limorem habeanl. (1 Tim. v, 20.) Sed 
corripere oporlet inquielos , consoiari pusit- 
lanimes, suscipere infirmos, et patientes esse 
crga onines , et neinini inalum pro malo 
reddere. (1 Thess. v, 11,15.) Neque vl-io 
qui peccat, inimici loco habendus est, seii 
audiendus Apostolus qui ait : Nolite quasi 
inimicum existimare,sed corripile ut fralrem. 
[il Tfiess. III , 15.) 

Orig., bom. 1 super Ezecfi. — Cuni aliquis 
aclus moribus populi , ut placeat eis , qui- 
bus aures pruriunt , loquitur, quœ gia- 
lai:ter aocipiant , loquitur quœ vicina sunl 
voiuptali, talis raagister consuit cervicaiia 
sub omni cubito manus. 

idem , ibid. — Qui ad voluntatera me- 
dilata déportant , et illa semper inquirunt , 
quœ délectent potius audientes , quam 
convenant a vitiis, faciunt velamina sui)er 
caput. 

S. Clem. Alexandr. — Nullus unquam 
ossentalorera aujicum ap^>ella^it. Amicitiao 
eniui morbus adulaiio est. 

S. NiLus, apud Joan Damasc, t. II. — Cave 
sis, ne illos cotnpleciaris , qui te lau<iibus 
deiuulcent et decipiunt. Sapientes quippe 
luonent ut adulalores odio liabeamus , 
lanquam ingentiuui nobis delriiuentoruin 
auciores. 

S. Hasil,, ad adoïescentem. , ibid. — Assen- 
tationes blanditiasque , et vulpis Archilochi 
fraudeui versutiamque fugiaraus. Niliil eniin 
lis qui recte sentiunt, gravius est quani 
ad gloriam et [ilausum vivere , et ea spec- 
tare quœ vulgo grata sint, nec rectani ra- 
lionem vitœ moralriceni sibi constituere. 

Idem, ibid. — Adulalor ad cujuspiam 
liominis voluntalem , ac studio ipsi placeiidi 
aliquidagit;eliamsi alioquidedecoredignum 
si id quod lacit. 

S. Basil., in Epist. — lia fera natura com- 
paialum est, ut raagnis opibus alque pu- 
lentiis servilia obsequia adjuncta sint. Qui 
nuila bona propria babent quibus innotes- 
cant , ab abenis malis seipsos commendanl. 
Ac 1ère quemaduiodum rubigo , qus in 
IVuraento inest, ipsius frumenti est cor- 
ruptela ; sic quoque adulaiio , ubi amicitiam 
subiit, perniciem allert. 

Ideua , episl. 20, Leontio, t. III. — Hoc 
potissimum amicus ab adulatore diUerl , 
quod bic quideiu addeiectationem loquitur, 
ille vero ne molesta quidem prsieruiillii. 



S. Cyrill., —Qui hominibus placeresîu- 
det, nierito boc mercedis loco recipere 
queat, ut ab ipsis laudctur. Verum a Dlo 
niliil oninino accepturus est, 

S. Amb. , I. n De of/ic. — Einoliri adula- 
tioiiibus non solum torlitudinis non esse, 
sed eliam ignavifle videtiir. 

S. Chrys., Expos, in psal.xLvui, t. V. — 
Ingrueiite venlo, cadentibusque fuliis, cum 
scilicet nuilatio reruui advenit, lune eïie-i- 
titi amici couiperiuntur , lune as^^enlai-tuin 
laiviB nuscuntur , tune, nianiiestus ev.'dil 
siraulantiuni chorus, lune sceiia aperilur. 
Aperiuntur ora omnium dicenliuiu : S eles- 
tus ilie , iuq)robus , perdilissi mus. Qui I 
ais? Annou beri ipsi aduhibaiis ? A'iiion 
njanus ejus osculabaiis ? Hœc larva eru'U. 
Venil tempus, ellarvam pusui, mrnlenujue 
aperui. 

Idem, bom. 87, al." 88, in Mali li. t. VII. — 
Qui laudanl ebilos reddunt, ano^iinlrs. va- 
nœ gloriœcupidos, desides animo luollior, s: 
cujusrei lestes sunl fiatres qui lilios suos 
non lam adulantur quam viîUjx ranl, vciiii 
nequod inde damnum palianlui-; magislii 
quoque hoc ulunlur reiuediu. Quare ^i 
quem[)iam avers.iri par sit, .iduialDrem pn- 
lius aversare(iuam conlunielio>uii.: majurem 
quij'pe afl'ert perniciem adula'io quam t oii- 
lumelia. Adulaiio quasi esea qi.œdam est 
quœ non attendentes capial , dillir.il.usque 
esliianc, quam illam superare. MuUo m.ijor 
jnde merces, mullo major laus et admiraiio 
sequitur. Nam mirabilius est boniM;em vi- 
dere conluuieliis alfectum, neccoiumotum, 
quam hominem j)ercussum , nec cadeu- 
lem. 

S. Chrys. — Hoc ubique observandura 
est, quo modo, indulgenter licet, loquatur, 
sermo tanien abadulatione sit alienus. 

Idem, in Polycralico , i. m. — Adulalor 
omnis vii-lulis inimicus est, et quasi cla- 
vum (igit in oculos illius cum quo sermo- 
nem conscrit : eoque magis cavendus est, 
quo sub amantis specie nocere non de- 
sinit : donec raiionis obtundat acuuien , et 
niodicum illud luQjiuis , quod adcsse vide- 
balur, exstinguat. 

S. Chrysost. — Sicut finis oratoris est, 
diciione persuasisse, et medici medicina 
cuiasse, sic adulatorisest Unis, suaviloquio 
dutepisse. 

Idem super Epist. ad Thés. hom. 2. — Adu- 
lari est seducloium. 

Idtm, Comm. inMich. vu, l. III. — Si inler 
chara nomina et consanguinilalis atTeclum 
rara est lides ; quanto magis in bis qui 
adulantes vobis, menliuntur pro prœda sua, 
et quasi œgrotanlibus, non quid utile sit, 
sed quid deleclabile et placens im[)eranl. 
Nolite credere amico : et Achitopbel quippe 
consurrexit adversum David, et verusAcbi- 
to|jbei Judas adversus Christum, et nolite 
conlidere in duce ; ut viri Sicbem in Abi- 
melech. Ipsi enim eura fecerunt regem , et 
ab eo oppressi sunt. Ab ea quœ dormit in 
sinu luo, cusiodi claustra auris tuœ; ne pa- 
tiaris quod Samson a Dalila perpessus est. 
Quia lilius couiumelium fucit j>aU'i; Absulon 



71 



DICTIONxNAIRE DE LA TRADITION. 



7î 



videlicet Davidi : non solura regnum , sei 
el concubiiias patris inceslo coitu luacula- 
vil. Fil.ia consurgil contra malrcm suam : 
cujns rei cuni inlerim de Scripluris sanctis 
teslimonium non icperiamus, lanla exorapla 
siiiit quolidianse vitœ, ut luagis lugere quod 
lanla sint, quam qnœiere debeanius. Nurus 
contra socrum suam, ut nxor Esau consur- 
rexil contra Rebeccam. Jnimici hominis viri 
domestici ejus. Hic exempla non qu.'ero, 
cura plura sint quam ut lesliinoniis iudi- 
geamus. 

Scmper insidiosa,caIlida, blanda est adu- 
lalio. Pulclireque adulator apud philoso- 
phos delinilur blandus inimicus. Veritas 
i:niara est, rugosœ ironlis ac Iristis, offun- 
dilque correptos. Unde et Apostolus loqui- 
tur : Inimicus vobis factus sum, verilalem 
dicens vobis. (Gai. iv, 16.) Et coiuicus.: 

Obsequiiim aniicos, verilas odium parit. 

S. HiERON., 1.1 advers. Pelag. lom. IV. — 
Quapiupter et Pascha cura amariiudinibus 
coroedinius : et vas electionis docet Pascha 
celebrandum in veiitate et siiiceritate. (/ 
Cor. V, 8.) Vei iias in nobis sit et sinceritas, 
etaraaritudo illico consequelur. 

S. HiERON., il ep.adAug.y eoiJ. lomo, parte 
II.— Sinceranj fialernamque severitalein dd- 
bibeas, quaeso. Non enim aliter intelligo 
quod scri[)tum est: Emendabit me juslus in 
inisericordia, etarguetme: oteum peccatoris 
non impinguet caput meum. [Psal. cxl, 
5.) Nisi quiamagis amat objurgalor sanaus, 
quaiu adulator unguens cai)ut. 

S. Hier., in epist. ad Demelriad. — Beata 
mens quœ nec adulatur aiiquando, nue adu- 
lanli crédit, quœ nec decipil aiierura , nec 
ipsa decipitur, denique nec malura facit, iiec 
iiliquando |)alitur. 

Idem , super illud Proverb. iv : 5< le 
lactaverint peccatores, ne acquiesças eis. — 
Adulalores sunt bostes , el scinlillaB dia- 
boli. 

Idem, suprr illud Eccli.\n:Verbasapientium 
quasi stimuli. — Nolandum est, quud dicun- 
lur verba sapieniium ()ungere, non palpare : 
nec molli manu altraiiere Jacrymam : sed 
crranlibus turdis pœnilenliœ dolores, et vul- 
nus intligere. Si cujus igilur sorujo non 
pungil,sed obleclalionem lacil audiunlibus, 
isle sermo non est sapiens. 

Ideiu, super illud Galat. iv : Ego inimi- 
cus vobis sum faclus, verum dicens. — Uœc 
est condilio verilalis, ul eain semper inimi- 
ciliœ persequantur, sicut per adulaiioneui 
pern-iciosee amicitiœ comparanlur. Libenler 
enim, quod délectai, audiraus, el oUendit 
omne, quod nolumus. 

Idem, super Matth., I. i. — Hoc intelli- 
gendum esi, quod tanlae paupertalis luerit 
Chrisliis, et ita nulliadulalus sit, ut inurbo 
ujaxiuia nullum bospilem, nullam inveniret 
mansionera. 

Idem, ad Celantiam. — Islo maxime lem- 
pore régnât viliuiu adulationis : quodque 
est gravissimum, quia humilitatis ac benevo- 
lenliœ loco ducilur, ita lit ut qui adulari 
nescil, aul iuvidus uul superbus repulelur. 



f^ 



Idem, ibid. — Remusculos, el gulosos, el 
palpantes adulatores, quasi lioslcs luge. 

Idem,swper Psal. — Nihil est quod lam 
facile corrumpat mentes liomitium, sicut 
adulalio; |ilus enim nocet lingua adulalo- 
ris, quam gladius (lersecutoris. 

Idem, super Jsai. — Non sic adulandum esl 
principibus, ut sanctarum Si riplurarum Ve- 
ritas negligalur, nec generalis increpatio 
unius persona injuri.i est. 

Idem, cpist. ud Rusticum. — Ne credas 
laudatoribus tuis, imo irrisoribus aurem ne 
Jlbenleraccomodes, (|ui cuni te impolenlem 
mentis olfecerint, si 5u*oit > rospexeris, de- 
prehendes post te colla incurvari, aut m<inu 
auriculas agilari asini,aut œstuanlem canis 
protendi liriguara. 

Idem , ibidem. — Qui bencdicit arnica , 
randi voce, mane, a maledicenle nihil dijfert. 
J^rov. XXVII, 14.) Unde spernenlos humi- 
num judicia, nec laudibus corum extollu- 
mur, nec obtrectalionibus contiisfemui; sed 
ingrediamur rectam viam , el Irilas a sanc- 
tis prophetis semilas. 

Idem, in quadam epist. ad Gregoriura.-- 
Nos ad palriam festinantes, morlileros sire- 
narum canlus surda aure transiredebemus. 

B. Theod. in J Cor. , t. III. — Sicut et 
ego per omnia omnibus placeo. (/ Cor. x, 
33.) Âlqui hoc est propnum adnialorum : 
sed quod deinceps sequitur non est eorum, 
Non quœrens quod mifii utile est, sed quod 
multis ut salvi fiant. [Ibid.) Adulatores au- 
'era non alienaui ulililateru quaerunt , sed 
propriam ; irno nec pro[)riam quidem ; sibi 
enim anto alios exitium alïerunt. Divinus 
auiera Apostolus suum coramodum non qiiae- 
rebat,sed aliorum utilitalem procurabat. 

S. Gregor. JMao., I. I, hora. 11, m Ezech. 
l. lli. — Propliuiu adulanliuin linguas non 
tsse in subsequenti lempore difl'erendas 
annunliat qui ait : Confundanlur statim eru- 
bescenleSf qui dicunt inihi, Euge, euge. {Psal. 
Lxix, 4.) Adulalio eteniiu, si vel ad tempus 
patienler suscif)ilur, augetur, el paulisper 
iJemulcet animiim, ut a rigore suœ rectitu- 
dinis moUescat in delectalione sermonis. 
Sed ne crescere debeal, stalim esl et siiie 
niora lerienda. 

S. Gregor. Mag. , hom. 9 m Ezech., 
lib. II. — Ad vocem loquelœ grandis cxarsil 
iynis in ea, et combusla sunt fruleta ejus. 
[Jcrem. n, 16.) Exarsit ignis quia cum lau- 
uari quis cœperil, erubescil forsilan minor 
videri quam dicilur ; el studet isse quod 
uicatur. Vox enim grandis loquelae est favor 
adulantis. Undescnptum est : Qui benedicit 
proximo suo voce grandi de nocte consur- 
yens, similis est maledicenli. {Prov. xxvii, 
ik.) Ad vocem ergo Joquelœ grandis exarsit 
ignis in ea : quia in magniludine favoris, 
iiamma in corde accenditurde amoreiaudis. 
Sed omnia clivée fruleta comburuntur; quia 
ante omnipolenlis Dei oculos, vel quaebeno 
gesta, vel quae scienler sunt dicta depe- 
reuni, cum jaiu non amore Dommi , sed 
inleniione transiloriœlaudisliunt. Sic enim 
sœpc cogilalioni bon» cogitalio sinislia 



73 



ADULATIO. 



?4 



subjungitur, ul vis. ipse qui easdem cogi- 
lationes général animas cognoscal. 

S. AuG , lib. H contra epist. Parmen , 
t. IX. — iManitestum est Oleo pcccatoris 
blandiiias ailulaloris esse signiticatas , qui 



raeluilur reprehensor, sed eliam loudalur 
operalor. 

Idera.l.iï De Jrmî7.— Magis oplabo a 
quolibet repreliendi, quam ab ad-.ilante lau- 
(lari. Nullus enim reprebcnsoi- formidandus 



bus repudialis et detestatis, eligit David a est araalori veritalis. Laudalor veio enai 
justo emcndari et argui ; quia hoc justus non et confirmât errorera 



l'allaci lenitale aduiationis, sed veraci aspc- 
ritate objurgationis faciens , multo magis 
misericordiler facil. Unde est et iilud in 
Apocalypsi : Ego quos amo, arguo et casligo. 
{Apoc. III, 19.) Et iilud apud Saloraonem : 
Meliora sunl ruinera amici , quam fraudu- 
lenlaoscuta inimici, [Prov. xxvu, G.) Et muila 
reperiunlur hujusmodi, 

S. Alg., Enarr. in psal. v et vi , t. IV. — 



Mem, L. de mendac, et liabelur, 28 q, 2, 
Primum. — Qui^quis auleni esse aliquod 
genus mendaoii , quod peccalum non s:t , 
|)ulaverit , decipiet semetipsum turpiter , 
cum honestum se deceplorem arbilretur 
aliorura. 

S. AuG., 1. cvii, adv. Petit. — Nec malam 
conscientiaiu sanat p.reeconium laudantis , 
nec bonam vulnerat conviciantis oppro- 



Sepulcrum patens est guttur eorum. {Psal. v, brium. 

11.) Ad voracilalis signilicationem referri S. Gheg., super Ezech., hom. 11.— Adu- 

polest , propter quam f)leruraque hominos lalio si ad tempus patienter suscipitur , au 

adulatione menliunlur. Et mirabililer dixil, --•-- -' '- -^ '-"» --= - - 

patens sepulcrum ; quoniam sèmper inhiat 

illa voracitas, non ut sepulcra quœ receplis 

cadaveribus muniuntur. Potest el iilud in- 

leliigi, quod iiiendacio et blanda adulalione 



getur, et paulisper demulcet aniraam, ut 
angore suœ certiludinis inolescal in direc- 
tione sermonis : sed crescere valens, slalim 
cum fit, sine mora finienda est. 
Idem, ibid. — Qui, auditis blanditiis, in 



traliunt in se quos ad peccata illectanl; et altum se exlollit, quid aliud, quam aurum 



eos laiiquam dévorant, cum in suam vitam 
convertunt. Quod quibus conlingil, quoniam 
peccalo moriuntur, recte illi a quibus indu- 
cuntur, sepulcra palenlia dicti sunt : quia 
elipsi quiulam modo exanimes sunt, viiam 
non habendo veritalis; et mortuos in se 



rcprobum luit, quod fornax igné cunsump- 
sit? 

Idem, 1. xvni, c. 3, il/ora/., et babclurdisl. 
46, Sunt. — Sunt nonnuUi, qui, diiiu male- 
l'acta bominum laudibus efferunt, augent 
quoB increpare debuerant. Hinc enim per 



reci|)iunt, quos verbis mendacibus et vano Prophotara dicitur : Vae bis , qui consuunt 

corde interemplos in se convertunt. Linguis pulvillos sub omnicuoilo manus, et laciuut 

suis dolose agebunt [Ibid.) id est, linguis cervicalia sub capite universae œtalis. Ad 

nialis. Nam hoc videlur signiticare, cum hoc quippe sub cubito pulvillus, vel ccrvi-^ 

dixil suis. Mali enim malas babent linguas, cal sub capite jacenlis ponitur, ut molliter 

id est, mali loquunlur dolum. Quibus Do- quiescat. Quisquis ergo maie agentibiis adu- 

uiinas dicit : Quomodo potestis bona loqui, lalur, pulvillum sub cubilo, vei ceivicalsub 

cum sitis mali? [Matlfi. \ii, 3ï.) capite jacentis ponit : ut qui corripi ex 

Idem, Enarr. in psalm. xiv et xv , eod. culpa dèbuerat, in ea fultus laudibus molli- 



tom. — (Adulatores) occidunt et quasi dé- 
vorant iîiteri'eclus eos , quibus suoruiu 
morum perveisilalem persuadent. Linguis 
suis dolose agebunt. [Psal. xiii,3.) Comes est 
voracibus adulaiio el omnibus malis. Vme' 
num aspidum sub labiis eorum. {Ibid.) 
Venenuin dolum dicit : aspiduii auteiu, quia 
nolunl audire prœcepta legis, sicul aspides 



ter quiescat. 

S. Gkeg., el babelur 11, q. 3, Jnter terba. 
— Inler verba laudantium sive vituperan- 
tiura ad mentem semfier recurrendum est : 
ei si in ea non invenitur bonum, quod de 
nobis dicitur, magnam Iristitiam generare 
débet. El rursum , si in ea non invenitur 
malum, quod de nobis bomines loquuiUur, 



nolunt audire verba incaiilanlis, quod in alio in magnain debemus lijetitiam j)rosilire. 



[isalmo evidentius dicitur : Quorum os ma 
ledictione et amaritudine plénum est. [Psal. 
LVII, 5.) 

S. Aug., super Psal. lxix.— Adulaiio est 
fallaci laude seduclio. Duo sunt gênera 
persecutorum , scilicel viluperanlium et 
adulanliuin : sed plus perse(|uilur lingua 
adulatoris, quam manus [tersequenlis 



Quid enim si non omnes laudant , et con- 
scienlia liberos nos demonstret? liabemus 
Paulum dicenlem : Gloria nostra hœc est , 
testimonium conscientiœ nostrœ. Job quoque 
dicit : Ecce in cœlo teslis meus. 

Idem, et habeiur 6, q. 1, Sunt plurimt. — 
Sunt i)lurimi qui vilam bonorum fortasse 
amplius, quam debent, laudant, et ne qu.i 



S. Aug., ibid. — Falsa laus adulatoris et elaiio de laude subrepat, permitlil oranipo 



simulata dileciio mentes rigo.re verilalis 
eiuollil. 

Idem, De doct. Christ. — Sicut sumenda 
sont amara salubria, ita semper vilanda est 
perniciosa dulcedo. 

Idem , 1. IX Confess. — Sicut adulantes 
amici perverlunt, sic inimici litigantes ple- 
rumque corrigunl. 

S. Aug., super psal. ix. — Adulanlium 
linguœ lignnt hommes in peccalis , deleclat 
enim ea lacère , in quibus non soluiu non 

Diction >-. de la Tuadition. 1. 



lens Deus malos inoblrectationem etobjur- 
galionem prorumpere, ut si qua culpa ab 
ore laudantium in corde nasciiur, ab ore 
viluperanlium sutj'ocelur. riinc est, quod 
Doclor gi^nlium se in prœdicatione currere 
leslatur inler infamiam et bonam famam : 
qui eliam dicit : Ul seductores el veraces. 
Idem , hom. 9 in Ezech. — Scorpio pal- 
pando incedit, sed cauda ferit. Nec mordel 
u lacie, sed a posterioribus nocet. Scorpio- 
nés sunl omnes blandi ei maliiiosi, qui bo* 

â 



"75 



DICTIONNAIRE 



nis quiiJem in faciem non resistunf, sed 
mox ut recesserinl, derogant : scorpiones 
suiit qui blandi etiniioxii in facie viden- 
iuT, sed post dorsum portant undevenenum 
fundant. 

Circumdcderunt mesicutnpes. (Psal. cxvii, 
12) Apes in ore nicl habent , in acnleo 
^■audce vulniis. Etomnes (jui lingua blan- 
(liiintur, sed lalenter es malilia feriunt, 
îipessunt :quia loqtiendo dulcedinem niellis 
pi'oponunt, sed occulte feriendo vulnus in- 
ierunt. 

S. Bernard, epist. 185, t. 1, — Yani filii 
hominiim mendoces filii hominum in sta- 
ieris , ut decipiant ipsi de vanilate in 
idipsxim. (Psal. lxi , 10.) Propterea qui 
le bealificant, in errorcm le inducunl, 
liantes veiba , munera reportantes. Vana 
liœc , atque illa : sed verba amplius. 
Et decipitis de vanilale in idifisum : sed lu 
magis deciperis, illi minus. Bas quippe 
quod utcu raque pluris est ; et das ingra- 
lis, das immerilis. Siquidera tua , non le 
Kiiligunt. Irao nec le, nue tua; sed quee sua 
sunt quœrunt. Tua, quoad poterunt, vena- 
buiitur adulalionibus vanis et falsis. Mol- 
liti sunt sermones eorum super oleum , et 
4psi sunt jacula. [Psal. uv, 22.) Et ideo di- 
cebat David : Oleum autem peccntoris non 
impinguet caput mcnm. {Psal. cxt, 5.) Ab 
his laudalur peccator in desidetiis animae 
suœ, et iniquus benedicitur. Ab his ergo 
cavere , non ego, sed Sa;»ieiis doceat : Fili , 
ait, site lactavcrint peccalores, ne acquiesças 
ci«. {Prov.y I, 10.) 

BEDAy super Luc.^ iib. i. — Ipsa peccaii 
luilrix adulatio, sicut oleum fiai:. mis arden- 
libus solet adininistrare fomentuui. 

Ibid. — Adulator est, qui lacel et dat con- 
sensum, ne olTendat illuuj, quem crédit ha- 
bere propilium. 

Hugo de 8. Victore. — Adulalor anji- 
cus iu obsequio, hoslis in aniaio, complus 
inverbo; turpis in facto, lœtus ad pros- 
péra, iVagilis ad adversa, intlalus ad obse- 
quia, anxius ad opprobria, inimodeialus ad 
gauJia, l'acilis ad humana, diilicilis ad ho- 
nesta. 

Cas-^iod., super i II ud psal. cxl: Oleum pec- 
caloris non imping. — Oleum peccaloris, est 
diieclio simulata verboruai, quae adulalio- 
nibus el blandimenlis nobt/as mentes velut 
olei pinguedo, libenter iiigrediens, rigorem 
verilalis emollit, et ad noxias cogilaiiones 
amoris (icti, vel potius oslontatiouis per- 
ducil. 

Cassiod., in quad. epist. — Ficli odula- 
lores cum cœnas divitum captant, niiiil 
prius meditantur, quam illud quoU pulant 
gratissimura audiloribus lore : nisi quas- 
iiam insidias auribus lecerint. 

Ibid. —Adulatio blanda omnibus applau- 
dit , omnibus salve dicit, prodigos vocat 
libérales : avaros, parcos et sapienles : las- 
civos curiales, garrulos affabiles, obstina- 
ios constantes, pigros œaluros et graves : 



DE LA TRADITION. 7« 

hœc sagilta leviter volat , et cito infigitur. 

Pet. Raven. , iu quodain ï;erm. — Vitiis 
semper serviunt blandimenla, lenocinan- 
tur dulcia delictis; virtulibus vero austera 
et foilia sunt arnica, 

Petr. Rav., in quadara epist. — Eliminât 
a palaliis adulatio veritalem, illi soli in ma- 
gistratuum gratiam admiltunlur, qui pal- 
pant blanditiis, et aures famée bibulas 
calice Babylonis inebriant. Bene cum ma- 
gistralibus agerelur, si scirent inter adula- 
lionem et laudem distinguere. Sed (;«cn 
laudis arabitio plus credens aliis de seipso 
nuam sibi , utrumque recipil indistincte. 
Ampliant eos beneficiis, quos lorque.re de- 
buerunt, et a prœsumptione adulandi sup- 
pliciis tcrrere. Mordacissimus detraclor in 
absentia nihil principaliter proponit, nisi 
quod placere exislimat. Verba oris ejus, 
iniquitas et doins. Cum enim sal correctio- 
uis in orani sacrificio accepletur à Domino, 
mel in omni sacrilicio reprobalur. 

Alanus, De complanctu nattcrœ. — Hujus 
pestis pestiknlia perculiunt principum lit- 
térales, palatin! canes, adulationis artitices, 
fabri laudis , figuli falsitatis. Hi sunt, qui 
magniloquia cunimendationis tuba in divi- 
tum auribus citliarizant, qui medicce adula- 
tionis favos foras éructant, qui, ut emun- 
gant munera, caput divitis oleo adulationis 
inunguiit, preelatorum auribus pulvinaria 
laudum subjiciunt, qui ab eorum palliis 
aut fictitium pulverem excutiunt, aul ves- 
lera fictitie déplumant implumem. 

Jbid. — Isti pênes munera laudes : pê- 
nes dona lavores : pênes prftiura prœco- 
nia, famœ blandimentis constiluunt, 

Jbid. — Quid adulationis unciio, nisi do- 
norum emunctio? Quid commondationis 
ellusio, nisi prœlatorum delusio? Quid lau- 
dis arrisio, nisi eorumdem aerisio? 

/^trf. — Adulatores a voluntate vultum , 
ab animo verbum, a mente linguam, ab 
inlellectu loquelam amplo dissensionis in- 
ter val lodi fil bulan t. Plerumque enim ex teri us 
plausibiliter applaudendo collaudant, quos 
inte.'ius contradicloria derisione defrau- 
datit. Foris vultu applaudunt virgineas, 
inlus scorpionis pungunt aculto : foris adu- 
lationis mellitos compluunt imbres, intus 
deliaclionis evomunt tempestales. 

S. IsiDOR. Pelus., 1. II, ep. 128, Athanasio 
presbytero , éd. Ven. — Adulaiores ex tua 
lingua pendereaudio,qui omnium optimum 
esse jurent, si quid eliam absurdissimorum 
yiiicirum laudare atque admirari in animum 
iiiduxLiis : ac rursum, si virlutem quoque 
ipsam vituperandara susceperis , eamdem 
quam celerrime vitupèrent, et insectentur. 
Quocirca si nobis obtemperare minime vis, 
al Isocrati saltem obtempéra , qui ut adula- 
tores, quemadmodum eos a quibus decipi- 
niur, odio habeamus admonel. Nam ulrique 
si fidem nanciscantur, eos qui ipsis iidem 
habuerunt, injuria afficiunt. 



77 



ADULTERILM 



ADULTERIUM 



[ExSS. Patribu;.] 

S. Herm.» 1. II, t. 1. — Visionem vidi, 
Fratres. Solus ainbiil.ins, rognbam Doini- 
nuni, ut levelaliones fjus, qiias mihi osten- 
dit per sanctam Ecclesiara suam contirma- 
ret ; — et quia me dignuin existimavit ut 
ostenderet niihi mirabilia sua; et cum hono- 
rificarem, et gralias agerem. lanquam vox 
mihi respondit : Ne dubilcs, Jlerma. — Cum 
o/assem domi, iniravit vir quidam. — Ait 
mihi : Noii coiifundi, sed viiiutem concipe 
anirao in mandatis raeis, quœ dalurus sum 
tihi. — Haec omnia {irrecefiit mihi scriLiere 
Pasior ille, nunlius [lœnilenliae. — 

Mandalum iv , de dimiltcnda adultéra. — 
Mando, ait, tibi, ut castitatcm ctislodias, et 
non ascendat libi cogitatio cordis de alieno 
œatrimonio, aut de fornicatione : hœc enira 
I)arit peccatum magnum. Tu autem semper 
memur eslo Domini, omnibus horis, et 
nunquara peccabis. Si enim hœc cogiialio 
in (;or tuum ascenderit lam mala, magnum 
peccatum lacis : et qui hœc faciunt, viam 
niorlis sequuntur. Vide ergo tu, absline te 
ab hac cogitatione. Ui)i enim caslitas manet 
in corde hominis jusli, nunquam ibi ascen- 
dere débet cogiialio mala. El dixi illi : 
Domine, permitle me pauca verba tccum 
Joqui. Die, inquit. Et dixi illi : Domine si 
quis babueiit uxorem tidelein in Domino, 
et banc invenerit in aduiterio, nunquid 
peccat vir, si convivit cum illa? Et dixit 
inibi : Quandiu nescit peccatum ejus, sine 
crimine est vir vivens cum illa. Si autem 
scierit vir uxorem suam deliquisse, ot non 
sgerit pœnitentiam mulier, et permanel in 
forniciilione sua, et convivit cum illa vir; 
reus erit peccali ejus, et parliceps mœcha- 
tionis ejus. 

Et oiii illi : Quid ergo si permansent in 
vitio suo mulier? El dixit : DimiUai illam 
vir, et vir per se maneai. Quod si dimiserit 
nmlierem suam, et aliam duxerit, et ipse 
mœchatur. El dixi illi : quid si mulier di- 
missa pœnitonli.im egerit, et volueiit ad 
virum suum reverli : nonne rcci|)ielur a 
viro suo? El dixit mihi : Imo si non recepe- 
rit eain, vir suus peccat et magnum pecca- 
tum sibi admillil :seJ débet reci|>ere pecca- 
tricem quœ pœnilenliam egit : sed non 
sœpe. Servis enim Dei [)œnilenlia una est. 
Propter pœnilenliam ergo non débet, di- 
missa conjuge sua, vir aliam ducere. Hic 
actus similis est in viro et in muliere. Non 
solum mœcliatio est illis qui carnem suam 
coinquinanl; sed et is qui simulacrum fa- 
cit, mœchatur. Quod si m bis laclis persé- 
vérai, et pœnilenliam non agit, recède ab 
illa, et noIi convivere cum illa, alioquin et 
tu parliceps eris peccali ejus. Propler hoc 
prœceplum est vobis ut cœlibes maneatis, 
luin vir, tum mulier : polest enim in hujns 
modi pœniientia esse. Sed et ego non do 



occasionem, ut hœc :la agantur; sed ne am- 
plius qui peccaverit, peccet. 

S. Clem., hom. 5, t. f. — Oporlet ut Ec- 
clesia, velut civitas in exceiso œdificala, 
Deo dignura babeat ordinem prœclaramque 
administrationem. Ante omnia Episcopus, 
velulrector, iniis quœdicit, audiatur. Pres- 
uyleri curent fieri quœ jubentur. — Non 
modo juvenes ad raalrimonium comiellant, 
sed et nalu provectos ; ne fervens cupiditas, 
per fornicalionem vel adullerium, pestem 
in Ecclesiam inferaî. Super omneenim pec- 
catum, impielas adulterii odio a Deo habe- 
tur : quia non solum inlerficit ipsum pec- 
catorem, sed et convescenles ac congressos. 
Kabiei quippe est similis; quandoquidem 
a nalura babel ut suam comniunicot insa- 
niam. Ergo propter caslitalem lestinent 
nu|)lias conciliare, non modo presbvieri, 
verum eliam omnes. Nam mœchi delictum 
ad omnes necessario venit. Prima ergo mi- 
sericordia est fratres ad pudicitiam irupel.'e- 
re; quoniam animœ est medela. 

Idem, liom. 14. — ïestis est Deus ; raulta 
homicidia, unum adullerium : et quod grave 
est, iiomicidioruui illius horror «c impielas 
non cernitur. Nam, ûiso sanguine, corpus 
mortuum j;i.cet, et calaniilalis magniludn e 
omnes stupent. Al neces animatum per 
adullerium, cum sint magis horril.iles, quia 
lamnn ab hominibus non videnlur, aggres- 
soribus occasionem indesidis iuq)euis prœ- 
bent. Cognosce, homo, cujus spirilum ha- 
beas ad vivendum [Gen: u , 7), cl ne 
illum paliaris pollui. A solo aduiterio pol- 
luilur Dei spiritus; atque ideo illead igonm 
trahit himiinem qui polluit. Fesiinal enim 
contumeliosum tradere œlerno supplicio. 

Atoenag., Legals pro Christ. — Nos lan- 
tuiu absumus a proniiscuis flagitiis. ut no- 
bis ne aspicere quidem liccal ad concupis- 
ccndum. Nam qui videt, inquit (Ghrislusj, 
mulierem ad concupiscendum eam, jam vice* 
chnlus est in corde suo. {Mnltli. v , 28 ) 
Quibus igitur oculorum usus eo Une ternii- 
naïur, ad quem Deus oculos formavit, nem- 
pe ut nobis lumen essenl ; quibusque vel 
de ipsa cogilaiicne in judicium vocandi? 
jiicundior aspeclus adulterium est, quia 
jdios in usus oculi instituti; ii quomodo 
leuqieranies non credanlurl Neque enim 
nobis ratio est cum humanis legibus, quas 
ini()robus quis eliam laleal;— sed nobis 
sancita lex est ul juslitiœ mensuram ex no- 
bis et ex proximis nostris dijudicimius. 
Hinc pro œtale alios lilios el tilias novimus, 
alios Iralres et soiores habemus, ac senio- 
res |)alrum et matrum loro coliinus. Quos 
igitur fratres et sorores, cœlerisque cogna- 
tionibus nominibus appellamus, niaxiinaî 
nobis curœ est ut intaminata et incorrupla 
eorum corpora permaneant. 

Clem. Alex., Slrom. I. ni , t. 1. — xYc?s 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



80 



çonciipisces uxorem proximi lui. [Exod. xx, 
17.) Proxiraus non est Judœas Judeeo : fra- 
ter enim est, et eumdem habet spiritura : 
restnt ergo ut propinquum dicat eura, qui 
est alterius genlis. Quomodo autem non 
propinquus, qui aptus est esse Spiritus 
partice[)s? Non solum enim Hebrœorura, 
sed etiam gentium pater est Abraham. Si 
autem quee est adulterata, et qui in eam 
fornicalus est, ca[)ite punitur : clarum est 
uiique preecepluni quod dicil : Non concu- 
pisces uxorem propinqui tui , loqui de gen- 
tibus : ut cum quis secundum legem et ab 
uxcre proximi et a sorore abstinuerit, aperle 
eudial a Domino : Ego autem dico, non con- 
cupisces. Additio autem hujus parliculœ, 
Ego, majorem prsecepti vim ostendit. 

Origen., Dial. de recta tn Deum ftde, t. I. 

— Adulterii noraen viri et mulieris con- 
gressum significat : sed si quis concumbat 
cum uxore irocreationis liberorura propa- 
gandique generis causa, bonus et jjoneslus 
congressus eHicitur. Si quis autem, legilimo 
congressu i-elicto, pelulanlem se preestet in 
elieno conjugio, rem admodum nialaia et 
flagitiosam facit. Âc congressus quidera idem 
est : usus autem ralio non est similis. Ea- 
dem stupri ratio est. 

Idem, t. XIV, Comment, in MatUu t. III. 

— Multas aduiterandi causas uxoi-i suœ vir 
potest prœbere majorem, pula, quam par sit 
ei Jicentiam concedens quœcuraque vult 
ogendi, et cum quibus libitum fiierit viris 
amicitiam contrahendi ; nam virorum sim- 
plicitas uxores sœpenumero in hujuscemo- 
di peccala inducit. — Is quoque qui uxore 
flbslinet, efficit sœpe ut aduiterium commil- 
tal Gum ejus iibidmeiu non explel. 

D. Cypr., Epist. — Cum corpora nostra 
membra sinl Chrisli, et singuli simus tem- 
plum Dei, quisquis adulterio lemplum Dei 
violât, Deura violât : et qui in peccatis com- 
mittendis voluntatem diaboii facit, dœmo- 
niis et idolis servit. Neque enim mala fada 
do sanclo Spirilu veniuni, sed de adversarii 
instinclu et de immundo sj)iritu nalœ con- 
cupiscentiœ contra Deum lacere et diabolo 
servire compeilunt. 

S. Athanas. Quœst. ad Antiochum^ t. II 

— Aduiterium est duplex. Nam si uiulier 
viro Dupta scortelur, aduiterium est; rur- 
susque si vir qui uxorem habeat, scortelur, 
aduiterium est erga propriam uxorem. 

Quœst. Aiunt aliqui peccatum corporeuna 
pree omnibus aliis peccatis facilius condo- 
nari, quippe cum naturalis motus sit in 
homine. 

Resp. Contrarium docet Apostolus, qui 
hoc peccatum gravius omnibus aliis pecca- 
tis facvUus Yocat, liisce verbis : Omne pecca- 
tum quodcumque fecerit homo, extra corpus 
est ; qui autem fornicatur, in corpus suum 
peccat : quandoquidem ex ipsa sua carne, 
Teluti quoddam sacriticium, seraen suum 
Satanœ otTert. Praelerea naturale item est 
ooraedere,attamen praevaricanlem Adamum 
condemuavit Duus. 



S. HiLAR. Tract, in psal. lvfi, 1. — Hinc 
secundum Pauli Evangelium sécréta ho- 
minum Deus judicat (liom. 2, 16), volun- 
tates hominnm Deo in ipsis humanae nati- 
vitalis exordiis contuente. Nam cum natu- 
ree potentis virtus non lam viscerum fibras, 
quainappetitus mentis introeat ; necesse est 
non per motus sensuum perspiciendi sumat 
exordium, sed por naturae scientiam etiara 
futuros motus sensuum prœsciens appréhen- 
dât. 

Idem. Comment. inMatth., eod tora. — In 
Evangeliis adulterio motus tantum oculi 
incidentis œqur.tur; et cum fornicationis 
opère punitur illecebrosa visus Iranscur- 
rentis affectio. 

S. Gregor. Nyss., Epist. ^ t. II> — Non- 
nullis quidem eorura qui sunt subtiliores, 
placuit etiam fornicationis peccatum adui- 
terium esse existimare, quoniam una est 
légitima conjunctio et mulieris cum viro, 
et \iri cum muliere. Quidquid ergo non 
est k'gitimura, est omnino injuslum ellegi 
contrarium : et qui nonliabetproprium,l)abet 
omnino alienura. Homini enim una tantum 
data est auxiiialrix a Deo, et mulieri unum 
appo>itum est caput. Ergo si qtiis quidem, 
proprium vas suum, ul divinus Apostolus 
nominat {/ Thess. iv , k), possederit ; ei 
iex naiuree juslum usum concedit. Si quis 
autem extra proprium conversus fuerit, 
erit omnino in alieno : est autem unicui- 
que alienum quidquid non e.«.t proprium, 
eliamsi id non confiteatur qui est Domi- 
nus. Non longe ergo a peccato adulterii, 
fornicatio ab iis qui rem paaio accuratius 
suscepta est, cum dicat etiam Scriptura : 
Ne multus sis cum aliéna [Eccli. ix) : sed 
cum imbecillioribus indulgenier agendura 
censuerunt Patres: dislinclum est peccatum 
hac generali divisione , (juod fornicatio 
quidem dicatur, cupiditatis seu libidinis 
expletio, quee til sine alia alicujus injuria; 
aduiterium vero insidise et injuria quee al- 
leri atl'ertur. 

S. Basil., hom. 7, in Hex., apud S. Joan. 
Damas., t. II. — Nonnullos (adulteros) novi, 
qui cum juvenili œtate in libidinem collapsi 
essent, ad ipsam usque canitiem mali con- 
suetudine deliniti, in peccato perstilerunt. 
Et quemadmodum qui in cœno volutanlur, 
sibi ipsi lutum semper adjiciuni, ila quo- 
que hi nalam ex voluptale turpiludinem 
quotidie conîrahunt. Scortationis spiritus 
ignominiœ labem in uno duntaxat manere 
non suslinel; verum statira aequales assu- 
munlur, comessationes puta, ebrietates , 
fœdcfâ narrationes, scorlum una bibens, et 
huic arridens, iilum extimulans, et omnes 
ad peccatum suum inflammans. 

S. Gregor. Naz,, orat. 37, t. I. — Hoc 

mihi largire, ut quee recta sunt velis. Lar- 
gieris aulem, si caro factus, spiriiualis ef- 
ticiaris ; si a plumbea carnis mole tractus 
atque depressus, a ralione in altum subie- 
veris; si humilis creatus, cœlestis iuve- 
uiaris ; si carni quasi vinculis quibiisdaiu 
adslrictus, su perior carne appareas. — N in 



£1 



ADULTERIUM 



%9 



peccatum illud solam, quod in corpore 
atîmillitur, fornicatio et adulterium dicitur, 
sed et quodvis aliud flagitium, ac prœser- 
lim scelus id quod in diviiiura numen 
perf)etralur, unde id ostendamus fortasse 
queerisi F ornicati sunt, inquit, m admven- 
tionibus suis. {Psal. cv, 39.) Vides-ne et 
irapndens l'ornicationis facinus?Et alio loco : 
Adulterium committebanl in ligno. [Jerem. 



Corpus enioa nostrun) eslis vos, imbecilhim 
quidem et immundum, sed tamen no- 
slrnm. 

Quid est ergo quod dico ? et cur hanc feci 
adrnonilionera ? Veslem quidem quam habet 
servus, nunquam ferre in animura induxe- 
ris, caui abhorrons propter sordes ; sed ma- 
lueris esse nudus quam illa uti, Corpore 
autem immundo et sordido, et quod non 



m, 6.) Vides-ne et adulterinuin queradara soluin luo puero, sed eliam allis innumera- 



ciiltuui ? Quocirca ne animoadullurium com- 
niiltas corpore castitalQm colons. Alioqui 
pers|)icuum faciès, te, quoad carnem atti- 
net, invite pudicum esse, qiioniara in iis 
rébus, in quibus scortari tibi licet, pudi- 
citiam non prœstas. 

S. Ambros. lib. I De Abrah., t. I. — Sed 

forlasse (lient aliquis : Quomodo Al)rahiini 
iiobis imitandun) proponis, cum de ancilla 
susceperit lilium ? Aiit (juid sibi vult lioc 
esse, ut tanlus vir huic errori fuerit ob- 
noxius , cujus lanta ôpera mirainur? Et 
ideo ne quodara niOiO naviganlium locum 
hune quem plerique vadosum putant, dé- 
clinasse videainur, ralionem ejus expla- 
nare cordi est. Non abnuo quod Abraham 
de ancilla susceperit filiura; ut cognoscas 
quoniam non supeiioris cujusdam nalurœ 
ac substantiœ fuit Abraham, sed unus e 
numéro et fragililate universorum homi- 
num. Denique et de regione Chaldaeorum 
vocatus est, quos superslitioni vanœ inlen- 
tos esse niagis quam cœteros accepimus; 
et ideo majorem invenitgratiam a[)ud Deum, 
quia suiicrioribus renuntiavit, ad priora 
se exlendit, ut sequeretur Deum. Propu- 
silus est enim ad imilandum tibi ut et 
tu adverlas quod si poccali? rcnunlies, pos- 
sis emereri Domini misericordiam. 

S. CuRYS., in I Thess. iv, t. II. — Ferte 
me, aliquid eliam ira[nundum,ut ila dicam, 
loquenlem, et impudenter me gerenteui, 
pudoreiiujue et ruborem exuentem. Non 
enira lubens hœc palior : sed propter eos 
quos rerum non pudet, cogor verba dicere. 
Mulla autem videmus ejusmodi etiam in 
Scri})turis. Nam Ezechiel quoque Jérusa- 
lem exprobrans multa dicit ejusmodi {cap. 
16), nec erubescil, et rnerito. Non enira ea 
dicobat ex sua auimi alfeclione, sed ex cura 
et {)rovidentia. Nam et si verba videntur 
esse indecoia, non est lamen scopus inde- 
corus, sed eliam valde conveniens ei qui 
vult ex()ellere animi immunditiam. Nam 
nisi ipsa verba audierit impudens ani- 
mus, pudore non ^ulfundilur. Elenim me- 
dicus volens ejicere putredinem, digilos 
priusimmiltit Ànvulnus.et nisi prius inqui- 
nel manus quœ medeiilur, non polerit mo- 
deri. Ita ego quoque, nisi prius osinquinem 
quod veslris medelur viliis, non polero 
vobis mederi. Imo vero nec hoc inquina- 
tur, nec iliae njanus. Quare ? Quoniam non 



bilibus est usui, abuteris, et non abhorrebis ? 
Pudore aiïocti eslis audientes? sed in faclis 
pudore allicimini, non in verbis. Alla om- 
nia prœtennicio : mores perversos et impu- 
ros; aliam vilœ agendee servilem et illibe- 
ralem ralionem. Die mihi, lu earodera inis 
et servus tuus? Et ulinam solus servus tuus» 
et non eliam carnifex publions, Et carniû- 
cis quidem manus lenere non luleris : cam 
autem quao unum cum illo corpus facta est, 
amplecteris et exoscularis; et non horres, 
non exlimescis, non pudore aOiceris, non 
erubescis, non angeris ac conturbaris?... , 
(Prœtermiltimiis et nos cœtera quibus acriler 
inseclalur scorlatores vehemens oralor. ) 

Idem, Expos, in psal. viii, t. V — Deus 

qui regnum promillil non auditur: qui ge- 
hennaiii aulem [)rocurat diabulus, amalur. 
Quid hac est insaiiia gruvius? Quid autem 
dixi piocurare gehennam?Eliam antegehen- 
nam hic dolorem, lisum et ignominiam, et 
innumera adducens supplicia, multos habet 
qui ad i[)sum accurrunl. Considéra quomodo 
adulter vei anle gehennau) est omnium mi- 
serrimus: ouinia suspicans, vei ad umbram 
coniremiscens, ad nullum liberis respiciens 
oculis, sed omnes perlimescens , et qui 
sciutit et qui nesciunl, acutos vidons gladios, 
mortes impendenles, lictorcs, judicia. Quid 
laie habet temperanlia, et si iabores habeat 
innumerabiies? Noime semper in voluplato 
est conlinens homo ; ia dolore aulem sem- 
per est adulter alque in tenebris. — Quare, 
ante gehennam ejusque miserias, hoc ad 
raentem cruciandam sulTocerit. Haec ergo 
cogitantes fugiamus vilium, sectemur vir- 
tulem, Deuui amemus, non propler ea quaa 
sunt ejus ; sed propler ipsum. 

S. Chrys., apud Joan. Damasc. t. II. — 
Maximus laqueus luniieris pulchriludo : 
imo non pulchriludo ipsa, veruin impudi- 
cus aspeclus. Nequeenim res dunlasat cri- 
minamur, sed nos poiius, nosiramque so- 
cordiam. Ne dii;amus, non sint mulieres, 
sed non smt adulleri. 

S. Basil., in illud: Attende tibi, etc. Apud 
S. Joan. Damasc, l. 11. — Si tibi ipsi ani- 
mum attenderis, illudcpie memineris foie 
ut praesens voluplas aniaruiento tandem 
exilu concludalur, alque illa lilillatio, (juae 
nunc ex voluplale in corpore nosiro nasci- 
tur, pesliterum veimen œlernum in infenio 
cruciantem gignat, et carnis exuslio scm[)i- 
est naturalis immundClia, neqîie ex nosiro lerni ignis parenssit, slalim in fugam volup- 
corpore, sicut nec illic ex manibus illius, laies sese i)roripienl, et mira quœdam 
sed ex alienis. Si autem ubi est aiienum tranquillitas, et quies inlusin animo exi.s- 
corpus, non récusât ille suas manus linge- let. 
re : ubi nosirum, dicquœso, reiusabimos? S. Nilus ,. i6irf. — Diabolus sœvum et 



85 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



84 



crndeleraamoremsuggGnt. Postqnamadul. {Prov. xxxi , 30.) Nunquara ideo pxor 

tenum perpelrandun. quempiam irapulerit. nés vullum ut placias inTulis hominum • 

m lolerandura od.um normunquam ciet. non sit (alis intentio tua, ut coram hominil 

non quod ad pœmtentiam bonam, sed quod bus velis apparere formosa Quia si ob hoc 

t'osl^'aZ s'sn.nf; il ^"''^- u"'^'^ "'""""^ ?^''^ "' "^ ^^"^^P^^^-^ hominum forrnosa vi- 
l)ost admissum adulterium, illam quam vi- dearis, Jesu-Christo sponso tuo iniuriam 

TZ;,?^'^'" P''-r'"rr''- , • facis.CumsisChnslo^desponsala TaTe 

». AcGUST.,serm. 7, dedecempîagisclprœ- oculos liominum vis apparere, non es casta, 

C? ;..VTiVV"^"^'f£'*. iixorem pro- sed adultéra. Quasi adultéra Christo facis 

injuriam, si, ut ab hominibus araeris, os- 
tendis pulchritudinem tuam. Quomodo non 



vept 

ocimi tui. { Exod. xx," 17. ) Nona plaga, 
deusœ tenebrœ. Etenim est quœdam raœcliia, 
conlra quani supra prœceplum est, eiiam in 
riona[)pelenda caslilale uxoris aliène. Mœ- 
chus est enim qui non it ad uxorem alieuam, 
tantum quia non contenlus est sua. Jaiu veio 
non solum postsuam peccare, sed eliain ali- 
enamadientare, veredens.'c sunt Icncbrœ.N- 
liilenimsicdo.'elin cordepatientis; etqui hoc 
lacit alteri, nihii sic volei pati. Ad alienara 
paratior est oranis homo : hoc autcin nes- 
•;io utrumne est qui lolerabiliter ferat. O 
densas tenebras isla facienlium, talia con- 
cupisceiitium ! vcre exeeecanlur furore hor- 
ribjJi : luror enim indomitus est comraacu- 
iare viri uxorem, 

S. Greg. Mag., Moral. I. xxi , in Job 
XXXI, t. I. — Per hoc quod dicitur.- Si de- 
ceplum est cor meum super muliere (Job 
XXXI, 9j, neque cogilasse vir (î7/e)san- 
ctus ;de fornicationis macula denionslra- 
tur. Per hoc autem quod subjicil : Et si 
ad ostium amici mei insidiaius siun; paten- 
ter innotescit, quod a reatu adulterii liber 
fuit. Sed ad hsec fortasse aliquis dical : Quid 
de semirum sanctus vir asserit, si non solum 
ab adulterii criraine, verura eliam a lorni- 



adulleraris, quœ plus quam. Christum dili- 
gis homines?aut (}uomodo non lacis adul- 
terium, quae homines amas super Christum? 
quomodo dicis, non sum adultéra, quae 
Chrislo te in monasterio tradidisti, et nunc 
honiinibus vis piacere de pulchritudine 
vultus tui ?Cum hoc facis, signam demons- 
tras meretricis : hoc facere soient merelri- 
ces, et seculares mulieres; videlicet compo- 
nunt faciès suas, ut et in oculis hominum 
appareant formosae. quam turpe est, et 
quam absurdum illud facere feminas sanc- 
timonialos, quod facere soient merelrices 
et seculares mulieres. 

[Ex Concilils.] 

Ex Canon. Apost. démentis /, an. 93 ; et 
EpitomeAdriani J, an. 773. — 48. Si laicus 
uxorem suani pellens, alteram vel ab aiio 
dimissam duxerit, excommunicelur. 

Ex conc. Eliberit. sub Marcello I, an. 305. — 
8. Fœminœ,quœ nullapraecedente causa, re- 
liquerunt viros suos , etalleri se copula- 
■verunt, ncciu fine accipiant communionem. 

O.Fidelis femina quee adulterum maritum 



cationis inquinationo se liberum servavii ? «• i^i'^eiis erauia quœ adulterum maritur 
Hœc autem parvipendiraus, si virtutum eius rehqueril tidelem, et allerum daxerit , pro 
lempora minime pensaraus. Necdum enim l"L>»-'alur ne uucat; si autem duxerit, no 



ipora minime p 
ad reslrictione.m carnis, revelatse gratiœ 
districiior censura processeral, quœ non so- 
lum corporis, sed et cordis lasciviam re- 
prehendit. Nec multorum continentium cas- 
litatis bona imitanda prodierant, et tamen 
beatus Job exerapla munditiœ, quœ non 
acceperat, tradebat. A mullis auttm nunc, 
etiam post prohibitionem Dei, carnis im- 
lûunditia perpetratur. 

S. Anselm., Lib. de voluniate Dei. — Cura 
dicitur adulterium vel homicldium vult vel 
non vultDeusfieri: hœ propositionesnonre- 
pugnanl^ibi, nec contradicunt : ambœ enim 
verœ sunt et indubitabiles, si quis hujus 
vocis œquivocaiionem mulliplicem quœ est 
xiult , fideliler atlendat. Nam Deus vult 
adulterium, hoc est, prœscit, prœvidet. Unde 
iiullus dubital, quia omnia videi, el ômnia 
prœscit. llem, non vult, hoc esl, non [)rœ- 
cipit, vel menlibas tidelium inspir.mdo non 
facit velle. Vol non vult Deus adulterium, 
id est, ex vi raiionis animœ, ex naturali, 
scilicet, lege data a Deo, non habemus quod 
quis in hoc, nec etiam in alio debeat otfen- 
dere proximura. 

S. Bernard., De modo bene vitendi, t. II. 
— Charissima soror, le rogo, ut nunquam 
vullum tuuiu oomponas, ui hominibus pla- 
ceas: fallax gratta, et vanaest pulchritudo. 



non 
f)rius accii)iat communionem quam is quem 
reliquit de sœculo exierit,nisi nécessitas 
inlirmitatis dare compulerit. 

47, Si quis tidelis habens uxorem non 
seiiiel sed sœpe fuerit mœclialus, in fino 
morlis si se promiseril cessalurum, detur 
ei communio; si resuscilatus rursus fuerit 
inœchauis, placuit ulterius non edere eum 
de communione panis. 

G3. Si qua mulier per adulterium absente 
rnarito conceperit, idque post facinus ac- 
ciderit, placuit ei nec in Une dandam esse 
communionem. 

64. Si qua mulier usque in finem raortis 
suœ, cum alieno fuerit vire mœchata, [)la- 
cuit nec in fine dandam ei communionem; 
si vero eam reliquerit, [jostlOannos recipi 
ad communionem, acta légitima pœnitentia. 

65. Si cujus clerici uxor fuerit mœchata, 
et sciât eam maritus suus mœchari, et eam 
non slatim projecerit, nec in fine accipiat 
communionem. 

69. Si quis forte per adulterium semel 
fuerit laj)sus , placuit eum I quinquennio 
agere pœMileniiam, et sic reconciliari , nisi 
infirmitas coegerit ante tempus dare com- 
munionem; hoc et circa feminas observaq- 
dura. 



85 



AD^E^TLS DOlilî^L 



m, 



70. Si conscio marilo fuerU mœchala uxor, 
placuit nec in fine dundain esse ei comiiiu 
nionem; si vere eani reliquerit, post 10 an- 
nos accipiat communionem , si eam cum 
scierit adultérant aliquo leni[)ore in donio 
sua relinuit. 

78. Si quis fidelis habens uxorem cuni 
Judœa vel gentili fuerit raœcluitus, a com- 
uiunione arcealur, quod si alius eu m de- 
texerit, post quinquenniura acla légitima 
pœnitentia, poieril doniuiicae sociar» coni- 
Luunioni. 

Ex conc. Arelat. sub Silveslro I, an. Si'*. — 
10. De his (jui conjuges suas in adullorio 
deprehenduiit, et iidein sunt adolescentes 
lideles, et proliibenlui- nubere, [tlacuit ut in 
quantum potest consilium eis detur, ne vi- 
ventibus uxunbus suis, licet adulleiis, alias 
accipianl. 

Ex conc. Ancijr. sub Silvcstro I, an.3Vv; 
ei Epitome Adriuni I, an. 773. — 20. Si quis 
aduUeriuui comiuiseiit,7 annis in pœniten- 
tia completis , {)erfeclioni reddelur secuu- 
uum pristinos gradus. 

2i. Quidam sponsœ suœ sororera ingra- 
vidavit, deinde sponsa ab eo in uxoiem 
ducla, soror ejus corrupla laqueo se suspen- 
dit, iù qui lueiunt consiii decennio pœni- 
leant. 

Ex conc. Andegav. sub Leone I, an. 453. — 
7. Hi qui alienis uxoribus superstilibus 
eorum marilis, nomine conjugii abuluniur, 
a communioue habeantur extranei. 

Ex conc. Venctico in G allia sub Leone III, 
an. k^3. — 2. Eos qui reliclis uxoribus suis, 
excepta causa Ibinicationis sive aduiterii 
})robalione, alias duxeiint,slatuimus a com- 
luunione arcendos. 

Ex conc. Aurelian. sub Symmacho , an. 
507. — 7. Si se cuitunque mulier du[)lici 
conjugio presbyleri vel diaconi relicla cou- 
junxent, èiut casligati separentur, aut certe 
si in ciiuiinum intentione perslilerint, pari 
eicomuiunicatione plue tan lur. 

Ex conc. Aurelian. iv, sub Vigilio , an. 
545. — 29. Si qua? mulieres l'uerint in adul- 
teiio cum cleiicis deprehensœ, clericis dis- 
Irictione adhibita, mulieres ipsœ prout sa- 
cerdoti visura fueiil dislrictiuni subjaceanl, 
et a civilatibus ut sacerdos pr<jece])erit re- 
pellantur. 

Ex conc. Meldensi sub Sergio II, an. 845.— 
60. Qui vivente maiito conjugem illius 
adultérasse accusatur, et eo in proximo de- 
l'uncto camdem sunq)sisse digvioscitur, om- 
nimodis publicoî pœnitentim subigatur, etc. 



Quod si forie, is aul raullcrvirum qui mor- 
luum fuerat occidisse noienlur, aut piopin- 
quilas tel alia quœlibet actio criminalis ira- 
jiediat, sine ulla spe conjugii cum pœniten- 
tia perpetun maneat. 

Ex conc. Tribur. sub Formoso, an. 895. — 
40. Non licet, uec christianee religioni opoi- 
tet ut ta ulalur in nialrimonio, cum qua 
prius pollutus est nduiteiio. 

40. Si cnjus nxor constuprata fuerit, et 
proplerea ujarilus capitaii sententia, delere 
illam machinaverit, ipsa vero urgente mor- 
lis [)ericulo ad episcopum coniugerit, et 
auxilium quœsieril, o|>erosioii si polest 
e[»iscopus desudel labore ne occidalur ; si 
vero non potest, nullo modo liceat ci requi- 
renti eam red<iere viro ad occidcudum.'sed. 
solerti cura iransmiltel eam ad locum quem 
ipsa delegerit, ut socura vivero possil; si 
vero inlerdum niaiitus eam inveueril et 
roperierit, secundum sœculum potestateui 
babeat quid agere ei veiit, maritus vero 
quamdiu ipsa vivel, nullo uiudo alleram 
ducal. 

Ex conc. liavennnt. ii , sub Clemcnlc K, 
an. 1311. — 29. Adulteri uisi , luoniti per 
proprium" sacerdotem, resipuerint cum el- 
lectu, rcpulsis procu! adulteris ad denun- 
ciationem sacerdotis, vel [)arociiialis praj- 
dicli, diœcesanus teuealur ex ollicio proce- 
dere contra eos per censuram ecclesiaslicam 
usqueexcommunicalionissententiam, quam 
èi susiinuerinl pei' mensem animo indurato 
adulieris non rrpulsis, et si in morte de 
prœdictis salisl'ecerint cum elTeclu, nihilo- 
uiiuus Ecclesiasiica careant sepuUura. 

Ex conc. Sabin. in liispania sub Joan. 
XXII, an. 1322. — 22. Quicunque t-.onjug;i- 
lus concubinam i)ublice delinere prœsuaq)- 
seri(, vel conjugalus aut non conjugal us 
concubinam intulelem prœsumpseril de- 
tinere, tam ipsl quam i[)S8e eo i[)SO cxcom- 
municationem incurrant. 

Ex conc. Trident, gêner, wni, sub Pio IV, 
an. 1502, sess. 24. — 8. Concubiuarii tam 
soluti quam uxorati cujuscunque status di- 
gnitatis el conditiunis existant, si |)ostquam 
ab orduiaiio, eliam ex ollicio, 1er aJmunili 
concubinas non ejecerinl, seque ab earuui 
consueludine non sejunxei'int, excommuni- 
calione ierianlur donec reii'sa paruerini;^ 
quod si in concubinalu per annuui censuri» 
neglectis permanserinl,, eonlra eos ab or- 
dinario [)rocedalur. 



ADVENTUS DOMINI 

Vid. etiam verb. Cmiisxus. 



[Ex SS. Patribus.] 

Epist. s. Barnabœ. — Quando veniens 
ejus (Deijtilius, lempus iniqui abolebit, ac 
judicabil impios.el mulabit soleui ac lunam, 
stellasque. 

S. JusT., apolog. 1, t.I. — Quemadmodum 



ea quae jam evenerunl [)rœdicta el ignorata 
evenerunt ; ita et quœ su[)ersunl, (juamvis 
ignoreniurac non credanlur, cveniont. Duos 
enim illius adventusprœdixerunt Propheia}: 
unum quidcm, (jui jam exhibitus est, lan- 
quara despecli el passibilis hominis ; alleruin. 



87 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



88 



autem quando cum gloria e cœlis, una cum 
angelicoipsiusoxercitu adventurusprœdica- 
tur: quaiuloet corporaexsuscitabitoraniuQi, 
quicumque exstiterunt hominuni; acdigno- 
rum quidera corpora induet incorruptione, 
iniquorum autem in perpeluo sensu , cum 
pravisdœraonibusiu ignem œlernum mit- 
tet. 

S. JusT., Apolog., t. I. — Quornodo autem 
hœc quoque prœdicla siri', ostendemus. Sic 
enim Ezechit'l pro[)hela : CoagmenlaOitur 
junctura adjiincturam, et os ad os ; et carnes 
denuo succresccnt. {Ezech. xxxvii, 7, 8.} 
Genu omne curvabitur Domino, et omnis lin- 
yua confitebitiir ei. {Jsai. xlv , 24-.) Quali 
autem in sensu et ciuciatu futuri sint iniqui, 
aiidite quœ sirailiter ea de ro dicta sunl. 
Sic autem se habent : Vermis eorum non so- 
pielur, et ignis eorum non exlinguetur 
{Isai. Lxvi, lik}, et tune eos pœnilebitcum 
nihil promovebunt. Quœnara autem dictuii 
sint po[)uii Judeeorum et faciuri, cum eurn 
videbunlcum gloria advenientem, sic Za- 
rhai'ias Propheia preodixit : Prœcipiam qua- 
tuor ventls, ut congregcnC dispersas liberos : 
prœcipiam Boreœ ut ferai, et Auslro ut ne 
impinyat. [Zach. \i,6 } Et lion in Jérusalem 
erit ptanctus ingens; non ptanctus oris aut 
labiorum^ sed ptanctus cordis : et non scin- 
dent vestimenlasua, sed mentes . [Zach. xir , 
2.) Et plongent tribus ad triOum et tune vi' 
debunt in quem pupugerunt. [îbid , 10.) Ac 
dicent : Cur, Domine, abcrrare nos fccisli a 
via tua? (Isai. liv, 17.) Gloria, cui bene- 
dixerunt patres nostri, conversa nobis est in 
ignominiam. [Isai. lxiv, 11.) Mulia igilur 
et alia habentes Prophetaïuni testimuni;!, 
quee f)rofeiTe possemus, tinera l'acimus, cuai 
satisisla esse ad persuasionem arbilremur 
bis qui aures ad audiendum et intelligeu- 
dum idoneas habent. 

S. Iren., I. IV contra hœres. —Quidam 
[Proph.) in gloria videnles eum (Christ.), 
gloriam ejus apud Patrem a dextris conver- 
sationera vidcbant;aiii super nubes, quem- 
admodum hhum hominis venientem , et 
dicentes de eo: Videbunt in quem confixe- 
runt [Joan. xix) ; adventum jejus sigr)iti- 
cabant, de quo ipse ait: Putas, cum filius 
hominis venerit, inveniet fidem super terram? 
(Luc. XVIII, 8.) De quo et Paulus ait: Si 
tamen justum est apud Deum, rctribuere iis , 
qui tribulant vos, tribulationem; et vobis, 
qui tribulamini, requiem nobiscum in révéla- 
tione DominiJesu, de cœlo cum angelis vir- 
tutis ejus , et in (lamma ignis. [Il Thess. \, 
6 et S(.q.)Alii vero judicem dicentes euin, et 
diem Domini tanquam ciibanuuj ardenleni, 
qui colligit irilicum in horreo , paleas autem 
comburet igni inextinguibili [Malth.iii, 12), 
comminabantur eis q.ui increduli erant; de 
q^ibus et ipse Dominus ait : Abite a me, 
maledicti, in ignem œternum , quem prœpa- 
ravit Pater meus diabolo et angelis ejus. 
[Matth. XXV, 41.) Et Aposlolus autem &i- 
mililer ait: Qui pœnas dabunt in interitu 
œtcrnas a facie Domini et a gloria virtulis 
ejus , cum venerit glorificari in sanctis suis, 



et admirabiiis fieri his qui credunt in eum. 
iJI Thess., I, 9.) El quidicunt, Speciosus for- 
ma prœ filiis hominum [Psal. xi.iii, 3); 
et, Unxit te Deus , Deus tuus oleo lœtitiœ 
prœ consortibus tuis {lbid.,8); et, Accin- 
gere gladium tuum, polenlissime, circa fémur 
tuum : specie tua, et pulchritudine tua et 
intende, et prospère procède, et régna, prop- 
ter veritatem, et mansuetudinem , et justi- 
tiam [Ibid., 4, 5) ; et qneeouraque alia taiia 
dicta sunt de eo, eam quœ est in regnospe- 
cieii» ejus et (Jecorem , et exultationem 
sup(ircoi iiscanlem , et supereminentiorem 
omnibus qui regnantur sub ipso, significa- 
bant: ut i^ui audiunt, concupiscerent ibi 
inveniri , placentia facienles Deo. 

Idem, ibid. — Qui autem (Prophetœ) dixe- 
runt eum dormisse, et somnum cepisse, 
et resurrexisse, quoniam Dominus susce- 
pissel eum, et prsecipientes principibus 
cœlorum, aperire apternas portas, ut in- 
tioeat rex gl(;rife ; resurrectionem ejus, 
quae est a raorluis per Patrem, et receptio- 
ntm in cœlos {irœcunaverunt. In eo autem 
quod dixerunt: A summo cœlo egressio ejus, 
et occursus ejus usque ad summum cœli , 
et non est qui se ubscondal a calore ejus 
[Psal. xviii, 7); quoniam illuc assumplus 
est unde et descendit, et non est qui jus- 
tum judicium ejus elfugial , idipsum an- 
nuntiabant. Et qui dicebant : Dominus 
regnavit , irascantur populi , qui sedet super 
cherubim, commoveatur terra [Psal. c vni, IJ ; 
partira quidem eam, quee post assumptionem 
ejus facla est super eos qui in eum credi- 
derunt, iram ab omnibus popuiis, et motum 
universœ lerrœ adversus Ècclesiam prophe- 
t.bant, parlim autem veniente eo de cœlo 
cum angelis virtulis ejus, commoveri uni- 
versam terram, quemadmodura ipse ail: 
Erit terrœ motus magnus , qualis non est 
factusab inilio. [Matth. xxiv, 21.) Et rursus 
in eocumdicit: Quisquis judicalur , ex ad- 
verso adslet ; et quisquis justificatur appro- 
pinquet puero Dei [Jsai. h, 8, 9) ; et vœ 
vobîs , quoniam omnes veterascetis sicut 
vestimentum, et tinea comedet vos , et humi- 
liabitur omnis caro, et exaltabitur Dominus 
solus in aliissimis. [Jsai. xi, 17) ; signitica- 
tur quoniam posl passionem , qui contra 
eum luerunt sub pedibus ejus subjiciet Deus, 
et ipse super omnes exaltabitur, et nemo 
erit qui justificetur , aut comparetur ad 
eum. 

Tertul., De resurrect. carnis. — Nisi ho- 
mo deliquisset, optimum soluramodo Deura 
nosset, ex n.iturœ jiroprietate ; at nunc 
etiam justum eum patitur, ex causée neces- 
sitale : tamen et hoc ipso optimum, dura 
et justum. Et bono enimjuvando, et malo 
puuiendojusliliam exhibens, utramquesen- 
tentiam bono prœstat : bine vindicans il!ud, 
iuderemunerans illud. Hœc erit tota causa, 
irao nécessitas resurreclionis; congrueulis»- 
siraascilicetDeo destinatiojudicii : decujus 
dispositione despicias, an utrique subslan- 
tiaehumaneedijudicandœcensuiadivina prœ- 
sideat, tara animœ, quam etcacni. Quod enim 



89 



ADVENTUS DOMINI 



90 



congrueljudicari,hoccompeletetiainresus- judicii diem placidissime conspexerunt î 
citari. Dicimus plénum primo perfectumquo Nam quœ tremebundi videbunt alii, ea cum 



credendiim judicium Dei, ut ulliraum jam, 
alqueexiiide perpetuum : ut sic quoque jus- 
tura dura non in aliquo minus ut sic quoque 
Dec dignura, dum pro tanta ejus patientia, 
plénum atque perfeclum. Ilaque pleniludi- 
nem psrfeclionemque judicii, non nisi de 
totius liominis reprœsentalione conslare. 
Tolum porro hominem ex ulriusque subs- 
lantiae concrelione [)areie : idcircoqiie in 
ulraque exliibendum, quem lolum oporteat 
jiidicari: qui nisi lotus, ulique non vixerit. 
Qualis ergo vixcril, talem judicari, quia 
de eo quod vixerit liabeat judicari. Vila est 
enim causa judicii ; per lot subslantias dis- 
pungenda, per quoi et luncta est. 

Age jam, scindant adversarii nostri (Mar- 
cionilœ] carnis animaeque conlexlura; prius 
in vilœ adminislratione , ut ita audeant 
scindere ilhid etiam in vitœ remuneralione. 
Negeni operarum socielatem, ut merilo pos- 
sinl eliam mercedera negare. Non sit parti- 
ceps in sentenlia caro, si non fuerit el in 
causa. Sola anima revocclur, si sola dece- 
dil (2). Al enimnon magis soladecedit, quam 
sola decucurrit iiiuc unde decedit : vitam 
banc dico. Adeo aaiem non sola anima transi- 
git vitam, ul nec cogitalus, licet solos, Jicet 
non ad ellectum per carnem deductos, aule- 
ramus a collegio carnis. Siquidem in carne, 
et cum carne, et per carnem agitur ab anima, 
quod agitur in corde. Hanc denique carnis 
speciem, arcem animœ, eliara Duminus in 
suggillalionemcogitatuum taxât : Quid cogi- 
talis in cordibus veslris nequam? (Matth. is.), 
et : Qui conspexerit mitlierem ad concupisceii' 
dum, jam aduUcravil in corde. (Mattlt. v.) 

Adeo et sine opère, et sine effeclu, cogi- 
talus carnis est actus. Sed etsi in cerebro, 
vei in medio superciliorum discrimine, vel 
ubi philosophis filacet principalilas sensuum 
consecrata est, quod hegemonicon appella- 
tur, caro erit omne animœ cogilatoriura (3). 
Nunquam anima sine carne est, quamdiu in 
carne esi. Nibil non cum illa agit, sine qua 
non est. Quœre adbuc an cogilatus quoque 
per carnem adminislrenlur, qui per carnem 
dignoscuulur exlrinsecus. V'olulet aliquid 
anima, vuilus operalur indicium : faciès in- 
teulionum omnium spéculum est. Negent 
faciorum socielatem, cui negare non pos- 
sunt cogitatorium. Et illi quidem delinquen- 
tias carnis enumeraut : ergo peccatrix lene- 
bilur su[)plicio. Nos vero etiam viilutes 
carnis opponimus : ergo et bene 0{)erata 
IcMiebilur pra)mio. Et si anima est, quœ agit 
et impeilitin omnia, carnis obsequium est : 
Deum non licelaut injuslumjudicem credi, 
aut inerlem :injuslum, si sociam bonorum 
operum a prœmiis arceal; inerlem, si so- 
ciam malorum a suppliciis secernal. , 

S. Basil. Seleuciœ , oral. 40. — O beata 
lumina, quœ sponsi habilu Ctiristum sunl 
cuutemplata 1 lleati oculi qui formidabilem 



jucunditate viderunl. Quœ enim vis oculo- 
rum tanta, quœ terribilem judicii diem sus- 
linere possit, quando terra perturbabitur, 
et mare prosata ex Adamo liominum cor- 
pora reddet exœsluans, quando cum ange- 
lis hominesjactabunlur prœsenlem terrorem 
minime lerentes ? Nam velul accedente re- 
ge, cœlum lorquebitur ; confeslim appari- 
lores obtenla pro foribus peripetasmala 
contralienl : sublalo vero ex oculis cœlo 
erunt in prospectu angelicarura virtutuni 
ordines cum fulgore, mille millia proeur- 
rent et decies raille millia : conspicitur 
vero descendens Dominus. dum nimia luco 
circa se prœfulgural universa. 

Quis ejusmoili speclaculo spectando par 
erit? Quis terrori moderabilur? Nam si 
fulgur crebro intormicans non ferimus, et 
non r;:ro splendur intuenlem solo allligit, 
quid tum dicel, quando eum ipsum, qui 
jacit iulgura, videril eraicantem? Quando 
lubarum sonitus morluose sepulcris ciebunl, 
quando monumenta et loculamenla disrum- 
penlur, et caplivos amitlent : quando de 
intenlione, de factis, de animi cogitationi- 
bus judicia excrcebuntur ; quando diabolus 
vinclus, produclus violentissimarum cogi- 
lalionum rationem in judicio rei)Oscetur : 
quando hominum grèges in parles disira- 
iientur, quam quisque parlera sorlietur? 
Quis erit aut cum Cbrislo judicante, aut 
cum reo prœdatore animarum ! Quando si- 
mul vivi ac moriui confluent? Omnium 
enim una erit evocatio ; quandoquidem 
juxla B. Pauli vocem, resurreclionis cele- 
ritudo faciet , ut mortui cum immutatis 
currant œquis passibus : Quia nos qui vivi- 
mus, qui residui sumus, non prœveniemus 
eos, qui dormierunt. [U Thess. iv.) Neque 
morluum lumulus reddet segniorem. Et 
judicis senlenliam cum l'ormidine manent 
omnes, nescii an illud audiluri sinl : Venite 
benedicti Patris mei; an : Discedite in tenebras 
exteriores, quœ paratœ sunt diabolo el angelis 
ejus. [Malin, xxv.) Quando expensis operi- 
bus congruo (ine fada circumscribet. Hujus 
ergo speclaculi simulacra Dominus apostolis 
(ledit, liesplenduit faciès ejus sicut sot. 
[Maltfi. xvii.) Quem terrorem cogitantes, 
mores prœmulure commutera us, buiiis 0!)e- 
ribus liberlalem nundinemur, et anle judi- 
cii tempos defeiisioneuj prœmetlilemur, ne 
cum damnalo adversario condeinnemur ; 
sed cura amanti Chrislo in cœlum evada- 
mus, Hœredcs I)ci, cohœredes aulem Clirisliy 
cui gloria, el bonor, et adoralio. 

Origen., Comment., in Matlh. — Non lu 
alicjuo quidem loco apparebil Filius Dei 
cuui veneril in gloria sua, in altero au- 
tem non apparebil; sed sicut ipse secun- 
dum cora[)aralionem fulguris exeunlis ad- 
ventum suum voluit demonstrare, dicens : 
Ecce in deserto, nolite exire ; ecce in domo, 
nolite credere : sicut enim fulgur eyreditur 



(2) i(] est, aiscedil a vila. 

(3) Cogitaioriuin a Teriulliano dicitiir locus in corpore, sive pars corporis ubi aniraa jifdiut. 



91 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



ab oriente, et apparet usque ad occidenlem. sic 
eril advenlus Filii hominis. [Malth. xxvi, 26 
et seq.) Sicut enim fulgur egrediens ab 
oriente, et proplerea quod omiiia implet, 
apparet usque ad occidentem : sic cum ve- 
nerit Cliristus in gloria sua, proplereaque 
ubique futurus est, et ipse in conspectu 
omnium erit ubique, et omnes ubique erunt 
in conspeclu ipsius, et sic conslituenlur 
ante se.iein gioiiae ejus, hoc est, anle reg- 
iium ejus et potestalem dominalionisipsius. 
Sedes auteiii ejus, aut certe quidam perfec- 
tiores saiidorum dicuiUur, de quibiis scrip- 
tum est : Quoniam illic sederunt sedes in jit- 
dicio {Psal. cxxi, 5) ; aut quaedam virtules 
angelicœ, de quibusdicitur : Site sedes, sive 
dominntioncs. {Cotoss. i, 10.) Ergo rex se- 
culoruQi Deus Verbum, qui i;i forma l'actus 
est horuinis, sedebit su[)er hujusinodi sedem 
gloriee suae : et congregabunlur ad eum 
omnes gentes jara non dispersas in dograa- 
tibus falsis et multis de eo : et sic eru/it 
ante eum, ut non localitcr audiamns omnes 
gentes fieri anle eum, sicut nec iocaliter 
audimus justos ea dicturosquœ sunt dicturi. 
Quamdiu ergo confusi sunt iniqui, nec se 
cognoscenles, nec Cbrislum, sed in errori- 
bus intenebricali tenentur : et jusli quam- 
diu per spéculum et in œnigmale vident 
(/ Cor. XIII, 12) et ex parte se ipsos co- 
gnoscunt, non secundum quod vere sunt: 
tamdiu non sunt segregali boni a malis : 
cura autem propter manifeslationem Filii 
Dei omnes ad intcdlecium venerint suum, 
tune Salvalor segregabit bonos a malis. 

D. Cyphun., L. de lapsis, edit. Par. — Me- 
tnento unde cecidcris et âge pœnilenlium. 
{Apoc. II, 5.; Nemo se faiiai, nemo se deci- 
piat. So!us Dominas misereri potest. Ve- 
jiiam peccatis quœ in ipsum commissa sunt 
solus potest i'Ie iargiri qui peccata noslra 
porlavit, qui pro nobis doluil, quem Deus 
tradidit pro [)eccatis noslris. Homo Deo 
esse non potest major ; nec remiltere aut 
donare indulgenlia sua servus potest quod 
in Dominum delicto graviore commissum 
est; ne adhuc lapso et hoc accédât ad cri- 
inen, si nesciat esse prœdiclum : Mnledictus 
homo qui spem habet in homine. {Jerem. xvii.) 
Dorainus orandus est, Douiiîius noslra sa- 
tisfactione placandus est; qui neganlem 
negare se dixil, qui omne judiciumdePatre 
solus accepit. Credimus quidera [)Osse apud 
judicem pîurimum marlj'rum mérita et 
opéra juslorum, sed cumjudicii dies vene- 
rit, cum post occasum seculi hujus et mun- 
di anle tribunal Chrisli populus ejus adsli- 
tcrit. 

idem, Exposit. in symb. apost. (4) — Deinr- 
de nos qui vivimus, qui relicli sumus, rapie- 
mur cum illis in nubibus obviam Chrislo in 
aéra, et ila semper cum Domino çrimus. (/ 
Thess. IV, 16.) Nec mireris si sacro sancla sanc- 
lorum coipora in lanlam gloriam resurrec- 
tionis mutabunlur, ul in occursum Domini 
suspensa nubibus et acre vectala rapianlur ; 



cum ipse A[)oslolus exponens quantum con- 
férât Deus his qui diligunt eum, dicat : Qui 
transformabit corpus humilitatis nostrœ, 
conforme corpori fieri claritatis suœ. [Philip. 
III, 21.) Nihil ergo absurdum est, si sancto- 
rum corpora dicantur nubibus in aéra sus- 
tolli, cum ad formam corporis Chrisli quod 
in dextera Dei sedet, dicantur esse relor- 
nianda. Sed et hoc sanclus Aposlolus, vel 
de se, vel de ceeteris sui loci vei meriti, ad- 
dit et dicit : quia coexcilavit nos cum Chri- 
slo, simulque fecitsederein cœlestibus. {Ephes, 
H, 6.) Unde cu.m hœc et horum similia quam - 
(liurima in repromissionibus babeat resur- 
reclio justorum [Sap. m, 7), non eril jam 
didlcile credere etiam illa qufB Pro[)hete9 
praedixerunt quod : jusli fulgcbunt sicut sol 
et sicul splendor firmamenti in regno Dei. 
[Matth. xiii, 45.) Gui enim difficile videbl- 
(ur, eos fulgorem solis habituros, et side- 
ruuj ac tirinaraenli liujus sp'endore deco- 
randos , quibus vel vita et conversatio An- 
gelorum Dei paratur in cœlis, vel confor- 
mandi dicuatur ad gloriam corporis Chrisli? 
Ad quam gloriam Salvaloris ore promissam 
respiciens sanclus Aposlolus, dicit : Quia 
seminatur corpus animale, surget corpus 
fpiritale. (/ Cor. xv, 44.) Si enim verura 
est, sicut certe verum est, quod justos 
quosque et s&nclos angelorum consorliis 
sociabit divina dignalio ; certura est quod 
et corpora eorum in spiritualis corporis glo- 
riam vertu t. 

Nec hoc tibi contra naturalera corporis 
rationom videatur esse promissum. Si 
enim secundum ea quœ scripta sunt {Gen. 
Il) , quod accipiens Deus limum terra) plas- 
mavit hominem , credimus, el hœc est na- 
lura corporis nostri , ut voluntate Dei terra 
verloreUir in caruein; quid tibi aut absur- 
dum, aut conliarium videlur, si eisdem 
rationibus, quibus lutum profecisse dicitur 
in corpus animale, rursum corpus animale 
in corpus proûcere spiritale credatur? hœc 
quidem aique bis similia multa invenies 
in Scripturis divinis de rcsurrectione jus- 
torum. Ddbilur auiem et peccatoribus, in- 
corruptionis et immortalilalisex resurrectio- 
ne condilio,utsicutjustis ministralad perpe- 
tuiialem gloriœ, ita peccatoribus ad prolixi- 
latem confusionis ministret et pœnœ. Sic 
enim propheticum définit eloquium , ubi 
dicit : et multi résurgent de lerrœ puivere: 
/*» quidem in vilam œternam : hi autem in 
confusionem et opprobrium œternum. {Dan. 
XII, 2.j 

EusEB. , Demonst. Evang., 1. iv, t. II.— 

Necesse est Judœos aberrare qui ea quœ 
ad secundum iiiius (Christi) adventum 
pertinent, quasi de primo soient accipere , 
cum id nusquam ratio concédât, quippe 
cum fieri nullo modo possit, ut et pariler 
et secundum idem, iilum et gloriosum el 
abjectum fingamus : prœterea cum honore 
et regno, el contra non habentem neque 



(i) Hoc opus sic inscribebatiir in vctuslo toil. San'Germancr.si : Intipil Exposiiio SijmooLi S. /îtt/"^/u». 
qai quidem fuit Ao'iiloiciisis Ecclosi* preshvtci . 



9S 



ADVENTUS DOMIM 



U 



speciem, neque decus; sed contemptum 
prœ filiis liominum : rursus Salvalorem et 
redera[)torein Israël, el conira circnm- 
venturn ab illis, et quasi ovem ductura ad 
occisionein , et ab antiquis, qui inler eos- 
dem sint, traditum ad niortem. Cum aulem 
sa'is commode ex nosiris rationibus, quem- 
admodum ipsa rerum inspectio déclarât , 
vaticinia de Cliristoin duo geuera dividan- 
tur, ea quidem qnse ad humanam illius na- 
luram speclant, irisiioraque sunt, in priore 
illius adveutu compléta esse contitemur. 
Qnse vero majorera gloriara habent, ac di- 
viniora sunt, adhuc usque ad secundum 
illius adventura exspeclautur. 

S. HiLAR., trace, in PsaL, t. I, — Qui Re- 
surrectionis el Judicii ordo intelligendus 
sit,Dominus inEvangeliis ostendit,dicens : 
Qui crédit in me non judicalitr : qui autem 
non crédit , jamjudicatus tst. Hoc est aulein 
judicium , quia lux venit in hune mundum , 
et dilexerunt homines magis tenebras , quam 
lumen. {Joan. m, 18, 19.) Neg!igentlam 
audientiura , el incuriosam legeulium la- 
cilitatem dicli Dominici sermo perturbai. 
Cum enim dicit : Qui crédit in me , non ju- 
dicabitur; exemit judicio tideles : et cum 
subjecit, Qui aulem non crédit, jam judi- 
catus est; non admisit ad judicium intide- 
Jes. Ergo si credentes exemit, et rej)ulil 
infidèles, nec in bos, nec in illos judicii 
sorte perraissa; quomodo convenire sibi in 
boc,quod lerlium ait, existimabitur : Hoc 
est aulem judicium , quia lux venit in 
mundum, et dilexerunt homines magis 
lenebras quam lucem ? Non enim poiest 
locus relicius esse judicio; cuio neque in- 
fidèles ueque fidèles sint judicandi. Et baec 
quidem ila esse audiloribus negligentibus, 
et lecloribus incuriosis videbuntur : cœte- 
rum in se virtus ipsa verborum proprieta- 
tem dicli et inlelligenlism continet. 

S. Cyril. Hier. , De secundo Christi adv. 
— Christi adventum annuntiamus non 
unum dunlaxat, sed et alterum priore 
multo speciosiorem. llle enim patieniiœ 
signiticationem prœlulit, isle vero divini 
regni diadema feret. Nam ut plurimum du- 

Îlicia sunt omnia apud Dominum noslrum 
esum Christum. Duplex nalivilas, altéra 
ex Deo atite secula , altéra ex Virgine in 
consummalione secu/orum ; duplex des- 
census : unus obscurus, qui tanquam (plu- 
viae) in vellus {PsaL lxxi, OJ; aller vero 
conspicuus, nimirum futurus. In primo 
ndventu fasciis involutus esl in prœsepio 
{Luc. H, 17); in secundo araicilur lumine 
quasi vestimenlo. {PsaL cm, 2.) in priori 
sustinuit crucem , ignominiam aspernalus 
{Hebr. xii, 2) : in altero véniel Angelorum 
exercilu slipalus, gloritiealus. (Mo<//t. xxv, 
31.) Non igitur in primo lanliim advenlu 
acquiescimus, sed et secundum expecta- 
mus. Cumque in priore dixerimus, Ba^e- 
diclus qui venit in nomine Doviini {Matlfi. 
XXI, 9j; ideuj rursum dicemus in poste- 
riori : ut cum Angelis occurrenles Domino 
{I Thess. IV, 16). adorantes clamemus : Be- 
nedictus qui venit in nomine Domini. Véniel 



Salvalor non ut ilerum judicetur, sed ut 
in jus vocet eos a quibus in judicium est 
vocalus. Qui prius cum judicarelur, tacuit 
{Malth. XXVI, 62 ; xxvii, 12), consceleratis 
qui imraania in illum quando in crucem 
agere ausi sunt, in raemoriam revocans di- 
cel : Hœc fecisli et tacui. {PsaL xlix, 21.) 
Tune, piœ dispensalionis causa , bomines 
leni persuasione docens venit : eo vero 
tempore, velint, nolinl, regno illius ne- 
cessario subjicientur. 

S. Greg. Nyss., oral. 5. — Iramisericordi 
objicietur : Non portasli ad hoc sœculum 
humanitatem, non habes quod non ha- 
buisfi, non invenis quod non dcposuisli ; 
non colligis quod non dispersisli ; non 
mêles quorum non dejecisli semina. Digna 
sementi libi messis : acerbilalem seminasli, 
collige manipulos : coluisli immisericor- 
diam, habe quod dilexisli; non aspexisli 
quemqnam condolenter, non aspicieris 
cum miseralione; fugisti misericordiam ; 
fugiet le misericordia ; laslidisti cgenum , 
fastidiet le qui f)ropter te egenus fuit. Si 
bœc dicanlur, ubi aurum? ubi splendida 
supellex? Quid bœc ad flelum el stridorem 
dentium? Quis extinguei Hammam? Quis 
avertet vermem nunquam morientem ? 

S. Ephrem., De secundo adv. — Semper 
mente timoiem Dei sumito, memor semper 
novissimi alque tremendi illius diei, quando 
cœli ardore ignis solvenlur, el terra cura 
oranibus operibus quse in ea sunt, combu- 
retur; quando slellœ tanquam folia déci- 
dent: sol et Luna lenebris obscurabuntur, 
neque dabunt lumen suura ; quando aj'pa- 
rebit Filins Dei, et de cœlis in lerram des- 
cendet, cœlorumque Virlules commovebun- 
lur: quando angelorum discursiones, vo- 
cesque lubarum superveuient ; ignis in 
conspectu ejus ardens alque percurrens, 
exuret loium orbem. In circuitu ejus lem- 
peslales maximœ, lerrœque raotus borribi-, 
ies, ac fulgura, qualia nunquam evenerunt, 
neqne tient, usque in diem illum : ut vel 
ipsee Virlules cœlorum, Iremore magno cor- 
ripianlur.Nos igilur, quales opoi'tebit lune 
esse, fratres mei ; cujusmodi nos limor, et 
Ireraor invadel? Perjiendite, fraires, israeli- 
las in eremo,quomoJocaliginem alque obs- 
curilalem, clangoremque lubaruui {Exod. 
XX, 18), ac vocem ipsius loquenlis Dei in 
medio igUis, perferro nequiverint ; sed ope- 
ram dabanl, ne Dei vox alque oralio ad illos 
accederet: non enim l'erebant in verilate, 
quod peragebalur; tamelsi neque cum hor- 
rore descenderat, neque cura ira alloque- 
batur ipsos, sed omni potius consolalione, 
cerliores eos redderet, esse cum illis Deum. 
Aud Ile ergo, lia lies cbarissi mi, si neque cum 
consolalione valuerunl sullerre adventum 
ejus: quando nec cœli incensi igné, soluli 
sunt: nec terra cum bis, quœ in ipsa suni, 
exusta : neque lubœ dederunt soiuim , sicut 
Ventura illa tuba resonabit, excilabilque 
cunctos quia seculo dormierunl; neque 
ignis devoravit universum mundum, neque 
quis alius rerum fulurarum obvenil lerror, 
el non potuerunt tolerare; quid, obsecro» 



95 ^ DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 96 

facluri sumus, quando in furore et ira into- cium subiturum, id est, in oxquirenda ra- 

lerabili descendet, sedebitque in solio glo- tione eorum quso cuique , dum viveret, 

riœ suae, oraneraque terram ab orlu solis acta sunt, judicio se ipse subjicit, et sua 

usque ad occasura , et cunctos fines orbis prœcepta opponit factis peccalorum, argu- 

advocabil, ut dijudicet populum suum , red- mentis ac deraonstrationibus excusans se, 

datque singulis juïla opéra sua ? Hei, hei quod in salutera judicandorum omnia quœ 

niilii 1 quales et quo animo tune oportebit ad se allinebant, fecerit, ut ii qui peccave- 

nos esse ; quando nudi ac tiruidi ibi appare- runt, ubi pi.'rsuasum fuerit sibi se peccatis 

bimus, prodituri ad horrenduiû illud tribu- obnoxios esse, convenientem sibi pœnam, 

nal I Hei, hei mihi 1 Ubi tune caruis forti- approbato judicio divino, haudinviti perfe- 

tudo? Dbi pulchritudo fallat atque inulilis? ranl. 

Ubi tuuc huraana voluptas? Ubi lune im- V oi anlem judicare habet quoque aliam 

pudens inverecundaque audacia ? Ubi tune signiticationein , ut cura dicit Dominus: 

ornatus vestiurn ? Ubi tune voluptas pec- Begina Austrisurgel in judicio, el condemna- 

cati, vere imraunda et sordida ? Ubi tune, bit generationem islam. [MalUi. xn, i2.)Qui 

qui cum tyrapanis, et inusicis insiruraeiitis eniui divlnam aversanlur doctrinara, et de- 

vinum bibunt, opéra vero Domini non con- eorum tionestumque odio babent, el sa- 

siderant?Ubi tune eorum negligenlia, qui pienlia dogmalaad docendum idonea pror- 

in desidia et irapietate hic vilam transege- sus detestanlur, postquam collati fuerinl el 

runt? Ubi tune deliciarum illecebrœ? Cunc- coinparali cum suis œqualibus, qui rerum 

la iila prœterierunt, et mollis aeris instar, bonaruiu studio excelluerint, hos dicit ob 

dissoluta suni, Ubi tune avarilia el rerum ea quœ oœiseruni, pœnam graviorem esso 

terrenarum cupiditas , quœque ex ipsis ori- daturos. 

tur, immisericordia? ubi lune immanis su- S. Ghsq. îîaz., oral. 16, t. I. — Quid fa- 

perbia, quœ cuncta despicit, seque solam ciemus in die indue lionis (/sui. x,3), qua 

œstimat quid esse? Ubi tune inanisac vana terret me quidam Prophetarum, sive cuu> 

hominum félicitas, et gloria ? Ubi lune po- nobiscum Deus judicia loquelur, sive in 

tenlia?Ubi qui in opibus, ubi qui in mulli- montibus et collibus, quemadmodum au- 

tudine gloriabaniur divitiarum suarum, et divimus, sive quœcumque tandem illa, et 

Deum contemnebant ? Tune aspicientes , quocumque loco fulura sil, cum nos coar- 

vere mirabuntur, conturbabunlur , commo- guet, atque ex adverso stabit, peccata nos- 

vebuulur, tremor apprehendet eos; ibi do- tra, acerbos et amarulentos accusalores , 

hres ut parturisnlis; in spiritu vehementi nobis in faciem statuens (^Psal.xnx, 21], ac- 

(PsaL xLvii, 7) tune conlerentur. Ubi tune ceptaque bénéficia cum lis, quœ iniqui ad- 

sapienlia sapiontum? Ubi vana eorum asiu- misimus, ex adverso conferens, et cogita- 

tia? Vœ, vœ, conturbaii sunt, et moti sunt tione cogilationem verberans, et aclioiie ac- 

sicut ebrius a vino: et omnis sapientia eo- lioneni exquirens, et vitio conlaiuinatae at- 

Tumdevorata est. [Psal. cvi, 27.) Ubi iuwc, que confusœ imaginis dignitatem a nobis 

sapiens? ubi scriba? ubi conquisitor hujus exposcens, nos demura abducet a nobisme- 

seculi, vanissimi ? (// Cor. i, 20.) tipsis judicatos et condemnatos , hucque 

S. Basil., Uojn. in psal. vu, t. 1 — Mullis abduclos, ut ne id quidem dicere queaujus, 

Scripturœ locis de judicio inspersus est ser- nos inique supplicio afiici? Quod quidem 

rao, tanquara qui maxime necessarius sit, hic apud eos, qui pœnas luuni, non nun- 

servetque maxime in pietatis doctrina eos quam hanc vim habet, ut eorum condem- 

qui in Deum per Jesum Chrislum credide- nationem et cruciatum leniat. 

runt. Quoniam autem diverse de judicio liiicautem quis patronus? quis speciosus 

scriptus est sermo, confusionem quamdam titulus ? quœfucatadefensio?quœarlificiosa 

lis videbitur parère qui minus accurate bas veri simiiitudo? quœ consilii adversus ve- 

dislinguunt si^miïcaliones. Qui enim crédit in ritatem solertia tribunal illud circumveniet, 

tne non judicalur : qui autemnon crédit, jam ac rectum judicium eludet, omnia omnibus 

judicatus est. [Joan. in, 10.) Quod si is in statera collocans , aotionem, serraonem, 

qui non crédit, similis est im[)io, quomodo cogilationem, virtutesque cum vitiis ex œquo 

dictum est impios judicio non esse resur- rei)endens , ut quod propendet, victoriam 

recturos? Et si crodentes, per lidem l'acti obtineat, atque ab ampliore [)arte senteniia 

sunt fîliiDei; ac propterea digni surit qui stet, postquam non jam provocalio superest, 

et ipsi vocentur dii , quomodo Deus stabil non sublimior judex, non alia opéra, per 

in synagoga deorum, in medio aulem deos quœ quispiara pœnam deprecetur, non de- 

dijudicabit. Verum videtur aliqiiando judi- ficienlibus lampadibus, oleum^a pradentibus 

care pro probare a Scriptura accipi ;aiiquau- virginibus, aut a vendmtibus acceplum, non 

do vero pro condemnare. Suiuilur quidem divitis illius pœnitenlia , flammœ cruciatu 

pro probare, verbi Qralia, Judica me, Demi- liquescentis,ac propinquis suis correctioiiem 

ne, quoniam ego in innocentia mea ingressus requirentis, non denique prœsUtutum vilœ 

sum. ibi eiiim subjungit : Proba me, Domi- in melius commulandœ tempus; sed et so- 

ne, et tenta me. Sumitur vero pro condemna- lum et poslreiuum, ac formidabile illud Iri- 

re, ni in iWo, Quodr si nosmet ipsosjudicare- bunal erit, niagisque etiam justum quam 

mus, non utique judicaremur. Si enim, in- formidabile; imo, ut reclius dicam, idcirco 

quit, nos ipsos perscrularemur, condemna- formidabilius, quia justum? 

lioui nequaquain subjiceremur. Uursus die- Quo quidem tempore throni proponenlur,, 

tum est Doniinum cura omni carne judi- et Andquus dierum sedebit, cl (tbri apcrien- 



97 



ADVENTUS DOMINÏ 



93 



tur, et igneus fluvius volvetur, et lux a fronte, 
et paralœ tenebrœ (Daniel, yn, 9 ol seq.) ; ac 
procèdent gui hona fecerunt, in resurrec- 
tionem vitœ {Joan. v, 29), nunc quidem in 
Ohrislo absconditœ [Coloss. m, 3), verura 
poslea simul cuni ipso manifestandœ : gui 
autein malaegeruni,in resurrectionem iud\cu 
{Joan. V, 29j, quo eliam ii , qui non cro- 
daiit, a verbo eos judicanlejam condemnati 
sunl : atqueillos quidem lux omni serruone 
prœslaiitior excipiet , et sanciœ regiœque 
Tiiuitalis purias jam etclarius illuminaiilis, 
lotauique secum cum tola mente miscentis, 
contemplalio in qua ego, vel sola, preecipue 
regnura cœlorum posilum esse censeo ; tios 
aulem, simul cum aliis, vel potius ante alia, 
islud excruciabil, quod a Deo projecli sint, 
atque inustam in conscientia sempilernaB 
ignominiae notam gérant. 

S. Ambr., Biblioth. Pair, conc, t. I. — 
Hoctempus, fratrescharissimi, non immerito 
Domini Adventus vocalur; nec sirie causa 
sancti Patres Advenlum Domini cclebrare 
cœperunl, et sermones de his diebus ad po- 
pulum habuerunl : id namque ideo insiilae- 
runl, ut se uiiusquisque tidelis prœpararet, 
et emundaret, quo digne Dei ac Domini sui 
Nativilatem célébrai e valeret. Nam si aiiquis 
vestrum seniorem suum in ejus domum 
suscepturus, ab omnibus sordibus el immun- 
dis rébus ipsam domum mundaret, et quœ- 
cumque honesta uecessaria essent secr.n- 
dura suam possibililatem prœpararet : et 
hoc facit mortalis suscepturus mortalem : 
quanto magis se mundare débet creatura, 
ut suo crt-alori apparenli in carne non dis- 



autem majus est, ipsae virtutes cϔorum 
raovebunlur et quidem mérite. Naju etsi 
iiuiiius sceleris sibi consciae sunt,neque 
judicium subilurae : tamen universum bo- 
minum genus conspicientes, atque infi- 
nilas naliones causam dicentes , non sine 
metu illic adstabunt; tantus videlicet tune 
terrorerit. Ac formidandi iilius diei cogita- 
tionem cerne, tecumque horrendum illud 
tribunal considéra , incorruptum judicem, 
igneos omnes eos, qui pro tribunaii rap- 
tantur, odoreque flammée œstuant, peracutos 
gladios, atroces pœnas, cruciatum sempiter- 
num, tetram caliginem, exteriores tenebras, 
pesliferum vermem, vincula quse nulla vi 
l'rangi queant, dentium stridorem, ejulatum 
consolationis expertem, orbis thealrum, vel 
potius Iheatruui utriusque naturse, hoc est, 
superioris atque inferioris. Tune reiaxantur 
omnes cœiorum convexorum valvœ, ita ut 
omiiem virtutem involvant, atque concu- 
liani. 

S. Chrys. hom. 14 in Rotn.^ t. IX. — 
ïuiîc aperielur toium cœlum et absi- 
dum illurum poitae expandenlur. Des- 
cendet unigeiiitus Dei Filius, non viginti, 
non centum liastalis salellitibus stipatus, 
sed millenis, decies milienis Angelis, Ar- 
cbangelis, Clierubim, Seraphim, ceelerisque 
Virlutibus : omniaque erunt timoré el Ire- 
more plena, dirui»ta terra, hominibus om- 
nibus ab Adamo usque ad illum diem , de 
terra ascendentibus et raplis, ipso Chrislo 
cum tanta gloria sese exliibenle, ut et iuna 
et soi et omne lumen occultetur a tanio 
splendore illuminatum. Quis sermo iilara 



pliceat? llie justus venil ad nos peccaCores, bealitudinem reprœsentabit, illum splen- 
ul ex peccaloribus faceret juslos : pius venit dorem et gloriam ? Hei mihi, o anima ! Nunc 
ad supeibos, ut ex superbis lacerel humiles. enim lacrymari subit, et valde ingemiscere. 



Quidplura? llle natura bonus, venit ad ho- 
mines qui erant pleni omnibus malis. 

Qua[)ropter horlamur vos, ut his diebus 
abuudaniius eleemosynas facialis, ad Eccle- 
siam Irequeniius couveniatis, confessionem 
peccatorum vestrorum purissime lacialis ; — 
odium nihilominus, iram et indignationem, 
clamoi em et blasphemiam, superbiam atque 
jaclautiam, cum jOmni carnali delectatione 
procul a vobis repellatis: ut cum dies Du- 
uiinicee Nalivitatis advenerit, salubriter 
ipsum cclebrare possitis. El sicut multi sunt 
soUiciti de carnalibus diviliis, et de pretio- 
sis veslimenlis, ut houorabiliores cœieris 
videaniur in illa die : ita vos solliciliores 
eslole de spiriiualibus diviliis et vestimen- 
lis : quia sicut anima melior est carne; iia 
deliciœ spiritales meliores sunl quam car- 
nales. El multo melius est animam ornare 
virlulibus, quam corpus preliosis induere 
veslibus. Hific admonilio, Fralres, idcirco 
ad vos facta est, ut qui boni sunl, per banc 
siûl meliores : et qui malos se esse reco- 
lunt, certissime couvertantur : ut pariler in 



cogilanli ex quantis bonis excidiiuus, a qua 
lelicilate alieni evadimus. Nam alieni su- 
mus;de me ipso loquor; nisi magnum 
quidpiam et mirabile operemur. Ne ilaque 
mibi quis hic gehennam memoret : omni 
quippe gehenna gravius est a tanla gloria 
excidere; mille suppliciis gravius est sorte 
illa {)rivari. Allamen adhuc ad praeseutia 
inhiumus, nec cogitamus diaboli maliliam, 
qui per modica magna nobis subripit, et 
iutum dat ut abripiat aurum, imo poliusut 
abripiat cœlum, et osteiidit umbram, ut nos 
abjiciat a veritate ; el in somniis imagina- 
lioni illudit; hoc enim sunl prœsentes di- 
viiiee, ut advenienie die omnium pauper- 
rimos oslendat. 

Haec ilaque cogitantes, vel sero tandem 
dolum iugiamus, et ad futuraf nos trans- 
leramus. Non possumus quippe dicere nos 
lluxam hujus vitœ conditionem ignoravisse, 
cum res ipsœ quolidie tuba clarius ejusvili- 
talem déclarent, risum, turpiludinem, pe- 
ricula, barathra. Quam ergo delensionem 
habebimus, qui periculosa et turpitudine 
die Dominicœ Nalivitalis leetari spiritaliler plena cum studio multo insequimur ; tuta 
mereantur, ipso prœstante, qui cuui Paire, vero, quae gloriam nobis etsplendorem pa- 
et Spirilu santto vivit, el régnai per intiuila riunl lugientes , ac pecuniarum tvrannidi 
sœcula sœculorum. Amen. nos dedenles? Non tyrannide gravior esl 

b. Chrys., ad Olymp. — Virtutes cœlorum hujusmudi servilus, ut sciunt omnes qui 
cçmmoietfunlKT. {Alailh, Xiiv , 29.) Quod digni habiti sunl ul ab bac liberarciitar. 



99 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



100 



Ut vos igilur pulchram hanc libertatem edis- 
calis, vincula rurapite, a laqueo resilite ; 
non vobis aurum douii jaceat, sed quod im- 
mensis opibiis preliosius est, misericordia 
€l beniguitas pro auro. Hœc quippe nobis 
fiduciam erga Deum dat,illud autem ma- 
gnam in nos infuudit lurpitudinem, idque 
elTicit ul diaboliis magnos adversum nos 
spiritus assumât. Cur ergo hostem tuum 
contra le armas, et fortiorem reddis? Arma 
dextram luara adversus illum , tolomque 
domus pulchritudinem in animam indacilo, 
et divilias omnes in mente depotie, aurum, 
vice arcœ et œdium , cœlum cuslodiat : et 
no* omnibus noslris amiciamur. Nos enim 
mûris longe preestantiores sumus, ac pavi- 
menlo honestiores. Cur ergo nobis neglcc- 
lis, in iis studium nostrum reponimus, quee 
hinc migrâmes non possuuius nobiscuin 
ferre, nec sœpe vel liic manenles retinere ; 
cura possimus ita divites esse, ut non modo 
hic, sed eliam illic opulcntissimi ai)|)area- 
mus? Nam qui agros, aedes, aurum in anima 
circumfert, ubicumque visus taerit, cum 
Jiis divitiis apparet. Et quomodo, infjuies, 
j>otebt hoc Ueri ? Potesl, et admodum fa- 
cile. Naui si in cœlum illa transferas per 
raanus pauperum, omnia transfères in ani- 
mam tuam; ita utposlea quamvis mors ad- 
veniat, nemo libi illas eripiat ; sed illucdi- 
ves migrabis. — Num dissoluta pauperum 
corpora omnino résurgent. Tune Deus, 
mis in médium adductis, laudabit eos qui 
ipsorura curara habuere, et praedicabit quia 
illos, Gum rao(io a i'arue lapsuri essent, modo 
a nudilaieet a frigore, moJis omnibus sus- 
leiitarunt. 

S. IliERON. in c. XXVI Isaiœ. — Cum fe- 
ceris judicia tua in terra, jusliliam discent 
habilatorcs orbis. Quand! u non exerces ju- 
dicia tua super terraui, et nec bonis bona, 
nec malis relribuis mala; juslitia tua, o 
Domine Deus, ignoralur in terra. Cum au- 
tem judicii die pio qualilate 0[)erum uni- 
cuique reddideris quod meretur, tune jus- 
litia tua cognoscelur in orbe lerrarum, que 
prius apud incredulos videbalur injusta. 

Idera, Corn, in Matth.,l. \Y. — Libéra nt- 
bis eral inielligenlia, quod ni omni paupere 
Chrislus esuriens pasceretur , siliens poia- 
rutur, hospes inducerelur in lecium, nuiius 
vesliretur, infirmus visitarelur , claususque 
carcere babcrelsulatium colloquenlis.Sed ex 
hoc quod sequilur : Quandiu fecistis uni de 
his fratribus 7neis minimis , mihi fecislis 
{Malth. XXV, 40], non mihi vidtlur Uixisse 
generaliler de ()au()cribus, sed de his qui 
puiiperes spiritu sunt, ad quos tendens ma- 
num dixerat : Fratres mei et male.r inea lii 
sunl qui faciunt voluntatem Purris mei. 
(Marc, m, 3i, 3o.) Et ibunt Iti in suppli- 
cium œternum, justi aulem in vitam œtcrnam. 
{Malth. XXIV, liG.) Prudens lector, attende, 
(pjod et supplicia aelerna sinl; et vila perpé- 
tua melum deinceps non habet ruinarum. 

S. HiERONïM. , Corn, in Eccle. , t. 11. — 
Yidi sub sole locum judicii y ibi impietas; et 
lucum justitiœ, ibi iniquitas. Dixi ego in 
tvrde meo : Juslum cl iwpiumjudicabit Deus, 



quia tempus omni volunlali super omne fac- 
tum ibi. {Eccle. m, IC , 17.) Manifestus est 
sensus, sed nubilo interpretationis obvol- 
vilur. Sub sole, inquit, isto, veritalem et ju- 
dicium requisivi, et vidi eliara inter judicum 
ipsa subselHa, non veritatera valere, sed 
munera. Sive aliter : Arbilratus sum aliquid 
justitiœ in praesenti seculo geri; et vel pium 
pro suo nunc merito recipere ve! impium 
pro suo scolere puniri ; et e contrario reperi 
quam putabam. Vidi cnira et justum multa 
mala hic perpeli; et impium regnare pro 
scelere. Postea vero cum corde meo collo- 
quons et reputans, intellexi, Non per partes 
Deum, et per singulos nunc judicare, sed in 
fulurum lempus reservare judicium; ut 
omnes pariter judicentur, et secundum vo- 
luntatem et opéra sua ibi reripiant. Hoc est 
enim quod ait : Et tempus omni voluntati, 
et super omne factum ibi , id est in judicio, 
quando Dominus cœperit judicare; t'jnc fu- 
tura est verilas; nunc injuslitia dominalur 
in niundo. Taie qnid et in Sapientia quœ 
Sirach inscribitur, legiaius : Ne dixeris, quid 
est hoc, aut quid est istud? omnia enim tem- 
pore suo rcquircnlur. {Eccli \x\i\, 26.) 

S. Alg., Enarr. in psal. xxxvi , t. IV. — 
Adhuc pusillum et non erit peccator. {Psal. 
XXXV], 10.) Adhuc pusillum : modicum. Ue- 
coie atinos ab Adam usque in hodiernum 
diem, percurre Scripturas : heri i)ene ille 
de paradiso lapsus est. Toi sœcula emensa 
et evoluta sunt. Ubi sunl piaeterita tem- 
pora? sic |)auca quse restant, ulique transi- 
bunt. Si toto illo lempore viven-s , ex quo 
Adam de paradiso dimissus est usque in 
hodiernum diem, ctrte videres vitam luam 
non fuisse diulurnam, quee sic avulassei. 
Unius aulem cujusque liominis vila quanla 
tsl? adde quanloslibel annos, duc longis- 
simam senectulem , (|uid est? Nonne hora 
est matulina? Ergo longe sit dies judicii, 
quando erit retnijutio injusioruiu et juslo- 
rura : luus cerie dies ultimus longe abeise 
non polest. Ad hnnc te prœpara. Qualis eniiu 
exieris de hac vila, lalis redileris illi vilœ. 
Post viiam islam parvam, nondum cris ubi 
erunt Sancti, quibus dicetur : Venite, bene- 
dicti Patris mei, percipite regnum quod vo- 
bis paratum est ab initia munài. {Malth. xxv, 
3i.) Nondum ibi eris, quis nescil? sed jam 
poteris ibi esse, ubi illum quundam ulce- 
rosum j)auperem, dives ille supcrbus et 
sterilis in mediis suis lormenlis vidit a 
longe requiescenlem. !n illa requie positus, 
cerle securus expeclas judicii dieuj, quando 
recipias et cor{)Us, quando imrauteris ut 
Angelo œqueris. Ergo quantum est quod 
fesiinamus, et dicimus, Quando erit? Tar- 
dum erit? Hoc dicturi filii nosiri , et hoc 
dicturi nepoles nosiri : et cum singuli qui- 
que sibi succedenîes hœc dicturi sunl, sic 
transit quod adhuc pusillum fulurum est, 
quemadujodum Iransiit tolum quod jam 
prœlerilum est. intirme, adhuc pusillum 
et non erit peccator. 

Non erit; non quia omnino non erit , sed 
quia ad nullos usus esse poterit. Sic enim 
omnino non eril, nec torquebiiur : jam ergo 



101 



ADYENTUS DOMLN'I 



103 



securitas datn est pcccalori , ut dicat , Fa- 
ciaui quidquid volo, quandiu vivo, postea 
non ero. Non erit qui doieat, non eril qui 
torquealur? et ubi est. Ile in ignem œter- 
WMW, qui paralns est diabolo et angelis ejus ? 
(Ma^//i. XXV, 4-1.) Sed forte raissi in ignem 
illum non erunt, rt consumenlur. Non illis 
dicerelur ; Ile in ignem wlernum; quia non 
futurisnon esset œternus. Et tamen quid 
illic fulurum sit eis, ulrura oranino con- 
suraplio, an dolor et cruciatus, non tacuit 
Dominiis dicens : Ibi erit ploratus et stridoi' 
denlium. Quornodo ergo plorabunt et stri- 
dehunt dentibus, si non erunt? — Noii 
pulare quia, finita ista vita, finilus est 
Iiomo ; siint reliquiœ homini pacifico. 

S. Cyril., arcli. Alex., orat. De exitu ani- 
mi, etc., t. V. — O fratres, considerate qua- 
Jes nos esse oporteat, dum rationem sin- 
gillalim reddemus eoruni quœ l'ecerimus, 
sive magna sint, sive parva : nam eliam 
otiosorum verborum causam apad justum 
judicem dice;iius. Quales nos esse 0[)Ortet 
in illa bora?Quod si propiliam babuerimus 
Deum, quaieni percipieinus iœlitiain, cum 
dicet ille regnantium rex , eis qui ad illius 
erunt dexlram cum Ijilaritaie : Adeste, be- 
nedicti Patris mei, possidete paralum vobis 
ab orbe condito regrmm. ïunc invadenius 
in illorura possessionem bonorum. quœ nec 
oculus vidit, necauris audivit, nec hominis 
cor cogitalione com[)rehendit, quae Deus sui 
amanlibus praeparavit. ïunc deinceps securi 
futuri sumus, nullo amplius pavore corri- 
piendi. 

Consideremusaulera et haec, et nocenlum 
sempiternum cruciaium, cum ad illud bor- 
rendum tribunal sistentur, quanlo pudoie 
afficientur coram justo illo judice, causam 
dicere non valenles? Quantus eos pudor 
invadet ad régis sinistram separatos ? Quœ 
lenebrœ eis incident, cum loqueliir ad eos 
in ira sua, et in furore suo conturbabit eos, 
cum eis dioet ; Facessile a me vos, execra- 
biltis, in ignem œlernum , (Jiabolu ejiisque 
Angelis paratum. Heu, heu quanta ailliciio, 
dolor, angor, metus, tremor msiat eorum 
animis, cum flot clamor omnium cœlestium 
potestatum dicenlium : Discedant improbi 
in orcum. Elieu 1 quem canlum edenl la- 
mentantes, ploianles, ejulantes alque plan- 
gentes, cum adducentur acriler iu sem()i- 
lerna secula cruciandi? Elieu 1 qualis tst 
locus ubi iletus et slridor dentium, qui tar- 
larus appellalur, quem vel ipse diabolus 
liorrel. Heu, lieu qualis est gelionna ignis 
inextiiicli , urenlis neque lucentis? Huu, 
heu qualis est nunquum dornuens venena- 
tus vermis? Heu, lieu quam tenœ sunt pro- 
fundœ illœ, semperque manenles lenebrœ? 
Ueu, heu mihil quales sunt illi Angeli in 
cruciatibus immites, alque immisericurdes ? 
lixprobrant enim , gravilerque iiicrepani. 

Tune qui torqueutur longum clamant, 
nec est qui succuirat : clamabunl enim ad 
Dominum, nec eos exaudiet. Tune cognos- 
ccnt omnia sibi, quœ sunt in vita, ad nihilum 
redacta esse : et quœ liic boiia esse, gaudii- 
quo [ileiia videbanlur, ea telle, amaroque 



veneno amariora rcporientur. Vœ sonlibus, 
cum insolites ad dexleram slabunt, et iili 
vexabuntur : cum sontes flebunt, et insontes 
gaudebunt; cum insontes lœtiliam agitabunt, 
et sontes lamentabunlur : cura insontes in 
tranquillitate, et sontes in tempestale ac 
calamitate versabuntur. Vœ sontibus, cum 
insontes omni bono saliabuntur, et sontes 
eo carenles ingemiscent. Vœ sontibus, cum 
insontes gloria, et illi ignominia afiicientur. 
Jnsor.tes in sanctilate, sontes in flammis. 
Insontes laudibus etrerenlur, sontes miseri 
lerienlur. Insontes in sanclorum mansioni- 
bus, sontes in exilio sempilerno. Insontes 
audient : « Venite benedicli Patris mei, 
possidete paratum vobis ôb orbe condiio 
regnum. w Sontes autem audient illud : 
'( Facessite a me dett'Slab.les in ignem œler- 
num, diabolo cjuscjue angelis de^tiIJa;ulll. » 

S. Leo Mag. serin. 8, t. I. — ■ Veniet in 
majestalis suœ gloria Dominus, sicut ipse 
prœdixit. (Maltfi. xxv, 31.) Aderitque cum 
eo radians in splendoribus suis innuûiera- 
bilis angelicarum muliiludo legionum.Con- 
gregabuntur ante thronum polentiœ ejus , 
omnium gentium populi ; et quidquid ho- 
minum universis sœculisloto orbeterrarum 
{)rogeiiitum est, in conspectu judicanlis 
adslabit. Separabuntur ab injastis justi , a 
nocentibus innocenlef, et cum prœparatum 
sibi regnum, recensilis raisericordiœ operi- 
bus, tilii pietatis acceperint, exprobrabiiur 
duritia sterilitatis injustis, et nihil liabeu- 
tes Sinistri commune cum Dextris, in ignem 
ad diaboli, et angelorutu ejus tormenta dis- 
positum , omnipotenlis Judicis daiunatioiie 
mittentur, cum illo liabiluri pœnœ couimu- 
nionem, cujus elegerunt lacère voîunlaLem. 
Quis igitur islam sortem œternorum crucia-r 
tuum non pavescat? quis mala nunquam 
non limeat? sed cum ideo denunliala sit 
severitas, ut misericordia quœreretur , in 
diebus prœsenlibus cum misericordiœ est 
largilale vivendum, ut liomini post [lericu- 
losam negligentiani, ad iiietalisopcra rever- 
tenli, possibile sit ab bacsenlentia liberari. 
Hoc enim agit potentia Judicis, hoc gratia 
Salvaloris, ut relinquat im[)ius vias suas, 
et ab iniquitatis suœconsuetudine j eccaior 
abscedal. Misereantur pauperum, qui sibi 
voiunt parcere Christum. Facib^s sunt m 
alimenta miserorum, qui cupiunt ad socie- 
tatem pervenire felicium. Non sit vilis ho- 
mini liomo, nec in quoquam despiciaiur 
illa natura , quam rerum Conditor suam 
fecit. Cui enim laboranlium (icet negare, 
quod Christus sibi protiielur impendi?ju- 
valur conservus, etgratiam relert dominus. 
Cibus egeni, regni cœlestis estprelium ; et 
largilor lemporalium liœi es elîicitur œlerno- 
rum. Undeaulem exigua is(a impendia laula 
œslimari laxalione meruerunt , nisi quia 
[•ondera operum caritatis lance [leiisantur, 
et cum amatur ab homine quod Deus dili- 
git, merito in ejus ascendilur regnum, in 
cujus Iransitur atfectum. 

S. Greg., Mora/. I. xviii, in Job. — Qui 
mira l'ecit in bumilUale veniens, considerari 
non polt'st cum quanto leirore veUurufi 




i03 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



i04 



est in majeslatis suée fortitudine apparens. nemo curara sui, dum valet, agere negli- 
Ordo primi adventus illius pensari et cons- gat; quia Redemptor nosler tanlo tune in 
pici in taulum potuit, in quantum ad redi- judicium districtior veniet, quanto nobis 



mendos carnales veniens, divinitatis suae 
niagnitudinem càrnalibus oculis temperavit. 
Quis vero ejus celsitudinis lerrorem ferat, 
ciim secundi adventus potenlia per igneoi 
judicium exercens, in potestatis suée ma- 
jestale canduoril? Unde vir sanclus Job 
adventum illius narrât j)rimum, sediassalur 
ad secundum, dicens : Ecce hœc ex parte 
dicta sunt viarum ejus ; et cum vix parvam 
stillam sermonum ejus audierimus, quis po' 
terit tonilruum magniùudinis illius intuei'i ? 
{Job XXVI, li.) 

Idem, jn/oe/.ii, 1-3. —Quid hoclocormrMm 
nomine , nisi actiones Domini appellat? 
Unde et per prophetam Dominus dicil: A^on 
enim sunt viœ ineœ sicut viœ veslrœ. Ad- 
ventum ergo Domini narrans, vias Dei ex 
porte retulerat : quia alia ejus acliu fuit 
qua nos condidit, aiia qua redemit. Ea ita- 
que quœde Domini actioiienarravit, exlreuii 
judicii coiU|)aralione levigans , ait : Ecce 
hœc ex parte dicta sunt viarum ejus. Quod 
et i)arvam stillam sermonum ejus ajipellat ; 
quia quidquid allum, quidquid ternljile in 
hac vila posili, de ejus coiisideratione <;o- 
gnoscimus, ex immensilate cœleslium se- 
creiorum, velul tenuisad nosguila superni 
liquoris émanât : Et quis poterit loniiruum 
mâgnitudinis ejus iniueri? Ac si aperte di- 
cal : Si liumililatis ejus odmiranda vix feri- 
raus; sonorum atque lernbilem majeslatis 
ejus advenlura , qua vnlule tolnramus ? 
Hune tonilruum auvenlus illius, Psaimista 
etiam insoiial, dicens : Deus manifeste ve- 
niet, Deus noster, et non silebit : iynis in 
conspeci» ejus a^debit, et in circuitu ejus 
tempestas valida. (Psal. xlix, 3.) HincSopno- 
nias propliela denuntial, dicens : Juxta est 
dies Domini magnus, juxta et vetox nimis, 
Vax dici Domini amura, tributabitur ibi 
fortis. Dus irœ, dies illa, dies tribulationis 
et angustiœ , dies calamitatis et miseriœ 
dies, lenebrarum et caliginis, dies nebulœ et 
turbinis, dies lubœ et clangoris. [Sophon. i, 
14, 15, Itj.) Terrorem ergo dit>tricli exa- 
minis quem Sopbonias lubam, bealus Job 
tonilruum appellat , Joël quoquo consi- 
derans , ail : Coniurbentur omnes habita- 
tores terrœ, quia venit dies Domini : quia 
prope est dies tenebrarum et culignis , dies 
nubiset turbinis. Magnus enim dies Domini, 
et terribilis valde, et quis sustinebit eum? 

S.Greg. iMag., in Èvang. I. u, b. 30. t. I. 
— Pensale, l'ralres charis5imi,extremidiem 
judicii super coida reproboium qua asperi- 
tate propliela vidil auiarescere, quem tôt 
appellalionibus non valet explicare. {Vi- 
disti supra Sophoniam, i, \.k.) (S. Gregor., 
in eod. lom.col. 1479.) Hoc nobis est magiio- 
pere perpendendum : quia is qui placidus 



ante judicium patientiam praerogavit. Hœc 
itaque vobiscum, fratres, agite , haec in 
mente, sedula cogitatione rerum , versate. 
Quamvis adhuc perlurbationibus animus 
fluctuet, jam taraen spei vestrœ anchoram 
inœlernam patriamfigite, intentionem men- 
tis in vera luce solidale. Ecce ad cœlum 
ascendisse Dominura audivimus. Hoc ergo 
servemus in medilatione, quod credimus. 
Et si adhuc hic tenemur infirmitate corpo- 
ris, sequamur tamen eum passibus amoris. 
Non autemdeserit desiderium noslrura ipse 
qui dédit Jésus Chrislus, Dominus noster. 

D. IsiD. Hisp., Sent» lib. i, t. I. — Duœ 
sunt differenliœ vel ordines hominum in 
judicio, id est, eleclorum et reproborum ; 
qui l^men dividentur in quatuor. Perfeclo- 
rum ordo unus est , qui cum Domino judi- 
cal, et aiius qui judicatur : utrique tamen 
cum Chrislo regnabunt. Similiter ordo re- 
proborum partitur in duobus : dum hi qui 
inlra Ecclesiam sunt mali. judicandisunt, et 
damnandi; qui vero extra ecclesiam inve- 
niendi sunl (5) non sunt judicandi , sed 
tantum damnandi. 

Primusigitur ordo eorura quijudicanfur, 
et |/ereunl, opponitur illi ordini bonorum 
de quo sunt qui judicantur, et régnant. 
Secundus ordo eorum qui non judicantur 
et j)LMeunt, opponitur illi ordini juslorum, 
in quo sunt hi qui non judicantur et ré- 
gnant, ïerlius ordo eorum qui judicantur 
et régnant, illi ordini est contrarius de quo 
sunt qui judicantur et pereunt. Quaitus 
ordo eorum qui non judicantur et régnant, 
opponitur illi contrario ordini in quo illi 
sunl , qui non judicantur et pcreunl. 

S. Bern., serm. 1 inÂdvent. Dom., t. I. — 
Hodie, Fratres, celebramus Adventus ini- 
tium, cujus uticjue, sicut et caelerarum so- 
lemnitatum, nomeii quidem célèbre salis, et 
notum munilo, sed ratio nominis forte non 
ita. Infelices enim tilii Adam, omissis veris 
et saluluribus sludiis , caduca polius et 
transitoria quierunl. Quibus assimilabimus 
liomines generalionis liujus , aul quibus 
comparabimus iilos quos videmus a terre- 
nis et cor[)oralibus consolationibus avelli 
separarique non }iosse? Profeclo similes 
sunt his quisubmersi periclilanturin aquis. 
Nimirura videas eos lenenles lenere, nec 
ulla raiione deserere quod primum occur- 
reril manibus, quidquid silillud, licet taie 
sit cliquid, quod omnino prodesse non pos- 
sit, ui sunl rudices lierbarum , cœleraque 
similia. Nam et si qui ad eos forte veniant 
ut subveuiant, nonnunquam soient appre- 
hensos involvere secum : aileo ut jam nec 
sibi, nec illis auxilium ferre preevaleant. 
ascendil, terribilis redibit; e't quidquid Sic pereunl in hoc mari maguo et spatioso, 
nobis cum raansuetudine praecepit, hoc a sic pereunt miseri, dum pentura seclantes, 
cobis cum disiriclione exiget. Nemo ergo amiltuiit solida, quibus apprehensis emer- 
indulla pœnilenliee tempora parvipendul; gère et salvare possent animas suas. Neque 

(5) Secundum ilkid Joan. m : Qui non crédit, jam judicalus «st, et illum vers. Pauli ad Rom. ii : Qui- 
ei,m<jne euiin sine hije peccuieiunt. iine lege peribunt. 



«05 



ADVERSITAS 



106 



pnim (le vanilate, sod de veritate dicitur : adventiis iiujus , qutcrenlcs niminim qnis 
Cugnoscetis eam, el liberabit vos. {Joan. viii, sit qui venial, unde, quo, ad quid , (}uanda 



52.) Vos igitur, iratres , quibiis lanquam 
parvulis révélai Deus, qure abscondila surit 
a sapientibus el [)rudenlibus; cirra ea quee 
vere salularia sunt, sedula cogilalioiie ver- 
samini , et diligenter pensale rationera 



et qua. Laudabilis sine dubio curiosilas 
ista est et saiubris: neque enim tain devoto 
Ecclesia nniversa pr<esentem celebraret ad- 
venltim, nisi laleret in eo magnum aliq"' U 
sacraiiienlum. 



ADVERSITAS 



[Ex SS. Patribus.] 

S. Ignat., Epist. ad Polycarp.f t. II.— Sta 
firiDUS ut incus qufe perculitur. Magrii athle- 
tœ est cffidiet vineere. Maxime vcro pio- 
pler Dcnm omnia suslineie nos oportet ul et 
ipse nos suslineat. 

S. Ji'STiN., Epist. ad Zenam et Serenum. 
— Miindi Irislilia morlem operalur ils quos 
superaverii; quai aulem secundum Deum 
tristilia est, viiifc inlelligentiam paril. Ante 
omnia autem sciamus et morbum reposi- 
tiim esse carnibus nostris et damnum et 
egestatem, ac prœslo adesse qui grales no- 
bis [>eisolvat. Quocirca prœmedilandum quid 
evenlurum sit, ne cum evenerit, admlra- 
tione et stupore corda noslra perciiliaî. 
Nam qui lalis est, ad Iristem evenlum di- 
cet : Sciebam te advenlurum , nec mo lui 
exspectalio fefellit : piovidebara incursum 
tuum. Si talis quis exslilerit, slabit, ac non 
labetur. Turbari aulem ob repenlinuni ca- 
sum, aut clamare, ac sœpe lamenlari, men- 
tis est valde miserœ. 

S. Iren^us, Adv. hcer., 1. iv, c. 9. — Juste 
aulcra nos eamdem tidera accipienles quam 
habuit Abraham, tollentes crucem queinncJ- 
modum ligna Isaacsequimur eum. In Abra- 
fiauj eiiini prœdidicerat et assuetus luerat 
liomo sequi verbum Dei. 

S. iREîi., Contra hœreses. — Tribulatio ne- 
cessaria est his qui salvanlur ut quodam- 
modo contriti et atlenuali et consparsi per 
{)alienliam Verbo Dei et igniti, apli sint ad 
convivium Régis. Quemadmodum quidam 
denoslrisdixil(lGNAT mari., Epist. ad Rom.) 
propler marlyrium in Deum adjudicatus ad 
beslias : quoniam irumenlura suiu Chrisii, 
et per dénies besliarum molor, ul mundus 
l'anis Dei inveniar. 

S. Clem. Alex., Cohort. ad gentes. — Ver- 
bum quemadmodum bonus medicus cor- 
poium œgrolanlium , alia quidem cataplas- 
malis obducit, alia vero levigal, alia auium 
exliaurit, alia autem ferro quoque dividit, 
alia aulem urit, el nonnunquam etiam se- 
cal, si qua ralione fieri possit, ut per par- 
tes vel u)embralim possit homo sanari. 

TiiUTUL., iiiApot. adv. gentes, c. 41.— Qui 
serael œlernuui judicium deslinavit post 
sœculi finem, non j)rœci[)ilat discreiionem, 
(]ua) est condilio judicii anle Sccouli tinem. 
iÉqualis est intérim super omne iiominum 
genus et indulgens et increpans. Commu- 
nia voluitesse commoda i)rolanis et incom- 
moda fuit ; ut i)ari consorlio omnes et leni- 
talcin ejus el stverilatein experireinur. 

DlCflONN. Ui; LA TUiUlTlON. I. 



Quia hccc ita didicimns apud ipsum, diligî- 
mus lenitatem, meluiinus severilatem. Vos 
contra ulranique despicitis. Et sequitur ut 
omnes «œculi plagœ, nobis si forte in admo- 
iiilionem , vobis in oasiigalionem a Deo 
obvenianl. Atqui nos nullomodo lœdimur: 
in primis quia nihil nostra referl in f]oc 
a'vo, nisi de eo quam ceieriler excedere. 
Deliincquia si quid adversi infligilur, ve- 
slris nieritis depulalur. Sed et si aliijua nos 
(juoque perstringunt quoquo ut vobis cc- 
bœrenles, lœlamur magis recognitione di- 
vinanim prœdicalionum,conlirmantium sci- 
licet fiduciam eltidem spei noslra?. — Nos 
qui sub Deo omnium [)eculalore dispungi- 
niur quique aeternam ab eo pœnain provi- 
demus, merilo soli innocenliœ occurrimus, 
el pro scienliœ pieniludine, et pro lalebra- 
rutii didicullate , et [)ro magniludine cru 
cialus non diulurni , verum sempiterni; 
eum limenies quem tiinere debebit et ipse, 
qui limcnles judicat ; Deum, ponproconsu- 
iem tiuienles. 

Idem, £>epa//erj/.,cap.28.— Persuavilatera 
saginenlur ejusmodi dulcibus convivae sui, 
el loca et tempora, el irivilator ipsorum est. 
Nostrœcœnœ, noslras nuptifô nondum sunt. 
Non possum discumbere cum illis, quia neo 
illi nobiscum. Vicibus disposila res esi. 
Nunc .'lli lœUinlur, nos contlictaraur : Sœcu- 
liun, inqnit, gaudebit, et vos tristes eritis. 
Liigeamus ergo duin elhnici gaudenl, ut 
cum lugere cœperint, gamleamus; ne pari- 
ter nunc gaudentes,. lune quoque pariler 
lugeamus. 

i lem., ibid., L. de cor. milit. ^cnp. 13. — 
Tu peregrinuses raundi hujus, civis super- 
nœ Jérusalem.— Niiiil tibi cum gaudiis sae- 
culi, imo conlrarium habes. Sœculum enim 
guudebit, vos vero lugebitis. Et felices , a\t 
/«{/en/c*. — Ouinia imagmaria in seculo,et 
nitiil veri. 

OfiiGii.N., Comm. in Exod.y t. II. — Exis- 
timamus et dolorem et laborem etcasti- 
galionem quae a Deo inferuntur, iis sem- 
})er conducere quipatiunlur. Duriora igitur 
quiB a Deo Iribui putaniur nomina, furor et 
ira , arguere el erudiru dicuntur, ut liic : 
Domine, ne in fiirore tua argueris me, neque 
in ira tua eruUieris me. 

Idem., De Oralione, t. ï. — Multœ Iribula- 
tiones justorum ; et de omnibus his libérât 
eos.{Psut. xx\m,20.) Libéral tribulationi- 
bus Deus, non ila ul Iribulaliones amplius 
non ingruanl, si quidem et Paulus ait: Jh 
omnibus iribululionem oatimur (II Cor. iv. 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



107 

8).qnnsi nnnquam sine Iribulntiono siiniis : 

sed cum tribulalionem passi , auxilianle 

Deo, nonangusliamur : tribulatio enim He- 

brϙquociam more id significatquod conlra 

vuluntalem adversum obvenit, angusiia au- 

teni dicilur de eo qui sponle Iribulalioni 

cedit et ab ea vincilur. Unde recte Paulus 

ail : In omnibus tribulalionem palimur,sed 

non angustiamur, CAi\ simile pulo esse quod 

in Psaliiiis dicilur : Jn tribulaliom dilatasli 

mihi. {Psal. iv, 1.) Auxilioenim et preesen- 

tia cousolatoris servatorisque nostri verbi 

Dei alacritas auimœ uoslrœ el tranquillitas 

calarailatuin lem[iore a I>eo obveniens , di- 

lalatio vocatur. 

S. Cyprian., Contra Démet.— Cum mala 
«ccîduflt, scialis banc iram Dei esse censu- 
ram : ut qui beneticiis non inlelligilur, vel 
plagis intelligalur. 

Idem., Tract, demortal. — Si qua condi- 
lione, qua lege crediderit Cliiislianus , no- 
scat et leneat; sciel plus sibi quam lœleris 
in sœculo iaborandum. — Hoc mter nos et 
cœleros interest qui Deum nesciuiit, quod 
illi in adversis querunlur et murmurant, 
nos adversa non avocant a virtutis el tidei 
verilate, sed corroborant in dolore. 

S. Cyp., serm. 4, De immort. — Nisi prae- 
cesserit pugna, non,potest esse Victoria: 
cum fuerit in pugnae congressione Victoria, 
tune datur vincenlibus el corona. Nam gu- 
bernator in terapestate dignoscKur, in acie 
miles probatur. Deiicata jactatio est, cum 
periculum non est : confliclaiioin adversis, 
probalio est veritatis. Arbor quœ alla ra- 
diée lundala est, venlis incumbenlibus non 
niovetur; et navis quœ forti compage soii- 
data est pulsatur tluclibus, nec lertur. tt 
quando area Iruges lerit, venlos grana fortia 
et robusla contemnunt, inanes paleœ tlatu 
portante rapiunlur. Sic et Paulus posl nau- 
tragia, posl tlagella, post carnis el corpons 
gravia tormenla, non vexari, sed emeudari 
se dicil in adversis. 

EusEB., Comm. in Psal., t. I. — Exspec- 
ians exspectavi Dominum et intendit 7nihi. 
[Psal. xxxix, 2.) Quoniam tribulatio patien- 
tiam operalur : patienlia aiitein probatio- 
nem, probalio vero spem : spes autem non 
confundit. {Rom. y, 3, 4, 5.) Jure quidem 
iustus non IVustra exspec.iat, sed spem in- 
tendens suam, nec desperans de ea qua^ a 
DfO est salule, m patienlia persévérai. 
Ouanivis non statim atque prc^catus est 
Jxaudilus fueril, altamen sperando perma- 
iiei, ac persévérai in obsecialionibus el 
oialionibus. Quod si quandoque labaïur, 
ulDavidi accidil, contilelur non ignorare 
se quousque nialorum devenerit. Si vero 
postea resipiscens a lapsu se relrahal, gra- 
lias agel, nolumque t'aciel omnibus ex 
uuali luiseriœ gurgile se eduxeril medicus 
et servalor animœ ipsius; quare dicel : 
Eduxit me de lacu miseriœ et de lulo fœcis. 
(Psai. xxxix,3.) Id porro oblinebil quia 
exs[)eclans exspeclavit Dominum. Lacus 
luiseriœ, profundum peccali , lulum Isecis, 
lutosi (;ori)Oris voiuplales, m quas delapsa 
Sinima dcmergilui" et quasi in protundo 



108 



obruilur, non injuria appellaveris. Qui igi- 
lur ex bis emerserit , el Salvaloris dexira 
ediiclus es!,ac deinde ad |)ur<im el reclam 
rationcm aniraœ suœ vesligia tirmavii, mr- 
rilo dicat : Et eduxit me de lacu misertœ et 
deluto fœcis. 

S. HiLAR., Ep. 18, in psal. cxviii. - Si 
quando raorbi vexabunt, passioiies et cru- 
cialus corporum desœvient, damna defati- 
gabunl, luclus et orbitales affligent ; semper 
ulamiir bac qua Propheta usus est voce, 
dicens : Justus es, Domine, et rectum judi- 
ciumtuum. {Psal. cxvni. 137.) Meminenmus 
enim primum eura, qui universorura Do- 
minus est, justum esse, et judicia ejus 
recta esse. Cur enim in suos iniquus sil? 
Cur in eos quos ipse genuit, injuslus sil? 
Bonilalis suœ immensitas non sinil istud 
de eo existimari. Genuil nos non ad inju- 
riam, genuit nos ad originis nostrœ natur» 
dolorem. Si quid est quod palimur, es 
judicio bonilalis suae accidit. Vinci diabo- 
luiu palientiae nostrae virtulibus deleclatur 
et probari nos per luclus et dolores et 
damna desideral : ut nihil in servos suos 
saeculi polestas sibi esse juris et domina- 
tionis inlelligal. Quœcunque jussil, jusia 
el testata el verasunt. — El quia rarumest 
horum observanlem esse ; et difficile est 
inconcussara tidem inter bas sœculi procel- 
las et inter haec humanorum viliorum nau- 
Iragia dirigere; quia si quid adversi accidit, 
prona in Deum querela est. Deum enim 
inler damna sua avarus accusai. Deo cum 
invidia tleluum suorum orbalus irascilur. 
Deo injusliiiam, qui ad contessionis glo- 
riam perseculionibus probatur, exprobrat. 
Universorura stultissima haec querela est, 
cum injuslitiae Deum per impatienliam 
impii doloris accusant.— Urgeanl licet pu- 
gnae, inlenlenlur exsilia,proscriptiones ad- 
bibeantur, mortes non dico inieranlur, sed 
cum pœnarum ingeniis innoveniur; vox 
lamerr ea esse semper tidelis vin débet : 
Tribulatio et angustia invenerunt me : man- 
data autem tua meditatio mea est. ( Psal. 
cxvni, 1^3.) Non vi occupante, non obli- 
vione lemporis subrepenle, medilalionein 
a nobis niandatorum Dei abesse convenu. 
Idem, Enarr. in psal. cxviii. — Quique 
persecuti suut me, adjuva me. Propheta Da- 
vid graves meminil esse persecutorum mo- 
leslias; et quia iuslo utiles sint, non putaf 
amovendas. Periculosa namqae otiosœ hd.'i 
pax esl; el faciles securis exctibiis insidiao 
sunt. Bellis aulem exercilalum virum non 
cilo doli capient : el glorioso cerlaraino 
opus esl, ut vicloriœ corona deleralur. OU 
quod non oral sibi adiuii causam cerland', 
sed inbui auxilium vincendi. 

S. Athanas. Doctrina ad monachas, 1. 11. — 
Habeas in corde tuo palienliam, exspeclans 
Dei auxilium, major quii)pe illo esl diabolo , 
le impugnaule, quemadmtdum plerumqiie ^ 
dicilur: Major est qui in nobis, eo qui in 
raundu esl : et Psalmisla : Non timebo mata, 
quoniam tu mecum es. [Psal. xxii, k.) El : Do- 
minus itluminatio mea et Salvator meus, quem 
timebo? [Psal. xxvi, 1.) Eliamsi Consistant 



IrtO 



ADVEUSITAS 



n» 



inme castra, non thnehit cor meum. (Ibid..S.) 
Et : Dominus mihi ndjutor, et ego despicinm 
inimicos meos. {Psnl. xvii, 6 ) Non onorlct 
igitur eura qui Domino servit, difTiilert^, 
quasi non ah eo seroper proteguur, ipse 
pamque dixit : Non te deseram, neque le de 



delerius contingat. Omnil)us hic deniinliot 
sermo : utinani voro oranes aures audiant! 
Non enira ornnis auris corporea quée ver- 
bum immissum recipif, continuo etiam iii- 
Ira coî^itniionera adnailtit. Jdcirco aieb.it 
Salvator: Qui habet aures ad audiendum , 



relinquam. {Hebr. xiii,5.) Si enim illuiii po- audial [Matth. xi, 15), cum homines allô 
suisti refugium tuurn, non accèdent ad te quereturqui carneis auribus non carebanf 
niala, et flagellum non appropinquabit ta- Andiat ilaque Jesum omnishomo, et neam 



bernaculo luo, etc. Ouapropler borlor vos, 
fratres, nullatenus maligno cedamus, ncqiie 
nos raorti tradamus ob quamcunque volu- 
piatem, sed meraores eorum qu^ nobis re- 
ftosita sunt in cœlis bonorum, haec oinnia 
despiciainus. 

Idem, De virginit. f— Cor purum ha- 
beiiles , ii cum adhuc in terra sint pœnas 
tamen infcrorum cernunt; iidera quociue 
cœlestia doua. Quomodo igilur non potorit 
non higere qui isla videl? Plorat ut vindi- 
cetur a diris pœnis, atque iterum plorat et 
deprecalur, utdignus liai illoruni cœleslium 
bonorum muneribus. — Oui liabet requiem 
suani in hoc mundo, ne speret œternam re- 
quiem se posse consequi. Regnum enim 
cœlorum non eorum est qui hic oriantur, 
sed qui in muita tribulatione vilam transi- 
gunl.Non enira id gratis accipiunt, sed cum 
ingenti labore et maximis sudoribus iilud 
sunl adepli, quotquot eo digni sunt habili. 
Non illis curœ est quantumcumque hic de- 
lassentur, si quidem illuc ingressi oblivi- 
scuntur laborum et doiorum quos per|)essi 
sunt in mundo isto vano, pree mulla illa et 
inenarrabili requie quœ data est ipsis. 

S. Cyril. Hieros., Hom. in Paralyt. — Ne 
amplius pecces, ut ne libi delerius aliquid 
contingat. [Joan. v, 14.) Per unum (Par;»ly- 
licum) do'îet mullos. Non enim ad illuiu 
unum ioquilur, sed ad nos omnes. Si enim 
aliquando in morbos aut œrumnas, aut ca- 
lamitales inciderimus, nemo ascribat Deo. 
Deus enim ul malis ientari non potesl, ita 
ipse neminein tentai. {Jac. i, 13,) — Ne 
amplius pecces, ne aliquid libi delerius con- 
tingat. Audial hanc sentenliam quivis ho- 
mo : Et qui anle scorlalor eral, vitiosum af- 
feclum abjiciat, quique avarus eras, largus 
eleemosynarum lias. Audial qui rapuil alié- 
na: Ne amplius pecces. Maxima est Dei in- 
juriarum oblivio, profusa gratia. Al tu cave 
ne nimiam palienliam in oecasionem con- 



|)lius peccet : sed adcurramus ei qui peccata 
condonat. Et sivemorbo laboramus, adeum 
confugiamus; sive animaî raaio quodau) 
cruciamur, medicum scientiae (auclorem) 
sequamur : sive esurimus, panem recipia- 
inus: sive morlui sumus, resurrectionern 
acci|)iamus : sive in ignorantia consenui- 
nuis, sapienliara ab ipsa Sai>ienlia postule- 
mu s. 

S Greg. Nyss., Oro^ Debeatitud., t. 1. — 
Ne doleamus igitur, et 8egreferamu5,l'ratres, 
terrenis nos expelli atque prohiberi ; nan» 
qui liitio migraverit, in cœlesti regia diver- 
saiur. Duo hœc in creatura rerum univer- 
sarum sunt elementa, habitationi rationa 
lis naturcie attributa, eœlum et terra. Locus 
eorum, qui per carnem vitam sorliti sunt, 
terra : crelum autem incorporeorura est : 
recesse est igitur, vitam nosiram prorsus 
alieubi esse, nisi ex terra pulsi et ejecti 
i'uerimus, in lerra prorsus manemus ; ,«i 
hinc abierimiis, in cœlum traducemur. Vi- 
des quo ducal bealitudo, per idquod trisie 
et acerbum videtur, tanti boni tibi conci- 
îiatrix existens 1 — Quid est id quod coiise- 
quimur? quodnam est illud praemium? 
quaenam illa corona?Non videtur mihi ali- 
quid aliud esse quodiibet eorum quee spe- 
ranlur, praelerquam ipse Dominus. Ipse 
enim est praeses moderatorque certantium, 
et corona vincentium; ille est qui dividit 
hœreditatem : ille bona bœreditas est, ille 
bona porlio; ille est qui tibi porlionem 
largiiur; ille est qui ditat; ille ipse divi- 
liœ, qui et oslendit libi thesaurum, et thé- 
saurus lilii existit; qui et cupidum te bon;i> 
margarilœ reddit, et venalis libi recte ne- 
goiianti mercantique prostat. Ul igitur illum 
adipiscamur (sicutin ibro lit) iis, quee h.ibe- 
nius, coiijparemus id quod non habeinus. 
Ne conlristemur ergo cum agitamur, et per- 
secuiionem patimur, quinimo potius eliam 
iseiemur, quoniam per id quo pellimur aU 
iis, quae in terra habentur iu prelio, ad cœ- 



templiis vertas : neve quia louganimis Dius leste bonum compellimur, secundum euiu 



esl, idcirco pecces; verum deiuceps carna- 
les tuos alTectus da operam uî sanes. — 
Nemo ilaque sit in carne ; sed in carne cum 
sil non secundum carnem ambulet. {II Cor. 
X, 2, 3.) Non enim vult Aposlolus ul nos a 



qui proraisit beatos fore eos, qui propter 
i|)sum agilati, perseculionemque passi siui; 
quoniam illorum sil regnum cœlorum. 

Idem , orat. 8. — Qui vere tidem sus- 
ceperil, et dissecuerit ea quae maie coa- 



mundo penitussegregantesmalum non ope- luerintconsueludinis vincula rumpens, non 

remur; sedul in carnem posili, carnem ser- spécial ea quœ reliquit, sed quœ peiil: ne 

viluti subjiciamus, et ejus imperio non le- queoculum convertit ad id quod alergoju 



neamur. Non serviamus, aed imperemus : 
cibo ulamur moderato; non venlris inglu- 
vie abrepli, sed frenum ventri injicienles, 
ul et alfeclibus infra venlrem sedem haben- 
libus moderemur. Gubernetur ab anima 
corpus, nec a carnalibus voluptalibus ani- 



cundumest, sed ad proposilum bonum con- 
lendil : neque damno rerum universaium 
conlrislatur, sed lucro cœleslium lœlalur; 
proplerea omne suppliciorum genus lan- 
quam subsidium et auxilium propositi gau- 
dii haud cunctanter excipil : ignem laii- 



lua trahalur. iVe amplius pecces, ne quid tibi quam materiœ puriticalorem : gladium tau- 



m 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



112 



qunm diretnptorem conjunclionis qua mens 
cuin carnalibus coaluit : alque iti summa 
dolores et labores quicuiique excogilari ' 
possunl, tanquara medicamenlum noxio 
voluplatis veiieno adversans. — Nam quo- 
niam per voluptatem inlravit peccatum, per 
contrariura prorsus expelletur. 

Arnob., 1. I adv. gent. — Eventa omnia 
quae fiunt commodulis non noslris, sed ip- , 
sius pendendasunt rationibus ordinibusque 
naturee. — Tu audeas dicere, Hoc et illud 
est in raundo raahim, cujus explicare, dis- 
solvere neque originera valeas neque cau- 
sara. Et quia tuas impediat deliciarum for- 
sitan et iibidinum voluplales, perniciosuni 
esse alque asperum dicas? 

Idem, 1.11 adv. ^en^ — Nihilesinobis pro- 
missumadhancvilam.necincarunculœhujus 
folliculo constilutis, opis aliquid sponsum 
est. Quinimo edocti sunius minas omnes 
parvi pendere : ac si quando ingruerit vis 
qufiepiamgraviorquamtinem necessesit con- 
sequi, eam non limere, noc tugere, quo la- 
ciliusexui corporalibus possiuius e vincu- 
lis, et tenebrosam évadera cœcitalem. Itaque 
islaquaaidicilispersecutionisosperitaslibe- 
ratio nostra est, non persecutio ; necpœnam 
vexatioinferet,sedadlucemlibertaliseducet. 
Lactant., I. m, c. 25, Divin, inslil. — 
Nemini mirum débet videri, si pro noslris 
delictis sœpe casligamur a Deo. Imo vero 
cum vexamur ac premimur, tum maxime 
gralias agimus indulgenlissimo patri, quod 
torruplelam noslram non patitur lungius 
procédure, sed plagis ac verbcribus emen- 
uat; ex quo intelligiraus , esse nos Deo 
furœ, quibus, quoniam peccaums, irascitur. 
Idem, i. VI. — Nemo dubilat, quin timidi 
et imbecillis sit animi, aut dolorem melueru, 
aut egeslatem, aut exsilium, aut carcerem, 
aut mortem. Quae omnia (juisquis non exhor- 
ruit, lortissimusjudicatur. Qui autem Deum 
moluil, illa universa non meluit, ad quod 
probaiidum, opus argumenlis non est. 

S. Ephr., De recla Vivendi ralione. — Quod 
igné ellicilur, igni solel ubsistere. — lu len- 
tationibus et Iribulatiouibns validum te 
prœbe, voluptatumque ardoribus resisle. 

Idiim, in xllud 1 lim. iv, 16 : Attende tibi, 
c, 5. _ Tribulatio muudi diliicilis et sme 
mercede: tribulatio autem ex parte Dei spem 
vitœœternee repositam habet. 

S. Basil., hom. in psal. xxxiii. — Nihil 
luiims Christianum decet, quam ut in rébus 
])rosperis benedicat quidem Bumino ; con- 
ua veroquapiam calamitate alilictus laudes 
itticealDei : cum tum magis eiiam sil bene- 
dicendum ; ut qui novtrimus, quod quem 
diligil, erudit el casligat. Igitur sempej- laus 
ejus in ore meo. [Psal. xxxm, 2.) 

Idem, hom. Quod Deus non est auct. mali. 
— Nosce unum vere malum esse peccatum, 
CUJUS tinis perdilio est : allerum vero appa- 
rens, lanluu) malum, vim alioqui boni lia- 
beus, sensibus afllictioncmprœbens ; qucm- 
admodum calamilales, quarum Iruclus 
salus est animaruiu œlerna. 

S. Greg. Naz., orat. 17. — Rcnuit conso- 
larianijna meu. (Psal. lxxvi, 3.) Audisue 



anxietatis et dosperationis verba? Nam quis 
te Davidis causa limor invasit, quasi incu- 
rabili morbo laboraretl Quid ais? Non ad- 
raittis consolalioneml Negas tibi solalii 
spem ullam superstitera esse 1 Nihilne tibi 
medebitur? Non sermo, non araicus, non 
propinquus, non monitor, non doloris 
socium se praebens, non res suas adversas 
exponens, non vêlera commemorans, non 
prœsentia cura illis coraparans, atque osten- 
dens quam mulli horaines etiam ex atrocio- 
ribus mails evaserint? siccine projecta sunt, 
interierunt, concisa sunt omnia? siccine 
spes omnis periit? Nec quidquam aliud su- 
perest, quam ut jacenles et supini tineni 
exspectemus? Heec magnus ille David, qui 
alioqui in tribulationiOus dilatatur [PsaL 
IV, 2j; qui, vel mortis umbra ciraimfusus 
[Psal. xxii, k), Del tamen ope obnixus, 
adversus eam exsurgit. Quidnain igitur me 
lacère j'ar est, me |)arvum et imbecillen), 
me terrenum, nec tanta spiritus facultata 
preedilum ? David œsluat, neque habet quo 
se verlal, cl quis salvus esse poteril? qusB 
res mihi laboranti, vel subsidio, vel solatio 
luluraesl?Adqueminangustiamredactusfu- 
giam? Tibirespousumpreebet David, magnus 
ille medicus, ac malos etiamspiritus per Spi- 
ritum in ipso habitantem incantans. (/ lieg. 
XVI, 23.) Ad (jucMn confugies ex me scire 
cupis, nec per le ipse iiiielligis? Quis est, 
qui lanyuidas vianus roborat, et genua disso- 
luia confirmai {Isai. xxxv, 3j, et per igneru 
ducil, cl per aquauj salutem aUlrlîISihil, 
inquit, instrucia acie opus est, non armis, 
non sagitlariis, non equilibus, non consul- 
toribus, non amicis, non externo subsidio. 
Auxiliares copias in teipso habes, quae et 
tibi, et mihi, el cuivis in |)romptu sunt. 
Velle lantum oportet, animiquo impelum 
atl'erre. In propinquo est consolatio in ore 
tuo, et in corde tuo. Memor fui Dei, inqu.t 
{Psal. Lxxvi,^.), et delectatus sum. Quid me- 
moria ()aralius? Tu quoque, memor eslo, 
et deleclare. facilem medicinami O cele- 
rem curandi rationem 1 ingentem hene- 
licii magniludinem ! Non modo animi im- 
becillitaiem mœsliliamque sedat Dei recor- 
dalio, sed et delectalionem parit. 

Vis alia insuper divinae erga humanum 
genus benevolentiae testimonia producam ? 
Si, inquit {Isai. xxx, 15), conversus ad Do- 
minuin ingemuerisy lune salvus erj*. Videlis- 
ne quemadmodum salus cum gemilu con- 
juncia siu? Et adliuc le loquente dict-t : Ecce 
adsum {Isai. Lvni, 9J , et loquetur animée 
tuafi, Salus tua ego sum. {Psal. xxxiv 3.) 
Nihil inier peliiionem el impetratiouem in- 
lercedil; non aurum, non argentum, non 
splendidcfi et eximiae gemiuœ, non cœtera 
quibus hominuiu mentes ad lenitatem et 
clementiam intlectunlur. Postquam dixii 
Sophouias, tanquam ex Dei irati et indi- 
gnanlis [)ersona loquens : Peniius désertas 
fuciuni vias eorum ut non sit qui ingrediatur. 
Vefecerunt civilates eorum, eo quod nuilus 
supersil, nec inliabitcntur {Isai. m, (i) ; pos.- 
quam acerbissima quicque minatus est, 
pustquam summo mœroi e animus consterua - 



113 



ADVERSITAS 



lii 



>it, ac minarum caliginem effudit, spoi mê- 
lions lumen statira inducit, meq-iie liujus- 
modi oratione recréât et reficit : Venimtamen 
dixi : Timete me, et accipite disciplinam, et 
non disperdimini de oculis ejus. {Ibid., 7.) 
Aliquantoque ulterius progressus, laetiori- 
bns adhuc humanioribusque verbis utitur: 
Ne languescant manus tuœ. Dominus Deus 



rel, ciim habeat quod aliis raagis possit ju- 
bero : quod iii paupertale ingemiscat, qui 
[)0[est supra mumii 0|)es esse : [p.deli enim 
tolus mundus divitiarum est,) quod ignobili- 
tatemdefleat, quidebealdespicere regias pp- 
testates, divilibus et potenlibus imperare. 
Haecenira vita jusli, qui etiam quas habeat 
facultales, communes aeslimare debeat, imo 



tuusin te est. In tempore illo dicet Dominus : etiam inopibus dividere , recidere voliipta- 



Bono animo esto, Sion, qui te salvum facere 
potest, et inducet super te jucunditatem, et 
innovabit te per dilectionem suam, et contritos 
coltiget, et oppressas servabit^ et ejectos ad- 
tnittet. {Ibid. 16, etseq .) Hœc sancti viri, 
liœc raliones voiunt, haec mea postulat ora 



tes proprias, tenuare snraptuoi , adhibero 
parcimouiam temperanlise, sobrielatem lo- 
nere in prosperis, paiienliani in adversis, 
in dolore tolerantiam , magnanimitatera in 
periculis, sanilatis perpetu» vota nescire, 
mortis imminentis terrore non concuti, ne- 



tio. Vos aulem suscipite sermones prudentiœ que eum prœstantiorem puta'-e oui secun- 
(/'ror. I, 3), ut est apud Salomonem, ne tan- dum naluram iiberi, 



dem in profundum malorum prolapsi, con- 
lemnalis, atque ab imperitia veslra polius 
quam a moleslia et dilTicultale, in qua nanc 
eslis, absorbeamini. 
S. (iBEG. Naz., ibid. — Prudenter illi 



propinqui, salubritas, 
laetitia, aflluentia redundaverint, quam cui 
illa defuerint : neque exierni sœculi , sed 
virlutis domesticœ merilo pensare. 

Formam jusli est, ut nihil metuat , nisi 
virtutis dispendia, aliorumque vanas formi- 



faciunl, qui calamilalibus erudiuntur.j dum dines comprimât quas habeant de periculo 

ilils, velut auniiu igue, purgantur, Davidi- rum sollicitudine, morlis timoré, corporis 

cum illud in orahabenl : Boniim mihi, quia infirmilate; ut doceat dissolvi corpore et 

humiliasti me, ut discam juslificationes tuas esse cum Christo multo melius; ut ostendat 

(Psal. cwiu, 71.) Quod videlicel ea res jus- quia operationes non impediunlur debilita- 

titicatiouum D..'i cognilionem pariât, quippe tibus corj)oris , sed augentur, neque spU-n- 

Petrum imitantur, Salvaloris opem , cum dore generis, aut propinquorum subsidiis, 



jam pêne merg-eretur [Mallh. xiv, 30), im- 
pioranlem : qui denique ob dolorem ad 
Deum sese magis adjungunt, ac beneticio- 
rum omnium aucturem per afflictionem sibi 
conciliant. Quandoquidem œgra anima Deo 

i)ropinqua esl ; ac [lenuria i[)sa eliicit, ul ad 
)eum (jui largiendi poleslatem liabet, nos- 
raelipsos contVramus, qui alioqui lortasse 
ob etl'usam liberalitalem conleuinitur. Quo- 
circa, fratres, oculos in cœlum erectos ha- 
beamus, in omni tempore atque omni 
adverso lerum evenlu bonam s[)fm praele- 
ramus, neque vel in prosperis rébus limo- 
rem, vel in adversis spem abjiciamus. Me- 
naores simus, lum tempeslatis in Iranquil- 
lilale, tum gubernatoris in lempestale : nec 
in aliliclioiubus frungamur anirais ac debi- 
lilemur, noc improbos servos imilemur, qui 
contitenlur quidem Domino cum benefacit 
eis, verum eidem coriipiendi nequaquam 
pari studio et voluntale adjunguntur; cum 
lamen inierdum accidat, ut doior sanilale, 
el patienlia remissioue atque indulgentia et 
visnalio neglectu, et castigatio venia melior 
sit et prœstabilior, atque, ut rem in pauca 
conferam, sic nos inslituamus, ut nec pro- 
I)liT calamitatescoMcidamus, necproptersa- 
lurilalem insolenlia elîeiamur. 

S. Ambros. I. I liexam., c. 7. — Mala non 
sutit nisi quœ crimine menlem implicant. 
Cœlerum pauperiem, ig!ii)l)ililalem, œgritu- 
tlinem, morlum, iiemo sapiens mala dixeril : 
quia nec contraria istis, in bonis habentur 
maximis, quorum aiia nobis ex natura, alia 
ex commodiialcaccidere videnlur. 

Idem, L. de Jacob, el vit. beat., c. 6. — 
Jublus , eum qui illa miserabililer deHeat, 
corripiet et quasi ignavum arguet , quod 
plus in cor[)oris usu quam in animi virtule 
couslilual; quotl ea quibus serviat dcside- 



aut ûpibus, sed bonocoramendanturaUV-clu. 

idem, Tract, de mans. fil. Isr. — Post 
Marach {id e.'^f amaritudines) , venerunt 
tandem ad pa/mas, venerunt ad fontes : per 
quod inslruimur, quod qui asperitatibus 
l)rœgravantur, eos tandem leeta et amœna 
loca suscipiunt : quoniam ad requiem non 
nisi per laborem, et ad gaudia nonnisi per 
tristia pervenilur. 

Idem. , in psal. i. — Qui diligit, in omni 
statu suo débet servare diuturnœ chariiatis 
alîectum. Paler diligit filium, diligit etiam 
cum arguit, cum verberat. — Castiyat enim 
Dominus omnem filium quem recipit. El tu 
cum casligaris, dilige; quia ideo castigaris 
ut recipias. Nam quid grande est, si luno 
diligas Dominum Deum tuum cum tibi abun- 
danl omnia? 

Idem, in psal. xxxv. — Cura irascitur in 
reum, dilfert : cum miseretur, pro|)erat, m 
absolvat : terrel ut corrigat ; prœvenit ut 
ignoscat. 

Idem , »^ psal. cxviii. — Non sunt con- 
dignœ passiones hujus lemporis ad futuram 
gloriam : Quisquis enim meliora speral, 
nunquam levioribus fiangitur. 

Idem, ibid. — Proposuit Dominus in por- 
tions possessiones, in portione honores, in 
porlione nobilitalem. Re[tosuileliamin [)or- 
tione seipsum. Habes plurimas porliones, 
elige quam putas. Non te numerus perlur- 
bel, sed excilet gralia : non te labor aver- 
lat, sed fruclus invitet. In portione divina 
geiuitus et labores sunt : liœredes sumus 
Dei, cohœredes autem Christi; si tamen com- 
palimur,ut simul glorificemur. 

Jdem, ibid. — Exerc^iamur indefesso me- 
ditalionis usu, eserceamur ante cerlamen, 
ul simus (-erlamini semper parati : et cum 
iVe([ucniiar adversarii iclus ingruerit, nun« 



DICTIONNAIRE 



415 

inopia, nunc rapina, nunc orbitale , nunc 
corporisœgriliidine, nunc mœrore animi , 
nunc terrore mortis , nunc acerbilate pœna- 
rnm, dicat unusquisque noslrum qui potu- 
erit suslinere : Nisi quia lex tua meditalio 
inea est, tune forte periissem in humililate 
inea, iPsal. lxxvii, 92.) 

Idem, ibid. — Christus suos castigat quos 
diligit, aliènes tanquam generali damnationo 
impietatis adsiriclos, pœiia damnât œterna. 

S. Ambr., De morte Salyri. — Quid in liac 
vita experimur ad vers! ? Quas non procellas 
tempestatesque perpetimur? Quibus non 
exagilaraur incommodis ? Cujus parcitur 

uieritis? . 

Idem , L. de Offic. — Pauperlas , famés , 
dolor, quœ putanliir mala, non solum impe- 
dimenta non sunt ad vitam beatara, sed 
eliara ad meritum adjuvant. Unde dicitur: 
Beati pauperes spiritu : beati qui esuriunt. 
S. Chrysost., hom. de Irislitia. — Patres 
omnium maxime tilios amant ; et mensa 
prohibent, et flagella infligunt, et aniciunt 
ignorainia,etaliisinfinilis talibus lascivien- 
tes pueros corrigunt. Sed lamen patres sunt, 
7ion tantum dum honorant, sed diim hoc 
faciunt, ut tune maxime paires suit, cum 
bœc faciunt. Si autem et homint^s, qui lu- 
rore et ira sœpe abutili déclinant, non cru- 
delilate, sed cura et charitate, quos amant 
punire putanlur : multo magis de Deo sic 
sentireoportet, omnem excedenle palernam 
chiuitatem, propriœ bonilalis cumulo. 

Nequepecuniœjactura, neque calumniae 
el convicia, neque exsilium , neque morbi , 
neque cruciatus , neque id ipsum , quod 
omnibus terribilius esse videtur , mors, 
pcrferenlibus damnum atfert, sed utililatem 
polius : quibus rébus mihi potes ostendere 
quempiam lœdi, quando his non laeditur? 
Ego enim contrarium deraonstrare conabor : 
nempe , qui maxiraa damna ac detrimenta , 
et incurabiies clades perforant, eos esse qui 
inferunt. Quid enim miserabilius esse pos- 
sii, quam Gain, qui talibus modis fratrem 
accepit? Quid infelicius uxore Philippi, quœ 
Joanni caput abscidil?Quid Iratribus Joseph 
(|ui eum venumdederunt, et in exsilium re- 
legarunl? Quid diabolo, qui Job tôt malis 
iiilecii? Non enim ceeterorum dunlaxat sce- 
lerum : sed ita quoque non vulgares insidia- 
rum pœnaàdabit. Cernis non modo nullum 
incommodumeos qui perferunt insidias, ab 
jnsidiatoribus accipere, verum eliam id 
omne in caput insidianlium converti. Quo- 
iiiam enim nec in divitiis, neque in liberta- 
tp, neque iu habitanda patria, neque in cae- 
leris hominissita est virtus, sed in anim;e 
recte faclis : merilo cum horum fil jactura 
nihil delrimenti accepit virtus horauiis. Quid 
igitur si ipsius philosophiae jacluram quis 
laciat? Neque hic, si laeditur ab alio lœdi- 
lur, sed a se ipso; quomodo, mquies , a se 
]pso? Cum quis cœsus a quopiam , aul la- 
culialibus exutus, aul aliquam aliam gra- 
A'em perpessus injuriam , blasphemum ali- 
(iuod protulit, hic aûectus est quidem dam- 
no, eoque maximo, non tamen ab mjurio, 
£,ed a propria pusillanimi'ale. 



DE LA TRADITION. **^ 

S. Chrysost., hom. 6,inMatlh., L VII. — 
Cur, quœso, ita gaudes et diffluis lot red- 
dendis obnoxius rationibus, qui tremendo 
illi tribunali sistendus es, de tuis omnibus m 
hac vita gestis ralionem accurate redditu- 
rus? Etenim de iis quœ vel sponte, vel in- 
viti, fecimus, rationem reddemus : Qui 
enim, inquit, negaverit me coram homini- 
bus, et eqo neqabo eum coram Pâtre meo, qui 
incœlisest, [Matlh. x, 53.) Atqui illa nega- 
tio (aliquando) non voluntaria est, et tamen 
supplicium non effugit , ejusque dabimus 
pœnas, et lam eorum quœ scimus, quam eo- 
rura quœ nescimus : Nihil enim mihi con- 
scius sum, inquit Apostolus, sed non in hoc 
juxliâcatus sum. (/ Cor. iv, k.) Sive ignoran- 
tes si ve scientes peccemus : Testimonium enim 
mis perhibeo, inquit, quia œmulationemVet 
habent, sed non secundum scientiam. [Hom. 
X, 2.) Verum id illis ad purgalionem non 
suflicit. Corinthiis autem scribens, aiebat: 
Timeo ne sicut serpens Evam seduxit astulia 
sua, sic corrumpantur sensusvesfri, et exci- 
dant a simplicitate quœ est in Chrislo. (Il 
Cor. XI, 3.) Tôt tantorumque facinorum 
rationem redditurus, sedes ridens, urbanas 
facetias proferens , et voluptali indulgens? 
Sed si id non fecero, inquies, si luxero, quœ 
mihi hinc utililas? Mulla sane, et tanta 
quantam explicare non possim. In sœcula- 
ribus enim judiciis, quantumvis plores, noa 
effugies supplicium post latam sententiam ; 
hic vero, si ingemiscas tantum, sentenliam 
sûlvisti et veniara consequeris. Ideoque de 
luclu sœpe Christus nos admonet, et eos 
qui lugent beatos prœdicat, illos vero qui 
rident, miseros déclarai. 

S. Hier., ep. 1 ad Heliod. —Erras, fra- 
ler, erras, si putas unquam Christianuui 
perseculiouem non pati. Tune maxime op- 
pugnaris, si te oppugnari nescis. Adversa- 
rius noster tnnquam ko rugiens circuit quœ- 
rens qucm devoret ; et lu pacem putas? 

Idem , in Jerem., c. 9. — QuoUescunque 
angustiis subjacemus, mala recipimus a Deo, 
et examinamur perseculionibus; ut quid- 
quid in nobis alterinœ materiœ est, tribu- 
lalionum et miseriarum exuratur ardori- 
bus : Argentum enim Domini igné examina- 
tum, probalum terrœ, purgatum septuplum. 

S Hier., epist. ad Ueliodorum. — Quis 
non iribulari veiit? Quis se non roaledici 
desideret, ul nieiealur Christi voce budari, 
cl cœlesti copiosaque mercede muneran / 

S. SALViàN., De vero et providentta Dei, 
]. VI. —Sicut optiuji et perilissiini medici 
oist,imilibus morbis curas dispares prœ- 
slaiil,alque aliis per dulcia medicamnia, 
aliis per amara succurrunt: el quosdam cu- 
rant cauleriorum adustione, quosdam lua- 
laguialum placabilitate : aliis adhibeiit du- 
ram ferri seclionem, aliis blandam inlun- 
dunt olei lenitalem, et lamen diversissimis 
licet curis eadem salus quœrilur: lia eliam 
Dcus nosler, si quando nos plagis austerio- i 
ribus coercet, quasi cauleriis el seclionibus 
curai: quando autem rébus prospens re- 
fovet, quasi oleo ac malagmatibus consola- 
lui-. Per diversam eniiu opcm, ad unam nos 



«17 



ADVERSITAS 



iig 



vult perducere sanitalem. Soient quip[)e 
etiam nequissimos servos, quos siip[)licia 
non correxeruni, blandimenta corrigere; 
et quos dominis suis verbera non subniise- 
rinl, bénéficia submittunt: infantes quoque 
et onines fere parvulos contumaces, quos 
niorigeros minœ ac feiulœ non etficiunt, in- 
terdum oscula atque blandiliœ ad obedien- 
liam trallunt. Uudo inlelligere debemus, 
nos et servis nequissimis nequiores, et in- 
sipientibus parvulis stulliores esse, quos nec 
quasi malos servos tormenta corrigunt, nec 
quasi inlaniulos blandimenta converiunl. 

S. Greg., in hom. sup. Evany. — Ple- 
rumque poslquam in hoc mundo non pos- 
sumus obtinere, quod volumus; poslquam 
in terrenis desideriis de impossibilitate las- 
samur, tune nientem ad Deum reducimus, 
lum placere incipit, quod dispiicebat: et 
quae nobis amaraiuerant prœcepla, repente 
dulcescunl in memoria. Peccalrix anima, 
quœ adultéra conala esse non potuit, de- 
ternii esse tideliler conjux. Qui ergo hujus 
luundi adversitatibus fracti ad Dei amorem 
redeunl, atque a prœsentis vitee desideriis 
corrigunlur : quid isti, fratrescharissimi, nisi 
ut inlrenl, compelluntur? 

Idem, in Job, 1. xxui, c. 22. — Via est vila 
prœsens, qua ad palriam tendimus; ideo 



nem cons.slere inlelligunl, (nam alii [)ro 
peccalis pœnas solvent, alii [iro splendidiore 
certant coroiia ), facile debeant lentaliones 
perferre, et non solum non Iristarl, sed et 
gaudere incredibililer oporiere valide a/Tîr- 
uiamus. Hinc enim curari qused-im pro- 
miltit B. Paulus damans: Dum judicamur 
a Domino corripimur , ut non cum hor. 
mundo damnemur. (/ Cor., xii, 32.) Quos- 
nam vero coronœ gralia conlendere, divi- 
num lestatur oraculum a Deo ad Job pro- 
ialum : Putasne me aliter respondisse tibi, 
quam ut appcireas justus? Quin igitur sive 
hoc, sive illo exerueamur modo, bona ceito 
nulrimur spe bealiludinis. 

S. AuGusT., De verbis Domini, 1. ii. — 
Nemo frangilur adversoruiu moieslia, qui 
prosperorum delectalione non capilur. 

Idem, serm. 18 super Matth. — Ideo Deus 
felicitalibus terrenis amariludines miscel, 
ut alia quœratur félicitas cujus dulcedo non 
est fallax. 

S. AuGUST., in serm. ad Lippium. — Noii 
admirdri, frater, si poslquam chrislianus 
etfeclus es , mille te undique tribulationes 
vexant. Quoniam Christus nostrse religiunis 
capui est, nosque ejus membra sumus. De- 
bemus ergo non solum eum, sed ejus vitam 
cumulalissime sequi : vita enim Christi re- 



conlerimur frequenliperlurbatione, ne viara spersa fuit angusliis plurimis: sumnia [)au- 

pro palria diligamus. Soient enim nonnulli pertale circumdata, a Scribis et Pharisœis 

vialores, cum amœna fortassis in itinere derisus, tandem propter nos peccalores 

prata conspiciunt,pergendimorasinneclere, morti turpissimae iraditus est. Ùnde con- 

et a cœpli itineris reclitudine declinare. jectura est, cum te Deus immensis perse- 

Eleclis auiem suis Deus, ad se pergentibus culionibus corripit, le in elecloruui suorum 

iter hujus mundi asperum reddit : ne dum numéro députasse. Nam sine hujusmudi 



quisque vilae prœsentis requie, quasi amœ- 
nilale viiee pascilur, obliviscatur patriœ. 

S. Greg. in Mora/. -^Omnipotens elec- 
torum suorum udversarios temporaliler per- 
uiitlit excrescere, ut per malorum saeviiiam 
purgelur vila bonorum. Nunquam quippe 
Dominus adversariis bonos permittei, nisi 
jn quantum prodesse viderit. Nam dum in- 
justi sœviunt, jusli purgantur, et ulilitati 
innoceniium militai vila pravorum , dum 
banc et premendo humiliai, et humiliando 
fiemper ad melius format, quia mala repro- 
borum bonos dum cruciant, purgant, uti- 
iilati justorum miliiat eliam potestas pra- 
vorum. 

Ibid. — C[im recognosco Job in slerqui- 
Jinio, Joannem esurienlem in eremo, Pe- 
Irum exlensum in patibulo, Jacobuui docol- 
Jatum ab Herudis gladio : cogilo qualiler 
Deus in l'uiuro cruciabil, quos repiobat : 
qui ita dure allligit, quos amal. 

Idum, sup. Ezech. — Donis suis Deus fla- 
gella permiscel, ut nobis omne quod nos 
in sœcuio deleciavit, amarescat ; etillud in- 
cendium surgai in animo, quod nos semper 
ad cœlesle desiderium inquietel et excitet, 
atque (ul ila dicam) deleclabiliier mordeai, 
sudviler cruciel, hilariler coulrislel. 

S. IsiD. Pelus., episl. 96, I. v. — Quod in 
aliéna telicitute proprias miserias clarius 
jnlueanlur omnes, qui lentationibus exer- 
centur, manilesluui est: quod vero qui 
suam in lis, vel curalioncm vcl prubalio- 



tril)ulalionibus nequaquam ad Deum per- 
venire possumus. Omnes enim, qui ad pa- 
radisum redire desideraut, oportet Iransire 
per ignem et aquam ; sive luerit Petrus apo- 
slolus, cui daicfi sunt claves regni cœlorum, 
sive Paulus vas eleclionis, sive Juannes, 
cui revelata sunt sécréta cœleslia : necesse 
est ut omnes dicant: Per mullas tribula- 
tiones oj)ortel nos inlrare in regnum Dei. 

Idem, sup. psai. xxi. — Inlelligat homo 
medicum esse Deuru, et tiibulatiunem me- 
dicamentum esse ad salutem, non pœnam 
ad damnalionem: sed medicamento posilus 
ureris, secaris, clamas: non audit medicus 
ad volunlalem, sed audit ad sanitalem. 

Idem, ibid. — Flagellum inlerius et exte- 
rius gloriticat. Peccalorem compellit nolen- 
tem, erudit ignoranlem, cuslodil currentem, 
prolegit inhrmantem , excitai tor[)enlem , 
humiliât superbientem, |)urgal pœnitenlem, 
coronai innocenlem, inilial ad moilem per 
virlulem. 

S.Cyril. Alex., m Gen. \. iv,t. l. — Ve- 
rissimum est quod qui pie vivere voluerint 
in Chrislo Jesu , perseculionem patientur, 
[Il lim. m, 12. j Insultant enim ipsis in- 
star immanium ferarum lilii iniquilalis, 
censentes nimirum eorum qui recle vitam 
insliluunt splendorem ac gloriam, esse vel- 
uli incusationem quamdam condemnatio- 
nemque ipsorum improbilatis. Mala enim 
plerumque bonorum ap()licalione arguunlur, 
qua'que laiidabilia sunl, eorumque talia nuu 






I)D 



DICTfONNAIRE DE LA TRADITION. 



'120 



siiiit deformilalem propalanl. Quidnani igi- 
tur hinc? Invidiœ tela, ai in iis qui viclos 
Se scnliuDl, indignalioiiis flamma accen- 
* diliir, priiicipiura insaniae, occasioque iin- 
pielatis adveisus eos qui opdnie vivunt : 
qui lametsi aliquando in periculis el labo- 
ribus verscnlur, nunquam lamen in uni- 
versunj in lioslium poteslalera veniunl. Ne- 
(juaquam enim oonleuinet princeps sancio- 
rum eos qui pVo ipso periciitantur ; at()Oliiis 
eripiet,lacilequeadmoduin suf)etiorcs eos ii- 
liislrioresque efiiciel, laboribus intérim et 
œrunuiis eos ad toleranliam exercens. Coii- 
seniit vero huic rei etiam divinus Paulus 
iia scribeiis: Fidclis autem Deus, qui 7wn 
finet vos lentari ullra id quod potestis, sed 
faciet cliam cum tsntatione provenlum, ut 
possitis sustinere. (7 Cor. x, 13.) Ipsi vero 
etiam clamant in libro Psalmorum, qui in 
peiiculis versati, gravissimosque per,>ecu- 
(ijnum labores fortiter superarunl: Pro- 
basti nos, Deus, igné nos examinasti, sicul 
cxaininalur argcntum. Induxisti nos in la- 
(jucum; posuisti Iribulationes in dorso no- 
alro : imposuisti liomines super capita nostra. 
Transivimus per igncin et aquam, el duxisli 
nos in rcfrigerium. {Psal. lxv, 10, 11, 1*2. j 
Audis quo paclo ea in quibus probantur, 
œgre ferre minime iiorunt; gaudeut vero 
poilus, lanquam vicloies déclarât!, et ex- 
periujento ipso id quod sunt, cognili, sum- 
mamque |)ietatis palienliaui lestantes. 

TuiiODOH., in Èpist, ad Rom., t. 111. — 

Scienles quod tribulatio palienliain operutur, 

patienlia autem probalwnem , probatio vero 

tpcm, spcs autem non confundil. {liom._ v, 

3, i, 5.) Quando aiiqua uiolesla quempiam 

eircumsederinl, si fortiter ferai eorum im- 

pelus, prubalus efficitur, et fulurorum sj)e 

. nititur. Jlla autem non est falsa, sed verum 

liabt't. Hoc enim est quod ail : Non con- 

fundit : nempe quia qui speiant , et spe fal- 

huilur , erubescuni et pudore aftîciuntur. 

Quia charitas Dei diffusa est in cordibus no- 

stris per Spiritum sanclum qui datus est 

nobis. {Rom. v, 5.) Sancli enim Spiriius 

gratia, quam per baptismum acce[)imus , 

Mostrum in Deiim desiderium aoceudii. 

Deinde etiam docet causas amuris. 

S. Leo Mag., epist. 128 od AnutoL, [. I. 
edit. Lugd.— Cerlum est tribulatos ani- 
mes, el propler iiomen suum patientes 
adversa, nequaquam Domini proteclione 
(lestitui. Ferle igilur magnanimiter, et il- 
Jam quœ veslra est, patriam cogiiantes , de 
prœsenli peregrinatione gaudete; absit a 
vobis exsilii dulor, nec aliquid de liac lali- 
galione mœroris habealis, qui scilis pro- 
])ler lidem Dommi eliam de periculis plu- 
rimis Apostolum gloriari. Habeiis caui 
j)r<fiparalis reiribulionis prœmii-< islius 
cerlaminis icognitorem. Nemu fugial liuiic 
laborem cujus merces est in œteruum re- 
gnare et vivere. 
^ S. FuLG.i ad Venant., De recta pœnit. — 
JBenignitas Dei ad.pœnitenliam no^ adducit, 
■ ideo nos tribulation'bus ailligil, inlirmila- 
j libus corripit , angusliis eruait , ut qui in 
i^ttuilalecorooris ueccavimus, in iniirmi- 



taie a |)eccatis abslinere discamus: qui m 
lœlitia raiserioordiam Dei contempsimus , 
coire|)li flagello tristiliœ justitiam ipsius 
formidemus. Jla fit, ni qui nobis abutendo 
sanitate, infirmitatem peperimus, per infir- 
niilalem sanilalis bénéficia reparemus; et 
qui per Jœlitiam in Iribulationes incidi- 
mus, [)pr Iribulationes ad lœtitiam recur- 
ramus. Denique magis erga nos dileclio- 
nera Dei flagellis et correptionibus Scri- 
ptura sancla lestatnr ostendi. Dicit enim : 
Fili, ne deficias in disciplina Domini, 
neque fatigeris , cum ab eo increparis : 
quem enim diligit Dominus , corripit, 
llagellat autem omnem filium quem recipit. 
[Prov. III, 11, 12.) Sed et ipse Saivator 
illos se dicil amare, quos arguit : Ego, 
inquiens, quos amo , arguo el castigo. 
{Apoc. ni, 19.) Et aposlolorum doelrina 
preedicare non cessât, quia oportel nos per 
7nultas Iribulationes introire in regnum Dei. 
(Act. XIV, 21.) Ipse quoque Dominus arctam 
viam el angustam dicit esse portara , quœ 
ducil ad vilain. 

Idem, i6îrf. — Neque vero putemus Iris- 
tiiiam liumilium el lœlitiam superborum , 
luctum piorum , el gaudium imi)iorum , 
futura posse relribulione privari : manet 
ulriusque condigna merces, divino red- 
denda judicio, quan) judex ipse tali co- 
gnoscitur decrevisse senlentia : Vœ vobis 
qui ridelis nunc . quia lugebitis et flebitis. 
{Luc. VI , 25.) Beati qui lugcnt , quoniam 
ipsi consolabûntur. (Matlh. v, 5.) — Tali- 
bus eliam nunc asserit Dorainura pro|)in- 
quare dicens : Prope est Dominus his qui 
tributato sunt corde , et humiles spiritu sal- 
vos faciet {Psal. xxxiii, 19) : in tantum 
vero prodest tril)ulatio chrislianis, ut per 
banc spiriius noster Deo sacrificium fiai. 
Scripliim namque conlinetur in psalmo l, 
19 : Sacrificium Deo spiriius contribulatus , 
cor contrit utn elJiumiliatum Deus non des- 
piciet. His et innumeris hujuscemodi lesti- 
moniis informati, principaliter ad Deuni 
converti, quanlo ocius feslineraus. Dicit 
enim Scriptura : Ne iardaveris converti ad 
Dominum. {Eccli. v, 8.) Conversi autem de 
remissione peccatorum nullatenus despe- 
remus, lenenles Domini fidèle promissum, 
qui ait : Cum conversas fueris , et ingemue- 
ris , salvus eris. {Rom., xu , 12.) 

S. GuEG. Mag., epist. ad Pasch. et ConsoL, 
t. 1. — Quia plus de animœ veslrœ sainte 
quam de terrenarum rerum utililate debe- 
tis esse solliciti, salulantes palerno affectu, 
borlamur ut mens onere Iribuialionis op- 
pressa , contra Deum non murmuret; ne 
post amissionem rerum , eliam animœ se- 
quantur dispendia. Nihil de [)ravis aclibus, 
nil cum i)eccalo, necessitale quasi la- 
cienlo, festinelis acquiiere : sed spem iu 
Uedemploris nostri misericordia habenles, 
qui confidentes in se non deserit , lolera* 
bililer quœ perlulislis incommoda susli- 
nete. Erigiie animes. Tribulatio vires non 
opprimai. Adversa sœculi patienlia superet. 
Pompam mundi mens secura des[)iciat. 
Actio veslra se ad ea quœ Dei sunt occuitet. 



iH 



ADVERSITAS 



122 



Considérantes quom niillura sit quidquid 
cisit)us subjacel, quidquid fine concluditur. 
lil cor se veslruu) uKra quara convenii , 
non atfligat , sed studeat qualenus in omni- 
polenlis Dei proleclione jure confidat: qui 
et non liabila donal , amissa re|)arat , el 
reparala cuslodit. Polens est enim si vos 
iii uiaiidaloruni suoruoi via ambulare co- 
gnoverit, el sic illata damna mulliplici 
compensaliono sarcire, et vitam vobis quee 
loto inagis adnisu pelenda est, œternam 
concédera. 

Idem, ReguL pastor., t. II. —Quia Jésus 
idcirco in carne venerat, ut non solura nos 
per passionem redimeret, verum eliam per 
conversationem doceret, exemplura se se- 
quenlibus prœbens, rex fieri noiuit. Cum 
cognovisset quia venluri essenl ut râpèrent 
eum, et facerent eura regem, fugit ilerura 
in niontem ipse solus {Joan. \i, 15); ad 
crucis vero palibulum sponle convenit. 
Oblatam gloriaiu culminis fugit, pœnara 
f)robro5(e mortis appetiil; ut membra ejus 
videlicet discerent favores mundi fugere, 
terrores minime limere, pro veritate adver- 
sa diJigere, prospéra formidando declinare ; 
quia et isla sœpe per lumorem cor inqui- 
iiant, et iila per dolorem purgant. In isiis 
se animus erigit, iii illis autem, eUamsi 
quando se erexerit, sternit. In istis sese 
homo obliviscitur, in illis vero ad sui me- 
naoriam noiens etiam coactus revocatur. la 
isiis sœpe el anteacta bona depereunt, in 
illis autem longe quoque lemporis admissa 
terguntur. Nam pleruraque adversitatis ma- 
gislerio sub disciplina cor premilur : quod 
si ad regiminis culmen eruperit, in elatio- 
iiem protinus usu glori» permulatur. Sic 
Saul, qui indignum se prius considerans 
l'ugerat, mox utregni gubernacula suscepil, 
iniuniuit : honorari namque coram populo 
cuj)iens, dum reprehendi publiée noiuit, 
i[)sum qui in regnum se unxerat, scidil. Sic 
David auctorisjudicio pêne in cunclis acli- 
bus placens, mox ut pressurœ pondère ca- 
ruit, iu lumorem vulneris erupil, l'actusque 
est in morte viri crudeliler rigidus, qui in 
appelitu feminae fuit enerviter fluxus ; et 
qui malisante noverat pie parcere, in bono- 
ruai quO(jue necem post didicil sine obsla- 
culo retraclalionis anhelare. Prius quippe 
lurire deprohensum persecutorem noiuit, et 
posl cum damno desudanlis exercilus eliam 
devolum militem exstinxit. Quem profeclo 
ab eleclorum numéro culpa longius ra- 
peret, iiisi hune adiveniam flagella revocas 
bent. 

D. IsiDOR.Hispal., Sent. I. m, detoler. div. 
correpl., t. II. — 1. iMurmurare in tlagellis 
Dei peccalor homo non débet, quia maxime 
jier iioc, quod corripitur, emendalur. Unus- 
quisque autem lune levius portai, quod 
patilur, si sua discusseril mala, pro quibus 
illi infertur retribulio justa. 11. Discal non 
murmurare, qui luale palitur, etiamsi igno- 
rai cur mala paliatur; et per hoc juste se 
yati arbilrelur, per quod ab illo judicalur, 
cujus nuiiquaiu injuslu judicia sunt. Qui 
UaKolla suiluict, et contra Doum murmurât, 



justiliam judicantis accusât. Qui vero se 
cognoscit a justo Judice pati, quod sustinel, 
etiamsi pro quo patilur ignorot, per hoc 
jam justiticatur, pro quo et se ipsum accu- 
sât, et Dei justiliam laudat. III. Dura ex 
rébus prosperis utiliajustus exempta prœ- 
stat hominibus, necesse est eura iterura el 
adversitatibus langi, qualenus ejus patien- 
lia comprobelur; ut denuo foriitudinis do- 
euraenta ex eo sumant, qui prosperitalis 
ejus temperantiam agnoverunt. IV. Qui 
passionibus aniiiiflD insidiante adverso cru- 
ciatur, non idcirco se credat alienari a 
Chrisio, quia talia patilur ; sed magis per 
hoc Deo commendabilem se esse existiraet, 
si dum haec patilur, laudel Deum polius, 
non accuset. V. Ad magnam utilitatem di- 
vino judicio mensjusti dirersis passionum 
tentalionibus agitatur, pro quibus si Deo 
gralias egerit, suseque culpae, quod talibus 
dignus sit, depulaverit : hoc quod ex pas- 
sione tolérai, ei pro virlutibus reputabilur, 
quia et divinam agnoscit justiliam, el suam 
inlelligil culpam. 

Idera, ibid., cap. de trih. just. — I. Jus- 
tas in adversis probari se cognoscat, non 
dejici. II. Viri sancli plus forraidanl prospé- 
ra quam adversa : quia Dei servos prospéra 
dejiciunt, adrersa vero erudiunt. Ideoque 
sancli viri constantia ita portare débet ad- 
versa, ut frangi non queal. III. Tune magis 
gunl Dei oculi super justos, quando eos 
aliligi ab iniquis Providentia superna per- 
mittit. Nara tune eis gaudia disponuntur 
leterna, quando prœsenti tribulatione pro- 
tanlur. IV. Omnes vitœ hujus tribulationes 
aquis compaiantur prœlereuniibus : pro- 
pierea, quia siquid in bac vila tribulationis 
acciderit, non stat sed celeriter transit. 
V. Qui vitae fulurœ prœmia diligenler ex- 
cogiiat, mala omnia vitœ prœsentis œquani- 
m)ter portai : quoniam ex illius dulcedine 
hujus amaritudinem tempérai; et ex œter- 
niiate illius brevilatem hujus despicit trans- 
itoriam. VI. Gravari diverso malo tempo- 
rali, pro ulilitate eorum est, quod vilœ 
istius mala perferunt ; quia cum dolore 
gravanlur cupiditatis èl luxuriae; vitiorum- 
que cœterorum mala non appetunt. Vil. 
Plus prodesse saluti lentationes saeculi, 
quam prosperitales (constat) ; nara ex pro- 
speritate in delerius itur, ex lentationis 
dolore in melius proficilur. VIII. Unusquis- 
que ad tentationem animum praeparare dé- 
bet. Minus enim, dum speratur, tenlatio 
gravai ; dure aulem prerait, si non speraia 
advenerit. IX. Sapienlis est contra omnia 
adversa anle medilari, nec inveniri casus 
debel , quem non consilia ejus praeve- 
niant. 

Idem, De eumm. bono, 1. m. — In adver- 
sitatibus luis non contristeris, in languori- 
bus tuis Deo gratias âge. Valere te magis 
anima, quam corpore : valere te magis menle 
opta, quam carne. Adversa corporis remédia 
sunl animœ. jEgriludo carnem vulneral, 
menlem curai. Languor vilia excoquit, lau- 
guor vires libidinis frangit. 

Idem, ibid. — Discal uou muriuurare, 



123 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



iU 



qui mala patitnr, etiamsi ignorât ciirpatia- 
lur. Per hoc quis(iue se ju>te pâli arbilrelur, 
quia ab illo judicatur, cujus nunquam in- 
jusla judicia sunt 

Idem. — Seinper Deus hic hos vulneraf, 
queis saluiem perpetuam praeparal. 

Idem. — Omnia adversa aequo animo to- 
léra. Dum tibi aliéna pericula memoras, 
railius portas tua. 

S. Maxim., t. I. — Nec peccalor aliquis, 
nec juslus, doloris anirai expers existit : 
sed dolet iile quMem, quod non omnino 
jiKiluiu reliquerit; hic vero, quod uecdum 
qiiod est vere honum adeptus sit. 

S. Paulin., ep. 16, ad Jovium. — Volup- 
tatum peslilera dulcedo, patriiB nobis obli- 
vionein lacit, cum hoinini Deuni, qui est 
|)atria omnium corauiunis , oblilterat; et 
illecebrae cupiditalum illam sirenarum fa- 
Lulam veritate cladis imitantur. Num quod 
illœ sirenae fuisse fiugunlur , id vere sunt 
illecebrae cupidilaiura, et blandimenla vitio- 
rum liabenlia in specie lenoeinium, in gustu 
venenum, quorum ususin criinine, prelium 
in morte numeratur. Has oportet ultra Ulyssis 
astutiaui cauti-, non auribus lanlum, sed 
oculis obseratis et animo, quasi navigio 
}»rœtervolaiUe fugiamus, ne sollicilati de- 
leclatione lelhitera, in crirainum saxa ra- 
piamur, et scopulo mortisadtixi, naufiagium 
saiulis obeamus. 

Atque ulinam vel nudis nobis ex istius 
niuiidi salo liceat evadere, si in lempore 
isto, quo in fragililate corporea et posses- 
sionum lubrico, lanquam in navigii fatis- 
cenlis inûda compage fluitamus , exuere 
nos ad enatandum impediraentis angentibus 
quasi vesiibus madidis; et tidem salutarera, 
qua in viitule Chriî.ti Dei vexillo cruels 
nitimur, quasi tabulam perfugii memineri- 
mus invadere ; ut de rébus fluentibus spera 
solidam compareraus, et de noxia cupidita- 
tuni uaateriai aliquid ad innocentiam salu- 
temque rapiaraus. Quo videhcet ut Deo 
servientes, cupiditatibus imperantes, neces- 
sitalis modo desideria tenuinemus, et ne- 
cessarios habentes habiius, non quœramus 
superlluos apparatus; quia recordari adrao- 
nemur nos nihil inlulisse in hune mundum 
neque auferre posse. {1 Tim. vi, 7.j Quae 
veiilas in tanlum valet, ut (ie gentibusquo- 
que philosophorum, qui vel extremas veri- 
talis lineas celsionbus ingeniis altigerunt, 
inquirendae tantum, neduui sequendae sa- 
j)ientiae vacari non posse senserint, nisi 
pecuniarum onera, quasi stercorum , etiam 
lu mare quidam projicerenl. 

— Mediocritate homo temperatus, neque 
a salulis sorte deiabitur, neque a dignilale 
iiaturœ; fitque conscius verilatis , couipos 
sapientiœ, servusjuslitiœ, liber erroris, do- 
iiiinusque vitiorura, quibus anima uon^Deo 
serviens servirj damnatur. 

S. Greg. Naz. — Circuius quispiam est 
rerum humanarum , frutres, ac Deus nos per 
contraria erudit, ut qui, quemadmodum 
-, sapienter omnia consliluit, ac colligavit; 
ita pari quoque sapienlia , omnia pro suis 
judiciis , qucfi nec lucnto assequi, nec i)er- 



vestigare quis possil, regat et gubernel. 

S. Cbrysost., ex serm. ad Stngir. — Hoc 
unum nobis persuasum esse débet, cuncta 
ad utililatem noslram a Deo gubernari : quo- 
nam aulem modo gubernenlur, non jam in- 
vesligare, nec quia hoc ignoremus, mœrore 
et moleslia affici. Hœc enim scire, nec pos- 
sumus, nec expedit : alterum quidem quia 
niorlaies sumus ; allerum, quia cito in arro- 
ganliam etferremur. 

S. JoAN. Dainasc. Sac. parall.^ t. II. — 
Aiunt nonnulli :Gnr jusli imbecillilate et 
inopia laborant; injusli contra robore atque 
opibus pollent? Quid ita, ut illi coronenlur, 
lii autem sempiternis suppliciis delinean- 
tur. 

Quœsiist) quid causas sit, quamol)rera hoc 
conslilulum a Deo sit, ut vir bonus mœreat 
et opf)rimalur, alius contra, qui perquain 
improbis moribus sit, in hilaritate et opi- 
bus verselur : et cur alleri prospéra omnia 
lîontingant , aller nulla in re quod cupiat 
assequatur? cur, inquara , ille valeat, hic 
adversa valeludine laborel? curque vir pro- 
bus a daemone alïligaïur, malus vero inleger 
et incolumis vivat? Ne curiose inquiras ea 
quae caplum excedunt tuum : verum hoc 
solum noscas, Dei volunlate et senlenlia 
orania geri, n^c exactissimam eorum ratio- 
nem quaeras. Paulus, vir ille tantus, imper- 
vestigabilia Dei judicia esse pronunliavit. 
Quocirca fieri nequil ut |)edum Domini con- 
siliorumque ipsius vesligia quisquam asse- 
quatur. Judicia enim ejus, ut ait Propheta, 
abyssus muUa. (Psal. xxxv, 7.) 

Beda, in Jac. i, t. V. — TristaCur aliquis 
vestrum? Oret : œquo animo est? Psallat. 
{Jac. v,'^13.) Qui supra in pressuris ad invi- 
cem fratres ingemiscere prohibuit , nunc 
quid e contrario gerendum sit ipse demon- 
filrat. Siquid,inquit, alicui vestrum Iristitiae 
deprimentis, vel ab aliis hominibus illata 
forte injuria ingruerit, vel culpa accidenté, 
Tel domestico damno preeoccupante, vel alia 
qualibet ratione vos contristari contigerit, 
nequaquam illa hora ad invicem raurmura- 
turi, et [Je Dei judiciis querelas deposituri 
convenialis, sed potius ad ecclesiam con- 
currentes, flexis genibus, Dominum orale, 
ut consolalionis suae graliam miltat, ne vos 
Iristilia saeculi quae morlem operatur, ab- 
sorbeal. Ipsi quoque crebra psalmodiœdul- 
cedine, nocivam mœstitiae pestem vestro 
de corde repellite. Infirmatur quis in vobis, 
inducat presbyteros Ecclesiœ. [Ibid,, 14.) 
Sicut dederal cunlrislalo, sic dal consilium 
el inlirmanti, qualiter se a murmurationis 
stuililia lueatur, juxlaque modum vulneris, 
iHodutii ponit et medelae, Irislalo })rœcipiens 
ut ipse pro se oret et psallat , inlirmanti 
autem vel corjiore vei fide mandans, ut qui 
niajorem sustinuit plagam piurimorum se 
adjulorio, et hoc seniorum curare memine- 
rit. 

Idem, ibid. — Ne indignemini, si mali in 
hoc mundo tloreant, et vos palimini : quia 
non est Christianae religionis in mundo 
exallari, sed deprimi. Mali nihil habenl in 
tœlo , vos nihil in mundo, sed spo vilius 



12S 



ADVERSITAS 



flô 



tollat me, dalits est mihi stimulus carnis 
meœ, angélus Satanœ, qui me colaphizet. 
[Il Cor. xir, 7.) Aliquando propter peccata 
sua horaines patiuntur mala ad correctio- 
nera, sicut isle paralyticus, vel sicnl Da- 
undo probus recle dicitur, qui cœptam boni ^'d' qui propter uxorem Uriœ perseculio-' 
operis aclionern probe perducit ad calcem. "em passus est a «lio. Aliquando dalur 
Probalio vero spem, spes et ;desideriuin fu- 



boni ad quod tenditis, quidquid in via con- 
ligerit, gaudere debelis. 

Attoh., Exp. Epist. ad Rom., pari A.—Pa- 
tientia autem probationem. (Rom. v,4.)Proba- 
tio est perfectus et nobilis mentis status : 



turorum bonorura. Unde et spes dicilur, 
quasi est pes .• sicut enim aliquis ad cerlum 
locuu) pedibus tendit, ita et sancti spei vir- 
tute ad gaudia senipilerna festinant. Unde 
contrario in malis dicitur desperalio : qui 
eniiu desperat , eundi voluntatera non ba- 
bet. Spes autem non confundit {Ibid., 5), quia 
non liuiet; non eniin tlmorein incutit; sed 
potius repcllit. Unde Joannes : Perfectacha- 
ritas foras miltit timorem. ( / Joan. iv, 
18.j Cur autem non confundat, aperitur cuiu 
subilitur : Quiacharitas Dei diffusa eslin cor- 
dihusnostris. Ditrusamcharitatemideodixit, 
ut ejus latitudinem insinuaret. Unde Psai- 
njisla : Latum mandatum tuumnimis. {Psal. 
cxviii, 96.) 



morbus alicui, ut per sanationem ejus, sive 
per Deum, sive per famulos ejus collatam, 
Deus glorificetur; sicut ille qui natus est 
ceecus de quo dicilur in Evangelio : iVe- 
que ipse peccavit, neque parentes ejus, sed ut 
manifestentur opéra Dei in illo {Joan. ix, 3) ; 
aliquando ad , inchoationem damnationis 
œternœ, ut in bac vita mala recipianl 
(sic), ut jam in prœsenti pœna eorum in- 
cipial, et in fuluro perdurel. Hoc (pertu- 
lil) Herodes, qui omnibus membris disso- 
lutus est, et ita mortuus est. 



S. Bern., L. de modo bene vivendi, t. II. 
— Soror honesta, o sponsa Christ!, vis a 
peccalis tuis purgari? In pœna te accusa, 
et Dei justitiara lauda. Ad purgationecp 
tuam sufFicit, si ea quae pateris, ad justi. 
S. Ansel., J^ar/ior^ — Quid agis, homo? tiam Dei retuleris, si pro irrogata infir- 
Qaid quasi juraentum versaris in mundo? mitate tu hurailis Deum glorificaveris. Cor- 
Sapienlem et discretorem creavit te Domi- ripit enira le Deusflagello piœ castigaiionis, 
nus. Ne assimilari velis lis quibus deest eiercet in le disciplinam; et qui parcendo 
prudenlia, invigila, o miserandel miserere te a se abjiciebat, feriendo clamât ut re- 
lui. Eslo sapiens , accède, noli timere , os- deas. Venerabilis virgo, cogita quoslibet 
tende vulnus tuura et otfer medicamentum mundi cruciatus : intende animo quascun- 
lacrymarum et fletuum. Eslo velut nubes ad que mundi pœnas, quoscunque lormen- 
proferendam pluviam lacrymarum, ut possis torum dolores, quascunque dolorum acer- 
exslinguere flammas peccalorum. — Audi, bilaies ; compara hoc lolum gehenna? , et 
anima, quœ loquor; ausculta quœ dico ; levé eril quod paleris. Soror amabilis, si 



attende quœ moneo. In inflrmitalibus tuis 
non conlristeris. In languoribus tuis gralias 
âge Deo, valere te raagis animo opta quam 
corpore, valere te magis opia mente quam 
carne. ^Egriludo carnem vulnerat , mentem 
castigat. Si prosperilas arriserit,înon extol- 
Jaris. Si adversitas acciderit, non dejiciaris. 
Si contigerit calamilas, pusillanimus non 
existas. Habeto temperamenlum in prospe- 
ris, habeto patientiam in adversis. Probari 
le in dolore cognosce, ne exalteris. 

iEqualiseslo inomnibus, mentem nec gau- 
dionecraœrore commutes. Omniaœqualijure 
sustine, ad nullam insolentiam comiiiuteris. 
Nuilus le casus imparatum inrenial, nul- 
lus sit casus quem non meditatio tua prœ- 
venial. Propone libi nihil esse quod non 
possit accidere. In secundis meditare quo 
pacto adversa feras ; futuras semper com- 
miniscere nùserias. Cedit adversus casus 
consilio : advenientes impetus frangit prœ- 
meJilalio. El ad bona igitur, et ad mala 
cor luum prœpara : et bona et mala, prout 
♦iveniunl, porta : adveisa et prospéra ut 
occurrunt toléra ; ' quodcunque evenerit 
susline menle libéra 



limes, pœnas inferni lime; islœ ennn pœnse 
temporales sunt, illœ œieriiœ : in istis pœ- 
nis raoriendo lormenla recedunt, in illis 
morlendo œlernus dolor succedit. Si enira 
conversa fueris, emendalio est quod pale- 
ris. Converso instantes plagse ad purgalio- 
nein proficiunt. Qui enim hic casligatus 
corrigitur, illic liberatur ; qui vero nec sub 
flagello corrigunlur, et temporali pœna et 
œtèrna damnantur. El in hoc prius judican- 
tur sseculo; et illic denuo in fuluro. His 
duplex est pœna et damnatio : geraina his 
percussio est, quia et hic habent judicia 
tormentorum, et illic supplementum pœ- 
narum. Manus igitur Dei te ad pœnam Ira- 
didit, indignatio Dei te allligi jussit. Ipse 
iralus jussit le mala omnia experiri, soror 
reverenda ; nam quod et corporis débili- 
ta tibus frangeris, quod carnis morbis alli- 
ceris, quod languorum slimulis cruciaris, 
quod passionibus aniraœ qualeris, quod 
mentis anguslia torqueris, quod crescente 
impugnalione malignoruni spiriluum agi- 
laris, hoc ipsum pro peccalo tuo libi divina 
Tua contra te diinicant 



justitia irrogat. 

arma, sagitlis tuis plagaris, telis luis vul- 
neraris : per quœ enim peccasli, per hœo 
VEN.HiLDEB.Serm.— Aliquando Dominas et torqueris. Quia secuta es carnem, tla- 



suos tiibulari permiltit, ut |)er patientiam, 
luajorem coronaai mereanUir, ut Job. Ali- 
quando ad custodiain viitutum, ne boni 
jn superbiam extollanlur, sicut Aposlolus 
dt- >e ail : l\'c magnitudo rcvcUuionuin ex- 



gellaris in carne; iin i[)sa gemis, in qua 
peccasti. Soror amabilis, in ipsa carne cru- 
ciaris, in qua deliquisli : in i[)sa libi est 
censura snpplicii, in cpia luit causa peccali. 
Unde corruisli ad vilia, indo suslines toi- 



127 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



128 



nienta. sponsa Christi, juste argueris, cella juste te contHrit, juslitire pœna te 
;uste flagellaris, justo judicio judicaris.Pro- oreMnit. 

Vid. verb. Afflictio, Tribulatio. 

^DIFICATIO 

Vid, verb. Boxum Exemplum. 

iEGROTATIO 

Vid, verb. Morbus, Unctio extrema. 

iEQUITAS 

Vid. verb. Justitia. 

iEMULATIO 



[Ex SS. PalribLUS.] 

0RrGEN.,5e?ecfa in Psalm-, t. |II. — Ne 
cemulalus fueris eum qui prosperatur in via 
sua, in hominc faciente iniquitatem. (Psal. 
XXXVI, 7.) Fréquenter si videamus iniquum 
in prosperis successibus, et inea quam du- 
cunt l'elicitale vitae positura, scandalizaraur, 
et periculum fidei incurrimus , atque in 
corde nostro adversum divinam Providen- 
tiam conqiierimur dicentes : Quid prodest 
juste agere ? ecce justi tribulantur, hic in- 
juslus féliciter agit. Injustus est, et ad surn- 
mas divitias pervenit,Jiouorum ac potesta- 
lurn exceisum culmen ascenJil; forlassis 
iiiclius est inji]stuin esse quam justura. Hœe 
intirmaB et fragiles aiiiraae eliam si non oro 
proferunt, in cortie suo tamen loquuntur, 
cura viderint iniquos prosperis successi- 
bus agero in via sua. Et ideo nobis man- 
(lati tiujus medela succurrit ne cum hflec 
videriraus, œmulemur, id est ne irrite- 
mus Dominum adversum nos loquendo talia 
in cordibus nostris : sed recogilare ,debe- 
nius, quia praeseiis saeculuin eorum est qui 
fulurae bealitudiuis non habeiit spem. Et 
ideo palieiiler feramus illos bis successibus 
prosperis agere, perci[)ere l)ona sua in vila 
sua, donec veniat et nostrura aci quod invi- 
tai! suiniis, et cujus nobis repromissa sunt 
bona, <id quod rospicimus, in quod spera- 
juus, cujus bona non sicut in hoc saeculo 
lanquam uiubraî praetereunt, sed permanent 
in œlernum. Impossibile aulem est, et in 
prœsenli sœculo bona oonsequi, et in futuro. 
Nficesse est euiiu dici uni ; « Quia consecu- 
tus es tu bonr. in vita tua {Luc. xvi, 25) : » et 
alii, « Quia consecutus es uiala (Ibid.) : » et 
aller pronialis bona, etalter pro bonis mala 
recipiat, sicut exemplo sunt ille dives et 
Lazarus. Ideo ergo Noli œmulari ineo qui 
prosperatur in via sua, in homine faciente 
iniquitatem. 

Idem, ibid. —Noli œmtdari ut nequiter 
facias. (/^sa/. xxxvi,8.) Noli, inquil Psalmista, 
in aemulalionem nequiliœ CcPteros provocan- 
do,etiam ipse nequam fieri : quia œmuialio 
uiali vincere semper in malilia alium slu- 
det. 



S. Basil. Reguî. hrevius tract., t. H. — 
Sane œmulalio est, cura quis ne altero vi- 
dealur inferior, aliquid sludet facere. Con- 
tentio autera est, alios per ea quae quis fa- 
cit, cum ostenlalione atque jaclanlla pro- 
Tocare et exstimulare ad similia. Nara ali- 
quando Apostolus, fada contenlionis nien- 
tione, continenler adjungit inanera gloriam, 
his rerbis : Nihil per rontenlionem, neque 
per inanem gloriam (Philip, u, 3) : aiiquando 
vero inani gloria prius meraorala, una cum 
bac, prohibet quoque conlenlionera alio 
iiomine inquiens : Non efficiamur inanis 
gloriœ cuj)idi, invicem [>rovocaules. JGal. 
y, 26Ô 

S. Greoor. Naz., oral. 25, 1. 1. — Hoc plii- 
losopliia non jam conteinnef, ac pro nihilo 
putabit, quippe cujus hoc raunus et studium 
sit, ui de vila humana prœclare mereatur. 
Prima [lorro bene merendi ratio est, re- 
rum honestarura comraendalio. Laus enim 
zelum parit : zelus autem virtutera ; virtus 
porro beatiludinera : hgec vero renim ex- 
|)etendarum culmen est, ad quod omnis 
probi viri agitatio tendit. 

Idem, apud Joan. Damasc.f t. II. — Nec 
hoc nomine prœclare de te sentias, quod 
malis melior appareas ; sed dole le bonis 
inferiorein esse. 

S. AtABn., Enarr. in psal. xxxvi,t.I. — Noli, 
inquit Psalmista, malignari inter malignan- 
tes : neque œmulatus fueris facienles iniqui- 
tatem. [Psal. XXXVI, 1.) Primum discamus 
quid sit œmulari ; licet minor vis ser- 
inonis hujus sit in Lalino, quam in Grœco. 
Nara et in bono œmulationem legiuius , 
et in malo. Denique Apostolus dicit : Bonum 
est œmulari in bono semper. {Galat. iv, 18.) 
Et supra ipse dixit : Mmulantur vos non 
bene : sed excludere vos volunt, ut illos œmu- 
iemini. [Ibid., 17.)Etiterum ipse ait :JEmu- 
lamini meliora charismata. (/ Cor. xii, 31.) 
El ad Komanos habes : Dico ergo, nunquid 
sic offenderunt, ut caderent ? absit I sed il- 
lorum delictum salus est gentibus, ut illos 
œmutentur. (Kora. ii, il.) Et infra : Vobis 
enim dico gentibus : quandiu ego sum gen- 
ium Apostolus ministeriummeum illustrubOf 



120 



/EMULATIO 



t30 



si guo modo œmuïer carnern wieam, et salvos calum snstuleris, diaboli nervos succidisti, 
faciam aliqiios ex ipsis {Ibid-, 13, li); lioc ejus capul conlrivisti, cjus vim omiiem 
est alliciaii'i carnem meam. — Cognosce par- soirisli, cxercilu/n iîliim (Ji-sipasti, sigriunj 
tes esse nequissimœ deteslabilisque versu- 
liœ, improba œraulatione alterius animara 
commovere ; aliudque esse zelum , aliud 
para zelum. Hœc est enim prava œmulatio, 
quœ bonorum subintrataireclum;: qua eliarn 
Judffiijs eiravit qui a vero et bono evange- 
ïicœ disciplinae itinere, dévia legis aemula- 
tione , deflexit; sicut de-se Apostolus ait 
{Philip, m, G), quod secundum œmulatio- 
iiein legis persequebatur Ecclesiara Christi. 
S. Epur., De virtut. et vitiist t. I. — lieali 
qui œmulalionietinvidiaenoû est obnoxius: 
nam œraulalio et invidia dépendent a se in- 



oiuniuni signoium maximum exiiibuisli. 
Non meus est hic sermo, sed beali Pauli. 
Cum di\isselenim, « ^ruiiiaminicharismala 
meliora, et adhuc vobise\cellenliorera viani 
demoiistravi ; » non subjunxit, signura, sed 
charilalem omnium radicem bonorum. Si 
ergt) hanc exerceamus, et piiilosophiara 
omnem inde sequenlem, non 0|)us habe<bi- 
mus signis; sicut si non exerceamus, ni-li»! 
nobis signa proderunt. Hœc ilaque omnia 
cogitantes, ex quibus Apostoli ujagni eva- 
serunl, haecœmulemur. Undenam illi magni 
effecli sunt? Audi Potium dicenlem: Ecce 



vicem, et qui allerutram liabet, utramque nos reliquimus omnia, et seciili siimus te, 
habet. Vero igilur bealus, qui in hœc vilia quid ergo erit nobis? {Matth. xix, 27.) 



non incidit, nec ab aliquo istorum vuine- 
ralus est. Nara qui injuste l'ralrem suuin 
œmulatur. cuu] diabolo condemnabilur. Vin- 
cilurœmuiator: laboral odio et inimicitia. 
Bono aiiorum angitur progressu.Qui aulem 
ab œmulatione et invidia alienus est, nun- 



Idem, Slip. Gen. — ^mulari misericordii>m 

Dei debemus. 

Idem, in Ep. ad Cor.^ hom. 32, t. X. — 

Dœmon invidel quidem, sed hominibus, 

dœmonum vero nulli. Tu vero, homo, cum 

sis, liominibus invides, et adversus con^ri- 



quaiualiorum profeciu crucialur : de honore bulem et congenerem insurgis, quod neque 



alterius non turbatur, neque de dignilate 
dolet. Cunclos enim se mehores prœslan- 
tiorûsque ducit, indigniorem se aliis, om- 
iiiumque iniliBum reputans.Qui invidia ca- 
ret, honores non sectatur, gaudet cum gau- 
dentibus, gloriam piH^priam non quœrit, ad- 
juval proticienles, cum prœclure in(;edenti- 
bus exsullat, et bene beateque vivenles lau- 
dibus célébrât. 

Si fratrem recte viventem viderit, illura 
nequaquami impedil, sed ad melmra cohor- 
tatur, viresque ac nervos ei addit. Si alium 
viderit requiescentem, eum nonciiminalur, 
sed illi graiulalur. Si quem peccasse vident, 
non proscindil conviciis, sed recie admo- 
nel. Si iratum viderit, non exacerbât, sed 
in charitate illum lenire ac mitigare, et ad 
coucordiam pacemque dirigere studet. Si 
quem mœrore atfeclum adspexerit, non de- 
spicit, sed utili blandoque hune sermone so- 
Jutur ac sublevat. Ignorantem rudemque 
instruit, et ad rectam virtutis semilam redu- 
cere erraniem conalur. Si quem psalmodiœ 
lempore dormitanlem otTenueril, sedulo eum 
excitât. Et ut puucis tuulia, qui œmulaliunis 
uiviiiiœque expers est, in nulla re pruxi- 
nium suum deiudit, sed cuuctis aliorum 
piogrussibus alque virlutibus lœlatur. 

Vid. verb. | Invidia, lit. de invidia et 
œmululione, ubi specialiter de invidia ira- 
clal idem doctor. 

S. Chrîs., hom. 33, al. 34, in Matili., 

l. VII. — Magnus dœmon est peccatum, di- 

lecle, et si illud ejeceris, majus quid,iiaiu 

lecisli, quam qui mille dœmoiies expuleiit. 

Audi Paulum dicentem, et viriulcm miru- 

culià anleponentem : ^mulamini aulem, in- 

quit, ihurismata spirilualia, et adhuc excel- 

lenliorem viam vobis oslendo (/ Cor. xn, 

31); et hanc viam postea exponens, iioii 

} morluos suscitâtes dicit, non lepru>osmuii- 

> dalos, nonaliudsimilequidpiam ; sed pruhis 

"' omnibus charitatem posuil. 

Idem., hum. 47, al. W, t. VII. —Si pec- 



dœmon facil. Ecquam eicusalionem et de- 
fensionem habebis ? cum videris l'rakem 
prospère agenlem, contremiscis et palle-^, 
cuiu oporteret coronari, lœlari et exsjltare? 
Si autem veiis eum œmulari, non impedio. 
^mulare , sed ut illi, laudem sibi.conci- 
lianti, similis sis. Non ut illum dejicias, sed 
ut ad idem culmen pervenias, ut eamdem 
virlutem exhibeas. Hœc bona est œmula io: 
imilari, non impugnare, non dolere de alie- 
nis bonis; sed moideri de piopriis maiis : 
cui rei contrarium l'acit invidia. Nam pro- 
pria negligens mala, de alienis bonis labes- 
cit. Pauper enim non ita a pauperlale sua 
moideiur, quam a pioximi copiis ; quo qukl 
gravius fuerit?ille qui()pe in hoc, uvaro 
eliam pejor est. llle enim cum quid accc- 
perit, gaudet; hic vero cum aiius non acce- 
peril lœlatur. Quamobrem obsecro hanc 
malam relinquenles viam et ad zelum bo- 
num mutari; nam lalis zelus vehemens est 
et igné vehementior ; magna inde [)ercipia- 
lis bona. Sic et Paul us Judœosad hdem de- 
ducebal dicens : Si quomodo ad œmulandum 
provocem carnem meam, et salvos faciam ali~ 
quos ex illis. [liom,, xi, 14-). Nam qui ita 
œmulatur, ut ille volebat, non tabesciicum 
vident alium in bona exislimalione esse, 
sed quando viderit se non id assequi. 

is. AvGViiT., Expos. Epist. ad Galat, c. 5, 
t. 111, p. II . — Ne qui» arbitieiur huc esse 
iuviijiam quod est œiuuiaiio : vicina enim 
suiit, et propieripsam viciniiatem |)lerum- 
que uirumiibet horum pro ailero, vol œmu- 
latio pru invidia, vel invidia pro œmul.- 
lione punilur. Sed quia uiruu;que hic lo- 
cis SUIS dictum est, utique distinoiionem do 
nubis tlagilant. Nam œmulatio est dolor 
aiiimi, cum alius jtervenil a<J rem, quam 
duo pluresve appelebanl, et nisi ab um» 
baberi non polesi. Istam sanat pax, rjua 
id ajipeiimus, quod omnes quiappelunl, si 
assequantur, unum iu eo huut. .invidia 
vero dulor animi est, cum iadignus videlur 



rsi 



DICTIONNAIRE DE 



aliquis assequi, etiam quoa tu non appete- 
bas. Hanc sanat mansueludo, cum quisqae 
adiudicium Dei revocans, non resistit vo- 
lunlatiejus, et niagis ei crédit recleiaclum 
esse, quam sibi quod putabal indignum. 

Idem, Enarr. in psal. xciii, t. IV. — 
Jntetligite nunc qui insipientes estis in popu- 
lo, etySttdtialiquando, sapite. {Psal. xciii, 
8.) Populuin suum Deus erudit, cui possunt 
commoveri [)edes, quando félicitâtes ini- 
quonmi videl horao, jam bene vivens in 
numéro sanctorum Dei, id est in numéro 
liliorum Ecclesiœ, videt quia florent mali, 
et faciunl iniquitatem, et aemulatur eos, et 
adducilur ut imitetur iacta ipsorum; quia 
videt quasi nihil sibi proiiesse quod bene 
vivat humilis, hic S|)erans mercedem. — 
A patrefamilias non exigere> antoquam 
opereris? Et ista toleranlia ad opus luum 
pertinet, et a Deo exigis antequam ope- 
raris, et hoc ad mercedem pertinet. Mi- 
nus vis facere in vinea qui non vis tole- 
rare: quia etipsa tolerantia ad ipsam ope- 
raiionem pertinet, ut invenias mercedem. 
Quod si dolosus es, vide ne non solum non 
accipias mercedem, sedet pœnam invenias ; 



LA TRADITION. 132 

quia voluisli esse operarius dolosus. Ergo 
si qui forte aliquid cogitabalis, quando 
vidcbatis malos florere, et cogilaliones ve- 
strae faciebant nulare pedes vestros in \in 
Dei, robisloquitur psalmusisle. 

Idem.— Ambitio possidei omnium vir- 
tulum praemia. 

S. Ghegor. Mag., super, Cant. Expos., 
c. 8, 1. 111. — iEmulalio in bonum et in 
malum accipitur. In bonum enim accipitiir, 
sicut per Aposlolum dicitur : Mmulamim 
charismata meliora. {I Cor. xni, 11.) lu 
malum autem assumitur, ubi per Sauiue- 
lem Sauli dicitur: Auferetur a te regnum 
et dabitur œmulo tuo. [l Reg. xvii.) iEmulus 
quippe ejus David dicitur, cui Saul invi- 
dere non ignoratur. Dura est ergo ut in- 
fernus œmulalio {Cant. viii, 6 ) quia dum 
Synagoga Christum ad inferos posse trans- 
mitlere se putavit, ei usque ad morlem 
corde iramisericordi invidit. Ut infernus 
semuiatio dura exslilit; quia sicut inlernus 
sine misericordia quos tenet crucial, sic 
Judaica plebs Christum appréhendons siue 
respeclu pieiatis ad morlem trahebat. 

Yid. verb. Gloria, Ambitio, Invjdia^ 



iETEKNITAS 



[Ex SS. Palribus.] 
Phil. Juùaeus, Lib. de mundo. — In aelerno 
nihil, nec praeteriium est, neque venlurum 
est. Exislit vere, atque in rerum natura est. 
Tertul., Adv. Marcion.. 1. 1. — Non habet 
tempus œternitas. Omne enim tempus ipsa 
est. Quod facil, pati non potest. Caret aelato 
quod non iicet nasci. Deus si est velus, 
non eril : si est novus , non fuit. Novitas 
inilium testificatur, veiustas finem commi- 
nalur. Deus autem tam alienus ab inilio et 
fine est, quam a tempore, arbitre et meta- 
lore initii et finis. 

Orig. , lib. VI, in Rom. t. I^. — Per- 
slringendum est quod aeternitas in Scri- 
pluns aliquando pro eo ponalur ut finem 
iiesciat, aliquando vero ut in prœsenii 
quidem seeculo finem non habeat, habeat 
lamen in futuro. Aliquando temporis alicu- 
jus, vel etiam vilae unius hominis spalium 
aîlernilas appelialur, ut est illud in lege 
sc(i(>lunj de servoHebreeo : Si dilexerit , in- 
quil, uxorem suam , et filios suos , et per- 
manere voluerit in servitute propter ipsos , 
subula, inquit, pertundes aurem ejus in 
poste, et erit tibi servus in œternum. {Exod. 
XXI, 5, 6.) .^TERNDM hic siue dubio tempus 
vilae hominis posuiu Et iterum in Ecclesiasle 
dicitur : Generatio vadit , et generatio venit, 
terra autem in œternum stat, {Eccle. i, k.) 
Hic œlernum prœsentis sœculi tempus osten- 
dil. Ubi vero dicit vitam œternam, ad illud 
aspiciendum est quod ipse Salvaior dixit : 
Uœc est autem vita œlerna, ut cognoscanl 
le solum verum Deum , et quem misisti Jesum 
Christum {Joan. xvii , 3j : et iterum : Ego 
sum via, et Veritas, -et vita, {Joan. xiv , li.) 
Kl ipse Aposlolus in aliis dicit : quia ra~ 
piemur in nubibus obviam Christo in acra et 



ita semper cum Domino erimus. {I Thess. iv', 
16.) Sicut ergo semper cum Domino esse, 
finem non habet, ita et vita œterna nullum 
finem habere credenda est. 

S. HiLAR. , Ex op. hist. fragm. 2. — 
ililernilas sola sui similis est, et quod est 
semper in Deo est. 

Idem , 1. III De Trinilate. — Neque in 
œternitatem cadilaul viiium auiemendalro, 
aut profectus aul damnum; sed quod est 
semper est; hoc enim Deo est peculiare. 
Quod semper est, habere aliquando in na- 
lura non polerit ut non sit. 

LACTANTies. — Quidquid viget moveturque 
f)er se semper , nec videri , aut langi po- 
lest, œternum sit necesse est. 

S. Basil., epist. 52, t. III. — Humilis 
rêvera et carnalis est mentis , caducis 
ac temporalibus assimilaro œlerna , . ac 
existiiuare quemadmodum coiporalia , ita 
et Deutu [)ari modo geneiare; cum oporleat, 
sumplis ex contiario argumenlis, ad pieta- 
lem concludere, quia mortalia sic, immor- 
lalem non sic. Neque igitur neganda gene- 
ratio divina, nec curporeis cogitationibus 
contaminanda mens. 

S. Greg. Naz., orat. 38» t. I. — iElernitas 
nec tempus, nec temporis pars uila esl ; 
(nec enim in mensuram cadil); sed quod 
nobis tempus est, solis motu definitum, 
hoc œternis aevumest, nimirum ille quasi 
temporalis quidam mulus , et inlervalium, 
quod simul cum œternis extenditur. 

Idem, orat. 29. — Quod principio caret, 
œternum quoque est : quod autem œternum 
est, non prolinus quoque principio vacat. 

S. Chuys., hom. in S. Julianum. — Deus 
labores quidem cum brevi sœcuio islo con- 
iiexuil; curonas autem œlerno reservavit. 



435 



/ETERNITAS 



434 



ut et laborum molestia prœdicalur , quœ 
cuin teiupnris brevilale dissolvitur, el per- 
ennis iruilio coronarum permanent, quœ 
una cum infinilorum saeculorura itnmor- 
talitale perduret. Nec vero labore lanlum 
eos [)ra)senli per hanc futurorum spem le- 
vavil; sed etiam quod eiîecerit ul ordine 
prier voluplaleessetaflliclio : ne vehemenler 
a prœsentibus malis, dum ad illa respiciunl, 
torqueanlur. Sic illi qui pugilatu certanl , 
alacriler vulnera excipiunt, non dolores , 
sed cnronani spectanles; ita et martyres 
sexcenla niala tolérantes, nihil islorum 
speulabant sed cœlo inhiabant. 

Idem. — Hic bonis et malis Deus dat 
bona; ibi autera solis bonis bona, et malis 
aiala perpétua. Noiile temporales esse, sed 
malis ad œlernitatem proticite. 

Idera, in psal. xxxiii. — Divitise islius 
sœculi bonis malisquesunl communes. Dat 
illas Deus malis, ut non habeant quid de 
Deo queri : item non dat illas bonis, ut 
œterna bona de Deo sperent ; el non propter 
aliquod temporale colant Deum , sed gratis, 
ilem non illas dat malis, ut paupertate 
hutuilientur : et dat eas bonis, ut dent for- 
mam malis quomodo ulantur bonis. Ergo 
dat ista temporalia bonis ut malis, sed se 
non dat nisi bonis. 

Idem, Advers. vilup. vitœ monast. 1. ii.- — 
Mulio prolecto melius multoque prœstantius 
fsl a temporalibus et momentaneis laboribus 
incipere, atque in infînitam requiem desi- 
nere , quam bis quee videntur esse jucun- 
dissima breviter gustalis, in summa et 
giavissima incommoda decidere. 

S. Hier. , in psal, lxxxix. — Mille anni 
anle ocutos tuos tanquam dies una quœ prce^ 
teriil. O brevis nosira aeternitasl Adam ille 
propagator nosler vixit nongeiitis et triginia 
annis. — Fac quod vixerit mille; ad com- 
paralionem œternitatis tuse, quod grande 
luerit, brève est. Quid enim oolest grande 
esse quod tinem babet? 

Idem , in psal. xci. — Nihil bonum est , 
nisi quod eeternum est. — Quid mihi pro- 
dest, si auteriori die rex fui , et bodie in 
carcere morior? — Recordemur inlanliae, 
recordemur adolescenliœ, recordemur quod 
aliquando habuerimus divilias. — Ubi sunt 
illa omnia? Cogilata magis dolorem laciunl, 
quam voluptatem. Nihil est itaque bonum 
iiiài quod perpetuum est. 

S. AuGUST. ,/)e vera relig., t. I. — Nihil 
pr<Elerit in œterno, et nihil fulurum est; 
quia et quod praeterit, esse desinit; et 
quod futurum est, nondum cœpit. iEternitas 
uutem tantummodo est : nec luit quasi non 
sit ; nec erit, quasi adhuc non sit. Quare 
sola ipsa verissime dicere poluil humanœ 
menti : Ego sum qui sum. [Exod. m , li.) 
Idem, epist..45, Armanientario. — Vila 
1 misera etiam si posset esse perpétua, nulle 
' modo beatœ vitae etiam brevissimœ com[)a- 
randa est : tamen bomines auiaudo miser- 
rimam atque brevissimam , perdunt beatis&i- 
mam acsempiteriiam, tum in bac ipsaquaiu 
maie diligunt, hoc velint, quod in allcru 
pei'dunl. 



Idem , m psal. xlviii. — Quod paleris-, 
transit, linilur : quod accoplurus es, linein 
non habebit. Noio jam seques pœnam cutii 
preomio. Temporalia œ(pia œternitali si 
pôles. 

Idera , in psal. lx. — Quidqind vis, dicis 
de œlernitate ; quia quidquid dixeris, minus 
dicis. Sed ideo riccesse est ut_aliquid di- 
cas, ul sit uude cogites , quod non potest 
dici. 

Idem , in psal. ci. — Non est in œlerni- 
tale , fuit , et erit; quia et quod fuit jam 
non est; et quod erit, nondum est : sed 
quidquid ibi est , nonnisi est. 

Idem , in psal. cxxii. — Domum raeam 
habeo, jactavit se, quam mihi diraisit 
paler, et cui avus demisit. Nonne inde 
polius terreris, quia raullos attendis trans- 
isse per illam domum, et neminem illorum 
secum tulisse ad œternara domum? 

Idem, tract. 31 in Evang, Joan. — Amare 
debenms eum per quem facta sunt letupora , 
ut libereuiur a tempore, et figamur in 
aelerniiale, ubi jam nulla est muîabilitas 
temporum. 

Alcuin. Oper. — Sed sciendum est quod. 
JLlernum tribus modis in sancla Scriptura 
legi solel. Piimo, quod vere et proprie eeter- 
num dicitur, omni immutabilitale carens, 
sicut solus Deus est. Aller vero modus eslj, 
cum ea res œlerna dicitur, quae ipsa qui- 
dem |ier se œterna non est , sed quod signi- 
ficat œlernum est, veluti est hoc quod 
Abrahse dicitur : Dabo tibi et semini tuo 
terram hanc in possessioneni œternam {Gen. 
xvii} ; cum nec ipsa terra, nec ejus habita- 
tores aeterni esse poluissent : sed terra 
viventium , quee per hanc terram signitj- 
catur, œterna est; et habilalores illius 
œterni , de quibus dicitur ; Beati mites 
quoniamipsi possidebunt terram. (Mallh. v.) 
Tertius modus est quando ea res œlerna 
appellalur, cui Unis non conslituilur, aiit 
ita lit , ut deinceps non sit facienda , quan- 
tum ad curam, vel ad poleslatem facienlis , 
aul dicentis [lertinet, eo génère locutionis 
quo quidam poeta dicit : 

Servlet sfiiernum, qui parvo nesciel uli. 

Non enim potest œlernum servire, cujus 
ipsa vita œlerna esse non potest. Sed magis 
quœdam ditlerentia est inler essentiam 
omnipolentis Dei , et volvenlia humanœ 
vitœ tempora. Legimus enim tria tempora 
esse; id est prœterilum, prœsens et fulu- 
rum ; sed ita ut pêne nihil nobis prœsens 
sil, sed omnia piœlerita vel futura. Verbi 
enim cum dixi priorem syllabam , poslerior 
futura fuil; et dum posteriorem dico, prœ- 
leriit prior : Deo vero nihil prœterilum tl 
fulurum, sed omnia prœsentia sunt, qui 
servo suo Moysi ait : Ego sum qui sum. Kl ; 
Dices filiis Israël : Qui est misil me ad voi. 
(lixod. lu, li.) 

tExXoQciliis.] 

Vid. xerb. Dkls. 



153 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



156 



AFFABILITAS 



[Ex SS. Patribus.] 

S. Ignat., Ep. ad Ephes. — Permiltite ip- 
sos saltem ex operibus a vobis erudiri. Sitis 
vos adversus iras eorura mites, adversus 
magniloquenlias eorum humiles; eorum 
inaledictis opponite vos preces, adversus 
errores eorum vos firuii permanele in fide, 
adversus ellVros mores illorura vos mansueli 
sitis. Noii studentes eos iraitari, fralres eo- 
rum inveuiamur per benignitatem: imilalo- 
res autem Domini studeamus esse; unus- 
quisque defraudari se sinat, unusquisque 
cou le m ni. 

S. Clem. Alexaiid., Stromat. I. ii. — Hu- 
mauilas est per quam fit hona atl'ectio, quae 
est quœdam arliticiosa amiciliae ralio circa 
amiiorum vei necessariorum dilectiones , 
comitanlurcharitatemSi autem rêvera horao, 
qui est in nobis, est spintualis, liumaniias 
est l'ralernilas iis qui suut ejusdem spiritus 
partici|)es. Atl'ectio autem rursus est con- 
servatio benevolenliae, vel dilectionis. Di- 
lecliu autem est perfecla et absoluta demon- 
Iratio: et diligi est placere moribus, duci- 
que et abduci. 

S. Kphr., De amore pauper. — Gloria 
Christianorum, humilitas auimi est, spiri- 
taiis pauperlas, obedientia, pœnitentia cum 
lacrjmis, mansueludo et quies. 

Tertul., Adv. Marcion., 1. ir. — Christus 
iti omnes legem paternae benignitatis ex- 
tendit, neminem excipiens in miseratione, 
sicul in vocatione. lia et si quid amplius 
docuit, hoc quoque in hœreditalem genlium 
accepil ; et sicut vobis non vullis lieri ab 
hominibus, ita et vos ne fauiatis illis. Hoc 
si novus Deus et ignotus rétro et nondum 
plane editus prœcepit, qui menulla anlehac 
inslitutione lormaverii, qua prius scirem 
quiddebereoîmilii vellevel nulle, atqueilaet 
aiiis facere, quee mihi vellem;tnori îacere 
quae et mihi noilem, passivitalem sententiee 
meœ permisit, nec adstrinxit me ad conve- 
nieniiam volunlalisetracli, ul id aliis i'aciam 
quod mihi velim, etid necaliis faciam quod 
mihi nolim. Non enim dehniit quid mihi 
atque aliis debeam velle, noJle; ut ad legem 
voluntatis parem laclum; etpossim alii non 
l)rœslare, quod ab alio mihi ve/im prœstilu- 
tum, amorem, obsequium, solatium, pra3- 
s'idium, et ejusmodi bona; proinde nec alii 
îacere quod ab alio tieri nolim, vim, inju- 
riam, conlumeliam, fraudem, et ejusmodi 
mala. 

S. Greg. Naz., orat. 21. — In dubiis et in- 
certis rébus ad benignitatem et humanitatem 
propensiores simus, eosque qui in culpa 
sunt absolvamus potius quam condemne- 
mus. Malus enim celerrime adducilur, ut 
bonum etiam virum condemnet, contra vir 
probus ne malura quidem facile condemna- 
veril. Qui enim ad vitium minime proclivis 
est, is nec facile ad malum de alio suspi- 
candum movelur. 

Idem, orat.. 17, 1. 1. — Dei humanilaloio 



et misericomiam aemulare. Nihil lam divi- 
num homo habet, quam benigniialem ac be- 
nefioentiam. Licet libi nullo labore Deum 
heri : noii divinitatis oonsequendœ occasio- 
nem abjicere. 

S. Ambros., H exam., t. Vl,c. 8.— Cum fe- 
cissetferarumgeneranoîi requievit; requievit 
autem [Ostquamhoniinemauimaginem stjam 
fecit. in quo requiescat amii: Super hiimi- 
lem et quietum et trementem verba mea. Eslo 
ergo humiils et quietus, ut in tuo Deus re- 
quiescat aiîectu. Qui non requicvil in besliis, 
multo magis non requiescit in pectore bes- 
tiali. Sunt enim auimi besliales, sunt lerœ 
forma hominum indulœ : In vestilu ovium, 
intus autem lupi rapaces. In his ergo non 
requievit Deus; sed in moribus humai.is, 
quos fecit ad imaginem et simililudincm 
suam. 

S. Chrys., in Joan. — Peccata noslra et 
humanae naturœ communitalem, reputantes, 
ad quosvis uiausuete loquauiur. 

idem, ibid. — Alii vigilando, in nuda hu- 
mo dormiendo, carnem assiduis laboribus 
maceraudo, delerU pecrata : tibi faciliori via, 
nemini succensendo, ideui couse |ui dalur. 

Idem, hom. 59 in Joan. — Ne SiS aspe- 
rior judex, sed humatius et placabilis. £t- 
enim si necîures sumusnecadulleri ;inaliis 
taraen peccamus pro quibus uiaguis sup|)li- 
ciis sumus obnoxii. Siquidem fratrem non- 
nunquam faluum appellamus, quod nobis 
gehennam parât; mulieres iiupudiois ocuhs 
conspicamur, quod adullerosaiguit ; et quod 
gravissimuui est, indigna mysleria partici- 
[lamus, quod reos nos facit corporis et san- 
guinis Christi. Noii ergo aliorum opéra mo- 
lestius investigare, sed nostra; et ita huma- 
niores reddemur. 

idem , hom. 9 in Gènes. — Qui vere 
seipsum humiliai, nunquara poienl ira 
coiumoveri, et proximo succensere: quia 
anima ejus in sui consideratione occupala 
est et humiliata. Anima autem quae sic se 
habet quid polest esse bealius ? is in couli- 
nuo poilu sedet ab omni tempeslale Uber, 
et oblectatur in cogitaliouum Iranquillilaie. 

idem, ibid., hom. 3i. — Nihil ita animam 
in tianquillitate et quiète esse lacit, ut 
mansuetudo et modeslia. — Quid bealius 
quam intestino liberaii bello? Nam quam- 
vis piurima pace exteriusfruamur, licet no- 
bis mulia deferantur obsequia, si intra nos 
cogiiationum nascalur tempesias, tumultus 
et seditio, nihil externa i)ax nobis proderit. 

Idem, in Divers. — Cum libi grave aliquid 
subrepit furor et ira, recordare mansuetu- 
dinis Christi, et stalim mausuetus eris ac 
clemens. Et non solum tibi ipsi benignitalo 
tua plurimum lucri faciès, sed et pluiimum 
inimicis proderis, erudieris illos ut ipsi 
fiant benigni 1 — Quisquis enim iracundos 
vincere voluerit, fortiter ferai injurias, ma- 
gnam ejus( qui iu se sœviebat videbit 
(.ouversiouem. 



137 



AFFECTUS 



158 



Idem, m Act. apost. — Mansuelus sibi 
ipsi dalcis, efutilis aliis. Iracundus vero 
et sibi insuavis, et aliis daranosus. Nihil 
insuaviushomineircicundo,nihil oiierosius, 
nihil nioleslius, nihil fœdius;queraadmo- 
duni nihil suavius eo qui nescit irasci. 

Idem, homil. 18, tu / Cor. vi. — Vi- 
rum forlera oportet esse moderatum et 
leiiem, et maxime in periculis; ne videa- 



nino non possel? ila plane : non enim aliter 
invenilur requies aniiiise, nisi inquieto lu- 
more digesto, quo magna sibi erat, quando 
libi sana non erat. - ' 

Idem, in Psal. — Unde horaines laborant, 

nisi quia non sunt miles et humiles corde? 

S. Gregor., in Jo6. —Et erat vir ille sim- 

plex et reclus : in reclitudinejustilia, in sim- 

ilicitale autem mansueludo signatur. Ple- 



lurWelinanigloria talia inirecertamina, Tumque nos cum reclitudinem justiliœ 



sed magni et exceisi animi virtute ac mo- 
deralione. 

Idem, I. Hi De sacerd., t. I. — Quemad- 
modum qui contumelia afiicilur, et si la- 
cultalibus abundet, pecnniarum commo- 
dum non sentit, ob inlllictam contumelia) 
plagam ; ila qui blandeet leniler compella- 
lur, et cum consolatione donum acci|)il, 
gaudet el lœlalur: duplexque munus exlar- 
giendi modo consequitur. Hœc porro non a 
meipso, sed ab Ecciesiastii'O : Fili in bonis 
ne des viluperinm, et in omni donodolorem 
verborum. Nonne aestum ros sedabit? Ha 
melius est verbum dono. Ecceenim vorbum 
bonum est plus quam donum et ulrumque est 
apud virum gratiosum. 

S. AuG., Confess.f c. 25. — vila paupe 



■fxsequimur,iuansueludinemrelinquimus;et 
cum iiiansuetudinem servare cupimus, jus- 
liliœ reclitudinem declinamus. Incarnatus 
aulem Dominus, siraplicilalem cum recli- 
tudine lenuit , quia nec in mansuetudine 
disliicliunem justiliœ, nec rursum in dis- 
trictione ju.stiiiœ virlulem niansueludinis 
amisil.— Verilalem quippeexsequens, man- 
suetudinem cumjuslilia conservavit: ul nec 
zelum recliludinis in mansuetudinis pon- 
dère amilleret, nec rursum pondus man- 
suetudinis zelo recliludinis perlurbaret. 

S. Pal'U.n., epist. ad Celant. — Familiam 
luam ita rege et conlove ut le matrem ma- 
gis tuoium, quam dominam videii velis; 
a quibus benignilale potius quamscveritate 
exige reverentiam. Fidelius et gratins sem- 



O. i\UG., ou'i/eiâ., n. J.O. — \J ï lia uaui>c- -u- - - v- 

rum, Deus meus, in cujussinu non est con- Pei" obsequium est, quod ab amore, quam 
tradiclio, plue mihi miligaiiones in cor, ut ^"od a melu proficiscUur. 



patienter taies leram, qui amant sentenliam 
suam, non quia vera est, sed quia sua est! 
Idem, De virg. — Dominus non dicil : 
Discile a memundum fabricare, aut morluos 
suscitare; sed, quia mitis sujn^ el humilis 
corde, liane magnum est esse parvum, ut 
nisi a le qui tam magnus es, fierel,disciom- 



S. Bernard, serm. k, in adv. Domini. — 
Sunt et aiii miles, sed quandiu nihil dicitur 
vel agilur, nisi pro eorum arbilrio. Patebit 
aulem quam longesinta vera mansuetudine, 
si levis oridiur occasio. Hœc mansueludo 
quomodo bjeredilabil, quae ante liaeredilalem 
deticil. 



AFFECTUS 



[Ex 8S. Patribus.] 

Philo Jud., LiO. de eo quod deterius po' 
liori insidiari soleat. — Cainus gemens Ire- 
luensque super lerram invenilur , id est, 
uiœroie limoreque couleclus. Talis eslinfe- 
licis vila, cui e quatuor ali'eclibus contige- 
runt qui molesliores sunt, limor et dolor, 
quorum synonyma sunt Iremor el gemilus. 
Hujusmodi enim homini necessum esl aut 
adesse, aut imuiinere mali aliquid. Itaque 
luluri expeclalio timorem gignil, prœsenlis 
usus mœslitiam. Sed qui virlulem seclatur, 
deliciis liuic convenienlibus fruilur. 

Idem, Lib. de sacrif. Abel et Cain, — Si 
quis lem pro dignitaie valeat expendere, 
majus regno esl hoc negolium, posse lan- 
quam civilalem aut regiunem, corpus sen- 
susque el venlris venlrique subjeclarum 
parlium voluplales, cœlerosque atleclus, et 
Jmguam , aliaque ex quibus conslamus, 
nunc moderari conslanter atque forliler, 
nunc œquanimiler in viani ducere. Opoi tel 
enim, sicul aurigam subjugalilîus , nunc 
remilierehabenas, nunc in lerga relrahere, 
quolies plus salis elleruntur iui[ielu el rec- 
lureui })arum audiuni. 

6. Clem. A\ex.,Pœdag. I. i, c. 8. —Oinnis 
palmes in me non ferens fructum, toUtl ip- 
sum, et quidquid fructum fert expurgut , ut 

DlGTION.N. DE La TbaDÎTIOX. 1. 



amplius fructus ferat. Silvescit enim vitis 
nisi pulelur : ila etiam homo. Luxuriantes 
aulem adnalasque propagiues, Verbum, qui 
estgladius, expurgal, cogerjs ai)pelitioiies 
ne fruclum ferre desiderent. 

Tertcll., Apolog. — Muilura spiritalilius 
viribus iicet, ul invisibiles, et insensibiles 
in effectu polius quam in acla suo a[)pa- 
reanl, si poma, si Iruges, nescio quod auras 
lalens vitium in florepreecipitat, in germine 
uxanimat, in puberlate cunvulneral, ac si 
cœca ratione lenlatus aer pestilentes hauslus 
6U0S otfundil. Eadem igilur obscurilate 
contagionis, aspirilalio dœmonum el ange- 
lorum, meuiis quoque corruplelas agit l'uro- 
ribusetamentiis fœdis ac sœvis libidinibus, 
cum erroribus variis. 

Omg., Comment, in Matth., t. \.--Omnisqui 
retiquer it domum, vel fratres, aut sur ores, uut 
palrem,autmatrem,aut uxores,aut (ilios,aut 
ugrus propter nomen tneum, centuplam acci' 
piety etvilam œternam possidebit. [Èlalth. xix, 
i9.)Quinillud senteniiam minime a.-pernan- 
dam conlineal, quœque ad carnalem omnem 
consanguinilalem, el res omnes creaias con- 
temnendas, eliam juxla simplicem inlerpre- 
talionem, adiiorlari nos valeat, nemo est 
quin contilealur. Al ulrum anagogicuseliaiu 
sensus ex ils depromi possil, dubilabit ali- 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



iiO 



159 

nuis aliquis vero affirmabil. Kt verborum 
•nuidém ac contexlus ratione habita, per- 
ïpicuuraeslmultos Servaloris nostri fidem 
-irofessos, propinquorum odium esse na- 
cios- ipsosque deserere, et facultalibussuis 
omnibus ad vitae œteruœ adipiscendam hœ- 
redilatem abdicare se voluisse ; id persua- 
sum babenles, quicumque suos secundum 
carnem fralres, et solo corpore cognatas 
sorores, corporumve geniloces, et cariiis 
filios, acsitos in bac execrabili terra agros 
et domos, non allerius cujiisvis rei causa, 
sed propter soUim Jesu numen reliquent, 
longe plura recepturum. Magno eniui nu- 
inero, et, si ita loqui fas est, iufmilo a spi- 
i-italibus corporalia superantur, et prœKjr- 
nuam quod plura recipiet, ad œternam, non 
cadiam et temporariam provectus vilam, 
■eam Sedilale sortietur : longe plures emm 
IValres ac sorores, qua.n qui P-'oP^e. ve - 
bum I>ei relicli sinl, commemo are fatile 
est" irT hoc quippe mundo n.ullo plures 
Miul fratres secundum tidem, quam quos re- 
liquerunt, qui tidem amplexi ^unl; .rrepre. 
bensos simililer episcopos omne. et pies- 
byleros iuculpatos in parentes sibi assum t 
ouispiara , pix) duobus ilUs quos deseru t, 
2c in liberos itidem, quicumque bac œlate 
sunt, ut pro liberis baberi queant. 

Al quumodo agrorum, domorumve plu- 
rium hœredilatem adibit aliquis, quam a se 
relicia sunt, demonstrare non perinde pro- 
clive est, nisi quis lortassevim afferens, 
brevem rei proférât expositionem, quod la- 
cile cerle non est; agris autem ^^^^f'^^^ 
in aliegoricum sensum semel delorlis, su- 
periora quoque in senlentiam consonam 
Sectere cogelur.Ex iis ergo qui niensuram 
^tatis Gbrlti consecuti sunt, quicunque 
occurrerunt in virum perfectum { tphes. 
IV 13!,insanclis ac beatis poteslatibus, Ira- 
irés opinor, illi sunt ; sorores autem, qui- 
cumque non e.v bominibus solum, sed et 
reliuuis poteslatibus virgo casla exliibe- 
luntur dri^^to [Il Cor. xi, 2) : erunlne au- 
tem paires aliqui taies, prœler eos de qm- 
bus Âbrahamo dictum est : lu autem tbis 
ad valres tuos in pace, sepultusm senectule 
bona? [Gen. xv, 15.) Quod si et illus alioru... 
patres aliquando tieri patrumistorum instar 
couliiigat, multo uJuresetiam naios perinde 
ut Abiabam recip"ient. Agros vero, etdomos 
multû pluies quam quœ abdicatœ fuerunl, 
in divini Paradisi requie animadverteiile , 
et in civitate Del, de qua gloriosa dicta 
sunl, cujus in domibus Veus cognoscetur, 
Imnsusainet eam{PsaL lxxk.i, ^ ; xlvi. 4) 
ita ut douiorum hic silarum hœreailalem 
anci.cenlibusdici ^^o.^d: Stcut audivmus, 
skvidLns in civitale Domxni vulutum, in 
aviTaUDci nostn {PsaLxuMi, H); de qua 
e illud dicilur : Distnbuite domos ejus H^. 
pXclocondition.bus vilam œternam cou- 
lèuui cum tôt agrorum adempt.oue, toi 
^[loiùm a Deo c'ullaruu., domorumque e 
vivis lapidibus consianlium, in quibub te 
quiescel quicumque fralres, soruresve, et 
?eliqua dimiseril, beatissima res est. 

S. Basil., bom. in psal. xly, i. i. — fo- 



cale et videte, quoniam ego sum Deus. {Psal. 
XLV, 8.) Quandiu quidem alienis a Deo ré- 
bus vacamus, Dei nolitiam suscipere non 
possumus. Quisenim de mundi rébus solli- 
citus, ac iramergens sese carnis occupalio- 
nibus, queat verbis Dei altendere, atque 
lolac tantis rébus accurate dihgenterque 
speculandis par esse? Non vides delapsum 
inspiiias verbum spinis suffocari? Spinae 
autem sunt carnis voluplales, et divitiœ et 
gloria et ese quœ ad vitam pertinent curée. 
Cœlerum ab bis omnibus alienatum esse 
oportebit eum, qui Dei cognilionem desi- 
deral; et ubi vacaveril ab affeclibus , i a 
demum dei recipere cognilionem. Quomodo 
enim animam a menlis evagationibus se 
prœoccupanlibus oppressam ingredielur Dei , 
cognllio ? 

Idem, m psal. xxxiii. — Quemadmodum 
oculis turbidis visibilia exacte deprehen- 
dere non valeraus , sic corde turbato nemmi 
concedilur incumbere ventaas cognitioni. 
Secedere igilur opus fuerit ab islius raundi 
rébus, et neque peroculos, neque peraures, 
ui alios sensus, aliénas in animum cogita- 
tiones introducere. 

S. Greg. Nys., De virgin.f c. 9. — Qui ad 
res bumanas mente, animoque se convertit, 
omnem curam ibic rejicit, animumque suum 
in eo occupât, ut bominibus placeal, is non 
polest primum illud tt maximum Dei prre- 
ceptum explere quo monenuir ut loto corde, 
totis viribus Denm diligamus. Quo enim pacto 
fiet ut loto quis animo Deum diligal, cum 
suum hic aniuium modo in Deum, modo in 
res humanas impellat; debitamque lili soli 
benevolentiam quodammodo eripiens, m 
humanis affeclibus exbauriat? 

S. Ambr., in psal. c— Tuus sum ego. Fa- 
cilis vox et communis videtur, sed paucorum 
est Salis rarus est enim qui potcsi dicere 
Deo • luussum. llle enim dicit qui adhœret 
Deo totis sensibus, qui aliud cogitare non 
iiovit. llle bac voce utitur qui polesl dicere 
Domino : Osiende nobis Patrem, et sufficU 
noùis. Nunquid bac voce ulilur avidus pe- 
cuniœ, honoris, polestatis? - Judas apo- 
siolus fuit et inter apostolos in convivio 
Christi recumbebat : dicebat et ipsi: Juus 
sum, sed voce, non corde. Venit Satanas et 
cœpil dicere : Non est tuus, Jesu, sed meus 
esi. Quœ mea sunt , cogitai. Tuus est 
apostolus, est meus merceiianus. — ISou 
nolest dicere sœcularis : Tuus sum. plures 
enim dominos habet. - Veniunt omnia 
vilia et singula dicunt : Meus es. Quem lanli 
comiieluut quam vile maiwipium est. Quo- 
modo ergo tu qui hujusmudi es, potes dicere 
Cbrislo: Tuus sum ego? 

S. Chrys., hom. 4 in Matth. , t. VII. — 
Ne paulo tidem negemus dicenti seChrislum 
adeo amasse. Cum enim inveniantur quidam 
animi affeclibus ila servientes, cur il ud 
iiicredibile nobis videatur ? Etenim ideo 
amor erga Christum intirmior est, quia loia 
visnosl^a in viliorum amore consumitur; 
et rapimus el avariliœdediti sumus,el vaiiiB 
gloriœ strvimus, qua quid viUus iueril/ 



lif 

Idem, lioru. 23 in Matih. — Renim ordi- 
nem per cunota pervertimus et conlra Clirisii 
prflpcepla, iitrinque pugnniiius. — Noiile, ail. 
praesentia isia prorsus inrpiirtre; nos liœc 
sola eliam nbsque inlermissione sectamur. 
Quœrilo, inquil,et seinper et sola cœleslia, 
DOS vero i!e uiiius quidem liorae spalio illa 
perseveramus inquirere; sed quanlam in 
illis qiiœ ad corpus necessaiia sunt, curam 
osleiidiinus, laiilaui in spirilualibus liabe- 
nius iiicurinm, inio longe eliam majorera. 
Sed nequaquam impunila manebil haec ve- 
cordia ac licenlia. 

Idem, ibid., hom. 58. — Nihil prorsus 
liberlal-in animi sicul sœcularium rerum 
cupifiitas, et eorura quœ videntur esse prae- 
clara. Non eiiim sibi vivunt, sed alleii, et 
mille crcdulibus Ihooiinibus liujusraodi ho- 
mines prcmuntur. 

IJeu), ibid., hom. 79. — Terram niilrimti?, 
corpus saginamus, animaiu vero conlcmni- 
inus.Uerum necessariarumnullam ralionem, 
suuurJluarum et inanium pluriman) liabe- 

lilUS. 

Idem, liera. 6, in terrœ molum. — 
Quid prodesi liomini si aliéna liabeat, sua 
non babeal; pecunias possideal, virlulibus 
caroal? Villam, iiiquis , l'erlilem habeo;at 
{iniu)am lerlilem non habes ; habeo indu- 
nienla, sed non habes pietalera. Si quis de- 
posilum tibi iradideril, num le divilero pos- 
sem VDcare ? Minime, quippe possideas 
aliéna. 

Idera, liom. li. in Rom. viii. — Ad prae- 
senlia inhiamus nec diaboli aslum inlelli- 
ginius, qui per parva magnis nos privai; 
qui largiiur lulura, ut rapial aurura, al- 
que ideo cœlum eripial; qui umbrara ob- 
jectât, ut a verilate deturbet; qui in som- 
niis illudit, hoc enira sunt mundi divitiœ, 
ut cura dies iliuxerit [lauperriujos oslendal. 

Ideo)., hom. 8 in 1 Cor. m. — Sla in ioro : 
interroga abeuntes et redeunles, nemi- 
nein videbis festinare pro re spiritual!, sed 
omiies currere firo carnalibus. 

Jbid., hom. 42. — Nemo militans Deo, im- 
plicatur hujus vilœ negoliis. Nos aulem et 
deliciis vacaraus et venlri indulgemus, et 



AFFECTUS U2 

bili carilale movearaur, eliara dura nolu- 
mus, fleraus. Habemus ergo eas ex huraan© 
condilionis infirmilate. 

Idem, I. I Z?e lib. arhitr. — Amore rébus 
terr-enis non conglulineraur , neque velut 
raenibra animi faciamus, quod fit araando; 
ne cura resecari cœperint, nos cruciatu ac 
labe fœdent; sed eis tolus superferamur, et 
hahere et regero cura opus est paralus et 
amiUere ac non habero paralior. 

S. AuG., Devera relig. — Si creatura dili- 
gatiir ab anima quœ negligit Deum, lit pœ- 
nalisdileclori suo.el eura implicat aerumnis, 
et pascit fallacibus voluptalibus ; quia neque 
[lermanet, neque satiat, sed torquet dolo- 
ribus. 

Idera, ibid., c. 35. — Miseri amici hujus 
mundi, cujus Domini erunt, si Filii Dei esse 
voluerint, tara liraent ab amplexibus ejus 
separari ut nihil eis sit lalioriosius, quam 
non laborare. 

Idem, epist. i5, Armamenlario. — Quan- 
tum illi laudandi ac prœdicandi sunt, qui 
dignali non sunt et jam cum mundo florente 
florere; tanlum incre[)andi et accusandi sunt 
quos perire cum |)ereunlibus delectat. 

Idem, epist. 138, pop. Hippon. — Si deli- 
ciœ hujus mundi brèves et sordidae sic aman- 
tur, quanlo vehemeniius l'uturi saeculi gau- 
dia pura et intiniia quaerenda sunt? 

Idem, I. VIII De Triait., c. 3. — Pudeat 
cum alia non amenlur, nisi quia bona sunt, 
eis inhaerendo, non amare bonum ipsunj, 
unde bona sunt. 

Idem, i6trf, cap. il. — Nequiliaesl raundum 
islumdiligere, et eaquae nascuiiiur et trans- 
eunt pro magno habere, et ea concupiscere, 
et pro his laborare ut acquiranlur; et lœtari 
cum abundaverinl ; et limere ne pereant,et 
conslrislari cum pereunt.Talis viianon po- 
test p\iram illam et sinceram et incoramuta- 
bilem videre verilalem, et inhœrere illi, et in 
œlernum non moveri. 

Idem, — Omnis immunditia rerum tem- 
poraliura dileclione concipitur, id est hu- 
jus saeculi, cui jubemur renuntiare, ut 
mundi esse possimus. Multa sunt, quœ in- 
quiri ab otiosis possunt, supervacua et ina 



inebriamur; et pro rébus quidem exlernis nia et pleruraque noxia ; de quibus tameii 



ainigimur, in cœleslibus aulem molles su- 
mus et eireminati. 

Idem, hom. 2 tri II Cor. — Cum dia- 
bolus mentem divinitus alDatam et sobriam 
cogilalionem non invenit, lum demum in 
vacuam atque inanem animam irapetum fa- 
cit; cum Dei mandata non recordatur nec 
ipsius juslilicationes cuslodit, tum demum 
eam caplivam secum abducit. 

S. HiERON.— Difficile est huraanam animam 
aliqu'd non amare, — carnis amor spirilus 
amore superatur. Desiderium desiderio re- 
stringitur. Quidquid iude minuilur, hinc 
crescit. 

S. AuGCST,, 1. XIV De civit. Dei., t. VII. 
— Falendum est, cum rectas et secundum 
Deum habemus atTectiones, hujus vilœ sunt, 
non illius quam fuluram sperainus, et sœpe 
illis eliara invili cedimus. Itaquo aliquando, 



nonnihil dicendum est ; sed hoc ipsum ape- 
riendum et explicandum, cur inquiri talia 
non oporleal. 

Idem, in Epist. Manich., c. il. — In pul- 
chriiudine mundi, quœ inlima est non quoe- 
raraus quod non accepit, sed in eo quod 
accepit laudemus Deum, quae tantum speciei 
bonum, eliam huic quaravis infimœ, deriit : 
Nec ei lamen ut amalores ejus inhaereaœus, 
sed ut Dei laudalores eam transgrediamur. 

Idem , m psal. xvm. — Desiderio bo- 
noruni hujus sœcuii, sit ut non desideren- 
lur, sed limeanlur, aut contemnantur, aut 
non credanlur judicia Dei. 

Idem, m psal. lxxix. — Quid amas, ut 
Deum non amesîAma si pôles aliquid, quod 
il le non l'ecil. 

Idem, I. IV Symb., c. 1. — Ecce amarus 
est mundus, et sic amalur; quid facereraus 



IIJ IS eiluiu llivill ceuiiuus. iidLjuu aiiijuanuu, usi uiuiiuus, ci sil. aiuuiui , i^uiu lai^ci ciuua 

quaravis non cul[tabili cupidilate, sed lauda- si dulcis essel? mun'de imraunde, teneri 



lis 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



lU 



vispcriturus.quid faceres si manoresîO'îfm 
non deciperes «lulcis si amarus aliuienla 
menti ri s? 

Idem, serm. 29m verb. Dom.,c. 8. — Won 
ad delicias Chrislus in carnem descendit : 
tolereinus polius praesenlia quam diligamus : 
adversorum manifesta est peniicies; pro- 
sperorum falsa blandities : time mare et 
quaudo tranquillum est; sursura cor, quid 
perimus in terra, cuni videamus quia ever- 
lilur terra? 

S. Gbeg., in Moral., c. li. — Sunt plan- 
que qui jarn aliéna non appelant : alque ab 
ejus raundi jurgiis, inchoala quietis amore, 
dividuntur, erudiri sacris eloquiis siliunt, 
vacare supernis contemplationibus concu- 
piscunl, nec taraen perfecta animi libertate 
curam rerum familiarium deserunt,cui s(Ppe 
dum licite serviunt, eliam llliciiis hujus 
mundi jurgiis implicantur : Cumque lerre- 



nas res studiose lueri desidorant,cordis re- 
quiem deserunt quam (jucercbant, et ciim 
substantia fugiens conlinua provisione pro- 
tegitur, conce[ilus in animo divinœ scieiUifle' 
sermo dissipatur; qui juxta veritatis sen- 
tenliam oborium semen spinae opprimunt 
cum verbumDei a memoria importunée ter- 
renarum rerum solliciludines expellunt. 

hitiU), ibid. — Cumque plus quam necesse 
est carnis propinquos diligunt, relracti ex- 
lerius a cordis parente dividuntur. Nam 
saepe quosdam videmus (quantum ad [jro- 
prium studium spectai) jam prœsenlis vitre 
desidiTia non babere, mundum el opère et 
proiessione reliquisse : sed tamen pro 
inordinalis aifeclibus proi)inquorum prœto- 
ria irrumpere, terrenarum rerum jurgiis 
vacare, liberlatem intiroœ quietis relinquere, 
et mundi studia in se jam duduoi deslrucla 
re[)arare. 



AFFLICTIO 

Vid. verb. Adversitas. 



ALTÂRE 



[E5t SS. Patribus.] 
S. loNAT., ep. ad Magnes. , t. II. — Unus 
est Jésus Cliristus , quo nibil prœstantius 
est. Omnes ilaque velut in unum templura 
Dei concurrile, velut ad unum allare, velut 
ad unum Jesum Christum, quiabuno pâtre 
prodit, el in uno exislil, in unurp rever- 

litur. 

S. Ignat., Interpret. ad Philadeip., t. II. 
— Una est caro Domini nostri Jesu, et unus 
illius sanguis qui pro nobis etfusus est; 
unus item |)anis omnibus confraclus est, et 
unus calix omnibus distributus est : unum 
allare omni licclesiœ(7); ac unus E[)iscopu.s 
cumPre.sbyterio.elDiaconisconservismeis. 

Consl. apost., 1. vm , t. I. — Exceplis, 
lempore opportune , novis granis , sive spi- 
cis frumenti, sive uvis, non sit licitumol- 
ferri aliquid ad altare, nisi oleum ad sanc- 
tam lucernam, et Ihymiama lempore divinœ 
oblalionis, alius vero omnis fruclus ad do- 
mum mitlatur, primitiœ episcopo ac pres- 
byleris ; non autem ad allare. Constat autem 
quod episcopus et [)resbjleri disparliunl 
diaconis, cœterisque clericis. 

Philon. Jud., Lib. de temulentia. — Taber- 
naculum el allare inlelligamus ideas {sic) 
alleram virtulis incorporel significativauj, 
alteram sensibilis ejus. imaginis. Altare qui- 
dem , et superimposita , videulur facile: 
vel quia sunt in atrio foris, vel quia noclu 
ac inlerdiu perpetuis illustranlur ignibus. 
Tabernaculum vero et quidquid eo conli- 
nelur, non palet oculis: non ideo tanium, 
quia situm in penelralibus ; verum eliam 
quia propinquanli, aut curiosius iniueni-i, 
ii'jQ clemenlia sui)plicium lex intentai: 



nisi quis inleger sil et purus abomni magna 
parvaque noxa, omnibus nalurœ dolibu^ 
prœdilus. Nam huic permitlilur ut quotan- 
nis semel ingressus inspiciat non videndc 
caeteris, quando in hoc uno incorporeorum 
încorruptibiliuraque bonorum alatus amot 
cœleslis inhabitat. 

S. Iben., I. IV contra hœres. — Offerimus 
ei (Deo) non qua.-,i indigenti, sed graiias 
agentes dominalioni ejus, et sanctificanles 
creaturam. Queraadmodum enim Deus non 
indiget eoruiu quœ a nobissunl, sic nos in- 
digemus otTerre aliquid Deo ; sicul Salomon 
ail: Qui miseretur pauperi , fenerat Deo. 
(Prov. XIX, 17.) Qui enim nuliius indigens 
est Deus, in se assumit bonas operaliones 
noslras, ad hoc ut |)reestet nobis retribuli^- 
nem bonorum suorum, sicul Dominus nos- 
ter ait : Venile, benedicci Palris met, perci- 
pite prœparatum vobis regnum. Esurivi enim 
et dedistis mihi tnanducare : sUivi,etpotastiL 
me : hospes fui, et coUegistisme : in carcere, 
et venistis ad nie. (Mattli. xxv , 3'* et seq.) 
Sicul igilur non his indigens vult lamcu 
a nobis propler nos tieri, ne simus inlruc- 
tuosi; ila ad idipsum Verbum dedil populo 
prœceplum laciendarum oblalionum, quam- 
vis non indigeret eis , ut discerenl Deo | 
servire ; sic et ideo nos quoque olTerre vult ' 
manus ad altare fréquenter sine intermis-j 
sione. Est crgo altare in cœlis (illuc enim , 
preces nostiee el oblaliones diriguntur); el , 
lemplum, quemadmodum Joannes in Apo- 
caiyjisi ail: Et apertum est templum Dei 
{Apoc. XI, 19), et tabernaculum :iicceenim, 
inquit, tabernaculum Dei, in quo habitabil 
cam hominiOus. {Apoc. x\i, 3.) 



7) A/mre apud Patres mensam Pomimcflm passiiu donoial : apud Igiialium el Polycarpum sacrariu 



m 



145 



ALTARE 



iK 



S. Clem. Alex., Strom. I. vir , I. II. — Si 
^ Dcus gaudel hotioniri , cum naliira nullius 
indigeal, non abs re nos Deum precibus ho- 
noramus, et lioc sacrificium 0|)tiimiin et 
sanclissimiira cum juslilia emilliinus, jus- 
tissimo Logo eutn honorantes, per quem 
accepimus cognitionein , ea quœ didir.inius 
per eum gloriticanles. Est ergo quod est 
iiic terrestre apud nos altare, congregatio 
eorum qui inlenli sunt oralionibus , unam 
quodanuûodo voceni liabens comniunom et 
uiiain meiitera. — Ecclesia) sacrificium est 
oratio qua) a sanclis exlialatur animis, cnrn 
sacrilicium siinul aperilur et Iota mens Deo. 
Sed antiquissiraaiu quideni aram in Delo 
sanclam vulgo jactarunt (Gra^ci). Ad banc 
autera solum dicunt etiani accessisse- Pj- 
tbagoram, cœde et morte minime inquina- 
tam : aram auleiu vere sanclam esse ju- 
slam animam, et qui ab ea emittitur sutlî- 
tum sanctam oralionem, nobis dicentibus 
non credent? 

OiuG., in Exod.j t. II.— Collocatur inlrin- 
secus arca testamenli, supra quam cheru- 
biu), extensis alis, seque invicem conlin- 
genlibus, staluunlur, ibique ex auro veiut 
basis tabula quœdam collocatur, quœappel- 
ialurpropitiatorium, sed et altare aureum 
incensi {8j. Tum prœterea in exteriori loco 
candelabrum ponitur aureum in parte aus- 
tri, ut respiciat ad aquilonem. In parte vero 
aquilonis mensa collocatur, et propositio 
panum super eam. Necnon et altare holo- 
caustorum juxta velamen interius ponitur. 
(9) Sed quid ego de bisrevolvopersingula ? 
Vu ad haec tan tum enarranda sufïicimus, 
vis nobis ipsa reruiu materialium forma 
alduci anle oculos potesl, et (piomodo quis 
latentia in his mysieria expedire suiriciet ? 
V^erumtamen causa pro qua fieri deberet 
tabeinaculumin superiorilmsinvenilur prao- 
(Jicla, dicente Domino ad Moysen : Faciès, 
iuquit, mihi sanclificationem et inde videbor 
vobis {Exod. x\v. S.) Vult ergo Deus, ut 
laciamus ei sanctiticationem. Promittit 
43nim, quia si fecerimus ei sanctiticationem, 
possit a nobis videri. Unde et Apostolus ad 
Hebraeos dicil : Pacem sequimini et sancti- 
licalionem, sine qua nemo videbit Deum. 
[Uebr. xii, li.j lisec ergo est sanctilicatio 
quam jubet Dominus fieri. 

D. Cypu. Episl. — Pacem nunc offerunl 
qui ipsi non liabent pacem. In Ecclesiam 
lapsos reducere et revocaro promitlunt qui 
de Ecclesia recesserunt. Deus unus est, et 
Cbrislus unus et una Ecclesia, et cathedra 
una super petram Domini voce fundata. 
Aliud altare consiilui aul sacerdolium no- 
vum fieri praeter unum altare et unum sa- 
cerdotium non potest. Quisquis alibi co'.le- 
gerit spargil. Adulterum est, impium est, 
sacrilegum est quodcunque humano furore 
iasiiluiiur ut dispositio divina vioietur. 
Idem , ibid. — Cum acccdunt minis- 



Irare nd altare sancti, non adducent ip se 
delictum, ne uioriantur. {Exod. xx.viii, 43.) 
Quod autem ninjus potesl esse delictum, 
aut quae macula deforniior quam adversus 
Cbrislum stelisse, quam Ecclesiam ejus, 
quam ille sanguine suo paravit et condidit,^ 
dissipasse, quam evangelicae pacis ac dilec- 
lionis oblitum contra unanimem etconcor- 
dem Dei po()ulum hoslilis disoordiœ furore 
pugnasse? 

S. Cyril. Hieros. , catech. 18. — In- 
stante sanclo Paschalis die, dura vestra in 
Clirislo per lavacrum regoneralionis charitas 
illuminabitur ; ilerum Deo volente, de iis 
quae consentanca sunt erudiemini. Quanta 
niininim cum|)ielate, quove ordine vocatos 
ingredi oporleal : cujus rei causa unum- 
quodque sanclorum baiitismi mysleriorum 
perliciatur : et quanta cum reverentia alque 
ordine oporteat a baptismale ad sanctum 
Dei altare procedere, spiritualibusque et 
cœlestibus quœ ibi distribuunlur mysteriis 
fiui ; ut anima veslra per doctrinaj sermo- 
nem prius illuslrata, per singula cognosca- 
tis impertitorum vobis a Dec douorum 
magniludinem. 

Idem, catech. 23 mystag. 5 de sacra 
liturg. — Dicil sacerdos : Sancta sanctis. 
Sancla sunt, quae (in allari) proposita ja- 
cent, recepto Spiritus sancti supervenlu. 
Sancti vos quoque Spiritus sancti dono 
dignati. Sancla igitur sanclis conveniunl. 
Deinde vos subjicilis : unus sanclus, unus 
Dominus Jesus-Chrislus. Rêvera namque 
unus est sanclus, nalura sanctus. Nos au- 
tem eliam sancti ; verum non nalura, sed 
parlicipatione et operum exercitio ac voto. 

S. Gregor. Nyss., Ue vita Mosis., l.I. — 
Propiliatorium quid sil, non opus exposi- 
tione ulla ul inlelligatur, cum Apostolus itl 
enodaveril, qui ail : Quemaniinarum nostra- 
rum propitiatorium proposait. [Hebr. ix.) 
Altare vero el thuribulum cum audio, ado- 
rationem inlelligo, quam huic tabernaculo 
cœlestes virtutes allerunl. Non enim solum 
infcriorum atque lerreslrium , sed cœle- 
slium quoque linguam ail laudem atque glo- 
riam, ul rerum omnium principio, reddere : 
id enim gralum est ipsi sacrilicium, lahio- 
rumfructus, ut ait Apostolus (Hebr. xm, 
loj, et odor oralionis. 

S. Ephrem, De sacr. oblatione, t. III. — 
Finilis sacris,precibusque absolutis,palies- 
fratresque eum ad so vocabanl, dicenles : 
quid libi Deus revelaveril, nobis expone : 
ut et nobis prosil. Tum vero ille collacry- 
mans, cum cantionuiu, inquil, sacrarum ca- 
non doctrinaque aposlolica recitareiur, 
sanctumque evangelium Diaconus prœlege- 
rel : teclum lempli aperlumcœlumquepate- 
faclum singulaque Évangelii verba quasi, 
in igneui mulala ad cœlum ascendere et 
quaquaversum radios spargere conspexi. 
Êvangelio recilalo clerici [uœcedebant,. 



(8) Altare incensi crat in sanclo, ut palet ex 
Exod. cap. XXX. Verisiniilc ergo est dccepluui fuisse 
Origciiein loco nialc a se inlcllctto qui exslat 
Uebr. IX, 4, 



^ (9) Altare holocaustorum eo loco ponit, ubi al- 
tare eral incensi ; atqui eral in alrio saccrdoluju. 
bub dio. {Uebr. xm, 11.) 



m 



DICTIONNAIRE DE LA TILVDITION. 



U8 



Diaooni cura sacratissimis sacraraenlis se- 
quebantur. Quo facto mihi ccelum videbar 
apertum cernere, sanctumque ignein cura 
innurneris sanctis Angelis eraioanlem, ac 
desuper duas alias pulcherrimas faciès, 
quarum splendor fulguri similis eral, qua- 
rumquc pulchritudo exprimi plane non po- 
test, apparentes. Binas inter faciès infans 
conspiciebalur cum Angelis sanctura allare 
circurastanlibus. Binœ illae faciès sui)er 
sacra mensa : infans in medio illorum cer- 
nebatur. Sanctissimis sacramenlis absolu- 
es, diaconi a clericisrecedentes, ad panem, 
qui otierendus erat, frangendum arcede- 
bant. Ac vidi lura egomet duas faciès sacrée 
mensœ supervolare visas, infantiuue super 
mensa stanti pedes manusque colligantes : 
cultrura item habenles alqiie infanlein 
islum maclantes, sanguineque calici qui 
in mensa posilus eral, infuso, eumdera dis- 
secantes, panique iraponentes, qui corpus 
statim fiebat. Ibi luui recordabar verboruni 
Apostoli (/ Cor. v, 7 ) : Jï^t nos habemus 
Pascha, hoc est, Christum pro nobis sacrifi- 
catum. Cumque fralres ad panem sacrum 
sumendum accédèrent, corpus illis porrige- 
batur : Et cum Veum invocarenl, aicentes, 
Amen : panis in manibus eorum eraf. Accè- 
dent! et mihi tandem corpus preebebatur ; 
quod cum langere non auderem : vocem 
banc personantem audiebam, cur non hoc, 
homo, visaccipere? Nonne hic idem est 
quem tu queerebas? Atqui ego : Ignosce 
luihi quœso, Domine, respondebaiu, qui 
corpus hoc tuum capere non possim. Ite- 
rum tum vox personabat, dicens : si cor- 
'pus açcipere homo posset, corporeum 
eliam illura inveniret, quem tu inveoisti. 
Jam vero fieri non potest, ut corpus quis 
accipiat. Ordinavit igitur Deus, ut sacer pa- 
nis altari imponatur. Adam quidam quem- 
admodum iu principio manu Dei factus, 
carneque indutus, viviûcanlis spirilus hali- 
lum accepit : ita in terram illa resoluta, 
spirilus in eo non permansit. Christus au- 
temcarnem cum Spiritu sancio communera 
habet, çujus quidem carnis participera red- 
dit horainem, cujus Spirilus in corde se- 
dem habet. Jam si credis, accipis quod in 
manibus habes. Cumque dicerem, credo. 
Domine, ecce me dicente amen, corpus quod 
in manu mea videbalur, panis erat. Deum- 
que laudabam, sacrosque panes sumebatn. 
Finilis aulem sacris cum clerici conveni- 
rent : inter duas faciès infantem iterum vi- 
debam. Que facto mulla dona clerici aspor- 
tabanl, videbamque templi teclum déstru- 
ctura, virtulesque divinas in cœlum se éle- 
vantes, infantem denique inter faciès ver- 
santem. His ego audiiis in cellam reverte- 
bar, Deumque Dominum laudabam. Amen. 
S. Greg. N<iz., oral. 26, t. i. — Quid 
postea? Ab altaribus arcebunt? At allare 
aliud scio, cujus ligurœ sunl ea, quee nunc 
oculis cernimus : Super quod nec ascia{III 
Jieg. vi,7j, nec manusascendil, nec ferrum, 
nec ullum arlificium inslrumentura audi- 
tura est, sed mentis lolura hoc opus est, 
coque per conteiaplalionem subvehimur. 



Huio astabo, super illud grala immolabo, 
sacrificium nempe, et oblalionera, et holo- 
causla, tanlo iis, quœ nunc offeruntur, ex- 
cellentiora, quanlo verilas urabr» antecek 
lit. De quo mihi quoque D;«vid philosophari 
videtur, cum ait : Et introibo ad altare 
Dei, qui spiritualem meam juveniulem lœ- 
tifical. (Psal. xlu, 4.) Ab hoc altari me non 
abslrahet, quisquis volet. E ciyitate eji- 
cient?Verura non ita ex ea quœ in cœlo 
sita est. Hoc si eflîcere po^senl ii qui nos 
invisos habenl, vere bellum inferrent. 
Quamdiu aulem minime potuerint, gullu- 
lis aqua me petunt, aul venlis feriunl, aul 
in soranis ludunt. Sic enim eoruin beihiin 
interprelor. Pecunias eripient? Qoas tan- 
dem? Si meas qiiidem, ipsi eadem opéra 
pennas eliam quibus minime indutus sum, 
abscindiuit. Si aulem Ecclesiae; illud quippe 
est : pro quo bellum omne geritur. Ob pe- 
cunias far ille zelotypia erga crumenam 
œsluat, ac Deum prodit, et quod gravissi- 
raum est, trigenta argenteis vendit. Joan. xii, 
6.) Hoc enim pretio dignus erat, non qui 
prodebatur, sed qui prodebat. At domo 
escludenl? Delicias resecabunt? Amicorum 
animos a nobis averlent? 

S. Amur., in Luc. c. i. — Utinam nobis 
adolentibus altaria, sacriticiura deferenti- 
bus assistai Angélus, imo praebeat se viden- 
dum. Non enim dubiles assistere Angeluna 
quando Chrislus assislit, quando Christus 
immolatur. 

S. Ambr., epist. 86, Theodos. imper. — ■ 
Pro his victoriis gralias me censés agere 
oporlere Domino Deonostro. Faciam liben- 
ter conscius meriti lui. Certum est placi-. 
tam Deo esse hosliam, quae vestro oflerlur 
nomine. El bocquantcB devolionis et tidei 
est. Alii imperalores in exordio victorifle 
arcas Iriumpliales parari jubenl, aul alia 
insignia iriumphorum ; clementia tua ho- 
sliam Domino parai, oblalionera et gralia- 
rura actionem per sacerdoles Domino cele- 
brari desideral. El si ego indignus atque 
impar lanlo muneri et lanlorura votorun» 
celebritati, lantum quid fecerim scribo. 
Epislolam pietatis luae mecura ad altare 
detuli, ipsam altari impo^ui, i[)sam gestavi 
raanu cura offerrem sacriticiura, ut fldes 
tua in raea voce loquerelur, et apices au- 
gusli sacerdotalis oblationis munere funge- 
rentur. 

S. Epiph., Adv. hœr., !. ii, t. I. — Cum 
sanctuarii candelabrum in labernaculo 
testiraonii sep.lera lucernas haberet, oranes 
illœ quolidie pariter accendebantur, nec 
ullo die cessabat earum aliqua : sed eadem, 
lux singulis diebus ardebal. Etenim sabba- 
tum non ad inlercludendum, sed ad prser 
slandum bonum opus est conslituium. 
Cumque nemo peniius in duodecim iribu- 
bus operatus esset, solura allare nunquam 
feiiabalur, ut in evangelio teslalur Domi- 
nus : Saccrdotes vestri violant in templo 
sabbatuvi, ac sine sabbat o sunt. (Malth. xii, 
5.) Profanare vero idem est, ac solvere. 
Quomodo vero solvere dicunlu.'*, nisi quod 



149 

Deosacrificium offerunl, ne allare sit olio- 
sura. 

S. Chrys , hom. 73, ol. 72. in Joan., t. 
yjll. _ Nos qui innimiera rapituus et 
pauca (iaruus, placare Deum putanius, igno- 
rairles nos illum raagis irrilare. Die, queeso, 
nuhi, si asinum mortuiim el fœlidum e tri- 
Yiis ad aram IracluinoireiTes insaciificintn, 
nonne léonines lapiiiareiil ut impiuni et 



ALTARE 



150 



terrœ jEgypli. — Quod Oiiias serunJuin 

Josepliuin niale intelligens, implere cona- 

lus esl. Et litulus Uomini continens passio- 

nem in quo scriptinn est Hebraïcis iilleiis, 

Grœciset Latinis : Jésus Nazareniis rex Ju- 

dœorum, insignum crucis.etin teslinionium 

universarum genlium, qu« nunc yEgyplus 

appollanlur. Cunique persecntio creyeril a 

facie Iribulantiuni nominis Cliristiani, tune 
nonne le oiiiiius uiuiuaicm. ui lin^-iunLi vv it lic uiuuiauiiuiii .• ^„,„^ vt 

exsecrandura ? Quid verosi probem sacriti- claraabunl m cordibus suis : Abba pater. U 

ciura ex rapina inagis exsecrandura esse? mitlet Dorainus exercituum saivatorcm, id 

quam defensionem liabebimus? Ponamus est, Jesura el Judicera, vei propugna orem 



enim ci.nieliuni ex rapina jiarlum, an non 
niagis l'oetet, quam asinus morluus? Vis 
discere quantus sit peccati fœtor? Audi 
Propholaui dicenlem : Pulrucrunt et cor- 
ruptœ sunt cicatrices meœ. {Psal. xxxvii, 
C.) Tu vero Deum verbis precaris, ut sce 



qui liberet eos : ut liberali cognoscant Do- 
rainum, et ipsi cognoscantur a Doiuino; et 
ubi abundavit peccaluiu, superabundet gra- 
lia. Utinm auteiu allare ^Egypti, id est, 
mundi istiiis dicitur : ut cuncta altaria qu«î 
conlra Ecclesiœ eriguntur allare, sciamus 



lerum luorum obliviscalur; dum per rapi- esse non Doinini. Usque ad nnem V'si ,i is 

nas et fraudes tuas illud agis, ut eorum ^l^gypHœ, in libro Explanalionis Instonae,, 

semper recordelur, dum peccatum luum quia manitosla Prophetia erat, diximus ,, 

arœ imponitur: iam vero non boc solum quod cuncla reteranlur ad Lhristum. 

peccatum est; sed quod est gravius, san- S Hieh., 1. n Comment, m cap iv Amoi, 

ctorum animas inquinas. Hoc enira lapis l. III, - Quando vis. lare cœperil Dommus 

eslîfaltare lapis eral), el sanctiQcilur : illœ prœvancationos Israël , qui prius Deum 

autem semper Chrislum ferunt : etaudes mente cernebat, visitabit et super a lana 

tara immunda offerre? Minime, inquies, Bethel : non unum allare, quod babet bc- 

non cas |)ecuniasoirero, sed alias. Ridicula clesia, sed altaria bœreiicorum pluriina. 

Iia^c et nugacia sunt. Nescis quod si in Tôt enim habent allaria, quoi schismala. 

mullam pecuniara vel stilla injuslitiae inci- Amputabil el coriiua allaris, quod per su- 

derit, lola inquinalur? Ut enim si quis in perbiam unum se baberejactant. Ladenlque 

purum foulera fimum injiciat, tolam aquam eorum cornua, id est, anoganlia lu ler- 

reddit immundam;ila si in divilias rapina ram. ^ , • 

ingredialur, omnia fœloreimplet. S. Hier., 1. xii Comment, in cap. xli 

S. Chrys., bom. 16 in Matth. - Si offers Ezech., l. III. - Quod allare babebat cor- 

munus tiinm ad altare, et ibi recordatus fue- uua, et tara bases quara parieles ejus, hoc 

ris quia (rater luus habet aliquid adversum est, lalera erant lignea, in quo sonpluns 

le: relinque ibi munus tuum unie altare, el sanclae rajsteria humanus sermo non polest 

vade prius reconciliari fratri tuo : et lune explicare : quomodo allare m quoignis suc- 

venicns offeres munus tuum. (i»ia«/i.|v, 23, cendendiiserat, mensavidelicet Uiyraïamatis 

2i.) O adrairabilera benignitalem , atque nihil ab igne paliatur : sed ut lia dicam» 

inelfabilem erga bomines amorem DeilHo- igne purius fiat. Sicut enim sanclorura 

norem suum despicit, dura in proxirao cha- opéra, de quibus scribit Aposlolus ''^1^}^^- 

ritat«'ra requirit. cujusque opus quale sit, ignis probabit [I 

Idem, bom. 51 m Matlh.—'^e putes salis Cor. m, 13), non pereunl, sed per ignem 

esse ad salulera, si cura viduas et orpbanos puriora mouslrantur : ita et allaris ligna 

spoliaveris, aureuin calicem el geramis or- quœde lignis paradisi sunt, non cremaiiiur 

natum buic mensœ olleras. Vis boc sacrifi- igne vicino, sea puriora reddunlur. Nec 

cium honorare ? Animara tuamolfer propter mirum hoc de sanctuario, et de interioii- 

quam Chrislus immolalus est. Ei-.ra aureara bus templi el allari Ibiraiaraiilis credere ; 

facito. Quod si anima tua plumbo ac testa cura eliam amianton, quod Uni genus est, 

deterior est, quid libi proderunt aurea vel iini babens simililudinein, quanto plus 

vasa? — Animarura munditia opus est, arserit, tanlo mundius invenialur. Ignosce, 

propter quas eliam vasa bœc Deus reci- leclor, diÛicuJtali, et veiiiara Iribue paupen 

pit, inlelligenlia3. Per feneslras enira obnquas. 

Idem, hom. in psal. iv. — Sacrificate sa- et in modura relis factas, et quœ semper 

crificium justitiœ. Hoc sacriticium non clausaesunt, vix usque ad-interiorem domum 

eget pecunia, non gladio, non allari, non cordis nostri oculum possuraus intromit- 

igne. — Sed animo ejus qui ollert con- tere, ut omma quœ cermmus, in umbia 

tentum est. Ei nec est paupertas obsla^ videamus et in imagine et cura Aposlolo 

culum , nec mendicilas impedimentum ; chmemus : profundutn duntiarumsapien- 

non locus nec aliquid ejusmodi ; sed ubi- tiœ el scienliœ Oei : quam tnscruluuiliu sunl 

cumiue fueris id otlerre poleris cura ipse judiciacjus,elinvestujabilesviœ lUiusIiKom. 

ïis et sacerdo.s, el allare, el gladius et bos* xi, 33.) El : Quis cognovil sensum Uei (Isat. 

lia. — Spirilualia enira plunmum habent yl, 13j? nisi lUe qui esl raagm cousilii An- 

facilitalis, ut quœ ulla exlerna operationo gelus, et sua polest diguis apenre myste- 

egeant. lia. r. j • 

S. Hier., 1. vu Comment, in cap. xxi S. Aug., 1. ix. Con/"ess., 1. 1. — Credo jaçn 

Isaia;, t. lU. - h'rit altare Domini in medio feceris quod le rogo, sed volunlaria oris.. 



45i 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



152 



mei approba, Domine. Namque illa immi- 
nente (lie resolulionis suœ non cogitavit 
suiira corpus sumptuose conlegi, aut con- 
diri aromatibus, aulmonuiiientum electum 
concupivil, ant curavit sepnlcrum patrium. 
Non ista mandavji nobis, sed tanlummodo 
memoriam sui ad altare tuum fieri deside- 
ravit, cui nullius diei prœlermissione ser- 
vierat, unde sciret dispensari viclimam 
sanctam, qua deletura est chirographnm 
quoderat conlrariam nobis, qua triumpha- 
tus est bostis compulans delicta nostra, et 
qnœrens quid objiciat, et nihil inveniens in 
illo in quo vincimus. Quis ei refundet inno- 
cenlem sanguinem ? Quis ei restituet pre- 
tium quo nos émit ut nos auferat ei? Ad 
cujiis pretiinoslri sacraraenlum ligavit an- 
cilla tua animam suam vinculo fidei. Nemo 
a protectione tua disrumpat eam. Non se 
interponal nec vi, nec insidiis leo et draco ; 
neque enira respondebit illa nihil se de- 
bere, ne convincatur et obtineatur ab accu- 
satore callido; sed respondebit dimissa dé- 
bita sua ab eo, cui nemo reddet quod pro 
nobis non debens reddidit. 

S. Aug., 1. VI Dehapiismo, cont.Donatist., 
c. 9.— Illa est consnetudo, quœ si sacrilegos 
ad altare Cliristi sine baptismi purgatione 
admiitebat et nullum bonorum in unilale 
polluebat, quicumque se ab eadem unitate, 
in qua nuliorum malorum contagione pollui 
poterant, frustra separaverunt, manifestum 
sacrilegium schismalis admiserunt. Si autem 
perillam consuetudinem omnes polluti pe- 
rierunt, de qua calerva isti sine originali 
veritale et cum caiumniae calliditate proce- 
dunl. Si vero recta luerat con«uetudo, qua 
sic suscipiebanturhaerelici, relinquant lurq- 
rem, faleantur errorem ; veniant ad catholi- 
cam, non ut retinganiur sacramento bap- 
tismatis, sed ut curentur a plaga concisio- 
iiis. 

ldem,l.xxnCtrif. Z>ei, c. 10.— Non tem- 
pla nec altaria çrigimus, in quibus sacriti- 
cemus martjribiis; sed uni Dec, et marty- 
rura, etnosiro, sacriticium iramolamus: ad 
quod sacrificium , sicut homines Dei qui 
mundum in ejusconfessione viceruni, suo 
loco et ordine nominantur, non tamen a sa- 
cerdole qui sacrifical, invocanlur quia Dei 
sacerdos est, non illorura. 

Idem., 1. XX advers . Fauslum, 21. — 
Populus Chrislianus memorias marlyrum 
religiosa solemnilate concélébrât, et ad exci- 
tandam imitationem , el ut meritis eorura 
consocietur, atque orationibus adjuvetur; 
lia tamen ut nulli martyrum, sed ipsi Deo 
martyrum sacrificemus ; quamvis in memo- 
ria martyrum conslituamus altaria. 

S. Aug., in psul.xLm. — Ad me redeam, 
ut immolem : ara tua, conscienlia tua. ïo- 
lum habesin animo. O sacriticium gratui- 
lum, gratia datum 1 Non lioc emi quod offer- 
rem, sed tu donasli. Sacriticium laudis est, 
gralias agereiili, a quo habes,quidqui(J bo- 
ni habes ; et cujus misericordia libi dimit- 
liturquidquid tuum mali habes. 

S. AuG., in psal. cxvii.— Ibi est spiritale 
sacriticium, sempiternum sacriticium laudis; 



et sacerdos sempiternus est, et alfare sem- 
pilfrnum pacata mens ipsa justorum. 

B. Theodor., in I Cor., t. III. — Ties- 
citis quoniam qui in sacrario operantur , 
quœ de sacrario snnt,ednnt: et qui al tari 
deserviunt , cum allari participant. [1 Cor, 
IX, 13. ) Videte eos qui ex iege sacrificant, 
alia quidera altari otferentes, aliis vero ip- 
sosfruenles. Hoc enim dixit: cum altari 
participant. Olferebant enim altari quidem 
renés, et reticulum jecoris , et adipem qui 
in illis est : ipsi vero accipiebant et dex- 
trum brachium, et pectusculum. Ostendit 
autem Dominum quoque ipsum legij con- 
sentanea praecepisse. 

S. Greg. Mag., 1.' Il in Ezech., hom. 10, 
t. I.— Alii a carnalibus viliis liberi,autlongis 
jam iletibus securi, amoris flamma inci)ui- 
punctionis lacrymis inardescunt, cœlestis 
patriœ prœmia cordis oculis proponunl, su- 
pernisjam civibus interesse concupiscunt. 
Dura c'is apparet servilus, longitudo pere- 
grinationis suœ. Regem in décore suo videre 
desiderant (/sa», xxxiii, 17], et fl-ire quo- 
tidie ex ejus amore non cessant. Quid isti, 
nisi altare sunl aureum? In quorum corde 
aromala inceiisa sunt ; quia virtuies ar- 
dent. Bene autem de eodem altari dicitur, 
quod ante veluin Arcae sit positum in San- 
cia sanctorum. Arca quippe lestamenti ipse 
nobis factus est, de quo scriptum esse no- 
vimus: In quo sunt omnes thesauri sapientiœ 
et scientiœabsconditi. [Col. il, 3.) Arca inlra 
vélum est, Redomptoniosterincœlo. Altare 
vero aureum in quo thyraiama incenditur 
ante vélum, Sanctorum corda, quœ cum 
magnis virlutibus in Dei amore succensa 
sunt, per sanctum desiderium in illo ar- 
dent, quem adhuc revelata facie videre non 
possunl.lnter arcam quippe etaltare vélum 
est : quia hoc quod nos adhuc a visione Dei 
séparât , corruptionis nostrœ obslaculum 
remotum non est. Sed quousque ante vélum 
sumus, oportet ut quasi thymiamalis in- 
censum flamma amoris ardeamus. Per coiu- 
punctionis autem lacrymas nil lerrenum, 
nil transitorium quœrere debemus. Solus 
ipse nobis sufliciat, qiiil'ecil omnia. ïrans- 
cendamus per desiderium omnia ut mentem 
colligamusin unum. Non jam timoré pœ- 
narum, non memoria vitiorum, sed amoris 
tlamma succensi, ardeamus in lacrymis cum 
odore virtutum. 

S. Paulin. NoL, ep. 31, ad Ap. — Ignem 
mihi alienum vi letur accendere, quisquis 
coriioreae vel secularis alicujus lupidilatis 
ignem in sacrario sui cordis accendens, au- 
dealappropinquare altaribas Domiui, quae 
non recipiunt nisi ilMus ignis accensionem 
de quo ail, Jgnem veni mitlere in terra et quid 
vola, nisi si jam accensus C5f ? Hocigne nos, 
Domine Jesu, semper accende, ut iilumine- 
raur sensibus, detlagreraus in vitiis: Hic 
enim sulus qui a te ignis est, igni resislel 
fetcr.no. 

S. Bernard., Tract, de vit. et mort.cler., 
c. 1. — Sed esto studiosequis el Iructuoso 
laboret. Dignus plane est operariiis mercede 
sua : ut qui allario servit de allario vivat. 



IS3 



ALTARE 



iH 



(7 Cor. IX, H-.i Vivat, inquam, de alla- 
rio, ut juxta eiinidem Apostolum, alimenta 
et quibus legatiir habens, his contentus sit 
(/ Tim. VI, 8.) Tertium ei hoc periculum 
est, Dealtario,inquity vivat : non superbiat, 
non luxurietur, denique non ditetur, nec 
contra Sancli cujusdam plane dignara omni 
acceptione senlentirim ex clericatu ditior 
fiat. Non sibi de bonis Ecclesiœ ampla pa- 
latia fabricet , mulans quadrala rutunJis, 
uec loculos inde congreget, nec in vanilate 
et supertluilale dispergal; non pxtollat de 
faculuuibiis Ecclesiœ consanguineos suos, 
aut neptes nupiui trudat. Res pauperuni 
non pauperibus dare, par saerilegii crimen 
esse dignoscitur. Sane patrirnonia paupe- 
rum, l'acullates Ecclesiarum : et sacrilega 
eis crudelilate surripitur quidquid sibi 
ininislri et dispensatores, non ulique Do- 
inini vel | ossessores , ultra viclum acci- 
piunt et vestiluni. Nec enim ordinavit Deus 
bis qui Evangelio serviunt de Evangelio 
quaerere aut babere delicias vel ornatum, 
sed vivere (ait Apostolus) et eo : ut videli- 
cet sint contenu alimenta corporis , non 
irritamenla gulae aut incentiva libidinis, et 
quibus teganlur, non quibus ornentur, 
accipere. 

S. 6ern4rd, I. Sent., t. II. — Altaria qui- 
bus vota f<uperponere debemus, tria sunl: 
Divinarum sanctionum expletio, quod tU de 
Jisnis Setira in deserlo: Uealorum multiplex 
aavocatio, quod lit de lapidibus quosferrum 
non letigit : Redemptoris humilis incarnatio, 
quod tu de terra. 

[Ex Conclliis.] 

Ex conc. Laodic. siib Sylvestro I, an. 320. 

— 19. Solis ministris allaris liceat ingredi 
ad allare, et ibidem communicare. 

4i. Non oportet mulieres ingredi ad al- 
lare. 

Ex conc. Carthag. m, suh Siricio, an. 397. 

— 23. Cum allari assislitur semper ad 
Palrt-m dirigatur oralio. 

Ex cunc. Carthag. \, $ub Anastasio, an. 
398. — H. Placuit ut altaria quae passim 
per agros aut vias lanquam memoriœ mai 



Ex conc. Tolet. xm, suh Leont II, an GS'j. 

— 7. Qnicunque sacerdolnni vel minislro- 
runi deinci-ps causa ciijuslibel doloris vel 
aniaritudinis permolus,aut allare Divinum, 
vel veslibus sacratis exuere prcpsumpserit, 
aut qualibet alia higubri veste ai'cingi, seu 
eliam si consueta luminariorum sacrorum 
obsequia de teraplosublraxerit, vel exslingui 
praeeeperit, aut quodcunque lugul)ritatii iti 
teniplo Dei induxerit, alque occasionem 
nulrieril, unde de templis Domini , aut 
olficia consueia desint, aut oblatio singula- 
ris sacrilicii videalur in aliquo defraud.iri, 
si eum aiitea verse pœniludinis coram me- 
tropolitano satisfaclio non purgaverit, igno- 
biliiali perpeluœ mancipatus, et loci sui 
dignilate se noverit et honore privari. 

Ex conc. Romano sub Jeanne XII, an. 964. 

— 1. In circuilu allaris aut in presbyterio 
nnllus laicorum stare présumai quoties 
missarum solerania celebranlur ; quod si 
l'eceril quis, communione privalus maneat 
usqiie ad emendalionem. 

Ex conc. Oxoniensi sub Ilonorio III, an. 
1222. — 2. Provideant archidiaconi ut lin- 
leamina et alia ornamenta allaris sint ho- 
nesla, ad minus duplicia ornamenta sacer- 
dolalia, et qui altari ministrant super pel- 
liceis indiiantur. 

Ex ronc. Ravennatensi ii, sub Clémente V, 
an. 1311. — 8. Coriioralia, pallœ, tobaleae, 
et caetera sacerdoluin et altarium ornamenta 
nuiiida sint, et cum onini mundilia conser- 
venlur, et calices habeantur argentei, si 
commode fieri polerit, et Ecclesiarum sup- 
pelant facultales, et sufficienles Jibri pro 
divinis olliciis, et parameuta, etc. Et ubi in 
praediclis habendis non sufficiant Ecclesia- 
rum facultates u)oneantur laici, et maxime 
parochiani, et sollicite inducanlur ut com- 
f)onaiil et conlribuant sallem pro dimidia in 
praediclis. 

Ex conc. Senonensi sub Clémente TU, an. 
1528, De moribus. — 15. Episcopi non sint 
faciles ad consecranda allaria porlalilia, sed 
tune demum ad ea consecranda accédant, 
cum inlellexerint ea esse requisiia ()ro 
ecclesiis, aut aliis locis in quibus licite ce- 



tyrum consliluuntur, in quibus nullum cor- let)ralur, et per suos decanos rurales aliosve 
pus aut reliquiœ martyrum condilae pro- 
bantur, ab episcopis qui eisdem locis prœ- 
sunt si fieri potest, everlanlur; si aulera 
lioc propler tumultus populares, non sini- 
tur, plèbes tamen admoneanlur ne illa loca 
Irequentenl, etc. Et omnino nulla meraoria 
martyrum accepteiur, nisi aut ibi corpus, 
aut aliquae cerlœ reliquiœ sint, aut ubi 
origo alicujus habitationis, vel possessionis, 
vel passionis, tidelissima origine Iraditiir, 
Ex conc. Agath.y sub Symmacho,an. 509. 
— li. Altaria placuil nou solura unclione 
chrismatis sed etiam sacerdolali benedic- 
lione sac.rari. 



olliciarios provideant, ne prœdicta allaria 
porlalilia relineanlur in domibus privalo- 
rum. 

Ex conc. Mediolan. ii, sub Pio V, an. 
1569, lit. 2. — 19. Quœ pallia aliaque sacra 
iudumenia altarium usui, et ornatui addi- 
eta sunt, ea ad sedis episc0{)i, fllteriu>-ve 
hominis ecilesiaslici vel laici quavis digni- 
tale prœditi ap|iaratum, aut ad funeris, 
exsequiarumvepompam, aut aliarum rerum 
quœ priifanœ sint usum, sive ornamentuui 
ne adhibeanlur. 

Ex conc. Mediolan. iv, sub Greg. XIII, an. 
i^lQ, part. i. — 11. "Capellarum et altarium 



Ex conc. Epaunensi, sub Symmacho, an. locus ne in ulla quavis ecclesia quovis no- 

509. — 26. Altaria nisi lapidea, infusioiie mine cuiquam abscjue episcopi auctoritale 

dirismalis non sacrentur. detur, etc. rjepîalur omtiino altare ununi- 

Exconc. Antisiodor., sub Gregorio 1, an. quodque seplo ferreo vel lapideo aut ligneo, 

590. — 37. Non liceat mulieri manum suam quod seplum ab altari congruo Sfiatio dis- 

ud pallas doûiiûicas millexe. tel, nec illud seplum laicus ingrediaiur. 



155 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION, 



156 



15. Consecratffi allariura rnensae totœ , 
licet aliqua ex parto laleritiœ sunt, tela 
cerala ila conlegantur ut facile a mensa, 
tela non possit amoveri. 

Ex C071C. Aqnens.^sub Gregorio XI 11, an. 
1583. — 26. Vid. Ecclksia. 

28. Ex conc' Mediolan. , an. 1.576,— 
2. Amoveanlur omiiia aliaria quœ sub sug- 
gestum,autûrganam exstructa suMt;|autco- 
lumnae, pilœve liaîrentia, aut adversa altari 
majori, aut ecelesiœ januis nimis propin- 
qua, aut alia quavis ralione incommoda aut 
periculosa, vel eliam sine lundatione, cpis- 
copi judicio. Emolumenta aulem oblationes 
eljura, ac onera altarium quœ araovebun- 
lur, ad alia aliaria ejusdem episco(»i senlen- 
lia Iransfeiantur, unum quodque altare 
]a[)ideum sit vel sallem laterilium cuiu 
tabula lapidea, si consecrandum est, in eo 
non sit Icneslella, foramenve ulla ex parte, 
nbi quiJquani asservari aut recondi possit, 
nisi sint reliquiœ sanclorum. Altare orane, 
Jeguraen habeat, vel fornicatuin, vel ex 
asseribus aut e tela alicujus coloris (iecen- 
ter picla, vel panno pretiosiore confeclum 
ubi fornix non est quw totuiii altare ac 
prœturea sacerdotem celebrantem tegal, etc. 
Unumfjuodque altare, ubi commode episco- 
pus fieii posse judicarit, sepiatur omnino 
septo lerreo vel lapideo, vel saltem ligneo, 
quod septum ab aliari distet saltem palmis, 
iiec veio illuQ septum laicus ingrediatur 



dura missae sacrificinm fit, etc. Pefra sacrata 
non sit minor longiludine palrai unius et 
dimidii, latiludine palmi et quarti, prœter 
ligneam capsara inqua includetur; sit eliam 
tela cerala cooperla. 

Ex conc. Avenion., sub Clémente YIII, an. 
159i. — 24. Altare, babeat altare porlaiile 
consecratum, nisi altare ipsura tolum con- 
secratum esse consliterit, candelabra duo, 
crucem in medio ex aliqua decenti materia, 
pallium ante altare ejus coloris quem dies 
requirit, labellam oralionum secrelarum, et 
uiappulam decentem ad raanus tergendas. 
27. Altaria non quacuuque in lempli 
parte extrui debent, sed decentietcommodo 
loco, eo sane situ, ut aliquid spaliiinter ea 
interstet. 

Ex conc. Aquihiensi, sub Clémente YIII, 
an. 1596. — 17. Altaria non constituantur 
nova, non liant iconae pictura vel sculptura 
cujuscunque ecclesiasticae historiae, episco- 
pis inconsullis. 

Ex conc. Narbon.y sub Paulo F, an. 1609. 
— 59. Amoveanlur et destruantur quœ sub 
dio et extra ecclesiam sunt constructa alta- 
ria, aut altari majori adversa, aut januis 
Eccleaiœ nimis pro[)inqua, alia quacunque 
ratione incommoda; ornentur altaria sca- 
bello ligneo quod vernacule dicilur marche~. 
pied, map|)œ coronis lignea, et ex panno 
serico, aut alio decenti, pallium appouatur. 



ALTARIS SACRIFÏCIUM 



Vid. verb. ËucHiBisTiA. 



AMBITIO 



[Ex SS. Patribus.] 

S. Ignat., Epist. ad Smyrn. — Locus ne- 
niinem etferat; tolum namque est tides et clia- 
lilasquibus nihil prœlatum est. 

Origeis., super Epist. ad Rom. — Omnis 
adeundi honoris ecclesiastici abscinderelur 
ambilio, si se judicandos polius, quuui ju- 
dicaturos, hi i|ui jjrœesse volunt populis, 
cogi tarent. 

S. Greg. Nyss., De perfect. Christ, for. — 
IntiJelis est qui liumanos |)ro cœlesliuus ho- 
nores venatur : queinadmodum Douiinus 
dicit: Quomodo vos credere potestis qui glo- 
riam a vobis invicem accipitis, et honorem a 
Deo solo non quœritis? 

Cuu) aposlolus dical, modo quidem: Non 
cfficiamur inanis gloriœ cupidi ( Gai. v, 
26); modo vero : Non ad oculum servientes, 
quasi hoviinibus placere studentes ; quis est 
inanis gloriœ cupidus, et quis est, qui pla- 
cere honiinibus sludet ? 

S. Basil., llegul. brev. tract., t. II. — 
Cupidum quidem inanis gloriœ arbitror esse 
eum, qui ob lenuem mundi gloriam a spec- 
latoribus aut ab audiloribus accipiendum 
facit aliquid aut dicit : studiosum vero com- 
placendi hominibus eum, qui ad alicujus 
hûminis arbitrium, ipsi placiturus, aliquid 



peragit, eliamsi quod ellicilur, sit ignorainia 
dignum. 

S. Greg. Naz., orat. 27, t. 1. — Quid prœ- 
terea? E[)iscopalum abrogabunl, ac thronis 
dejicient? Et quos tandem, aut nunc, aut 
anlea, promplo alque hilari anirao con- 
scendi? An vero eos, qui ascendunt, beatos 
prœdicare soleo ? Tu ne mihi eos suaves et 
jucundos reddis, ila indigne conscendens ? 
Quid? Ne hœc quidem quœ nuper accide- 
runt, animi niei sententiam vobis declara- 
runt?Anilla quoque deliciœ quœdam et 
jocus eranl, alque vestri erga me amoris et 
desiderii exploratio? Vafri homines facile 
adducuntur in vitia sua de aliis, parlim 
suspicentur, partira loqnanlur. Quid vero 
illa oppressio ?' Quid illœ imnrecationes, 
quas adversus nos ipsos publiée conce- 
pimus? Quid illœ lacrymœ, quœ vos eliam 
ad misericordiam nioverunt, quamvis alio- 
qui propter obluctationem odio pêne esse- 
mus? Primariœ sedis dignitalera nobis eri- 
pient ? Quis unquam meute prœdilus banc 
admiratus est? Nunc autem eliam, ut mihi 
quidem videlur, prudentissimus est, quis- 
quis.eam fugit. Propter banc enira, res om- 
neis nostrœ jactanlur ac conculiuntur : prop- 
ter hanc, fines orbis terrœ suspicione et. 



15/ 



AMUIÏIO 



158 



bellû llagraiU, eo(iuo obscuro et ignobili : 
propter liane, periculum est, ne qui a Doo 
ireali sumiis, horainibus subjiciamur, ac 
magnum il!ud, et novum nonien amiltamus. 
Utinam polius nec ulUis qiiidem sedis prin- 
ripaliis esset, nec ulla loci praclatio , et 
lyraiinica prœrogaliva, ni ex sola virtute 
coguosceremur. Nunc aulem dcxtrura hoc, 
et sinisirum, ac médium lalus, et subiimior 
fllque inferior gradus, et prœcedere, et si- 
mul incedere , multas nobis collisiones in- 
cassum pepererunt, ac multos in foveam 
im[)uierunt, atque ad biicorum regionein 
adduxerunt ; non plebeiorum tantum, sed 
ctiam Pastorum, qui, cum magislri Jsraelis 
esseni {Joan., m, 10) liœc ignoraverunl. 

idcm,t6jd.—Quod si Domi nus Jesiis propria 
non desideravit , lu aliéna cur quœras? si 
Creator omnium seculi gloriam, subeundœ 
paupertalis virtute contempsil;cum lu fasli- 
dias quod natus es, appelas quod indebitum 
esi?Cur ea quœadusum tibi diulnrna esse 
non possunt, ad suppb'ciura diuturna depo- 
àcas? caveinsidias, cave fraudes; et hoc ipso 
ad subruendum hominem lolum versula 
diaboius mundum fraude concutiat, lotius 
seculi pugnet i-llecebris, ejus tibi blandiiia 
plus cavenda-est. Non Evara cibus inflexerat 
non mandatorum oblivio destituerai : sed 
jiromissi honoris arabilio illecebrosa dece- 
})it. Quœ si solum Dominum adorare voluis- 
set, indebita non quœsisset. Et ideo reme- 
diuni datur quo telum ambilionis obtundas, 
ut soli Domino serviamus ; caret enim am- 
bitione religiosa devoUo. 

S. Ambr., 1. IV Exposil. sec. Luc, t. I. — 
Et duxit illum diaboius iterum in montem 
altissimum, et ostendit illi omnia régna orbis 
terrœ in momenlo (emporis. {Luc. iv, 5) 
Bene in raomenlotemporis sœcularia et ter^ 
renamonslrantur. Non enimtam conspectus 
celerila's indicatur, quam caducœ fragilitas 
potestalis exprimitur. In momenlo enim 
cuncia illa pi a;lereunt, et sae[)e lionor sœculi 
abil antequam venerit. Quid enim sœculi 
polesl esse, diuturnum, cum ipsa diuturna 
non sint secula? docemur hic inanis am- 
bitionis flalira despicere , quod omnis di- 
gnitas secuiaris diabolicœ subjaceat poies- 
lati : ad usum fragilis , et inanis ad fruc- 
tum. 

) Idevûj'ibid. — Prope omnium criminura 
fontes haec tria gênera demonstrantur esse 
vitiorum : carnis oblectatio, species gloriœ, 
et aviditas polentiœ. 

S. CuRYsosT., t. VIII. — Grave quidpiam 
est ambilio, grave, et quod animam perdere 
possit. 

Idem, Exp. in psal. vu, t. V. — Absaion 
fuit ûlius David, juvenis , incontinens et 
perdilus. Is aliquando iiiburrexit adversus 
jiatreui, eoque regno, et domo, et palria 
ejeclo, pro ilio ipse tenebat omnia, et neque 
naluram, nec educationem, nec œtalem, 
nec quœ prœcesserant resj)i(."iebat, aut re- 
verebaïur ; sed erat adeo, ut semel dicam, 
crudelis, immitis, et btllua polius quam 
honio, ut his omnibus perruptis obicd)us, 
i^)sis nalurœ insullaret legibus, et lurbis 



omnia ac tumuitu complerel: tune enim 
omnia evcrtebantur Wecreta naturœ, homi- 
iMim roverentia, in Deum [)ietas ac religio, 
humanilaset misericonlia, aiimentorum re- 
nuinerHlio, et in seneotulem reverentia. 
Naui elsi nolebat eura revereri ul |)alrem, 
sallein revereri oportebat ut senem : si ca- 
nos neghgebat, certe ut bencfaclorem : quod 
si nec sic quidem, ul eum ctMle qui nullaui 
feceral injuriam : sed amor imperii liane 
oinnem ejecit rt'verenliam, et hominem in 
foram coiiverlit. Et hic qui.lem beatus,qui. 
eum genuerai et aluerat, tanquam emo et 
profugus, errabat in deserloet quœ ex his 
sequuntur malis opprimebalur ; ille vero iu 
bonis paternis vulu|)tatem explebat. 

Idem, lib. m adv. oppugn. vit. monast.y 
t. I. — Ulinam hoc solum daumi adessel, 
quod nihil utile |)alres consilii dareni, non 
tantum ulique maluin esset: nunc aulem 
eos ad contraria |)rorsus impelliiis. Neque 
enim aliud patres audias cum tiliis trac- 
tare, cum eos ad studia litterarum hortan- 
tur, nisi verba hujusmodi : ille, inquit, hu- 
milis, humilique loco natus, eloquenliam 
adeplus, summos magistralus oblinuil, di- 
vitias acquisivii ingénies, uxorem duxit 
opulentam,s()lendidas consiruxilœJes, om- 
nibus terrori est, et gloria fulget. Alius 
rursum : ille, inquit, lalina linguaerudilus» 
in regia clarissimus est, cunclaque inlus 
administrât. Et alius alium ruisus ostendit» 
cunctique eos qui in lerra insignes sunt 
memorant, cœlestium aulem nulla usquam 
mentio; imo si quis illa commemorare ag- 
gredialur, ut qui cuncta perverlai ejici- 
tur. 

Cum igitur a principio hœc illis occinatis, 
nihil aliud eos, quam omnium malorum 
uialeriam docelis: duos violenlissimos amu- 
res insinuantes, pecuniarum dico, et qui 
longe iniquiur esl, vaiiœ inanisque gloriœ. 
Horum vero alteruter |)er se sulus cuncia 
perverlere potest : cum aulem ambo in le- 
neram juvenis animam contluunt, quasi 
quidam lorrentes conjuncli bona omnia 
corrumpuni, lantam vimspinarum elarenœ, 
tanlam colluviem contrahenles, ul animam 
illam sterilem, inirucluosam, bonisque om- 
nibus vucuam elUoiant. Horum testes essy 
possunt exleri quoque scriplores, quorum 
unus alterum atl'ecium, non cum alio junc- 
lum, sed per se solum» arcem ; alius vero 
caput malorum a[)i)ellat. Quod si separatum 
arx est et capui, cuui alius longe giaviur 
eiitotentior accesserit, insana nempe gloriœ 
cupido, et cum illo violenter irruerii, ra- 
dicesque posuerit, atque juvenis animum 
occupttverit, quis demuin ejusmodi mnrbuui 
;imovere possil; cum maxime paires ijisi, 
non ut eveilantur, sed ut tirmiota, sint liœi: 
mala germina, nihil non agant et dicam? 
Quis igilur adeo stultus est, ui non desperel 
de saluie pueii ad liunc modum instiluti? 
Oj)taiidum esl animam conlrariis rébus im- 
bulam, a malilia se subJucere : quando au- 
lem uudi(pie illiciunt pecuniarum prœmia, 
ei scelerali viri ad imilandum propouunlHv^ 
(luœnaui salutis spes sn[»ere5l X 



159 



DICTIONiiAIRE DE LA TRADITION. 



IGO 



Idem, hora. 38 m / Cor., t. X.— Con- 
sidéra ab infiinis inci iens ; qui émit 
stercora, dolet et tristia afficilur, quod non 
sit liber ab hoc misero, et quod probrosum 
esse videtur, studio; sed si i[)sum eo libe- 
raveris, et effeceris ut secure abundet rébus 
necessariis. rursus dolebit quod non plura 
possideat quam opiis sit : et si phjra de- 
deris, — rursus animo angetur, quod non 
grtrat reuipublicam. Et si lioo ei praebeas , 
sei|)suni ducet esse miserura, quod non 
piimas parles teneat in republica. Huiic au- 
teni jjonorem assecutus, quod non impe- 
rium oblinueril : quod non lolius genlis, — 
qiiod non multarum genlium : quando au- 
leni uiullarum genlium, quod non omnium. 
Quando faclus f'uerit legatus aut praefectus, 
rursus dolore aliicietur, quod non sit rex : 
et si sitrex, quod non solus; si solus quod 
non baibaiorum (iuoque,quod non etiam lo- 
lius orbislerrae.Cuin autera lolius orbis: cur 
non etiam allerius mundi? et sic intinitum 
procedens cogilalio, non sinit eum unquam 
iaelari. 

Vidistinl quomodo etiamsi ex yili et alj- 
jecto regera feceris, non loliis anirai aegri- 
ludinem , nisi correxeris cogitalionem, quaa 
laborat avarilia et plura habendi cupidilate? 
Age, libi etiam oslendam contrarium, quod 
etiamsi a supremis ad intima deduxeris eura 
qui est prudentia praeditus, non injicies in 
animi aegriludinem et Iristitiam : et si vis 
easdem desceniJamus scalas, et preelectam 
«1 sede urbis dejectum priva iila dignilate, 
Ipseenim liaec quœdiximus cogitaresi veiil, 
nibil inde doleljit. Neque enim repulabit ca 
quœ sunt ei ablata, sed ea quœ lune habet, 
neu)pe gloriam quam habet ex eo quem 
gessit magislralu. Si autein eara quoque 
absluleris, animo re[iulabit privatos, et qui 
ad eum magisiratum nunquam asoenderunt, 
et ad consolalionem ei sufllcient divitias. 
Si aulem abeis quoque rursus eum expule- 
riSjConsiderabil eosquimediocriapossident. 
Si aulem etiam absluleris mediocria, et ei 
solum necessarium impertieris alimentum, 
poierit animo cogiiare eos qui ne id quidem 
possident,sedcumjugi famecontlictantur, el 
iu carcere babilani.Quod sieliam ipsum in 
domum iilam duxeris, animo versans eos 
qui niorbis lal)(»rant incurabilibus, intole- 
rabilibusque doioribus, videbit multo se 
bobLiemelius.Ei sicut emplor ille stercoris, 
ne rex quidem faclus iVuelur animi Irati- 
quiililale; ila hic quoque ne si l'ueril quidem 
in vjnoulis unquam dolebit. 

Neque igilur divilise voluptalis , neque 
paufteiias est causa animi œ^riludinis; sed 
mens nostra, et quod animi noslci oculi 
minime sint [)uri, iieque usquam lirmi sinl 
el slabiles, sed volent ad inflnituai. El sicut 
salubria quidem corpora, etiamsi solo pano 
alantur, uono atfecia sunt et lusuriaut; 
morbida aulem, etiamsi Jauta el varia Iruan- 
lur mensa, eo sunl imbecilliora ; ita etiam 
solel evenire in anima. Qui pusilli quidem 
elabjecii sunt animi, ne in diademale qui- 
dem et honoribus qui verbis non possunl 
fciplicari, possunt esse bouo et ;U"auquillo 



animo : Philosophi anlem, el in vinculis, et 
in catena, el in pauperlate, pura fruunlur 
voluptate. Hœc ergo cogitantes, aspiciamus 
semper ad détériores. Nam est quidem etiam 
alia consolatio, sed philosophica, et quœ 
mullorum aliorum superat crassiludinem. 
Quœnara ea est? Quod nihil sunl divitiae, 
nihil paupertas, nihil ignominia, nihil ho- 
nor; sed in brevi tempore, et in verbis 
solum inter se distant. 

Idem, eod. tom. — Ambiliosus animus, 
eum aliqua re se ornari pulat, etiamsi aliis 
sit noxia, eam accuralius relinet, ob vanœ 
gloriœ tyrannidem. 

Idem, hom. 11 in Ephes. iv , l. XI. 
— Niliil ecclesiam œque polesl dividere , 
ut ambilio et amor imperii et gerendi ma- 
gistratus. Nihil Deum aeque irritai alquo 
divisam esse Ecclesiam. Etiamsi bona t'ece- 
riraus innuraerabilia,non minores quam qui 
ejus corpus discindunt, pœnas dabimus, qui 
plénum ecclesiasticum conventum conscin- 
dimus.Namillud(iuiderafaclumestadlucrum 
orbis lerrarum,etsi noneoanimo.Hocaulem 
nullara usquam habet utililatem, sed ex eo 
damni eslplurimum. Hœc a me dicta sunt 
non solum ad eos qui gerunt magistralus, 
sed etiam ad eos qui ab illis reguntur.— 
Hœc a me dicta sunl ad eos qui se dedunt 
indiscriminatim iisqui scindunt Ecclesiam. 
Nam si dogmata quidem habent contraria, 
vel propter hoc ipsum non conveniebai eum 
illis misceri. Sin aulem eamdem sentiunt, 
multo magls. Quare? quoniara est morbus 
auibilionis et ainoris imperii el magistra- 
lus. Nescilis quid passi sunl Core, Dalhan 
el Abiron? Num ipsi soliîanoon etiam ii 
qui erant eum ipsis? 

Idem, hom. 30 in Gen. — Hoc huraanun» 
genus polissimum perdit, quia non vull 
naturœ sua mensuram agnoscere, sed sem- 
per majora desiderat, el quœ sunl supra 
suam dignilatem votis concipil. Nos hinc 
abimus déférentes peccata inde parla, et 
œditicia hic relinquimus : quin nec frigidam 
et inutilem memoriam consequimur. 

Idem, hom. G6 in MaUh. — Ostendit 
Chrislus genlium mûris esse prima quaeque 
a|)|>elere. 

S. HiKu., episl. ad MarccL, t. II.— Juxla 
--Esopici canis fabuiam, duiu magna secta- 
mur, etiam minora perdenles. 

Idem, Vila S. Hilarionis erem., t. IV. — 
Libet eos interrogare qui sua palrimonia 
ignorant; qui domos n^armonbus vestiunt, 
qui uno lilo villarum insuunt prœdia, huic 
seni nudo (S. Paulo, primo eremilœ) quid 
unijuam defuit? Vos gemma bibitis, ille 
naturœ concavis manibus satisfecit. Vos in 
luuicis aurum lexilis, ille ne vilissimi qui- 
dem indumentum habuil mancipii vestri. 
Sed e contrario illi quidem puupercuio pa- 
radisus palet, vos auratos gehenna susci- 
piei. 1-lle vestem Chrisli, nudus licel, tamen 
servavit : vos vesiili sericis, indumenlum 
Chrisli perdidislis. Paulus vilissimo pulvere 
cooperlus jacet resureclurus in gloriam : 
vos operosa saxi sepulcra prémuni eum 
veslris opibus arsuros. Parcite, quœso, vo- 



i6J 



AMBITIO 



iG'i 



bis: parcile «altem diviiiia quas amotis. 
Cur et niortuos vestros auratis obvolvitis 
veslibus?Cur ambilio inler luclus lacry- 
tDasque non cessai ? An cadavera divitum 
nisi in serico pulrescere nesciunl? Obsecro, 
quicunque hœc legis, ut Hieronvrni pecca- 
loris meraineris : cui si Dominas oplionera 
daret, multo magis eligeret lunicam Paub 
cum raeritis ejus, quam regum purpuras 
cum pœnis et regnis suis. 

S. Al'g., I. VI Confess., t. I. — Inhiabam 
hoiioribus, Jucris, conjugio ; et tu irridebas. 
Paliebar in eis cupidilatil)us amarissimas 
di(licultales,le {)ro|iilio lanlo magis, quanlo 
minus sinebas mihi dulcescere quod non 
eras tu. Vide cor meum, Domine, qui vo- 
luisti ut hoc recordarer et contiterer libi. 
Nunc tibi iidiœreat anima mea, quam de 
visco lam tenaci morlis exuisli. Quam mi- 
sera erat, et sensum vuineris tu pungebas, 
ut reliciis omnibus converlerelur ad le qui 
es super orania, et sine quo nulla essent 
omnia ; converleretur et sanaretur. Quam 
ergo miser eram, et quomodo egisli ut sen- 
tirera miseriam meam, die illo quo cum 
pararem recitare imperatori laudes (forsan 
ValentinianoMinorij,quibusplura mentirer, 
et mentienti faverelur ab scienlibus, cas- 
que curas anlieiaret cor meum, et cogita- 
tionum labificarum febribus œsluaret, Iran- 
siens per quemdara vicum.Medioianensem, 
animadverti pauperem mendicum,jam credo 
saturum, jocanlem atque iœtanlem : et in- 
gemui, et locutus sum cum amicis qui me- 
cum crant, multos doioros insaniarum nos- 
trarum» quia omnibus taiibus conalil>us 
noslris, quuiibus lune laborabam sub sti- 
mulis cupiditatum Irahens inlelicitalis meœ 
sarcinam, et traheudoexaggerans, nihil vel- 
lemus aiiud nisi ad securam lœtiliauj per- 
venire, quo nos mendicus ille jam praeces- 
sisset, nunquam lorlasse illuc venluros. 

Quod eiiim jam ille paucuJis et emendi- 
catis nuujmulis adeptus erat, ad hue ego 
tum œrumnosis anlraclibus et circuilibus 
ambiebam, ad iœlitiam scilicet teoiporalis 
lelicitalis. Non enim verum gaudium habe- 
b.il, sed et ego ijhs ambilionibus mullo 
talsius quaerebam. Et certe ille lœlabatur, 
ego anxius eram ; securus ille, ego Irepidus. 
El si quisquam percontarelur me, ulrum 
nialleiu exsullare an meluere; res}»onderem, 
cxsuliare. Rurs-js si interrogaret, ulruu] me 
lalem maliem qualis ille, an qualis ego tune 
esseui; me ipsum curis timoribusque con- 
lecium eligerem, sed perversitale : iiunquid 
veritate? Neque enim eo me prœpoiiere illi 
debebam, quo doclior eram ; quoniam non 
inde gaudebain, sed placereinde quœrebam 
hominibus ; non ul eos docerem, sed lanlum 
ut placerem. Proplerea et tu baculo discq>linie 
lUfB coniiingebas ossa mea. 

idem, sup. Fsal. — Quolies hominibus 
priBesse desidero, loties Deo meo prœire 
conlendo. — Noiuit Chrislus regnum ler- 
renum cum superbia, quifi est cathedra pes- 
lilentiifi : ideo recle dicitur : quia non leie 
quisquam esl, qui carcat amore dominandi, 
el hutiiunam non appelai gloriam. 



S. IsiDOR. Peins., ep. 55, Ilapoc. Sophist.^ 
1. IV. — Ambilio et imperandi cupidilas, 
omnium causa maiorum, quœ etiam bene 
constilula evertere coriatur, gravin bella 
non solum nostra memoria, sed etiam anli- 
quis temporibus invexit in res humanas. 
Nam Pylhagorei quidem, cum ipsi silen- 
tium colerent, aiios qui eloquenlia se ma- 
gnitice elferebant, repiidiabant : Koraeri 
autem studiosi Plalonis asseclas Iraduce- 
bant : Plalonis vero seclalores Homeri slu- 
diosis impietalis dicam scribebant : et Aris- 
lotelici quidem advcrsus Plalonicos (philo- 
Soplios) pugnabant; Sloici vero cnnlra Arislo- 
lelicos armabanlur. Epicureoruni autem, 
qui viliis patrocinari ausi sunt, etiam 
mentionem tieri indignura atque absurdum 
est. Sed et in arle medica idem sectali sunt 
sludium. Nam Logici quidem Methodicos 
insectabantur ; methodici vero contra logi- 
cos se armabanl. Allera enim secta mullas 
ac varias radiées morborum esse aiebai : 
quapropler eliam variis utebantur auxiliis, 
solJicita radiées morborum singulorum in- 
quirentes, atque lia l'onles moiuorum obs- 
truenles. Altéra vero, duas lanlum causas 
defiuiebanl, aslriclionem sive conslipalio- 
nem et fluxionem. Unde lioc dogma tradi- 
derunt , aut evacuandum, aut insiiliaiidum. 
Empirici autem lam hos, quam iilos derise- 
runt. 

Quod si el Oratorum et Poetarum, et 
Historicorum inter se conlentiones el con- 
Iroversias oratioue persequi vellem, multum 
et verborum et temporis mihi consumeretur. 
Et nihil adeo miri est. Qu^iido enim illi, 
qui Philosophiae noraine se magnilice eUe- 
rebant, non dubilarunt implacabile adver- 
sus se invicem movere bellum, vix ()0luit 
lieri ut oraloribus et poetis pax curse esset, 
qui eliam cumSocralieis, qui lemperanliam 
et justiliam el modesliam in prelio habue- 
runt, conlentiones susceperunt : quos Piaio 
in dialogis derideiis, ipse quoque mutuo 
derisus est a Cynicis : quorum e numéro 
Lucianus eliam fuit, qui dialogos contra 
omnes propemodum, lam eos qui jam sunt 
dicli, quam eos qui omissi sunt, composuii. 
Quem Platonici quidem ob id quia a poetis 
eonliclos deos quasi in Iheatro deridendos 
pro|)inavit alque iraduxii, approbaruni. 
Poetarum aulem alumni inlamem declara- 
runt. Graviter enim })erstrinxit illos, quos 
ipsi magnopere venerabantur deos. Quis 
igilur eorum, qui paganismum ampieclun- 
lur, ausit luibis objiccre, mullas apud Ghri- 
siianos hœreses natas esse, cum lam mullas 
eliam apudipsosGrœcosproplerambilioneui 
el imperandi studium (vera enim dicere opor- 
tet) nalas esse ? Si vero hitic expeileretur ex 
rébus humanis, spes bona esset, fore ut 
ouuies in divinum (EvangeliiJ praeconium 
unanimi et orlhodoxo consensu touTenirool. 

lUem, ep. 3'f, Eutonio, I. m. — Ambiiio- 
nis amorem suaple natura vehemenlem el 
acrem, alque humanum genus miruui in mo- 
dum super aulem, scile uc sapieuler repri- 
meus, atque in melius derivans Salvaior, 
Jjis verbià uli'ur : Altendite ne jusliliain 



165 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



464 



veslram fnciatis coram homitiihus, ut videa- 
miniab eis AHoqui non hnbebiti.t pnrlem npud 
patrem veslrum, yjii est in cœlis. [Malth. Ti, 
1.) Oi'oniam eiiiiii, ut crentor et eiïeotor, 
ambitionis seniina hominiiin animis primiim 
insila esse probe nolat, non frustra et sine 
causa, sed ut ingenli honoris cu|)iiiitate 
flagrantes in melius proficeremus (optimum 
videlicet, ad servile lurpium ao sordidorum 
aiîecluuni jugum propellendum, amuletum 
el praesidium in gloriœ desiderio positum 
habentes verum nos beneficium nobis in- 
situm in conlrarium flexisse, ac cœlestis 
honoris ol)livione ad lerrenura conversas 
esse ,• idcirco rursum oplimi cujus[)iara 
agricolœ instar, aniniœ curam suscipiens, 
viliosos stolones amputât, atque improbis- 
siraorum hominura ubertatem ad insanum 
liumanœ gloriee studium vehementer luxu- 
riaulem reprirait : (^uidquid autem in ea 
suave atque a(] cœlestium honorum feracita- 
tem vitale ac fecundum est : id non modo 
relinquit, sed etiam exsuscitat, aofecundius 
reddit : dum nempe ostentalionem, quaui 
humanae gloriœ cupidi etappetentes t'aciunl, 
i'unditus evellil, eam autem quae Deum so- 
lumintueiur, sludiosissime appeli merito 
permiltit. 

S. Cyril. Alex., Comment, in Evang. sec. 
Joan., I. III, t. IV. — Jésus ergo cum cogno' 
vissel quia venturi essenl , u! râpèrent eum , 
regem . fugit itertim iti monlem ipse solus. 
(Joan. Vi, 15.) Chrislus nobis exenifilum 
îiic conlemnendœ gloriœ seipsura Iradit, eos 
lugiendo qui honorem deferunl, regnum 
hoc morlale respuendo licet invidendum id 
ei rêvera non sit, propterea quud omnibus 
cura pâtre im[)eral : simulque cogitandum 
iis praebel qui in futuram spem respiciunt 
p.irvum iis esse quod in mundo magnum 
est, et bonum esse bujus vitœ aut sœculi 
honores conlemnere, licet ultro deferanlur, 
ut ad illurn qui a Deo est honorem ascen- 
dant. Inilecurura enim est bis eos clarere 
veli«, qui ad divinam giatiam enilunlur, 
œternamque gloriam sitiunl. Respuenda est 
ilaque ambitio arrogantiœ soror et vicina, 
nec multum ab ea discit?.. Et quod honore 
maxime illustre est in hac vita fugiauius ut 
damnosum, quœramusque potius iiumilita- 
l4S sanctimouiaiii aller alteri cedenie.s, ui el 
Bealus Paulus monebat, diceiis : Hoc sentite 
unusquisque in voOis , quod et in Chrislo 
JesUy etc. [Philip, ii, 5.) 

S. Gregor., Moral. I. xxiv, t. 1. — Nu- 

nierari culpœ nequeunt, quœ habendœ po- 
testatis amore per[)elranlur. Tune solum 
vero poteslas bene gerilur, cum non aman- 
do, sed limendo retinelur, quœ ut mini- 
strari recle valeat, oportet primum, ut hanc 
non cupiditas sed nécessitas imponal. 

idem, I. XX Moral., in c. xxx Job, 1. 1. — 
Duo surit gênera liominum ambition) suœ 
servienlium : unum videlicet, quod semper 
ad avariliam blandimentis utitur linguœ : 
aliud vero, quod aperla vi intendit rapiiiœ. 
Nam rodimus, eum aUquid exlerius l'orli 



hoc edi facile non potest, impressa lingure 
lenitâte gustatur. Omnes igitur etiam sub 
specie fidei prave vivenies, qui a'iena appe- 
tunt, sed ea quœ appetunt,ra()ere nequa- 
quam possunl ; blandis auiem sermonibus, 
quasi mollitie dulcedinis concupita abstra- 
here conantur : quid aliud quam terrain 
lingunt? quia terrena quœque, quœ virtule 
nequeunt auferre, mollitie linguœ moliun- 
tur. Qui vero in hoc mumio aliqua l'Oleslale 
suffuiti suct, et concupiscentes .-ilieiia, blan- 
dii-i quidem ex fraude des|)iciunt; quia 
etiam injusio robore possunt impleie quod 
volunt; quoniam propinquorum v i ta m for- 
tiludine virium velut adnisu denlium de>- 
moliuntur. 

Idem, in Moral. — Ordinale ad ordines 
accedendum lest , nam casam a()petit qui ad 
summa loci fastigia postpositis gradibus [lost 
abru|)la ascensum quœrit. — Quisquis sa- 
cerdolium non ad elalionis culpam , sed ad 
utilitatem adipiscidesiderat, prius vires suas 
cum eo quidem subiturus onere metiatur, 
ut et im|)ar abslineat, et ad id cura melu 
cui se suflicere existimat, accédât. 

S. Bern., serra. 4- in (est. Âscens.t 1. 1. — 
Poteslalis habes concupiscentiam , alliludi- 
nem prœsumis polenliœ. Quanii tamen us- 
que hodie fœda sequunlur infeliciaque ve- 
stigia 1 Imo vero quam pauci evadunt, qui- 
bus non dominandi libido dominelurl Hinc 
est quod benelici vocantur, qui polestaiera 
habent; hinc quod luudatur (jeccator in de- 
sideriis animœ suœ. Poleniibus si quidem 
omnes adulantur, invident omnes. Quem 
sequimini, miseri homines, quem sequimi- 
ni? Annon videlis salanam, tanquara fuigur 
cadentem ? Non isle est muns in quem ascen- 
dit angélus, et diabolus factus est ? vel illud 
advertite, quod post casura suum invidia 
cruciante maie sollicilus de supplantando 
homine, illius taraen montis ascensum nul- 
latenus ausus est suadere ei, in quo nimi- 
rum pro inaui ascensu tara immaue prœci- 
pitium cognosceretur experlus. 

S. Bern., in Epist. — Multi non tanla 
fiducia et alacrilale currerent ad honores, 
si et se sentirent onere gravari , nec cum 
tanlo labore et periculo quantumiibet atfe- 
clarent infulas dignilaluui. Nunc vero quia 
sola altendilur gloria, et non poena, purum 
esseclericum erubescilur in Ecclesia; sese 
viles œslimant el inquilinos, qui quocum- 
que erainentiori loco non fuerint sublimali. 

S. Bern., De consid. ad Eug., I. v. — An 
non limiua Apostolorum amplius ambitio 
quam devotio terit? An non vocibus ejus 
nostrum tota die résultat palatiumV An non 
quœslionibus ejus tota legum cationumque 
disciplina insudat? An non spoliis ejus tota 
llalia inhiat iuexplebili aviditate? Non quod 
vatde Romani eurent, quo fine res terminen- 
lur ; sed quia diligunt munera, insequun- 
lur relributiones nudœ : nuda loquor, non 
detego verenda, sed inverecunda cuniulo 



S., Bern., De cons., 1. m. 



O ambitio 



ambieiUium crux ; quomodo omnes torques' 



adnisu allerimus. Lauibiiur enim , quando omnibiis places? Nii acrius crucial, nil mu- 



165 



AMBITIO 



1()6 



lestius inquiétât, nil tamen apnd niiseros 
morlales celebrius negotiis ejus. 

S. Bern., in serm. Quadrages. — Ambilio 
sublile malum, secreluiu virus, pestis oc- 
culta, doli arlifex, nialer hypocrisis, livoris 
parens, vilioruin origo, linea sanclitatis, 
excœcalrii cordium, ex remediis luorbos 
creans, ex mediciua languorem generans. 

S. Bekn., ep. ad episc. Aquitan. — Audel 
inimicus crucis Chrisli suis sedibus pellere 
sanctos, qui nolunt besliara adorare, quœ 
aperuit os suuni in blas()heniias , blasphe- 
mare nomen Domiiii et tabernaculum ejus. 
Altare conlra altare erigere tentât, conlun- 
dere fasque nefasque non confunditur; ab- 
bales abbatihus, episcopos episcopis super- 
inlrudere nilitur, amovere catholicos, pro- 
movere schismaticos. Miseri et luiserandi 
qui ila proinoveri et ab islo consentiunt 1 
Siquidem circuit mare et aridara ut faciat 
unuin e|)iscopum, yt cum lecerit, facit eum 
tiliuoi gehennœ dui)lo quam se. Quœnain 
vero pulas est lanti causa furoris? Non alia 
sane nisi quod displicet morlalibus angelica 
illa fiartitio qua gloria Deo , pax bomiiiibus 
iiunliatur : et dum gloriain usurpant, tur- 
bant pacein. Solus gloriam meretur qui ta- 
cil mirabilia solus, sicut dicit Apostolus : 
Soli Deo honor et gloria. Porro autera cuui 
noslro génère bène agilur, si datur frui 
i)ace Dei, pace cura DciO, et quidem féliciter 
et misericordiler. Quonam ergo modo stabit 
pax bominum coraiu Deo, vel cum Deo, si 
Deo non potest apud hominem esse tule 
sua gloria? stuiti tilii Adam qui contem- 
nenles paceoi et gloriain appeienles, el pa- 
cem perduni et gloriam 1 

Paschal., L. devirt. etvitiis, — Ambitio 
est animi raagnitudini , tam specie similis , 
quam re dissimilis. Jn hoc possunl videri 
similes , quod magnanimitas nihil neque 
audet nisi magnum et arduum. Quid ambi- 
lio? Ipsa nihilo secius magna concujjiscit ; 
orania scruiatur, omnibus incontinenler 
manus adraolitur, ad omne discrimen est 
audaciœ promptae. In ferrum ac vulnera 
vecors ruit. In hoc tamen vehemenler di- 
screpant, quod animi magnitude nihil se 
dignum speclat; al prol'unda cupido honoris 
ac (iominalionis ideo se tolam laboribus 
dislringit ut unam se ex[)leal, nullo decoi i 
el honesli respectu. Est enim ambilio libido 
procedendi et evadendi ad nimia el illiciia , 
nullo ductu rationis, sed impelu temerario, 
quem Deus, quem homines oderunt. Est 
insaliabilis cupiditas, el furens avariiia glo- 
riœ. Ambiliosus est is, qui plus eequo nec 
ibi, et cum oporlel, nec quibus ralionibus 
oportet, honores concupiscit. Dum ()r<£cips 
ad sua vota rapilur quieli ac securilali prœ- 
ponit viiam anxiara , ut novus Ir.aïus |)œ- 
iiam pro munere poscil. Dum suœ plusœquo 
sludet, alienam gloriam inlercipit. Dum avet 
vu quœ non habet, ea quae habel negligil. 
Kapidœ ejus cupidini uihil e^t nequo in- 
vium, neque longinquum. O rationem prœ- 
posleraml Cui non dalura est, ut se, aut 
quempiatu sallem reduvia liberet, is sum- 



ma tentât, suuraque os, quod aluni, cœ!o 
inserit. Caeterum , vix tieri potest,ulnon 
illa vasla sem[)erque hians cupidilas fre- 
quenlibus injuriis lasciviat, non immeren- 
les lacessat, ac telrœ cujusdam impuisu in- 
vidiœ proximum quemque vexei, el quidem 
nunc palam, nunc cœcis arlibus. Esi enim 
ambilio aniica pugnac:talis, contcnlionis et 
rixarum. Nullo freno ejus inipalieniia cohi- 
beri, nullo monilu animus furens compesci 
potest. Cui nihil estexlremum, nusquam 
consislit; S' niper ulteriora specl..l, semper 
est cœcn, ubique cu[>ida etimpolcns. Homi- 
num ambitio semper exslimulal, non solum 
«quales, sed et superiores, poslremo suas 
spes anteire. 

Quanliim ambiliosus in honorum peti- 
tione est inverecundus , quantum in rerum 
sublimium appetilione immodicus , tantum 
ubi eas adeptus est , insolens et iniolerabi- 
lis est. Magno animo omnia jura lavent , 
omnes leges plauduni. Ambitio non solum 
audet certare cum jure, sed omnia jura ever- 
tit; omnia consanguinitatis et amieiliee vin- 
cula disrumpit, sacrosanctam legum auclo- 
ritalem profanât. Magnani'mitatis ministri 
sunt judicium et consilium, sibimet hœc ad 
viclus adsciscit opem omnium virtulum. Ad 
poslremum, nullo cujusquam nec hominis 
nec rei ministerio utitur nisi probo et legi- 
limo. Ambilio, ut est veheraens poleniiœ el 
imperiisilis, vix quidquam perficil, nisi mul- 
tarum accursu impurilaium, ipsius iu)primis 
interveiilu temerilalis. Se enim, ul scara- 
bœus, semper putat volare per inane. Mox 
advocal impietalem el incrcdulilalem. Ma- 
gnanimitas est ingenua, splendida el gene- 
rosa. Ambilio est verum spécimen ingenil 
stolidi, servilis, sordidi. Eccui non humili- 
ter supplical is, qui illa misère cupit, quae 
nonnisi a lot hominibus ex[)rimi el oblineri 
queunt? Ergo quanta magnanimitali est pro 
libertate contenlio, tanla est aiubitioni ad 
humdia queeque propensio. Magnanimiias 
nulli se iudignilali submiltil. Quin eminel 
inter honesla, nec alibi ambulai quam iiiler 
praeclara. Verum ambitio vix quemquam 
Irudit ad dignitates nisi per mullas animi 
et corporis immundilias, per mullas indi- 
gnilales, per inaudita gênera fœdilatum. 
Quoscunque hoc furiale malum agitât lal- 
sos tieri subigit. ïolos simulalionum , el 
dissimulalionum involucris conlegil. Nihil 
ûcto ambitiosi vullu fraudulenlius. Verba 
ejus melhta eadem sunl lelliia; sunt argu- 
menta ingenii insidiusi , et nientis malœ. 
Certe ambiliosus quod minime sentit, id 
polissimum tiruial : se compuuit in mores 
ingenuos, cum lan)en sil simia nequior, et 
cervo veteraiore versulior Es. latroni similis, 
qui cum prœdae inhial, lune maxime e pe- 
Ira coueiouaiur. Cui bunœ aries desunt, 
hune necesse esl verli ad dolos et fallacias. 
Mavull audiri |trobus,quam esse. Vult ha- 
beri severus cum lameu justiùam asperue- 
tur. Sed enim tandem versutia erumpit, el 
assumpla impudenlia, lola se etfundil iu 
ouinia deteslabilia. 



167 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION 

AMICITIA 



im 



[Ex SS. Patribus.] 
Philon Ju(1. — Terrae fruges singulisan- 
nis, et amicitiffi fruclus omni lempore nas- 
funtur.— Vasa nova prœslanliora sunt vele- 
ribus : sed amicilia quo velnslior, eo melior. 
Tertull. — Dilectio summum fidei sa- 
craraenlura. Chrisliaiii noroinis thésaurus. 
Magnanimis beuefica , non œuiula, non pro- 
lerva. Omnia susiinet et tolérât : nunquam 
excidet Patienliae cornes. 

S. Basil. , ep. 154 , t. III. — Mundi ami- 
cilia oculi» indiget ac congressu , ut Inde 
nasoalur consueludinis initiuin. Sed qui 
spiritualiler aniare sciunt, nequaquam 
carné ulunlur amicilifle conciliatrice : sed 
tidei comuiuiiione ad spirilualem conjunc- 
lionem duciinlur. itaque grales Deo , qui 
corda noslra consolalur, duiii charilatem non 
in omnibus refrixisse oslendil : sed reperiri 
alicubi terrarum,qui discipulorum Cliristi 
propriam nolaiu prfle se feranl. Kes (juidem 
persiinilis sidcribus in nebuios.i nocle alias 
aliis cœli partes illuslranlibus , quorum 
gralus quidem splendor, sed eo gralior, 
quod non exspeclalur. 

Idem, ep. Petro episc. Alexand., t. lll, — 
Corporalis quidem amiciliœ conciiialores 
sunt oculi, eamque diulurna consueludo 
conlirmat. Sed veram chariiatem donum Spi- 
rilus constiluit, conjungens longo dislan- 
tia locorum inlervallo, ac amicis |trœslans 
ul sese invicem cognoscant, non corporeis 
nolis, s^d anima} proprietalibus. Quod ip- 
sum et in nobis Domini gralia perlecil : 
largiens ul le videremus aiiimi oculis, le- 
que ainplectcreumr vera dileclione, ac ve- 
luli cohœreremus libi, ei in unam veniremus 
uiiionem ex tidui communioue. 

S. Basil., e|i. CO.— In amicilia vinci idem 
vaiel ac vincere. 

Idem, ep. 272. — Quemadmodum rubigo 
peslis est Irilici in ipso nata Irilico, ila et 
assenlatio se in amicitiam iusinuans, peslis 
est amiciliœ. 

Idem, e[). 12i. — Non est, mea seiiten- 
lia , in quo quis bono animo esse possit, bi 
ab iis qui vere diligunt, disjungalur. 

Idem, ep. 56. — Amicorum oblivio et 
coiilemplus ex poleslule orlus, omnia si- 
mul mala compleclunlur. Sive enim secun- 
dum Domini praeceplum non diligimus; 
neque eliauj imposilam nobis noiam ei cû- 
raclerem retincmus, sive laslu inani et ar- 
roganlia replemur inflali : incidimus in 
dlaboli judiciuuj ineluciabile. 

S. Greg. Naz,, Commenl., t. II, edit. Mo- 
relli. — Sunl amiciliîB tria gênera, lot vide- 
licet, quoi eliam ea quœ amanlur. Una 
eniiu est quae verilalem st-quilur, altéra 
quce propler ulililalem exislil. Poslrerua 
quam id , quod proprie pulchrum alque ho- 
iiestum esl contlal : quae quidem sola vir- 
luli quoquo conseniauea esl, ob eamque 
eliam causam diulurna. Nam rcliquœ duaj 
non adiuodum durant, oum res amalœ, ob 
quœ i[ts' sese muluo amabaul, det'eceruni. 



Interest aulera inler benevolenliara et ami 
citiara. Benevoleniia enim occulta est : 
mulii quippe eos , quos nunquam viderint 
benevoleniia compleclunlur, probos eos 
esse arbitrantes. Amicilia autem nisi de mu- 
luo benevoleiilife affeclu non dicitur. 

S. Ambrosius, De of/ic. 1. m. — Sulatium 
hujus viiae est, ut habeas cui pectus tuum 
aperias, cui arcana communices, cui sé- 
créta lui pectoriscommiltas, ut colloces tibi 
(idelem virum, qui in {irosperis gratulelur 
libi , in tristibus compatiatur, in persecutio- 
nibus adhortetur : facilis vox et communis , 
tuus sum iolus:sed paucioris est eti'ectus. 

Idem, De off. monasl. I. i. — Virtus est 
amicilia, non quœslus, quia non pecunia 
paralur, sed gralia, nec concertalione b - 
nevolenliœ. Meliores a:nicitiœ sunt inopum 
plerumque, quam divilum, et fréquenter di- 
vites sineamicis sunt, quibus abundanl pau- 
peres. Non est vera amicilia, ubi estfallaxadu- 
latio. Objurget amicusamicum, nonjactaniiae 
sludio, sed alfectu chirilalis, neque admoni- 
lio as'pera sil, nec objurgaiio contumeliosa. 

Idem, ibid.. De offic. — Si quid vilii in 
nmico cognoveris , corripe occulte : si non 
audierit, corripe palam : errantem amicum 
corrige, incorrigentem animo deseras. — 
Defer amico, ul œquali : nec te pudeal, si 
prœvenias amicum in officio. Amicilia enim 
superbiam nescit : nam sicul amoris est 
Melerre, ita qui odil, quœsliones movet; 
et qui ainat, defert reverenliam. 

Idem, De fide rer. invis. — Amicilia, qu<B 
desinere poluit, nunquam iuil vera. — 
Amicilia rerum omnium esl vinculum. 

idem. De amicilia , c. 7. — Solem e mundo 
tollunt, qui lollunt amicitiam. 

S. Chrys. , hom. 1 in Col. i , t. II. 
— Mullae sunt occasiones conciliandœ 
araiciliae:et turpes quidem praemillemus. 
Nemo enim nobis objiciet illas non esse 
malas. Sed si vultis, in médium adduca- 
mus nalurales et quee ad banc vitam perli- 
nent. Alque liœ quidem ad haiic vitam perti- 
nent. V^erbi gratia „ cum de aliquo quispiam 
est bene merilus; cum amicum paravit a 
majoribus, cum fuit socius menjiae, aui père* 
grinalionis, aul est vicinus : sunt liae quo- 
que pulchrœ el bonestœ. Aul est ejusdem 
arlis : aîque bœc quideni non asi sincera, 
habet enim œmulalionem quamdam el in- 
vidiam. Nalurales autem, ut pula p.itris erga 
filium, filii erga patrem , fralris erga Ira- 
Irem, avi erga nei)0lem, mailris erga tilios; 
si vultis autem, uxoris qmxjue erga uiari- 
tum. Hae enim omnes mairimoniaies sunt 
ad vitam pertinentes el terrestres ; <ilque 
liœ quidem videnlur illis esse vehemenlio- 
res ; videnlur autem, dixi, quia sœpe a 
raemoralis superantur. El aliquiindo qui- 
dem visi sunt amici melius et sincerius 
atfeiti quam fratres, el quam filii in paren- 
tes. El qui fuit quidem genitus, non opem 
lulil; qui autem eum non cognovit, aaïuil 
el opem lulil. Dileclioaulem spir.lualis esl 



169 



omnium supreraa , veliiti qut-edam regina, 
qui in suos (iominatum oblinet, honesta- 
que est specie pulchroque habitu, Nihil 
enim terrestre eam paril , sicat illam : 
non consuetudo, non beiieficium , non na- 
tura, non aurum; sed a superis descendit 
6 cœlo. Et quid miraris si beneficio non 
eget nt consistai , cum no , si inali quidem 
quidquam accipial, evertatur? 

Quod autem lifec sit illa major, audi Pau- 
liim dicentem : Optarem ego ipse esse ana- 
themaa Chnsto pro fratribus meis. {Rom, 
IX, 3.) Quis hoc paler oplaverit esse in 
malis? et rursus : Resolvi et esse cum 
Christo , longe est melius : manere autem in 
carne est magis necessarium propter vos. 
{Philipp. 1,2, 3.) Quaenam mater hoc vo- 
luissel dicere, ul sua despiceret ? Et rur- 
sus audi eum dicentem : OrbaCi enim a vo- 
bis ad tempus horœ; aspectu, non corde. (/ 
Thess. II, 17.) El hic quidem pater contu- 
melia alTectus, solvit amiciliam, illic au- 
tem, non ilidem: sed et ad iilos qui lapi- 
dibus appelebant abiit, eos beneticio 
aOfeclurus. Nihil est enim nihil œque vali- 
dum , ut vinculum spirilus. Qui enim quod 
sit beneficio alFeclus, evasit amicus : si hoc 
perpetuo non fiai, erit inimicus. Qui ex 
consueludine erat indivulsus , interrupta 
«onsueludine exstinxit amiciliam. Muiier 
rursus, si fueril lis ac dissensio , dimitlit 
marilum , et solvil amorem. Filius si diu 
vivenlera viderit ()alrem, œgre ferl. In spi- 
rilu aulem, ejusmodi nihil est : nullo enim 
horum solvilur, quoniam iisdem non con- 
stat. Neque tempus, neque vilae longiludo , 
nec malum pâli vel audire, non ira, non 
contumelia, neque quidquam aliud invadit , 
iieque eam polest dissolvere. 

Idem, hom. 2 in II Thess. i, tom. II. 
— Sic oporlel diligentem diligere, ut si 
ab eo petatur anima, et fieri jiossil, non 
velet. Non dico si petatur solum , imo vero 
ut ipse ad hocdonum accurrat. Nihil enim, 
nihil hujusmodi amore fueril jucundiui : 
nihil illic coniigerit moleslum. Fidelis 
amicus rêvera est vilœ medicamenlum. 
Fidelis amicus est validura legumentum. 
Quid enim non fecerit verus et germanus 
amicus? quam non alluleril voluplalem ? 
quam non ulililalem? quam non securila- 
tem?eliamsi thesauros dixeris innumera- 
biles, nihil vero et germano amico polest 
œquiparari. Primum aulem dicamus quan- 



AMICITIA ^"'^ 

novit, et ex usa amiciliae majoras flaramas 
accipit : quod ipse alumnns Paulus te^tatum 
reliquil, quia ila dixil : Nidli quidquam de- 
beatis, nisi ut invicem diligalis. {Rom. xiii,' 
8.) Illud enimdebilum seniper quidem i'un- 
datur, nunquam aulem solvilur. Hic perpe- 
tuo debere pulchrum est, et in laude posi- 
tum. In re f)ecuniaria eos qui non debent 
laudandos putamus : in dilectione vero per- 
petuos debitores probamus et admiramur: 
et quod ibi malignitalis, hic benignilalis 
signum est, ut scilicet nunquam solvatur 
chariiatis debitum. 

Idem, hom. 60, al. 61, m Matth , t. VII.— 
Alius quia amaturaraal ; alius f|uia honora- 
tus fuit ; alius quia in aliquo saeculari nego- 
lio quispiam ei ulilis fuit; alius ob alinm 
similem causam : at dilTicile est roperire 
quempiam.qui proximum propter Chrislum 
ul oportet amet. Plurimi enim saecularihus 
negoliis muUio vincti sunt. Verum non Pau- 
lus sic amabat, sed propler Christum ; ideo 
quamvis non tanium amarelurquanlum ama- 
bat, non dissolvit charitatem, quia validam 
amoris radicem iecerat. Al nunc res non 
ita se habet : sed si omnia exploremus, apud 
mullos inveniemus amiciliae causas longe 
diversas. Qii(>d si quis mihi concederet in 
tanta mullitudine rem examinare , osten- 
derem mullos seecularibus de causis muluo 
devinclos esse: id quod eliara manifesluin 
esl ex iis quae inimicitiarum causse sunt, 
quia ex (luxis hujusmodi rébus muluo de- 
vincli sunt, hinc til ut nec fervenler, nec per- 
petuo vinciantur. Sed vel coniumelia, vel 
pecuniarura detrimentum, vel invidia, vel 
vange gloriœ amor, vel quid simile si acci- 
dat, amiciliam solvit : non enim spirilualem 
invenil radicem. 

Quœ si talis esset, nulla saecnlarium re- 
rum spirilualia solveret. Charilas enim ea 
est quae propter Chrislum esl, firma, slabilis 
inviclaque est, nihilque illara poterit avel- 
lere, non calumniap, non pericula, non mor- 
tes, non aliud quid simile. Eiiamsi enim 
qui sic amat, aer.umnas mille videret amo- 
ris causa sibi impendere, non tamen desi- 
slerel. Nam qui amat ul amelur, si quid 



ingralum viderit, solvit amorem : qui vero 
inde vinclus est, nunquam discedel. Ideo 
Paul us dicebat : Charitas nunquam excidit. 
(/ Cor. XIII, 8.) Quid enim dicere possis?ani 
quod honoralus le coniumelia affeceril? vel 
quod beneficio alfectus, le occidere volue- 



lam voluplalem habet amicilia. Gestil gau- rit? Sed si propter Christum diligis, id le 
dio amicum videns et diflundilur ; cum eo • - ■>■.<- -• ivt__- ..,: ■^ 

conjungitur quadam conjunclione , quee 
inellabilem auimo habet voluplalem. El si 
solum ejus memineril; aenle assurgit et 
aliollilur. De germanis loquor amicis, qui 
sunt unanimes , qui pro amicis mori elege- 
rinl, qui ardenler amant. Ne mihi, cogi- 
tantes eos qui leviler amant, et sunt mensœ 
socii, el amici nomine,,exislimetis arguere 
id quod uicitur. Si quis habet amicum qua- 
Jem dico, verba agnoscel , el si eum quoti- 
die viderit, non salialur. 

Ideui, /tom. de decem millium lai. debitore, 
t. III. — Dilecliouis natura salietaleiu non 

DiCTIO.NN. DE LA TbADITION. I. 



ad majorera inducit charitatem. Nam qui Jti 
aliis dilectionem evertunt, hic illam conci- 
liant. Quomodo? primo quia talis homo 
raercedis tibi causa est ; secuniio quia ille 
majori eget ope et ministerio. Idcirco qui 
sic amal, non genus explorai, non patriam, 
non divilias, non quantutu redameiur, non 
aliud simile quiduiam. Sed eiiamsi odio ha- 
beatur, eliamsi coniumelia afficialur, eliam- 
si occidalur, in araoïe persévérât, idoneam 
habens amandi causam, amorem Chrisli: 
quapropler ad illuœ respiciens, slat fixus, 
tirmus, immobilis. Nam Christus sic dilexit 
iuimlcos, ingrates, contumeliosos, blasphe- 



171 



DICTIONNAIRE DE TA TRADITION. 



in 



mos, se odienles, eos qui ne respicere qni- 
dera illum sustinebanl, qui ligna et lapides 
insi anteponebant; hocdilexil suprenia cha- 
ritale. Cui par inveniri neqiiit, nam ait : 
Mojorem hac charitatem nemo habct, ut ani- 
mamsuamponat quis proamicis suis. {Jonn. 
^y^ j3,) _ Hanc igilur nos qunque charil.i- 
l«.m iniilemur, et liane respiciamus, utinii- 
Jalores Chrisli effecti, elhœc et futura bona 
coiisequamur. 

Idem, hom. 30 in Hehr. xii. — Non co- 
medere et bibere faciunt aniicitiam, ta- 
Jem enim habent latrones et sicarii : sed 
si simus amici, si vere aller alteiius curam 
eerimus, ad hœc aller alleri conferamus. 
Hœc nos adducunt ad amicitiam ulilem. Hœc 
i)rohibeamus quœ ducunl ad gehennara. 
Ntque ergo is qui arguitur œgre ferat : su- 
mus enim homines, et sunt in nobis vilia 
et defeclus ; neque qui arguit hoc faciat lan- 
nuam ridenseltraducens, sed pnvatira cum 
lenilate et mansuetudine. Multa lenilate 
opus babet qui arguit, ut ita persuadeal 
ierre incisionem. 

S. Hier., Episl. critic, t. Il.-Memagno 
amicitiœ libero fenore, quod quanlo magis 
solvimus, plus debemus. 

S HiEu., 1. II in Mich. vu, t. HI. - Noliie 
cifderearaicis : quiaomnis atnicus suppian- 
talione supplantai: et qui propler aliquid 
i^slamicus, non tara amicus ejus est quem 
araare se simulai, (ab amare quippe amiciis 
dicilur) quam ojus rei quam diligit. Inter- 
logatus quidam quid esset amicus, respon- 
dil : ALTER -iGO. — Amici divilum mulli, a 
pau^eribus autem eliam qui videnlur esse, 
discedunt. Unde dicilur : Si habeas amicum, 
in tenlatione posside eum. [Eccli. vi,7.) Legi 
in cujusdam controversia : amicus diu quee- 
riiur, vix invenilur, difficile servalur. Scn- 
psit Theophrastus tria De amicitia volu- 
mina, omni eam preeferens charilali, et la- 
men raram in rébus humanis esse contesla- 
tus est Est et Ciceronis De amicitia liber, 
quem Lœlium scripsit : in que illud quod 
apud noslros prœcipitur: ul su nobis ami- 
cus, quasi vinum velus, et in suavitate bi- 
Lamus illud, pêne eisdem verbis [)0situm est. 
Amicitia pares aul accipit, aul lacit : ubi 
inœqualitas est, et alteiius eminentia, alle- 
Tius subiectio; ibi non tara amicitia, quam 
adulalio est. Unde et alibi legimus : sit 
amicus eadem anima. Et Ljricus pro araico 
precans : Serves, inquit, animée dimidium 
meœ. Nolile ergo credere in amicis, id est 
his hominibus qui de amicitiis seclantur 
lucra Si vis vera amicitia deleclari , esto 
amicis Dei, sicul Moyses qui ioquebatur 
Deo, quasi amicus ad amicum. {txoa. 
xxxiii, 11.) Ksto amicus ut Aposloli,ad quos 
Salvator ail : Jam non dicam vos servos : quo- 
niam servus nescit quid velit dominus suus : 
sed dicam vos amicos ; quoniam perseverastis 
mecum in omnibus tentatiombus meis. {Joan. 
XV 15.) Delicata est amicitia quœ amicorum 
félicitâtes, et divitias sequitur. Isliusmodi 
homines non mihi videnlur amicos, sed 



seipsos diligere. 



Consideremus altenlius 



verba Domiui : Sed dicam vos, inquil, ami- 



cos. Redditque causai quare iUos araicos 
vocet. Quia perseverastis mecum in tentatio- 
Tie • et non hucusque slelit ; sed in omni- 
bus, inquit, tenlationibus meis. Eveiiil 
quippe intenlum, ut qui nobiscuni perseve- 
ravit in una tentatione, aiiis victus recédât. 
Idem.arf Rufinum, ep. 1, t. IV. - Ne ami- 
cum qui diu quœrilur, vix invenitur, dilli- 
rileservnlur, pariter cum oculis mensamit- 
lat. Fulgeal quilibet auro, et pompalicis 
ferculiscoruscet, etsarcinis metalia radient. 
Charitas non potesl comparari. Dilectio 
pretium non habet. Amicitia quœ desinere 
potesl, vera nunquam fuit. 

Idem, ep. 4-2. - Quid possnrans facere, 
si unusquisque juste putat se facere quod 
facit, et videtur sibi remorderi potiusquam 
mordeie?Vera amicitia quod sentit, dissi- 
mulare non débet. . 

Idpin, ep. 71. — De amicitia omnis tol- 
lenda suspicio est, et sic cum amico, quasi 
cum altero se loquendum. 

Idem, pp. 97.— Sœcularis quoquesenten- 
tia est (Sallust., inCatil.) : Eadem velle, et 
eadem noile, ea demum firma amicilia est. 
Idem, ep. 50 et 76. —Vera illa necessitudo 
est, ft Chrisli glulinoeopulata, quam non uti- 
liîas roi Jamiliaris, non prfesentia tantum 
corporum, non subdùla et palpans adulalio; 
sed Dei limor et divinarum Scri[>turarum 
studia concilianl. 

Nescio ulrnm amiciliœ chrislianœ putandœ 
sint. in quibus magis valet vulgare prover- 
biuni : cbsequium amicos, veritas odium 
i)aril, quam Ecclesiaslicum : FideUora sunt 
vulnera amici, quam voluntaria oscula im- 
mici. iProv. xxvii, 6.) .... 

Idem, ep. 86. - Quae (Paula) maluit ini- 
micilias hominura subire perpétuas, quam 
Dei olî'ensam amicitiis provocare. 

S. AuG., 1. Lxxsiii De diversis quœst., t. VI. 
— Sunt mulla quee nos, cum dignilale, lum 
fructu quoque suo ducunt. Quo in genero 
est amicilia, quœ est vohinlas erga aliquem 
rerum bonarum, illius ipsius causa quem 
diligit, cum ejus pari voluntale. Hic quia 
de civilibus causis ioqnimur, fructus ad 
amiciliam adjungimus, ut eorum quoque 
causa pelenda videalur, ne forte qui nos de 
omni amicilia dicere existimarent repre- 
bendanl. Quanquam sunt qui propter uti- 
lilalem modo petendam puteni amicitiam, 
sunt qui piopler se solum, sunt qui et pro- 
pter se et propler utilitalem. 

Idem., De civ. Dei, 1 • xix, t. Vil. — in 
hujus vitœ misera condiiione sœpe conlingit, 
ul Cl edatur vel amicus esse qui inimicus est, 
vel inimicus qui amicus est, quid nos con- 
solatur in hac humana socielate ei roribus 
œriimnisque plenissima, nisi tides non ticia 
et mutua dilectio verorum et bonorum ami- 
corum? Quos quanlo plures et in locis plu- 
ribus habemus, lanlo longius latiusque 
metuimus, ne quid eis conlingat mali ^o 
tantis malorum aggeiibus hujussœculi. iNon 
enim tanlummodo soldciti .sumus, ne lame, 
ne bellis, ne morbis, ne captivitalibusami- 
gantur, ne in eadem servituie talia patian- 
luf, qualia uec cogilare suûicimus : veruoa 



173 



AMICITIA 



174 



eliam, ubi limor esl muHo araarior, ne in irimentura ne perniciem afferal.Qiiamolirem 

perfidiam, raaiiliam, nequitiamque muten- cave tu qunqiie ne eociem homine et amico 

tur. Et quando ista contingunt (lanlo uli- et adulalore ularis. Neque enim ille id ferel, 

queplura, quanlo illi sunl pliires, et in qui aequo jure atuiciiiam tecuni conlraxit. 
pluribus locis), et in noslram notitiam per- Idem, 1. v, ep. SO-'i.. — Oinnis contentio 

feruntur, quibus cor noslrum flagris ura- absil, et amicitia succédât, cui nihil par est 

tur, quis potest, nisi qui talia sentit, adver- et secunduni, cum ad virtutein, tum ad glo- 

lere? Mortuos quippe audire mallemus , riam consequendam, ac denique ad hilari 



quaravis et hoc sine dolore non possimus 
audire. Quorum enim nos vita [iropter ami- 
ciliœ soialia delectabat, unde fieri polesl ut 
fOrum mors nullacn nobis ingérât raœsti- 
ludinem? cjuam quijprobibet, prohibeat si 
potest, arnica colluquia , interdicat amica- 
lem.vel intercidatalfectiim, omnium huma- 
iiarum necessituJinura vincula mentis im- 
"niili stupore disrumpat; aul siceis ulendura 
censeat, ut nulla ex eis animum dùlcedo 
perfundat. 

Idem, I. III contra Academicos , t. I. — 
Wecum familiarissimus amicus meus, non 
solum de probabililate hunianœ vilai, verum 
eliam de ipsa religione concordat, quod est 
veriamici manifesiissimum indicium.Siqui- 
dem amicilid rectissime atque sanctissime 
delinita est, rerumhumanarura etdivinarum 
cuui benevolentia et charilato consensio. 

Idem, ad Martianuin, ep. 238, t. il. — 
Nosîi quippe ut definierit amicitiam Ro- 
mani, ut ait quidam, raaximus auclor Tul- 
jius eloquii. Dixil enim, et verissime dixil : 
Amicitia est rerum humanarum et divinarum 
cum benevolentia et charitate consensio. [Cic. 
Lœl. 20.) 

Idem, lib. De fid. rer. quœ non videntur^ 
t. VI. — Si auleratur fides de rébus huma- 
ins, quis non allendat quanta earum per- 
lurbaiio, et quam horrenda confusio subse- 
quatur?Quis enim raulua charitate diligetur 



latem atque lœtitiarn. 

S. (ÎREGOR. Mag , in Pastorali. — Cum 
incaute raaiorum amiciliisjungiujur, eoi um 
culpis ligamur, ab illo qui summe reclus 
fst, eo i|)so jam discrepat, quo malorum 
amiciliis vita noslra concordai. 

S. Bern., ep. 143. — Habel vera amicilia 
nonnunquam objurgalionem, adulalionena 
nunquara. 

Idem, ef). 78. — Noliem t€ habere contra 
verilalemamicum. Si lamen persislis, verum 
le amicum proba; et da oper^m, quomodo 
et ipse amicus sis veritalis. Tune démuni 
verœ eruntamiciiiee, si veritalis fuerint fue- 
deratœ consorlio. 

Idem, ep. 13, adSoror., de modo bene Vi- 
vendi, t. II.— Si veramet perfectam charita- 
tem volumus cuslodire , diligamus bene. 
Omnes tideles sicut nosuietipsos studeainus 
diiigere, ut quia Christus esl caput noslrum, 
raereamur membra illius es>e; ut cumChris- 
tus apparuerit , qui est gloria nostra, nos 
per concordiam charitatis, et per dileciionem 
Dei'et proximi cum ipso possimus a(i[!arere 
in gioria. ïune vero amicus ama:ur, si non 
prose,sed pro Deo amatur.Unde J)eatus Isi- 
dorus : Qui intemperanter aiuat amicum, 
magis amat ilium pro se, quam pro Deo. 
Tune quisque bonitati atque divinre jusliliâB 
fil contrarius, quando despicit amicum a!i- 
qua adversilale percussum. Vera amicilia 



ab aliquo, cum sit iuvisibilis ipsa diieclio, nulla occasione excluditur, nullo tempore 



si quod non video credere non debeo? Tota 
ilaqueperibit amicitia, quia non nisi mutuo 
amore constat. Quid enim ejus poierit ab 
abquo recipere, si nihil ejus creditum fue- 
ril exhiberi?Porro amicitia pereunle, neque 
connubiorum, neque cognationum et aflini- 
tatum vincula in animo servabuniur; quia 
et in his utique arnica consensio est. 

Idem, ad Macedonium , ep. 133, t. II. — 
Vera amicilia non pensanda temporalibus 
commodis, sed graluilo amore putanda. 
Nemo enim potest veraciler amieus esse 
bominis,nisi fuerilipsiusprimitus veritalis: 
quodsigralisIiat,non nullo fieri paclopoiest. 

Idem, 1. IV Confess., t. 1. — Non teiopus 
quaerendi nunc esl, sed coufilendi til)i. Mi- 
ser eram, et miser est orunis animus vinc- 
tus amicilia rerum moilalium, et dilaniatur 
cum eas amitlil, et tune sentit miseriam 
quia miser est et antequam amitlateas. Sic 
ego eram illo tempore, et flebam amaris- 
sime et requiescebam in amaritudine. 

Idem, 1. IX Confess. — Non omnis fqui 
parcit amicus esl; née omnis qui verberal, 
Inimicus. Melius esl cum severilale diii- 
gere, quam cum lenitale decipere. 

S. IsiDOR. Pelus., Episl. 1. m , ep. liS. — 
.^qualilas amicilia est. — Sic enim natura 
coujparalum est, ut iuœqualitas amicitiee de- 



delelur; sed ubicunque se verteiit lempus, 
illa firma est. Pauci sunt amici, qui usque 
ad Unem sint chari. illa est vera amicilia, 
quœ nihil ex rébus amici quaeril nisi solam 
benevolenliam, scilicet ut gratis amel aman- 
tem se. 

Idem, Tract, de charil., t. II. — Amicitia 
vera non est, nisi firmum in Deo habeat 
fundamentum. Itapropter cum amicilia 
donuin sit Dei, juslum ost ut qui ex dono 
Dei diligit, nihil prœter Deum diligai, et ut 
illuc flumina retluant, unde fiuunt. [Eccli. 
I, 7.) Nec rivus a suo fonte degonerel, qui 
de plenitudine graliœ aflluentis émanai. 
Illam si quidem unice et singulariter veraiu 
alque perfectam amicitiam profilemur, per 
quam nos Deus amicos suos vocare digna- 
tus est, si ejus praBcef)la fecerimus. Vos, 
inquil, amici mei estis , si feceritis quœ prœ- 
cipiovobis. {Joan.xy, li.jHœc Dei amicitia 
est chariias, qua dilexil noi anle muudi con- 
siitutionem et elegil|(£'p/«e5. i, 4) in dilecio 
Filio suo. Ipsa est fons omnium bonorum 
omniumque donorum, quœ nobis a muni- 
ficentia supercœlesti proveniunt. Ab liae 
omnis amor, legitimus ordinem formamque 
sortitur : nec ordinala esse potest aliqua 
mentis alTectio, nisi ab ea causam, moduiu 
et ordinem sumal. 



HZ 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 

ÂMOR DEI 

Vid. verb. Charitas, Dilectio Dei. 

AMOR INIMICORUM 



m 



[Ex SS. Palribus.] 
Tertltll., Lib. de putienlia. —Omn\s'mi\i- 
ria cura palienliam oslenderis, eodem exitu 
disoungitur, quod telura aliquod constanlis- 
simœ duritiœ libratum et oblusum: conci- 
dit enim ibidem irrila opéra elinfrucluosa : 
et nonnunquara repercussura in eum qui 
emitlit reciproco ictu saeviet. 
' Idem, ibid., c. 10. — Quid refert inter 
nrovocantem et provocatum , nisi quod 
llle prior in maleticio deprehenditur , at 

ille poslremo. ^ ^, • .• 

Idem, L. adScapuL, c. 2. — Chrislianus 

nullius est hostis. 

Idem.— Ad ralionem obsequu prier est 
maiestas imperantis. . 

Idem, Lib. ad Scap., c. 1. — Amicos dili- 
gere omnium est, inimicos autem solorum 
Ciiristianorura. 

Idem, I. de oral., c. 5.— Quid est ad pacem 
Dei accedere sine pace; ad remissionem 
dobilorura, cum relenlione ? Onomodo pla- 
cabis Palrem iralus in fratrem ? _ 

S. Cyprian., De orat. Domin. — Chrislus 
addidit legem cerla nos sponsione con- 
slringeus, ut sic nobis peccata dimilti pos- 
tulemus, sicut nos debiloribas noslris di- 

millimus. . . ,, ,• 

Idem, î6id.— Qnale cnmen est nolle di- 

xnittere; quod raartyrio non potest exorari 1 
Idem, De bono patiendœ.— Patienter ex- 

«jpecteraus ultionis dieni; nec ad vindictam 

doloris nostri querula t'estinatioue pro- 

peremus. ^ . . 

Ambr., 1. 1 Offic, c. 6.-QU1 cilo movetur 
injuria, facit se dignum yideri contumelia, 
dum vull indignus videri. _ 

Idem, De obitu Theodos. — Benelicium 
seputabalaccepisse augustœmemoriâeTheo- 
dosius, cum rogarelur ignoscere ; et lune 
propior erat veniœ cum iuissel commotio 
major iracundiœ , et oplabalur in eo quod 
îiraebatur in aliis? . 

Idem, serm. 10.— Si te non lœsjt fraler; 
obsequiura meretur ul diligas; si leesit, 
magis obsequium meretur ut vincas; hœc 
enim nostrœ Christianilatis summa est ut 
amanlibus vicissitudinem , laedentibus pa- 
tienliam rependamus. . . 

Idein. — Christus cum posset ulcisci, 
maluit immoiari. 

S. AuGUST., in Enchirid.f c. 73. — Magni- 
ficentissimœ bonilatis est signum ut luum 
quoque inimicum diligas, et ei qui libi ma- 
ium vult et iacit lu bona semper vehs, 
laciasque dum possis. , 

Idem, i6id., -c. 74.— Si non dimiseritis, 

non dimitlet Deus. Ad lam magnum soni- 

lum qui non expergiscitur, non dormit 

sed mortuus est. 

Idem, in Con/m. — Nihil mirabiUus m 



rébus humanis quara diligere inimicos. 

Idem, De verbis Domini.—Qaem vis con- 
temnere pretium ejus atlende, et cum morte 
Chrisli lolum raundum appende. 

Idem.— Quisqnis pacem differt, occasio- 
nem quaerit nunquam ignoscendi. 

Idem, serm. 7 in psnlm. cxiii. — Recole 
in omnibus-jusiificalionibus Domini ; nihil 
mirabilius et difficilius est quam ut suos 
quisqne diligat inimicos. 

Idem, serm. 58 De temp. — Sciendum 
est Ciiristum impossibilia non jtibere, sed 
perfecla, quee David fecit in Saul et in 
Absalon. 

Idem, serm. 5 De sanctis.— Fer araorem 
hominis inimici elTiceris amicusDei, irao 
non solum amicus, sed eliara filius. 

Idem, Lib. L homil., hom. 19. — SacriQ- 
cium Christianorum. 

Ibidem, hom. 42. — Libel hominem vin- 
dicari , et nondum est Chrislus viniJicalus. 
Ibidem, hom. 6. — Non est aliud majus 
sacrilicium quod Deo debeamus. 

Idem. — Si ego prior diinisi, dimilte ve! 
poslea invenis Palrem : imitare Palrem; 
si enim imilari non vis, exhœredari disponis. 
Idem , in psabn. xcii. — Non pules te 
forteiu quia perculis pugno , victus con- 
vicio; non est ista forlitudo, si conviciatus 
perculies ; quoniam ab ira viclus est, et valde 
stultum est hominem victum fortem dicere. 
S. HiERONYM.— lilud imperium beneli- 
cium est (ioquitur de mandato diligendi 
inimicos). 

S. Paulin. — Vindicla cœlestis inimicum 
diligere. 

S. Chrysost., hom. 27 in Gènes. —Mag- 
na et inelfabilis raisericordia 1 Cum in 
se quidem peccatum est, ad nudas tantum 
preces servo remiltit; cum autem in con- 
servum videt crudelem, suam revocal libe- 
ralilalera. (Ailudit ad servum cui Dominus 
remiserai decem miliia talenla.) 

Idem, «f;id. —Nihil Deus ila odit et aver- 
satur ut hominem ultionis avidum, et in 
animo suo perpétuas inimicilias servantem. 
tantum ejus peccali damnura est, ut miseri- 
cordiam Dei revocet nec locum habere 
sinal. 

Idem, De compunct. — Si tantummudo 
nonlœdis eum qui le Isesil, averlaste tanaen 
ab eo, nec libenter eum videas ; manet sine 
dubio vuinus in peclore et dolor augescit 

in corde. , ., , .. 

Idem, hom. 27 m Gènes. — Nihil facit 
omnes ila Deo similes,sicutinimicis parcere. 

Idem, hom. de simuUate. — Qui vindi- 
ctam adamat, seipsum tormenlo aÛicit, 
iram sibJ uti carniticem apponens, sua 
ipsius viscera dilanians. 

S. C/ESAR., in Admonil. — Libéra con- 



177 



AMOR PATRLE 



i78 



scienlia anle tribunal Chrisli dicero poleril : 
Dimitte, Domine, quia dimisi. 

Petr. Chrysol., in Sermonib. — Quan- 
lumvis ilimilti libi cupis, dimitte; imo, 
hoiuo inteliige quod , remitlendo aiiis , 
Yeniam libi lu ijisii (Jedisti. 

Idem, serm. 139. — Se peccalorem et 
peccalurum homo cogilet, et tune incipiet 
aiiiare veniam, non araaie vindiclam. 

Idem, iôid. — Remitte peccaiili , remitte 
pœnilenli , ut, cum peccaveris, repensetur 
in veniam. 

Idem, ibid. — Vieil pœnani , judicem praa- 
venit, evasit judicium, qui reiniltendo, 
ante, sibi veniam , quam delinquerel, jam 
providit. 

Idem, serm. 71. —Homo, pênes tej est 



potestas veniœ, in le est indulgentife jus ; 
lu tibi reraissionis auctor es constilutus. 

S. Bernard. — Mira rosi Judœi clama- 
bant : Crucifige, et Jésus clamabat : Ignosce. 

Idem , epist. 253. — Vincar injuriis , vin- 
cam obsequiis, invitis praestabo, ingratis 
adjiciam; honorabo et conteuinenles me. 

Idem, Tract, de Passione. — Diiigere ini- 
Diicos magisdivinum est quam bumanum. 

Idem, serm.W Z^e/'ass.— Flagelliscaesus, 
spiniscoronalus, clavis confossus,aliixuspa- 
libulo, omnium tamen injuriarum imraemoi I 

Hugo Victor, 1. vu De anima. — Magna 
virlus est si non laedas a quo iœsus es, si 
cui uocere potuisli, parcas : 

Nobile vindiciae genus est ignoscere vicio. 



AMOR PATRICE 



[Ex SS. Patribus.] 



S. ÂMBR. De officiis ministromm, \. m, 
t. Il — Quid lam contra naturam , quam vio- 
lare allerum lui commodi causa? cum pro 
omnibus eicubaudum, subeundas moieslias, 
suscipiendum laborem naluralis atl'ectus 
persuadeat : et gloriosuui unicuique duca- 
tur, si periculis propriis quœrat universo- 
rum Iranquillitalem ; muUoque sibi unus- 
quisque arbitretur gralius excidia palriœ 
repulisse quam propria pericula : preeslan- 
liusque esse existimet quod operara suam^ 
patriœ impenderit, quam si in olio posiius' 
tranquillam vilam voiuptalum copiis fun- 
cius egisset. 

Nectarii epistola Augustino episc, t. II 
Oper. Aug. — Quanta sit charilas patriœ, 
quoiiiam nosti, prœlereo.SoIa est enim quœ 
parentum jure vincal affeclum. Cui si uilus 
esset consulendi modus aut îinis bonis, di- 
gne jam ab ejus muneribus meruimus excu- 
sari. Sed quoniam crescit in dies singuios 
dileclio et gratiacivilalis, quanlumque œtas 
tini proxima est, lanlum incoluuiem ac 
llorenlem relinquere palriam cupimus, id- 
circo gaudeo primum quod apud insiructum 
disci()linis omnibus virum mihi hic est ser- 
Qio inslitulus. In Caiaraensi colonia mulla 
sunt, quœ merito diUgamus, vel quod in ea 
genili sumus, vel quod eidem magna con- 
tulissevidemur officia. Usée (patria cœlestis) 
licet priucipaliterappelenda alque diligenda 
sit, tamen iliam (lerrenam) non arbilror dise- 
rendam in qua nali et genili sumus ; quae 
prima nobis usum lucis bujus infudit, quœ 
eluil, quœ educavil, et, ut quod ad causam 
()roprie perlinet dicam, de qua bene me- 
ritis viris , doctissimi bomines ferunl, post 
obilum corporis in cœio domicilium [uœ- 
parari, ut promolio quœdam ad supernam 
prœsletur? bis omnibus, qui bene de geni- 
laiibus urbibus meruerunl; et hi magis cum 
Deo habitent qui salulem dédisse, aut con- 
siiiis, aul operibus patriœ doceantur. 

S. AuGLST., De libéra arbitr. I. ii, t.f. — 
Liberlas quidcm nulia vera est, nisi be.i- 
luruiu et legi œlernœ adhœrcnlium : sed 



eam nunc libertatem comraemoro, qua se 
liberos putant, qui dominos homines non 
habenl, et quam desideranl il, qui a domi- 
uis bominibus raanumitti volunt. Deinde 
parentes, fratres, coiijux, liberi, |)ropinqui, 
affines, familiares, et quicunque nobis ali- 
qua necessiludine adjuncli sunt. Ipsa de- 
nique civilas quœ parenlis loco Ijaberi soiet, 
honores etiam et laudes, et ea quœ dicitur 
gloria popularis. 

Idem, 1. III conlra Académie, t. I. — Qui 
non putant ista (flagilia) probalùliter posse 
persuaderi, leganl orationemCalilinœ (a|tud 
Sallusiium) qua patriœ parricidium, quo 
uno conlineutur omnia scelera , pcr- 
suasit. 

S. Greg., oral, xxiv, t. I. — Adraonet (Cy- 
prianus) ne palriam, ne genus, ne faoullales 
et copias, ne opes et polentiam, aul aUud 
quidpiam eorum, quœ humi slrala et ca- 
duca sunt, veritali, prœmiisque iliis, quœ 
virtutis causa periculura adeuiiiibus in cœio 
recondita sunt, anteponamus. Haiic enim 
negotiationem omnium prœstanlissimam 
esse, qua exigui sanguinis prelio cœlesle 
regnum emilur, ac brevia et tVagiiia bona 
cum sempiterna gloria commutaniur. Uiiaiu 
enim magnis et excelsis viris palriam esse, 
nempe Jérusalem illam quœ mente perci- 
pitur,non eas, quas hic anguslis tinibus 
circumscriplas esse, alque ab aliis aliisque 
bominibus subinde incoli videmus : unum 
item generis splendorum in eo consislere, 
ut divinam imaginem conservemus, alque 
exemplar noslrum imiteraur, quantum qui- 
dem iis assequi dalur, qui carnis viriculis 
astricli sunt, ac perexiguos duntaxat pri- 
marii boni rivulos accipere queunl : unum 
porro principalum in hoc posilum esse, ut 
palmam adversus improbum illum oblinea- 
mus, ac ne in iis certaminibus, quœ pietaiis 
causa suscipiunlur, animos noslros IVangi 
alque expugnari sinamus, ubi viliura cuiu 
virlute coutligil, et fluxus ac fragiiis mun- 
dus cum brmo et slabili, et acerbus, ac Iru- 
cuientus cerlaminis prœses cum forlibus 
athletis, et Reliai adversus Christum aciem 
instruit. Ob easque causas, et. gladios cou- 




DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



179 

temriepe, el fiigidnm ignera, ac feras quam- 
libet iminanes et truculenlns, mites exisli- 
mare, et famem pro summis deliciis duc<3re, 
amicorara aulera et propinquorum lacry- 
mas et luclu?, et gemilus, ul diaboli illece- 
bras, viœque ad Deumferenlis impcdimeiUa, 
prœterire suadebat. Hœc enim virilium et 
strenuarum animanim atque prudentis con- 
silii esse ducebai. Harum autem rerum pro- 
pinquura exempluin ille ipse erat, qui ba^c 
dicebat ac scribebat, utpole qui orania pro 
stercoribtis duxisset, ut Chrislum lucrare- 
tur. {Philipp. m, 8.) 

Cassiodou., Exposit. in psalm. xcy, t. H. 
— A If er te Domino palriœ geniiutn : a ff'erle Do- 
mino gloriamethonorem. — Cum dicit (Psal- 
niist.) Patriœ gentium, p\{is sigiiiflcat, quam 
si solas diceret gentes. Gens enim aliquos 
polest habere peregrinos, et dum natio dici- 
tur, non advenas compleclimur, sed lauluin 
geiitemunius sanguinis indicamus. Hic vero 
diclum est: Palriœ geniiim, ut nullus iii- 
digena, uullus hospes, nullus peregrinus 
redderetur exceptus. Patria enim dicta est 
quasi palris atria. 

Idem, epist. 21, t. I. — Provocandi sumus 
affeciuosis civium studiis ad augmenta ci- 
vitatis: quia nemo polest diligere, quod 
habitatoresintelligit non amare. Unicuique 
patria sua charior est,dum supra omnia sal- 
vum fore quœritur, ubi ab ipsis cunabulis 
commoralur. Quapropter votis paribus in- 
viiemur ad dona; qualenus quod sponle 
Iribuimus duplicata gratia conferamus. Et 



180 



ideo nulli grave sit, Romanis fabricis de- 
putalœ pecunifiB reddere rationem ; cum 
pura conscienlia desiderel se probari : 
quando fructum laboris sui capit, dura ad 
nos prospéra de se pervenire cognoscit.--- 
Aves i[)S8e per aéra vaganles, proprios ni- 
dos amant : erratiles ferae ad cubilia dumosa 
feslinant: volupluosi pisces campos liqui- 
dos transeuntes, cavernas suas sludiosa in- 
dagalione perquirunt; cunclaque aniraalia 
ibi se norunt refugere, ubi longissima cu- 
piunl aelale constare. Quid jam de Roma de- 
beamu^ dicere, quam fas est ab ipsis liberis 
plus amari. 

idem, epist. 30, 1. iv, 1. 1. — Decet quidem 
cunclos patriae suœ argumenta cogitare, sed 
eos maxime quos respublica sibi summis 
honoribus obligavit : quia ratio rerum est 
ut eum necesse sit plus debere, qui visas est 
majora suscipere. 

idem, 1. XII, epist. 5. — Non est aliquid 
injustum de patria plus esse sollicilum, eo 
prœsertim tempore cum ejus videamur pe- 
riculis subvenire. Plus enim eos diligere 
credimur, quos eripere feslinamus. 

Idem, t. 1. — Ad hanc mensuram cen- 
sendae sunt dignitates, ut lanlo quis bouo- 
rabilis habealur, quanlo civibus profuisse 
cognoscitur. 

Idem, t. I.— Civis aniraum non habet qui 
urbis suœ gratia non tenetur. 

Idem, t. l. —Unicuique civi urbs sua res- 
publica est. 

Vid. verb. Patria. 



AMOR PROPRIUS 



[Ex SS. Patribus.] 

S. Basil. , Regul. brev. tract. , t. H. — 
Amans sui ipsius est qui se ipsura amat. 
Agnoscit autem se ipsum, si quae facit,ea 
faciat sui causa; eliamsi id quod effioiiur 
juxia mandatura fueril. Nam requiei suœ 
gratia, aliquid omitlere eorum , quœ sive 
in animo, sive in corpore altineant ad ira- 
tris ulilitatera , lioc vel ab aliis eliam lia- 
belur ceu manifesluni amoris sui ipsius 
vitium, cujus finis interilus est. 

S. Gbeg. Naz.,orat. 2, 1. 1.— Prœposterus 
noslri amor, et quod facile cuiquauj credere, 
iiec sciuuis, nec suslinemus, plurimum ad 
"virtutem impedimenli afferl, ac velut in- 
structa quœdam acies adversus eos , qui nobis 
opem l'erunt, exislil : quantumque sludiura 
a nobis adhiberi conveniebal, ut morbura 
medicisdetegeremus, lantum ad raedicinam 
fugiendam adhibemus, atque in nostrum 
perniciem fortes sumus, et adversus sani- 
talem perili. Aul enim servilem in modum 
peccatum sulïuramur; non secus ac mali- 
gnum quemdam et sub i)uUiduui morbum 
in intimis animœ recessibus occultantes, 
perinde ac magnum quoque Dei , visquo 
illius ultricis , oculum fugituri , si bomines 
fefellerimus : aut excusaliones in peccatis 
excusamus , verborum patrocinium viiiis 
nostris exquirentes : aut eliam obstruclis 
auribus ,. instar aspidis surdœ el obliirantis 



aures suas. [Psal. lxvii,5, 6.) Obstinato stu- 
dio in hoc incumbimus, ut ï\ii \incantan' 
tiumvocemaudiamus], ac sapienliœ remediis, 
quibus animœ morbus depelli solet, cure- 
mur. Aut postremo, qui majore inter nos 
animo atque audacia sunt, ad peccatum 
hujusque raedicos fronlem aperte perfrica- 
mus, nudo capite, ut est in proverbio : in 
flagitium omne proruinpimus. insignem 
stuporem, aut si quo alio a[)tiori nomine 
bujusmodi alfeclus appellari polest 1 

S. Chrys., t. Il, hum. 7 m // Tim. m, 
—Erunl, inquit Ap.ostolus./iommes.s-ui ama- 
iore.'i.(y/ rtm.iii,2.)Qui se amat, ipse maxiiue 
se non amat; qui vero fralrem amat, ipse 
maxime se amat. Hinc nascilur avarilia. 
Charilatem enim quœ lata est et ubique 
exlenditur, comprimil et conslringil amoris 
p.roprii })eslis. Pecuniœ cupidi. {lbid.)H\uc 
olatio nascilur : ex elalione superbia, ex 
superbia blasphemia, ex blaspbemia arro- 
ganlia et incredulitas. Qui enim contra bo- 
mines se effert, facile conlra Deura se etle- 
ret. Sic peccata nascunlur; sœ[)e ab inferio- 
ribus ascendunt. Qui pius erga bomines est, 
mullo Qiagis erga Deuin eril. Qui erga con- 
servos mansuelus, mullo magis erga do- 
minum. Qui autem conservos spernil, ultra | 
pergens,Deum ipsum spernet. Ne ilaque I 
aller allerum spernamus. Doclrina enim illa 
possima est, quœ docet Deum speinere. In 



iSi 



184 



hoc enim iDeum conleranimus, cuin aller 
allerum conleranimus; cum ille jusserit, ut 
prosimi niullam curam exhibearaus. Cœle- 
rum si viillis id exemplo planuni fariam. 
Coutempsil IValrem Gain, et slalim Deum 
sprevit, Quomodo sprevil? Videquam con- 
tunieliosH responderit : Num custos fralris 
mei suml {Gen. iv , 9.) Couleiii()Sit eliain 
fralrem E«au, et Deum qiioiiue cuntenipsil. 
Ideo dicebal Deus : Jacob dllexi, Esau au- 
tem odio liabui. {Rom. ix, 13.) Quapiopter 
dicebat Paulus : ne quis foinicator aul pio- 
faiius sicut Esaii. [Hebr. xii, 16.) Spreve- 
runt Josephumfratres , spreveruul el Deum. 
Israelilœ S[)reverunt Moysen , ideo Deum 
quoque spreverunt. lia et tilii Heli con- 
îempsere populum, et Deum eliam cou- 
Icmpserunt 



AMOR l'ROPRlUS 

pienlem. H;nc cum dixisset, Erunt enim 
hnininps se, ivsos amantes (Il Tim. m , 2.) 



homines se ipsos amantes {Il Tim. m , !2.) 
Gontinuo subjecit , amatores pecuniœ, al» 
illa generali àvaritia cujus superbia caput 
est, ad hanc specialem descendeos quoi 
propria hominum est. Neque enim esseut 
eliam homines amatores pecuniœ , nisi eo 
se pularenl excellentiores, quo diliores. 
Gui morbo contraria charilas non quœrit 
qnœ sua sunt (/ Cor. xxiii, 5.) Id est non 
privala excellentia lœtatur ; merito ergu et 
non inflalur. 

idem, iib. u De Gen. ad litt., t. 111. — 
Hi duoamores, quorum alter sanctus est, 
•iltiir immundus, alter socialis , aller pri- 
valus , aller communi ulililati consulens 
propter supernam societatem , aller eliam 
rem coramunem in potestatem propriam re- 



vis ex adversu eliam inspicere ? Abraham digens propter arrogantem dominalionem ; 



pepercit fralris tilio et Dec obedivit : idque 
(>alam est ex obedientia circa tilium Isaa- 
cuui, et ex reliquis ejus virtutibus, Rursus 
Abel mansuelus erga fratrem, plus erat erga 
Deum.Neitaqiie nos invicem conlemnamus, 
m non discamus Deum etiam conlemnere. 
Honoremus nos invicem, ut discamus et 
Deum lionorare. Qui audax est erga ho- 
mines, audax quoque erit erga Deum. Gum 
aulem pecuniœ cu[)idilas, amor proprius, 
et arrogantia una coeunl , quid deest ad in- 
tegram perniciem? omnia corrupla sunt, et 
multum peccalorum cœnum una confluit. 
ingrati, inquit ; quomodo enim pecuniœ 
cupidus gratus esse possit? cui graliam ha- 
biiurus est? Nemini. Oauies arbitratur ini- 
micos , cum omnia velit arripere , etianjsi 
illi omnem substaniiam efl'uudas, nullam 
habebit gratiam. Indignatur quod mullas 
opes non habueris, nec multaium eum le- 
ceris dominum. Eliamsi orbis loiius illum 
feceris dominum, nullas libi reddel giaiias : 
nihil enim se accepiïse pulat. Insatiabiis 
est ejus concupiscentia ; ex niorl)L» eaim 
proticiscitur hœc concupiscentia. 

S. HiEu. , ejàsi. 30 , ad Océan. — Plus est 
animum deposuisse, quam cultum. Dillici- 
iius arrogaulia quam auro caremus et gem- 
mis : his enim abjeclis inlerdum gloriosis 
tumemus sordibus, et vendibiiem pauper- 



alter subditus , alter œmulus Deo ; alter 
Iranquillus, aller turbulentus; alter paci- 
iicijs, alter sediliosus; alter verilalem lau- 
dibus erranlium prœi'erens , alter quoquy 
modo laudis avidus; alter amicalis, alter 
invidus, aller hoc volens proximo quod 
sibi, alter subjicere proximum sibi ; aller 
propter proximi utilitatem regens proxi- 
mum, aller proplersuam; prœcesserunt iii 
angelis aller in bonis, aller in malis; et 
riislinxerunt condilas in génère humano ci- 
vitales duas, sub admirabili et inetfabili 
providentia Dei , cuncta quœ creata sunt 
aJministranlis et ordinantis alteram justo- 
rum, alteram iniquorum. Quarum etiam 
quadam lemporali commislione peragiiur 
sœculum, donec ultimo judicio sepaienlur, 
et altéra conjuncta angelis bonis in rego 
suo vilam consequatur œlernam, allera 
conjuncla angelis malis in iguem cum regu 
suo mittalur œlernum. 

Idem ,\. De Trinit. — Qui amat homines, 
aul quia jusli sunt, aut ut jusli sint,amaro 
débet : sic enim et semelipsum amure dé- 
bet , aut quia justus est, aut ut justus sit; 
qui enim aliier se diligit, injuste se diligil, 
hoc est ut sit injustus ; ac per iioc jam nou 
se diligit : Qui enim diligit îniquitatemy odit 



unimam suum. 
Idem , De doct. Christ. 



Si teipsura non 



talem populari aurœ olferimus. Gelala virtus propter te debes diligere , sed propter illum, 

" ' ubidilectionisluœrectissimus finis est ; non 

succenseat alius homo, si etiam ipsum pro- 
pier Deum diligis : Hœc enim régula dilec- 
tionis divinitus constituta est : Diliges proxi- 
mum sicut teipsum. 

Idem , serm. 96 De verb. Evang. Marc. , 
t. V. — Prima hominis perditio, luit amor 
sui. Si enim se non amaret , et Deiuu sibi 
prœ[>oneret , Deo esse semper subditus vel- 
let : non autem convertereiur ad negligen- 
dam voluntaiem-illius, et faciendam vulun- 
lalem suam. Hoc est enim amaro se, velie 
lacère volunlatem suam. Prœpone his vo- 
luntatem Dei : disce amare te, non amandu 
te; nam ut sciatis vilium esse se amare , sia 
Apoalolus dicit : Erunt enim homines se ipso» 
amantes. Etnun(iuid qui amat se, fidit in se? 
incipit enim, doserto Deo, amare se, et ad 
ea dilif^euda qutft sunt extra se pellUur a SQ • 



et conscientia Iota aecreio, Deum solum 
judicem respicit. 

S. AuG. , 1. X De cio. Dei, t. VII. — Ut 
homo sese diligere nosset, consiilulus ei>t 
ei Unis, quo relerret omnia quœ agerel , ut 
bealus esset. Non enim qui se diligit, aiiud 
esse vult quam bealus. Hic autem tinis est 
adhœrere Deo. Jam igilur scienti diligere 
se ipsum, cum mandatur de proximo dili- 
gendo sicut se ipsum , quid aliud mandatur, 
nisi utei, quaniunj polesi, commendel dili- 
gendum Deum? Hic est Dei cullus, liœc vera 
religio , hœc recta pielas , hœc lanium Deo 
débita servitus. 

Idem. Sulus so uovit diligere qui Deum 
diligit. 

Perversus sui amor privât sancta socie- 
late targidum !>i)iriiunj, eumque coarctat 
miseria jam per iniquilatem satiari eu- 



m 



DICTIOiNNAIRE DE LA TRADITION. 



184 



usque adeo ut, cum dixisset idem Aposto- 
liis : erunt homines se ipsos amantes, con- 
tinuo subjioerel, amatores pecuniœ. Jam 
vides quia foris es. Amare te cœpisti, sta iu 
te si potes. Quid is foras?Nunqui(i pecunia 
(lives faclus es amator pecuniœ? cœpisti di- 
ligere quod est exira te, perdidisli te. Cum 
ergo pergit amnr hominis etiam a se i[)SO 
ad ea quae foris sunt, incipit cum vanis 
evanescere , et vires suas quodam modo 
prodigus erogare. Exinanitur, etFunditur, 
itiops redditur, porcos pascit; et laborans in 
pastione porcorum, aiiquando recordatur et 
dicit : Quanti mercenarii patris mei panem 
manducant, et ego famé hic pereo. {Luc.w, 17.) 

Idem, tract. 51 in Joan. — Magna et mira 
sententia quemadmodum sit Iiominis in vi- 
lam suam amor ut ftereat, odium ne pereat : 
si maie amaveris, tune odisti ; si bene 0(ie- 
ris, tune amasli ; felices qui oderunl custo- 
diendo, ne perdant amando. 

EsAïAS abb., apud sanct. Joan. Damasc, 
t. II. — Qui sua duntaxat causa omnia fa- 
ciunt, hi piiihiutiâe, iioc est malorum omnium 
gravissimo student. Quod quidera hoc all'ert, 
ut a socielate et commercio atque auiicitia 
quispiam èbliorreat, injusleque et impie se 
gerat. Natura enim hominem, non ut soli- 
vaga animantia, condidit, sed uti gregalia, 
communibusque pascuis utentia : ut non 
sibi soli vivat; verum et matri et patri, et 



fralribus, et uxori, etiiberis, aliisquecogna- 
tis, et amicis, et popularibus, et tribulibus 
suis ; itemque patriœ, et provincialibus suis, 
et omnibus hominibus, atque insuper uni- 
versitatis partibus lotique mundo ; longe 
autem ante omnia Deo et creatori eum enim, 
siquidem rationis sit particeps, societatis 
studiosum ac mundi Deique amantem osse 
oportet, ut Deo quoque charus eflîciatur. 

S, Maxim., De charitale, cent. 3, 56. — 
Philautia omnium cogitationum affectus in- 
ducenlium causa constiluitur. Ex hac enim 
generantur très concupiscentiae cogitationes, 
eliam fortissimee, nempe crapuia, avarilia 
et inanis gloria. Cœterum ex crapuia nasci- 
tur scortatio ; ex inani gloria superbia : re- 
liquœ omnes unamquamque ex tribus con- 
sequuntur, nimirum cogilatio iracundiœ, 
Iristitiœ, acceptarum injuriarum recordatio, 
socordiae, invidiae, oblocutionis, et reliquœ. 
Illi ergo atîeclus rébus materialibus, con- 
stringunt animum, eurademque in terram 
detrahunl instar gralissimi lapidis illi in- 
curabenles, cum natura sua igné sit levior 
et celerior. 

Idem, ibid. — Omnium affectuum princi- 
pium est philautia, finis autem superbia. 
Porro philautia amor est quo corpus com- 
plectimur, ralioni non consentaneus. Hanc 
qui amputaverit, eadem opéra omnes affec- 
tus ex ea orientes abscidil. 



ANGELI BONI ET CUSTODES 



[Ex SS. Palribus.] 

S. HEUMiE Pastor, visio 3, t. I. — Illi au- 
tem juvenes sex qui œditicant, qui sunt. 
Domina ? Hi sunt angeli Dei qui primo con- 
stituti sunt, quibus tradidit Dominus uni- 
versam creaturam suam struendi, œdificandi 
et dominandi creaturœ illius. Per hos enim 
consummabitur structura turris. Cœteri au- 
tem qui adportant lapides, (jui sunt? Et 
ipsi sancti angeli Domini : sed illi sunt his 
éxcellenliores. Cum ergo consummala fuerit 
structura turris, omnes simul epulabuntur 
juxla turrim, et honorificabunl Dominum, 
quoniam consummala erit structura^ tur- 
ris. 

Const. Apost. I. vu, t. I. — Magnus es, 
Domine omaif)Otens, et magna virlus tua, et 
sapientiae tuœ non est numerus. — Tuam 
potenliam annuntiaverunt cœli; et terra 
concussa, firmata ac suspensa super nilii- 
Juuj. M.ire lluctibus agilaium, et innumera- 
biles nulriens animalium copias, arena 
conslringilur, tuam vuluntateui veritum : 
omnesque cogil vociferari : Qxiam mayniji- 
cala sunt opéra tua, Domine I omnia in sa- 
pientia fecisli : impleta est terra creatura 
tua. [Psal. cm, 2i.) Et exercilus angelorum 
ardensi ac intelligentes s()iriius aicunl : 
Unus sanctus, Phelmoni {Dan. vm, 13) : et 
sancti Seraf)hini, una cum Cherubinis; 
sex alas liabentibus, tibi vicloricB canli- 
cum psallt-ntes, vocibus nunquam cessan- 
libus. clamant : Sanctus, sancius, sanclus 



Dominus Sahaolh : pleni sunt cœli et terra 
gloria tua {Isai. vi, 3) : et aliae ordinum 
mulliludines, Angeli, Archangeli, Throni, 
Dominationes, Principatus, Potestates, Vir- 
tules, exclamantes dicunt; Benedicta gloria 
Domini de loco suo. {Ezecli. m, 12.) Israël 
vero, lerrena Ecclesia tua, ex gentibus con- 
gregata, cum cϔestibus Virlutibus, nocte 
ac die, in corde pleno et anima volente, 
canit: Currus Dei decem millibus multiplex, 
millia lœtantium ; Dominus in eis in Sinai, 
in sancto. {Psal. lxvii, 18.) Novit cœlum 
eum, qui super nihilum cameravit illud, 
tanquam lapideum cubum ; qui terram et 
aquam inter se aduuavit, qui aerem, ani- 
malium nulrilium, ditfudit, eique ignetn 
connexuit, ad calorem et ad solatiura de 
tenebris. Obslupef'acil chorus stellarum,qui 
numerantem eas significat, et nominantem 
oslendit; ut animalia demonslrant eum a 
quo animata sunt, et arbores eum qui illas 
produxit. Quee omnia, verbo tuo facta, po- 
lestatis tuœ viin reprœsentant. 

S. Justin., Append., part. m. — Omnes 
quidem angeli, et qui prœsunt et qui pa- 
rent, ministerium adimplenl cœlis et iis, 
quœpropter hominem facta sunt, utile. Qui 
autem id acceperunt muneris, ut homines 
assectentur custodes, hi augentur quidem 
semper, nunquam vero minuuntur. Vel 
eniui utrumque simul conjunctum, animam 
diço et corpus, vel animam e corpore egres- 
sam sequunlur usque ad mund.i reuovatio* 



185 



ANGELl nom ET CUSTODES. 



186 



nls lempus. \ntequara autera homines seqiii 
et eos custodire imperentur, in aliis pro 
homineministeriis miuislrant propriis Prin- 
cipibus. 

Tertull., De speclac. — Quot et alia do- 
cumenta cesserunt de his qui cum diabolo 
apud speciacula comraunicando a Domino 
eiciderunt. Nerao enira potest duobus do- 
minis servire. Quid luci cum tenebris? quid 
vitae et morli? odisse debemus islos con- 
venlus et cœtus ethnicorum, vel quod illic 
noraen Dei blaspberaatur, illic iii nos quo- 
tidiani leones expostulantur, inde persecu- 
liones decernunlur, inde lenlaliones emit- 
luntur. Quid faciès in illo suffragiorum 
impiorum aestuario deprehensus? non quasi 
aliquid illic pâli possis ab liominibus ; nemo 
te cognoscit christianum. Sed recogila quid 
de te bat in cœlo. Dubitas enim illo mo- 
mento, quo diabolus in Ecclosiam i'urit, 
omnes angelos prospicere de cœlo, et siu- 
gulos denotare, qui blasphemiam diïeril, 
uuis audierit, quis linguam, quis aures 
diabolo adversus Deum ministraverit î Non 
ergo fugics sedilia bostium Chrisli, illam 
cairiedram peslilentiarum, ipsumqne aerem 
qui desuper incubât sceiestis vocibus con- 
stupralum ? 

S. Macah., hom. 22. — Cum anima deces- 
serit *5 corpore hominis, tune magnum quod- 
dam peragilur mysterium. Nam si fueritilla 
peccali rea, accedunt chori daemonum et 
angeli sinistri, ac polestates tenebrarum 
apprebendunt animam illam, et imperio sue 
subjugatam in suas partes perlranunt. Nec 
débet noc videri cuipiam insolens. Si enim 
dum viveret homo, et in hocsaeoulo agerel, 
subditus fuit, obtemperavit, et inservivit 
illis, quanto magis, cum egredilur ex hoc 
mundo, detinelur ac possidetur ab ipsis? 
quod autera res ita se habeat, ex ea parte 
potes JDtelligere quœ felicioiis est condi- 
tionis. Siquidem ex prsesenii temporesauc- 
lis Dei servis assislunt angeli, aosancti spi- 
ritus circumdant eos et cuslodiunt. Cumque 
exierint e corpore chori angelorum assu- 
munt animas in suam parlera, in sœculo pu- 
ro ; et sic adducunt eas ad Dorainura. 

Origen., 1. V contra Cels., 1. 1. — Falemur 
angelos essii administratoriosspiritus in mi- 
nislerium missos propter eos qui hœreditatem 
capiunt salulis [Hebr . i, 14) ; illosraodoad pu- 
rissiraa eaquecœlestia loca, aut eliara supra 
cœlos ad puriores sedes ascendere ad otferen- 
das horaiaum procès; modo illincdelabi, ut 
unicuique atlerant quod illi Deuspromerilis 
confeni jussit. Eisi vero angeli, quos a suo 
olficio sic appellalos didicimus, dii eliam 
uliquando in sacris Scripluris norainantur, 
proplerea quod divini sunt ; nusquara iaraen 
ibi praeceptura reperias, ul qui Deo debeiur 
cullus, codera prosequamur eos, quorum 
nobis minislrandi Deique dona atlerendi ne- 
goiiura est. Nara omnes postulaliones, preca- 
liones, orationes,gratiaruiu aclionesadDeura 
oporlet dirigeru per summum sacerdolem 
oaniibus angellssuperiorem, Verbura vivura 
elDeum.QuinethocipsumVerbumorabiraus, 
illi ft;rcmu5 preces, ilJi gratias ogemiis, illi 



vota faciemus ; si modo propriam preoalionis 
possimus abimpropria secernere notionera. 
Verum angelos , quorum cognitio, quaa 
supra horainem est, coraparata non fueril, 
a nobis invocari, recta ratio non patilur. 
Age porro comparata fuerit adrairabilis 
illa et arcana angelorum cognitio. Tuni 
quidem eorum natura , et officia qui- 
bus fungunlur, nota erunt: sed hoc ip- 
sum absterrebit, ne preces alii ferantur, 
quam sufficienti ad omnia Deo perSalvato- 
rem nostrum Dei Filium, qui Verbum est, 
etsapientia, et veritas, et quidquid de illo 
proplietarum Dei apostoîorumque Jesu 
scripla prodiderunt. Atque ut angeli nobis 
propitii sint, noslrique gralia omnia fa- 
ciant, satis est si quantum per humanœ na- 
lurœ vires licet, erga Deum ita sirausatfecti, 
ôc illi; eorum propositum imitantes quem- 
ûdraodum et ipsi Deura imitantur ; etpra- 
Icrea nobis ea tit filii ejus Verbi notio, quae 
non solum clariori illi, quam angeli sancli 
de illo habent, nonrepugnet, sed quee eliam 
clarior in dies explanaliorque facta, ad il- 
lam accedere conlendat. Unde quod Celsus 
respondel sibi quasi verbis nostris : Angelos^ 
quiadprœstandahominibus bénéficia descen- 
àunt, esse aliquod genus diversum a dits, eos- 
que probabitiler esse dœmones : id hominis 
est qui sacras noslras Scripluras non legil. 
Nec videt dœraonum noraen haudquaquam 
esse aut indifferens, ut est horainura inter 
quos boni sunt et mali; aut bonura quale 
est deorura quod nec raaiis dœraonibus, nec 
fiiraulacris, nec animalibus datur a rerum 
divinarum peritis, sed naluris veredivinis 
elbealis; hoc auiem deeraonura noraen Iri- 
bui seraper maleticis illis potesiatibus cras- 
siori corpore solulis, quœ houiices in erro- 
rem inducunt aguntque transversos, et a 
Deo rebusque cœlestibus avocatos ad hœc 
ima depriraunt. 

Idem, 1. vm contra Celsum, t. I. — Nos 
Jésus docuit ne miniraos quidem eorum qui 
in Ecclesia sunt, conlomnendos esse: quia 
Angeli eorum, inquit, semper vident faciem 
Patris ir.ei qui in cœlis est. (Malth. xviii, iO.) 
Et Proplieta : Castrametabitur angélus Do- 
mini in circuilu timentium eum, et eripiet eos. 
{Psal. xixiii, 8. ) llaque ne nos quidem in- 
ticiarour raullos esse in terra daeraones ; at 
eos esse et poleslalemin maloshabere prop- 
ter eorura iiialitiara contendimus; nihil ve- 
ro posse in eos qui induerunt armaturam Dei, 
{Ephes. VI, 11) et robur acceperunt ad 
standum adversus insidias diaboliy quique se 
ad pugnandum cum dœraonibus exercent, 
idque quia norunl non esse nobis collucta- 
tionem adversus caruem et sanguinera, sed 
adversus principes, adversus poleslales, ad- 
versus niundi redores tenebrarum sœculi 
hujus, adversus spirilualia nequitiœ in cœ- 
leslibus. 

Idera, hora. 20 in Numer., t. II. — Adest 

unicuique noslrum, eliam rainirais qui sunt 

, in Ecclesia Dei, angélus bonus, angélus Do- 

■ mini qui regut, qui moneat, qui gubernet, 

qui pro aclibus nustris corrigendis, el rai- 

- ùcralionibus cxposcendis , quolidie videat 



157 DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 188 

faciem Patris qui in cœlis est: sicul Dorai- milite refertis angélus unus comparalur. 

nus désignai in Evangeliis. (MaCth.xvni.) Propler niagnitudinem igilur ejus qui te 

Kt iterumsecundumea quœ Joannesin Apo "'^ t^-i 
calypsi scribit (cap. ii), unicuiquo Eccle 



siœ gpneraliter angélus praeest qui vel col- 
iaudatur pro bene gestis populi, vel etiam 
pro delictis ejus culpatur. In quo etiara slu- 
pendi fmyslerii admiratione permoveor , 
quod in tàntuua Deo cura de nobis sit, ut 
tliam angelos suos culpari pro nobis et 
confutari paliatur. 

D. CYPR.,epist.75. — Adunatio et pax et 
concordia non solum hominibus fidelibus et 
cognoscenlibusveritalera,sed et angelisipsis 
cœleslibns voluplatem maxiraam prœstat, 
Quibus dicit sermo divinus esse gaudium in 
uno peccatore pœnilentiam agente, et ad uni- 
lalis vinculum revertenle. Quod utique non 
dicerelur de angeiis conversalionera in cœiis 
habenlibus , nisi ipsi quoque essent nobis 
adunati,qui nostraadunationelaetantur; sic- 
ut e contrario ulique contristantur , quando 
vident diversasquorumdam mentes etscis- 
sas voluntates quasi non tanlum unum et 
eumdem Deum simul invocent, sed sepa- 
ratis et divisis ab invicem nec confabulalio 
jam possit esseautserrao communis. 

S. HiLAR., in psal. cxviii, t. I. — Scit 
autem in cœlis propheta plura Dei esse man- 
data; scit per diversitatem ministeriorum 
diversas esse praeceptorum observanlias , 
Angelorum, Arcliangelorum, Thronorum, 
Domina tiouum, PolestalumetPrincipatuum. 
Quos utique necesse est ut nominibus, ila 
et oflTiciis esse diversos, perpetuara tamen 
mandatorum cuslodiam [iro naturae suée fir- 
mitate relinentes, Atque ob id revelari sibi 
cœlestium mandatorum sacramenta orat : 
quia scit se in terrœ liujus corpore esse 
peregrinnm. 

Idem, l.xDeTrinitatej can.18. — Praeesse 
angelos absoluta auctoritas est. Salvatorem 



cuslodit, Dominus castra tibi impertit 
propter fortitudinem vero angelf, tuteia ip- 
sius ceu muro undelibet te munit. Nam il- 
Judm circuitu hoc ipsum signiflcat. Quem- 
admodum enim urbium mûri in circuitu 
omni ex parte circumducti , undecunaue 
hostium assultus arcent: ita etiam angélus 
et prœmunit a l'ronte, et a tergo cuslodit, 
nec quidquam utrinque incustoditum relin- 
quit. Ea de causa Codent a latere tuo milles 
et decem millia a dextris tuis ( Psal. xx, 7 ), 
ad te autem ne plaga quidem cujusquam 
hostis appropinquabit , quoniam angeiis 
suis mandabil de te. 

Idem, 1. 1. — Cuilibet fidelium est angélus 
adjunctus, qui dignus est, qui diversantem 
in cœlis Palrem videat. 

S. Greg. Nyss., oral. Quid sit ad Dei, 
etc. — Spiritusadminislratorii sunt angeli ; 
animae vero sanctorum ad imaginera Dei 
dominatorii sunt spiritus. Etsi enim rainu- 
tus fuerit horao post preevaricationem,pau- 
lo minus ab angeiis, tamen per unigenili 
Dei Verbi secundura hypostasim unionem, 
in ipso magis quippiarn estfactus. 

S. Greg. Thkolog.^ orat. 28, t. I.— Deus, 
ut litteris sacris prodilura est, angelos suos 
spiritus facit, et ministres suos fiammam 
ignis {Psal. cm, 4) ; nisi forte hoc loco, 
facere nihil aliud significet, quam eadem, 
qua primum procreati suni, ralione tueri et 
conservare. Spiritus porro atque ignis an- 
gélus appellatur : illud, quia intelleclili 
nalura est praeditus, hoc, quia purgandis 
anirais nostris adhibelur, quandoquidera 
primaria quoque illa essentia iisdem nomi- 
nibus in Scriptura nuncupatur. Sed sint sane 
nobis illi incorporel, aut quam proxime ad 
hoc accedentes. Vides enim quomodo circa 
hujusmodi sermonera œstuemus ; nec quo 



per Chi'islum oraliones angeli quotidie Deo progrediamur, habearaus ; aut certe non 



oflferunt. 

Idem, in psal. cxxxiv. — Faciens angelos 
suos spiritus :' Hi spirilus ad salutem huma- 
ni generis emissi sunt : neque enira infir- 
milas nostra nisi datisad cuslodiam angn[is, 
loi lanlisque spiriiualiura nequiliis obsis'te- 
rel. — Mosen Dominus coiitirraat dicens : 
Ecce nngelus anlecedet te. 

S. Basil., hom. in psal. xxxiii, t. I. — 
Castrametabitur angélus Domini in circuitu 
timenlium eum, cl eripiel eos. {Psal. xxxm, 
8.) Assidet angélus cuilibet in Duminum 
credenti, nisi nos illura operibus pravis abi- 
gamus. Quemadiiiodum enira fumus apes 
iugal, et felor colunibas expellit; sic ange- 
luiJi vitrfi noslree custodera laciymabile ac 
grave olens peccatum abigit. Opéra cuslo- 
diœ angelicœ digna in tua anima si habeas, 
el mens in verilatis conlemplalione dives 
in le inhabitel, ob divitias praeclarorura 
operum virlulis, Deus necessario slipula- 
tores libi el custodes consliluil, leque an- 
gelorum communit custodia. Considéra au- 
tem quanta sit angelorum nalura, quando 
quidem exercilui loti et caslris frequenti 



ultra progredi possiraus, quam quod Ange- 
los quosdam et Archangelos scimus, Thro- 
Bos, Poteslates, Principatus, Dcrainaliones, 
Splendoresj Ascensus, intelligentes Virtu- 
les, vel mentes potius, puras naturas, mini- 
meque ad'ullerinas, ad malura immobiles, 
vel certe non facile mobiles, perpétues 
cliorns circa Principera illara causam agitan- 
tes ; aut (si quid aplius quisquara earun» 
laudibus decaiitandis a.^erre queal) puris- 
simo splendore illinc perfusas , aut pro 
iialuiœ el ordinis cujusque proporlione, 
alias alio modo collustralas ; quae a summa 
illa pulcljiitudine adeo informantur el im- 
prirauiilur, lit ipsœ alia quoque luraina e(ii- 
ciantur, ac per [<riun luminis influxiones el 
coramunicaliones alias illutuinare possinl. 
S. Ambros., prœf. in psal. i Enarr., t. 1. 
— Laudaul angeli Dorainura, psallunt ei 
Polestales cœlorum (10) , el anle ipsum ini- 
tiura mundi, Cherubim el Seraphim cum 
suavilale canorœ vocis suae dicunt : Sanc- 
tus, sanctus, sanctus. Irinumera angelorum 
millia assislunt, etseniores et turba magna 
sicut voces aquarum mullarum concinunl: 



(10) Cerleliac eiiam fuilniullorum Pairum, cum GiDccorum tum Laiinorum sentciilia. 



<89 



ANGELI BONI ET CUSTODES 



190 



Alléluia {Apoc. xis, 1 et seq.) Ipsum axem 
cali fort expressior sermo cumqtiadnm [ler- 
petui concentus suavilale versari ; ur sonus 
ejus extremis terrarum parlihus audirelur ; 
ubi sunl qua^dam secrela naturœ. 

Idem, l.i Exposil. Evang. sec. Luc., t. I. 
— Seraphim quando voluit apparuit, et vo- 
cem ejus Isaias solus audivit. Apparuit an- 
gélus, et nunc prœsto est, scd non videlur, 
ueque etiam in polestate nostra est videre, 
sed in polestate illius apparere. Tamen 
elsi polestas non est videndi, estgratia pro- 
raerondi ul videre possimus. Et ideo qui 
habuit graliam, iiieruit copiara : nos copiara 
ïion meromur, quia Deum videndi gratiaui 
lion liabemus. 

Idem, Expos, in psal. cxvm, t. I. — Si 
quis allevet mentis oculos, et consideret 
plenaesse angelorum omnia, aéra, terras, 
mare, Ecclesias quibus, angeli prœsnnt 
(millit enim Dominus angelos suos adtle- 
fensionem eorum, qui liœredes futuri sunt 
promissorum cœlestiura), conceplo polest 
renuntiare peccalo. — Non reverilus esses 
angelorum prœsentiam, si prœsentes esse 
crederes? Non metueres, non dinam la- 
cère , sed loqui, aut eliam cogitare quod 
pravum est, si til)i diviiia Scriptura suasis- 
sel, quia Deus cogilationura arbiter , secre- 
torum lestis est verax, sicut ipse ait: £5- 
tote mihi testes, et ego teslis, dicit Dominiis 
Deus, et puer meus quem elegi? Hominera 
vereris prœsenlera, Dei Patris et Filii non 
vereris prœsentiam ? sed non vis credere, 
ne possis cavere: non vis audire, cum legi- 
lurquia Deus novil occulla hominum , ne 
incipias scire quod timeas, et tiraere ne 
pecces. Audi ergo Scripluram divinam; ul 
convertaris a via prava et maligna. 

Idem, Exposit. Evang. sec. Luc, 1. va, 
t. I. — Divespastor, cujus omnes nos ceii- 
tesima portio sumus, habet Angelorum, ha- 
bel Archangelorum, Dominationum, Potes- 
tatum, Tilronorum, aliorumque innumera- 
biies grèges, quos in monlibus dereliquit. 
Qui quoniara sunt rationabiles, non ira- 
raerito hominum rederaptione iœtantur. 
Quanquara hoc quoque protioiat ad incen- 
liva probitatis, si unusquisque conver- 
sionem suam gratam fore credat cœlibus 
angelorum, quorum aut affectare patroci- 
iiium, aut vereri débet otïensam. Et tu 
igilur esto angelis iœtitioî, gaudeant de 
redilu luo. 

Idem, epist.3i, t. II. — An ipsos quoque 
angelos qui in istius mundi laboribus di- 
versa sustinent mysteria sicut in Apocalyf)si 
legimus Joannis {.ipoc, m, 1 et seq..) non 
ingemiscere credimus ; cum adhibentur 

f)œnarum et excidiorum rainistri? qui ha- 
)entes vilam bcalam, malienl ulique eam 
in ilio superiore tranquillitalis suae slalu 
recurrere, quam nostrura |)eccatorum pœnis 
ullricibus inlcrpoiari. Etenim qui gaudent 
unius |)eccaloris redempiione, ulique tan- 
torum pcccatorum œrumnis ingemiscunt. 
Si igilur etiam cϔesles creaturi-e et pote- 
slates servi lutem corriiptionis siislinent,sed 
in spe , ul pro nobis postea et nobiscam 



lœtentur; etiam nos passiones hujus tem- 
porisfuturœ spe etexspectationeconsolentur 
glorifie. 

Idem, in Luc. i. — Utinam nobis adolen- 
libus al ta ria,sacrificiumdeferenlibus assistât 
angélus, imo prœbeat se videndum. Non 
enim dubiles assislere angelum, quando 
Chrislusassislit, quando Christus immola tur. 

S. G AL' DENT. , prœf. adBenev. — Speclacu- 
lum facti sumus huic mundo et angelis et 
hominibus : Angelis quidem justes sucs 
Deus probari ideo vull, ut consummalam 
sanctorum juslitiam lœtantes agnoscant : 
hominibus aulem, ut ad perseverantiam 
dileclionis Dei, eorum provocentur exem- 
ple. Diabolo etiam probalam vult ingerere 
Deus sanclorura juslitiam, ut e bonorura 
operum meritis débite ad amiciliam Dei et 
ad regnum cœli, unde ipse cecidit, esse 
perfectos doleal, indignelur , invideat, 
ingemiscat; nec tamen audeat quidquam de 
judicio divino causari. 

S. Chrys. , hom. 3 in Ephes. i, t. II. 
— Vidislis divilias gloriœ bœreditatis? vi- 
distis supereminentem magniludinem vir- 
lulis in eos qui credunt? vidislis spem 
vocationis? revereamur nostrura caput , 
cogilemus cujus capitis sumus corpus , 
cui omnia sunt subjecta. Hoc exemplo 
nos angelis oportet esse meliores, et archan- 
gelis majores, ut qui iis omnibus siraus 
honore preeposili. Non angelos apprehendit 
Deus, sicut dicit scribensad Hebrœos , sed 
semen Abraliae; non principatum , neque 
polestatem, neque dominalionem , neque 
ullam aliam viiiutem ; sed nostram natu- 
ram ap|)rehendil, et supra sedere jussit. Et 
quid dico, sedere jussil? Suura fecit vesti- 
uienlum, nec id solum, sed ejus [)edibus 
subjecil omnia. Quam mullas vis mortes 
[)onere, et quam mullas animas, deciesne 
mille, et his longe plures ? Sed nihil dices 
quoii sil ei œquiparantium. Duo enim fecit 
raaxima : et ipse ad summam venit Immi- 
lilalem, et homineiu suslulit ad magnam 
alliuidmem. Disil illud [)rimum, quod se 
adeo liumiliaveril. Dicit hoc tirmius et so- 
]idius,id quod est magnum etsumma rerum. 

Idem," hom. 3 in Coloss. i, t. IX'. — 
Audi Chrislum dieeiitem : Videte ne despi- 
cialis unum ex istis pusillis ; angeli enim 
eorum perpetuo vident faciem Fatris mei 
qui est in cœlis. {Matlh. xviii, 10. ) Unus- 
quisque enim tidelis habet angelum. Nam 
eliam ab inilio uuusquisijue vir probus 
habebal angelum, sicut dicit Jacob : Angé- 
lus qui pascit me /t libérât me a juventute 
mea. {Gen. xLviii, 16.) Si ergo liabemus ange- 
los , modeste nos geramus tanquara nobis 
aJsint quidam paedagogi. Nam adest eliam 
diemon. Pro|ilerea oramus, et.dicimus pe- 
tentes angelum pacis, et ubique pacera peli- 
uius;nihil enim poiest ei œquiparari. 

S. Chrys., in Synax. archang., t. VllI in- 
ter s[)uria. — Annou maximo digni sunt 
honore qui et vilam nostram dirigunt? non 
modo enim génies cusiodire jussi sunt an- 
geli, ul clamât oraculum, quando dividebat 
Aliissimus génies, quando dispergebal tiliss 



191 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



192 



Adam : constituit terminos populorum se- 
cundura numerum angelorum Dei ; sed 
etiam singulihomines angeluuasortilisunt. 
Non meus est serrao, sed divinae Scripturse ; 
nam puella Rhode apostolis nuntiante anle 
fores store Petrum qui Herodis vincula elFu- 
gisset, non creiJentes illi dicebant: Angélus 
ejus est. {Act. xii, 15.) Hœc testiticatur item 
servator, de iisqui in vila pusilli erant lo-^ 
quens. Videle ne conlemnatis unum ex his 
jiusillis, etc. In singulis porro Ecclesiis an- 
gelos custodes constituit Christus, ut Joanni 
revelans ait : Die angelo Ecclesiœ Smyrnœ : 
Scio paupertatem tuam et tribulationem : sed 
dites es. {Apoc. ii, 8.) 

S. Hier., Comment, in Ecole. f t. II. — 
Angeli terram circumeunt et sunt adraini- 
stratorii spiritus et in Zacharia loquuntur : 
Circumivimus terram , et ecce omnis terra 
habitatur et silet. [Zach, i, 11.) Ad instar 
avium, nostra verba, et cogitationes ad cœ- 
lum perlerunt, et quod clam cogitamus, 
Dei scientiani non latere. 

i S Hier., Comment, in Dan, vu , t. III. 
— Millia millium ministrabant ei , et decies 
millies cenlena millia assistebanl ei. {Dan. 
VII.) Non quo iste DJÎnistrorum Dei nurae- 
rus definitus sit, sed quo majorem multilu- 
dinera humanus serrao expiicarenequiverit. 
Ista sunt millia , et islœ myriades, de quibus 
in Psa irais legiraus : Currus Dei decem mil- 
libus, multiplex millia tœtanlium, Dominus 
in eis. {Psal. lxvii, 18.) Et in alio loco : 
Qui facit angelos suos spiritus, et ministros 
suos ignem urentem. Duplex aulem angelo- 
rum odiciuraest, alioiumqui justis preeraia 
tribuunt, aliorum qui singulis preBsunt cru- 
oiatibus. 

Idem, I. 11 adversus Jovinian., t. IV. — 
In regno oœlorum Archangeii sunt, Angeli, 
Throni, Dorainationes, Poleslales, Cheru- 
bim et Seraphim ; et omne nomen quod no- 
minatur, non solura in praesenti saeculo, sed 
eiiara infuluro. Sine causa diversitas nomi- 
iiuraest,ubi non est diversitas raeritorura. 
Archangelus, utique aliorum minorum est 
angeloiura archangelus, et Potestates, et Do- 
rainationes habent alia, per quœ exerceant 
poiestatem, et in quae subjecta doiuinentur. 
Hoc in cœlis est, hoc in rainisterio Dei, ne 
nos solito more irrideas, alque subsannes ; 
si imperatores posuerimus, et pr39fectos et 
comités, et tribunos, et centuriones, et raa- 
nipulos, el reliquum militiœ ordinera. 

Idem , episl. 86 , ad Eust. virginem , 
t. IV, part. II. — Quod si opposueris, quo- 
modo erimus simiies sngelorum, cura inter 
angelos , non sit raasculus et feraina ? brevi- 
ler ausculta : non substanliara nobis ange- 
lurura, sed conversationera, et bealitudinera 
Dominus repromitlil. Quo raodo etJoannes 
Bai)tista , anlequam decollaretur , angélus 
appullatus est ; et oranes sancti ac virgines 
Dei, etiam in istosœculo vitain in se expri- 
Miunt angelorum. Quando enim dicitur : 
Eritis simiies ang'e/orum, similitudo promit- 
litur, non natura mutatur. 

S. Hier., m Matth. xviii. — Angeli eo- 
rum semper vident faciem Patris. Magna 



dignitas animarum, ut unaquœque habeat 
. ab orlu nativitatis in custodiam sui .ange- 
lura delegatum. 

S. AuG., De civil. Dei, lib. xi, t. VII. — 
Ne quisautem contendat, et dicatnon sanc- 
tos angelos esse signiticatos, in eo quod 
scriptum est, fiât lux, et facta est lux [Gen. 
i, 3); sed quaralibet lucera tune priraum 
tàctam esse corporeara, aut opinetur, aut 
doceat : angelos autem prius esse factos, 
non tantura ante firraaraenturo, quod inter 
aquas et aquas factum, appellatura est cœ- 
lum, sed ante illud quod dictura est, In 
principio fecit Deus cœlum et terram : atque 
illud quod dictura est, In principio, non ita 
diclum tanquam primura hoc factum sit, 
cum ante feceril angelos; sed quia omnia 
in sapienlia fecit, quod est verbum ejus, et 
ipsuraScripturaprincipium nominavit; sio- 
ut ipse in Evangelio Judaeis quœrentibus 
quis esset, respondit se esse principium 
{Joan. VIII, 25) , non e contrario refera m con- 
tentionem, maxiraequiahoc me delectatplu- 
riraura , quod etiara in suramo exordio 
sancti libri GeneseosTrinitas coraraendalur. 
Cum enim ita dicitur, In principio fecit 
Deus cœlum et terram, ut Pater fecisse in- 
ttilligatur in Filio, sicut atteslatur Psalmus, 
ubi legitur : Quam magnificata sunt opéra 
tua , Domine ! omnia in sapienlia fecisli 
{Psal. cm, 2i) ; convenienlissirae paulo post 
coraraeraoratur etiam Spiritus sanctus. Cum 
enim diclum esset, qualem terram Deus 
primitus fecerit, vel quam niolera mate- 
riamve fuiuraa constructionis mundicœli el 
terrœ noraine nuncufiaveiit, subjiciendo et 
addendo : Terra autem erat invisibiiis , et 
incomposita, et tenebrœ erant superabysswn^: 
raos ut Trinitalis corameraoralio complere- 
tur, El Spiritus, iiiquit , Dei super fer ebatur 
super aquam. {Ibid.) Proinde ut volet quis- 
quô acci[)iat, quod ita profundura est, ut 
ad exercitalionem legenliura a fîdei régula 
non aberrantes plures |)Ossit generare sen- 
tentias : dura tamen angelos sanctos in su- 
blimibus sedibus, non quidem Deo coœter- 
nos, sed tamen de sua sempiterna et vera;fe- 
licitalesecurosetcerlosesse, nemo ambigal. 

Idera, 1. VIII De Gen. ad. tilt-, t. III, p. i. 
— Spiritalis creata natura si perfecta atque 
beata est , sicut angelorum sanctorum , 
quantum attinet ad se ipsara, quo sit, sa- 
piensque sit, nonnisi intrinsecus incorpo- 
raliter adjuvatur. Intus ei quippe loquitur 
Deus miro et ineffabili modo, neque per 
Scripturam corporalibus instruraentis afii- 
xara, neque per voces corporalibus auribus 
insonanies, neque per corporum similitu- 
dines, quales in spirilu imaginaliter fiunt, 
sicut in somnis, vel in aliquo excessu spiri-, 
tus. — quia et hoc geiius visionum,,quam-. 
visinterius fiat quam sunt ea,quae animo 
per sensus corporisnuntiantur; tamen quia 
simile est iis, ita ut cum tit, discerni ab eis 
aut omnino non possil, aut certe vix et 
rarissime possit, et quia iexterius est quam 
illud, quod in ipsa incommutabili veritate^ 
mens ralionalis et intellectualis intuetur, 
eaque luce de his omnibus judicat, inter illa 



195 



ANGELl BOM ET CUSTODES 



iU 



quœ oxirinsecus fiunt arbitrer esse depu- 
mndnra. Creatura erco spirilualis et intel- 
lectualisperfecla et tfeata, qualis angelorum 
est, sicut dixi, quantum altinet ad se ipsam 
quo sit, sapiensque ac beata sit , nonriisi 
inlrinsecus adjuvalur œternitate, veritate, 
cbarilaleCroatoris. Extrinsccus vero si adju- 
vari dicendaest, eo fortasso solo adjuvatur, 
quod iiivicem vident, et de sua societate 
gaudenl in Deo , et quod prospeclis eliaui 
in eis ipsis omnibus creaturis, undique 
gratias agit laudatque Creatorem. Quod au- 
tem altinet ad creaturœ angelicae actionem, 
per quam universarura rerum generibus, 
maxiraeque humano providentia Dei pro- 
spicilur, ipsa extrinsecusadjuvat, et per illa 
visa quae similia sunt corporalibus , et per 
ipsa corporaquœ angciicœ subjaceut poles- 
tati. 

Idera,serm. 19, de psal.i,b,i. V.— Consi- 
derate, charissirai, universam creaturam, 
cœlum, terram, mare, quœ in coelo, quœ in 
lerra, qu89 in mari, quam ()ulchra, quam 
mira, quam digne ordinateque disposita. 
ISlovent vos isla ? movent plane. Quare? 
quia pulctira sunt. Quid est qui fecit? Puto 
rehebescerelis, si videretis pulchritudinem 
angelorum ; quid est ergo Creator angelo- 
rum ? ipse est prœmium tidei vestrœ. 

Idem, lib. xiv De Trinit. c. 17. — In 
quo profectu et accessu, tenentem Me- 
uiatoris Odem, cum dies vitœ hujus ulti- 
mus quemque. compererit , perducendus 
adDeum quem colit, et ab eo perticiendus, 
excipietur ab angelis sanctis, incorrupti- 
bile corpus in fine sœouli, non ad pœnam.sed 
ad gloriam recepturus. 

Idem , ibid. , cap. 25. — Ad Christum 
pertinentes, quando fine hujus vitœ resol- 
vunlur a corpore, jus in eis retinendis non 
hal)ent invidœ potestales. Proinde liberi a 
diaboli potestale, suscipiuntur ab angelis 
sanctis, a malis omnibus liberali per me- 
dialorem Dei. Conslituuntur autem purgali 
ab omni contagione corruplionis, in placi- 
dis sedibus, donec recipiant corpora sua, 
sed jam incorruptibilia, quœ ornent, non 
onerent. 

Idem, De Civil. Dei, cap. 19. — Nobis 
sacriticantibus Deo favent , et congaudent, 
atque ad hoc ipsum nos pro suis viribus 
adjuvant angeii quique, virtulesque su- 
periores, et ipsa bonitate ac pietale polen- 
liores. 

Idem, in psal. lxi. — Sancti angeii at- 
leudunt nos peregrinos, et miseranlur nos, 
etjussu Domini auxilianlur nobis : ut ad 
illam patriam communem aliquando redea- 
mus, et ibi cum illis tonte venlalis etœler- 
uilatis aliquando snliemur. 

Idem, in psul. lxxviii. — angeii Deo 
ofTerunt oraliones nostras , et inotTabili 
modo de actibus suis œternain verilatem, 
tanquam legem incommulabilem consulunt. 

Idem, in psal. jciu. — Intuentur legem 
œternam angeii muudo corde , et ex illa 
faciunl quidquid hic fit, et poteslates ex 
illa ordiuantur a summis usquead ima. 

S. Cyril. Alex., Thçsaur., t. V, p. i. — 



Paulus de Filio inquil: Tanto melior faclu.t 
angelis. [Uebr., i, *.) Non quod Dei Verbi 
naturara , angelorum naturœ comparare ve- 
lit, nequc dissimiies substantias eodem 
modo ac ralione examinet (Deo enim nihil 
comparari, aut conferri pôtest), sed admi- 
nistrationum difîerentia* proponit ; ut ex 
administratione quœ cuique commissa est, 
quid quisque sit cognoscatur. Quod vero 
melior, ad comi)arationem adrainistrationis 
angelorum référendum sit, inde manifeste 
constat. Propositum erat Paulo oslendere 
quœ per Christum prœdicabantur legalibus 
prœceptis longe prœstantiora esse. Unde 
igitur hoc demonstrat? ad administratores 
se convertit; et ex eorura differentia ea 
quœ per ipsos administrata sunt œstimal. 
Angeii ergo administrant legem, et per eos 
pronunti;tta est ; Filius vero notiliara eorum 
quœ per Evangelium annuntiantur, prœdi- 
cat. Atqui melior, inquit, est Filius quam 
angeii, qualenus excellenlior adminislralio 
illi commissa est, ea ralione melior est. 
Administrantur enim res magnœ a magnis, 
et parvœ a parvis. Magnus autem est Fi- 
lius, quatenas est splendor et characler, et 
quatenus ei dicitur : Sede a dextris meis , 
qualenus primogenitus , et ab ipsis angelis 
adoratur. Angeii vero nihil eorura habent, 
sed ut ministri circumstant : ut servi ado- 
rant, ministeriumque suum prœstant pro- 
ptereos qui salutemsuiit conseculuri.Prœs- 
tanlior ilaque est administratio Servatoris 
quam angelorum. Hanc igilur ob causam 
Paulus, volens comparare inter se hasce 
adminislrationes, inquit, Melior factus an- 
gelis. Cum vero ad subslantiarum compara- 
tionem venit, inquit, quanio differenlius 
Christus illis nomen sortitus est. Non jam 
ait meliuSf sed differenlius ; quod quidem 
magnam diversitalem signiticat. 

B. Theod., Quœst, in Gen., 1. 1. — Non 
indiget ergo Doujinus Deus laudaloribus, 
quippe qui nalura nuUius indiget ; Sedsola 
bonilate duclus, angelis, archangelis, et 
nniversœ nalurœ largitus est ut esseut. At 
vero quo minislerio fungebantur angeii, 
qui creationem prœcedebant , cum nulius 
essetqui indigeret eorum opéra. Quod enim 
admiiiisteriuui hominum Deo nniversorum 
inserviant, idoiieus rei testis est divinus 
A[)0sU)ius, inclamans ; iVonne omnes sunt 
adminislralorii spirilus, in minisleriutn missi 
propler eos qui hœredilalem capienl salutis? 
[Hebr. i, \k.) Constat igilur quod nos qui- 
dem illorum opéra indigenius, Deus vero 
Dullius indiget. Cum autem sit bouilalis 
abyssus, voluit iis qui omnino non erant 
elargiri facullatem ut essent. 

Cœlerum qui aiigelos prœcedere cœlum 
et terram astruunt, pio hrmo et invicio 
fundamento nobis proponunt illud, quod 
i[isi Job Deus omnium conditor dixit : 
Quando creabam aslra, laudabant me omnes 
angeii mei.{Job xxxviii,7.)Et non adver- 
tunidie quarla una cum sole et luna Deum 
omnium astra produxisse. Verisimile autem 
est, angelos una cum coelo et terra crealos 
esse, ut lucem de nihilo factam çonluentes, 



195 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



1% 



et firmaraentum in medio aquœ conipactuin, 
et humidara substantiam a terra discretam, 
ac terrain solo Dei Verbo generum omnium 
germinibus exornatam , aliaque orania Dei 
luilii perfecta ; se ipsos pariter ex iis quœ 
cernebant inlelligerent crealara habere na- 
lurain, a Deoque ut essent accepisse. Nam 
(^t divinus Apostolus mundo illos adjungit 
dicens, Spectaculum facti sumus mundo et 
angelis et hominibus.{I Cor. iv, 9.) Cœterum 
heec ego non asseveranterdico. ïemerarium 
enim sit de iis pronunliare, de quibus sacra 
Scriptura aperte nihii Iradit. Sed quod piis 
sensibus congruere visum est, exposui. !llud 
porro scire necesse est, omnia queeciinque 
exstant, excepta sancta ïrinitate, naturam 
babere creatam. Hoc autem concesso, si 
quis angelorum turbas ante cœlum el ter- 
ram conditas essedixerit, non otfendet ver- 
hum pietalis. At verbosis contentionibus 
insislere, quœad nihilaliud prosunt , quam 
ad subversionem audientium(II l'iin.ii,ik), 
expresse prohibet divinus Apostolus. 

S. Greg. Mag.S hom. 34-, I. ii, m Evang., 
t.I. — Novcm angelorum ordines dicimus, 
quia videlicet esse, lestante sacro eloquio, 
scimus Angelos, Archangelos, Virtules, Po- 
leslales, Principatus , Dominaliones, Thro- 
nos, Cherubim atque Seraphim. Esse nam- 
que Angelos el Archangelos, pêne omnes 
sacri eloquii paginae leslantur. Cherubim 
vero alque Seraphim, sœpe ut notum est, 
libri prophetarum loquuntur. Quatuor quo- 
que ordinum nomina Paulus apostolus ad 
liphesios enumerat, dicens : Supra omnem 
I^rincipatum, et Polestatem, et Viriutem et 
Dominationein. {Ephes. i, 21.) Qui rursus 
ad Colossenses scribens, ait: Sive Throni, 
sive Potestates , sive Principatus , sive Do- 
minaliones. [Coloss. i, 16. j Dominaliones 
vero el Principatus ac Poleslales jam ad 
lîphesios loquens descripserat : sed ea quo- 
que Colossensibus diclurus, prœmisilThro- 
iios, de quibus necdum quidquam fuerat 
Ephesiis locutus. Dum ergo illis quatuor 
quœad Ephesios dixil, id est, Priuci[)ati- 
bus, Polestatibus, Virlutibus atque Domi- 
ualionibus conjungunlur Throni, quinque 
sunt ordines qui specialiler exprimunlur. 
Quibus dum Angeli et Archangeli, Cheru- 
bim alque Seraphim adjuncla sunt, piocul- 
dubio iiovem esse, angelorum ordines inve- 
niunlur. Unde et ipsi angelo qui primus 
esl condilus, per Propheiam uicilur : Ju 
signaculum similitudinis, plenus sapienlia, 
et perfeclus décore, in deliciis paradisi Dei 
fuisti. {Ezech. xxviii , 12.) Ubi nolandum 
quod non ad simililudinem Dei lactus, sed 
signaculum similitudinis dicilur : ut quo in 
eo subtilior est natura, eo in illo imago Dei 
similius insinuelur expressa. 

Idem, lib. ii, hom. 34-, in Evang., t. I. — 
Cur isios persislentium angelorum choros 
enumerando perslrinximus, si non eorum 
quoque miuisleria subtiliter exprimamus? 
Grœca elenim lingua angeli nuniii , archan- 
geli vero summinuntii vocantur. Sciendum 
quoque, quod angelorum vocabulum, no- 
uien esl oiiicii, non naturœ. Nam sancli iili 



cœlestis patriœ spiritus, semper' quidem 
sunt spirilus, sed seraper vooari angeli ne- 
quaquam possunl : quia lune solum sunt 
angeli, cum per eos aliqna nunlianlur : 
unde et per Psalmistam dicitur : qui facit 
angelos suos spiritus. {PsaL cm, k.) Ac si 
patenter dicat: Qui eos, quos semper habet 
spirilus, eliam cum volueril, angelos facit. 
Hi autem qui rainima nunlianl , angeli : 
qui vero summa annunliant, archangeli 
vocantur. Hinc est enim , quod ad Mariam 
virginein non quilibet angélus , sed Ga- 
briel archangelus mitlilur. (Luc. i, 26.) Ad 
hoc quippe minislerium summum angelum 
venire dignum fueral, qui summum om- 
nium nuntiabat. Qui idcirco eliam privatis 
nominibus censentur, ut signelur per vo- 
cabula etiam in operalione quid valeant. 
Neque enim in illa sancta civitale, quam 
de visione omnipolenlis Dei plena scientia 
perficit, idcirco propria nomina sortiuntur, 
ne eorum personœ sine nominibus sciri non 
possinl : sed cum ad nos aliquid minislra- 
turi veniunt, apud, nos eliam nomina a 
minisleriis Irahunl. 

Idem, îôicf. — Michael namque, quis ut 
Deus : Gabriel autem , fortiludo Dei : Ra- 
|,)hael vero dicilur medicina Dei. Et quo- 
ties mirée virtulis aliquid agilur, Michael 
milti perhibelur : ut ex ipso aclu et no- 
mine delur intelligi, quia nullus potest fa- 
cere quod lacère praevalet Deus. Unde et 
ille anliquus hoslisqui Deo esse per suf)er- 
biam similis concupivit, dicens : In cœlum 
conscendam, su[)er aslra cœli exallabo so- 
lium meum, sedebo in monte leslaraenli, 
in lateribusaquilonis, ascendam super alti- 
tudinem nubium, similis ero Ailissimo 
{Isai. XIV, 13) : dum in fine raundi in sua 
virtute relinquelur extremo supplicio péri- 
mendus,cum Michaele archangelo prœlia- 
lurus esse perhibelur, sicut per Joannem 
dicilur: Faclum est praelium cum Michaele 
archangelo (Apoc. xii, 7); ut qui se ad 
Dei simililuainem superbus exlulerat, per 
Michaelem pertmplus discat quia ad Dei 
simililudinem per superbiam nullus exsur- 
gat. Ad Mariam quoque Gabriel miltilur, 
qui Dei fortiludo nominatur. [Luc. i, 26.) 
lllum quippe nuniiare veniebat, qui ad de- 
bellandas aereas poleslales humilis appa- 
rere dignatus est. De quo per Psalmistam 
dicitur : l^ollite portas principes veslras^ et 
elevamini portœ œternales , et introibit Rex 
gloriœ. Quis est isle Rex gloriœ? Dominus 
forlis et potens, Dominus potens in prœlio. 
[Psat. XXIII, 9, 10.) Et rursum : Dominus 
virtutum ipse est Rex gloriœ. [Ibid.) Per Dei 
ergo fortitudinem uunliandus erat qui vir- 
luium Dominus, et potens in prœlio, con- 
tra potestates aereas ad bella veniebat. Ra- 
phaël quoque interprelalur, ut diximus, 
medicina Dei : quia videlicet, dum Tobiœ 
oculos quasi per olficium curationis leligit. 
{Tob. XI, 13 et seq.) c&citaiis ejus tenebras 
tersit. Qui ergo ad curandum mittitur, dig- 
num videlicet fuit ut Dei medicina vocare- 
tur : sed quia angelorum nomina iuterpre- 
taudû perslrinximus , nunc superest ut 



107 



ANGELI BONI ET CUSTODES. 



198 



i[)sa ofTiciorura vocal)uIa breviler exsoqua- 
luur. 

Idem., ibid. — Virlules etenim vocautiir 
jl'.i nimiruin spiritus, per quos signa et 
iniraciita frequenlius fiuiil. Polestales eliain 
vocaiilur hi, qui iioc poteiitius ceeteris ii) 
suo ordine [)ercepeiunt , ul eoram dilicni 
virlules adversae subjectœ sint, quorum |»o- 
îestate refrenalur, ne corda hominura tan* 
lum lenlare prœvaleanl, quantum volunt. 
rrincipatuseliara vocantur, qui i()sis quo- 
que bonis angclorum spirilus prœsunt, qui 
subjectis aliis dum queeiiue sunt agenda 
disponunt, eis ad explenda divina ministe- 
ria j)rincipanlur. Dominationes auleni vo- 
canlur, qui etiam Poleslales principatuuui 
dissiuiiliiudine alla Iranscendunl.Nam prin- 
ci{)ari est inter reliquos priorem exislere : 
dominari vero est etiam subjectos quosque 
l^ossidere. Ea ergo angelorum agiuina , 
quœ mira potentia prœeminent, pro eo 
quod eis caetera ad obediendura subjecta 
bunl Dominationes vocantur. Tiironi quo- 
quo lilla agmina sunt vocata, quibus ad 
exercendum judicium semper Deus omni- 
I»otens priesiiiet. Quia enimTlironos Lalino 
cloquio sedes dicimus ; Throni Dei dicîi 
sunt hi, qui tanta divinitatis gralia replen- 
tur, ut in eis Dorainus sedeat, et per eos 
sua judicia décernât. Unde et per Psalmi- 
stani 6\ci[\ii' : Sedes super Ihronuin, quijudi- 
cas œquilatem. {Psal. ix, 5.) Cherubim quo- 
(jue plénitude scientiœdicitur.Elsubiimiora 
illa agmina idcirco Cnerubim vocaia sunt, 
quia lanlo perl'ecliori scienlia plena sunt, 
quanlo cJarilalem Dei vicinius conlemplan- 
lur : ut secundum creatuiœ modum, eo 
plene omnia sciant, quo visioni Condiloris 
sui per uierilum dignitatis appropinquanl. 
Seraphim eiiam vocantur ilJa si'irituum 
saiiclorum agmina, quae ex singulari pro- 
pinquitate Condiions sui , incumparabili 
ardent amore. Seraphim namcjue ardentes, 
vel incendentes vocantur : quœ, qu;aitaDeo 
conjuncla sunt, ul iiiler hœc et Deum nuili 
alii spirilus inlersint, lanlo magis ardent, 
quanlo hune vicinius vident. Quorum pro- 
lecto ilauima amor est : quia quo sublilius 
clarilatem divinilalis ejus aspiciunt, eo vu- 
lidius iu ejus amore flammescunt. 

Angelorum imitaliont proficit anima. 

Idem, ibid. — Sed quid firodest nos de 
angelicis spiritibus ista perstringere, si non 
sludeamus hœc etiam ad noslros profeclus 
congrua consideralione derivare? Quia enim 
superua ilFa civilas ex angelis et hominibus 
constat, ad quam tanlum credimus humanum 
geuus ascendere, quantos iilic contigit elec- 
10$ angeios remansisse, sicut scriptum est : 
Slatuit terminas gentium secundum numerum 
angelorum Dei [Deut. xxxn, 8j, debemus et 
nos aliquid ex illis distinctionibus super- 
norum civium ad usum nostrœ conversa- 
tionis Irahere, nosque ipsos ad incremenla 
virlulum bonis studiis inilammare. Quia 
enim tanta illuc ascensura credilur multi- 
ludo hominum, quanta multiludo remansil 
angelorum : sujierest ut ipsi quoque 



horaines qui ad cœlestem patriam redeunt, 
ex eis agminibus aliquid illuc reverlenles 
iraitenlur. Distincte naraque conversaliones 
hominum, singulorum agminum ordinibus 
congruunt , et in eorum sortem per conver- 
sationis simililudinem deputanlur. Nara 
sunt [»lerique qui parva capiunt, sed tamen 
haec eadem ])arva pie annuntiare fratribus 
non desistunt. Isli itaque in angelorum 
numerum currunt. 

Et sunt nonnulli, qui divinœ largilatis 
munere refecli, secrelorum cœlestiura sum- 
ma et capere prœvalent, etnunliare. Quo 
ergo isli, nisi inler archangelorum nume- 
rum, deputantur? Et sunt alii qui mira 
l'aciunt, signa valenter operantur • quo ergo 
isli, nisi ad supernarum virtuluiu sortem 
et numerum congruunt? El sunt nonnulli 
qui eliam de obsessis corporibus malignos 
spiritus luganl, eosque virtute orationis, et 
vi acceptée potestalis ejiciunt. Quo itaque 
isli merilum suum, nisi inter l'olestatum 
cœleslium numerum sorliuntur? Et sunt 
nonnulli qui acceplis virtutibus etiam elec- 
lorum hominum mérita transcendunt ; cum- 
que et bonis meliores sunt, eleclis quoque 
fratribus principantur. Quo ergo isli soru-ni 
suam, nisi inter Principaluum numéros ac- 
ceperunt. Et sunt nonnulli, qui sic in se- 
metipsis cunctis viliis, omnibusque deside- 
riis dominantur, ut ipso jure mundiliae , dii 
inter homines vocentur : unde et ad Moyseu 
dicitur : Ecce conslilui te deum Pharaonis. 
Quo ergo isli, nisi inter numéros Domina- 
lionum currunt? Et sunt nonnulli qui, dum 
sibimetipsis vigilanti cura dominanlur, dum- 
quese sollicilainlentione disculiunl, divino 
limori semper inhœrentes, hoc in munere 
virlutis accipiunt, ut judicare recte ut alios 
possunt. Quorum |)rofeclo menlibus dum 
divina contemplatio prœsto est, in his velut 
in Ihrono suo Dominus prœsidens, aliorum 
fada examinai, et cuncta mirabililer de sua 
sede dispensât. Quid ergo isli, nisi Throni 
SUI Condiloris sunt? Vel quo nisi ad super- 
narum sedium numéros, ascribunlur? Per 
quos dum sancla Ecclesia regitur, plerum- 
que de quibusdam suis inlirmis actibus 
eliam elecli judicantur. 

Et sunt nonnulli, qui tanta D'il ac proximi 
dileclione pleni sunt, ut Cherubim.jute no- 
minenlur. Quia enim, ut prœfali sumus, 
Cherubim pleniludo scienliœ dicitur, et , 
Pauio dicenle, didicimus , :quia plénitude 
legis est charitas {Rom. xiii, 10) : oranes 
qui Dei et proximi chariiate cœteris amplius 
|)leni sunt, raeritorum suorum sortem inler 
Cherubim numéros perceperunt. Et sunt 
nonnulli qui su[)ernœ coulemplaiionis fa- 
cibus accensi, in solo Condiloris sui desi- 
derio anhelant, uihil jam in hoc mundo 
cupiunt, solo œlerniiatis amore pascuntur, 
lerrena quaeque abjciunt, cuncta temporalia 
mente transcendunt, amant et ardent, alque 
in ipso suo ardore requiescunt, amando 
ardent, loquendo et alios accenduut, ,el 
quos verbo langunt, ardere prolinus in 
Dei amore faciunt. Quid ergo istos nisi 
Seraphim dixerim ? quorum cor in igné cou- 



m 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



200 



versum lacet et urit, quia et menlium 
oculos ad superna illuminant , et compun- 
gendo in flelibus, viliorum rubiginena pur- 
gant. Qui ergo ita ad amorem sui Conditoris 
inflammali sunt , quo nisi inler Seraphim 
numerum sorlem suœ vocationis acceperunt? 

S. Bernard., serra. 12, in psal. xc,Quihabi- 
Içit, — Angelis suis mandavit de te, ul custodiant 
te. — Preliosum deposilum nobis commi- 
serat, fructum crucis suae, preliura sanguinis 
sui non est contentus cuslodia hac (noslra) 
tara parum luta , tara InsufiTicienli. Gaule 
arabula : ut videlicet oui adsunt angeli, 
sicut eis raandalum est in omnibus viis 
tuis, in quovis diversorio, in quovis angnlo 
angelo tuo reverentiara liabe. Tu ne audeas, 
illo praesenle, quod, videnle me, non aude- 
res. Simus ergo devoti , simus grati lantis 
custodibus : redaraemus eos, honoremus 
eos. — Totus lamen ei reddatur et amor et 
honor nosler, a quo tam ipsis quam nobis 
est totura , unde honorare possumus vel 
araare ; linde amari, honorarive meremur. 
Etsi tam parvuli simus et lam magna nobis, 
nec modo lam magna, sed et tam periculosa 
via reslel, quid tamen sub lantis cuslodibus 
timeamus ? nec superari, nec seduci, minus 
aulem seducere possunt; fidèles sunt, pru- 
dentes suni, potentes sunt. 

Idem, serm. 1 in (est. S. Michael. — Ad 
consolandos, ad visitandos , ad adjuvandos 
nos altrahilur supereminens cbaritas an- 
gelorum propter Deum, propter nos, propler 



seipsos : propler Deum utique, cujus tanU 
erga nos misericordiœ viscera ipsiquoque, 
ut dignum est, imilanlur; propler nos', in 
quibus nimirum propriam simililudinem 
miserantur; propler seipsos, quorum or- 
dines instaurandos ex nobis loto desideria 
prœstolanlur. 

Si tam necessariam haberaus familiarila- 
tem dignationis angelicee , cavenda nobis 
eorum offensa, et in bis maxime exercent 
dum, quibus eos novimus oblectari. Sunt 
enim plurima quee eis placent, et quœ in 
nobis mvenire delectat; ut est sobrielas , , 
castitas , paupertas volunlaria, crebri in 
cœlum gemitus, et orationes cum lacrymis, 
et cordis intenlione; altamen super omnia 
hsec unitatem et pacem a nobis exigunt 
angeli pacis; — e contra vero nihil œque 
offendil, ni ad indignalionem provocat eos 
quomodo dissensiones et scandala. 

S. Bernard, serm. 7 in Cant. — Oscu- 
letur me osculo oris\ sui. Grandis res pe- 
titur, et opus est verecundiam comitari 
precera, commendare petentem. Itaque per 
domesticos et inlimos accessus ad intima 
quœritur, ambilur ad desideratum. Quinam 
illi ? Credimus angelos; fados aslare oran- 
tibus offerre Deo preces et vola hominum, 
ubi tamen sine ira et disceptatione levari 
puras manusperspexerint. 

[Ex Conciliis.] \ 



Vid.verb. Gultus. 



ANGELI MALI 



s. Clément., Récognition., I. vni, t, I. — 

Preescius omnium Deus, ante conslilutionem 
mundi, sciens quia futuri homines, alii qui- 
dem ad bona, alii vero ad contraria decli- 
nabunt; eos qui bona eligerent, suo princi- 
patui et suifi curée sociavit; eos vero qui ad 
niala declinarent, angelis regendos permisit, 
hisqui non per substanliam, sed per propo- 
situm cum Deo permanere noluerunt, invi- 
diae el superbiae vitio corrupli : dignos ergo 
dignorum principes fecit; ila tamen eus 
tradidit, ut non babeant polestatem in eos 
l'aciendi quod volunt, nisi slalulum sibi 
eb initio terminum transeant. Hic est 
autem slatutus terminus ; ut nisi quis prius 
fecerit daemonum volunlatem, deemones 
in eo non babeant polestatem. 

S. Iren. , Adv. hœret., ]. v, c. 2i. — 
Manifestum est quoniam menlilur diabolus 
dicens : Mihi tradita sunt, et cui volo do 
ea. Cujus enim jussu homines nascuntur, 
hujus jussu et reges consliluunlur, apli 
iis qui in illo tempore ab ipsis regantur. 
Quidam enim illorum ad correplionem et 
utilitalem subjectorum dantur, et conserva- 
lionem justiliae: quidam autem ad tiraorem 
el pœnam et increpationem : quidam aulem 
ad illusionem et contumeliam elsuperbiam; 
quemadmodura et digni sunt, Dei justo 
judicio in omnibus œqualiter supervenienle. 
Diabolus aulem quippe apostata existens 
angélus, hoc tanlum polesl quod egit in 



principio, seducere et abstrahere mentem 
hominis ad iransgredienda preecepta Dei; 
et paulatim obscurare corda eorum conalur, 
ut sibi serviant, et ad obliviscendum quidem 
verum Deum, ipsum aulem quasi Deum 
adorare, adducil. 

S. Justin., apolog. 1. — Ne dœmones vos 
decipiant, atque ab bis omnino legendis 
alque inlelligendis avertant, cavendum vobis 
denuntiamus (contendunlenira summo|)ere, 
ut vos servos et minislros babeant ; ac nunc 
quidem per somniorum visa, nunc per ma- 
gicas prœstigias eos omnes capiunt, qui de 
sua saluie nihil laboranl) : quemadmodura 
et nos, poslquam Verbo credidimus, ab islis 
quidem descivimus, ac solum ingenitum 
Deum per ejus Filium sequimur : et qui olim 
stupris, gaudebamus , nunc castimoniaiii 
unice iampleclimur : qui raagicis etiam ar- 
tibus uiebamur, bono et ingenito nos con- 
secraviraus Deo. 

S. Clemens Alex., Slromal. 1. vi, vol. II. 
— Dicunt aliqui peslilentias, et grandines, 
et procellas, el quœ sunt bis similia, non 
ex sola pertiirbatione materiali, sed etiam 
ex aJiqua daemonum, aut angelorum nun 
bonorum ira fieri solere. 

Tertull., De spectaculis. — Paleslrica 
diaboli negotium est. Primos homines dia- 
bolus elisit. Ipse geslus colubrina vis est, 
lenax ad occupandum, lortuosa ad obligan- 
dum, liquida ad elabendum. 



ÎOi ANGELI 

Mom, LU), de Pœnilentia. — Pervicacissi 
niuslioslis ilie, nunquaiii maliliœ suce oliuin 
facit. At quin tune maxime saîvil. cura 
liominem plane sentit liberatuni : tune plu- 
rinuiiii acccnditur, duni cxlingniliir. 

OiuGEN., I. I De princip., t. I. — Si ila 
recipiainiis, nt puleitur sancli angeli, et 
sanctœ poleslales et bealœ sedes, ^loriosœ- 
que virtiilos, et magnificao doniinationes 
substantialiter |>olostates istas ac digniiales 
gloiiasque [)0S5idere, conse(juens sine dubio 
vidcbilur eliam quœ in cnntrariis odiciis 
riominala sunt, ad hune modum intellii^i 
debcre : ita ut principatus illi adversus 
quos nobis est colluclatio, illud ipsum 
obluctans ac résistons omni bono proposi- 
luin non postmodum récépissé déclinantes 
ft bono per arhilrii liberlatem piilenlur, sed 
cum ipsis simul substantialiter exstilisse : 
simililer etiam jiotestales et virlutes, nec 
esse in eis juniorem sul)stanlia sua poste- 
rioremque malitiara. Illi quoque quos inundi 
tencbraruni rec'.ores et principes appellavit, 
hoequod principantur et obtinent tenebras, 
non ex perversitale propos! li, scd ex condi- 
tionis necessitale dicuntui- descendere. Ea- 
dem quO(inc <Je s|iirila]ibus neijuiliœ, et 
d-e spiriîalibus malignis , et dœmonibus 
imninndis consequenliœ ipsius ratio coget 
iiilelligi. 

Origiïn., liom. 12 in Nuw., t. 11. -- Ecce 
nnnc veuit princeps fnijua mnndi, et in me non 
invenit (juidquam. [Joan. xiv, 30.) Et iteruin : 
Eccc uiwc princeps hujus mundi mittelur 
foras. {Joan. xii, 31.) — Princeps dicitur 
mundi, non quia creaverit mundura, sed 
quia uiulli sunt in hoc raundo peccaiores. 
Peccali auleœ, quia ipse princeps est, ideo 
eliam mundi princeps appellatus est : in iis 
videlicet.qui nondum relinquentes mundura 
converlunlur ad palrom. Secundum hoc 
eiiiin etiam iliud dicilui', quia omnis miindus 
in maligno posilus est. (/ Joan. v, 19. j Quid 
enim nobis prodest dicere quia prince|)S 
Doster Clirislus est, si relius et operibus 
arguamur, quia diabolus prineipatum tenet 
in nobis ?aul non palans est sub quo prin- 
cipe agat impudicus, inceslus, et injustus? 
Nunquid potest hujusmodi homo dicere, 
(plia sub Cliristo [xtsitiis hœc ago, eliamsi 
sub Chrisii nomine censeri videatur? in 
quoChrislus pritKipatum gerit, nulla ibi im- 
luundilia, nulla initjuilas admitlitur, nec iia- 
bere aliquem locum potest injusta cupidi- 
tas. Secundum hune ikupje raodum reite et 
Christus virlutum princeps, et diabolus ma- 
litiie ac totius iniquilalis Uicilur. 

Puta quantum malum est peccare, ut tra- 
damur Satanœ captivanti animas eorum qui 
relinquuniur a Deo. 

D. Cypiuan,, Lib. de orat. Dam. — In con- 
summalioiie opalionis ^DomiMicœ) poniuius , 
sed liberanos a malo, compi ehendenles ad ver- 
sa cunctaquœ contra nos in hoc mundoujoli- 
lurinimicus ; a quibus polesiesse Odaetlir- 
nia tulela,si nosDeusIiberetjSideprecanlibus 
clique i-mploranlibus opem suam prœ^tet. 
QuanJoaulem liicimus, Liberanos a malo, lù- 
hil rcmanulquod ullia adliuc dt.-ljuaiposiuia- 

DlCTlOKN. DE Li T UJkUITlON. I. 



MALI 



2(^ 



ri, quando scmel proteclionem Dei adversus 
malum p.lainus ;(jna imf)etrala,conlra omnia 
qiiœdiabolus elmnndusoperanlursecuri sta- 
nnis et luli. Quis <>nim ei de s<t?cu1o metns 
est oui in <;aî;;ulo Di'us unor est? 

Idem, epist. nd Fortunatum. — Adversa- 
rius velus fst et lioslis anticiuus cum quo 
prcT)liuni gprimus. Sex millia annorum jam 
|)ene complenlur, ex quo h(*rainem diobolus 
irapngnat. Omnia gênera tenlandi et artcs 
atquo insidias dejiciendi usu ipso velu>;t;Uis 
edidicit. Si imparaîura invenerit militera 
Christi, si rudem, si non sollicilum, ac lolo 
corde vigilantem , circumvcnit nescium, 
fallit i'icaulum, decif)it imperilum. Si vero 
quis dotuinica pr53ce[)ta custodiens et forti- 
ter Chrisio adlicorens contra eum steierit, 
vincaîur necesse esl , quia Christus , queni 
coniileUir, inviclus (.«st. 

Idem, e|)ist. 57 ad CorneL — Concordia 
simul juncta vinci non potest oranino; 
quidquid simul patilur a cunclis, Deus pa- 
cificis exhibêt. — Unum primo aggressus 
adversôrius, ut lupus ovem seceVnere a 
grege, ut acci[)iter columbam ab agmine 
volantium separare (enlaverat; n.ira cui non 
est adversus omnes salis virium, circuui- 
venire qurcrit solitudinem singulorum. 

Idem, De zelo et livore. — Circuit daemon 
nos singulos, et lanquam hoslis clauses ob- 
sidens, muros explorât, et tentai an sit pars 
aliqua minus slabilis, cujus aditu ad inte- 
riora penetrelur. Otfert oculis formas illices, 
et faciles voluptates, ut visu destruat cas- 
titalem. Aures per rausicam tentai, ut soni 
dulcioris auditu solvat et. raolliat chrisiia- 
Jium vigorem. Linguam convicio provocat; 
manum injuriis lacesseiitibus ad petulan- 
tiam cœdis insligal; ut Iraudatoruui facial 
lucra, op})Onit injusta; ul animaiu pecunia 
capiat, ingerit [)ernicios3 coii'pendia, hono- 
res lerrenos promitlit ut cœlestes adimat; 
oslental falsa ut vera subri()ial; et cura 
latenter non polest fallere, exerte atque 
aperle minatur, terrorem turbidœ persecu- 
tionis intenlans ad debellandos Dei servos; 
in(]uietus semper, et semper infeslus : iu 
pace subdolus, in nerseculione violenlus. 

S. HiLAR., m psal. exviii. — Si quid est 
quod patimur, ex judicio bonitalis suœ oc- 
cidil. Vinci diabolum palientiaî nostree vir- 
lutdjus deleclalur, et probari nos per Inclus, 
et dolores, et damna desideraf, ut nihil iu 
servos suos Steculi poleslas sibi essejuris 
et dominationis inleiligat. 

Mcm, m psaL cxxviii. — /nfraii/ Satanas 
in Judam : in omni igiiur quam [lerpetiraur 
injuria, allerius opus, alterius instinctus 
esl. Non ergo bis irasiendum, sed quolies 
per coiiluraeliasad iracundiam prorocamur, 
quolies aliqua [)erpelimur, — agiiosccudus 
esl huslis ille, per quem hœc operum ac 
diclorum incenliva pr<ebenlur. Neque ira- 
scenduin esl hominibus alienœ instigalionis 
operariis : sed poiius in liis delestandi of- 
ticii inlercessio fœda miseranda est, quod 
sinl vasa diaboli, Salanœ ministeriura. 

S. Cyril. Hier., arcijiej). , cattch. 23, 
i].\s!ag. 5, De sacr. lilurg. —Si iliud, ne 



DICTIONNAIUE DE LA TRADITION. 



2t>4 



Î03 

infincasnos in tcniationcm, «isnificîu-ct om- 
iiiiio non lon-i^ui, non iuljecisset (Dominus) 
scd libcra 7ios a malo. Malas vero est acJver- 
•jaiius dœmon, a quo liberari ornmus. 

S Greg. Nys., Depauper. amand., oral. 1, 
l 11* _ Vel die, vel nocte, por aéra oberraro 
liun'quam cessant (dœmones) nagiliorum 
auctores et ministri. Nobis aulem oinni slu- 
dio moliunlnr insidias. Quippc livorc li- 
quéfiant, et taboscunt inviilia, qnod ad eam 
nos homines necessiludinis conjunctionera 
cum ipso Deo, et lelicilalis posscssionem, 
e qiia ipsi dejccli sunl siinus |)ervcnturi. 
Honestis igitur, ac bonis nionbus mstitua- 
tur Chrislianorum vita. 

Idem, hom. 8. -- Est unum solum na nra 
diiigendum, id quod vere est, de quo dicit 
lex • Diliges Dotninum Deim tuum ex loto 
corde tua. El unum est rursus vore odio lia- 
bendum; nempe vilii inventor, vilae noslrœ 
hoslis ; de quo dicil lex : Odio habebts immi- 
cum tuum. 

Idem, De pcrfect. Christ, for. — Cum ma- 
liliœarlifex naclus est eum qui tolain ani- 
niam Deonon lradit,elvacuus estadi ecUor.e 
iilius, facile mancipat ;; dum nunc lacit ut 
gravia videanlur mandata, — modo ad su- 

perbiain exloUit. 

S. Epurem, De liisquœ prœs. vit. cont.— 
Qnoi priiiium capta tuent auima ad alias 
decipiendas lit quasi laqueus ; inescalque 
polissimumillas quœnondum draconisacer- 
bilatem sunt exiieriœ. Sicul circa [)erdicem 
comi.reliensam laqueos tigit auceps, ul voce 
sua perdix reliquas circumvolitanles pel- 

liccal. ^ , . 

Idem, De morb.ling. — Cun\hom\nem cir- 

cumveniie sludel inimicus, in quod vilium 

nroclivior inclinel ejus nalura , in primis 

considérât; ul dum suis gaudut ipse vin- 

culis, ne exsolvi quidem velil. Prube enim 

novit callidus boslis quibus nos viiiculis 

obstringat; et si non invilos m suas casses 

coujecii, i'urc ut celeriter contractis jllis 

meus uostra ilerum in liberlalem se vni- 

dicet. , . 

Idem, De patient. — Idem marlyrium tn- 
bulationum quod illi per lyraunos, bi per 
spiiilus nequiliaui [)erlulerunt. 

S. Basil., Iiom.in sanct. Baptisma, t. 11.— 

Quid proliibet me baptiiari? {Act., vin, db.) 

Ubi prom|)la volunlas est , quod impediat 

iiibil est. Nam qui vocai, benignus est 

expédiais est miuisler, ubernma gralia. 

ètudium insit et alacrilas , tumque nul- 

Jam eril impedimenlum. Unus est qui pro- 

bibet, ille videlicet, qui nobis vias ad sa- 

lulem obstruit, quem prudenlia vincamus. 

Ille cunclationis ac moroi nobis auctor est, 

nos ad opus facienduiu msurgamus. lile 

inanibus promissis corda no.ha decipil: nos 

eius cogilata ne ignoreams. Nonne sug- 

ueril ut bodie perpelremus peccaium, suadet 

e diverso ut jusiiliam in crastinum reser- 

vemus? quapropler Dominus prava ejus 

cousilia eierlens ail : Uodie sivoccni meam 

audieritis. iPsal. xciv,8.) lUe dicil: hodier- 

num mibi, crastinum Deo. Domiuus con ra 

•vuciieralur : bodie voccm meam audite. 



Considéra inimicum ; sundcre non oudcl, ul 
oinnino a" Deo scccdas ( novil id audiUi 
Chrislianis grave esse), sed fraudulenlis ar- 
libus alque insidiosis aggreditur. Sapiens 
esl ad malofaciendum. {Jcr. iv, 22.) Inlel- 
ligit nos bomines in preesenli solum tem- 
pore vivere, aclionemque omnera in pw- 
senti lempore fieri. Quaraobrem bodierna 
die nobis IVaudulentcr surrepta nobis s|U!m 
crastinœ rclinquit. Deinde cuuidies crastina 
venit, rursus accedit malus nosler divisor, 
sibique bodiernum, Domino vero craslnium 
poscit, alque sic seraper prœsens quidem 
per voluplalem subtrabens, futurum vero 
spei noslra} proponens, imprudentes nos et 
incautns e vite» subducil. 

S. Basil., De inatiiut. wonflc/«.,scrm.2.— 
Qui charilalcm babet, is Deuin habel: sic 
qui odium habel, is diaboium m se ipso 

nulril. ,, . , , 

S. GuEG. Naz.,orat. ik. — Unum hoc bcl- 
lum agnoscamus, quod cum adversariis po- 
tes(alil)us commitliUir. 

S. Pacian., epist. 3. — In Spjritum sanc- 
tum deliquisse est, in ea blasphémasse quae 
perSpirilum saiiclum gerebanlur et sancli 
Si)irilus o|)era diabolo deputare. Hoc est 
eiûo quod non dimiltctur. 

S. Amkhos., Expos. Evang. sec. Luc, lib. 
VI, t. 1. — Videmus quia liomo ipse es* 
ûuclor œrumnœ. Nam nisi quis porci more 
vixisset, nunquam accepisset in eum dia- 
bolus poleslalem ; aut si accepisset, non ut 
perderet, sed ut probarel. Aut fortasse quia 
pusl Douiini atlvenlum bonosjain deptavare 
non poleral, non omniuui hominu'.n,sed 
jevium jaui quœrit iulerilum; ut lalru noîi 
armalis insidialur, sed inermibus: et in- 
juriis lacessit intirmum , qui se mlelligit 
vel a lorii conleri, vel a potenti damnari. 

Sed dicit aliquis : cur hoc a Deo permil- 

titur diabolo? al ego dico, ut boni i)robeu- 

tur, improbi puniautur; bffic enira pœna 

peccati est. Denique lege {Deut. xxvm, 51) 

et seq.), quia immillit Dominus febrem , et 

Iremorem, et malos spirilus, et caeciialem, 

et omnia ilagella, juxia mérita pcccatorum. 

Idem, L H De parad.,c.2. — } idebam 

Salanam sicut fulgur decœlo cadentem, Ergo 

non limeamus eum qui eo usque intirmus 

est, ul et if)secasurus sit. Accepil quidem 

tenlandi licentiam, sed non accepit copiam 

subripiendi,nisisua?ponle labalur inlirmus 

aiïectus, qui sibi auxilium non norit arces- 

^^idem, ibid., c. 12.- Plurima tenlnmenii 
gencia: alia suai i^er [)rnn;ipem isiius mun- 
ui, qui quœdam veneua sapienliœ m I.unc 
muadum evomuil, ut vera pularent esse 
bomines quee lalsa sunt, et specie quadam 
hommum capereiur aiïectus. Non enim sem- 
per quasi aperlu boslis ingreditur : sed 
sunl (im-Bdam poleslales quae amorem simu-j 
leni, uraliamque pruilendanl, ul i)aulatim| 
cogiia^iumlbus nosiris venenum sua) iniqui- 
lalis inlundanl; a quibus onunlur illa pec- 
cala qu<e vel ex dcleclalione, vel ex quadaui 
menus lacilitale nascunlur. Sunl enim alia 
polesUites quœvelui colluclanlur nubiscuui 



Wo 



nos conlcntione 



frnngerc 



volunt cmm 
elitlere. 

S. r.u DF.NT., Prfvf. ad Benev. -— Specfa- 
eulum fnc.ti <<umus huic mundo et anfjclis et 
itioo homiinlnis : angeiis quiiiemjuslossuos 
Dl'us piobaii vult ul coiisumniotatn snnc- 
tonim jnsliliam lœtanlos a;4rioscaiit: liomi- 
liibus antoni, ut ad persevcranliam dile- 
tlionis Dei, eoruru provocentur oxernplo. 
Diabolo etiam probalam vull ingotore Deus 
sancloiuin jnstiliam, ut e bonorum opcrum 
mcrilis débite a.l amicitiam Dei et ad re- 
gnum cœli, unde ipse cccidil, esse perfeotos 
doleat, iiidignelur, invideat, ingemiscal; 
nec lamen audeal, quidquaui de judicio 
divino causaii. 

S. Chrysost. hom. 1, Dœmon. non giiher- 
nare mundum, t. il. — Vis exemple coiispi- 
cere q.ua raliono dœmon giibernet, cum 
a Deo illi permiltilur ut poiestalem suam 
exerceat? Venianl (ibi in menlem armenta 
et grt'ges Job, quo pacto une teraporis uio- 
uitntocuncta assumpserit, miserabiiis libe- 
rorum ejus mors, inllicla corpori ejus plaga; 
et crud8lilalera,inliomanilatem ac sœviliam 
iiequiliœ dœiuonum iutuebere; atque inde 
manifeste cognosces, si hoc etiam univer- 
5ura Deus iilorum permilleret |)Ole.slati, 
futurum, ut cuncta coiifunderent, et turba- 
rent, etila nos Iraclarent, ut porcos, et ar- 
menta illa, sic ut ne exiguo quidem lem- 
poris momento saluti nostrœ [lossent par- 
cere.Si d8emonesgubeinarenl,nihdomeliori 
essemus in staiu quam^ dœmoniaci : imo 
vero deteriori in slalu quam illi. Neque 
enim illos in universum iiloium tjrannidi 
esposuil Deus, alioqui raulto istis graviuia 
passi essent, quam nunc patiantur. 

Idem, bom. 4 in Gen. i. — Quœnam sunt 



ANGELI MALI 
et 



mon exhibeamns 
riierces ob cura m 
sit. 

Idom, in Jonn 



* 206 

: srientes quanta nohi.^ 
illis exh'biiam re()o.siia 

hom. 21. — Timno ne in 



medio tliam lemplo aliquando hic lupus de- 
iilescat non prfnvisus a noi)is;ac insidiis 
suiseï desidianostra, ovisaliqua a grege et 
hac concione aberrans dirijdatur. Nam >«i 
ejus vulnera sensu deprehenderontur, non 
sane esset difllicile ejus iiisiJias prœcavere; 
verum cura anima invisibilis invisibiles 
[ilagas acci|)iat, summa nobis opus est vigi- 
laniia, ut unusqnisque se ipsum probct. 

ldt;m, De Davide et Saule, hom. 3.— Deus 
in mundo diaboliim reliquit? quia vigilan- 
tibus ilie et circumsp.-ciis non solum non 
ube.>l, sed etiam prodest. 
. Mem, Ue cordis compunct, — Illa diabolica 
dcce|»tio LSl, qiiœ hœc ad terroiem dicit ho- 
minibus scripia, ul resolvat divini judicii ac 
luluri supplicii melum et remissiores nos 
erga obcdienliam reddalet custodiam man- 
dalorum Dei. Ob hoc enim diabolus talss 
suggerii sensus — ut prœsentis intérim tem- 
poris resolvat vigorem, aninjas reseivans 
arguendas sine dubio in die judicii, ubijaui 
pœriitentia nihil proderit. 

Idem, e[)iit. 5, ad Olimpiam Hiacon. ~ 
Cum homines cum hominibus innumeias 
tum in j)alieslris, tum in bellis plagas acci- 
|)iant, tu quœ adversus principatus et po- 
testates, adversus mundi rectorcs lenebrarum 
hujus sœculi , adversus spirilualia nequiltœ 
unde tandem ni eam S[»ciii 



te accinxisli 



vénéras, fore ut tranquillam ac ncgoiiaiuiu 
molestiis vacnam viiam ageres? 

Idem, serm.52, Jneosqui jejun. Pascha. — 
Advcrsartus tester tanqaam leo rugiens cir- 
cuit. Vide sapientiam Paalons ; neque reli- 
leladiaboli?Malœcoiicupiscenliae,imraundae qu't 'utus oves,ne gregem [.erterrefacerel: 
cogitaliones, perniciosi alfectus, furor, in- neque ab esleris Jocis abegit , ut belluœ 



viuentia, invidia, ira, odiara, pecuniae con- 
cupiscenlia, et cœlera omnis ignavia. Hœc, 
ail Aposlolus {Ephes. vi, 11), omnia exstin- 
guere poteiit gladius spiritus. Kt quid dico, 
exslinguere ? Etiam i[isum hostis caput am- 
pulare valebit. (Scisj quomodo ruboravit 
oiscipulos; quomodo eos anlea cera mol- 
liuies.ferro lortioieselfecit? Quoniamenim 
liobis bellum est, non adversus carnem et 
sanguinem, sed adversus incorporeas vir- 
lules; ideo neque carnalibus nos armis 
uiunivil, sed arma noslra omnia spiriuialia 
tuiil, sic radieniia , ut corum tulgorem 
(laDinon ille malus terre neciueal. T«libus 
ig'.tur armis induli, ne horreamus pugnam, 
ne fugiamus congressum, sed neque ignavi 
iinms. Nam sicui nobis vigilaiilibus, ma- 
lignus dœmon nuiiquam armorum nosUorum 
virluli prœvak'bil, si voluerimus irritas fa- 
cere ejus machinaliones: sic si desidos tue- 
rimus, nulla nobis ulilitas eril; quandoqui- 
deiu inimicus salulis nostrœ nun(juam dor- 
inilal, et omnia quœ saluti noslrœ obsunt, 
opeiatur. Undique igilur armemus nos ip- 
sos, si a verbis lemperemus, et ab opeiibus 
abslineamiis, (]uœ nos lœdere possunl; et 
cum abslinentia a cibis, tum aliarum vir- 
luium, lum liberalitalis in pauperes s[ieci- 



metu cuuctos inlus cogerel. Non revereris 
patrem? uiiuncum reformida ; si te ipsum a 
grege avulseris, ille sine dubio te exci[)iet. 
Poierat quidem etiam ab exleris locis iimm 



hdigere Clinslus 
Jares, ac sol 



, sed quo eHloeret ut vigi- 
icilus esses, atque ad maliem 

rugire 



semper confugeres, loris illuiu rugiie per- 
Diisit, ut qui sunt inlus, dum vuceiii illius 



audiuiit 



magis 



unianlur et ad se muiuo 



cunfugiant. 

Idem, bom. 11 in Rom. vi. — Nihil quici- 
quam sit libi cum terra commune , ac 
liibore nullo egebis. Ne(iue enim pugnam 
a|)crlam novit dœmon; sed velut seipens 
spinis occullatur, inira diviliarum impuslu- 
ram assidue lalilans, qui si spinas inci- 



deris , facile aufugiel: et si m illum 



divi- 



lias iiicanlaiiones canere noveris,ipso scili- 
cet nomme Clirisli ac crucis poteniia muni- 
lus, sialim vulnerabilur. 

S. Chuvsos., iiom. 2 in Cor. — Cum 
diabolus uieuiem divinilus alllalam et so- 
biiam cogilaiionem non invenit, lum de- 
mum in vacuam atque inanem auimam 
impetum facil; cum Dei mandata non recor- 
daiur nec ipsius jusliticaliones cuslodii, 
lina demum eam caplivam secura abducil. 

S. iii^v.., Epist. crilic, t. 11. — Nemo du» 



ïQ7 



DICTIONNAmE DE LA TRADITÎON. 



2;)8 



bilat pntrem noslrum, anloquam adoptare- 
iMîir a Den, fuisse (iiiU»oluin ; unde Si'tivatnr 
ait: Vos cjc poire diabolo nati eslis. [Joan. 
VIH, hk.) 

Idem, Comment, in EccJesiast.. I. II. — 
Pervcrsus von potrrit adornari : cl immimi- 
tio non poterit numerori. Polest hic esse 
sensus : t<-inla malilia in nmndi hiijus capa- 
cilate vorsalur, ut ad integrum boni staturn 
mundiis redire vix valeat : noc possit fucile 
recipere oi'dinem et perfectionera suam, in 
qiiibus primum conditus est. Aliler: omni- 
bus par pœnilentiani in integrum reslilulis, 
solus diabolus in suo permancbit errore. 
Cuncla enim quœ sub sole facta sunl, illius 
arbitrio etspirilu malignitatis eversa sunt, 
dum ad ejus inslinclnm peccatis peccata 
cumulantur. Denique tanins est numerus 
seductoru/n, et eoium qui de grege Domini 
ab eo rapti sunl, ul suppulalione non queal 
com[)rehendi. 

Angelorum malorum divinatio. 

S. AuG., De divin, dœmon., t. VJ. — Scien- 
dum esl deemones ea f)lertimqne praMiunlia- 
re (juse ipsi l'acluri sunl. Accipiunl enim 
srepe [)Oleslalem et morbos immillere, et 
Ipsum aerem viliando morbidum reddere, 
et perversis atque amatoribns terrenorum 
commov^oruuj malefacla suadere ; de quo- 
rum moribus cerli sunt, quod sinl eis talia 
suadeulibus consensuri. Suadent aulem 
luiris et invisibllibus modis per illarr. subti- 
litalem suorum corporum coipora hominum 
non senlienlium penelrando, seseqne cogi- 
tationibus eorum [ler quaedam imaginaria 
visa miscendo, sive vigilantium, sive dor- 
Uiientium. Aliqnando autenj non quœ ipsi 
faciunt, sed quaa naluralibus signis l'ulura 
prœnoscuiit, quœ signa in borainum sonsus 
venire non possunl, ante prsedicunt. Neque 
enim quia preevidet medicus, quod non 
piœvidet ejus artis ignarus, ideojam divi- 
nus iiabendus est. Quid aulem mirum, si 
quemaduiodum ille in cor[)Oris humani vel 
perlurbata, vel modificala leniperie, seu 
bonas seu malas Culuras [)rœvidet valetudi- 
Ties; sic dœmon in aeris atlectione atque 
ordinatione sibi nota, nobis igtiola, fuluras 
praevidet tempeslales. Aliquando et bomi- 
num dispositiones, non soium voce {)rola- 
las, verum eliam cogitatione conceplas, 
cum signa qnœdam ex animo exprimunlur 
in corpore, lola lacililale poidiscunt : at- 
que liinc eliam muita fulura prœnuntiant, 
aliis videlicel mira, qui ista dis[)Osila non 
noverunl. Sicul enim apparet concitalior 
auimi motus in vultu, ul ab homitnbus 
quoque aliquid iorinsecus agnoscalur, quud 
intrinsecus agitur : ila non débet esse in- 
credibile, si eliam leniores cogilationes dant 
aiiqua signa })er corpus, quai obluso sensu 
lioujinum cognosti non possunl, aculo au- 
lem diemonum possunl. 

Idem, ibid., t. VI. — Hac atque hujns- 
modifacullale mulladœmones praenunlianli 
cum tamen ab eis longe sit allitudo iihus 
proplieliee, quam Deus per sanctos angelos 



suos et prophelas operatur. Nam si quid de 
iila Dei disposilione f)rœnuniianl, audiunt 
ul prœnnniient ; et cum ea prœdicnnt qnae 
inde audiunt, non l'ailunt, neque fdlunlur . 
veracissima enim sunt angelica et propbe- 
tica oracula. Sic autem indignanter acci[ti- 
tur, quod alicpia eliam lalia dœmones au- 
diant et prœdicant, quasi aiicjuid indignuni 
sit, nt quod ideo dicitur, ut hominibus 
innotescat, boc non solum boni, verum 
etiam mali non taceant : cum in ipsis ho- 
n)inibus etiam vitœ bonœ praecef)la videa- 
mur pariler a justis perversisque cantari; 
nec obesse aliquid, irao etiam prodesse aJ 
majorem nolitiam lamamque veritalis, cura 
de illa eliam bi quidquid noverunl dicuni, 
qui ei perversis moribus contradicunt. In 
cœteris autem preedictionibus suis dœmo- 
nes plerumque et lallunlur et fallunt, Fal- 
luniur quidem, quia cum suas dispositiones 
prœnuniianl, ex improviso dosuper aliquid 
jubelur, quod eorum consilia cuncta per- 
lurbet. — Fallunlur etiam cum causis nalu- 
sraiibus ali(]ua, sicut medici, aul notée, aut 
agricolee, sed longe acutius longeque prœ- 
sianlius proaerii corporis sensu sollerliore 
et exercitalione praenoscunt : quia et baec 
ab angelis Deo summo pie servientibus alia 
disposilione ignola dœmonibus ex improvi- 
so ac repente mutantur, — Multa etiam ad 
praescienliam prœdiclionemque daemonum 
pertinentia, quœ minoribus et usilaloribus 
causis fulura piœvidenlur, eadem majoribus 
et occuliioribus causis impediia niutantur. 
Fallunt aulem eliam studio fallendi et invi- 
da volunlate, qtia hominum errore lœtantur. 
Sed ne apud cultores suos pondus auclorila- 
tis amillani, iti agunl, ut inlerpretibus suis 
signorumque suorum conjecloribus culpa 
Iribualur, quando vel dece])li fuerint, vel 
menliti. 

Idem, in psa^ liv.— Duos inimicos habes; 
apertum, bominem ; occullum, diaboium : 
UMum dilige, alterum cave ; si diligilur aper- 
te sœviens, viclus est occulte sœviens. 

Idem, in psal. lxiii. — Diabolus tantura 
lenlare sinilur, quantum expedit proficien- 
libus. 

Idem, ibid. — Mali homines et dœmo- 
nia malis sunl, lanquam ignis fœno ; bo- 
nis ita sunl, lanquam ignis auro. — Dia- 
bolus nihil permissus, nibil j)Otest. Tu sic 
âge ne permillalur in le; aul si permissus 
fuerit ad tentandum, viclus jibscedat, at non 
possideat. 

Idem, tract. 110 in Joan. — Tanto dara- 
nabilior angelorum culpa judicala fuit, 
quanlo erat nalura sublimior; lan(o eiu.-u 
minus quam nos peccare debuerunt, quanlo 
uit-liores nobis luerunt. Nunc aulem m of- 
tendendo Crealorem lanto execrabiiius be- 
neficio ejus ingrali exslileruiit, quanlo be- 
neticenlius sunt creali ; nec eis salis luit 
deserlores esse illius, nisi et nostri lièrent f 
deceptores. 

Idem, Iract. 6 m Joan. — Certa nijb- 
lerii gralia, et cerla disj)eusalionc dimi- 



209 



ANIMA 



2!0 



sit Cliristus dœmones ire in porcos, ut os- 
lenderRt diabolum dominari^n eis qui vi- 
tam porcorum gerunt. 

Idem, Symbol. I, m, c. 1. — Pompœ dia- 
l)oli sunt quœtiue illlcila desideria quf6 
turpant aniinain; desideria carnis, oculo- 
rum, et ambitiones sœcuji : Ad concupis- 
ceiiliam carnis pertinent illecebrae voiii|)la- 
liini; ad conciipiscentiara oculorum niiga- 
citas speclaculoruni; ad ambilionemsœciili, 
insana superbia : Qui vult ergo munduin 
vincere, vincat tria isla quœ sunt in niniulo. 

B. CïRiL. arch. Alexand., Comment, in 
Joan. , J. IV, {. IV. — Qunndo transiit 
hijems , et pluvia recessit sibi : quando 
putaiionis tp.mpus advenil. {Cant. ii.) H<ec 
oiunia s[)irilali modo accifiies, el hyeniern 
alque phiviara recessisse, hoc est, diaholi- 
(■<B lyrannidis tenialiones et iijq)()tenteui 
illurn in omnes dominatum. Eversa eniin 
est dœmonum polestas in diebiis Clu-isii : 
nobis aiiteui orlus est sol lucidus, ipse 
niinirum, de quo Dcus ac Pater ail : Orietur 
vobis Sol JHslitiœ (Malach. iv), eos (jui 
Irigidi factisunt in peccalum lervore spiri- 
lus c.ilefaciens in jusliliaiu. 

B. THEODOa., Interpret. in Pcal., t. I. — 
Sonuerunt et turbalœ sunt aquœ eorwn : 
conturbati sunt montes in forlitudine ejus. 
(Psai. xLv, k.] — Dicit hic piophelicus ser- 
njo aquas flaclibus agitatas, el tuonles Ifr- 
rœ niolu concussos fuisse cum Evangelii 
prœdicalio advenissel. Eoc aulera in loto 
monlL'S dœmonun» aginen noiidnavit, ob 
superbife fastuiu, cl insolenliœ elalionem. 
Ae]uas vero homiiiuin mentes, qure aquarum 
more hue et illuo facile fsruntur, el a falla- 
cibus spiriiibus commovenlur. 

S. Liio Mag., serin. 73, t. I. — Charissi- 
mi, obstcro vos, lamjuamadienns et peregri- 
nos, abslinere vos a carnalibus desideriis, 
quœ militant advcrsus animam. [Joan. xxi, 
15; / Fetr. ii, 11.) Gui autein nisi diabolo 
carnales militant voluplates, qui animas ad 
superna tetidenies coriuplibilium bonorum 
delectationibus obligare, el ab illis sedibus, 
de quibus ipse excidil, gaudel abducere? 
contra cujus insidias sapienler debel tidelis 



qulsque vigilaro, ut inimicura suum, de eo 
quod tenlalur (jossit elidere. Nihil autem est 
validius, dileclissimi, contra diaboli dolos, 
qnara benignitas misericordise, et largilas 
charitatis (ler quam omne peccalum aul de- 
clinalur, aut vincitur. 

S. Greq. Magn., Moral. I. vr, c. 5. — 
Armatus venit hostis, quando bona alia in- 
tacta deserens, latenler alia corruiufiit. N.iui 
saepe quosdam in inlellectu non lenlat, eis- 
que in sacri elocjuii meditalione non obviai, 
sed lamen eorum vilam in operalione sup- 
[)lantat, qui dum de scienlise virtute lau- 
dantur, nequaquam suorum operum damna # 
resfjiciunt : Cunupie in favoris delectalio- 
nem «nimus ducilur, vitee suae vulnera non 
meiletur. 

S. Bernard., serm. iSinpsnl. xc:QHiha- 
bitnt, l. 1. — Super aspidem el basiliscuni 
ambulabis el conculcabis leonem el draconem. 
IPsal. xc, 13.) Quid inter hœc faceret pus 
numanus? quid huinanae alfecliouis inler 
tam horribilia raonslra constaret? Nempe 
nequitiâo spirituales sunt, et quidem non 
incongruis appellationibus designalae. Si 
quidem el de his dictum, quod nequaquam 
vobis etcidisse reor : codent a lalere tua 
mille , et decem millia a dextris luis. [P'^-al. 
xc , 7.) Quis vero scire polest, an divisœ 
sinl inler eos operaliones maliliée, minisle- 
ria iniquitalis : ut ex diversis oITiciis, vel 
potius maleticiis, vocabula quoque diversa 
sortili, nominenlur alius quidem aspis, alius 
veroba$iliscus,aliusauteui leo,el alius draco, 
quod videlicet suo quidem invisibili modo 
varie noceant, quasi aiius morsu, alius visu, 
alius rugilu vel iclu, alius flatu ? Legi etiam 
de quodam génère dœmoniorum , quod non 
ejicialur nisi in oralione el jejunio : ndiil 
poluerat namque verbuui aposlolicœ incre- 
palionis ad illud. Quomodo non illud aspis 
erat : illa utique de Psaimo aspis surda, et 
oblurans aures suas, ne vocem audiat incan- 
lantis? vis non terreri a tam lerritico mon- 
slro? vis seourus post morlem ambulare 
super aspidem islam? cave ne inlerim p(jst 
eain arabules, cave ne imileris, et non erit 
quod paveas in fuluro. 



ANIMA 



[Ex SS. Palribus.] 

Constit. apost., 1. vi, t. I. — Animam no- 
slram incorjjoream et immorlalem conlile- 
mur, non autem intcrilui obiioxiam ul cor- 
pora, imo morlis experlem, ulpotu rationa- 
liilera ac libéra} poleslalis. 

Clemest., hom. 2, t. 1. — Necesse omnino 
est ut qui asseril Deum nalura esse juslum, 
etiam credat immorlales esse hominum ani- 
mas. Quoniam ubi erit juslilia ejus? Quan- 
do aliqui cum pie vixissenl, inlerdum maie 
habili, per vim e medio sublali sunt; qui- 
dam vero, ubi omnino imj)ii exsliiisseni al- 
que vitœ luxui ac deliciis induisissent, com- 
ujuni tameii iiominum morle abierunl. 



Quando quidem igilur, absque ulla conlra- 
diclione, Deus, bonus cuuj sit, justus etiaui 
est, nec aliunde justus esse cognoscetur, 
nisi animée posl separationem a corpore, sit 
immorlalis; ut malus quidem , in inferno 
positus, tanquam qui hic bona receperil, 
ibi pro lis quœ deiiquit, punialur; bonus 
autem, hic pro deliciis casligatus, illic quasi 
in sinu juslorum, constitualur bonorum hœ- 
res. Quoniam igilur Deus juslus , constat 
inler nos, judicium quoque fore, et animas 
esse immorlales. 

S. Jlstin., Apolog. 1. — Nos immorlalila- 
lem eos consequi solos didicimus, qui Deum 
viiae sanclilate et viilute [)ropius conliu- 
gunl : qui auleui improbe vivuut uec im- 



211 



DICTIONNAIBE DE LA TRADITION, 
eos igné œterno crediraus nu- 



212 



mutantur, eu» 15 

^o'riges., De princîp., I. 11, c 8, Dennima, 
1^ I. _- Paulus sane esse queratlam oninia- 
lêra' horainera significat (/ Cor. 11, li), quem 
negal ea quœ sunt spirilus Dei posse reci- 
pere : sed stultam dicit ei videri Spirilus 
Sancti doctrinam, nec posse (^um intell ige- 



tneri sufTicio; si ignota est raihi ralio quare 
ip^a delecteturin corpore persecutore s.uo; 
si nescio quis iianc legem membris insculp- 
serif, ul tara violenta dominatione spinlum 
opprimai, et melior digniorquenaiura dele- 
riori succumbal; patienter me ferre opor- 
tet, si operatoreui universitalis non inlelli- 
go, qui in minimis operationum suarum 



?rquod ^Pinluali ler discernajur. Sed e. i . .-.,cuhs raeam prott cœc,U.e,r, 



alio loco (/ Cor. xv, U) ait seminari corinis 
animale, et surgere corpus spirit;!le, osten- 
dens in resurreciione justorum nihil ani- 
male fulurum. Et ideo requirimus ne forte 
'subslaiilia aliqua sit qu.ne secundum hoc 
qnod anima est , imperiecla sit. Verum 
utrum propterea imperfecta sit quod a per- 
leelione decidit, an talis a Deo facla sit, 
cum per ordinem singula disculi cœperint, 
requiremus. Si enim animalis homo nori 
recipit quœ sunt spirilus Dei. et pro eo quod 
animalis est, melioris nalurœ, id est divin» 
intelligentiam recipere non potest, bac fop- 
tassis de causa evidenlius nos Paulus do- 
cere volens quid sit par quod ea qua3 sunt 
spirilus, id est spirilalia intelligere possu- 
luus, mentem magis quam animam Spuntui 
sancto conjungit et social. Hoc enira eura 
i)uto ostendere cum dicit : Orabo spmtu , 
orabo et mente, psalmum dicam spiritu, 
psalmum dicam et mente. (/ Cor. xiv, 15.) Et 
non dicit quia anima orabo, sed spirilu et 
mente : et non dicii : anima psallam, sed 
spiritu psallam et mente. 

Sed fartasse requirilur : si mens est quee 
spirilu oral et psallit, el ipsa est qua) et |)er- 
fcclionem [)ercipil el salulem ; quomodo 
dicit Pelrus : Percipientes fincm -fidei nostrœ 
salutem animanm nostrarum? [1 Petr. i, ^■) 



S. Atha!s., ad Anlioch. prmcipem. — Ju- 
storum aniraae post Chiisli advenlum et 
raortem , id quod de latrone in cruce didi 
cimus, in paradiso sunt. Non enim propler 
solam lalronis animam Christus Deus noster 
paradisura aperuit, sed etiam ob reliquas 
omnes sanotorum animas. 

Idem, ibid. — Num senliunt abqua béné- 
ficia peccatorura animée cum super illis 
fiunt conventus, et per actiones bonorum 
et oblalionum ? Si non aliquo beneficio par- 
ticiparent ex illo, non uli<lue in cura ex 
exsequiis fieret commemoralio. Sicut enim 
vitis tlorescit extra in agro et odorem ejus 
sentit in vase vinum reclusum, sicque con- 
florescit etiam ipsura ; ila intelligimus pec- 
catorum animas parlicipare aliqua beneticia 
ab f^xsangui immolatione et gralificalione 
proipsis lacta; sicut solus ordinal et [)iœ- 
cipit, qui vivorum el raorluorum potesla- 
tem gerit Deus nosler. 

S. HiLAR. Tract, in psal. cxix, t.l. — Heu 
me ' quod incolatus meus prolongatus est l 
(Psal c\i\, 5.) Querelam isîiusmodi a plu- 
ribus'sanclis fréquenter audivimus, de tardi- 
lale spei suée morosam corporum disso u- 
tionem deflenlium. Dominus m Evangelns 
suis docuit accelerationem regni cœleslis 
orandam. {Matlh. vi, 10.) - Et Ecclesiasles 



salutem animarum nostrarumr [i reir. i,o.) ---""; v" . làudali omnes qui morlui 

Si anima cum spinlu nec orat, .nec ,|sallu « (,^^fj ' J^'fi '/^J: ,i,.n^ usaue m^nc : 



quomodo sperabil salutem? Aut si cum ad 
beatitudinem veneiil, jam anima non dice- 
tur? Sed yideamusne forte possit hoc modo 
responderi, quia sicul Salvator venu snlvare 
quod perieral, etiam cum salvatur, non est 
perditum quod prius perdilum dicebatur; 



sunt, super omnes qui vivant usque nunc: 
liberala scilicet per dissoiulionem cor[)ons 
anima, onere atque consorlio eam esse in- 
iirmis hujus alque periculosre carnis exu- 
tam. In lioc igilur nimium sibi proiixo ni 
coruore incolalu congemiscil Propheta, lesti- 



perduum quou prius pe.uuu m ui.c^.atu. , ," 'r, :„' ^^inari a terrenis, et incolere cœ 
ila forlassis eliam hoc M^'odsalvaur, anima r.l^JJfJ.'e^f,^ [i^^:',,';,;^; corruptibilibus at 
dicilur : cum autem jam salva iacta tueril. 



L 



ex perfeclioris partis suœ vocabulo nuncu' 
pabitur. Sed el illud adjici posse videlur 
quibusdam; quia sicul hoc quod perditum 
est, erat sine dubio antequam penret, cum 
aliud nescio quid erat quam perditum, sicut 
eriî ulique cum jam non est perdilum : ila 
eliam anima quœ periisse dicilur, videbilur 
fuisse quid aliquando cum non<lum penis- 
set, et pro[>ler hoc anima diceretur; quœ 
rursum ex perdilione liberala poleslilerum 
illud esse quod fuit anlequam ueriret, cl 
aniuia dicerelur. Sed ex ipsa nominis ani- 
inœ signilicatione quam in Grœco indicai , 
\isum est et nonnullis requirenlibus cnrio- 
sius posse non mediocrem suggen mlelle- 
ctum. Namsermodivi-nus Deum ignein esse 
dixit, cum ait : Deus noster ignis est consa- 
tnens. (Deut. iv, 2i.) . ^, . . 

D. Cyprian., Prolog, de Nalw. Christi, 
Appcnd. — Si animœ meœ, quœ corpons 
iiK.'i ohlinet principaluin, nec origuiem scio, 
liée m( lior quantilalwm, nec qualis sil m- 



leslia ; uî derelictis corruptibilibus at- 
que prœsenlibus, consequalur mvisibiha et 

^ s'"gvril. Hier., calh. 4, De decem dogm.y 

c 18, De anima. — Tu nosce quisnam 

sis ' nimirum duplex tu homo inslitulus es, 

ex anima et corpore compositus; et idem 

tibi Deus et animœ et corpons auctor est. 

M quoque scilo quod animam habes hberœ 

poleslalis, opus Dei prœstantissimum, juxla 

imaginem condiloris faclam : immorlalem 

propler Deum, immorlalilatem ipsi conte- 

rentem: animal raiione prœditura corruptio- 

nis expers, propler eum qui isla largi us 

est : poleslalem habens faoïendi quœ velit. 

Non énim siderum nalaliliorum vi peccas. 

_ Ne mihi posihac aslrologis adverie. De 

illis enim ait Siiipuira divina : ■î>fenf.^^* 

suivent te aslrolugi cceli. {h<H. xlvh o 

El inferius : Ecce omnes stcul slipuln ujni 

comburenlur, et non liberabunl auunamsaum 

de flamma. ijbid., U.) Hoc quoqu.^ a.Jdisct, 

quod priusquam aniaia in hune mundu^ 



?13 



ANIfl.V 



21i 



veniret, niliil pcccavit : scd ciim absque s.ilvalur. Si cxaudieris illam, corroborator. 

poccato veneriuius, luiiic ex libéra volun- illiuiilare pro illa, qaoniain libi despons.Ua 

laie peccauius. Ne milii (lucmquain audias est. Hoc clenim Paulus Aposloliis, qui illani 

illud maie inlt-'i-prelanteiii : Si autan qaod tibi desponsavil {II Cor. xii), anirinat, duiu 

nolo,facio. (Rom. vu, G.) Sed locordaro «-jus ail te iminortalein zolatoreiii {iSSo.{l Cor, i) 

qiù ûicil : Si voluerilis, et audieritis tue, Ouna Ne ergo despexeris illam, nequaudo arbi- 

tcrrœ coviedclis ; si vero7io(ueritis, ctnon (lu- trelur inimicus, le illi libelluui re[)udii 

dicritis vie, yladius vos consuinet, etc. [Isai. dédisse, aUjue abs te diuiisisse. 

1, 19, 20.) — Dei quoque ineuieulo incre- Kquidem , Doiuiiie, ego anima alUicta, 

paiiiis et diceutis : Ego autcm plantavi te eliam alque eliam claïuo ad te, alque advei- 

vineam fructiferain oinnem lerain : quoinodo sus hosleiu meum interpeilare le cogor 



conversa es in amariludinein , vitis aliéna? 
{Jcrcm. XI, 21.) 

liuuîortalis est anima, similcsque sunt 
aniraœ omnes seu virorum, seu mulierum ; 
sola eiiim corporis membra dislinguunlur. 
Non est ordo animarum iialura peceanlium, 
el ordo animajum natura juste ageniium : 
sed ulrunj([ue ex volunlal',* el suo cujusque 
aibilrio til, cum animarum subslantia unius 
niodi sit, et similis in omnibus. — Libéra 
est elsuijurisaiiima : diabolusque suggérera 
qiiidem potest; ut autem prœier volunla- 
teni cogat, poteslatem non babel. Subjicit 
libi fornicaiionis cogitationeu) : si voles, 
fidmillis; si noiis, non admitlis : si enim 
ex nccessilale fornicareris, qua igitur causa 
Dous geiiennam prœparassel? Si natura, 
non arbilrio, recta lacères, cur Deus iuella- 
biles coronas a{>parasset? Mansueta esiovis, 
at nunquam propler mansueludinem coro- 
nala luit, (juia quod mansuela sit, ai non 
ex animi voluntiite, sed ex nalura con3[)a- 
raluiu est. 



Respice, Domine, et esto mihi refugium; 
iiliu'sque prredones tua increpalione coerce : 
nam suigulis horis invadunt me nec senlio ; 
subrepunt mihi, nec inlelligo ; dislrahurit 
me, alque ad res inanes attollunt, nec com- 
pungûr ; impediunt me, neque ut tu implo- 
rem sinunt. Norunt enim, si cum lacrymis 
ac gemiiu ad te clamavero, te non dimitiere. 
Bei milii, quem et qualem adversarium in 
lucta habeol sed luo beatum ac lelicem, cui 
talis redemptor est, talisque certantiura in 
agone relribulor. Basiliscus quidem beslia 
ulrinque nocens est, aspeciu scilicet, et 
acerbilate morsus ; sed isle draco ex parte 
ulraque illo nequior est et perniciosior ; in 
lucta et in impudentia. At virtus tua sancla, 
quœdevoravil vir,i;as in dracones mulalas, 
iucrepetet draconem isium, qui impudenter 
ad me accedit ; et pugua) quidem suae impro- 
bilate ac j)elulanlia, sustinentibus alquo 
resislentibus ibesaurura operalur; vexa- 
lione aulem alque aliliclione, quam ejus 
otlerunt commiiialiones, lalentem conciliât 



S. GuEG. Nyss., lies Chr. Or., t. 111. — felicilaletu. Nam islius quidem scculi gau- 



Resurreclio el redilas ad vilaiu, el Iransfor- 
uiatio, el onmia lalia vocabuia ad corpus 
corruption! obuoxium cogilalionem audien- 
tis ducunl. Nam anima quidem, si ipsa per 
sese eiaïuinelur et exculialur, nunquam 
resurget, quandoquidem non morilur, sed 
interitus et corruplionis est expers. Cum 
autem sit iiumortalis, morlale corpus socium 
b.ibet aclionum : alque idcirco apud juslum 
judicem, Icmpore reddeudarum raliouuu), 
rursus socio suo inhabilabii, ul cum illo 
ciimiuunes recipial vel pœnas vel prae- 
Uiia. 

idem, I)e anima el resurrect. — Si nunc 
adliibila cura et diligeulia, vel i)0stliac per 
ignis purgalionem anima nusUa libéra l'ue- 
lu ab ea conjunclioae, qua cum ratione 
carentibus uUeciibus coaluil, nulla re ad 
boni conleuiplationem injpcdielur. 

S. Epuuum, Aniin. ad Ucum recurs.,i. I. 
— Quomodo anima cutn [acrymis debeut 
orarc Deum, quando Icntulur ab inimico. 

Anima angusliis i)rcssa, ad le recurrit. 



dium trislitia atquo dolore plénum est ; 
irislitia autem ac gemitus, gaudium vitam- 
que œlernaai parit. Semper inlirmus lui, 
sumque adhuc. Domine : sed indesinenler 
me tua gratia visitât, et sanai. Singulis quo- 
que lions neglexi ac negligo meroedom cu- 
iaàonum ejus; cumque omnem prelii œsii- 
malionem excédant remédia graiiœ luae, 
illa lu gratis donas. Et quoniaia lacrymis 
ipsa laiguis; da el milii, obsecro, per meas 
lacrymas curalionem animœ meœ. 

S. Basil. Mag., hom. U in Hexaemer., 
t. 1. — Insidenl nobis virlutes secundum 
naluram, cum .quibus inest auimae allinitas 
quœdaui, non ex doctrina hominum, sed ex 
ijisa nalura. Quemadmodum enim uulla dis- 
ciplina nos edocel morbum odisse, sed ex 
nobis metipsis ea qua; molesliam creaul, 
aversamur : ita et anima a malo déclinai 
cilra doctrinam. Omue aulem vitium œgri- 
tudo est animœ : virlus vero ralioue.ii oUli- 
net sanilatis. Quidam enim qui sanilaieiu 
recte delinierunt, dixere eam esse aclionum 



sancte Domine, et cum lacrymis luum ,im- naturalium bonam babitudinem, quod idem 



plorat auxilium adversus corruplorem iui 
micum ; el cum omni'bumililale su[>plex te 
iuvocat contra aflligeniem se adversarium. 
Quoniam igitur audacter ad te accidit, cele- 
nlcr exaudi cam ; et quia summo desiderii 
aiïeclu ad te conlugil, illauï sedulo visita et 
prulege. Si slUielam despexeris, péril; si in 
angusliis consiilulam audire disluleris, jam 
deticit. Si vero miseralionibus luis visila- 
V!.ris illam, iuveuilur. Si respcxuris iîlam, 



si quis quoquc de bouo auimoj liauilu dixe- 
rii, a decoro non aberrabit. Quare anima 
cilra doclrinam id quod sibi [«roprium est, 
quodque sibi nalura convenil, appétit, llaïc 
lemperantia ab omnibus laudatui', approba- 
lur juslilia : i'orliludo est admiralioni. Pru- 
deniia valde exoplalur. Qua; virlutes luagis 
proprie ad auimuu: [lertineul, quaiu ad cor- 
pus sanilas. 
Idem, Constit, monasC, t. H. — Duplicem, 



2>5 



DICTIONNAIRE^DE LA TRADITÎOM 



21G 



ego arbitror vim esse anirase, cum ipsa una 
el eadem existât, alleram corpus animatiteru, 
alteraQi vero reiuin spccuialricem, quaui 
etiani rationalein nominaiiius. Jaoi vero 
propterea quod conjuncta est corpori anima, 
ei sua|)le natura ob eam coDJunctionem, 
non auiera voluntate, faciillatem liane viia- 
lem irapertitur. Quemadinodum enira fieri 
non potest quin sol eas res ad quas radios 
suos appulerit, illustrct ; i-ta fieri non potest 
qnin animus corf)ori in quo fiierit, vilani 
tribuat. Facilitas vero spiculalrix in volun- 
tate molum suum liabei. liaque si laculla- 
tem suam contemplatriccm el ratioualera 
assiduo vigilantem reddiderit, velut Pro- 
phela dicit : Ncque clormitet qui ciistodit te 
(Psal. oxx, 3j , duplici raiione consopit 
vitiosos corporis atroctus, ut qa<B et remua 
piœstanliorum sibique alïïnium contempla- 
tioni vacans, «it corporis Iranquillitati pro- 
"vidçns, frtnet illos et couipescat. Si vero 
quod se ignaviae dediderit , dolinet sine 
molu facullatem suam s|)eculatiicera, jam 
corporis libidines vitalem parlem oliosam 
iiactœ, parliiœque, iiullo régente ac prolii- 
bente, aniraum ad inipetus aciiisque sibi 
proprios perlialiunl. Quare violentae qui- 
dem sunt coipoeis atlectiones, raiione in 
nobis oiium agenle : morigerao vero, ipsa 
ordinante acgubernante. Non igitur corpus 
dignum est reprehensinne, si (jui recle de 
ijjso judicare veluii, — sed iueusarida est 
iiegligentiœ anima, si suum in corpus Do- 
luinum deseruerit, cum neque ipsa suapte 
ualura malura in se bobeat, sed in malo 
verselur boni deftclu. Viiiutn onim nihil 
aliud est quam viriutis del'ectus. 

Idem, serm. De legendis iib. genl,^ t. H. — 
A recto decoroque prœter animi sententiam 
qui aberrarii, l'urle veuiam aliquani obli- 
rebil a Deo ; qui vero iuerit consulto mala 
amplexus , implacabiliter suj^plieia longe 
majora perferet. Quid igitur l'aciemus, dicet 
aliquis? Quia aliud nisi ut animaa curaiu 
geramus, ab omnibus aliis vacantes ? Non 
igilur corpori inserviendum, ni^i omnino 
iiecesse sit; sed ea quifi potiora sunt Iri- 
buenda, ita ut ipsam ex ea quam cum cor- 
poris atiectionibus liabet communiune, (an- 
quam ex carcere per philosopliiaai exima- 
luus, simuique eli'am corpus vitiis alque 
libidinibus reddaraus inexpugnabile. 

Idem, ibid. — Serinonibus pravis a^sui s- 
cere, queedam via est ad Jpsa facta. Qua- 
propter custodia omni servanda aniuia est, 
ne per sermouum voluptatem quidquaiu 
vitiosum iuifirudenles subcipiamus, perinde 
ut qui, melle admixto, sumunt venena. 

Idem, Quod Deus non est auct. malor. 
t. 11. — Corpus creavii Deus non morbuui; 
et animam quoque fecit Deus, non pecca- 
tum : vitiata tamen est anima, e nalurali 
statu dejecta. Quodnam autem erat \\)^i 
praecipuum bonum illud? Adheerere Deo, 
fique per charitatem conjungi, a qua ubi 
excidil, variis morbis ac diversis vitiata 
est. Quid est autem quod omnino mali capax 
sit? Quoniam preedita est llbero arbilrio, 
quod .aaturœ ratiouis compoli maxime con- 



gruit. Solufa namque anima necessitate 
orani, liberainque et in sua poteslate siJaiu 
viiam a Conditore sortita, quod ad Dei ima- 
ginem facta sit, bonum quidem intelligit 
ejusque jucunditalem novit : et dum specu- 
lari bonum, ac spiritualibus frui persévé- 
rât, utfacultatem potestalemquo habet suœ, 
quœ secundum naturara est, vit» conservan- 
dffi, ita quoque potestatem habet declinandi 
aliquando a bono. Hoc autem ei contingil, 
cum beata delectatione exsatiata, et velut 
sopore quodam gravata, el a supernis dila- 
bcns , lVuend;irum turpium voluptalum 
causa sese carni admiscuerit. 

S. GuEG. Naz., orat. 32, l, I. — Primuni i 
te ipsum cognosce : quse in manibus sunt, iji- ' 
telfeclu assequere : quis sis, et quomodu ef- 
fectus, iia ut simul et imago Dei sis, el de- 
teriori astringaris ; quid illud sit, quod 
fibi molum ailulit, quœ in te sapienlia elu- 
ceal, quod natures arcanum : quomodo ioco 
circumscriberis, acmens nullo limite inclu- 
dilur, sed in eodem Ioco manens, omnia 
lustral ac pervagatur. Quomodo cum tanlil- 
lus sit oculus, liim longe pertingit; utrum 
quod reai visam admitlat, an polius quod 
ad eam transeat: quomodo idem et movet J 
et movetur, ac per volunlalem gubernalur: "^ 
qusQ motus quies, quœ sensuum parlitio, 
quomodo mens eorum opéra cum externis 
versalur, atque exlerna excipit : quomodo 
formas recipit : (jiiœ assumptae rei conser- 
vatio, vel memoiia ; quœ eiapsœ recui'era- 
tio, vel reminiscenlia : quomodo sermo 
mentis fœtus est, atque in alia mente ser- 
monem procréât, et quomodo cogitatio ser- 
mone aislribuiiur : quomodo corpus per 
animam alitur, et quomodo anima per cor- 
pus ati'ectuum parliceps fil : quomodo eam 
timor conslringil, prœfidentia solvil, mœror 
contrahit, laBtilia diflundit, livor tabe affi- 
cil, superbia atfert, spes erigit ; quomodo 
iracundia eam in furorem agit, et pudor 
rubore sufl'undit; haec quidem, ebullienie 
sanguine, bic vero, recedente : quomodo 
peruirbalionum signa corporibus impri- 
muntur : quomodo ratio prœsidet, quomodo 
bœc omnia régit, et moderatur, aîlectuum- 
que motus lenit ac sedal : quomodo a san- 
guine el spiratione, id quod corpore vacat, 
lenelur : quomodo horum defeclio, animae 
discessio est. Haec, aut horuai aliquid, o 
homo, cognitione comprebende : (nonduni 
enim cœli naturam aut luotum, iiec side- 
rum ordineu), necelemenlorum permixlio- 
nem, nec animanlium discrimina, nec cœ- 
lestium virlulum inleriores gradusel subli- j 
miores, alque omnia, in quœ arlilex ratio 
distribuilur, uec.denique providentiae gu- 
bernalionisque raliones commemoroj : ac 
tum nondum dicam , aude; verum adhuc 
lime ad"ea, quœ sublimiora sunt, viresque 
tuas niagis superant, accedere. 

S. A.VBR., i/ej:oe?ncr. I.vi, t. 1. — Attende, 
inquil, tibi soli. {Deut. iv, 9.) Aliud eniui 
sumus nos, aliud sunt noslra, aliud quuj 
circa nos sunt. Nos sumus, hoc est anima et 
uiens : noslra sunt corporis meuibra, et 
îensus ejus : circa nos auleu) [)ecuma est, 



217 



ANIMA 



218 



corpori, sed maie affoclo rcraeJium aJhi- 
l)elur. 

Angeloi'um substanliain non accurale no- 
vinius, licetque niillios pliiloso[)lieraur, re- 
peiire non possumus. Sed cur de Angelis 



servi sunt, et vitœ islius appnratus. Tibi 
igitur allende, et te i|isiim scito, hoc est, 
non quales lacertos habeas, non quantain 
cor|)oris forliiudinem, non quanl;is posses- 
siones, quanlara polenliam, sed qualem ani- 

niam acmonlem, unde orania consilia pro- Joquor, cum ne animœ quidem noslrae sub- 

ficiscuntur, ad quarn operurn luorura fru- stanliam bene noscamus, iino vero nullate- 

clus retertur. llla est eniin [tlena sapienliœ, nus?Ouod si illi senosseconlendanl, interro- 

plena pietalis alque jiisliliae; qiioniain om- ga quœ sit anituœ substantia, num aer, nuia 

nis virlus a Deo est. Ciii dicil Deus : Ecce spiiitus, an ventus, an ignis? Niliil eoruni 

ego, Hienisalcm, pinxi vturos Cuos. {Isa. dceni : bœc quip|)e oninia corporea sunt, 

XLix, IG.) llla aniuia a Deo pingilur, quffl illa vero incorporea. Angeles non noverunl, 

habel in se virtutatu gratinni loniteiilon;, nec i})sas animas suas noscunt, lioruui au- 

splendoreraque pielatis. llla anima bene tem doiuinum et creatorera se perl'ecte 

picla est in qua elucet diviiue o[)ei-ationis nosse contendunt, ecquid liac insania dete- 

efiigies. llla anima bene picta esl in qua rius? Cnr aulem dico, quœ sii animai sub- 

esl splendorgloriœ, et pateruœ imago sub- sianiia?Ne quidem quomodosit m corpore 



stanliee. Socundum banc imaginem quce 
refulgel, pictura pretiosa est, secundum 
hanc imaginem Adam ante peccatum : sed 
ubi lapsus est, deposuit imaginem cœleslis, 
sumiisil terrestris effigiem. Sed fugiamns 
banc imaginem, quœ intrare civiiatem Dei 
non polesl, quia scri[)tum esl : Domine in 
civitate tua imaginem eoi'um ad nihilum re- 
diges.{Psal. LS-wi, 20.) Et non in liât indigna 
imago, et qua3 intraret, excluditur; quia 
non intrabit, iiiquit, in eam omne commune, 
et faciens exsecrationem et mendacium [Apoc. 
XXI, 27) : sed ille inirabil in eam, cujus in 
fronle Agni nomen scriplum est. 

Anima igilur noslra ad imaginem Dei est, 
in bac lotus es, bomo; quia î-ine bac niliil 
es, sed es terra, el in lerram resolveris. 
Denique ut scias quia sine anima caro ni- 
hil est : NoUte, inquit, timere eos qui pos- 
8unt corpus occidere , animam uutem non 
possunt. (Maltli. x, 28.) Quid igitur in caruo 
prœsumis, qui niliil amiliis, si carnem ami- 
seris ? sed illiid lime, ne animœ luœ de- 
frauderis auxilio. Quarn enim dabit bomo 
commutationem [)ro anima sua in qua non 
exigua sui portio, sed toiius bumanœ uni- 
versilaîis subslanlia est ? Haec esl per quarn 
cœleris l'erarum avium(]ue dominaris ani- 
luanlibus: bœc esl ad imaginem Doi, cor- 
pus aulem ad speciem besliarum. la b.ic 
pium divinœ iuiilationis insigne; in illo 
cum feris ac beliuis vile consortium. 



quispiani dicere potesl. Quid enim dicaïur? 
An eaui in tola corporis mole exlendi? Sed 
boc absurdum, id qnippe corjioribus pro- 
prium est. Quod aulem anima sic esse non 
possitj bine liquel : sœpe manibus pedibus- 
que preecisis, intégra illa manel, neque 
trnncaio corpore mulila ellicitur. Verum in 
tolo corpore non est, sed in |)arle quadam 
conlinelur : ergo reliqua membra morlua 
esse necesse esl, nam quod inanimiitnm, 
nioriuum est. Ac nec illud (Jioendum, sed 
iilam quidem incorpore esse noslro scimus, 
quomodo aulem sil ignoramus. Proplerea 
enim Deus banc nobis cognitiouem penilus 
occullavit, ut nobis ora IVœnarel, conline- 
ret, alque in intimis manere suaderet, ne 
quee supra nos sunt, curiose scrularemur, 
aut perquireremus. 

Animœ lapsus. 

[Ex SS. Palribus.] 
S. Chkys., Adiiort. ad Tlieod. laps., t. I. 
— Quis dabit capiti vieo aguani , et oculis 
meis l'ontem tacrymarum? [Jerem. ix, 1.) Id 
longe 0[)porlunius nuno dicam, quam ille 
quondam Propbela. Licet enim non urbes 
[)liirimœ, non génies inlegrœ deplorandae 
milii sinl; at animam detleo bujusmodi na- 
lionibus dignilaie parem, imo eliam pre- 
tiosiorem. Nam si vel unus, qui volunla- 
tem Dei facial, sescenlis impiis melior 
esl, saiie lu melior anlea eras innnme- 



ris illis Jud*orum millibus. Quamobrem 

S. Chrys., De comprchens. Dei natura, nemo mibi vilio verlal , quod tlelum as- 

bom. 5, t. 1. — Quod immorlalis anima sit, sumam longe majorem , luclumque acer- 

manifeste Dominus cum per sese, tuin per biorem, quarn ille prottlieta lilleris dederit. 

Scdomonem, edocuit. Per se.^e (juidem, in Non enim urbem eversam lugeo, non im- 

divilis ac Lazari pauperis bistoria quorum proborum bominum caplivilalem ; sed ani- 

liunc in Abrabami sinu post exutum corpus niae sacrai vasiitatem , ac cbrisiiferi lem[)li 

acquiescere voluit : alterum crucialibus excidium alque ruinam. Si quis enim or- 

damnavit; e quibus cum Abrohamo collo- naluni mentis luœ, quem nunc esussit dia- 

quenlem introduxit. Idem vero [)erSalomo- bolus, cum spiendore fulgeret, proJ)e nove- 



iiem in eo libro qui Sapienlia inscribilur 
oslendil, ubi ; Juslorum, inquit, animœ in 
manu Dei sunt, et nontanget iltos lormentum. 
Visi sunt in oculis insipientium mori, et œs- 
timata est afflictio exitiis illovum, et quod 
a nobis est iter cxterminium. Illi autem sunt 
in pacc, et spes illorum immortalitate plena 
€st, {Sap. jir, 1 et seq.) Ergo corporis est re- 



lit, annon ingcmiscal et propbelœ Inclus 
usurpel; si nempe audierit barbaras uianus 
sancla sanctorum polluisse, et subjeclis 
ignibus omnia cnmbnssisse, Cberubim, ar- 
caiii, propiliaiorium, la[)ideas tabulas, ur- 
naui auream? Hœc si quidem, bœc calami- 
las lanlo illa acerbior est, quanto [)retio- 
siora illis symbola in anima tua residebiini. 



surrectio non animœ, neque enim slanlem Hoi- lemplum illo sandius erat : nequw 
ullus, sed jaccutem erigil. Ulj uQc[ue sano enim auro vel argeulo, sed Spirilus graiia 



219 



DICTIONNAIUE DE lA TRADITION. 



2-20 



fiikohal.nc pro arca el Cherubim, Chrislum 
i-msane Palrcm alque Paraclelum babuil 
inhabilantem. Al nunc non ita se habel ; 
sod (Icsertum qnidem est, nudaliimque [ml- 
chi'itiidine illa aUiue décore, divino inetla- 
biliiiiie ornalu spoliatuiu ; vacuum aulera 
oini.i securilaie alque cuslodia; ila ut ne- 
nue ianua, neiiuo vectis adsit, sed paleat 
omnibus animœ exitiosis fœdisque cogita- 
tionibus. Sive arrosantiœ, sive fornicationis, 
sive avaritiœ spirilus, sive iHis détériores 
inlrure voluorinl, nemo prohibebit. Pnus 
vero quemadniodum cœUim lus omnibus 
inaccessum est, ita et purilas mentis tuœ. 
Etfortasse incredibilia dixisse videbor iis, 
qui nunc vident vastitatem subversionem- 
queluam :qua[>ropter nunc doleo lugeoque, 
iieque tinem iugendi faciam, donec in pri- 
stino te splendore videro. Licet enim id 
hominum facuUatemsuperare videatur, Ueo 
taraen omnia l'acilia sunt. Ipse enim est 
qui suscitât de terra inopera, eldeslercore 
erigit pauperem, ut eum sedere laciat cum 
principibus, cum principibus populi sui. 
Inseest qui habitare facit steriUnii in domo, 
matrem de tiliis lœtantem. iPsal. cxii, 7.J 
1 laque ne desperes te ad optima iramutan- 
dum esse. Si enim diabolus lanluin potuit 
ut te a vertice illo el lastigio vjrlulis in 
extremum maiiliœ detruderel; mullo magis 
te Deus poterit in prisliuam reducere liber- 
lalem : nec lalem modo, sed multo ielicio- 
rem to reddere, quam prius iueras. Tantum 
lie concidas, nec spem bonam prœscindas, 
lieu impiorum slalum subeas. Neque enim 
peccatorum multiludo in desperationem 
conjicere solet, sed anima ex se impia. 

Quo pacto igitur non summee stoiidilatis 
fuerit, cum ii qui corporis morlem lugent, 
tam vehementer id iaciant , licet sciant se 
defunctum ad vilam lacrymis non revoca- 
luros esse; nos nihii hujusmodi exbibere , 
qui scimus spem esse de anima morlua in 
l)ris4inam vitoœ reducenda? Si quidem mulli 
el lYoc tempore et majorum nosirorum aevo, 
a recta staliono subversi et ab angusla via 
prœcipiles dati, ita surrexere denuo , ut 
jjQsleriore vita priorem oblegerent, palmam 
acciperent, corona redimercnlur , cum vic- 
loribus prœdicarenlur, et sanctorum choro 
udnumerarenlur. 

S. Hier. , Epist. crilic, t. II. — Jiultam 
esse distantiam animarum in Ghrislo creden- 
lium, demonslrat Canticum Canticorum, 
in quo scriptum est : Scxacjinta sunt reginœ , 
et' octoginta concubines , cl adolesceululœ 
quaruin non est numerus. Vna est columba 
meoy pcrfecla mca , proxiina mea, dequa 
dicilur : viderunt ecun (iliœ et beatificaal 
eam reginœ el concubinœ et laudanl ecun. 
{Canl. VI, 7 et seq.) Uaa3 ergo puiecla est 
et sancta corpore el spintu , et columba et 
proxima merelur vocari. Hœc estlilia, de 
qua supra dictum est : Aslitil rcgina a 
dexlris tuis in vestitu deaiirato 

S. Gkegok. Mag., Moral. - Cum ab 
auclore reliuquimur, nec ipsa ullalenub 
deslilulionis nostiœ damna senlimus U^o 
enim ionge nos Coudilor desent , eo mens 



noslra inscnsibiliu5 obdurescit, nulla quœ 
Dei sunt diligit , nequaciuam superna conçu- 
piscit : et quia amoris intimi calorem non 
liabet, frigida deorsum jacet , ac miserando 
modo fil, quolidie lanto securior quan o 
peior; cumque undesiliapsa non raeminit, 
et supplicia secutura non meluit , quantum 
iugenda sit uescit. AI si ainalu sancli bpintus 
tansilur , ad consideralionem proUnus suaî 
pe.ditionisevigilat, in cœlestium exquisi- 
tione se excutil, anions snmmi œstibus 
inardescit, qua) se circumi.riumnl damna 
considérai, el plural pioiiciens , quœ pnus 
lœla lorpebat. ^ . 

S. Beknard. , epist. 385. - Revers, ad 
vos inliaUi ad cor vestrum ubi sme dubio 
regnum Dei est : Kegiium enim ejus mira 
vus est. Quid est hoc regnum? bana et 
libéra volunlas bominis , ila se coniormans 
voluntali Dei, ut nibil veht quod sciat ei 
displicere, nihii nolitquod sciat ei placere. 
Primum ergo quœrite regnum Dei , ut 
liberelur el saneiur voluutas veslra , veneno 
seculi graviter imbuta vel coirupta,el omnia 
corpon necessaria adjicienlur vobis. Nolile 
solliciti esse de corpore, quod est haîre- 
ditas vermium : sed solliciti estole de anima , 
quœ ad imaginera Dei lacta est , quomodo 
revelata lacie gloriara Dei speculetur, et in 
eamdem imaginem reiormelur, et Irans- 
formetur a clarilale in clantalem , lanquam 
a Domini spirilu. ^ . . r 

Idem , serm. 3, in adv. Domini. — Longo 
tamen graviori et periculosiori debito te- 
nentur adstricli qui pro mullis aniraabus 
reddituri sunt rationem. Quid ego inlelix 
quo me verlam , si tantum thesaurum , si , 
preliosum depositum istud, quodsibi Chn- I 
slus sanguine proprio preuosius judicavit , ^ 
contigeril negligenlius custodire. Si stillan- 
lem in cruce Domini sanguinemcoUegissem, 
essetque reposilus pênes me in vase vitreo, 
quod et porlari sœpius oporteret , quid aniim 
habiturus essem in discrimine lanto/ lit 
certe id servandum accef)i , pro quo mercator 
non insipiens (ipsa uliuue sui)ientia) san- 
guinem illum dédit. 

Idem in Vedic. eccles. , serm. à. — 
Ouid necesse est singulas animse miserias 
numerare,quam sitoneraia peccatis, oUusa 
lenebris, irrelila iilecebris, pruriens eon- 
cupiscentiis, obnoxia passionibus , impleta 
illusionibus, prona semper ad malum,m 
vitium omne proclivis, poslremo lotius 
coni'usionis et ignominicC plena . nimirum 
SI ipsu3 quoquejusiiiiœ nuslroa omnes ad 
lunienverilaiis inspecta) velutpannus raens- 

trualœ inveniunlur , injustmœ demceps 
quaies reputabunlur? Si lumen, quod m 
nobis est, tenebiœ sunt, ipsœ lenebra) 
quanta) erunl? ^ 

Idem , in Cantic, cant. , serm. 10. —Kl^iss 
pusillanimis est et modicte tidei mens rei 
sua)familiaris tonuilale conslringitur, nec 
valet prœ inopia oliari ad vacandum diyinis 
laudibus, seu bis quœ laudes pariunl in- 
tuendis beneticiis. El si quando certe conalur 
assurgere, confeslim domeslicarum necessi- 
talum curis urgenlibus rcvocalur ad sua, 



^1 ANIMA 2-ii 

el m se compnmi prnpria egeslale corn- homo divinœ legis : invenlat ipse aliam 

ptillilur. Quoil si hujiis misei-ia} qu.iîrilur a Jegcm in membris suis repusnaulem Iolm 

me causa, dicam quod ipsi in vobis (nisi iiioulis suac, et caplivanlcru se in lego 

f.iller) aul ose aut fuisse recogtioscetis. peccali. 

Duabus de causis vidotur inihi liujusinodi Ti:utul., De testim. amm. — Si anima 

animi a^ijritudo, et dilJidentia solere con- aut divina, aul a Deo data est, sine duUio 

tiiucre , aul de nuvilate videlicet convur- datoiem suuai novil. Et si novit, utniue el 

siunis, aul certe de conversionis te()ore, tiuiet, et tanlum poslremo ad aucturora. 

piinm in conversione ionguni teinpus lia- Annon limet, quem magis propilium velit 

buerit. Utrumque profcclo humiliai et quam iralum? Unde igilur naluralis liraor 

dejioit conscientiam, el inquielaiu l'acit , animœ in Deum, si Deus non yult irasci. 

dum sive pro tempore, sive pro teporo quomodo timelur qui nescit otrendi ? quid 

antiquas animi passiones necdum in se timetur nisi ira ? unde ira, nisi ex animad- 

emortuas sentit : etnecesse proinde habens versione ? unde animadversio, nisi de ju- 

resecandisintenderedecordis horlulospinis (iicio?unde judicium, nisi de poleslaie? 

iniquitatum, et urlicis cupidilalum, Ion- Cujus potestas summa, nisi Dei solius? 

gius a semetipsa evagari non sinilur. Quid Hinc ergo tibi, anima, de conscientia snp- 

enira? Qui laborat in gemitu suo, |)0teril- petit domi ac foris, nuilo irridenle vel 

iiesimul inDoi laudibusexsullare? Quonam [)roliibenle prœdicare, Deus videt omnia, 

modo in oregementis, et [tlangentissonabit et l)eo commendo, et Deus reddet, el Deus 

pariler illud Isaiœ , Graliarum , scilicet inter nos judicabit. Unde tibi hoc non 

aclio, etvox lundis? Nain sicut a sapienle christiana ? Alque adeo plerumque el vitta 

accepimus, 7nusica in luctu , importuna Cereris redimila, el pallio Saluini cocci- 

narratio est. Denique graliarum acUo bene- nala, Isidis linleata. In ipsis denique lein- 

ticium sequitur, non piœcedit. Quœ aulem plis Deum judicem imploras, sub iEscula- 

adliuc in Iristiiia est anima, benelicio non pio slans ; Junonem in œre exaurans, Mi- 

gaudet, sed indigel. Ilubel ergo unde preoes nervam calcoans fulvis galeam Ibrmis, et 

ollerat, non aulem unde reierat grales. neminera de prœsentibus deis coiUeslalis. 

Idem , m C'anac. canl., serm. 8i. — /n In tuo l'oro aliunde judicem appellas. in 

lectulo meo per noctes quœsivi quem diligit tuis teraplisalium Deum pateris. lesli- 

unima mea. Quœrit anima mea veibum , sud moiiium veritalis, quee apud ipsa dœmonia 

quœ a verbo prius quœsita sil. Aiioquia tostem eflicit Christianorum 1 Enimvero 

semel a l'acie verbi egn.'ssa vel éjecta , non cum daomoiiia allirmamus esse, sane quasi 

revertelur oculus ejus ut videat l)ona , si non et probemus, qui ea suli de corporibus 

lion requiratur a verbo. Quasi vero aliad exigimus, aliqui {est plane Terlullianiciim 

anima nostra sil , quam spiritus vadens et pro aliquis) Clirysi|ipi assentalor illudil. 

uonrediens, si sibi lueril derelicla. Audi Et esse, et abominalionem suslinere, exe- 

profugam et deviam (piod doleat , el quid craliones tuée res|)ondent. Dœruoniura vo- 

\)Cliil. t^rravi, '\uqml, sicut ovis quœ periil , tas, hominem aut immuiidilia, aut malitia, 

çu(creserDam /uum. homo, redire vis? hed aut insolentia , aul quacunique macula, 

si in voluiilalo res est, quid opem Uagilas? quam nos dœmoniis de[)Utamus, autadne- 

Quid aliunde uiendicas , m quo abundas lu cessilalem odii im[)ortunum. Salanam de- 

libi? Palam est quia vult et non [)Otesl, nique in omni aversatiotie, el aspernalione, 

sed S}»irilus esl vadons et non redions , et et delestatiune pronuiitias (11), quem nos 

si is sil loiigius ageiis , qui nec vull : quan- dicimus maliliœ angeluui, toùus erroiis 

quam non ouinino illaiu animam expusilam arliticem, lolius saiculi inlerpolaiorem, per 

dixerim vel reliclam, qui reverti cuf-il , et quem homo a piimordio circumvenlus, ut 

requiri peut. Unde tuim voluiilas hœc iilis? praeceplum Dei excederel, et proi»lerea in 

IiuJe , m iallor, quod a verbo visilata jain mortem dalus, esinde tolum genus de suo 

sil et quoisita , ncc oliosa quœsiiio , qucC semine inleclum, suœ eliam damnalionis 

operala est volunlateui, sine qua redilus traducem fecil. Sentis igilur perdiiorem 

esse non [)0leral. Sed non sutïieit semel luum. El licet soli illum noverinl Chri- 

qucEri : lariius est animai languor, lanlaque stiani vel quœcuutiue apudDominuaisecta, 

lu reditu dillicultas. el lu lamen eum nosti, dum odisti. Jam 

Idem, Exhort. ad mil. Templi, cap. 2. — nunc quod ad necessariorem sentenliam 

Vila Deus aiiiiuaj est, ip^a eur|)oris. Pec- tuam spécial, quantum et ad ipsum slaluiu 

cando voluniarie volens perdidit vivere, luum tendit, alUrmaums le manere [)0st 

nolens perdat el vivilieare. Sponto repulit viUe dispunelionem, el esspeclare diem ju- 

v.lam cum vivere uoluit, non valeal eam dicii, propeque meiilis aul cruciatui desli- 

dare cui vel qualenus voluerit. Noiuil ani- uari, aut reirigerio, ulroque sempilerno. 

ma régi a Deo, non queal regere corpus. Si Quibus suslinendis iiecessario libi substan- 

noi) paret superiori, inleriori cur imperel? tiam prislinaui, ejusdemque hominis maie- 

Invenit Condilor suara sibi rebellera créa- riam et memoriam reversuram, quod et 

luram : inveiiiat anima suam sibi rebellem nihil mali ac bouisonlire po^sis sinocȔrni.s 

pedissequam. Transgressor iiivenlus est passionalis facullate, el nuda ratio sil ju- 

(11) Ergo Srt/flHo; vocabuluni iisurpaUun Graecis Maltim dixcrc , iiola iiilcrjcclionc apiul Comicos 

aul Lan;iis, iioiuliun Oiiiisliaii's? Lieiiiin alloqui- avcrsamiuai ali'iiiiil , aul asponiaiiUiuii, aul deles*- 

lur uii'Uiaui iku) CInibli.aïam. .Miuiuie vcrojscd lunluini. 



225 



DICriQNyAIRE DE LA ÎÏW\.DÎTIOX 



904 



tlicii, sine Ipsius exhibilione, qui meruit 
judicii passionem. Ea opinio chrisiiana, et 
si honestior raulto Pylhagorica, quae te non 
in bestias transfert ; etsi plenior Platonica, 
quœtibi etiam fiolem corporis reddit ; etsi 
Epicurea gravior, quœ te ab interitu de- 
lendit, laraen propter nomen solum, vani- 
lati et stupori, et ut dicitur, prœsumplioni 
depulatur (12.) 

S. HiERON., [Comment., in Amos viii , 
t. ïU. — Quando anima vinoulis laxala 
cprporeis volandi quo velit, sive quo ire 
compellitur propler tenuitatem subsian- 
liœ liabuerit libertatem, aut ad inferna du- 
tetur, de quibus scrifitum esl : Conver tan- 
tur peccatores in infernum omnes gentes 
quœ obliviscuntur Deum. [Psal. vi, 6.) El : 
In inferno quis confitebitur tibi ? Et : De- 
scendit in infernum gloria tua. {Psal. xlviii, 
18.) Aut certead cœleslia sublevabitur, ubi 
sunt spiritualia nequitiœ in cœleslibus : et 
si sibi verœ circwncisionis scientiam vo- 
luerit vindicare, hoc eiiini inlerprelalur 
Carmelus; et liumilitate contempla liabitare 
in montibus : et ibi scrutanlem manum Dei 
evadere non valebit. Quod si desperans sa- 
lutem, oculos Domini vitare lenlaverit, et in 
ultimos salsorum tluct\iuiu lerniinos perve- 
nire, etiam ibi mandabit Doniinus serpeali 
torluoso et antiquo, qui est inimicus et 
ullor, et mordebil eam, [Apoc. xx) ca()ta 
quoque viliis alque peccalis gladio Domini 
punietur : et ponel oculos suos super eam 
in malum, et non in bonuiu ; ui per crucia- 
lus atque supplicia ad Dominura roverta- 
tur. Cumque Deus cmnipotens letigerit 
terram eoruiii atque concusserit, et tabe- 
scere fecerit cuiuta terrena, intelligentes 
scelera sua, verlentur in leclum : et ipse 
Dominus dupliciler ascendet atque descen- 
det. Ascendet su(>er sanclos quasi tluvius 
consummalionis ejus, id est, terrœ , ut 
opéra eorum terrena consumât. Descendot 
super peccatores quasi tlumen jEgypti, ut 
in lormentorum auiaritudinem impelu Do- 
mini detrudanlur. 

S. AuGusT. , epist. 80, Hesychio.'î- In 
quo quemque invenerit suus novissimus 
dies : in hoc eum cnmprehendet mundi no- 
vissimus dies ; quoniani qualis in die islo 
quisque morilur, talis in die isto judicabi- 
lur. 

Idem, De fide, spe et charitale. — Negan- 
dum non est del'unctorum animas ()ielate 
suorum vivenlium relevari, cum pro illis 
sacriticium Mediatoris otlerlur, vel eleemo- 
synee in ecclesia tiunl : sed eis hœc prosunt, 
qui cum viverent, ut heec sibi postea pro- 
desse possent, nieruerunt. — Est quidam 
Vivendi raodus, nec tam bonus ut non re- 
quirat ista post mortem, nec tam malus ut 
ei non prosint isla post morlem : Est vero 
talis in bono, ut isla non requirat; et est, 
ut rursus talia in malo, ut nec his valeal, 
cum ex hac vila transierit , adjuvari. — 
Cum sacriticia sive altaris, Sive quarum- 



cunque eleemosynarum pro baptisafis de- 
funclis omnibus otreruntUr ; pro valde bo- 
nis gratiarum actiones sunt; pro non vaido 
malis propitiationes sunt; pro valde malis, 
etsi nulla sint adjumenta mortuorum, qua- 
lescunque vivorum consolationes sunt : 
Quibus autem prosunt, ad hoc [)rosnnt ut 
sit plena remis'sio, aut cerle tolerabllior fiat 
i|)sa damnatio. 

Idem, De Trinit., cap. 25. — Ad^iChri- 
6lum pertinentes, quando tine hujus vitao 
resolvuntur a corpore, jus in eis retinendis 
non habent invidœ potestales. Proinde li- 
beri a diaboli |)Oleslale, suscipiuntur ab 
angelis sanctis, a malis omnibus liberaii 
per mediatorem Dei. Conslituuntur autem 
purgali ab omni contagiono corruplionis, 
in placidis sedibus, donec recipiant corpora 
sua, sed jam incorruptibiiia, quae ornent, 
non onerent. 

Idem , De civilate. Dei. — Neque pio- 
rum animée mortuorum separantur ab 
Ecclesia, quse eliam nunc est regnum 
Chrisli : alioquin nec ad altare Dei lieret 
eorum raemoria, in communlcatione cor- 
poris Chrisli, cujus fidèles etiam defuncii 
membra sunt : quamvis ergo cum suis cor- 
poribus nondum, jam lamen eoruni animae 
régnant cum illo, dum isti mille anni de- 
currunt. 

i'idcm, in Joan. tract. 49. — Requi- 
em, quae conlinuo post mortem daliir, 
si ea dignum est, tune quisqueaccepit cuu) 
moritur : Priores acceperunt palriarchœ; 
posieriores proplielœ; recenlius aposloli; 
mullo recentiores sancli martyres; quoli- 
die boni tideles : Elalii in isla requie lan- 
diu sunt, aiii non landiu, alii paucioribus 
annis, alii recenti lempore : cum vero ab 
hoc somno evigilabunt, simul oinues quod 
promissum est recepluri sunt. 

Idem, De diversis, serm. 103, c. 5. — Si- 
cut plurimum dislat inter lœiilias, raise- 
riasve somnianlium acvigilanlium; ilamul- 
tum interest inter lormenta vel gaudia 
morluorum et resurgenlium : non quod 
spiritus defunclorum sicul dormientium 
necesse sit falli ; sed quod alia est anima- 
rum sine ulliâcorporibus reijuies, alia cum 
corporibus resurgentiuiu fideiium. 

Idem, ibid. serm. 117, c. G. — Qui bonas 
habent causas recipiuutur in requiem ; qui 
autem raalas, recipiuntur in poînas ; sed 
majores pœuas, j)assuri sunt cum resur- 
rexerint; in quarum comparatione taies 
sunt islee quas paliunlur, qui mortui sunt 
homines mali, qualia sunt somnia hominuui 
qui lorquenlurin somnis : Animœ namque 
eorum patiunlur, caro non patilur; major 
autem crucialus esl, si vigilans torqueatur. 
Nondum receplis IVuclibus suis beali sunt 
modo sancli martyres, quoniam cum Chri- 
slo sunt animœ eoruui : Quid autem ()are- 
turiliis in resuri cclione, quis polesl verbis 
explicare. 



(12) Rcsurreciio hoc nomine ei:u!!iiabalur a geniibus. Ulirisliaui csiin gioijosi lioc titulo prycéair.' 
pluusi vocaba^.liu'. 



225 



ANtMA 



2^-0 



Aninue immortiil-t^is. 

[Ex Conciliis.] 

Décréta Leonis X, in concilio Loteranemi 
V œcumcnico, — A. rx Butin n Aposlolici 
rcqiminisvx, in concilio Laternnensiv édita, 
li Kal.Jan. 1513. — Cum i laque diebus no- 
slris (quod dolenter reforimus) zizaniae sc- 
minalor, anliquiis luunani generis hostis , 
nonnullos perniciosissimos errores, a fideli- 
bus semper ex[)losos , in agro Domini super- 
seminare et augere sit ausus, de nnlura prœ- 
serlim animœ rationalis,quod videlicet mor- 
talis sit , aut unica in cnnclis horainibus; 
et nontmlli tcmere philosophantes, secun- 
dum sallera philosopliiara verunci id esse 
asseverent : conirahujusmodi pestera oppoi- 
luna remédia adhibcre cupienles, hoc sacro 



Si magnœ mer- 



dit , et qtii ojus vitam negligif , et si carnis 
curam anteponit; non aulein accipiu;i6 
eam in vaiïiim, qui ad ejus utilitateiii i'i- 
tenliono continua reserunt , quœcunguo 
corporalilor opérantes. 

Idem, hom. 20, Moral.- 
cedis est, a morte eripere carnein quan- 
quam morilurara , quanli est raerili a morie 
liberare animam in cœlesli patria sine fins 
victuram? 

Idem. — Sic conditi rairabiliter sumus , 
ut ratio animam, et anima possideat cor- 
pus. 

S. Chrysost,, De récupérât. lapsi. — Si 
animam negligamus, neo corpus salvare 
[)Olerimus ; non enim anima pro corpore f 
sed corpus pro anima laclum est. 

Idem , in Psal. — Vis scire quantum sit 



apprubante concilio damnamus et reproba- preliura animarum? redempturus eas Uni 



mus omnesasserentes, animam intellectivam 
morlalem esse, aut unicam in cunctis ho- 
minibus, et hœc in dubium vertentes : 
cum illa non solum vere per se et essentih- 
liter humani corporis forma existât , sicut 
in canone felicis recordationis Clemenlis 
papae V prœdecessoris noslri in generali 
Viennensi concilio edito conlinetur ; verum 
et imraortalis, et pro corporum quibus in- 
funditur, mullitudine singulariier multi- 
plicabilis, et muilipiica, et multiplicanda 
sit 

Cumque verum vero minime contra- 
dicat, omnem assertionem verilali iilumi- 
iiatœ tîdei contrariam, omnino falsam esse 
definimus : et, ut aliter dogmalizare non li- 
ceat, dislriclius inhibemus : omnesque 
hujusmodi erroris assertionibus inhaeren- 
les, veluli daranatissimas haereses seminnn- 
tes,{)eromniautdetestabileset abominabilcs 
bœreticos et infidèles, calholicam fidem la- 
befactanles, vilatidos et puniendos decer- 
uimus. 

Vid. etiam verb. Beatitudo. 
Animœ libertas. 
Yid. verb. Arbitricm liberlm , Homims 

LAPSUS, et GUATU. 

Animarum pretium et salus. 



[Ex SS. Patribus.] 
L. ad martyres. • 



-Totum 
et uuo 



ho- 
vult 



Tertull. , 

minem aniuius circumlert, 
transfert. 

S. Cyprian., m Symbol, apostol. —Vre- 
lium unisquisque animœ suœ consequitur, 
cum concupiscenliœ satisfeceril. 

S. Ambros,, Of{ic.,l. — Auimus aucior cul- 
pee, caio autem ministra. 

idem, I. vu in Luc. — Dous 0[)eris sui 
idoni'us œslimalor. 

S. HiERONYM. , in Epist. ad Titum. — 
Quod majus lucrum poiesi esse, aul rjuod 
jML'iiosius quam si humanam aniiuaui 
quis Jucretur ? 

S. Gregor. , Moral. — In vanum ac- 
cipit animam, qui sola prœsenlia cogilat, 
el (plie se(iuunlur in ['crpctuutu non iilleii- 



non homi- 
sed suuin 
magnitudi- 
e:n- 
eam 



genilus, non mundum dédit, 
num , non terram, non mare, 
preliosum sanguinem : vidisli 
nem pretii. Quando ergo tuam tanti 
ptam perdideris, quomodo poleris 
deinceps emere ? 

Idem, hom. 3 in I Cor. — Nihil est 
quod animœ possit œquiparari, ne univer- 
sus quidem mundus. Itaque si imujensas 
pecunias eroges pauperibus, plus lamen 
etTeceris , si unam converteris animam. 

Idem, hom. 50 in Matth. — Pecuniam 
qui amisit, aliam pro amissa polest atferre; 
similiter qui œdes , qui servos , qui cœteia 
hujusmodi amisit : animam vero si perdas, 
aliam pro ea dare nunquam poteris. 

S. AuGusT. — Anima hominis aut a Deo , 
aul a diabolo regitur. 

Idem. — Animas raortuas muili in corpore 
vivo habent. 

Idem. — Animœ mortuœ sepulcrum est 
corpus. 

Idem. — Vis ut animœ tuœ caro tua ser- 
viat? Deo serviat anima tua; debes régi , 
ut possis regere. 

Idem, lib. vi Confess. — Vœ animœ au- 
daci quœ speravit si a te recessisset se ali- 
quid melius habituram. Versa et reversa in 
lergum et in latus, et dura sunl omnia , et 
lu solus requies. 

Idem, De Gènes, ad litter. — Sicut Deus 
omnem creaturam , sic anima omnem crea- 
turam^nalurœ dignilate prœoellit. 

Idem, ibid. — Omnis anima aut Christi 
sponsa, aut diaboli adultéra est. 

Idem, I. X Confess, — Quemadmodum 
fâtendura est animam non esse quod Deus 
est; ila prœsumendum nihil intra omnia 
quœ creavit, ipsi Deo esse pro|)inquius. 

Idem , ibid. — Cum le Deum quœro , vi- 
tam bealam quœro. Quœram te ut vivat 
anima mea , el vivil anima mea de le. 

Salvian. , I. m Ad Eccles. cat. — Damna 
animœ totum penitus secum auferunt : 
nec quidquam homo omnino liabere polest 
qui se ii/sum damno animœ oereuntis 
amiltit. 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



Î21 

Idem, ibid.— Qyi\s ïnror, viles a vobis 
aniipas luiheri , quas etiam diabolus putat 
esse pretiosas. • 

TsinoR. , I." Be summo bono. — O ani- 
ma, quiJ miraris siderum altitudines , et 
[.rofiindilalem maris? Aiiimi lui abyssum 
in Ira , ac mirare si pôles. 

S. Rern-, epist. 5i. — ïmaso Dei capax 
el parliceps ; capax per cognilionem, parli- 
ceps per amoreiii. _ , . 

Idem, in Méditât. — O animal insignila 
Dei imagine, decorata siinililudine, des[)On- 
sala tide, redempla sanguine, depulata cuin 
angelis, capax beatiludinis ralionis pariiceps; 
qnîd libi cum carne (jua liaud aliud vilius 
sleniuilinium itivenisli ? 

Idem, scrm. de Dedicat. — Ad imaginem 
Dci sancta est anima ralionalis ; rœteris 
omnibus occupari potest, repleri oiiuiino 
non polest; capacem enim Dei auidauid 
"Deo minus esl non implebit 

Idem, inMcf/ifo^— Totusquidemistemun- 
dus ad unius animes pretium eeslimari non 

uolest. 
ldem,î6/d.—Sublimius esl animœ pretium, 

qum non nisi sanguine Clirisli re.dimi poluil. 
Idem, serm. 07, De inter. domo. — Quid 
maius liis tibi lacère potuit, quam ut ad 
similitudinem suam conderel iaclor tuus ? 
allende igitur diligenter prima} conditionis 
luœ excelienliam. 

Idem , serm. 3 de tripl advent. — Pre- 
liosum deposilum quod sibi Christus san- 
guine proprio pretiosus judicavit. 

Ambros., \.\i îlexaem.— In hac anima 
toluses, homolquia sine hac nihii es,sedes 
Icrra el in terrain resolveris. 

Idem, hora. 2 de Symbol. — Nobilera 
vull esse vitam luam qui libi commisit ima- 
ginem suam. , . 

Idem, ibid. —Quam pretiosus sis, si la- 
ctori forte non credis , inlerroga redem- 

plorem. 

Idem, hom. 6. — ïam copioso munere 
redemi)tio agitur, ut houio Deum Vciiere 

videalur. ,^ ■■ 

Idem , nom. 6, de Pasch. — Transiisse 
ipsum vides in [)retium meum. 

Idem, De Symbol. — In trulina crucis 
non aurum velargenlum, sed seuietipsum 
nassus esl auclor saiulis appendi, ut lio- 
inini nalurœ suœ dignilalem vel ipsa oslen- 
deret prelii magailudo. 

Richard. ASA^'CToVicT.,Iî&.7?ewjam. mm., 
c kk. — Ergone majus erit suscilare car- 
uemileruiu moriluram , quam animam 
œiernum victuram? Ergone mojus erit car- 
iiem revocare ad gaudia mundi , quam 
animae resliluere gaudia cœli 1 O qualis dos 1 
Quania dignilas 1 Taiem graliam a Deo 
acoipere 1 

GciLL. Pans., L. de immort. amm. — Opi- 
nioimmorlalilaiis animœfundaraenlum reli- 
gionis et honeslatis ; quam quis non crédit, 
tollit spem alterius vilœ, el nihil restai nisi 
proslilulio vinulum. 



228 



Animarum zelus. 

[Ex SS. Palribiis.] 

S. Amb., in psal cxviii. — Quo zelus 
fervidior, ac velien.enlior spirilus , profu- 
siorqne charitas, eo vigilanliori opus 
scienliaest, qufc zclum supprimai, spin- 
luin lemperet, ordinet charilalem. 

Idem, m Exod. — Zelum qui habent , 
omnes sibi iniraicos suos [)ulant, qui sunt 
hosles Dei, auamvis oalrem , fratres, so- 
rores. 

S. CiiRYSOST., nom U m Acf. apost.— 
V<^llem si tieri posset, veslris oculis oslen- 
dere, quam in vos habeam charilatem; 
nihil enim esl mihi jucundius^ et desidera- 
bilius, ne ipsa quidem lux, millies opiarom 
ipse esse cœcus, si per hoc liceret veslras 
animas convcrlere ; adeo ipsa luce est ve- 
slra saius mihi jueundior. 

Idem, hom. 25, in 1 Cor. — Nullum 
valdc magnum polest esse lucrum, quando 
nuUum in proxiraos lucrum confertur. 

Idem, ibid. — Tn quamvis famé conficia- 
ris, quamvis cinerem comedas, quamvis 
semper lacr.ymis madeas , et nihil cuiquain 
proticios, nihil magnum facis. 

Idem, hom. 3 in Gm. —Nihil ita gratum 
Deo, et ita curœ, ut animarum salus. 

Idem, ibid. — Feci ego cœUim et tcrram, 
eadem facultate te dono, ut terram facias 
cœlum; accendi ego huminaria, acccnde lu 
illis clariora; nam pôles his qui in errore 
sunl, lumen verilalis oslendere. 

Idem, tract. 5 advers. Judœos. —Quld 
liuic zelo poteril œquiparari? Quod neque 
jejunium neque humi cubalioues, neque 
pervigiliœ, neque aliud quidquam polest 
eflicero, efficit procurata salus. 

Idem, ibid. — Efsi ingénies erogaveris 
pecunias pauperibus, plus lamen efleceris, 
si converleris animam. 

Idem, hom. 3, in I Cor. — Hœc per- 
fecla charilatis régula , hic cerlissimus ter- 
minus, hoc supremum omnium cacumen , 
quœrere quœ communem omnium compre- 
hendant ulililatem. 

AuG., 1. IV De doclrin. Christ., c. 15. — 
Munus suum ut praeslet Aposiolus, magis 
est opus pielale orationum, quam oraloris 
facullale; ut orando pro se, el pro illis 
qnos est allocuturus, prias sit oralor quaia 
doclor. 

Idem, in Joan., c. m. — Zelo domus Dei 
couiedilur , quia omnia perversa qute videl, 
cupil emendare , et si emendare non polest 
tolérai et gémit. 

Idem.— Ille incharitale Dei est perfc^tior, 
qui ad ejus amorem plures convertit, ^ra- 
tissimumque Dei sacrificium, zelus est ani- 
marum. 

Idem , tract. 7 in Joan. — Nc'i in 
homine amare errorem, sed homintm; 
hominem enim Deus l'ecit, erroiem ipso 
homo Tecit 



229 



ANNUNTIATK) B. 



' •>t;;«.\» • 



idem, linnl. i9 in Joan. —Si Deiis peo- 
calorus iioii «marel , de cœlo ad lerraoi non 
doscundurot. 

S. fiRrc, liom. 6 in Mntth. — Nomo di- 
cal fldmoncre non sutïïcio, adiiorlari ido- 
iioiis non suni ; quanlnm j)0les exliibe, ne 
niale sorvalnm lalcntuni <]UOd acccper;is, 
in loiMnenlis pcrdore cogaris. 

Idem, ibid. — In quantum vos profecisso 
pensalis eliam alios vobiscum Irahilo, iti 
via Don)ini socios liabere dosidoralo, si ad 
Dt'um lenditis, curate ne ad eum soli ve- 
nialis. 

Idem, lib. ix Moral., c. 16. —Si mngnœ 
niercedis esl a morte eripere carnern, ([uan- 
doque moriluram, quanti est mcrili a morte 
animani liberare in cœiesti patria sine lino 
vicluraai ? 

Idem, lib. i Dialog., c.17. — Majus mira- 
culiira prœdicationis jVerbo atque oralionis 
solalio peccalorcm convertcrc, riuam carne 
iDortuum suscitare. 

S. Bernard., hom. 58 in Canl. — Quid 
est zelus nisi intima quœdam slimulalio 



MARIJi: VIRGINIS » 250 

cliarilatis,' pie nos sollicitantis œmulari 
Iraternam salutom ? 

Idem, serra, h De vcrh. Isaiœ. — Zidiis 
absqiie scicnlia , quo vehcmcniius irruit, 
eo gravius corruit, irapingens nimiruiu 
alque résilions. 

Idem, in Cant.— Zelum tuura inflammet 
charilas, informel scirutia, firmet constan- 
li.i, sit fervidus, sit circumspectus, sit in- 
viclus. 

Idcrn , lib. iv De considérât. — Plantas 
riga , fer curam , et tuas expicvisti partes ; 
sane incromentum ubi voluerit dabil Deus, 
non tu; ubi forte noluerit, tibi denerit 
nihil. 

S. BoNAVENT., in Fharet. div. amoris. — 
Quomodo quis potest dicere, se diligere 
Deum, et ejus amorem a[)petcro, qui ejus 
in^aginem videl in sterquilinio jacerc, et non 
curai? 

• RicHARu. A Sanct© VicTORE. — Ncscio an 
majus possit bcnefic'ium a Deo (-onferri, 
quam ut per ejus obsequium alii conse- 
quantur salutera. 



ANNUNTIATIO B. MARIEE VIRGINIS 



[Ex SS. Tatribus.] 

S. Ambros. — Vide humilitalem, vide de- 
volionem, ancillam se dicil Domini, quœ 
mater eligitur, nec repentino esallala pro- 
misse esl. 

S. HiERON., serm. de Assumpt. — Vene- 
remur salulis auctricem, quœ dum aunto- 
rem suum concipit de cœlo, nobis Redcm- 
plorem prœbuit in terra. 

Idem, ibid. — Quod natura non habuit, 
usus nescivit, ignoravit ratio, mens non ca- 
pit humana, pavet cœlum, stupet terra, 
creatura omnis cœlcslis miratur, hoc {utuin 
esl quod [ler Gabrielem Mariœ divinitus 
nunliatur. 

Idem, ibid. — Cœloris per partes praesla- 
turgralia. Mariai vero se tota infudil gra- 
liœ l'Ieriiludo. 

Idem, ibid. — Non est in mundo locus 
dignior utero virginali in quo Dei Filium 
Maria suscepit, nec in cœlis, solio regali 
quo Mariam Dei Filius sublimavil. 

S. Al'g., Lib. de virginit., c. 3. — Beatior 
fiiil Maria coiici()iendo mente quam ventre, 
l(tlicius gestavil corde quam carne. 

Idem, ibid. — Felicior parlus spiritualis 
quam carnalis : bealior eniui fuit Maria, 
ConcinieudoGhrislum tide, quam carne. 

Idem, super Lucam., c. II. — Quam ap- 
pellalis felicem?lnde est felix, quia ver- 
buui Dei custodivit, non quia in illa Ver- 
bum caro factum est. 

Idem, super Magnificat.— Audacter dico, 
quod nec ipsa pieno cxplicare polerit, quod 
cauere uutuit. 



Idem, De Assumpt. B. Virg.— Ca-ro Jesu. 
caro est Mariœ. 

Idem, L, de virginit., c: 3. — Materna 
propinquitas nihil Mariœ profuisset, nisi 
felicius Ghristum corde, quam carne geslas- 
set. 

Idem. — Talis eligitur virgo do loto mun- 
do, quœtantum haberel meritum ut Filium 
Dei in semelipsa susciperet 

Idem, Serm. de sanctis. — Qnid ego pau- 
per ingenio, dicara de te, o beata Virgo 1 
Cum de le quid dixero minor lorus est 
quam dignitas tua meretur. 

Idem, Serm. deNativit. — Illuc Deus suum 
requisivil liospitium, ut oslenderet in casto 
corpore, caslum debere portari Deum. 

Idem, serm. 18 Detemp. — Ave anima(um 
teraplum Dei, ave cœli terraîqwe aequissi- 
mum habilaculum ; ave ejus mater qui non 
capilur a lotius mundi spatio. 

Idem, serm. 18, De sanctis. — femina 
supra feminas benedicta, quœ virum omni- 
no non [novit, et virum suo utero circum- 
dcdit. 

îdem, serm. 3 de Nativit. Chrisii. — ve- 
neranda virginitas I o prœdicanda bumiJi- 
tas I Maria ab angelo Douuni mater est 
ai)i>ellata, et illa se Chrisii ancillam conti- 
teiur. 

S. Léo, serm. 1 de Nativ. — Virgo re- 
gia, Davidicœ slirpis eligitur, quœ sacro 
gravidanda fœtu, divinam humanamquo 
prolem prius conciperet mente quam cor- 
pore. 

S. Bernard., serm. super Missus est. — 
Quœ esl tam sublimis humililas auœ cedere 



V 



251 



DICTIONNAIRE DE lA TRADITION. 



232 



lion iiovil lioîinrihus, insolescere glnria 
iioscit? Mater Dei eligitur et ancillara se no- 
minat. 

S.Berv. serm. super IMissus est. — Utrinque 
slwi'or, ulriiKpie rniraciiliiin; ei quod Dons 
jeininœ oblcmperol, huraililas ahS(|neexeiTi- 
|)ii>: el quo(i Deo t'emina priiicipeini-, sub- 
liiiiitns sine socio. 

Idem. — Isîa est Virginis nostras gloria 
singularis, et exr.ellens prœrogaliva Mariae, 
quod filium untim eum'lemqiie cuai Deo 
Paire nieniit liabere communera. 

Iderû, ibid, — Si virginitateni in Maria 
non [)oles iiisi mirari, slude hnmilitatem 
imitari, et sullicil tibi. 

Idem, ibid. — Virginitale placuit, humi- 
lilate concepit. 

Idem, serm. 2 super Missus est.— Si Maria 
hiirailis non esset, super eam Spirilus san- 
ctus non reqnicvisset, nam vir^inilas sine 
humilitate ferlasse habet graliam apul lio- 
niines, sed non apud Deum. 

Idem, ibid. — Quanta dignalio Dei I quanta 
Virginis excellentia 1 Mittitur angélus Del 
ad Virginem, id est a ceiso ad humilem, a 
Domino ad ancillam, a Creatore ad crealu- 
ram. 

Idem. — Quœ est bœc virgo tam venera- 
biiis, ut salutetur ab angelo ; tam humilis 
ul desponsala sit fabro ? 

idem, ibid. — Maria veneralione digna, 
in qua humilitalem exaltât fœcutulitas, et 
[)at lus consecral virglnitatem. 

Idem, ibid,, liom. k. — Maria cum ange- 
luui inlerrogat, quomodo fiet istud, quoniam 



virumnon cognosco, non de facto dubitarit, 
sed niodum inquisivit. 

Idem , srr»}. in Nativ. Virginis. — Ex hoc 
bealam te diccnt omnes gencrotiones, qufB 
omnibus generationibus vitam et gloriam 
liibuisli. 

Ilem, ibid. — !Merito in le respiciunt 
©culi tolius creaturœ, quia in te, per te, et 
do te, benigna manus Oranipotenlis, quid- 
quid creavil recreavil 

Idem, ibid., hom.2. — Félix Maria, cui 
ncc humilitas defuit, nec virginitas. 

GuiLLELM. Paris. , in Cantic. — Sin- 
guiariterelecta ad rainisterium rodemptionis 
et reparationis gratiée. 

S. Thomas, opuscul. 8. — Virgo obtinuit 
tantum gratiœ, ut esset auclori gra.:;iœ pro- 
pincjuissima, ita quod eum, qui plenus est 
orani gratia reciperel, et eum pariendo quo- 
dammodo, gratiam a(l eam derivaret. 

Albert. (Mag., in tract, de laudibus B. 
Virginis. — In bac annunliatione, sanclissi- 
nia Virgo magis Deo conjungi non potuit, 
nisi tieret Deus. 

S. BoNAVENT. — Ipsa est, qua majorem Deus 
facere non potest, majorem mundum, majus 
cœlum polest, majorem matrem non potesi. 

Ger90.\. — Hodie conipleta sunt omnia 
desideria, hodie primum est et principale 
Trinitatis festum. 

S. (juegor., in 1 Reg. — Si vis virgi- 
nem cognoscer^, qualis et quanta sit, in 
ejus fiIium oculosconverte, etexejus excel- 
lentia poleris etiam matris excellenliatu in- 
leiligere. 



ANTÏCHRÏSTUS 



[Ex SS. Patribus.] 

S. Clément., Recognit. lib. in, 1. 1. — Signa 
quae ad salutem hominum prosunt, et ali- 
quid boni homiuibus conférant, Malignus 
îacere non polest, nisi in finemundi tanlum. 
Tune enim admiscere ei conceditur aliqua 
etiam de dexlris signis, id est,utvel dfe- 
mones fugel, vel œgriludines sanet ; et pro- 
pter hoc, tanquam qui excesserit termines 
suos et in semeti[)sum divisus sit, ac semet- 
i|isum impugnaverit , deslruelur. [Matth. 
XII, 25.) Et proplerea Dominus prœdixit; in 
iKivis.-^imis lemporibus tentalionem futuram 
lalem , in qna decipianlur, si tieri potest, 
etiam g\qc{\: [Matth. xiiv, 24.) confusis , 
scilicet, indiciis signorum , perlurbari ne- 
cesse est, eiiara eos qui in discernendis 
spirilibus, ac distingueudis virlulibus vi- 
deniur erudili. 

S. Justin., Dialog. cum Tryphone Judœo, 
— Duo Chrisli advenlus sunl ounliali : aller 
quidem in quo perpessioni obnoxius et in- 
î^lorius, et ignominia atlectus et crucilixus, 
aller vtro, in quo cum gloria e cœlis aderil, 
quando el deleclionis liomo grandia etiam 
adversus Altissimum in terris loquens, ne- 
l'aiida audebit in Christianos. 

Teutlll., De resurr. carnis. — Cum le- 
gimus, populus meus, inlroile in cellas 
piomas quaululum, douée ira mca juiule- 



real;sepulcra eruntcellee proraae, in quibus 
paulis[)er requiescere habebunl, qui in ûni- 
bus sœculi , su!) uitima ira per Anlichristi 
vim excesserint. Aul cur cellarum proma- 
rum potius vocabulo usus est, et non ali- 
cujusjoci receptorii; nisi quia in cellis pro- 
mis caro salita et usui reposita servaiur, 
depromenda illiuc suo lem()ore? Proinde 
enim et corpora medicala conJimentis se- 
pullurœ, mausoleis el raonumenlis seque- 
stranlur, processura inde cum jusseiit Do- 
minus. Quod cura ita iutelUgi congruat; et 
quœ enim ab ira Dei cellanorum nos re- 
lugia servabunt? Hoc ipso quod ait, donec 
ira [)rœtereat, quœ exstinguet Anlichristum, 
posl iram, oslendit processurara carnem de 
sepulcro, in quo ante iram luerit illala. 
Nam et de cellariis non aliud affertur, quam 
quod infertur; et post Anlichristi eradica- 
tionem agilabitur resurrectio. 

Origeis., Comment, séries, t. III. — Legi- 
tur quasi de multis : Exsurgent enim pseu- 
dochristi. [Matth. xx.iv, 2i.) Geneialiter 
unus est Antichristus, species autem illius 
mullœ: tanquam si dicamus, mendacium 
generaliier unum est, secundum dilferen- 
tias aulem falsorum d igmatum, iiiveniuntur 
ujuit;! esse mendacia. 

S. HiLAu., in Matth., t. I. — Prima vigilia 
luil logis, secunda prophelarum, tcrlia cor- 



233 



poralis advenlas, quarin anlora in P'-diti 
clarilalis. Sed inveniet (Dominus) fcssam il 
Anlichristi spirilu et lotius sœculi moiibus 
circumaclam. Véniel raaxime anxiis atque 
vexalis. Et quia de Aiitichrisli coiisueln- 
dine ad oninem lenlnlionum novitatem sol- 
licili erunt, eliam ad Doinini advenlum ex- 
pavesceiil, falsas reruni imagines et snbre- 
penlia oculis ligmenta meluenies. Sed bo- 
nus Dominus stalim loquelur, timoremque 
appellel, dicelqne : £"^0 5»m, adventus sui 
lide melum naufragii imminenlis appellens. 
S. Cyuill. Hierosi., caterh. 15, De secundo 
Christi adventu.—Et verba conlra Allissi- 
mam loquetur [Dan. \u, 25): blasfdiemus 
vir et legum cuntemplor, (pn non a patii- 
bus regnum acceperit, sed magicis ailibus 
prinei[)alum rapueril. Quis aulem est,aut 
cujus niodi ad oporalionem peitinel? inler- 
pres esto, Paule. Cujus est, inquil, adventus 
secundum operationem Salanœ , in omni 



ANTICHRISTUS 

ditii 



234 



nihil vero fiel: sed mundnra npparentibus 
suis porienlis decipiel : et muiti liis credent, 
et ut Deum fortem ipsum glorificabunt. 

Cuncli qui creduli crediderint bestiœ, 
impiumquu illius caracterem [»ro signaculo 
acceperinf, siniul ad i[»sum accèdent, cum 
anguslia alque dolore dicentes : Da nobis 
quod edamus et bibamus, quoniam ecce 
cuncîi deficimus farae tabef.icti, venenalas- 
que a nobis depelie beslias. Cumque non 
sit impuro illi quod eis daro j)0ssit, ad eos 
magna cum seveiilale lespoudebit ; tindc 
dabo vobi>, quod edatis et bibatis, o homi- 
nes, cum cœlum terrcc pluviam deneget, 
terraque ideo [X'orsus germinare ac fructi- 
tîcare nequeat. Quibus auditis, popuii in- 
gemiscenl flebunique, inler lot anguslias 
omni penitus soialio desUiuli : addeturque 
ipsorum alUiclioni allliclio verbis nonexpri- 
menda, quod ila se }irom[)lûs ad tyranno 
credendum exbibuerinl. Cum illeinfelix ne 



poteslate, et signis, et prodigiis mendacii. sibi quidem ipse opilulari (pieat , quomodo 



(yy Ihess. XI, 9.) Hoc innuens Salanam eo 
lanquam inslrumtiilo usuium, in [iro{)iia 
persona per ipsum operanlem. Gnnrus enim 
nullam de cœlero mmam sao judicio tore, 
jam non per minisiros suos ex more, srd 
per sei[)sum deince})s apertius bellum ge- 
rel. In omnibus vero signis et prodigiis 
mendacii. Qui enim mendacii paler est 
{Joan. viu , !*■'*) y men lacii opéra ficiis 
specitbus osleniiibit ; ila ut plèbes resusci- 
lalum morlQum se videre pulent, qui tamen 
non resuscilelur ; et claudos ambulantes, et 
caicos visum recipienles, cum nulla liujus- 
modi fialsanatio. 

S.Ephr., serin, inadtent. Anlichristi, l.U. 
— Quando muiiie po[iulo ac plèbe lot lan- 
lasque Anlichristi virlu les aspexerint,ipsu m- 
que potenlia adeo proeslanlem , cuncli pa- 
nier in eamdem senlenliam descendent, 
summoque cum gaudio illum sibi regem 
Iiroclaraabunt, dicenies ad invicem : nun- 



ergo i|)Sûrum miserebitur ? l'i dicbus illis 
erit pressura magna prue Iribulalioiie, quam 
draco inferet, et ,)r;e liinore, ac lerrœ motu, 
.'■oniluque maris, et l'dUie , ac sili , morsu- 
que lerarum. Quiconque enim signaculum 
Anlichristi acceperinl, jpsumijuu ni j'eum 
optimum adoravcrinl , parlem in regno 
Christi non conseijuenlur ; sed cum dru- 
cone projicientur m geheiuiam. Felicem 
illum, qui re[)erlus iuerit sancl-as ettidelis, 
spemque lirmam tix.imquein Deumhabens, 
quoniam îacillime hic evadere poterit om- 
ues ipsius lenlatijnL'ii , loimeala atque 
phanlasmata. 

Cœlerum priusquam isla fiant, millet mi- 
sericors Dominus Eliam Thesbiton et 
Henoch {Apoc. ii ; Malach. ivj, qui palam 
humano gem-ri pielalem prœJicenl, edi- 
canlque cunctis , ne tyranno ob timorem 
credant, clamantes atque diceules : Sedu- 
clor hic est, o homines: nullus illi prorsus 



quid reperiri poteiil alius vir tanlus, adeo- credat, aut obtemperet impio : nuMus ve 

que benignus acjuslus? Cito aulem ejus slrum lerrealur :citissiine enim destruetu: : 

regnum erigelur, et in l'urore suo Ires re- Dominus sunctus jam ecce de cœlo adveniet, 

ges magiios alque|iolenles perculiet. Deinde judicalurus omnes illos qui signis ejus 

supra niodum corde exallabitur, evometque crediderint. Quanquam [)auci lune reperieii- 

draco universam suara amaritudinem : or- lur qui illorum prophiiiarum dictis sint ob- 



bem Urrarum lurbabil, ullimos fines terrœ 
commovebit, aflliget universa, polluai in- 
quinabitque animas : non amplius velut 
pius ac rt'ligiosus, verum prorsus per om- 
nia auslerus, durus, iracundus et excan 
desceusi saevus, inslabilis, lerribilis, inflexi 



lemperaluri. Haec aulem omnia luclurLis 
est Salvator , ut cunctis osiendaUir ejus in- 
finita clemenlia : quandoqui Jem nec illo 
temiore morlalium genus est deslitnlurus 
pra3dicatione verilatis, ut omnes in die ju- 
dicii reperianlur inexcusabiles. Plurimi 



bilis, odibilis et abominabilis, immilis , porro sanciorum, qui tune, reperienlur, cum 
improbus et impudens, (jui universum mor- ira()urus illeadveneril, prolusislacrymarum 



lalium genus in baralhrum impielalis prœ 
cipilare sludebil. Signa vero multiplicans , 
faiso et non vere ejusmodi oslenlabit. Ei- 
enim adstanle circumcirca maxima populo- 
rum mulliludine, cura [)ropier phanlasmata 
laudanlium vehemenlissimam emissurusesl 
vocem, adeo ut locus lotus movealur, in 
ipio lurbaî ei assisiebant, inquiens : co- 
-iioscile, univcrsi popuii, magnam potesla- 
lis mea' virluleiu. Transleret aulem moules 
curam oculis spectanlium, et insuias ex 
i: ari alLullel:fi(;la aulem ubeoerunl omnia,' 

DlCTlOX.N. DE LÀ TrADITIOX. I. 



fluminibus, gemenles el fientes ad Deum 
sanctum récurrent, ut a dracone illo Jibe- 
rentur; confugientque maxiuio cum studio 
ad déserta, et occultabunlur metu percuisi 
in monlibus et speluncis; capitibusque suis 
terra ac cinere conspersis, in maxima cor- 
dis liumililalo die nocluque orabunl. Dona- 
bilurque iliis a Dec sanclo quod crantes 
pelierinl : deJucetque eos gratia ips;u> ad 
loca deiinila, et salvabunlur occuUali in ca- 
vernis et speluncis, ne Anliclu'isii signa 
alque lerrores conspicianl ; cl iis quidem; 

8 



Ï35 



DICTIONiNAlRE DE LA TRADITION. 



25fi 



qui cognitione nlquo inlelligenlia illuslrnli 
fuerinl , conlinuo innotescet Antichrisli 
ndvenlus: qui vero raenlem in terrenis ré- 
bus defixam habuerint, etsi audient, non 
tamen credent, sed dicentem aspernabun- 
tur. Aique liujus rei gralia praevalebunt 
sancli, qûandoquidom curam omnem saeculi 
abjecerunt, — et cum sponso exsultahuntin 
œterno et cœlesli ihalamo cum sanctis omni- 
bus in ^empilerna sreculorura sœcula. Amen. 

S. Chrysost, liom. 3 m II Thess. u, 
t. II. — Ne quis vos seducat uîlo modo, quo- 
niam nisi venerit discessioprimum, et revela- 
tus fuerit homo peccati, fiUus perditionis, 
qui adversatur et extollitur supra omne quod 
dicilur Deus, aul quod colUur,ilaut intem- 
plo Dei sedeat , ostendens se tanquam sit 
Deus. [Il Thess. ii, 3, k.) De Anlichrislo hic 
disserit, et magna aperit mysteria. Quid est 
discessio ? Aiiticlirislum vocat discessio- 
nem ; ut qui multos sil perdilurus , et ut 
deticiant, iuductuius : adeo ut scandalizen- 
tur,inq\i\l,sifieripolest,etiamelecti.{Matth. 
XXIV, 24..) Vocal aulem eura, hominem 
peccali. Faciet enim innumerabilia, et pro- 
curabil ut alii faciant terribilia. Dicit au- 
tem eum filiura perdilionis quod ipse quo- 
que pereat. Quis est autem iste? nunquid 
Satanas ? nequaquam; sod homo quidam 
suspiciens omnem ejus operalionem. Et 
reveiatus fuerit homo, inquit, qui extolli- 
tur supra omne quod dicitur Deus, aut 
quodcolilur. Non enira ilios ijiducet ad 
cultum idoIorum,sed erit quidam Dei ad- 
versarius: dissolvet etdeslruetomnes deos, 
et jubebil se ip&um pro Deo adorare. Et 
sedebil in templo Dei , non quod est Jero- 
solymis, sed in templo Ecclesiae. Ostendens, 
inquil, seipsum Deum. Nondixit dicentem, 
seutenlantem ostendere. Faciet enim iuiig- 
U8 opéra, et signa ostendel admirabilia. 

Idem, hom. 76, al. 77, in Matlh.y t. VII. 

— Dabunt signa et prodigia, ita ut, si fîeri 
fossit, etiam electos seducant. [Mallh. xxiv, 
i>4.) Hic Chrislus de Antichrislo loquilur, 
dequequibusdam ejus ministris : de quo 
sicPiiulus loquilur; cum enim vocasset il- 
lum hominem peccali et filium perdilionis, 
iniulil : Cujus adventus est secundum opera- 
lionem Salnnœ, inomni virtute, et signis,et 
prodigiis mendacii, in omnt déceptions inju-- 
slitiœin ils qui pereunt. [U Thess. n, 9.) Et 
vide quomodo jlloscaulos reddat. Ne exea- 
lis, inquit, iii desertum, ne intielis in pe- 
jietralia. Non dixit, abite et ne crédite, sed 
ne ingrediamini, neque egrediamini. Magna 
enim Iraus erit, eo quod el signa ad iraudem 
dentur. 

S. HiERON., Comment, in Ecciesiasi., t. II. 

— Duo ex Israël populi signiticanlur. Prior 
qui anie advenlum Domini luerit, et posle- 
rior qui Antichrislum pro Christo susce- 
pturus est: quod prior non penilus sit ab- 
jectus. (Prima quip()e Ecclesia ex Judœis et 
Apostolis congregata est.) Et in fine Judsei, 
qui Antichrislum pro Christo suscepluri 
huul, non lœteniur in Christo. 

S. Aî;gust., Enarr. in psal. ix, t. IV. — 
Irritavit Dominumpeccator : stcundum mul- 



titudinem irœ suœ nonexquiret .{Psnl. ix, k,) 
Multum irascitur, dum non exquint, dum 
quasi obliviscitur et non attendit peccala, 
et per fraudes et scelera ad divitias honores- 
quenervenitur: quo;l maxime in illo Anli- 
christoeventurum esl.qui usqueadeo bealus 
videbilurhominibus, utetiamDeus putetur. 

S. Greg. Mag. , Mora/., 1. XIV, inc-xvm Jo*, 
t. 1. — In difbus ejus stupebuntnovissimi,et 
primos invadet horror. [Job xvm, 28.) Tanta 
enim tune contra justos iniquitate elirena- 
bitur, ut etiam electorum corda non parvo 
pavore feriantur. Unde scripium est : lia ui 
in erroretninducantur, si fieri polest, etiam 
electi.{Matth. ^xiv, 2!^.] Quod videlicet dici- 
tur, non quia electi casuri sunt, sed mag- 
nis lerronbus trepidaluri. Tune vero con- 
tra eum certamen juslitiee, et novissinii 
electi habere narranlur et primi : quia sci- 
licet et hi qui in tine mundi electi repe- 
rienlur, in morte carnis prosternendi sunt, 
et illi etiam qui a prioribus mundi parti- 
bus processerunt, Enoch scilicet et Elias 
ad médium revocabuntur, et crudelitalis 
ejus sœviliam in sua adhuc morlali carno 
morlales sunt, in qua cruciari lem{)oraliter 
possunt, ipsa quœforliler tolérant, suppli- 
cia perhorrescunl; ita ut in eis uno eodem- 
quelempore et conslanlia ex virtule sil, 
etpavorex carne : quia elsi electi sunt, 
et i()sa metuunt tormenla, quœ vincunt, 
ut lormentis vinci ncqueaiil ; per hoc tamen 
quod hominessunt.Dicalurergo: Jn diebus 
ejus stupebunt novissimi, et primos invadet 
horror : quia videlicet tanta tune signa 
monstralurus, et crudelia ac dura l'aclurus 
est, ul ad sluporera perducal, quos in fine 
mundi invenerit, et priores (latres qui in 
ejus expugnalionem servatisuut, carnalis 
niortis dolore Iransligat. 

Idem, Moral. Iib. xxv, in /oô xxxv, t. I. 
— Qui regnare facit hominem hypocritam 
propter peccata populi. {Job xxxiv, 36.) 
Polest ipsum omnium hypocritarum caput 
Antichristus designari. S-^duclor quippe 
ille tune sanclilalem simulyt, ut ad iniqui- 
lalem Irahat. Sed propter peccata populi 
regnare permiltitur, quia nimirum tune 
ipsi sub illius regimine prœordinan- 
tur, qui ejus dominio digni anle sœcula 
iirœsciuiilur, qui peccalis subsequenlibus 
exigunt, ut sub illo judiciis prœcurreniibus 
(iispoiiaiitur. Quod ergo tune Aniiclirislus 
super impios régnât, non est ex injuslilia 
judicaniis,sed ex culpa patienlis: quamvis 
plerique elprincipalum illius non viderunt, 
et lamen ejus principatui peccatoium suo- 
rum conditione deserviuni: quia et quem 
dominaniem sibi minime conspieiunt, eum 
procul dubio perverse vivendo veneraniur. 
Annon ejus membia sunt qui per atïectatœ 
sanclilatis speciem apfetunl videri quod 
non sunt? ille namque principaliter hypo- 
crisim suujit, qui, cum sil damnatus homo 
et nequam spiritus, Deum so esse menli- 
lur.Sed procul dubio ex ejus Qunc eorf)u- 
re prodeunt, qui iniquitates suas sub teg- 
mine sacri honoris abscondunt, ul proles- 
sioi-.e videri appelant, quod esse operibus 



237 



APOSTASIA. 



238 



récusant. Quia enim scriptumesf : Omnisqui 
facitpeccatutn,servuS€stpecciUi{Joan.\ni,3'*), 
quanlo nunc liberias peraguntperversa quaj 
\olunl, taiiloejusservilioobiioxiusobligan- 
lur. Sed nullus qui laletn reclorem palilur, 
eumqueinpatituraccusel ; quia nimirum sui 
fuil merili, perversi rectoris subjacere di- 
lioni.Culparaergoproprii magis aocusel ope- 
ris, quam injuslitiain gubernantis. Scriptum 
iiamque esl : Dabo tibireges in furoremeo. 
Osée \m, 11. ) Qaid ergo illos nobis prœesse 



déspicimu*!, quorum super nos regimina ei 
Doniini furore suscipimus? Si igilur iras- 
cente Deo seciindum noslra meriia redores 
accipiraus, in illorura aclione colligimùs, 
(juid ex noslra œstiraalione ponsemus. 
Quaravis plerumque et elecli subjaceaiit 
reprobis. Unde el diu David Saulem perlu- 
lil ; sed subséquente culpa adulleni prodi- 
tur, quia dignus tune fuit qui tanta prœpo- 
sili asperitaiepremeretur. 



APOSTASIA 



[Ex SS. Patribus.] 

b. CtPRiAN. epist. 52, ad Antonianiim. — 
Àposlalœ el desertores , vel adversarii et 
hosles et Chrisli ecclesiara dissipantes, ly.c 
si occisi pro noraine foris fueriiit, admitli 
secundum Aposlolum {Galat. i, 8J possunl 
ad Ecclesiœ paceui, quando nec s,)irilus , 
nec ecciesiœ lenueraut unitalem. 

S. HiLAR., Tractât, in psul. cxviii, t. 11. 
— Sprevisti omnes disvedentes a juslifica- 
tiombus tuis; quia iniqua cogilatio eorum. 
(Psal. cx\m,i\ii.) An%i\n\ïn et susceplioneni 
oblioc Proplietaurat,necuiu discedenlibus a 
juslibcalioiiibus Dei, et ipse spernatur. Sed 
Jiic servaia ea ratio est ut non dictum sii, 
sprevisli otnnes peccatores j sed Sprevisti 
omnes discedentes. Si enim peccalores spei- 
ueret, omnes ulique sperneret : quia sine 
peccalo neino sit. Sed spernit discedentes a 
se, quos aposlalas vocanl. Neque enim in- 
lerest an in jusliticalionibus Uei quis ali- 
quando iueril. Spernendus enim a Deo esl, 
quis(juis discesserit , quia manenlis meri- 
lum conservai consummalio ()ermanendi. 
Dilfert vero a peccalo discessio, quia pec- 
calo venia per pœnilenliam reservaiur, 
discessio vero cum ipsa pœnilentiae disces- 
^ione se damnai ; quae bine orilur, cum 
Volunias eorum, qui discessuri sunt, est 
iniqua. 

S. Alglst. , lib. m Operis imper fecti 
contra Julian., l. X. — Apuslasia primi 
huiumis , in quo summa eral , et iiullo 
impediebalur vilio liberias propriae voiuu- 
lalisi lam magnum peccalum fuit, ut ruina 
ejus nalura bumaua esset Iota cullapsa : 
quod indical buiuani generis lanla raiseria, 
quae a priiuis ploralibus vagientium usque 
ad cxpiranlium iiovissimoa lialilus omniljus 
nota esl. 

Idem, De civit. Dei, t. VII. — Pejor est 
deserlor lidei el ex deserlure oppugnalor 
ejus etleclus, quam ilie qui non deseruil 
quam nunquam lenuit. 

Idem, contra Cresconium Donalist., 1. ii, 
t. IX. — Hoc discernitur apud nos, ut aliter 
recipianlur qui Galhoiicam reliquerunl, ali- 
ler qui ad illam primilus veniunl. Illos 
euim amplius gravai crimen deserlionis : 
hos aulem non a se disru{)tum, sed coj^ni- 
lum el relenlum vinoulum relevai unilalis. 
Unde tieri poiesl, ul quos seduclos reba- 
plizaverunl, ipsi pro eis [iœnilenlibus DoujÏ- 
num depreceolur, si prius isli conciiiali, 



quam illi reconciiiali Ecciesiœ fuerinl. Sic- 
ut fieri polest, ul etiam cullores idolorum, 
si quos forte Clirislianos ad idola seductos 
aposlalas fecerint; si priores seductores 
facii fuerinl Cbrisliani, et magnum aliquod 
merilum in Ecclesiaconseculi, per ipsos illi 
quos deceperant redcant, per ipsos commerl- 
dentur et reconcilientur Domino per quos 
dimiseranl Dominum. Quod enim valet ad 
mundaiidasacriiegiagentilium, recte percep- 
tum-sacramentum bnplismatis; boc valet aJ 
raundanda sacrilegiaschismaticorum et liae- 
reticoruin , veraciter appreliensa cliarilas 
unilalis. Quamobrem sicul seduclores tide- 
lium Cbrislianorum venienles ad Christuiiii 
seduclis redeunlibus prôe[)onunlur, unde isii 
et episcopi Oeri possuiit, illi non possunl : 
iia minari non debeiit decepli ab liaerelicis, 
quando ad Calliolicam rcdeunl, suus dece- 
I)tores sibi anleponi quando ad Catholicani 
veniunl. Isli namque excusabilius pelunt 
quae sibi defuerunl; illi humilius repetunt 
quod fuerunt : islos hoiiorabilius ubi non- 
uum sielerant advocamus ; illos suspeclius 
unde lapsi fueranl revocamus. 

Idem, De unico baptismo contra Petit. ^ 
t. IX. — Nec illud sine dislinciione prœter- 
imus, ul bumiliorem agant pœnilenliaiu 
qui jam tideles Ecclesiam calhoUcam dese-- 
ruerunt, quam qui in illa iiundum fuerunt. 

Idem, lib. i De nuptiis et concupisc., 
t. X. — Aposlalœ anima vclut de conjugio 
Chnsli recedens, eliam tide {)erdila sacra- 
menlum tidei non amiilil, quod lavacru 
regeneralionis accepit. Hedderelur eniin 
[irocul dubio redeunti^ si amisisset absce- 
dens. Habet aulem hoc qui recesserit aU 
cumulum supplicii,iion ad merilum prœmii, 

S. Cykill. Alexandr., liom. 11^ de festis 
Pasch., t. V. — Pravae et adversariœ poie- 
Slales circumluslrantes orbem in uniuscu- 
jusque bominis vitam curiose inquiruiil, 
sanclos lerribili elferoque oblutu eoniem- 
planlesj el eos quidem qui jam vicerunl im- 
pellenles ad maliliam, quae ad aposlasiam, 
pessimum inalum, ac summum lolius im- 
[)robitatisfasligium tendal : (jui vero se jam 
bonis operibus addixerunl, suumque sibi 
decus in officiis justitieecoilucaverunt, con- 
tra eos velutsibi iniujicissimosinsurgenles, 
el insitae sibi perversilalis crudelilalom op- 
ponenles. 

S. Greg. MiG., l. V, tu / Reg. iv, t. IH. 
— Aposlalarum (Isi dif/icillima conversid 



239 

sit , non est tamen impossibilis. Qui sint 
hi aposlatœ. Sed et Uebrœi qui fueront cum 
Philisthceis heri et nudiusterlius , ascende- 
rantque cum eis in castris, reversi sunt ut 
fissent cum Israël. [1 Reg. iv.2i.) Qui sunt 
Hebrœi qui fuerant cum Philislhœis, nisi 
ecc.'Jloresa religiosa oonversationela[)si? — 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



240 



&' 



slolû sancliores, qui taraen yerebalur, ne 
forte cum aliis prœdicasset , ipse reprobus 
efficeretur. (/ Cor. ix, 27.) Sed id tandiu 
limeiidum est , donec laqueus conlrilus 
sii, donec corpus istud anima deposuerit. 
Nam et ipsum corpus laqueus quidam est s 
^uc.•llu.t;^a .cnfei^aa cuu . ..ou..,,.. v ...,"• • ""^Je et oculus legilup animam deprœdari. 

Jebrrci quidem sunt ordiue religionis, sed [Thren.,m, 51.) IVJiuime eigo decet esse 

cura Philisihœissunl, et cura eis ascenduni, securum hominem, qui secura portai la- 

quandiu per suggestiones noxias illudun- queum suura : imo vero bonum est magis 

tur, et in prava operatione proiiciunt. Cura habilare in adjutono Altissiiui , ut per eum 

niaiigiiis quidera spiritibus sunt proposito possit laqueus cvitan 

et voluntale peccali; sed cura eis ascen- 

dunl, quia ipsis impellenlibus, in audaciara 

se exloUuul iniquœ operalionis. Vel cum 

eis sunt, cum })eccala sua operando perti- 

ciuot : cum eis vero ascendant, cum pravi- 

tatis suœ exem[)la aliis imilanda prot'erre 

non metuuiit. Quid est ergo, quod leverti et 

esse cum Israele dicunlur, nisi quia laies 

eliampleruraque resipiscunt? reverlienim 

amorem religiosee vilae resumere est. Et 

cum Israele esse, est intra sanctam Eccle- 



Idam, Apolog. ad Guillelm. abbat., t. I. 
— Quisque bonura tencat quod tenet, ut 
alium aliud tenentem non judicet; si qui 
accepit jam esse bonus, non invideat me- 
lioribus; et qui sibi videtur agere melius, 
bonum non si)ernal allerius: si qui distri- 
ctius vivere i)0ssunl, eos qui non possunt 
nec aspernenlur, ncc œraulentur : et qui 
non possunt, eos qui possunt sic mirentur, 
ut teraere non iraitentur. Sicut enim non 

cum israt-.e t^ssc, «i iuu« ou^ licet his, qui majus aliquid forte voverunt, 

siam in charitalis unitate persistere. Ad lioc ad id quod minus est descendere, ne apo- 
quippe revertendura, ut cum Israele esse siala-enturisicnonomnibus expeditdebouis 
jHopoîianlur. Quia nulla est conversio -pec- minoribus ad majora transire , ne praecipi- 
caiuris, si conversus perseveranlia careat tentur. . .. . i, ,^ 

boni operis et unitate charitalis. Idem, De mcd. bene vivendi, i. II. - ]\emo 

S Bernard., serra, i, in psa/.xc:(^ui/ia6t- miitens manum suam ad arairum, et respi- 
tat, etc., l. I. — Quid vobis ultra paveudum cicns rétro, aplus est regno Dei. [Luc. ix, 



est? unumulique et gravissimum, peccatum 
Judée; peccatum apostasiœ. Bene enim lac- 
lum est, ut pennas acciperetis sicut co- 
lumbœ, et volaretis ad requiescendum. Nam 
in terra non erat requies, sed labor, et do- 
lor, etafflictio spiritus.Quid ergo iimendum 
est sic volanii, nisi ne forte cadaver, vel 
simile aliquid, in terra videat cujus deside- 
rio iractus videalura venatoribus illis pes- 
siraus, et prœparalis laqueis capiaiur, et 
sint uovissima hominis illius pejora prio- 
ribus? hoc, inquam, omninolimendura est, 
ne quis aui corde solo, aut eliam corpore 
ad Yomilum revertatur. Legimus enim de 
hliis Israël, quia corde redierunt in M^y- 
ptum. Nam coruore reverti, clausum post 



62.) Igitur, soror venerabilis, necesse est 
ut per desiderium œternae beatitudinis pul- 
semus quotidieauresDei omnipotenlis, nec 
deliciamus a bonis quœ incepimus , piius- 
quam, illo aperiente, raereamurde carceie 
mortis hujus eripi, et ad porlam cœlestis 
patriœ pervenire. Suror in Chrislo amabilis 
raihi, bonum est perseverare in serviiiu 
Dei : quoniam qui de mouasterioad saecu- 
lum revertunlur, plus quam carbones nigri 
elBiciuniur. Qui de monaslerio adscecu-!uin 
descendunt, efficiuntur nigri sicut carbones 
frigidi. Quare? quia per lurporem mentis 
ab igne charitalis Deisunt mortui et exstincii. 
Unde beatus Isidorus : Qui de bona vila ad 
malam revertuniur per cupidiialem niundi, 



iorum talus Kubrura mare prohibebat. Hoc sunt contenebrati, et nigredino vilioruu. 
est quod vehementer singulis quibusque suni fœdali et fuscati, atque lucernœ clari- 



limendum esl, ne quando foi te eatenus Deum 
otlendant, ul manifeste abjicianlur et evo- 
mantur ab eo : aut si pudor neget aposla- 
siam curdis : ut videlicet sub habilu reli- 
gionis cor sœculare gérant, et quidquid 
saecularis consolationis invenire polueiint, 
aoipleclanlur. Nequeenimsumus uus Aj)0- 



talisDei sunt extranei. Qui de monaslerio 
ad saeculum fugiunt, a societate angelorum 
separanlur, et dœmonibus socianlur. Qui 
sanctam congregationem relinquunt, et ad 
sœcularem vitam descendunt, a societate 
Dei elonganlur, atque dominio diaboli sub- 
jiigaiitur 



APOSTOLI 



[Ex SS. PatTibus.] 
S Ires., I. m contra hœreses. — Eos 
qui dicunl solum Paulum veritatem cogno- 
visse, cui per revelationem manifestum esl 
myslerium, ipse. Paulus convincat dicens , 
unum et ipsum Deum operatum Petro m 
ai)Osiolalum circumcisioniselsibiin Génies, 
ll.sius ergo Dei Pelrus erai apostolus , cujus 
ei Paulus : et quem Pelrus in circuracisione 



annuntiabat Deum et Dei Fihum, hune et 
Paulus in génies. Nequeeniœ solum Pauluiu 
salvare veiiit Dominus nosler; nec sic pau- 
per Deus, ut unum solum haberet aposio- 
lura, qui disposiiionem tilii sui cognosceret. 
Et Paulus auleui dicens : Quam speciost pe- 
des evangelizantium bona, evangelizantium 
pacem! [Rom. %, 15.) manifestum îecit quo- 
niam uon unus, seU plures eranl, qui ven- 



çu 



APOSTOLI 



2;î 



lalera evangelizabant. El rursus in ea Epi- 
siola, quseest ad Coriiithios,cijmprœJixisset 
omnes qui Deum posl rpsurreclioiieni vide- 
funt, inluiil : Sive autein ego, sive ilti , sic 
annunliamus f et sic credidislis (/ Cor. xv, 
11), unara et earadem prœdicalioiieni coiifi- 
lens omnium eorum , qui Deum videruul 
posl resurreclionem a mortuis. 

Idem, i6»d. — Dominus Philippo volenti 
Palrem videre , respondit : Tanlo tempo- 
re vobiscum sum , et me non cognovislis? 
Philippe, qui videt me, vidtt cl Palrem. 
Quomodo lu dicis : Ostende nobis Palrem? 
Ego enim in Paire , et Paler in me , et 
amodo cognovislis eum , et vidisiis. {Joan. 
XIV, 7, 9, 10.) Quibus ergo Domiiius lesJi- 
nionium dixit, quoniara et cognoverunt in 
ipso, et viderunt Patrem (Pater aulem Ve- 
ritas], hos dicere non cognovisse verilatem 
est hominum falsa tesianliura , et eorum 
qui alienati surit a (Ihristi dO'Urina. Ad quid 
enim mitlebalDominus duodecim aposlolos 
ad oves quae perieraiU domus Israël, si ve- 
rilatem non cognoverunt? {Mallh. x,6.) 
Quornodo autem se(iluaginta prœdicabant, 
nisi ipsi prius virlutem pr<edicaiionis co- 
gnovissenl? aut quomodo Pelrus ignorare 
potuit , cui Dominus teslimonium dedil, 
quoniam caro et sanguis non reveiavit ei , 
sed Pater qui in co&lis est? (Mallh. xvi, 17.) 
SJculergo rau/us aposlalus nonabhominibus 
neque per hominem , sed per Jesum, el Deum 
/'arrem(Ga/.i, 1), FilioquidemaJducenle eos 
ad Palrem, Paire vero révélante eis Filium. 

Justin., Quœst. et Resp. — Quœst. Si ad 
mortem et exsilium a piscatoribus pisces ex 
aquis educuntur, quomodo in vilam œler- 
iiam Doiuinns Christus homines per opa- 
siolos introducturus, |)iscaloresillos homi- 
num faclurum se piomisit? 

Resp. Quandoquidem homines sagena 
fegni ab aposloiis eaplos mori anteaclae in 
peccalis vitee oporlebat : idcirco captura» 
l)iscium assimilavit Dominus capluram ho- 
minum. Addidit autem in vilam (Luc. v, 
10), id quod exemplo deerat adjiciens ei rei 
quœ docebatur. 

S. Cleme>t. Alex.,. Slromat. 1. iv, 1. 1. — 
Dominus propler eorum qui ei insidiaban- 
tur hominum el intidelium expurgalionem, 
Ifibil calicem.. (Mallh. xx, 22.) Quem imi- 
tantes aposloli , ut qui rêvera essent Gnos- 
lici el perl't'Cti, pro ecclesiis quas lundarunt, 
passi sunt. Si ergo Gnostici , qui vesligiis 
insislunt aposlolicis, debent ila se gerere» 
ut in eos non cadal peccatum, el propler 
dileclionem iu Dominum^ diliganl eliana 
proximum : ut si casus aliquis evocet , pi o 
Kcclesia ciira offensionem patientes atUi- 
Cliones, bibant calicem, 

Tertlll., De prœsc. hœret. — Proponunt 
(ha3retici) ad suggiUandam ignoranliam all- 
quam aposloloruui, quod Pelrus, et qui cum 
eo rei>rehensi sunl a Paulo. Adeo, inquiutit, 
uiiquid eis defuit, ut ex hoc eliam illuxl 
slruanl , potuisse poslea pleniorem scien- 
liam superveniro 'qualis obvenerit PaulO; 
lepreheiidenli anlecessores. Pos&umus et 



l)icacta aposlolorum repudiantibus dicere : 
Prius est uti ostendatis quis iste Paulus, el 
quid ante a|)oslolum , et quomodo aposto- 
lus : qualenus et alias ad qucesliqnes 
pluriraum eo uluntur. Neque enim si ipse 
se apostolum do perseculore profitelur, suf- 
Ocit unicuique exarainare credenti ; quando 
nec Dominus ipse de se teslimonium dixe- 
rit ; sed credant sine Scripturis, ut credant 
adversus Scripluras : lamen doceanl, ex eo^ 
quod aileganl Petrum a Paulo reprehensum, 
aliamEvangeliiCormam aPaulosuperdictam, 
cilra eam quam prœmiseral Pelrus el cae- 
teri. Quin demulalus in praedicatorem da 
perseculore, deducitur adfralresa fratribus. 
ut unus ex fratribus, et ad illos ab illis qui 
ab aposlolis tidera induerant. Dehino, sicul 
ipse enarrat, ascendit in Hifrosoljmam 
cognoscendi Pétri causa, ex ollicio el jure 
scilicel ejusdem fidei et praedicalionis. Naui 
et illi non essenl mirali de perseculore fnc- 
lum prœJicalorem , si aliquid conlrariuui 
prfpdicarel : dexleram ei dederunl , signuin 
concordiee el convenienliae : et inter se dis- 
tributionemofficii ordinaverunt, non separa- 
lionem Evangelii : nec ut aliud aller, sed 
ut aliis aller pra&dicarenl ; Pelrus in circum- 
cisionem , Paulus in naliones. Cœlerum si 
re})rehensus est Pelrus , quod cum con- 
vixisset elhnicis, poslea se a convictu eo- 
rum separabat personarum respeclu : ulique 
conversationis fuil vilium, non praedicalio-^ 
iiis. Non enim ex hoc aliusDeus, quam 
Creator, et aiius Christus quam ex Maria , 
el alia spes quam resurrectio aununliubatur. 
Non mihi tam bene est, imo non miln 
lam maie est, ut aposlolos commillam. Sed 
quoniam perversissimi isli illam reprelion- 
sionem ad hoc obtendunt, ul suspeclaiu 
faciant doclrinam sujieriorem , res()ondebo 
quasi pro Petro : ipsum Paulum dixisse, 
faclum se esse omnibus omnia, Judoîis Ju-- 
dœum, non Judœis non Judaeum, ut omnes 
lucrificaret. Adeo (>ro temporibus, et perso- 
nis, el causis quaedam reprehendebant , in 
quae et ipsi œque temporibus el perso- 
ms et causis cummiltebanl : queniadmo- 
dum si el Pelrus reiirelienderet Pauluiu, 
quod prohibens circumcisionem , circum-^ 
ciderit i[)se TimoUieum. Videriut qui de 
aposlolis judicant. liene quod Pelrus 
Pduio et in mactyrio adeequalur. Sed etsi 
in lerlium usque cœlum ere[ilus Paulus 
et in paradisuiu delalus, nudiil quaedam 
illic, non possuiit viiieri fuisse, quae illuni 
iu alLam doclrinam insiructiorem prœsla- 
rent , cum ila luerit condilio eorum, ul 
nulll hominum proderentur. Quod si ad 
iilicujus coiiscienliam manavit, nescioquid 
illud., el hoc se aliqua hœresis sequi allirmal, 
aut Paulus secreli prodili reus est, aul et 
alius poslea in paradisum ereplus debel 
oslendi , cui permissuni sil eloqui , quae 
Paulo mulire non licuii. Sed, ul diximus , 
eadem demenlia est, cum contilenlur qui- 
dem, nihil aposlolos ignorasse, nec div.ersa 
inler se praedicasse ; non lamen omnia vo- 
lunl illos oainibu5 recelasse : f^uasdam eniuk 



%iZ 



DICTIONNAIRE DE LA THADITION. 



214 



p.ilam,et universis, quœ.liin secrelo, et 
p;iucis demandasse; quia et hoc verbo iisus, 
est Pauliis ad TiDàolheum :o Timolhee, 
depcsitura custodi. Et rursurn (1 Tim. vi, 
20) : Bonum deposiliim serva. (// Tim. i, 14..) 

Origen., contr. Celsiim , I. i , t. I. — Qui 
prudenter et candide res ab apostolis Jesu 
gestas possunt examinare, iis manifesturn 
fieri iios divina virtule roborato? fuisse opor- 
tere, ut edocerent Christinnarn religionem, 
et homincs verbo Dei subjicerenl. Non enira 
eis secuniiuiii arles Grœcorura dialecticas 
aut rheioricas diiu'iidi facultas et dissereiidi 
ralio inerat qua auditores sibi couciliareiil. 
Atque eliam si Jésus eiegisset et doctrinfle 
suae ininisiros adhibuisset eos, qui inulto- 
l'um opinio.ue sapientes habenlui-, et aut 
cogitandi subtiiitate, aut sernionis facundia 
iijultiludiiiis plausus captare possunt; jusla, 
meo quidem judicio, suspicio fuisset simili 
eum ralione atque via usum fuisse, qua phi- 
Ipsophi seclœ cujuspiara auclorcs usi sunt, 
nequequod promissum est de doctrinse ejus 
divinitnle,videreluradimplelum.Namsermo 
et prœdicàtio fuissent in persuasione iliius 
sapienliœ, quœ verborum lenocinia et aplea 
COmposilioçjis blandilias airectat : et fides 
hacc noslra perinde ac ea, quaiu suis dog- 
matibus haberit, bujus mundi philosopbi, 
fuisset in sapientia hominuirtf et nan in vir- 
tute Dei. [ICor. u, 1.) 

Nunc autem ecquis est qui, cura videt pi- 
«cator-es et publicanos, vel primorum ele- 
mentorum impeiitos (id enimdeillis Scri- 
ptura testalur, et Geisus i[)sis inscientiam 
suani YPre describeulibus crédit), coulideii- 
ter de, tide Jesu adjungenda non modo ajiud 
Judœos disputare, sed eliam apud reli(iuas 
génies prospère Jesurà annunliare, non quœ- 
sierit undeillisinessel pecsuadendi facult.is? 
Neque enira eral vulgaris. Ecquis non dixerit 
Jesum in apostolis divina quadam virlule 
exseculura fuisse quodhisproraiseratverbis : 
yenitepost me, faciam vos piscalores homi- 
nutn? (Matlh. iv, 19.) Eanc paradera virlu- 
lem coraraendans Pauius.ait : EC sermo meus 
et prcsdicalio mea non in persuasibilibus hu- 
vianœ sapientiœ verbis, sed in oslensione spi- 
rilùs et virlulis, ut fides noslra non sil in 
sapientia hominum, sed in virlufe Dei. [1 Cor. 
Il, i.) Nam ut [uaediolura fuerat a proi)helis, 
prœdicalionem Evangelii praenuntiantibus : 
Dominus dédit verbuin evangelizanlibus vir- 
lulemulta,rex virtulum dilecti {Psal. lwii, 
12), ut irapltrelur et islud vaticinium : Velo- 
cite'r curril sermo cjus. {Psal. cxlvii, 15.) Et 
quidem jam videnius ni omnein lerram ex- 
ivissesoniïm apostoiiiniiu Jesu, e/ in fines orbis 
terrœ verba corum. {Psal. xvm, 5.) 

Ideiu, contra Celsum , I. viii, l. I. — Et 
saiïe si de prima Christianorura constilu- 
lione verisin)ilis habendus est sermo, dlce- 
raus probabile non esse aposlolos, plebeios 
et sine lUteris viros, ad religionem Cbri- 
slianam borainil)us annunliandara alia re 
cviiiisos esse, quam coflaia sibi poiestate 
et gralia quœ eorum praedicationis cornes 
erai, ut annuntiaia ab ipsis doclrina rccipe- 
retur; nec eorum auditores, a pa'riis ins'l\- 



tuiis iisque velustate confirraatis abduci, et 
ad dogmata tara insolila, tara aliéna ab iis 
quibns innutriti fuerant, suscipienda induci 
p.otuisse; nisi mirifica quaciara p,otentia, re- 
busque prodigiosis, moli fuissent, 

Mem, De princip., I. i, t. I. — lllud scire 
oporîel, quoniam sancli apostoii fidem Ghri- 
sli prœdicantes, de quibusdam quidem quœ- 
cunque necessaria crediderunt, omnibus 
etiam his qui pigriores erga inquisitionena 
divinœ scientiœ videbAnlur, manifestissime 
Iradiderunt , rationem scilicet assertionis 
eorum relinquenlesab his inquirendam,qui 
spiritus dona excellentia raererentur, et prae- 
cipue sormonis, sapienliae et scienliae gra- 
liara per qu^ra Spirilum sanctum percepis- 
sent;de aliis vero dixerunl quidem , quia 
sint : quoraodo autem, aut unde sint, si- 
luerunl, profecto ut studiosiores quique ex 
posleris suis quiamatores essent sapientiae; 
exercilium habere possenl, io quo ingenii 
sui fructum ostenderent, lii vidielicet qui 
dignos se et capaces ad recipiendam sapien- 
tiam praepararent. 

Idem, Comment, in Malth., l. III. — Tu c«. 
Petrus, et super hanc petram œdificabo Eccler 
siam meam. {Matth., xvi, 18.) Pilra est omnis 
discipulus Ghristi, de quo bibebant,qui bibe- 
bant de spiritali conséquente pelra (/ Cor. x, 
h); et super quamiibet ejusraodi petram œdi 
licntur omnis sermo ecclesiaslicus, et vitaa 
juxla Ipsum inslilulœ ratio : unicuique enim 
perfecto hab.enti congregalionem sermonum, 
beatitudinera perficientiura, et operum, et 
cogitatio.num,,inesl Ecclçsia a l>;eo œditicata.^ 
Si vero super unum illum soluramodo Pe 
trum lotam EcclesiamaDeo œdificari arbitra 
ris, quid de Joanno lonitrui filio, et une* 
quoque apostolorum dixeris? Alioquin aa 
audebimus dicere porta,s Inferi specialim 
aiiversus Petrum non praevaliluras; preeva 
liluras autem adversus reliquos aposlolos 
et perfectos? Nonne vero et omnibus et in 
his sirîgulis fit istud quod supra dictura est : 
Porlœ inferinon prœvalebant adversus eam,et, 
illud quoque : Super hanc petram œdificaba 
Ecclesiam meam? {Matth. xvi, 18.) An eliam 
soli Petro danlur a Domino claves regni 
Cffilorum, nec quisquam beatorum aiius eas 
acçi()iet ? Quod si et id aliis commune est: 
Dabq tibi claves regni cœlorum {Matlh. xvi, 
19), quoraodo et ^on ea quae praecedunt, 
communia sunt, et quœ subneclunlur tan- 
quam in Petrum dicJa? Iiic elenim velut in 
Pelrura dicla videnlur ea : Quœcunque liga-'. 
veris super lerram, erunt ligala in cœlis. 
{Ibid., 20), et quœ sequunlur : in Evangelio J 
auieuj Joannis, Salvator dans S[)iiilum san- * 
dura discipulis per insulHaiionem, dicit : 
Accipile Spiritum sanctum {Joan. xx, 22) 
et quœ sunt deinceps. — Noraen Irahunl a 
P'Ura omnes imitatores Ghristi , sf)irilalis 
scilicet petrœ consequentis eos qui salvi 
fiunt, ut ex ea spiritalem potionem ebibant. 
Illi autem noraen Irahunt a pt-Ua, quemad- 
raodura Ghristus; sed et cum Ghristi mem- 
bra sint, nomine ab illp duclo, Christiani 
appeliati sunt, a peli-a autem, Pelri. 

D. Gyprian., De mit, Èccleiiœ. — Loqui- 



«45 



tiir Dominus ad Pelrum 
qiiit, quia tu es Petrus, et super hanc pelram 
œdificabo Ecclesiam meam, etportœ inferorum 
non Vincent eam. El tibi dabo claves regni 
cœlorum, et quœ ligaveris super terrain, erunt 



APOSTOLl «*6 

Ego tibi dico, in- nobis moderatioiii» exemplam et discijilinas 



pr^Bberet? 

S. \KVR09.,Exposit.Evang. sec. Luc, I. v, 
t. 1. — Vocavit discipulos suos et elegit duo- 
decim ex ipsis. (Luc. vi, 13.) Quos ail i»ro- 



)ÎQaia"èt\n cœlTsïet'quœcunque solveris super pagandum auxiliura salulis humanœ per 



terrain, erunt soluta et in cœlis. [Matlh. xvi, 
18.) Et ilerum eideoi post resurrectioneni 
suam dicit : Pasce oves meas. [Joan. îxi, 17.) 
Super illiiin unum œdificat Ecclesiam suam, 
et illi pasrendas mandat oves suas. El quam- 
vis aposlolis omnibus post resurreclionem 
suam, pnrem poteslatem tribuat, et dicat : 
Sicut misil me Pater, et ego mitto vos; acci- 
pite Spiritum sanctum,si cujus remiseritis 
peccata, remittentur illi; si cujus retinueri- 
tis,tenebuntur{Joan. xx,22), tamen ut uni- 
laiem raanifestaret, unitalis ejusdera origi- 
nemab uno incipientem sua auctoritate dis- 
posuit. Hoc erant ulique et cœteri apostoli 
quod fuit Petrus, pari consorlio preedili et 
honoris et potestatis, sed exordium ab uni- 
tate proficiscitur, et primalus Petro datur 
ut una Christi Ecclesia et cathedra una 
ijionstretur. Et pastores sunt oranes.et grex 
unus ostenditur, qui ab aposlolis omnibus 
unauimi consensione pascatur, ut Ecclesia 
Chrisli una monstretur. 

S. Greg. Naz., oral. 32, 1. 1. — Vis ordinis 
et disciplinai exeraplum in médium profe- 
ram, idque prœclarum et laudabile? Vides 
quemadmodum ex Chrisli discipulis, raagnis 
utique omnibus el excelsis, atque electione 
dignis, hic Petra vocetur, atque Ecclesiœ 
fundamenta in fidem suam accipiat, ille 
impensius amelur, el supra pectus Jesii re- 
quiescal [Joan. xiii, 25), ac reliqui discipuli 
eos sibi praeferri œquo animo feranl. Jam, 
cura in montem ascendendum fuisset, ut 
Christus corporea forma splenderet, et di- 
vinilalem suam patefaceFel, eumque qui 
carne legebatur, nudaret, atque aperiret, 
quidam simul ascendunt?{Nec enim omnes 
ad hujus miraculi spectaculum admittunlur) 
Petrus, Joannes el Jacobus , qui ante alios 
el eranl, el numerabanlur. Rursus cum in 
supremo agone versanti, el paulo ante pas- 
gionem secedenti [Matth. xxvi, 37), ac pre- 
cibus operam danli quosdam adesse oporle- 
ret, quidam ad eam rem asciti sunt? liduni 
il!i, atque hœc Christi prœlatio el electio 
fuit. Cœleroqui vero (juanla concinnilas el 
disciplina? AUud Petrus inlerrogal, aliud 
Philippus, aliud Judas, aliud Thomas, aliud 
elius quispiam, neque aut idem omnes, aul 
omnia unus, sed vicissim quisque ac sigil- 
lalim. Dicesne hic fqrlasse , hoc singulos 
quaesivisse, quod cuique opus eral ! istud 
auleo), quale tibi videtur? Philippus quid- 
dam dicere gestit, nec solus audet, vyrum 
Andream quoque adhibel. [Joan. xii, 22.) 
Petrus aliquid percunclafi cupit, el Joanui 
rem capili&nulu proponit(/oan. xiir, 2i). Ubi 
liicmorosilas?ulJidominandi libido? Ecquod 



illustrius argumenlum edere poluissenl, so \ 
Christi discipulos esse mifis, inquam,illius el 
humilis corde {Matth. xi, 29), et servi |)ro()tt:;r 
nos, ipsius servos, atque omneiu in omnibus 
lebu» gloriam a<i Palrem Iransmilleutis, ut 



lerrarum orbem satores fidei destinaret. 
Simul adverte cœlestexonsilium , non sa- 
pientes aliquos, non divites, non nobiles: 
sed piscatores ut publicanos, quos dirige- 
ret, elegit; ne Iraduxisse prudentia, ne re- 
demisse diviliis, ne [)utenliae nobilitalisque 
auctoritate traxisse aliquos ad suam graliam 
videretur, ut veritalis ratio, non dispula- 
lionis gralia, praevaleret. 

Idem, i^id.—Eligilur et Judas (Luc. vi,lG), 
nonperimprudenliara,sedperprovidentiam. 
Quanta est veritas, quam nec adversarius mi- 
«ister inhrmat ! Quanta moralitas Domini, qui 
periclitari magis apud nos judicium suum 
quam atîeclum maluill susceperat enim ho- 
minis fragililatem ; el ideo nec has partes 
recusavit intirmitalis humanœ. Voluit de- 
seri, voluit prodi, voluit ab aposlolo suo 
tradi; ut tu a socio desorlus, a socio pro- 
dilus, moderate feras tuura errasse judicium, 
périsse beneficium. 

S. Chuys., hovi, in Cor., t. X. — Ali- 
quando audivi ( ail Chrysostomus ) Cliri- 
stianum quempiam contra Gre&cum ridicule 
disputanlera : ambo namque in disputa- 
tione, rem suam confulabant et pessumda- 
banl. Nam quœ Christianum dicere opor- 
luisset, illa dicebal Greecus, et quae Grœcuni 
dicere par eral, hœc Cliristiaims opponebal. 
Nam cum de Paulo el de Plalone quœslii» 
esset, Grœcus illeoslendere conabatur Pau- 
lum indocium el rudem fuisse: Chrisliauus 
vero ex simplicitale probare contendebat, 
Plalone dociiorem el discretiorera fuisse 
Paulum.lla porro Grœcus victor fuissetj si 
hœc vicisset proposilio. Nam si Plalone doc- 
lior el eloquenlior fuit Paulus, mulli, ut 
verisimile est, Oiipoiienl, illum non gratin, 
sed eloquentia sup^^rasse. llaquesicloqueiis 
Chrislianus pro Grœco stabal. Quod auleni 
Giœcus dicebal, proChristiano cedebat.Nani 
si, ut dicebam, ineruditus eral Paulus » et 
tamen Plalonem vieil, splendida fuit Victoria: 
iudoclus quippe iile omnes discipulos ejus 
adorlus, persuasos secumabduxit. Unde pa- 
lam est non in sapientia humana prœdica- 
tionem prœvaluisse, sed per Dei graliam. 

Ne igilur in eadem incidamus, neve irri- 
deamur, cum contra Grœcos sic dispulamus^ 
aposlolos lanquam indoctos accusemus. 
Talis enimaccusalio encomiumest. Et cum-. 
dixerinl illi, agrestes fuisse aposlolos , nos 
addamus eliam fuisse indoclos, illitteratos , 
pauperc'S^ viles et obscuros. Non sunt hœj 
maledicta aposlolis illala, sed ad illoruai 
gloriam cedil, quod laies cum esst;nt, loto 
orbe lerrarum fuerint clariores. Hi enim 
idiotœ, agrestes, iiidocU, sapientes illos , 
lolenles, tyrannos, qui divitiis, gloria el 
exlernis cœieris rébus Iruebantur el gloria- 
baulur, quasi nec viri essenl prolligarunl. 
Unde paiam est magnam esseCrucis poten- 
Uam., el hœc no« humana vi facta es»e^ 



w 



DIC'I lONNAIRE DE LA TRADITION. 



248 



Non enim huinanœnalurœ sunt illa, sed su- 
pra naluram patrata sunt ; cura autera supra 
naturam, et admodum ultra naluram quae- 
dam efTiciuntur cum decoro et ulililate; 
palam est illa ex divina quadam virtute et 
operalione facta esse. Animadverte autem : 
Piscalor, lentoriorum arlitex, publicanus, 
jmperilns, illitleratus, ex Palœslina regione 
loi:};itiquavenientes, phi!osophis,oratoril)us, 
diceiuli péri lis, ex patriaexpulsis omnibus, 
brevi ttmpnris spatio iilos vicerunt, cura 
periculis raultis; populis et regibus ipsos 
oppugnanli'bus, ipsa pugnatite natura, tem- 
porisaiitiquilate, obsislenteeliam iongacon- 
sueludine, armatis daemoiiibus, diabolo in 
acie slaiJte et omnia rauvenie, reges, prin- 
cij)es, populos, génies, urbes, barbares, 
Graetos, pliilosophos , oratores, sophislas, 
scriptores, loges, Iribunalid, supplicia varia, 
mortes innumeras et diverses. Atlamen haec 
omnia ila rei)ulsa sunt elcesserunt, ioquen- 
libus piscatoribus, perinde ut lenuis pulvis, 
qui veljemeiiiium ventorum impelum ferre 
'jequit, 

Oiscamus ergo sic cum Graecis disputare, 
utne simus lanquam beslicB et [)ecora ; sed 
parati semper ad spem nostram tuendam. 
El intérim hoc caput meditemur, quod non 
parvum est, illisque dicamus, undenam in- 
lirmi, fortes ilios vicerunt ; duodecim univer- 
sum ûrbem?Non iisdem ulentes armis, sed 
iiudi contra armaios pugnantes. Die enim 
si duodecim viri rei militaris imperili, ia 
armatampugnatoruminnuuierabiiiumaciem 
irrumpenies, non inermcsiai]lura,sed eiiam 
corpore intirmi, abillis nil raaie paterentur, 
neque innumerabilibus lelis imperili sau- 
ciarenlur: babenies autem tela inûxa cor- 
pori nudo, omnes prosternèrent ; non armis 
utentes, sed manu lerientes : deinde alios 
otcidereut, alios caplivos ubducereut , nullis 
bcceplis vulneribus; an quis diceret rem ta- 
leni geslam human;im esse? Atqui apo- 
siolicum iropœum longe illo mirabiliusest: 
longe enim niirabilius est quamnudum non 
vulnerari, quod imperilus el illitleratus al- 
que piscalor tcntam su[)eiet gravilalem, ac 
neque a paucitale, nequea paupertate, ne- 
que a penculis, neque a praevia consuetu- 
uine, nec^ue a severilate rerum quas prœci- 
piebani, neque a quotidianis mortibus, ne- 
que abeorum qui deceperant auctonlate , 
impedireniur 

idem., De diversis. — Paulusoperabatur 
perpeluo, — uec recreationis causa opus 
iractabal, sicul raulti Iraires, sed lanto la- 
bore se exercebat, ut et cœleris subsidio 
esse posset. — Homo qui daemoifibus im- 
perabat, qui doclor erat orbis lerrarum, qui 
cuuclas sub cœlo positas Ecclesias, summa 
soliiciludine curabal, nocle et die operaba- 
lar. Nos vero quibus ne raillesima quidem 
iilius curarum parsiucumbil, vel poimsqui 
ne mente quidem eas tapere possumus, in 
oLio perpeluo vitam ducimus. 

Ideiu, Lib. ChnstuDi, esse Deum. — Dominas 
dabil verbuin evangetizantibus virlute multa. 
{t^sal. Lxvii, 12.) Non enim muverunt arma, 
licque expenderunt [.'ecuuias, — sed verbo 



simplicietmultamhabenle virtutem acmira- 
culorura ostensionera. Crucifixum enim prae- 
dicantes,el miracula facientes, totum orbera 
si l)isubjecerunt,evangeliza nies virlute multa. 
Etenim raera virluserat,piscatorem, publica- 
num, labernaculorura opilicem, nudis prœ- 
ceplis morluos suscilare , dœmones expel- 
lere, mortem abigere, philosophorum lin- 
guarâ muluam facere, rhetorum ora con- 
slringere, principes ac reges superare, 
barb.aris, Graacis, et omni generi homiimm 
imperare. Quod regibus et principibus 
majores sunt Petrus et Paulus declaravit 
eveplus. Nara regum leges etiam ipsis vi- 
ventibus abrogantur, at piscalorum illorum, 
etiara ipsis morluis, ralae sunt el immobiles 
nianent; licet multis legibus, animadver- 
sionibus, armis, suppliciis, argutiis, ver- 
borum eloquentia, cognaUonibus, anncitiis, 
diabolo, consueludinibus, malis moribus, 
voluplalibus , el inûuilis aliis rel'ringere 
plurimi conati sint. 

Idem, De diversis. — Si dicas aposlolos 
signa non fecisse, majorera ipsorura oslen- 
dis virtutem, et gratiam divinam , quod 
absque sigms lanlum orbem lerrarum po- 
luerint ad [)ielalem Iraducere. Hoc enim 
iflaxiiiium est et inusitalum miraciilum. — 
Al libi ego el miracula prioribu$ signis 
majora oslendam ; non uni cœco visum re* 
slilulunj,sed discussas eiroris tenebras qua^, 
totam teiram occupaverant: non leprosura 
unum mundalum, sed toi génies qnœ pec- 
cali lepram abslfrberuni, ac per lavacrum 
regenerationis mundalœ suul. Nemini ac- 
ciuil ut qui amicum aut magisirum supei- 
sliiem deserueril, viia liinclum plunmi 
tacial; ac lum [)rœci[)ue, cum propler exhi- 
bitam in euiu benevolentiam mille pe- 
ncula sibi vident imminere. Ecce taineu 
iJlud quod nulli accidit, \n Cbrislo et dis-, 
cifmlis f renit ; cl qui vivenleni illum ne- 
gaveranl ac, deserueiant, el comprebensum 
reliqueranl et autugerant, posi innumera 
illa opprobria et crucwni lai.ti eum lecerunt^ 
ut pro ipsius conl'essione ac tide animas 
etiara suas exponerent. Knira vero si (Ihri- 
sius mortuus non resurrexisset,qui poluis- 
sel tieri, ul qui supersliie ipso, ob pericu- 
lau] lugerant immineni , eu jam viia 
lunclo, propler illum mille periculis se ob- 
jicereai? 

Ideui, liom. 13 m xicl. apostolorum. — 
Quale prœceptum regium omne.s pecunias 
lelinquere, auimœ persuaseril, ac contem 
nere domum, patriam, cognalos el vitam? 
sed id poluerunl piscalorum ac pellionum 
voces. 

Idem , hom. k in I Cor. — Undenam 
venu in uieuicm duodecim liominibus, iis- 
que imperilis , res tantas aggredi, lis qui 
versabanlur in tluviis el soliludinibus, et 
nuiuiuam lorlasse in civitalem et in forum 
ingressi fuerunt? Undenam venil in menteiu 
Ul in universum orbem lerrarum slruerent 
aciem •/ Nam quod essenl limidi et |)usilli 
animi oslendil, qui de iis scripsii, el neque, 
obîervavit neque tulit, ut eorum tegeiet 
vil:a. Quod quidem est eliam maximum ar- 



2 {9 



APOS 



^qraentiim yeritalis. QuiJ ergo de iis dicil? 
Quod Christo comprehunso, f)Ost miracula 
iniiumerabilta, aiii quidem fugeruiU; qui 
vero mansit, cum esset alioruru prineeps, 
negavit Undenam ergo qui, viveiile Chrir 
s\Q, Judaicura irapelum non tulerunt, cum 
L'ssel morluus el sefiullus, si non resur-. 
rexisset iiec eis .'inirautn addidisseï, adver- 
sus loluin lerraruin orbcm direxerunl aciera? 
NiiQi dixis-et apud se, seijjsum non poluit 
servare , el nos [)roleget ? SiLii aulem non 
lulil vivus, el maoura prœbebil ^l0^luus? 
jpse vivus nullam subegit genlem, et nos 
loli leirarum orbi prrsuadeb.inius, dicentes 



^llius nGnien?Kl quoiiiodo fuerit consen- 

nonsolui 
lutn cogilaro? 



laneum, hœc 



lui facere, sed vel lan- 



S. HiERON., Comment, in Zach. i, t. III. 
— Jsli sunl quos viisU i)ominus, nt pernm' 
0\tlarenl lerram. (Zacfi. i, 10. j A Domino 
nii>si sunl aposloli ul loiuui orbeni evaur 
t^elica (iraedicatione complerenl; qui posU 
quam expic-verunt o[)us, reversi sunl ad 
magni consilii An;je!uui qui slabat iiiler 
eos, qui cuai Apostolo loquebanlur : Chrisli 
bonus odor sumiis in lus qui suivi fiunl, et in 
(lis qui pereunt [H Cor. ii, loj, cl inler 
Ulriusque vocatiuiiis pO[)ulos. El dixeiunl 
ad euni : Perambulaviujus lerraui, imple- 
vimus opus quod nobis injunclum est; et 
eoce oumis lena habilalur et quiescit, quœ 
atile desirla eral a Deo, nunc liabitalio ejus 
est, quiescit a beliis, a viiiorum prcsliis at- 
que peccalis : quiahœreditaleui Douiiui sus- 
cefiil revertenlis ad Patrem, at(}ue dicenlis: 
i'ucem mcani do vobis, pacem tneam relinquo 
vobis. {Joan. xiv, 27.) 

S. Alglst., Ir. k Enarr. in psaT cxxx, 
t. IV.— 1m Chrislo majora videnlur fecisse 
apostoli quam ipseDominus. Sed unde tieri 
polest , ul plus valeant sarmenla, quaiu 
ladix ? Quomudo aulem quasi majora viden- 
lur lel:i^se illi, quam ille? Ad vocem Du^ 
uimi suiiexerunl morlui, ad umbiam Irans- 
euiitis Peiri suriexil moiiuus. ^.Icf. v, 15.) 
Majus iioc videiur quam illud. Sed Clirislus 
lacent sine Pelro |)Olerat, Pelrus nisi iu 
Chrislo non poleiat : Quia sine me, inquil, 
t^ihil poteslis [uçere. (Joan. xv, 5.) 

iiJeai, De civit. Dei. — Si i)er aposloios 
ul eis credeietur, resurreçlionem atque as-^ 
censioncm piœdicauiibus Chrisli, eliam 
miracula l'acta esse non tredunl; hoc nobis 
unum grande miraculum sullicil , quod 
L-aui lerrarum orbis sine miraculis uUisçre- 
didit. 

Idem.^dr, Faustum Manich. — Régna ve- 
runl hic palriarchœ el prof)heiœ, ul et isla 
regnuiii Deum dare et auierre, oslende- 
reiur : Non hic regnaverunl aposloli et 
martyres, ul reguu n cœlorum desiderandum 
polius panderelur. llli reges bella gesse- 
luul, ut talcs quoque viclorias appareret 
Del voluhtate [)rœslari : isli non resistendo 
inlerfecli sunli ut poliorem esse docereut 
vicloriaui pro lide veril^lis occidi. 

Idem, Z>e dttersts, serm. 26. — Nunquid 
islas claves Pelrus accepit, el Paulus non ac- 
cepil? Joannes, Jacobus, elcœleri aposloli? 



TOLI 230 

Aut non sunt islœ in Ecclesia claves, ubi 
[jeccala quotidie dimittuntur? sed quoniam 
in significalione personam Pelrus geslabat 
Ecclesiœ, quod illi uni dalum est, Ecclesiœ 
datum est. 

B. Theodoret., serm. 10, De oracults, 

[,\V. — Sit7iepersecutisunt,el vos persequen- 

tur. Si sernwnem meum servarunt, et vestrum 

servabunt. [Joan. xv, 20.) El rursus: Si 

Dominum Beelzebuh vocaverunt , quanta ma- 

gis famulos et domesdcos ejus. [Malth. x, 

25.) Leges itaque sunl hujusmodi ; œquum 

vero est, ul divinos illos viros adroiremur, 

eosque ilidem qui illis crediderunl. Illi 

enim bas leges cum audissent, et neque di- 

vilias, neque polenliam , neque corporis 

robur a vocante accepissent, sed iongis, rt 

rerum quœ non ceriicbanlur, promissioni- 

bus fidem habereuf, cl labores araplexi sunl, 

et periculalolerarunl, el lerram peiagrantes 

doctrinam genlibus deluleruiit. Non minus 

aulem el eos lau<iari par est, qui suscepe- 

runt, quod niliil illustre, nihilque conspi- 

cuuui in prœconibus cernenles, sed [dscalo- 

rum sutorumque linguas, summamque ege- 

slatem(qui()pe quinec ad viclum necessariis 

abundabanl; unde enim haberent, qui co- 

gitare de crastino prohibili eranl?) non so- 

lum iis quee dicebanlur crediderunl, sed 

leges, qudius ad eam diem vixerant, con- 

lemi>seruut, el palrios mores abdicarant, 

el cum peiiculis ipsi quoque reliquain vi- 

tam duxerunl, pari modo cum magislris 

prœdicantes, parique modo conviciis el lu- 

dibriis atl'ecii, el per eosdem turbines (lu- 

Ctusque incedentes, Tanla aulem invene- 

ratione illos qui ad mortem usque ii pe- 

riculis versali sunl, et habuerunl illi , et 

Inbent passim omnes,ul eorum loculos the- 

sauros esse pulenl, uinle Uona omnia de- 

riventur. Legum ergo istarum polenliam, 

viri, perspicile. 

S. Leo Mag. , serra. 79, t, I. — Dubitan- 
dura non est omnem observanliam Ghri- 
stianamesseerudilionis divinai, el quidquid 
ab Ecclesia in consueludinem est devolio- 
nis receptum, delradilione a[)osloIici el de 
sancli Spirilus prodire doctrina : qui nunc 
quoque cordibus Iidelium suis prœsidet 
insliluiis, ut ea omnes et obedienler cu- 
stodiant, el sapienlt-r iutelliganl. 

S. Greg., Moral., in c. xxvj Job, t. I. — 
Et cœperunt loqui variis linguis, prout Spi- 
ritus sanctus dabat eloqui lUis. [Act. ii, 2.) 
Ex eo acceperunl ornamenta virtulis, quos 
immensa anle posséderai tœdilas timoris. 
Scimus enim ille apostolorum, id est cœ- 
lorum primus, anle acceptam hujus Spirilus 
graliam , quoties duui mori tiiuuit , vilam 
negavit. Qui non pœnis , non allliclionibus, 
non lerriblli potesiale cujusquara, sed unius 
mancipii sola est inlerrogatione prostralus. 
Et quidem mancipium, ne sexus firmior 
lerribile demonstrarel, ancilla est inqui- 
renle tenlalus. Rursusque ul lalis sexus 
infirmilas eliam odicii sui dejeclione viles- 
ceret, non ab ancilla lanlummodo, sed ab 
osiiaria est ancilla requisitus. Ecce quam 
viUs esl ad tenlandum persona requisila : 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



251 

lit aperte proderelur, quanla eum limoris 
infirmilns possideret , qui nec anle vocem 
ostiarise ancillae subsisleret. Sed jam hic 
paulo aille limidus, qiialis post adveiituiu 
Spirilus exstileril, videarnus. Certe, Luca 
lestante, didicimus, conlra sacerdotes ac 
principes quanla Dominura auctoritate prœ- 
(licavit. Nam cum facto miraculo quaestio 
fuisset cxorla, et sacerdotum principes, se- 
niores ac scribae in apostolorum persecu- 
tione concurrerent.,eos in raedio slaluentes 
in qua virtute miraculura fecerint, percun- 
clari curaverunt. Quil)us repletus Spirilu 
sancto Pelrus dixit ; Principes populi et 
seniores, si nos hodie dijudicamur in bene- 
facto hominis infirmi, in quo isle salvus est 
factus : nolïim sil omnibus vobis, et omni 
plebi Israël quia in nomine Jesu Cliristi Na- 
znreni, quem vos crucifixistis, quem DeussuS' 
citavil a mortuis, in hoc iste adstat coram 
VQbis salvus. {Act, iv, 8.) Cumque erga he&c 
persequentiuiu furor excrescerel, eosque 
sacerdotes ac principes Jesum praedicaro 
prohibèrent, contra iram [irincipum qua 
aucloritate Petrus excreveril in(]icatur,cuni 
iliic protinus subditur -.Petrus vero et apo- 
stoli dixerunt : obedire oportet Deo magis 
quam hominibus. [Act. v, 29.) Sed cura au- 
Cloritalem prœdicantium, resislentium prœ- 
cepta non premereni , ad tlagella perveni- 
lur. Nara subditur : Tune principes sacer- 
dotum cœsis denuntiaverunt , ne loquerentur 
in nomine Jesu et dimiserunt eos, {Act. v, 40.) 
Sed quia apostolorum virtutem premere 
nec flagella valueruiit, patenter ostenditur, 
cura protinus subinferlnr : i'f illi quidein 
ibant gaudenles a conspectu concilii , quo- 
niam digni habiti sunt pro nomine Jesu con- 
tumeliam pati. {Ibid., il.) Mox etiam post 
llagello.runj gaudia quid agerent, indicatur : 
Omni autem die in templo , et circa domos 
non cessabant dicentes et evangelizantes 
Christum Jesum, [Ibid., 42.) Ecce ille paulo 
anle limidus, jam linguis ioquitur, corii- 
cat miraculis, infidelilatem sacerdotura ac 
principura libéra voce increpal, ad praedi- 
canduna Jesura , exemplura auclorilatis cœ- 
leris prœstat : ne in nomine ejus loqui de- 
beat, verberibus prohibetur, nec lamen 
corapescitur. Contemnit flagella csedentium, 
qui paulo ante requirentium verha timue- 
rat :. et qui ancillae vires requisitus exp«i^ 



25Ï 



vil, vires principura caesus premit. Sancli 
enim Spiritus jara virtute solidatus, hujus 
nmndi altitudines libertatis calce deprime- 
bat : ut in imo esse cerneret, quidquid con- 
tra Creatoris gratiara allura lumeret. 

S. Bern., serra. 1, in (est. Pentec, t. II. — 
De excelso misit ignem in ossibusmeis, et 
erudivit me. [Thren. u 13.) O quanla facili- 
tale, quanta copia et lacullate, ignis ill© 
quem Dominus Jésus misit in lerram, non 
solum erudivit imperitos » sed etiam expe- 
divit impediloslProrsusigneaelinguae,qua& 
ex se disperlivit ignis isle, quae sic ignes- 
cere fecerunt, non solum mentes, sed el 
linguas apostolorum , ut etiam nunc pius 
audilor ad sermones ignescat eorum. Pror- 
susignea lingua Pelri , ignea lingua Pauli» 
in quorum verbis nune quoque vivit ignis 
perpeluus, qui et super corda no&lra scin- 
tillât, si accedamus; si aurem vel aaiaaum 
serraonibus non avertamus. 

Idem, serm. 3 in [est. Pétri et Pauli, 1. 1. 
— Potes illudnon inconvenienler accipere 
viros niisericordiae fuisse aposlolos, id est^ 
plenos misericordia, seu viros misericor- 
diœ, id est, raisericorditer datos Ecclesisa 
universœ. Scimus enim quod viri isti nec 
sibi vixere, nec sibi morlui sunt, sed ei 
qui pro ipsis mortuus est ; magis autem 
nobis omnibus propterilium. Quantum enim 
proderit nobis eorum juslilia, quando ipsa 
quoque, sicut ostensum est, tautura pro-- 
fuere peccata? Pro nobis facil eo.rum vita , 
eorum doctrina,eliam et mors ipsa. Etenim 
in conversione continentiara , in praedica- 
tione sapientiam, in passione sua palien- 
tiam nobis beati aposloli contulerunt. Quar- 
tum usque hodie conferre non cessant mi- 
sericordia pleni, quod est sanctarum fructus 
orationum. Quam.vis et in ipsa eorum yita 
adliuc inveuias quod annuraeres, fiduciam 
scilicet, quam nobis miira,culorum exhibi- 
tione praebuerunt.Et quis enuraeret, quam 
multa nobis miraculorum exUibilione prœ- 
buerunt, et quis enuraeret quam multa no- 
bis per eos bénéficia provenerunt? Ben» 
ergo de eis Scriplura Ioquitur, quoniam hi 
sunt viri miser icordiœ. Et addidit : quorum, 
justitiœ oblivionemnon acceperunt. 

Apostoli fîde digni. 
Vid. verb. Evangbuà., Miracula 



ÂPOSïOLICà SEDES 

Yid. verb. Ecclesia, ex SS. Palribus. 

APOSTOLORUM SYMBOLUM 



Vid. verb. SïMBOLUAt. 



[Ex Conciliis.] 



Ex synod, Rom., sub Sylvestrol, an. 324. 
— 2. Nemo judicabil primam sedera, quo- 
niara omnes sedes a prima sede jusliiiam 
desiderant temperari nequeab Auguslo, ne- 
que ab omni clero, neque a regibus, neque 
a populo judex judicabitur. 

Ex concil. Nicœno gen. i, sub Silveslro I, 
an. 325, secundum Julium I. — 3. Dura ile- 



rato judicat aposlolicœ Sedis Ponlifex eau-. 
sara episcopi , nullus alius in ejus loco. 
ponatur, aut ordinetur episcopus, quoniara, 
quanquam a comprovincialibus episcopis, 
accusali causam Pontiticis , scrutari liceat,. 
non tamen definiri inconsul to Rom. Pon- 

lifice permissum. 

19. Provincialis syaodus retractetur per 
vicarios urbis Romae episcopi, si ips© d.e.- 
creveril. 



253 



APPARITIONES 



2.~4 



23. Primates accusa'.ijm disciitienles epi- 
«>ro()um non ante, senlenliam proférant d.un- 
iiationis, quam apostolica freli aucloritale, 
«ul reum se ipse confilealur, aut per inno- 
centes et canonico examinalos regularitor 
testes convincalur. 

Ex conc. Rom. i, sub Gclasio I^an. iG4. 

— 2. Quanivis universœ per orbera ca- 
tholicœ Ecclesi.-c unns thalamus sit, sancla 
lamenRomanacatliolicactapostolicaEcclesia 
nullis synodicis conslitulis cœterisecclesiis 
piselala est, sed evanyelica voce Domini 
nrimatuin oblinuit (Tu es Petrus et super 
hanc Petram ccdificabo Ecclcsiammeam), cui 
data est etiam socielas bealissimi Panli 
l'iposloli, vasis electionis,qiii uno eodemqne 
ilie gloriosa morte cum Pelro agonizans co- 
ronatus est, et pariler siipradiclam S. K. 
lic^lesiam Clirislo Domino consecrarunt. 

Ex cotii^.Aurelian. iv, sub. Vigilio an. oio. 

— l. De solemnitate [tascliali (jiioties ali- 
qiiid dubitalur, inquisila vel agnita par nic- 
tro|)olitanos a sede aposlolica, sacra consti- 
tulio tenealur. 

Ex conc. Aurelian. v, sub Vigilio, an. 552. 

— 1. Eutjchetis, Neslorii seclas quas apo- 
slolica sedes sancla condemnat similiter et 
nos easdem cuiii suis auctoribus et sectato- 
ribus exsecrantes, prœsenlis constitulionis 
vigore analhemalizamus alque damnamus. 

Ex conc. Rom., sub Zacharia , an. 74.3. — 
J*. Juxta SS. Pairum et canonum statuta 
oinnes efiiscopi qui hujus aposlolicœ sedis 
urdinalioni subjacebunt, qui propinqui .sont 
i.. mue M. mens. Mali SS,. priticipum a[)Osto- 
lorura Pétri et Pauli liuiinibus prœsententur, 
omni occasione se[)psita, qui vero de lon- 
ginquojuxta cl)irogra[)hum suum impleant. 

Ex conc. Rom. m, sub Nicolao II, ou. 863. 

— 5. Si quis dogmata, mandata, inlerdicla^ 
sanctiones vel décréta pro catholica fuie, 
pro ecclesiastica disciplina, pro correcliane 
lidelium, pro emendatione sceieralorum, vel 
inlerdiclione imrainenlium, vol l'uturorum 
ÇQaloruma sedis apostolicœ prœsulesalubri- 
(er promulgata comempserit, analtiema sit. 

Ex conc. Constantinop. gen. viii , sub 
Adriano //, an. 8(i9. — 13. Si quis lanta ef- 
feratus audacia (quemadmoduui PlioiiUs et 
l)ioscorus) sive scri|)lo, sive sine scriplo in- 
sanias quasdam cçnlra ca^liedraiu çoripliaçi 



aposlolorum Pétri audeat jactare, enmdem 
atque iHi sententiara damnationis subeat, si 
qua vero œcumenica synodo collecta, de 
Romanaeliam ecclesia conlroversia exstite- 
rit, licebit cum decenli reverentia do pro- 
posita quaestione veneranter porcunclari, 
respon=umque admiltere , et sive juvari, 
sive juvare, non tanion iinpudenler ('onlra 
senioris Romani ponlificis senlenliam 11- 
cere. 

Ex conc Tribu,r.,snbFormoso, an. 895. — 
30. In memoriaui bealiPeiri honoremus san- 
ctamUomanamelaposlolicam sedem, utquœ 
nobissacerdolali s ma 1er est dignilatis, esse de- 
beat magistra ecclesiasticœ rationis ; quare 
servanda eslcum mansuetudine bumilitas, ut 
licet vix ferendum ab illa SS. Sede impoiia- 
lurjugum, conféra m us, et [)ia devotione to- 
lereoius ; si vero,qu0(l non decet»quilibetsive 
sit presbyler sive diaconus redargualur, fal- 
sam ab Apostolicodetulisse epistolam, salva 
lide et intégra circa Aposlolicum humili- 
tale, pênes episco[)um tit |)Ote.«tas utrum 
eum in carcere aut in aliam delrudat custo- 
diam, usquequo per epistolam aut per ido- 
neos suœ partis legatos, Apostolicam iater- 
pellet sublimitatem, ut potissimura sua 
sancla legalione dignelur decernere , quid 
de lalibus justo ordine lex Romaua statuât 
definire. 

Ex cane. Quintilineb., sub Greg. VU, an. 
1085.— 1. Nuili iiceat judicium sedis apo- 
stolicffi retractare, et ejus judicio judicare. 
Ex conc. Lateran «, imiversal. ix, sub 
Calixto JI, nn. 1122. — 12. Porticiuioruiu 
habilal(jri]m sine hœredihus moritMitiuin 
bona, conlra niorieulium deliberaliotiem 
minime pervadantur, ita lamen ut Porticani 
in Romanœ Ecclesiœ et noslra nostrorumquo 
successorum obedienlia et iidelitate per- 
maneant. 

Ex cane. Trident, gcner. xviii, sub Pio 
IV, an. 1562, sess. 25, Oe Refornialione. — 
8. Sancta synodus omiiia et singula sub 
quibuscunipio clausulis et verbis quee de 
moruin reiormatione atijue ecclesiastica 
disci|)lina tam sub Paulo Ul, ac Julio 111, 
quam aub Pio IV, ponliticibus in hoc sacro 
concilia statuta sunt, déclarât ila décréta 
fuisse, ut in his salva sem[)er auclorilas se- 
dis apostol.icae et sit et e^sse inielligaiur. 



APPARITIONES 



[Ex SS, Palcibus.] 

S. Ambros., Exposit. Evang. sec. Luc, 
lib. I, t. 1. — Apparuit nutem illi angélus 
Domini slansadextris altaris incensi. ( Luc. 
I, 11.) Non immerito Angélus ridetur in 
tempio; quia veri sacerdotis jam nuntia- 
batur adventus, et cœieste sacrilicium [la- 
rabatur, in quo angeli ministrarent. Et 
bene apparuisse dicitur ei qui eum repente 
fonspexit. Et hoc spetiaiiter aut de ange- 
lis, àul de De'^Scripturadivina tenere con- 
s.uevil,^ ut quod non potest p^aevidori, appa- 
rere dicalur,sic enim habes. Apparuit Deus 



Abrnhœ nd ilicem Mamhre. [Gen. xviu, 1.) 
Nam qui ante non prwsentilur , sed repen- 
lino videtur aspectu , apparere memoratur. 
Non enim sirniliter sensibilia videntur, et 
is in cujus volunlale situm est videri, et 
cujus naluree est non videri » volunlatis vi- 
deri. Nam si non vult, non videtur : si vull, 
videtur. Apparuit enim Deus Abralue, quia 
voluit: alii, quia noiuit, non apparuit. Vi- 
sum est etiam Siephano, cum lapidarelur a 
populo, aperiri coelum : visus est etiam 
Jésus stans ad dexleram Dei ; et non est 
visus a populo. [Act. vu, 55.) Vidit Isaias 
D^Dminum Sabaoïli [ha. vi, 31), sed alius 



Î55 DICTIONNAIRE 1>E 

videre non potuil; quia cui plaçait, appa^. 

S. AuG., contra Maxim. Arian., lib. ii, 
t. Vill. — Yenerunt aiitem duo angeli m 
Sodoma ad vesperam. {Gen. i, 19.) Hi siint 
(ie quibns paulo ante dixerat : conversi 
inde viri veneriinl in Sodoma. Sed daos 
esse non expresseral, ciim ab inilio 1res vi- 
ros dixisset apparaisse Abrah», et hospila- 
liler ab illo esse susceptos, quos et abeuri' 
tes deduxit ambulans cum eis. Forlassis 
ergojam pronuntiare feslinas, unura fuisse 
in eis Dominum ChtisUim qui singnlariler 
proraillebat et respondebat Abrahœ; duos 
veroillos; angelos ejus» qui venerunt iti 
Sodoma lanquara m.issi angeli a Domino 
suo. Sed exspecla : quid properas? Consi- 
deremus omnia diligenter, ac prius intuea- 
mur verba Domini, loquenlis Abrahae : Cta- 
mor Sodomorum, inquit, et Gomorrhœ mul' 
tiplicatus est, et peecala eorum magna valde. 
Vescendens ergo videbo, si secundum damo^ 
rem ipsorum venientem ad me constimmanl. 
{Gen. XVIII, 2û.j Hic seipsum descensurum 
dixit in Sodonja, qno tamen non ipse de- 
scendit, sed angeli duo. Ipse quip[)e abiiU 
ut desiit loqui ad Abraham, Abraham au- 
lem régressas est in locum suum. Vene-. 
runt autem, sicut dictum est, duo angeli 
ad vesperam in Sodoma. Quid si et in illis 
duobus angelis unus Dominus invenilur, 
qui secundum verbum suuia in ipsis an-^ 
gelis descendit in Sodoma? Nonne mani- 
lestum erit in tribus illis viris unum Do- 
minum visum fuisse, iibi quid aliud quam 
ii)sa ïrinitas figurala est? 
' Sed videamus ulrum nobis sancta Scri- 
ptura demonslret, eliamin illis duobus an- 
gelis, ut dixi, unum Dominum invenlum, 
ne forte hœc ex nostro corde affirmasse Ti- 
(leamur. Venerunt ergo duo angeli in Sodoma 
ad vesperam, Lot vero sedelat, ut scriptum 
est, juxtaportam Sodomorum. ( Gen. \ix, 1. ) 
Videns autem Lot surrexit in obviam illis, 
et adoravit in faciem, in terram. Vides nemn 
pe hic a juslo viro angelos adoralos, et lu 
iiou vis adorari Spiritum sattclum quera vos 
quoque omnibus angelis sine ambiguitale 
praeponilis? Sed dicturus es, homines esse 
credebal, nai^i et in hospitium lanquam ho- 
uiiiies invitavit. Hoc uiagis est contra le, 
qui (iicis non adorari Sjjiriluiu sanclum , 
omnibus angelis prœferendum ; cum videas 
et liomi'ies inferiores angelis ajuslis homi- 
iiibus udorari. Sed adhuc dicturus es, Do- 
minum adoravil ; eum quippe in duobus 
illis, quos i)uiabat esse homines, tanquam 
in prophelis esse cognovil. Jam ergo pro-, 
batum est, quod me pcr Scrq)luram san- 
clam demonslralurum esse promiseram , 
eumdem Dominum qui diclus fuerot abiisse 
ut cessavil loqui ad Abraham, in illis duobus. 
angelis descendisse in Sodoma, sicut dixe- 
rat, et in eis ab homine justo agnitum fuisse. 
Exhibuil ilaque hospilalitalem quomodo 
sanclis liominibus Bjbiy in quibus Deum 
esse cognovit, cum eos, sicut eliam ipse 
Abraha^^ angelos esse nesciret. Hi enim 
palriarcli» suul signiticali in Epislola ad. 



IX TRADITION, 25G 

Hebrœos, ubi de hospitahlate loquens, ail: 
Per hanc quidem nescientes hospitio recepe- 
runt angelos. {Hebr. xiii, 2. j 

Recepiis ergo eis Lot» nesciens quod 
angeli essent, cognoscens tamen sicut, ipso 
Domino deraonstrante, cognoscere potuit, 
quis in eis esset, ut ea quee interea fada 
sunl taceam, exiit cum eisdeSodomis :quod 
anlequam lieret, sicut Scriplura loquilur, 
dixernnt viri al Lot : Sunt libi hic generiy 
aut filii aut fîliœ , aut si qui» tibi alius est 
in civitate eduç de loco hoc < quoniam perdi-^ 
mus no^s locum hune; quia exaltatus est cla~ 
mor eorum ante Dominum, et misit nos Domi- 
nus conterere eum. {Gen. xix, 12.) Ecce ubi 
apparet illud incendium Sodomorum per 
angelos faclum, quos misit Dominus; in quU 
bus tamen et ipse erat : neque enim sic mitlit 
suos, ut recédai abeis. In eis ergodescendil 
in Sodoma ad tesperam. Deinde paulo post, 
mox ut eduxerunt illum foras, et dixerunt 
sicut eadem Scriplura narrai : Salvam fac 
an-'mam luam, ne respexeris rétro, nec stete- 
ris in totaregione ; in monte salvum te (ac, 
ne quando comprchendaris : dixit Lolh ad 
illos: Oro„ Domine, quia invenil puer luus 
misericordiam anle le, etc. [Ibid., 17-) Quœ 
cum linisset loqusndo, et elegisset sibi civi- 
talein pusillain in qua salvaretur» sequi- 
lur Sciiplura, et ei dicil esse responsum : 
Ecce miralus sum faciem tuain et super ver- 
bum hoc, ne everterem civitatem de qua locu-. 
tus es. Feslina ergo ut salvus sis ibi. Non 
enimpotero façere verbwn, donec lu illo in-^ 
Iroeas. Quis hoc ei respondit, nisi ille cui 
dixerat, Oro, Domine? hoc autem ad ambos, 
dixerat, non ad unum, sicul aperlissima 
scriptum est : Dixit autem Loi ad illos, oro^ 
Domine. Agnovit ergo Lot unum Dominum 
in angelis duobus, sicut Abraham unum 
agnovil in tribus. 

Non est cur dicalur, ille abierat qui Do-- 
minus erat et cum Abraham loculus erat» 
duo vero angeli ejus erant qui in Sodoma, 
illo abeunle, vonerunt. Omnes enim 1res 
Tiri dicti sunl qui apparuerunl Abrahœ, si-.. 
cul Scriplura solel viros etiam angelos nun- 
cupare. Nec eorum alicui uni promptius et 
humilius Abraham obsecutus est quam duo-, 
bus, sed eequaliier omnibus pedes lavil, 
ggqualiler omnibus epulas rainislravit. Er-» 
^0 in onmibus Deum vidil. l'ropter quod 
Scriplura prœdixerat, quod visus fuerat 
Deus Abrahœ et quercum Marabre {Gen. 
xYiii, 1.) sub cujus umbra arboris 1res viros 
pavil, quos oculis corporis vidit : in eis vero. 
Deum, non corporis, sed cordis oculis vidit,, 
id est inlellexil atquo cognovit : sicul Lot 
in duobus, cum quo non pluraliler, sed 
singulariter loquebalur,. eique respondebat 
eliam ipso lanquam unus. Çrinto quippe 
Abraham per très viros illum audivit, po- 
slea per unum,q.ui duobus in Sodoma eun- 
lib'js manens loculus est cum eo: Loi au- 
lem per duos, lamen el ipse unum Dominum, 
quem pro liberatione sua rogabat, et qui ei 
respondebat, audivil : cum ambo, id est, et 
Abraham et Lot, homines pularenl eos qui, 
angoli erant;. Dwum vyro in eis mlellig©-- 



237 AQUA BELNEDICTA 258 

sligare non poleram, certus tainen non fieri 
corporels molibiis, nec corporeis qualilali- 
l)us, cum corpori similliinum fierel: hoc 
inierira habeas, ul ab occupalo et fesliiianle 
dictalura. 

S. Gbeg. Mag., Diaîog. lib. ii, t. II. — 
Scriptura lesle, novinms quod propheta ex. 
Judœa sublevatus, repente est cum praddio 
in Chaldœa depositus, quo viilelicel prandio 
|)rophetara refecit, seque repente in Judœa 
ilerum invenit. Si igitur lam longe Habacuc 
|)Oluit sub momenlo coiporaliier ire, et 
prandiuni déferre, quid mirum si Benedi- 
clus Paler oblinuit, qualeiius iter per spiri- 
lum, et Iratrum quiescenliura spiritibus ne- 
cessaria narrarel, ut sicut il!e ad cibum cor- 
poris corporaliler porrexit, ita isle ad ins- 

sonce (quis enim lioc dixerit» ul quidquid lilulionem spintalis vilse, spintahler per- 

iliud est creaturœ per quod sonuit vox geje^? 



renl qui erat, non putarertl esse qui non 
erat. Quid sibi ergo vull isla visibilis Tri- 
nilas, et intelligibilis unilas, nisi ut nobis 
insinuarelur, quod ita très essent Pater et 
Filius et S[)iritus sanctus, ut tamen siniul 
non très dii et domini essent, sed unus Do- 
minus Deus? 

ldera,l.v/)e Trinitate, t. VIII.— Siquœri- 
tur, post incarnationem Verbi, quomodo 
facta sit vel vox Palris, vel species corpo- 
ralis qua Spiritus sanctus demonstratus est : 
per creaturam quidotn lacta ista non dubi- 
10 ; sed ulrum lantummodo corporalera al- 
que sensibilem, an adhibito S[)iritu etiaui 
rationali, vel intellecluali (boc enim qui- 
busdam placuil appellare, quod Grœcidi- 
cunl 7ioeron), non quidem ad unitatem per 



Palris, ita sit Deus Paler ; aut quidquid illud 
est crealurae in quo per cuiumbee speciem 
vel per igneas linguas Spiriius sanctus de- 
iiionslralus est, itasltS|)irilus sanctus, sicut 
est Dei Filius homo liie qui ex virgine fac- 
lusest?) sed lanlummodu ad minislerium 
peragendœ signiticalionis, sicut oportuisse 
Deus judicavit: an aliquid aliud intelligen- 
duni sit, invenire diliicile est, el lemere 
iiffirmare non expedil. Quoraodo tamen isla 
sine rationali vel iiilellecluali creatura po- 
luerint (ieri, non video. 

S. Alg., epist. 159, Evodio, t. II. — 
Visioues luiurorumque prœdicaliones quo^ 
modo ûant, illejam explicare conelur, qui 
i.ovitqua vi efliciantur, in unoquoqueanimo 
tanta, cum cogitai. Videmus enim, planeque 
cernimus in eo tieri rerum multarum visi- 
biliuiii, el ad cœteros corporis sensus pei- 
tinentium, innumerfibiles imagines: quee 
non inlerestquam ordinale vel turbidefianl; 
sed taiituui quia (iunl, quod manifeslum 
est, qua vi et quo modo liant quisquis po^ 
lueril explicare, (quse omnia certe quoti- 
(liana sunl aique continua,) audeat prœsu- 
mero aliquid m; detinire , etiam de illis 
rarissimis visis. Ego autem tanto minus hoc 



S. GREG.MAG.,l.ntn//Îpflf. iit, t. III, pari. 
11. — Quoniamrevelalus fuerat Dominus Sa- 
mueli in Silo, juxla verbiim Domini. [ï Reg. 
111,21. )Tuiicsu ei reveiavil, cum ei secret um 
sui consilii, de repulsione reprobi prœdica- 
toris aperuit. Quod firoleclo juxla verbum 
Domini faclum asserilur, ut hoc quod non 
valde suptrius per virum Dei ad Heli dictuin 
tuerai, eiiam secumlum hi^turiain impletuni 
esse sintiaUir: El suscitaho mihi sacerdolem 
fidelem, qui juxta cor meiim et nnimammeam 
facial, el ambulabit coram Cfiristo Deo omni- 
bus diebus. (7 Reg. ii, 25. ) Et item : Videhis 
cemulum tuinn in lemplo, in univcrsis prospr- 
ris Israël. {Ibid., 32. ) Quod si juxta spiri- 
laleminielligeiiliam perserutamur, quomodo 
aduit Duminus, ul oleclis apjî.'ireat, nisi quia 
qui elecius suos de conleujplalione jusiitiœ 
suae mirabililer iLrrel, eliam de ostensione 
glorifie inellabililer demulcet. Qui enim ap- 
parendo justus, corda sauclorum lerrore 
conculit, ut appareat addil, quando cordi 
terrilo dulcedo relunditur suœ pielalis . 
Hinc est enim quod Moysi non semper in 
igno apparuii, sed in igné aliquando, ail 
quando in nube. In igné qiiippe terror ju- 
uicii est. Undeetde secundo Rederaptoris nu- 



êïïdeo,'"qua'nTo 'munis "id qû'oqûe in nobis, slri adventu per Psalmistam dioitur: Jgnis 
quod vila continua vigilantes doimientesque anle eum prœibtt, el in circuilu ejus tempes 



quod 

experimur, quo pacto liai ex[)licare sufficio. 
^am cura ad le diclarem banc epistulam, 
leipsum animo conluebar, le ulique absenie 
alque nesciente, et quumodo f)Ossis bis ver- 
bis moven, secundum noliliam quae mihi 
de le inest, imaginabar, alque id quoniam 
modo inauimo meo tieret, capere uc iuve- 



stas valida* [Psal. XLix, 3.) In nube auieui 
protecliu miseralionis exprimilur , quia 
ejusdem protecliunis suœ blandimenium 
eleclissuis promillens Dominus, ait: Tune 
videbunl filiunt hominis venienlem in nubti 
( Marc, xiii, 26; Luc. xxi, 27.) 



AQUA BENEDICTA 



[Ex SS. Palribus.] 
S. Clem., Conslitul. aposlol. lib. viu, 
cap. 29. — De aqua autem et oleo..... con- 
sliluo ego Malthœus, ul benedicat episcopus 
aquam aut oleum. Sin vero non adsil , bene- 
dicat presbyter, prœsenlc diacono. Quando 
autem aderil episcopus; assistant presbyler 
et diaconus. Huuc vero iu modum dicat : 
Domine sabaoth , Deus virlutum, creator 
aquarura , largiloi» olei ; misericors, el 



hominum sludiose, qui dedisti aquam ad 
potum el expurgalionem, et oleum ad 
exhilarandum vullum in exsultationera lœti- 
liœ : ipse el iiunc per Chrislum sanclilica 
banc aquam ^ alque hoc oleum, nomine 
illius qui obtulit, aut illius quae oblulit , 
et da vim etlecUicem sanitalis, morborumque 
expullricem, (lœmonum l'ugatricem , ^om- 
nium insidiaruui |)iosligatricem, per Ghri^ 
siurnspem noslrem. 



859 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



260 



EosEB. , lib. \ Hislor. eccles., cap. 4-. — 
Hic sacrarura expialionum signa posuil , 
fontes scilicel ex adverso ecclesiœ struclos, 
qui inlerius sacrarium ingressuris copiosos 
latices ad abluendura rainistrarent. 

S. Paulin., epist. 13, al. 37, ad Pam- 
mach.f ubi basilicam Aposlolorum ab i{)SO 
Pammachio œditicatam describens^ ait, d. 
13. — Prœtenlo niiens atrio, fusa vestibulo 
est, ubi canlharum minislra manibus et 
oribus nosliis fluenta ructantem fasligiatus 
solido œre thulus ornât et inumbrat, non 
sine njyslica specie quatuor columnis sa- 
Jienies aquas ambiens. Decet eniiu ingres- 
suni Ecclesiœ talis ornalus j ut quod intus 
myslerio salulari geritur , speclabiii pro 
furibus opère signetur. 

Epist. 32, al. 12, Ad Severum , n. 15. 

Sancta nitens faimilis inlerluil alria lympliis 
Caiilharus, iniraiilumque niaiius lavât ainne mi- 

[nislio. 

Poeraale 27 De S. Felice, Natal, ix, vers. 
463 (edit. Migne.) 

Forsitan haec inter cupidiis spectacula qusras, 
Unde replenda sit hœc lot foiilibns area dives, 
Cura piocul urbSj et ducliis aquie prope nuUus ab 

[urbe 
Exiguam liuc lenui demiltat limite gullam. 
Respondebo nihil propria nos (idere dexlraj 
Nil ope lenoiia coiilidere ; cuiicla polenli 
Deposuisse Deo, et fontes pra-sumere cœlo, 
Denique cinémas astruximiis undique lectis, 
Capluri fundonie Deo de nubibus amiies ! 
Uiidc Huant pariter pleriis cava mannora labris. 



Quod si etiam iiiterdum evenial defectas aqua- 

[ruin, 
Ordine disposilo varias distin'cta figuras, 
Condiarumque modis, et pictis (loi ida métis, 
Forte erit et siccis spectàbilis areia vâsis. 
Namque tenes etiam magna Salomonis.in œde, 
Quam fuerit decori siccum mare : quod sapiens 

[rex 
JEre dédit solido, et tauris suspendit alienis. 

Poema 28 De S. fc/jce. Natal. ï, vers. 2S. 

Interior variis ornatibus area ridet, 
Lseta super lectis et aperta luce serenis 
Fronlibus, atque infra niveis redimila columnis. 
Cujus in exposilo prœluceus canlharus exslat, 
Quern cancellato legit serea culmine lunis. 
Caîtera dispositis slânt vasa sub aère nudo 
Fonticulis, grato varie quibus ordine lixis, 
Dissidet arlis opus, concordai vena mciallii 
Unaque diverse fluit ore capacius unda. 

S. Chrysost., De verbis Aposti II Cor : 
Habentes , etc. Serm. 23, inter hom. de 
div. Novi Testam. locis. — Quemadnioduui 
enim solemne est, ulfonles prœsto sint in 
atrils templorura , ul qui preces fusuri 
sunt ad Deum, manus prius lotos inter 
precandura alloUanl; ila pauperes fonliuui 
viceante fores collocaveruni majores nostri, 
ul non aliter ac manus abluimus aqua, 
prius per beneficeniiara abstersa anima , 
luni demura preces noslras otferaïuus. 

Synesils , epist. 121, Anastasio hydroco' 
melœ. — Publicus gladius non minus quauj 
lustralis aqua , quae in teiûplorum vesiibuiis 
collocalur, civilalis est piaculum. 



ARBITRIUM LIBERUM 



[Ex SS. Palribus.] 

S. Iren. , Adv. hœret. , lib. iv, cap. 9. — 
Homo vero raiionabilis et secundum hoc 
similis Deo, liber in arbitrio factus et suœ 
poteslatisj ipse sibi causa est , ut aliquando 
quidem frumenlum, aliquando auleui palea 
liât. Qua[)ropler et ipse condemnabitur , 
quoniam rationabilis factus amisit vcram 
rationemj et irralionabiliter vivens advti- 
satus est jusliliœ Dei, Iradens se cmiii 
lerrenospiritui, et omnibus serviens voiu- 
plalibus ;quemadmoduin Propheta ail iHomo 
cum in honore essel , non inteUexil : com^ 
paralus est jumentis insipientibus et similis 
[acliis est illis. {Fsal. xlviii^ 13.) 

PaiLO Jld,, Lib. Quod Deus sil immuta- 
hilis. — Sola mens in nobis merilo immor- 
talis ceiiseUir. Solaiu enim liane Paterjussil 
esso liberam , exemptam et dimissam e 
iiecessitaiis vinculis, donalamque munere 
decenlissimo voluntalis sponlaneœ, quale- 
nus ejus ca[)ax eral. Nam brut* aniujanies, 
quarum animabus non inest mens donala 
liberlatis privilégie , subjugalae Irenalœque 
Iraduntur ad minislerium homiuuin, lan- 
quam beris mancipia. Homo autem liberam 
lacullalem et sui juris sentenliam sorlilub, 
ex deslinalo pleraque faciens , merito vitu- 
perium incurril, si prudens sciensque pec- 
cal sicul e diverso laudem , quando sua 
spunte beuefacil. Nam stirpium animalium- 



que nec ubertas lâudalurj nec Si maie 
proveniant, vituperaiitur : quod uterque 
hic motus, et ulraque mutalio non est 
volunlaria : sed sola liominis anima qu© 
acce|)it a Deo molum voluniarium , hactenui 
illi siuiilis, a molestissima gravissimaque 
heranecessilatequantum licuii, maiiumiss.i, 
jure accusari posset , si liberalorem suum 
non tolerel, non evasura pœnam quœ ani- 
madvertit in liberorum ingralitudinera. 
Itaque recogilavil, et intra se dixit Deus, 
non nunc primum, sed jaiu dudum hrmiler, 
quod fecissel hominem , id est qualem eum 
condidisset. Condiderat enim liberum , ul 
relictus volunlati propriaequidquidplaceret, 
agerel : idque hauc ob causam , ut sciens 
quid bonum sit, quid malum : et quid 
intersit inter honesia lurpiaque reputaws , 
quid item inter œqua et iniqua, el in uui- 
Yersum virtutem inler et vitium, eligeret 
raeliora , détériora fugeret. In eam senten- 
liam et oraculum exsial in Deuleronomio : 
Ecce posui ante faciem tuam vitam el mor- 
tem, bonum et malum : lu vilam elige. 
(Z>eu<.xxx,19.)Ergouirumquehi!icdiscimus, 
quod et insila sil hominibus boni ac mali 
scieiitia, et meliora dolerioribus antel'erre 
debeani , cum babeani deliberalionem lan- 
quam iiicorru[)tum judicem , quae reciœ 
rationis moniiis pareal, rejectis contrarii» 
suggestiouibus. 



231 



ARBITRIUM LIBERUM. 



2G2 



S. Jdstiîî., apol. 1. — Deus ab inilio qui- 
(iem hiiraanura genus intelligenlia et vera 
eligendi ac recta faciendi facullate prœditum 
creavil ; ila ut omnibus hominibus nnlla 
apiid Denra relinquatur excusatio. RatioDe 
enim prœdili et ad inlelligendum apti et 
habiles creati sunt. Si quis aulem hœc 
Deum curare neget, is vel eum non esse 
nslute profitebitur: vel si sit, pravitale 
gaudere, aut lapidi sirailem manere dicot, 
iiec quidquam esse virtutem aut vilium , 
sed sola opinione beec ab hominibus bona 
au t mala judicari : quae sane maxima impietas 
et injuslilia est. 

S. Clem. Alex., Stromat. I. ii , t. I. — 
Nos qui liberara potestatem eligendi et 
\ilandi a Domino datam esse hominibus, 
a Scripturis accepimus, judicio tirmo ac 
immobili ûdei acquiescamus , alacrem et 
promplum ostendentes spiritum, quoniam 
vilam elegimus, et Deo per vocem illius 
credidiraus; et qui Aéyw credidit, novitrem 
esse veram : Aoyo? enim est verilas. 

Tebtull. , I. II adv. Marcion. , cap. 5. — 
Non facie homo ad unilorratm Deum ex- 
pressus est : sed in ea substantia quara ab 
ipso Deo traxit, id est animœ ad formam 
Dei spondenlis, et arbitrii sui libertate 
signatus est. Hune slatum ejus confirmavit 
eliam ipsa lex. Non enim poneretur lex ei 
qui non haberet obsequium debitum legi 
in sua {>otestate : nec rursus comminalio 
mortis transgressioni ascriberetur, si non 
et contemptus Jegis in arbitrii liberlatem 
hominis depntaretur. — Sed et alias quale 
eral ut totius mundi possidens homo non in 
primis animi sui possessione regnarel , 
alioium Dominus , sui famulus. 

Origen. , De orat. , 1. 1. — Arbitror Deum 
singiilas ralionales animas ita dispensare, 
ut ad sem(»iternam earum vilam respiciat : 
habent enim illœ semper liberum arbitrium , 
et sponle vel in melioribus sunt , et ascen- 
dunl usquequo ad bonorum a|)icem perve- 
nerinl, vel obnegligenliam variisdescendunt 
modis in lanlum vel lantum malorum 
cumulum. 

Idem , De princip. , I. m, 1. 1. — Tenlatio 
vos non comprehendat nisi humana. Fidelis 
aulem Deus qui non permitlet vos tenturi 
supra id quod poteslis. [1 Cor. x, 13.) 
Sicut hi qui agouibus piœsunl, eos qui au 
cerlamen veniunt, non ulcunque, nequij 
foriuito inler se sinunt inire certamina, 
sed diligenli existimalione prout vel corpora 
viderint, vel œlalcs, œquissimo compara- 
tione juugentes illum cum illo, verbi gratia, 
pueros cum puens , viros cum viris , qui 
sibi vel œvi vel roboris propinquilate con- 
venianl; ila inlelligendum est eliam de 
divina providenlia, quod omnes qui in hos 
humanae vilae descenderinl agones, juslis- 
sima moderalione dispensée secundum ra- 
lionem uniuscujusque virlulis , quam ipse 
solus , qui solus corda hominum intuetur , 
agnoscit : ut alius quidem pugnet adversus 
Caméra lalem , alius vero adversus lalem , 
el alius quidem in taiilum tempus , alius 
vfro in lanlum et ul aller insligelur carne 



in hoc vel illud, alius vero in aliud : tum 
vero ut alius résistât adversus inimicam 
poleslalem illam vel illara , alius vero adver- 
sus duas vel 1res simul , aut nunc quiiJem 
adversus a liam, nunciterum adversus al iara, 
ot cerlo tempore quodam adversus illam, 
et cc-rlo quodam adversus aliam, vel post , 
quœ gesta adversus quas pugnet, post quœ 
vero adversus alias. Inluere enim ne forte 
laie aliquid indicetur per hoc quod dicit 
A[)Ostolus : Fidelis aulem Deus qui non patic' 
tur vos tenlari supra id quod poteslis , id 
est, pro eo quod singuli (iro virlulis sa» 
quanlitale, vel pnssibililale lentaiiturt 

D. Cyprian., Lib. de unitate Ecclesiœ. — 
Nemo exislimel bonos de Ecdesia fiosse 
discedere. Trilicum non rapit venlus , ncu 
arborera solida radice fandalam procella 
subverlit. inanes paleae tempestate jacl.ui- 
tur, invalidœ arbort^s lurbinis incursiof)o 
everluntur. Hos exsecratur el {lerculit Joan- 
nes apostolus dicens : £"3; nobis exierunl , 
sed non fuerunt ex nobis; si enim fuissent 
ex nobis, mansissent uiique nobiscum. (/ 
Joan. II, 19.) Hinc haereses et faclœ sunt 
fréquenter et fiunt, dum perversa mens 
non habet paceui, dum perfiJia discordans 
non tenet unitalem. Fieri vero hœc Domi^ 
nus permittit el patitur, manente propriai 
liberlalis aibitrio, ul, dum corda nostra et 
mentes nostras verilaiis discriinem exami- 
nât, probalorum fidi-s intégra manifesta 
luce clarescal. 

S. HiLAR. , Comment, in Matth. , t. I. — 
Tria lanlum in homine reperimus, id est, 
et corpus, et animam, et voluntalem. Nam 
ut corpori anima data est, ita el poteslas 
utrique utendi se ul vellet indulla tst: al- 
que ob id lex est proposila voluntaii. Sed 
hoc in illis deprehenditur, (jui priini a Deo 
figurati sunt, in quibus cœpiœ oiiginls or^ 
lus elfeclus est, non Iraduclus aliunde. Sed 
ex peccaloatque intidelit<ile primi parenii?, 
sequentibus generaiionibus cœpit esse cor- 
uoris nostri pater peccatum, mater anim<e 
intidelilas; ab his enim orium por trans- 
gressionem ()rimi parenlis accepimus. Naai 
volunlas unicuiquo sua adjacel. Ergo jam 
unius domus qumque sunt : pater corpuris 
peccatum, mater animse iidi Jelitas , el ac- 
cedens volunlatis arbitrium, quod totum 
hominom quodam conjugii sibi jure dis- 
Iringit. Huic intidelilas socrus est, quaa 
nos ex ea nalos , alque a lide metuque Doi 
peregrinanles <icci|)iens, ut inler inlidelila- 
lem voluplalemque possessbs, et in igno* 
ralione Dei el in omnium viiiorum oblccia- 
lione delineat. 

S. Gregor. Nyss., De mortuis oral., t. JII 
— Cum Deo similis^ beatusque ea re esset 
homo, quod libéra prœdilus eral volunlale 
(juris enim esse sui^ et nullius subjectum 
imperio, divinœ est bealitudinis [jroprium), 
si uecessilale iilum, el vi ad aliquid iujpu- 
lisset, ea spoliasset ipsum digniiate. Qui 
enim sponle moluque volunlario naluram 
suam ad aliquid eorum, quae non coiive- 
niunt, coiiverlerunt, si per vira ab iis, quae 
sibi ipsi dcU'gerunt desislore cogaiitur, bo*- 



%3 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



264 



num illis adimilur, quod habebant prius : 
eaque res est privalio divini honoris. Li- 
berum ei)im voluntalis arbitrium est honor 
divino œqualis. Quamobrem ut simul et 
humanee natuiœ relinquerelur dignitas li- 
bérée voluntalis , et ipsum auferretur ma- 
lum, hanc divina sapienlia rationem exco- 
gitavit, ut in iis homincm esse sineret , 
quœ sibi ipse elegisset , quo gustalis raa- 
lis , quœ concupiverat , experiendoque dis- 
cens, quœ quibus commulasset , ea cuf)i- 
ditate rursum incenderelur, ut vilioruni 
perfurbalionurnque, quœ ralioni inimicœ 
sunt, onero deposiio, et vel in prœsenli 
vita precibus sapienliœque studio purgatus, 
vel post obilurii per expurgantis ignis for- 
nacem expiatus, ad prislinam vellel redire 
felicitatem 

S. Basil., hom. in psal. lxi , t. l.-— Non 
licebit libi dicere in die judicii , non nove- 
ram bonum. Proponuniur libi tuâ5 ipsius 
lances, bonum ac uialum sufificienter dis- 
cernenles. Nani coi-[)Oiis pondéra ex Irulinœ 
nioinenlis œstimanius, sed quœ in vila eli- 
genda sunt, libero aniiuœ arbilrio secerni- 
ujus : quod et slaleraui nominavii , quip[)e 
quia œquaiera ad uU umtiue inclinaUuuL'm 
recipere polesl. 

S. Greg, Naz;, orat. li. — Is , qn honii- 
nem primum creavil, liberuru eum , sui- 
que arbilrii reliquil , sola mandali loge 
coercituui> atque in paradisi deliciis 0[>u- 
lenluîu : idemque reliquo uiorlalium geiieri 
per unum illud primum semeil largitus 
est. Libertas porro et diviliœ in sola man- 
dali observalione sitœ erant j vera aulem 
pauperlas et servilus in illius Iransgres- 
sione 

S. Ambuos., epist. 8i. — An verendum 
est ne liberum tollere videamur arbitrium, 
cum omnia per quœ |)ropitiatur Deus , ad 
ipsum dicimus esse referenda? Quod ne- 
quaquam esse consequens ostenditur. Opé- 
rante enim spirilu Dei, juvalur arbilrium 
non auferlur; et hoc agit gralia^ ut voluntas 
peccalo corrupla, vanitatibus ebria , se- 
ductionibus circurasepla , diflicultatibus 
impedita, non remaneat in languoribus 
suis ; sed per op<'m miserantis medici cu- 
rala , revalescal. 

S. Chrys., hom. 20 in Gènes, iv, t. IV. 
— Quia viruniy inquit L;imech, occidi 
jn vulnus mifii , et adolescenlem in ci- 
calricem rnihi. [Gen. iv, 23.) Non tantum , 
inquit j nocui illis quos occidi , quantum 
rnihi ipsi.— Vides, dilecte, qnomodo no- 
slram Deus raenlem liberi arbilrii feceril , 
et sicutj si desides simus,supplantamur,ita 
et si vigiles esse voluerimus, contuemur 
id quod 0[iortetl Quis enim istum, die, 
obsecro, ad lalem confessionem adegit? 
nullus alius quam conscientia , incorruptus 
illejudex. Quia enim ex desidia in pecca- 
lum declinaverat , et scelus opère perlece- 
rat : slalim insurrexil conscientia, incla- 
mans, alque oslendens peccatorum ma- 
gnitudineui, et quanlis se ipsum pœnis 
obnoxium reddidisset. lia enim se habet 
peccatum, ut priusquam ûat, et ad opus 



perveniat, obtenebret et decipial mentem : 
postquara autem consuramatdra fueril , 
manifeste suam nobis absurdilalem profé- 
rât et ostendalrsic brcvis illa et absuida 
voluplas cnnlinuun-» menti dolorera inM'rij, 
conscienliœque fiduciom aufert, at ]ue 11- 
lum qui succubuerit, confusione perfun- 
dit. Benignus eiiitn Deus cjuscemodi nobis 
accusalorem assisteré voluil, qui nunquam 
quiescat : sed indesinenler ille congrediens 
clamet, et pœnam exigat delicloruin. 

S.CHRYSOST.,tu illudJerem.'s. : Dominenon 
e5f,etc. — Poslquam illa Jertts«/<?m suam caln- 
railatem deplbravit, adjecit : Domine, non est 
hominis via ejus. [Jerem. x, 23.) Qu;d igitur, 
quia laraenlalur, dicel aliquis, perniciosum 
dogma in mundum invenil, noslra poleslaie 
nos privans, et aHirmans non esse arbilrii 
nostri res gerendas? Nequaquam, sed et 
dum lamenlatur , id confirmât. Cum enim 
dixissel : Non est honnnis tia ejus, minime 
lacuit, sed adjccit : Neque hcmo ihit, et diri- 
get gressnm suum. Quod aulem dicit, hanc 
sententiam habet : Non toium est in noslia 
potestate, sed aliud quiilem in noèlrd, aliud 
vero in Dei silum est potestate. Nam ut 
oplima quœque eligaraus, veiimus, et agere 
conlendamus, omnemque laboretn exantle- 
mus, nostri est arbilrii : ul aulem ad exilum 
ea porducamus, neque inlercidere sinamus, 
ulque ad finem reclé factorum pervenia- 
nius, id vero cœleslis est gratiœ. Parlilus 
enim est nobiscura virlulem Deus, et neque 
rein totam in noslra sitam essô voluit po- 
lestaie, ne in superbiam efferamur , neque 
lotum sibi ipse Sumpsilj ne nos inerliœ de- 
damus ; sed exiguum quid laboiibus no.vlris 
relinquens, roajorum f)artem ipse coniicit: 
UC enim sciamus, quo paclo si res lola 
in potestate riostra fuissel, mullos id in 
superbiam egissel, et exlulissel, audiaraus 
quid Pharisœus dicat, in quantam insolen- 
tiam elalus essef ^ quo paclo magnifiée lo- 
querelur, seque loti orbi terrarum fastuose 
prœferret. Proplerea non ut lotum a nobi:S 
penderet, effecit; quin imo permisil,ut in 
noslra polestale aliquid esset, ut nos jure 
ac merito coronandi speciosam occasionein 
arriperet. Atque hoc illa parabola déclara-' 
vil, in qua. dicit homines circa undecimam 
horam inventos se in vineam adoperandura 
misisse. {Matthi ix, 6.) Tametsi quid 0(te- 
rari undecima hora potuerunl? At nihilo- 
minus ad integram illis dandam niercedem 
brève momenlum Deo sulfecit. Atque ut 
intelligas hocProphelam vere dicere, neque 
nos arbilrii libertate privare, sed de rerum 
exitu philosophari, audi quid adjicial. Nam 
cum dixissel : Non est in homine via ejus; 
statim adjungit : Corripe nos. Domine, ve- 
rumtamen in judicio , et non in furore. Si 
enim arbilrii nostri nihil esset, frustra di- 
ceret : Corripe nos, Domine, verumlamen in 
judicio. 

Quid enim fieri poiesl injustius, quam ut 
illi plectantur, quorum ex arbitrio non pen- 
dent res gerendœ, aut ut homines illi pœ^ 
nas suslineanl, quorum via vitaque non sit 
in eorum posiia polestale? llaque cum 



^^ 



ARBITRIUM LIBEÎIUM 



266 



Deiira videtur orare, ne graviori pœna 0'if>d «niera dixit tn generatione et gênera 
mulctcnlur, nihil aliudin(lical,quain (lignos ftone, omnia significal teD)f)ora, et anie le 
esse qui pleclantur, ac pœiiam suslineant. gem, et in lege, et in Evnngelii gralia. Undo 



Hoc autem nihil aliud quam iibertalem ar- 
bitrii conslituit. Si enina res gerendœ iilo- 
rura juris et arbilrii non essent, non jaiu ut 
mitiori supplicio afficerenlur peli oporte- 
rel, sed nec ullo modo puniri : imo vero 
neque precibus opns essel , non enini de- 
precatore indiget Deus, ut innocentes non 
puniat. Et quid dico, Deus. cum nec ullus 
jionjo prudens? Quando igitur f)ro Judaeis 
orare Prophelani videmus, salis liquet eum 
pro iiommibus orare qui peccarint : lum 
vero cernitur ()eccatum, cum pênes nos est 
tit legem non Iransgrediamur , el lamen 
cam Iransgredimur. Ergo undique nobis 
manifestum est, cura in nostra, lum in Dei 
poteslate sita esse recte fada. 

Simile iliud est eliam. Non volentis, ne- 
çue currentis y sed miserentis est Dei. {Rom. ix, 
16.) El quam ob causara curro, inquit, vel 
quam ob causam voie, nisi Iota les in meo 
sit arbilrio sita? ut nimirum dum vis, el 
dura curris, divinura auxilium et benevo- 



et Aposlolus dicit : Gratia salvi facli eslis 
per fidem, et hoc non ex vobis, sea ex dono 
Dei. (Ephes. ii. 8.) Et omnes Epistolœ ejus 
in salutationis principio, non prius pacern 
habenl et sic gratiam : sed anle graliara et 
sic pacem, ut, donalis nobis peccalis noslris, 
pacem Doraini consequamiir. 

Idem, I. IV m Jerem xvm. — Ha liber- 
tas arbitrii reservanda est, ut in omni- 
bus excellai grv.tia largiloris : juxta illud 
propheticura ; Nisi Dominus œdificaverit do- 
mum, in vnnum laboraverunt qui œdificant 
eam [Psal. xwi, 1) : Non enim volentis neque 
currentis, sed miserenlis est Dei. 

S. AuGUST., dispul. 2 contra Fortunatum 
Manich., t. Vlll. - Liberum arbilriura si 
non dedisset Deus, judicium puniendi nul- 
lum juslum esse posset, nec meritum recte 
faciendi, nec prœceplum divinura ut agere- 
tur pœnilenlia de peccalis; nec ipsa indul- 
gontia peccatorum, quam nobis Deus per 
Dominum noslrum Jesum Christum donavii. 



lenliara libi concilies, sic ut te adjuvet , ac 0>''a q») non volunlate peccal, non peccat. 



manum porrigal, atquead linem usque per- 
duoat. Si enim iioc sustuleris, et currere 
simul et velle Jcsieris, neque manum por- 
riget Deus, sea et ipse abscedel. Unde au- 
It'ra id constat? Audi quid dical Jeroso- 
lymœ : Quoties volui congregare ftlios litos, 
et noluisti'! Ecce relinquetur domus vcstra 
déserta. (Malth. xxiii, 37.) Vides quoni<im 
illi noluerunl , quo paclo eliam Deus ab- 
scessil! propterea nobis quoque o[)us est 
ut velimus, et curramus, quo Deum nobis 
cliau! conciliemus. Hoc igitur est, quod ait 
propheta, felicem exitum reruru in potes- 
taie nosira situm non esse, verum ab auxi- 
lio pendere divinocul autem eligamus, in 
nobis et in aibiliio nostro situm esse. Enira- 
vero si rerum prosper aui sinister exilus ab 
auxilio divino pendet, dicet aliquis, nulli 
obnoxius crimini censeri debeo : cum enim 
omnia, quœ mearum parlium sunl, pteesti- 
tero, et voluero, et elegero, et rem i|>sam 
jiggressus fuero > is vero a cujus |)Oleslale 
pendel evenlus, me non adjuveril, neque 
manum porrexerit, omni sum crimine libe- 
lalus. Verum non ila est, plane non esl ila : 
neque enim tieri (lOlesl, ut si nos volueri- 
nius, elegerimus, ac slaluerimus, Deus nos 
dcrelinquat. 

S. HiERuNYM., epist. crilic, t. H. — Do- 
mine ^ liabitaculuni factus rs nobis in genera- 
tione et generatione. Septuaginta, Domine, 
refuyium faclus es nobts, in omni genera- 
tione et generatione. [Psal. lxxxix, 1.) 

lia lioMK^ a |iriiici|iio condilionis suœ Deo 
utilur adjulore : el cuiu illius sil graliœ 
.quod crealus est, illiusque misericordi<e 
quod subsislil et vivit, nihil boni o[)eris 
agere polesl ubsque eo, qui ila concessit 
liberum arbilrium, ut suam per singula 
0|iera graliain non negarel. Ne liberlas ar- 
biliii redundatct ad injuriam Condiloris, el 
au t'jiis conlumaciam, qui ideo liber condi- 
lus esl ut absque Dco nihil esso se noveri;. 

DlCTlUNN. DE LA TbADITION, I. 



Hoc arbitrer omnibus aperlum esse atque 
perspicuum. Quapropter non nos movere 
débet, si aliqua in iis quœ Deus fecil mo- 
lesta patimur f)ro meritis nostris. Sicut 
enim ille bonus est, ut consliluerel om- 
nia : sic jiislus est, ut peccalis non parcal. 
Quœ peccala, ut dixi , nisi libéra volunlas 
esset, in nobis peccata non essent. Si quis 
enim, verbi causa, ligaretur ab aliquo cœte- 
ris membris, et de manu ejus faisum scri- 
beretur sine ejus propria volunlate ; quœro 
si hocjudici patetierel, posset hune homi- 
nera falsitalis crimine c'ondemnare? quare 
si maniiestum est, peccatura non esse ubi 
non est liberum voluntatis arbitrium, volo 
audire, anima, quam dicitis aut parlera, 
aut virtulem , aut sermonem , aut aliud 
quodiibel Dei, quid mali fecerit, ut a Deo 
puniatur, aut j)œnilenliam agal peccali, 
aut veniam merealur : cura nihil ipsa pec- 
caverit. 

Idem, tract. 5i in Joan. xii, t. HI.- 
Ne audeat qui.si|uam liberum arl)iLrium sic 
ilefendeie, ui jitbis oralionem (jua dicimus, 
ne nos inferas in tenlalionem, conetur au- 
ferre : ruisus ne quisquam negel volun- 
tatis arbilrium , et audeal excusare f)eyca- 
tum. bed audiaiiius Dominum, el pieecijtien- 
tem, et opilulanlem , et jubenlein quid 
facere debeamus, et adjuvanlem ut implere 
possimus. Nain et quosdam nimia suae vo- 
luntatis tiducia exlulit in superbiam ; el 
quosdara nimia suœ voluntatis dilfidenlia 
dejecil in negligeiiiiam. llli dicunl, Ut 
quid rogamus Di-um ne vincamur U-nta- 
lione, quod in nostr.i esl polestate? isii di- 
cunl. Ut quid conaujur bene vivere, quod 
in Dei esl poleslaie? o Domine, o Piiter 
qui es in cœlis, ne nos inféras in quamli- 
bel islarum teiitiUionum, sed libéra nos a 
malo. Audiamus Dominum dicentem : Yfo- 
gavi pro te, l'être, ne di-ficiat fides tua. [Luc 
xxn, 22.) Ne sic exisumemus lidem no- 

9 



2G7 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



seî 



iram esse in libcro arbilrio , ut divino non 
escat adjutorio. Audiamus et Evangeh^- 
lam dicenlem, dédit eis potestatem filios Vei 
fteri (Joan. i, 12), ne omnino exislimemus 
in nuslra poleslale non esse quod credi- 
inus veram tamen in ulioque illius béné- 
ficia cognoscamus. Nam et agendœ sunt 
"ratiœ, quia data est polestas : etorandum, 
fie succumbat intirmilas. Ipsa est fides quœ 
t)er dileclionem operatur [Galal. v, 6) , sicut 
eins mensuram Doniinus cuique parlilus 
est, qui gloriatur, non in se ipso, sed in Do- 
mino glorietur. (/ Cor. i, 31.). ^i a \ ^. 
Idem, epist. /^5, Armentario, — Sed hœc 
volunlas ut plena sit, oportet ut sana sit : 
eril aulem sana, si luedicura non relugiat, 
cujus solius gratia sanaii potest a morbo 
desideriorum noxioruni. ,r , . 

Idem, episl. 89, Hilario. — Volunlas 
libsra, lanto liberior erit, quanlo sanior; 
lanlo aulem sanior, quanlo divinœ mise- 
ricordiœ gralia}que subjeclior. 

Idem, ibid. — Libertas sine gratia, non 
est libertas, sed conlumacia. 

Idem, episl. 187, Yitali. — Si vere vo- 
himus defendere liberum arbilrium, non 
oiipugnemus unde til liberum. 

Idem, De fide, spe et cliartl., c. 105. — 
Sic oporlebal i)rius hominem tien, ul et 
Jjcne velle posset et raale ; nec gratis si 
bene, nec impune si maie : postea vero sic 
tiil ut maie velle non pgssil; necideo libero 
cartbit arbilrio; mullo quippe liberius eril, 
quod peccato servire non possit. 

Idem, De spiritu et litlera, c. 3. — Libe- 
rum arbilrium quidquam nisi ad peccandum 
valet, si lateal verilalis via : et cum id quod 
agondum et quo nilendum est cœperit non 
deleclel et amelur, non suscipilur, non bene 
vivilur:ut aulem diligatur, c/mrifas Z)ei d*/^ 
funditur in cordibus nosiris. {Rom. v, 5.) 

Idem, ibid., c. 30. — Lex non impletur 
nisi libero arbilrio. sed per legem, cogniiio 
peccali ; per lidem impelratio gratifie contra 
i)eccalum ; per graliam sanatio anima) abo- 
lilione peccali ; per animœ sanitatem libertas 
arbilrii, per liberum arbilrium justitiae di- 
leclio, per jusliliee dikcliouer^ legis ope- 

Idem, lib. v supra Deul., quœst. 15. — 
Deus operatur, cooperamur nos; non enim 
autert, sed adjuvat bouse voluulalis arbi- 

ideir, De correct, et gratia, c. 10. — fta- 
luberrime confitemur quod rectissime cre- 
dimus, Deum sic ordinasse Angelorum et 
bominum vilam, ut in ea prius oslenderet 
quid eorum liberum arbilrium ; deinde 
quid posset suœ gratiee beneticium, jusli- 
liœque iudicium. . . 

Idem, ibid., c. 13. -- Graliam Dei sus- 
cjpiunt, sed temporales sunl ; nec persévé- 
rant ; deserunt, et deseruntur : dimis.si 
enim sunl libero arbilrio, non accepto per- 
severanliafe dono ; judicio Deijuslo cl oc- 
culto. , ,. 

Idem, ibid., c. 14. — Doraino volenti 
salvum facere iiullum hominis resistit ar- 
bilrium ; sic enim velle et noile, in volentis 



nul nolentis est potostale ; ut divlnara 
volunlatem non impedial, nec suneret vo- 
luntaiem : de his enim quœ l'aciunt quœ non 
vult, facit ipse quœ vult. 

Idem, in psal. cvin. — Non sic constituta 
sunt opéra Domini, ut crealura in arbilrio 
libero constituta, Croaloris superel volun- 
taiem, eliam si contra ejus facial volunla- 
tem. ^ . 

Idem, in Joan., tract, hi. — Ent volunlas 
lua libéra, si fuerit pia ; eris liber, si fuens 
servus; liber peccali, servus juslitiœ : Pri- 
ma aulem libertas est carere criminibus. 

Idem, tn verba Apostoli, serm. 13, c. 11. 
— Dicil aliquis : si Spiritu Dei aguntur fdii 
Dei ; ergo agimus, et non agimur : Respon- 
deo : imo et agis, et ageris ; et tune bene 
agis, si a bono agaris : Spiritus enim Dei 
qui le agit, agentibus adjulor est. 

Idem, De opère perf. adv. Juliamim, lib. 
VI.— Si lii quorum contra carnem jam spi- 
ritus concupiscit, ad aclus singulos indigent 
gratia Dei, ne vincanlur; qualem liberlaiem 
volunialis habere possunl, qui nondum de 
poleslale eruli tenebrarum, dominante ini- 
quilale, nec certare cœperu,nt : aul si cerlare 
voluerunt, nondum l'.beratee voluntatis ser- 
vilule, vincunlur ? 

Idem, ibid. — Quando cum Deo in regno 
ejusimmorlales vivemus, luncfelicius liberi 
erimus, cum non polerimus servire peccato, 
sicut nec ipse Deus : sed nos, ipsius gratia, 
ille vero sua natura. 

S. Cyril. Alex, Comment, in Jsai. I. i, 
oral. 1, l. II. — Cum posueril Deus in pro- 
pensione eorum qui erudiantur, cum boniim 
eligere, tum a malis recedere : liquido 
probat rerum faciendarum habenas cuique 
niorlalium dédisse, ut ad id quod elegeril 
quis, libère ire posset. Cum hoc verum 
^il, vana nimirum et frigida tulela est, 
contendere ac dicere, naturale esse in ho- 
mine malura, vel fortunara aul fatum, aut 
nalivilatem clavura rerum humanarum gu- 
bernare, et ad quod cuique eorum place!, 
quoslibet pro suo arbitratu adigere, ut 
vilium, aut virtutem colanl, non ad id vo- 
lunlario impulsu, sed lanquam inevilabili 
nului subjugali el subdili, necessitate dorai- 
nanlium œgre ac dilliculler im[)ulsi. Etenim 
si malum nalura est, ac in subslantia inhœ- 
rel, ut (quidam) nuganlur : quomodo pro 
uniuscujusque voluntate, vel invalescil, vel 
debililatur 1 Si enim vellem bonus esse, 
liihil obstat quominus lalis quoque videar. 
Si item malus, nihil eliam impediet, quomi- 
nus ad id eliam delabar. Ubi tandem fortunée 
et fati virtus?Et quae est illa nativitas, quœ 
ulli hominum necessitalis juguin imponil, 
si modo hoc cujusque volunlatem sequalur, 
ut prœstanles obedienliam, bona lerrœ co- 
medant? adeoque gladio pereanl, si per 
inobedienliam pervicaciamque divinis legi- 
bus adversentur. 

B. ÏHEODOR. ynferprc/. mi'zec/i., t. U. — 
Et dabo vubis cor novum, et spiritum novwn 
dabo vobis. {Ezech. xxxvi, 26.) Per hœc, 
mentis mulationem signiticavit ; ad me.lioia 
enim cor veslruui inclinabit, non ilem 



2<^>0 



ARTIFEX 



270 



secuntliini pristitiara consuetudinera ad dé- 
tériora propen(iens. lllud vero dabo nequa- 
quam liberum lœcJit arbitrium : verbis eiiiin 
et operibus, et infinilis adhibitis miraculis, 
non illis taiituai, sod eliarii omnibus gen- 
libiis, ut ad pietalem accedt'reni, [)ersuasit, 
non coegil, et lamen quamvis non coegerit, 
sed porsnaserit, se ait dédisse animis ad 
meliora propensionein : quippe ipse auctor 
linjusce rei, tuin liis quae dixit, lum quae 
fecit, effeclus. 

S. CiREG., Exposil. in psal. partit., t. III, 
part. II. — Anima mea sicul terra sine aqua 
tibi. (Psa/. cxLii, 7.] Quasi terra sine a(]iia, 
est anima sine gralia. Sicut enim terra quœ 
irabre non perfunditur, non veslilur berbis, 
non venuslalur floribus, non abundat messe : 
sic anima gralia carens, non operitur vir- 
tulibus, non cogilat de cœlestil)us, non 
insistit ulilibus. Vilialo naraque in primo 
parente libero arbilrio, jam nec velle qui- 
dom bonuni ()Ossumus, nisi illius gratia 
«ndjuveraur, apud quom gressus hominis 
diriguntur. Scri/itum quippe est : Prœpa- 
ratur voluntas a Domino. (Prov. viii, 33, 
sec. LXX,) Et Dominus discipulis ail : Non 
Vos me etegistis, sed ego etegi vos. (Jean, xv, 
16.) Et Aposlolus : Deus est, inquit, qui ope- 
ratur in vobis et velle et perficere, pro bona 
voluntate. {Philipp. ii , 13.) El ilerum : 
Gratia Dei salvati estis, per fidem. (Ephes. 
vn, 8.) Si ergo fidem sine gratia Dei nemo 
babet, quis se iacere fructum a»stimet sine 
adjutorio iilius qui ait : Posui vos ut ealis, 
et fructum atl'eratis, et fruclus vester uîa- 
neat. (Joan. xv, 10.) Quicunque enira plan- 
let aut rigel ; incassura vox correptionis 
eilerius perslrepil, nisi ille increraentum 
dederit, sine quo nihil possumus facere. 
S. Bern., I. De Gratia et lib. arbitrio, 
c. 1. — Tu forte pulaveras lua te créasse 
mcrila, tua posse salvari justilia, qui nec 
siiltem Dominum Jesum dioere potes nisi 



in Spiritu sancto. Itane oblitus es quis 
dixerit : Sine me nihil potestis facere^ et: 
Ncque currentis neque volentis , sed tnise- 
rantis Dei est. Quid igiiur .'igit, ais, libe- 
rum arl)ilrium"?breviler respoiideorSalvatur. 
Toile liberum arbitriuin, non erit quod 
salvetur. Toile «graliam, non erit unde sal- 
velur. Opus hoc sine duobus efTici non 
potest, uno a quo fit, aliero cui, aut in 
quo fit. Deus auclor est salutis, liberum 
arbilrium tanlum capax : nec dare illam 
nisi Deus, nec capere valet nisi Jiberum 
arbitriura. Quod ergo a solo Deu, et soli 
dalur liboro arbilrio, lain absque consensu 
esse non polest accipieniis, quam absque 
gratia danlis, et ila graliae operanli salu- 
lem cooperare dicitur liberum arbilrium, 
dum consentit, hoc est dum salvatur. Con- 
senlire enim salvari est. 

Idem, ibid., c. 13. — Quamobrem id quod 
in creatura dicilur liberum arbilrium, aut 
juste profecto damnalur, dum ei ad pecca- 
tura nulla vi {)raejudicetur extrinseca : aut 
misericorditer salvatur, cui ad justiliam 
nulla virlus suffîcit sua. Sane in bis omni- 
bus cogitel Itclor originalis peccati prorsus 
excipi rationem. De cœlero, libero arbitrio 
nec extra ipsum quaeratur damnationis cau- 
sa, quod jam non damnai nisi propria 
culpa ; nec ab i[)S0 salutis mérita , quod 
sola salval misericordia. Cujus quippe co- 
nalus ad bonum, el cassi sunt, si a gralia 
non adjuvenlur, et nulli, si non excilenlur. 
Cœlerum in malum siint proni , dicente 
Scriptura, sensus et cogitationes hominum. 
Proinde non ei a se, ut dictum est, sed 
desursum potius a Paire luminum descen- 
dere mérita pulenlur : si lamen inler data 
optima, et dona perfecta, ipsa merito per 
quae salus aelerna conquirilur, merila de- 
pulenlur. 

[Ex Conciliis.] 
T'j(/. ter/». Gratia. 



ARIOLI 

Vid. verb. Incantatioines. 



ARMA 

Yid. terô.DFLLUM. 

ARROGANTIA 

Vid. verb. Scperbia. 

ARTIFEX 



[Ex SS. Palribus.] 

Orig., in Nwn., hom. 18, t. II. — Quid 
est quod ait : Omnis sapientia a Deo est? 
(Eccli. i, 1.) lllud mihi sensisse videlur, 
quia omnis peritia, quœ vel erga artem ali- 
quam usui humano necessaria babelur, vel 
«nijusiibet rei scienlia, sapientia dicatur a 
Domino data. 

S. Basil., m Hexaemeron, hom. 3, t. I. 
-- Non me lalet muîlos arlium mechanica- 



rum opifices circumslare nos, qui sibi ex 
diurna opéra vix parantes viclum, nos ser- 
monem discindere ac decurtare cogunt, ut 
ne diuliusab opéra dislrahanlur. Islis quid 
dicam? nimirum islam letnporis partem, 
Deo fenori dalam, nequaquam perdi, sed 
inagno cum incremenlo ab ipso re[iendi. 
Elenim quicunque casus impedimentum 
alferurit, eos Deus avertel, ac corpori robur, 
animo alacrilalem, facililatem commerciiel 



•71 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



272 



prosperitatem per lolam vilara iis quispiri- 
lualia praelulerint, largilurus est. Elsi au- 
teio in preeseiiti non secundura spera succe- 
dunt noslra sludia, at cerle Spiritus doctri- 
na pro futuro sœculo thésaurus bonus est. 
Toile igitur ex corde omnem victus sollici- 
ludinem, totumque te ipse mihi collige. 
Nec enim quidquam ex corporis preesentia 
percipitur emoUimenli, si tuum cor in ter- 
reno Ihesauro comparando occupatur. 

S. CfiKYSOST. inillud Rom. xyi, 3 : Salutatc 
Priscillam, t. III.— Opsribusipsisspecimen 
eorum edamus,neque diviles temerebeatos 
prœdicemus, neque pauperes vilipendamus, 
neque nos pudeal artium, nec opificiuni 
probrura esse ducamus, sed otium, et nulli 
occupationi vacare. Si enim probrura esset 
operari, non exercuisset artem ejusmodi 
Paulus, neque ea de causa magis gloriatus 
ossel, ita dicens : Si eiiim evangelizavero, 
non est mihi glorin. Quœ est ergo merccs 
mea? ul Evangelium prœdicans sine sumplu 
ponam Evangelium Christi. (/ Cor. ix, 18.) 
Quod si probrum esset ars, nequaquam eos 
qui non operarentur, etiam manducare ve- 
luisset. Soium enim peccalum est probrum : 
at illud ex otio nasci solet, nec unum aut 
duo vel tria tanlum, sed omnis simul im- 
probilas. Propterea sapiens etiam quidam 
oslendens omnem malitiam docuisse otium, 
et verba faciens de servis ait : Mitte illum 
in operationem, ne vacet. {Eccli. xxxiii, 28.) 
Quod enim est frenum equo, id est Oi)us 
iialurae noslrae. Sibunum quid esset otium, 
omnia sine scmenle et ygricullura terra 
producerel. Atqui nihil taie prœstat. Olim 
igilur terram iiiaralam ferre cuncta praecepit 
Deus : jam vero non ila fecit, sed et bovcs 
jungere, et vomerem trahere, et sulcum 
ducere, et semen jacere, atque aliis mullis 
modis colère et vilem, et arbores, et semina 
liominibus imperavil, ut operationis occu- 
patio mentem eorum, qui se operibus exer- 
cèrent, ab omni improbitale revocaret. 

Principio quidem ut polentiam suam 
ostenderet, etfecit ut omnia sine noslris 
laboribus provenirent : Germinel enim terra 
herbam feni [Gen. i, 11), inquit, et siatim 
cunciae vernabant. Poslea vero non ila, sed 
et noslrorum laborum opéra jussit iila e 
terra produci, ut discas ob utiliiatem et 
commodum nostrum laborem esse invec- 
tum. Ac videtur quidem pœna et suppli- 
oium esse, eu m audis : Jn sudore vuUus tui 
vesceris pane tuo {Gen. m, 19); re autem 
\era quaedam est admouitio, et casligatio, 
et vulnerum, quœ peccatumiiiflixit, medela. 
Quam ob causam et Paulus operabalur per- 
peiuo, non interdiu tanlum, sed etiam ipsa 
uocie : quod et i|'se damans lestatur : Nocle 
enim et die opérantes, ne quem vestrum gra- 
varemus. {1 Thess. u, 8.) Neque vero temere 
delectalionis, aul recreandi animi causa 
opus tractabat, sicut mulli fraires, sed 
taulo se labore exercebat, ut et csetens sub- 
sidio esse possel. Ad ea enim quœ milii opus 
erant, et iis qut mecum sunt, ministraverunt 
manus istœ. [Act. xx, 34.) Homo qui dœmo- 
iiibus impcrabjl, qui doclor eral orbis ler- 



rarum, oui omnium, qui terram inco.unt, 
fuerat cura commissa, qui cunctas sub sole 
positas Ecclesias, et populos, et nationes, 
et urbes summa sollicitudine curabat, nocte 
et die operabalur, ac ne laniillum quidem 
ab il lis laboribus respirabat. Nos vero qui- 
bus ne millesima quidem illius curarum pars 
incumbit, vel potius qui ne mente quidem 
eas capere possumus, in otio perpetuo vi- 
tam ducimus. Qua vero digni excusatlone, 
vel qua tandem venia censebiraur? 

Inde cuncta in genus humanum mala di- 
manarunt, quod raulti in eo maximum dé- 
çus esse posilum arbitrentur, ut suas artes 
minime tractent, et summo sibi crimiui du- 
canl, si carum periliam prœ se farant. Ac 
Paulum quidem non pudet simul et scal- 
prum manu tractare, pelles consuere, et 
viros ailoqui in dignitate constilutos ; sed et 
re illa gloriabatur, cum ad eum viri clari et 
illustres ventilarenl. Neque tanlum heec 
illum agere non pudebat, sed etiam in Epis- 
tolis suis tanquam in œreo cippo, quam 
proûteretur artem, divulgabat. Quod igilur 
ab initio didicerat, illud et poslea traclabat, 
idque j)oslquam fuerat tertium raplus in 
cœlum, postquam translatus fuerat in para- 
disum, postquam illi Deus arcana verba 
communicaverat : nos vero, qui ne calcea- 
menlorum quidem ejus pretio œstimandi 
sumus, nob's ea probro ducimus quibus se 
ille jaclabat. El singulis quidem diobus 
dum delinquimus, noi-i convertimur, nequo 
probrum esse consemus : ex justis autem 
laboribus vivere, tanquam turpe ac ridicu- 
lum evilamus. Quœ landem igitur, quœso, 
nobis, salulis spes reliqua erit? Quem enim 
pudel, oportet peccali pudere, ac Deum ol- 
lendisse, atque aliquid eorum quœ agenda 
non sunt agere, sed arlibus el opiticiis glo- 
riari. Sic enim tiel, ut et pravas cogitaliones 
operum occupationibus ex mente facile de- 
})ellamus, et egenis subsidio simus, et aliu- 
lum januis molesli non simus, el Chrisii 
logera adirapleamus, qui dixit : Bealius est 
dare quam accipere. {Act. xx, 35.) 

Propterea namque nobis dalœ sunt ma- 
nus, ul nos ipsos juvemus, el iis qui cor- 
pore mutilati sunt, ex rébus noslris, quœ 
necessaria sunt, omnia pro nostra faciiUale 
suppedilemus : quod si quis in otio [)erse- 
veret, sit licet sauus, iis qui febri laboraul, 
est miserior. Si quidem illi propter œgritu- 
dinem corporis veniam merenlur, et facile 
qui miserealur ipsorum invenient : hi vero 
qui bonam corporis habitudinem probro 
aliiciunt, merito ab omnibus odio habeulur, 
ut qui et Dei leges violent, et mensam in- 
tirmorura lœdani, et suam animam détério- 
rera elTiciant. Neque enim hoc solum est 
mali, quod cum suo sibi labore victum quae- 
rere deberent, aliorum œdibus sint impoi- 
luni, sed quod ipsi omnibus pejores éva- 
dant. Nihil enim est, nihd plane in rébus 
humanis, quod non olio perdatur. Nam et 
aqua, si stel, corrumpitur; si vero currai, 
cum ubique vagelur, suam virtuiem con- 
servai. Et lerrum quidem si in olio maneai, 
mollius ac delerius lit, et rubigine cousu- 



273 



ASCENSIO ClllUSTI 



27 i 



mitur : quod aiilem ad opiticia transfertar, 
tnullo utilius fit et elegaDtius, iiihiloque 
minus quara argenlum quodvis effulget. Ac 
lerram quideni oliosarn cernimus niliil 
frucluosum prodaccre, sed mala gramina et 
spinas, et tribulos, et infrugiferns arbores : 
eain vcro quœ multo labore colitur, sativis 
liugibus abundare. Siugulae denique res, ut 
uno verbo dicam, ab olio corrumpuutur, a 



propria vero operationo uliliores re*iduii- 
lur. Hœc igitur omnia cum sciamus, el 
(|uanluiïi ab olio incommodum alferatur, 
quaiilum ab opère lucrum inveliatur; illud 
fugiamus, hoc secleniur, ut et vitam prœ- 
sentem honesle traducanius, et egenis de 
nostris facultatibus subsidio simus, et ani- 
mam noslram meiioreui roddentes, œterna 
bona consequamur. 



ASCENSIO CHRIST! 



[Rx SS. Patribus.] 
S. Greg. Njss., in Christ. Ascens., t. III. 
— Quam dulcis liominuni cornes prophela 
fiavid in omnibus vilœ ilineribus ! quam 
«plus Sfiiritualibus cunctis aelalibusl quam 
omniprolicienliumordinicondilioniquecom- 
niodus invonilur ! cum iilis, qui apud Deum 
pueri infanlosque sunt, colludil. Viris in 
cerlaraine el pugna se socium prœbet. Ju- 
vcnlutem erudit, seneclutem conQrrnat; 
omnibus omnia fit : militum arma, raagi- 
s:er pugilum, palœstra cerlantium, corona 
vicloriim; in conviviis hilaritas, in funere 
liigenlium consolalio. Nulla denique pars 
humanœ vitae illius munere et gratia vacal. 
Quœnam est prei^ationis facultasquam David 
non subministrel ? Quœ celcbrilas lœliliie, 
quam non exornet Propheta ? Id quod in 
prœsenlia quoque licet inlueri. Hodiernam 
enim celebritalem, satis per se raagnara, 
jpse majorom efïï'îit, dum illi gaudium e 
psalmis apposite adjungit. In uno enim il- 
iorum {Psal. xxivj ovem te jubel esse, 
quœ a Deo pascaris, el omnibus bononim 
copiis affluas, ut cui et herba, et pabuluin, 
et aqua refrigerii suppet.U. Tibi cl cibum, 
el labernacuium et viam, el ducem, el om- 
nia se prœbel paslor egregius, graliamque 
suara ad omnem usum a|)le disiribuit. Ex 
quibus omnibus Ecclesiam instruit, o[)or- 
lere le primum boni pasloris ovem lieri 
per bonam calecliesim el initiationem ad 
(livinae doclrina? pascua fonlesque dedu- 
ctum , ut cum illo sepeliaris per Bapli- 
smum in morlem , neque tamen morlem 
ojusmodi reformidare. Non enim mors est 
isla, sed morlis umbra et simililudo. Nam 
si ambulavero, iuquil, in medio umbrœ 
nioilis, non liiuebo, ut malum, id quod 
aciiderit, qucniam lu mecum es. 

Deiude Spirilus virga consolalur : Spi- 
rilus enim con^olator est. Tum mensam 
mvsiicam pro})Onit ex adverso men.-aî d;i'- 
muiium instruclam. Per idololatriam enim 
hominum vitam aûlixerunt dœmones, qui- 
bus (OiUrar.a est Spirilus mensa. Ad bœc 
oit'o Spirilus capul un.;,it, et vinum quod 
la3tilia cor allicit addens, sobriam illam 
animo ebrieialem injicil, el e caducis fluxis- 
que rébus menlem trahit ad sempilernas. 
EU-nim qui lali est alTeclus ebrielale, bre- 
vim vitam cum immortalilale commutai, et 
in longiludine dierum habitat in domo Do- 
mini. 

Ascendjt inaltuin, caplivam ducens capti- 
vituiem [Psal. lxvii), qui vitam el regnum, 



et prœclara hœc dona hominibus Iribuit. 
luiposilœ illi rursus patefaciendae sunt [lortœ. 
Occurrunl ei noslri custodes, et portas 
jubent recludi, ut in ipsis rursum gloriam 
assequatur. Verum non agnoscunl eura, 
qui sordidam vilœ noslia) stolam indulus 
est, cujus rubra sunt veslimenta ex huma- 
Morum malorura torculari. Itaque rursus 
roiuites ejus vocibus illis interrogantur : 
quis est iste Rex gloriae? Respondelur au- 
lem non amplius : Fortis et potens in prœ- 
lio; sed : Dominus virlulum,qui mundi prin- 
cipnium oblinuit, qui summatim omnia in 
se coHegit, qui in omnibus f)rimas leriet, 
qui prislinum in slalum cuncta reslituit, 
ipse est Rex gloriae. Cernilis quomodo dul- 
ciorem nobis celebrilatem David elfoceril, 
dum Eijciesiae hilarilali gratiam immiscet 
suam. Proinde nos item, quanlum po^su- 
uius, imitemur prophelam in charitate erga 
Deum, in mansueludint' vilœ, in loleran- 
lia erga illos qui nos odio prosequuntur, 
ul [)rophelœ doctrina nobis ad bene bea- 
teque vivendum dux magislraiiue sil in 
Christo Jesu. 

S. Chrysost., in Ascens. Domini, t. II. — 
Hic jam mihi diligenler atlendile quam- 
(tbrem i'.a dicuni ? An quod oculus non 
haberenl discipuli? aul quod acciderat, 
non vidèrent? Nonne ait Evangelisla, ([uo(i 
vide;itibus ipsis elevalus est? ijua ergo de 
causa assislebanl angeli docentes eos, quod 
in cœlumascendisset? Propterduas nimirum 
islas causas : unam quidem quod dclcrent 
illi ob Christi ab ipsis discessionem. Quod 
autem dolerent, audiquid ad eosdical : Nemo 
ex vobis, inqaH, interruyal me: Quo vadis? Sed 
quia hœc locutussum vobis, iristitia implcvii 
cor cestrum. {Joan. xvi, 5,6.) Nam si amicos 
et consanguineos noslros separari a nobis 
non ferimus, quomodo discipuli suum ab 
ipsis separari cémentes Salvalorem, Magis- 
Irum, ac curalorem bcnignissimum, man- 
suelissimum, et optimum plane non dole- 
rent ? Quomodo non conlrislarenlur? Id- 
circo aslilit Angélus, qui dolorem ex 
ascensu provenientem, reditus commemo- 
ralione, ilerum railigaret, consolarelurque 
ipsos. Hic einu\ Jésus qui assumplus estavo- 
Ois in cœiumt sic veniet. {Act. ii, 11.) Do- 
luislis , inquit, de assumplione i[)sius ; 
sed noiite amplius dolere. Etenim rursus 
véniel. Nam ul ne lacèrent quod egil Eli- 
sœus, aspiciens magislrum suum assumi, qui 
discidit vestimenlum : non enim habebat 
aliquem adstanlem sibi atque dicenlcmquod 



275 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



276 



iterum ventnrus esset Elias; ne igitur 
hoc et isti facerent , ideo angeli adsli- 
lerunt, qui tristiliam illorum leiiircnt, ac 
consolarentur. Et haec quidera una est causa 
prœsenliœ angelorum : posterior autein ea 
non inferior est, propter quam etiam cau- 
ftiam adjecerit, qui asstmptus est. El qu89 
est isia? In cœlum assumptus est. 

Ingens auleni intersiiiium eral, neqne 
sufRcipliat visnostri aspeclus , ut corpus 
ad cœlos usque assurai prospiceret. Sed 
sicut avis in sublime volilans, quanto raa- 
gis in aitum ascenderit, tanto amplius a 
iiostro aspectu subtrahitur : ita et corpus 
illud, quanto altius evehebatur, tanto magis 
abscondebatur; cum non posset oculorum 
intîrmitas intervalli longitudinem assequi. 
Proplerea adstllerunt angeli qui docerent 
ascensionera in cœlum, ne arbitrarentur 
eura in cœlum ascendisse instar Eliœ : 
sed quod vero in cœlum ascenderit, ob id 
ait : gui assumptus est a vobîs in cœlum. 
Neque enim hoc simpliciter adjeclum est. 
Quiiumo Elias tanquam in cœli:m assura- 
. ptns est, servus enim erat; Jésus aulem in 
cœlum, quia Dominus erat : ille in curru 
igneo, hic in nube. Nam qnando servum 
vocari oporlebar, currus millcbatur ; quando 
autem Filium, thronus regalis, neque sim- 
pliciter thronus regalis, sed ipsemet pater- 
nus. Etenim de Pâtre ait Isaias : Ecce Do- 
minus sedet super nubem lèvera. (Isai. xix, 1.) 
Quia ergoPaler in nube sedet, ideo et Filio 
nubem misit. Atque Elias quidem ascen- 
(lens.ovinam pellem super Elisaeum dimi- 
sit: Jésus autem ascendens, gratiarum dona 
in discipulos demisii, non unum prophe- 
tam facientia, sed intinitos Eliseeos, atque 
adeo ilio mulio majores et illustriores. 

S. AuG , t. V, serm. 215, in redd. Sym~ 
holi. — Tertio die resurrexil in carne vera, 
sed nequaquam ullerius moritura. Hoc dis- 
cipuli ejus oculis, raanibus probaverunt; 
nec eorum lidem deciperet lanta boni tas, 
nec falleret veritas. Sed propter brevilatem 
citosubjungiturquod ascenditiu cœ/um. Nam 
quaiiraginta diebusfuit cum discipulis suis, 
ne tara magnum resurrectionis ejus mira- 
culum , si eorum oculis cito subtraherelur, 
Judificalio pularetur. Ubi nunc sedet ad dex- 
tram Patris : quod fidei oculis prudenter 
«lebemus intueri, ne arbilremur in aliqua 
.sede imujobiliter tixum , ut ei staro vel am- 
bul.ire non liceat. Non enim quia Stephanus 
sanctus eiiui stantem videre se dixit, ideo 
vel iliefàlsum vidit, vel symboli hujus verba 
lurbavit. Absit hoc putare, absit hocdicere. 
Sed iliius habilalio iu e\celsa et inetlabili 



bealiludine ita significata est ut illic sedere 
diceretur. Unde etiam sedes habitaliones 
dicunlur; velut cum interrogamus ubi sit 
aliquis , et respondetur in sedibus suis. Et, 
de servis Dei maxime ac sœpissime dicilur: j 
ïot annos ille in illo vel illo monaslerio se- 
dit : hoc est, requievit, commoratus est, 
habiiavit. Nec sancta Scri()tura hoc genus 
locutionis ignorât. — Dextera vero ipsa Pa- 
tiis non ita dicitur secundum humani cor- 
poris situm, tanquam Filio sit ipse ad sinis- 
tram , si ei secundum istos corporeos situs 
habitusque membrorum FihuscoIJocalur ad 
dexteram. Sed ad dexteram Dei dfcitur, ho- 
noris et felicitatis inenarrabilis celsitudo, 
Sicut de Sapienlia dictum legitur {Cant. ii,6) : 
Sinistra ejus sub capite meo , et dextera ejus 
ampleclilur me. Si enim subter jacuerit 
terrena commoditas, tum desuper amplec- 
lilur œlerna félicitas. 

De sublimi ergo habitatione cœlorum ubi 
nunc est ejus eliam immortale jam corpus, 
Dominus noster Jésus Christus ad judican- 
dos vivos mortuosque venturus est, secundum 
evidentissimum angelicum teslimonium, 
quod scripium est in Aclibus apostolorum. 
lutuentes enim discipuli Dominum ascen- 
dentem in cœlum, et eura saspensis aspec- 
libus deducentes, audierunt Angeles dicere : 
Viri Galilœi , quid hic slatis ? Hic Jésus qui 
receptus est a vobis, sic venict , quemadmodum 
vidistis eum euntem in cœlum. (Act. i. 11.) 
Uepressa est multa et diversa continenshu- 
mana prœsumpiio. In ea forma judicabit 
Christus, in qua judicalus est. Sic enim 
eum viderunt Aposioli ascendentem in cœ- 
lum, quando audierunl sic esse venlurum. 
llla forma erit conspicua vivis et mortuis, 
bonis et mali.s : sive bonos intelligamus 
nomine appeliatos esse vivorum, malosque 
mortuorum; sive illos vivos accipiamus, 
quos nondum finisse islam vilam inveniet 
ejuà adventus, morluos aulem quos ejus 
prœsenliasuscitabil, sicut ipsein Evangelio 
loquitur, dicens : véniel hora, quando omnes 
qui sunt in monumenlis, audient vocem 
ejus, et procèdent qui bene fecerunt in re- 
surrectionem vjlœ, qui mala egerunt in re- 
surrectionem judicii. (Joan. v, 28, 29.) Et 
ihi videbunl in forma hommis in quem cre- 
^iderunt, et illi quem conlempserunt; for- 
ixinm veio Dei, qua .'equalis est Patri, impii 
non videbunl. Tolletur enim impius, sicut 
dicit Prophela. (75ai. xxvi, 10, sec. LXX.) 
Ne videalclarilaleraDomini.El, liealimundo 
corde, quoniam ipsiDeum videbunt. IMatlh. 
v,8.) 



ASSUMPTIO B. M. V. 



[Ex SS. Patribus.] 

S. Athanas. — Hodie collocatur Maria a 
Jextris Dei, ut canilur in psalmo : Astilit 
Regina a dextris tuis. 

Peirus Damiaiv., in quodam serm. do As- 
surapt. — Sublimis illa dies est, in quo Vir- 
go rfgalis ad thronum Dei Palris evehilur, 



et in ipsius Trinitatis reposila , naturam 
angelicam sollicilel ad videndum. 

S. Ildefons. — Sicut est insestimabile 
quod gessii, ita et incom[)rehensibile praj- 
luium glori;e, quod oblinuit. 

S. Laurent. Jcstinfan., serm. de Assumpt. 
- Nullus ardorem beaite Virginis sulTicit 



277 



ATHEISMUS; 



27? 



exjtlicart'; quanto desiilenoriim cremabatiir 
iiicendio, quain crebris suspiriis angebu- 
turl 

S. Bernard., serm. de Assumpt. — Chrisli 
generationem et Mariae assumplioiieai qiiis 
enarrabit? 

Idoru, ibid. — Quantum graliae in terris 
adepla est prao cœleris, lantum et in cœlis 
obtinet gloric'e sinj^ularis. 

Idem , ibid. — Quem in castelliim mundi 
hujus intrantem priiis Maria susceperat, ab 
eo susci[)itur sanctam ingrediens civitatem. 

Idem, ibid. — Félix sane Maria sive cuui 
suscipit Salvatorem, sive cum a Salvatore 
suscipitur. 

Idem, ibid. — Quiscogitare sufïiciat quara 
gloriosa hodio mundi Regina proccsseril, 
et quanlo devotionis alTectu , lola in ejus 
occursum , cœleslium regionuiu piodieril 
luullitudo. 

Idem, ibid. — Quod, si oculus non vidif, 
nec autis audivit, nec in cor hoininis ascei'- 
dit qiitB prœparavit Deus diligentibus se, 
quid prœparavit gignenti se, et quod omni- 
bus est certum, diligcnti se prœ omnil)us? 

Idem, ibid. — Ascendens in allum Virgo 
beata dabit ipsa quoque dona bominibus. 

Idem, ibid. — NfC in terris iocus dignior 
uteri viiginalis ten)plo , in que Filium 



Dei Maria suscepil; nec in cœlis rpgali sir 
lio, in quo Mariam liodie, Mariœ Filius sub~ 
limavit. 

S. HiERON., in epist. ad Paulam et Euslo- 
chium de Assumpt. B. V. — Houie gloriosa 
Virgo Maria cœlos ascendil ; gaudele, quia 
inetlabiliter sublevata , régnât in aelernum. 

Idem , ibid. — Credendum est bodierna 
(lie mililiam cœlorum cum suis agminibus 
fesline obviam venisse Genilrici I)oi, eam- 
que ingenti lumine circuml'ulsisse et usque 
ad Ihronum perduxisse. 

S. AuGL'ST., serm. deAssump. — Si omnium 
sanclorura mors pretiosa , Mariée certe est 
pretiosissima , quam tanta cnmilala est gra- 
lia, ut mater Dei dicatur et sit. 

Idem, ibid. — Angelicam iransiensdijifii- 
talem , usque ad summi régis Ibronum su- 
blimata est. 

Idem, ibid. — Non enim fas est alibi te es- 
se, quam ubi est, quod a te genitum est. 

Idem, ibid. — Quid hou est, in vita Chri- 
stus mortem integrara servuvit; et in morte 
illius corpus incorruptum non servaverit? 

Idem. serm. 9 De Assumpt. — Illud sa- 
cralissimum corpus in quo Ciiristus carnem 
ussura[)sit, escam vermibus traditum, q :>ia 
seniire non valeo, dicere perlimesco. 



ASTROLOGÏA 

Vid. verb. Inoaxtatione». 

ÂSTUTIA 



Vid. verb. Dolus. 



AÏHEISMUS 



[Ex SS. Palribus.] 



S. HiLAR., tract, in psal. i, t. I. — Beatus 
vir qui non abiit in consilio impiorum, et in 
via peccatorum non stetit , et in cathedra pe- 
stilentiœ non sedit. Sed in lege Domini fuit 
voluntas ejus, et in lege ejus meditabitur die 
ac nocte. {PsaL i, 12.) Quinque generum 
observantiara beato viro subesse Propiiela 
commémorât : Primam in impiorum consi- 
lio non eundi, alteram in peccatorum via 
non consislendi, tertiam in cathedra pesti- 
lentiae non sedendi , tum deinde voluntalis 
in lege Domini ponendœ; postremo in ea , 
die nocluque meditandi. Ergo necesse est 
diCferre impium a peccalore, peccaiorem a 
peslilenle; maxime cum sit impiis consi- 
Jium, peccatori via, cathedra pestilenti : 
dehinc cum in consilic impiorum eatur po- 
lius quam sielur, in via vero peccaloris 
sletur magis quam eatur. Quarum rerum 
causas ut intelligere possimus , discer- 
nendum est quantum dillerat peccalor ab 
impio : ut per id intelligi pofsit, cur 
peccatori via, et imjiio consilium Jeputetur : 
dehinc cur et in via standum ; ut m consi- 
lio eundum sit ; cum humana consuetudo 



et in consilio standum, et in via eunduui 
esse décernât. 

Non omnis qui peccator est, et impius est : 
impius aulem non polestnon esse peceator. 
El sumamus ex usu conscientiœ communis 
exemplum. Patres suos amare possuat (ilii, 
licet ebriosi sint et lascivi et prodigi ; et 
inter heec vitia carent impielato, qui non 
Garent crimine. Impii vero, licet in praeci- 
puis sint continenliee frugalilaiisque virtu- 
tibus, omne lamen quodcumiue aliud extra 
impielatem erit crimen, in contumelia pa- 
renlis escedunt. Igitur secundum boc pro- 
positum exemplum, impium discerni a pec- 
catore non dubium est. Bt impios quidem 
eos esse natnra ipsa judicii communis oslun- 
dit, qui cognitionemDei expelere faslidiunt, 
qui nullum esse mundi creatorem irreligio- 
sa opinione prœsumunt, qui mundum in 
hune hobitum ornatumquo torluitis molibus 
constilisse commémorant, qui ne quod ju- 
dicium Creaiori suo ob viiam recte crimi- 
nosuve gestam relinquant, volunt ex natu- 
rae necessitaiedissolvi. Horum igitur omne 
consilium lluutuans, incertum ac vagum est, 
et in eisdem ac [)er eadom sine ulla consi- 
slendi slatione defertur : non enim tenel 



279 



DICTIOxNNAIRE DE LA TRADITION. 



2S0 



modum definilionis aiicujiis. Creatorein 
ruuiidi disputalio docere ausa non esl; cum 
enirn qnœies, cur raundus, et quando et in 
quantum? Et utruin mundus homini, an 
homo mundo? Et mors ob quid, vel quo- 
usque, vel qualis? circa haec impielalis suae 
consilia agiiur semper, et vadit, loco con- 
sisleiidi in hisconsiliis non reperto. 

S. Chrys. hom. 72, al. 73, in Matth., 
t- yil- — lllud maxime causa inc.redulilatis 
jpsis {corrupiis doctoribus) erat, vila nempe 
corrupta, et gloriae amor. 

S. HiERON., Advers. Pelagian., t. IV, part. 
n. — Omnis im[)ius iniquus est et pecca- 
tor; tiec reciprocatur, ut possimus dicere : 
Omnis peccator et iniquus, etiamimpius esl. 
Jmpielas enim proprie ad eos pertinet, qui 
iiutitiaraDei nonhabent, vel cognitam Irans- 
gressiono œutarunt. Peccatum autem et ini- 
quitas, pro qualitale viliorum, post peccali 
etiniquitalisvulnera, recipilsiuiilatem. Unde 
scrif)tuiu est : Multa flagella peccaloris.{PsaL 
XXXI, 10.) Et non, iuterilus sempiternus : et 
jier omiiia flagella atque crucialus emenda- 
iiir Israël. Quem enim diligil Dominus corri- 
pil : flaoelUU autem omnem fUimn quem reci- 
pit. [Bcbr. xn, 6.) Aiiud est Ccedere magistri 
et parentis atieclu ; aliud contra adversarios 
crudeli animo deseevire. Quam ob causain 
et m primo psalino canitur : Quoniam non 
resurgunt impii in judicio. (y 5.) Jam enim 
in perditionem sunl prœjudicali. (Caute 
LEGE.) Neque peccatores in consilio justorum. 
{Ibid.JAWud enim est gloriam perdere resur- 
gendi, aliud periro perpetuo, Veniet, inquil, 
hora, in qua omnes qui in sepulcris sunt , 
audient vocemejus; et ingredientur, qui 
bona l'ecerunt in resurrectionem vitœ : qui 
autem maia egerunt, in resurrectionem ju- 
«Jicii. (Joan. v, 25.) Unde et Apostolus eo- 
dem sensu, quia eodera et spirilii, loquilur 
ad Romanos : Quicunque enim sine lege pec- 
caverunt, sine lege peribunt. Et quicunque 
in lege peccaverunt, per legem judicabuntur. 
{Rom. H, 12.) Sine lege impius est, qui in 
aeternum penbit. In lege, peccator crodens 
in Deum, qui per legem judicabitur, et non 
peribit. 

S. AuG., Lib. dsvera relig., t. I. — Nego 
esse quemquam istorum(servientium cupi- 
ditati triplici, vel voluptalis,vel excellentiee, 
vel spectaculi) qui nihil colendum existi- 
mant , qui non aut carnalibus gaudiis .«ub- 
dilus sit, aut potentiara vanam foveat, aut 
aliquo spectaculo delectatus insauiat. Ita 



ne^cienles diligunt temporalia, ut inde bca- 
litudinem exsf)ectent. Mis aulem rébus, qui- 
bus quisque beatus vulteffici, serviat ne- 
cesse est, velit noiit. Nam quocunque duxe- 
rint sequitur; et quisquis ea visus fueriti 
auferre f)Osse, nietuilur. Possunl aulem au-' 
l'erre isla, el scitililla ignis , et aliqua parva 
bestiol.i. Poslremo, ul omitiam innumerabi- 
les adversilates , tempus ipsum auferat ne- 
cesse est oiiinia Iranseunlia. Itaque cum 
omnia temporalia mundus iste concludat, 
omnibus mundi parllbus serviunt, qui pro- 
pterea putant nihil colendum esse ne sei- 
viant. 

Inler corpora efferre laudibus illa sole- 
raus, quibus membra sunt intégra et [)er- 
f«cta, non mutila, et quœ concinnilatem, 
quam a naturae principio sorlita sunt, sal- 
vam et incolumem tuentur. Quibus autem 
deestaliquid vel redundat, ea monslra nun- 
cupamus. Pari quoque modo, et nullius 
princifiatum et mullorum, ut rem noxiam 
accusantes, monarcbiam sus[)icimus, el Ho- 
mericam senteiitiam laudamus, quœ hujus- 
iiiodi U^gem instiluit : 

Haud boiia res inulli domini, rex nnicus esto, 
Et doiuiiius 

Theodouet., serra. 3, De angelis, diisy 
dœmonibus, t. IV. — Hœc aulem ego noa 
incassum effutio, sed ut ab huraanis rébus 
divina demonstrem. Et oro vos, o viri, ut 
hanc quoque legem in illis observetis : ita 
ut sanos atque integros appelletis eos, qui 
veram seclanlur llieologiam, quam et ab 
initio natura bominibus tradidil, et divina 
subinde eloquia conûrmarunl. Mulilos rur- 
sus vocetis non eos solum , qui nullum 
Deum esse opinantur, sed eos quoque qui 
in multa nomina Deum unum partili sunt, 
quique rerura omnium Condilori parem 
crealuram statuerunt. Haud ilaque soli alhei 
habendi sunt Diagoras Milesius, et Cyre- 
nœus ïheodorus, Evemerusque Tegeates, 
et quicunque hos consectatisuiit, deos esse 
penitus abnegantes, ut auctor est Plular- 
chus : sed Homerus praeterea, et Ilesiodus, 
et familiae philosophorum, qui mullos deo- 
rum ordines fabulaii sunl, et horum quos- 
dam manci[)iorura instar humanarum per- 
lurbatioiium servos esse pronuntiaruiit. 

Vide verb. Incredulitas. 

[Ex Conciliis.] 
Yid. verb. Deus. 



AUCTORITAS 

Yid. verb. Potestas. 

AUGURIUM 

Yid. verb. Incantationes, 

AULA^ AULICI 



l.Ex SS. palribus.] 
S. Basil., t. 111. epist. 39 (haec Julianus 
Basilic scribil). — ^ ivimusinler nos non cura 



sola aulica simulalione, quam te credo hac- 
lenus expertum esse; ex qua qui iaudant, 
majoriodio prosequuntur, q.uam inimicis- 



164 



ALLA, AULICI 



mi 



simi ; sed cum decenii invicem liberlate 
srguente», cum opusest, et reprehendentes, 
non minus diligiraus inter nos, auam qui 
maxime araici sunt. 

S. Greg. Naz., oral. 5, t. I. — Haec ut 
Diaxima et gravissima illius (Juliani) cri- 
raina, serraone complexus sum, non alioqui 
nescius, duobus aut tribus aulicis aduialo- 
ribus, eique impielate paribus (alios enira 
consulto praptereo), tantam impietatis œer- 
cedem persoiutam esse, ut nulla res obsli- 
tura viderelur quorainus ipsi brevi terras 
omnes et maria Rooianorum imperio sub- 
jecla essent expilaturi,nisi secundior rébus 
exitus maturius contigisset. Adeo latroci- 
niis et avarilia veteres illos Cenliraanos 
vincebant. Provincianim porro imperia non 
oplimis, sed moderatissimis, sed crudelis- 
siniis hominibus mandabantur : atque ad 
lionorein, ac dignitatem aliquam obtinen- 
datii unum suffragium erat, a lîde defectio; 
et ut ab eo dona consequantur, qui sibi i[)- 
sis'pessime consuluissent. 

Idem, oral. 36, t. I. — Imperalores, pur- 

fjuram vereamini ; nam seriDO noster legis- 
alotibus quoque ieges statuet. Cognoscite 
quantum id sit, quod vestrae iidei commis- 
surn est, quanlumque circa vos mysleriurn. 
Oruis universus sub manu veslra est, dia- 
demate parvo, atque exiguo panne coerci- 
tus. Supera quidem, vestra etiam sunt. Sub- 
ditis vestris deos vos praebele, ut audacius 
aliquid dicam : Cor régis in manu Dei est 
[Prov. XXI, 1), ut ex Scriptura audimus, ac 
credimus. Hic imperium vestrum sit, non 
aulem in auro, et in exercilibus. 

Aulici, proceres, ac sublimibus thronis, 
et dignitalibus insignes, ne ob polentiam 
magnopere animes efferalis, nec de moria- 
libus rébus tanquamimmortalibus cogitelis. 
Fidem imperatoribus servale.sed priusDeo 
propler quera his etiam quibus commissi et 
traditi estis. Qui generis splendorem jacta- 
lis, date operam ut mores quoque noljilite- 
lis: aut aliquid dicam, injucundum quidem 
et molestum,ac nobiletamen etgenerosum: 
nam lum vere nobilissimus esset ordo ve- 
sler, si ignobiles labeiiis vtstris non adscri- 
berentur. 

S. AcG., Confess. lib. vin, t.l. — Tune 
(Antonius) subito replelus amore sancto et 
sobrio pudore,iralus sibi , conjeeit oculosin 
amicum, et aitiili: « Die, quœso le, omni- 
bus islis laboribus noslris quo ambimus 
peryenire? quid queerimus? cujus rei causa 
inililamus? Majorneesse poterit spesnostra 
in palalio, quara ut amici imperatorissimus? 
Et ibi quid non fragile, plenumque pe- 
riculis? Et per quot pericula pervenitur ad 
grandius periculum? Et quando istud erit? 
Amiens autem Dei si voluero, ecee nunc 
fio. * 

S. Bernabd., episl. 3, adfralr. Guillel., 
t. II. — Profectus es, ut audio, ad curiam, 
eoque profeclurus, ubi impoditum iri te 
suspicaris. Veteres vadis cum duce reno- 
vare necessitudines, sepulla, imo sopita 
suscitare desideria, juxta illam de sirulhione 



parabolara, compressas dia et complicalas' 
in altum alas ereclurus, cum tempus acce- 
peris. Sed et ciconia et hirundo visitalionis 
suff3 diem cognoscnnt, cura aura cceperit 
flare tepidior. Manifeste ad te loquor, quae 
alii in occullo forsitan loquuntur de te. Ad 
curiam vadis, et ignoro an vocatus. Quid 
illic tamen acturus? Animas tuae curam cum 
duce communicaturus , œslus cordis tui 
ejusrefrigeraturusalloquio? Itaforiassis,.sed 
eo frigore de quo scriplum est : Refrigescet 
charitas miiltorum. {Mallh. xxiv, 12.) Audi 
denique hujusmodi exprobrantem propht- 
tam : Quid faciam tibi, Ephraim ? Quid faciam 
tibi,Judn? Juslitia veslra quasi nubes matu- 
iina, et guasi vos mane periransiens. {Osée 
VI, 4.) Matutina plane, magis aulem raomen- 
tanea : cum enim vix spiriiu cœperint, mox 
carne consummanlur. Taies mullos tolé- 
rasse se queritur sponsus in Canticis : Ca- 
put meum plénum est rore, et cincinni mei 
gutlis noclium. [Cant. v, 11.) Nam cum pro- 
pler vitœ sublimitalem quasi Doraini in ca- 
put ascenderint , hœrent in crinibus ; et 
majore in eiterioribus et a vitali spiritu 
alienis occupatione insensibiles red(iili, 
quœ Dei sunt sapere nesciunt. Denique 
non habens in taiibus, ubi capul reclinet, 
si quem inlus repereril, ajieriri sibi rogat. 
Ulinam et tu intrinsecus comraoreris, et 
pulsantem stalim ad oslium Jesum cum 
cordis susceperis hospitio, glorieris, et di- 
cas : Secretum meum tnihi, secretum meum 
mihi. [Isai. xxiv, 16.) Vicissirnque gratam 
illam laudis vocem accipies : Hortus conclu- 
sus, soror measponsa, hortus conclusus, 
fons signatus. [Caht. iv, 12.) Signaculo se- 
pliformis Spiritus, quod solvere nemo nisi 
solus ipse poterit, qui portam orientalem 
singulariter ingreditur alienis clausam-, 
juxla illud prophetœ : Alieni non transibunt 
per Jérusalem amplius. [Ezech. xnv, 2.) 
Tali inciusus paradiso voluplatis, imo ipse 
sicut ager irriguus, etsiculfons horlorum, 
cujus non deficiunt aquœ, alienorum obsur- 
desces ad vocem. Si sœculi le vexaverit 
ambitio, si dignitatum occasio vocaverit, et 
invitaverit blanda peslis, spes honorum 
aliqua, sponsae continuo respondebis ver- 
bis : Exui me tunica mea^ quomodo induam 
eam? Lavi pedes meos, quomodo illos inqui- 
nabo? {Cant., v, 3.) Vides certe,fraler, quid 
est quod dimidialis verbis et umbrarum si- 
milibus, rem magis comprimens quam pre- 
mens, sciens esse mihi cum sapienle ser- 
monem : vides, inquam, quid est tolum 
quoil tibi suggerere volo ; ut periculosa ab 
hac profectione te revocem, et l'alce quadam 
commonilionis nostrœ céleris lapsus occa- 
siones prœcidam : ad prophelae prœceplum, 
pianum tibi faciens iler otTensionis, lapides 
eligens de via. {Isai. lxii.) Mulla mihi est 
sollicitudo pro le, mulla tiducia apud le. 
Alioquin malim inveteralas lecum necessi- 
tudines allenuari ad tempus, quam silentio 
supprimere, quœ ad salutem tuam speclare 
crediderim : perdere familiarilalem, quam 
leneram et crescentem adhuc in le humili^ 
lalem iM-riclilaii. 



ses 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



284 



ÂURUM 



Vid. verb. Avaritia, Divitijb. 



AUXILIUM 

Yid. verb. Adjdtoiu, 

AVARITIA 



[Ex SS. Patribus.] 

Const. Apost., 1. IV, t. I. — Qui habet 
pecunias, et aliis non imperlitur, neque 
vero ipse ulitur , hc sortitus est locum 
serpentis, quera aiunt tliesauris incubare, 
ne de eo homine vera est Scriplura, quae 
ait : Congregavit divitias, ex quibus non 
gustabit {Joan. xx,18, apud LXX), etnihil 
ei emolumenti, pereunti a supplicio. Non 
enim proderunt, inquit, opes in die irœ. Si 
quidem qui talis est, non credidit Deo, sed 
auro suo, quod deum putat, et in quo con- 
fidit. Idem Simulator veritatis est, perso- 
narum acceptor, infidelis, cavillator timi- 
dus, ignavus, levis , ineptus, querulus, 
scipsum excrucians, inimicus sibi ao nemini 
amicus. Hujus bona peribunt, et homo 
extraneus comedet ea (Eccle. vi, 2), vel eo 
vivente auferens, vel mortuo consecutus. 
Divitiœ enim inique congregalœ evomentur. 
(Job XX, 15, apud LXX.) 

Philon. Jud., Lib. De Joseph. — Mundus 
hic est magna civitas, unam reipublicœ 
formam, et unum jus habens. Continentup 
aulem ediclo ualuree jussade agendis, et 
velilade non agendis. Ad id jus alii alias 
leges ac inslitutiones adjiciunt. In causa est 
separatio non solum Grœcorum a barbaris, 
sed et barbarorum a se invicem, et Grœco- 
rum a s use naiionis bominibus. Nec sunt 
audiendi qui lemere culpam referemlo in 
dilTiculiates temporum, inleliceui proven- 
lum fructuum, agrorum sterilitalem, loci 
situmin raaritimis aut medit-^rraneis, in 
continente aut insulis, et id genus alia, ve- 
rilalem dissimulant. Est autem vera causa 
avaritia et niutua perfidia, dum non con- 
tenu jure naturali, quae in commune con- 
ducere videntur consentienlibus cœlibus, 
ea leges nominanl. liaque merito addila- 
raenta naturalis juris censentur iustilula 
particularium civiialum. 

S. Clemens Alex., Pœdag., 1. ii, t. I. — 
In summa divitiœ quae non recle admini- 
stranlur, sunt arx vitii ac sceleris : quibus 
mulli oculo's adjicientes, cœlorum regnum 
nunquam ingredi [)Oterunt ; rerum quidem 
mundanarum desiderio œgri, arroganler 
autem prœdeiiciis viventes. Oportet autem 
eos, qui contendunt adsaluiem, bocanimo 
anlea percepisse, quod usus quidem causa 
nobis sit universa possessio : suQicieniiœ 
autem gr.atia possessio, quam etiam ex pau- 
cis quispiam paraverit. Vani enim sunt, 
qui prflB insatiabiiitate deleclantur posses- 



sionibus, quas tanlum servent, ac recon- 
dant. Qui autem cogit , inquit, mercedes, 
coegit innodum perforatum. {Agge. vi, 10.) 
Is autem est qui cogit sementem et exclu- 
dit et detrimento alticitur, qui nulli imper- 
titur. — Nunc autem arx vilii inventa est 
pecuniae cupiditas, quam Aposlolus dicit 
esse radicem omnium malorum : Quam qui- 
dam appetentes, a fide aberrarunt, et se 
ipsos confixerunt multis doloribus. (I Tim, 
VI, 10.) Verœ aulem diviliae sunt paupertas 
cupiditatura : et vera anirai magnitudo est, 
non pfopter divitias magnos spiritus su- 
mère, sed eas despicere. 

ORiGEN.,Commfinf.,t. XImMaf/ft., t.III.— 
Judas per speciem quidem pauperum cau- 
sam agebat et indignans dicebat : Poterat 
unguentum istud venundari trecenlis dena- 
riis, et dari pauperibus [Matth. xxvi, 9) ; ! 
rêvera aulem fur erat : et loculos habens, ea 
guœ mittebantur subripiebat. {Joan. xii, 6.) ^ 
Si quis igitur nunc quoque Ecclesiœ iocu- . 
los babens, loquitur quidem ut Judas pro i 
pauperibus, eaautemquaBimmittunlur,sub- j 
ripit, parlem sibi ponat cum Juda qui ta- j 
lia lecit; propter quae veiut gangrena ani- , 
mam ipsius depascentia, diabolus immisit in 
cor pjusServaloremprodere,etcum excepi,«- 
set ignitum de ea re lelum, tandem ipse in 
animam ejus intrans, replevil eum. Et forias- 
se quandu dicil Aposlolus : Radix omnium 
malorum est avaritia {ITim. vi, 10), propler 
avaritiam Judœ dicit, quae omnium malorum 
qaae contra Jesum admissa sunt radix est, 

S. Cyprian., epist.l,adZ)onuf.— Nonintel- 
ligit miser speciôsa sibi esse supplicia, auro 
se alligalum teneri, et possideri magis quam 
possidere divitias atque opes. O deteslabi- 
li-e caecitas mentium, et cupidilalis insanee 
profundacaligol Cum exonerare se possit 
etlevare ponderibus, pergit magis i'ortunis 
angentibus incubare, pergit pœnalibus cu- 
mulis perlinaciter adhaerere. Nulla cum in- 
digentibus partitio est; et pecuniam suam 
dicunt quam velul alienam domi suae inclu- 
sam eustodiunt-; ex qua non amicis, non 
liberis quidquam, non sibi denique iraper- 
tiunt. Possident ad hoc tanlum, ne possi- 
dere. alleri liceat; et, o nominum quanta 
diversitasl bona appellant, ex quibus illis 
nullus nisi adres malas usus est. 

Idem, ibid. — Fenore quodam nocendi 
quam fuerit amplior summa dignilalis et 
bonorum,tam major exigilur usura pœna- 
rum. Una igilur placida et tidatranquillilas; 



285 AVARITIA 286 

una solida et firma et perpétua securitas, si trocinatur, ac grassalur. — Avarus caritu- 

quis ab his inquietanlis saeculi turbinibus rus semelipso, carere timel pecunia. Nego- 

Bïtractus, salutaris portus stalione funde- liosus, tristis, anxius, sine requie ulla, 

tur, ad cœlum oculos tollat a terris, et ad damni metu semper detinelur. Honestalis 

Doraiui munus adraissus, acDeosuo nieDto imaiemor, amicitiarura inobservans, huma- 

jam proximus, quidquid apud caeteros in nitalis fugax, religionem nescit, bonilatem 

rébus luimanis sublime ac magnum v.idetur, omnino odit. 

infra suam jacere consrientiam glorietur. Idem, m Jl/aff/i. can. 19. — Habi^ra divi- 

Nihil appetere, nihil desiderare de sœculo tias crirainisnon est, sed modus in habendo 

polest, qui ssecalo major est. relinendus est. Nam quomodo imp.ertien- 

Athanas., Vit. s. Synclet.f t. II. — Quan- dum est, quomodo communicanduin ; sic 

to pauperlas admirabilior et ad virlutem impertiendi et communicandi materia non 

prœstanlior est , lanlo pecuniœ amor ad relinquatur, Ergo nocenter magis habere, 

vilium pejor et flngiliosior est: vereque quam illud ipsum habere fit crimen. Sed 

eum divinus Apostolus dixit (i 37m. vi, 18) periculosa cura est velleditescere : et grave 

esse omnium malorum causam. Nam divi- onus innocentia subit, incrementis opum 

tiarumcupidilas, perjurium, furtum, rapina, occupata. Rem enira saeculi, famulatusDei, 

fornicatio, invidia, cœdes , odium frater- non sine istius vitiis assequilur.Hinc diffi- 



num, bellura, idololatria, avarilia, horum- 

que surculi, hypocrisis, adulalio. cachinni ; 

omnia inquani islheec, causam et originem 

habere avariliam in confesso est. Unde jure 

illam omnium matreni malorum Apostolus 

nominavit. Nec solum ab eis Deus pœnas 

repeiii; verum ipsi sibimelipsis interitum 
I parant. Cum sint enim insatiabili nequitia 
I prajdili, nullum habent propositi finem, cum ad piscinam. — Ne amplius pecces, ne 

proindeque insanabilis inest illis plaga. aliquid tibi deteriuscontingat. (Joan. y, ih.) 



cile divitom regnum cœlorum adiré. 

Idem, ibid., can. 33. — Omnes qui stipe 
templi, et his quae conferuntur ad usus Ec- 
clesiae abutuntur in aliis rébus, quibus 
suam expleant voluntatem, similes suni 
scribarum et saoerdotum redimentium men- 
dacium ot sanguinem Salvatoris. 

S. Cyrill. Hierosol., hom, in paraîyti- 



Qui nihil habet pauca desiderat, quœ na- 
ctus, plura concupiscit. Cenlum aureos ha- 
bet , mille expetit : hos consecutus , in 
inûnilum extendit cupiditatem. Sicque 
quando lerminum sibi consliluere non 
possunt, paupertatem semper déplorant. 
All'ert autem semper secum amor pecuniaB 
invidiam. Hœc vero hujusmodi est ut pri- 
mura habentem se inlerimat. Quemadmo- 
dum enim viperœ nascendo prius matres 
occidunt, quam aliis noceant ; sic et invidia 
se possideiitem tabelacitpriusquam viciuos 
absumat. 

PrsBciarum esset si lot labores ferre pos- 
semus quaerendo probalura illud argenlum , 
quoi gravissimos subeuut, qui luinc vanis- 
simum venantur mundum. Suslinent nau- 
fragia, piratarum discrimen adeunl, in 
terra incidunt in latrones , decumanos 
fluclus, ventes vehementissimos tolérant : 



Audiat hanc sententiam quivis homo. — Et 
qui avarus eras, largus eleemosynarura fias. 
Audiat qui rapuit aliéna : Ne amplius pecces. 
S. Gregor. Nyss., De vita Mosis, t. I. — 
Qui rapina ditali sunt, aut peijurio praedam 
possident, aut adulterio uxores duxerunt, 
aut aliquid velitum ante bapti.smi donum 
commiserunt , si lavacri gratiaab his se 
peccatis liberatos putant, in injuria perma- 
nentes , vehemenler errant , nec possunt 
intelligere, duris nimium se dominis quasi 
iiexos inservire. Crudolis enim domina ac 
rabiosa luxuriaest, libidine quasi stimulis 
servilem mentem exagitans. Alia non minus 
crudelis domina avaritia : quippe nullam 
unquam requiem servieniibus ei prœbere 
solet, sed quanto plura diei ac noctis labo- 
ribus et crucialibus imperio dominas quae- 
ritant, cupiditatemque suamexplere coiian- 
tur ; tanto magis anguutur, quasi nihil 



ac plerumque parto lucro, pauperes sese fecerint , magisque inanes ac famescenles 

dicunl invidorum causa. At nos pro vero ac reperiuntur. 

gerajano lucro ejusmoJi pericula adiré Idem, hom. k in Eccle., t. I. — Pulchre 

prorsus detreclamus. Quod si aliquid no- divinus Apostolus, pulchre, inquam, deti- 

stris rébus accesserit, nos magnifiée homi- nit vitium avaritiee, i)ronunlians ipsain esso 

Dibus ostentamus; nec rare quod ne fuit omnium malorum radicem. {I Tiin. yi, 10.) 

quidem jactabunde narramus. Unde evenif Quomodo enim si in aliquam partem cor- 



ut quam videmur habere sciniillam boni, 
furio inimici amiitamus. Et illi quidem 
j roulta lucrati plura appelunt; praesentia 
i pro nihilo habent, et ad ea qu& non habent 
i auimo contendunt. Nos autem eliamsi nihil 
! eorum quœ requ;ri soient habeamus, nihil 
! volumus comparare : et cum exlrema labo- 
I remus (iau[)erlate, nos diviles prœdicamus. 



ruptus et putridus humor allluxerit , et in 
loco fuerit inflammatio, necesse est omniiio 
ut in aliquem abscessum et corruptioueiu 
humor ille erumpat, cum ad superficieui 
opuspervaserit : ita quibus pecuniœ cupi- 
ditatis morbus allluxerit, ad inlemperantiam 
magna ex parle inclinât vitium. Propterea 
auri et argenli copiae addit turpituJinem, 



Operae pretium igitur est eura, qui bene quae raorbum, qui prius invaserat, solet 

agit, id nemini renuntiare. Quin etiam qui deindeconsequi. Feci enim, inquil, canforc* 

ejusmodi sunt, in jacturam incident : nam el cantatrices {Eccle. u, S), quœ convivio- 

quod videntur habere aulerelur ab eis. rum sunt deiiciœ , pocillatores et pocilia- 

S. HiLAR., tract, in psal. cxxv, t. I. — Irices. SufTicit ment)o nominum ad descri- 

Si animam avaritia ceperil, per corpus la- benduua vilium, ad quod viam munit mor- 



Î87 



DFCTIONJLyitf: DE M TRADITION. 



Î88 



bus , qui orilur ex' copia pecuniee. O 
imprcbum et iraporlunum arliQcium, quam 
(Jetisum acervalira immillit voluptaliim 
fluentuni, quod veluti quibusdnm duplicibus 
torrentibus per audituna et visura inundat 
animas, ut videalur et audialur malum 1 
Cantus evertit audilum, aspectus superat et 
proslernit oculum. Hinc muliebris sonus 
per fractam canluum harmoniam secum su- 
mil ad cor et deducit vitiura. Illinc visu» 
lanquaui aliqua machina bellica in oculos, 
eo quod in aures cantibus incurrerat jam 
fraclo, incurrens, everlit animam. — Tan- 
quam serpens arrepit vuluptas : postea au- 
lem superbia in verlicem assurgit, arro- 
ganliaque et faslu circumvoivitur, adversus 
eos qui suut ejusdem genoris sibi subjuu- 
gens imperium. Post haec secum altrahit 
iraclum pecuniœ cupidilalis, quam neces- 
sario sequiturintempeiaiitia, quœ estulliaja 
et caudœ instar oblinens pars feritalis quœ 
est ex voluptale. 

S. EphRE-M., serm. de record, morlis ac 
dedivitiis, t. Jll. — Impii, ac peccalores 
nudamquamdam habent morlis recordatio- 
nem, non de his quae pcst mortem even- 
tura sunt, labotantes : sed privationem, 
atque abscessum voluptatum déplorantes. Si 
cui autem ipsorum obvenerit recordatio , 
quœ juslos coercet, tune [)rior dolor per- 
ibit, obrulus a posteriori: non ampliusonim 
congruetcumiis,qui dxcnnl : Manducemus et 
bibamus : cras enim moriemur. {Isa.xxM, Ib; 
San Ib 6; i Cor. xv.32.)Neque aadebit Ibesau- 
rizare inutilia, et congregare manibus intru- 
ctuosa, autpotius supplicia conlra se ipsum: 
iiedsollicitudoipsuminvadet,tanquamvirum 
sapientem; prœstantiorum , inquara, rerum 
desideriura , impiorum curam devjlans. 
Eorum vero, qui terrenas divitias amant, 
oranis vila in spe vana consurailur; et 
quanto major est divitiarum copia, lanto 
omplius morlis œelum auget. Kecordatio 
nuipperaortis inlus babitans, dolorem at- 
lert secundum proportionem uniuscujusque 
sensus; non ut instituantur prœceptis lem- 
ncranliœ, prudentiœ, justitiœ, et Icrlitudi- 
iiis ; nec de gebenna , et juslo Dei judicio : 
verura inopia iaborantes consilu , secum 
il)si lamenlantur, deplorantque opes dicli- 
lantes : Quis igitur post mortem noslram 
lantam possidebit opulenliam? — ttquis 
igitur domiiius erit tanti auri et argenli? 
Eccui postea deserviet lanlusauri appara- 
tus'' quis possidebit deauraïas, et serieas 
vestes, ac varia et sumptuosa hntea ?— In 
multas autem parles mente distracta, cum 
exilum quaesiionis invenu-e non possit , 
valde ingemiscens, rursus ad famihœ admi- 
nistrationem revertitur ; nec audet in cœlis 
Ibesaurizare. Quando autem jara cuncta 
animoeius placentia tinem sumpsennt, ve- 
luti fructuum copia, etfacullas redituum, 
lune morlis recordatio suliinlrans contur- 

bat cor. , 

S. Basil., homil. t/i psal. xiv, l. i. — 
Avarus cura hominem viuel prœnecessitale 
genibus provolutum ac supplicem, ecquid 
i.on focifïuleiiiquod abjeclumsit ac humile? 



quidnon loquentem ? ejus qui prœter me- 
ritura adversa fortuna utilur, nequaquarn 
miseretur, nullo loco habet noturam, non 
precibus movetur, sed inflexibilis stat, et 
implacabilis : non cedit deprecationibus , 
lacrymis non frangitur, [)erseveranter negat. 
Jurât, ac sibi maie precans , affirmât carere 
se pecunia omnino. 

Idem, in Hexaemer., hom. 7, t. 1. — Pis- 
cium plurimi vorant se invicem, rainorque 
apud illos alimentum est majoris. El si un- 
qiiam contigerit, ut is qui minorera supera- 
verat, alterius fiat prœda : ambo in unum 
et eumdera posterioris ventrem ingrediun- 
tur.Quid igitur aliud nos homines agimus» 
dura tyrannide et potentia opprimiraus infe- 
riores?Quid a postremo pisce ditTert is quî 
prœ voraci divitiarum cupiditate in inex- 
plebilibus avaritiœ suœ fmibus imbecilles 
absconditl llle possidebat pauperis bona ; 
lu ipsum apprehensum fecisti tuae ipsius 
opulenliœ parlera. Injustis injustiorein, et 
c'varo avariorem te ostendisti. Cave excipiat 
te idem unis , qui pisces : hamus videlicet, 
aut nassa, aut rete. Omnino enim et nos si 
mullura admiserimus iniquitatis, ultimam 
non etïugiemus pœnam. Sunt qui ad fratrem 
IVaudulenter acceduut, adversamque pro- 
ximi fortunam insidiose impetunt, etalienis 
insultant calamilatibus. Cave œmuleris bo- 
ulines improbatos : luis sis contentus rébus. 
Pauperlas , cum rerum necessariariim co(iiu 
vcre suppetil, voluplali omni a sapieniibus 
anteponilur. 

Idem, Hom. in Luc. : Destruam , etc., 

t. 11. — Imitare terram, o bomol IVuctum 

profer velut illa ; ne re inanimala videare 

deterior. Hœc aulem fructus euulrivit , non 

eis l'ruitura, sed tibi inservituros. Tu vero 

quemcunque beneficentiœ fructura osien- 

disses, collegisses hune tibi ipsi, cumbono- 

rumoperuui gralia prœmiumque in largi- 

lores revertatur. Dedisti esurienti, et luuui 

tit quod datum est, ac cum addilamento ad 

te revertitur. Quemadmodum enim tVumen- 

lum, quod in terram cadit, in lucrum cedil 

projicienli : ita panis esurienti objectus , 

in posterum mullum tibi all'eret emolumenli. 

Sii ergo tibi agriculturœ iinis iniliun) cœ- 

lestis sementis ; Seminate enim, inquil . 

vobis ipsis in justitiam. {Osée x, 12.) Quk 

igitur anxius es? Quid cœdis te ipse, iutc 

et lateribus divitiasconcludere coniendeps' 

Melius estnomen bonuin, quamdivitiœ muUœ 

[Prov. XXII, 2.) Quod si opes miraris ul 

provonienlem ex eis honorera , consider; 

quanto sit ad gloriam conducibilius, inuu 

raerorum hliorum patrem appellari , quao 

innumeros in marsupio stateres habere. h 

quidem relicturus hic es pecunias vel invij 

tus : conlra, parlam ob bona opéra gloriac 

exportabis ad Dominum, cum scilicet eu 

cumstans te coram communi judicepopulul 

omnis, nulritorem et beneticum largitorei 

le appellabit, ac nomina oraoïa humanili 

tem benignilatemque sigmûcantia tihi ir 

buei. Coraprobabit te Deus, collauoabui 

angeli, quolquot ab orbe condilo humin( 

Ikiere, boalum te pr«edicabant. 



1»89 



WARITIA 



200 



Ageigllur, divitias varie dispensa. Libe- 
ralis eslo et splendidus in suraplibus iii 
egeiius impendondis. Dicatur eliam de te : 
Dispersit , dédit pauperibus , justitia ejus 
manel in sœculum. {Psal. xi, 9.) Noli magno 
vendere, iiecessilatibus plus juslo inlentus 



loco distel, quod illn formarum adultéra sit, 
ista lerrarum. Eleraonla concutil, maresui- 
cat, terram effodit, cœlum votis faligat, nec 
sereno grala, nec nubilo, condemnat pro- 
ventiis annuos , felusque lerrarum argait. 
Sed.hœc œgritudo est animée, non sanilas. 



Cave exspectes annonœ coritalem ad liorrca — Si quœris Ibesauros, accipe invisibiies et 



aperienda. Nam qui auget pretium annanœ, 
plebi est exsecrabilis. {Prov. xi , 26.) Ne ta- 
men auri causa, ne inediara coramunem ob 
privatam opum luarum copiaoi opperiare. 
Noli fieri cau|)0 bumanarum calamitatum ; 
ne irarn Dei occasionem feceris aggerend.» 
]iecuinae. Cave exulceres vulnera flagris cso- 
sorum. Tu vero conjeclis in aurum oculis, 
non respicis ad fralrem, et numisniatis qui- 
dem nolam agnoscis , et a sincero adulleri- 
uum discernis, Iralrem vero tenipore neces- 
silatis prorsus ignoras. 

Cui, inquis, injuriam l'acio, dum rotineo 
ruea alque conservo? quae, die raibi, tua 
sunl? unde accepta in viiam intuUsli? Veiut 
si quis, loco in llieatro ad spectandum oc- 
(;u()alo, deinde ingiedientes arceal, id suiip- 
sius propriura raïus, quod ad oioniumcoui- 
muntm usum pro|)OnUur : laies ejusmodi 
quoque divilessunt. Nam communia praeoc- 
cupiiutes, eaob pra)occu()atiotiem sibi assu- 
munt. Quod si suœ quisque necessilati 
sublevandœ, id niodo quod salis est cape- 
rel, egenti verorelinqucret quod superfluum 
est, nemo esset dives, pauper nemo. Nonne 
nudus egressus es ex utero? nonne nudus 
iterum in terram reverleris 1 Unde aulem 



occullos quos in cœii allissirais, non quos 
in lerrarum venis requiras. Eslo i)auper 
S[)iiilu, et eris dives quaHcunque censu; 
quia non in abundanlia diviiiarurn vita 
est borninis, sed in virlute ac tide. Islae te 
divitiaî verum divilem lacient, si sis inDeum 
dives. 

Idem, De Ncibuthe, c. ik. — Nescis, o 
homo, slruere diviliasl Si dives esse vis, 
eslo pauper sœculo, ut sis dives Deo. — Qui 
dives est in raisericordia, bic dives est Deo. 
—Dives in simplicitale, divesesl Deo. Dives 
sa|)ienliae et scientic'e, dives est Deo. Sunt 
qui in pau()erlale abundaut, et qui in divi- 
liis egenl. 

Idem , ibid. — Yiri ditiliarum {Psal. 
Lxxv, 6:} bene viros diviliaruiu appeila\it, 
non divitias viroruin,ut oslenderel eos non 
possessores divituirum esse, sed a suis di- 
viliis possideri. 

Idem, ibid., cu[). 15. — Hnjusmodi viri 
divitiariim, somnum suum dormiunt, non 
Ciirisli dorniiunl somnum. El qui Cbristi 
somnum non «iormiunl, non babenl Cbrisli 
(juieiem, non surgunl Cbrisli lesurre- 
ciione. 

Idem, in I Tim. vi. — Nihil tam asperum 



libi praesenlia bona? Si a lato dixeris , im- tamque perniciosum est, quam si ecclesia 



pius es, qui non agnoscas Conditorem, ne- 
que graliam iiabeas iargiiori : sin contiteris 
esse a Deo, die nol)is ralionem cur accepe- 
ris, Num injuslus Deus, qui nobis inœqua- 
liler vilœ nucessaiia dislribuil? Cur divite 
le, ille pauper esl ? Annon ulique ut et tu 
benignilaiis ac tidelis dispensa lionis merce- 
dem accipias, et ille magnis i^lienliœ pra»- 



siicus, ujaxirue qui in sublimi loco est, 
diviliis biijus sreculi sludeat : quia non 
s^olum sibi ipsi, sed et cœleris obesl. Con- 
Irariam enim lormara dat bominibus. — 
Quanlu enim bonorificenlior ordine, lanlo 
luagis suadet iniilandum se, maxime in liée 
re ad quam isla vila proclivis est. 
S. Chrys., 1. I De Comp., t. I. — Qui 



mns donelur? Tu vero uiexplebiiibus ava- [)rincipum njinisleria, vel [lublicorum nego- 



riliae finibus onjnia cuu;plfxus , alque bis 
tam muitos privans, uemini ullam iujuriam 
lacère te exislimas? Quis avarus esl? qui 
rébus quae salis sunt, conlcnlus non e>l. 
Quis spolialor? qui cujusque res auferl. 
Non avarus es lu? non S|ioUalor es tu? qui 
sciiicel quae dispensanda rece|)isli, ea tibi- 
luelipsi pro[)riu lacia>. Furne vocabilur 
qui vesie indulum denudarii, qui vero nu- 
uum non induerit, id si agere jiolesl, aiia 
quadam appellalione dignus esl ? Esurieulis 
c.-l panis quem lu delines: nudi eslpallium 
quod lu in arca servas : discaiceali calceus 
qui apud tepulrescil; indigenlis argeutum, 



liorum admi-nislrationem suscipiunl, scis- 
citanlur solum si res Jucro fulura sil, 
lucro, inquam, temporali : quod si boc spe- 
raio valeant, non labores , non pericuJa , 
non ignominiam, non servilia minisleria, 
non peregrinaliones longas, non diulurnam 
in aiia regione commoralionem, non coniu- 
mebas, non cruciatus, non temporuui mu- 
lalionem , non [)ericulum a speralo fine 
aberrandi, non prœmaluram mortem, non 
separationem a domeslicis, non uxoris et 
liberorum soliludniem, non aliam quam- 
[)iaui dillicullalem cogitant; sed{)ecuniarum 
cupidme, ceu ameiUts etiecti, omniasub- 



quud defossum babes. Quare quot iiomini- eunt mala, quœ ad banc conducere pos 

bus dare pôles, loi inlers injuriam. sinl. 

S. Ambk., I. I />eCam. eMOe/., l. l. — Quid Idem, contra cos qui subititrod. habevt 

de avariiia dicam, insaiiabili pecuniœ eu- Virgin., t. I. — Qui m pecunias insanium, 

pidiiate, et quadam aeris libidine, quee quo iicet sciant quod ii qui parva bœc indigis 

plura absluleril, eo magis inopem esse se impartiuntur, inlinita iliic bona capiani ; 



credil ? omnibus invida, sibi viiis, in sum- 
mis diviliis inops, aU'eclu exienuat quod 
censu abuudal, Nullus rapienui modus, ubi 
uuila mensura cupiendi. Sic intlammal 
îiiiimum, SIC igne auu pascil eum, ut Itoc 



deimeni laujcn ea et del'udiuni, et bonis 
omnibus excidere maiuni, ob Irigidam bre- 
vemque banc vuluplatulam, quam œierna 
pœna liberari , et immorialem vilam adi- 
pisci, illas ad brève lempus despiciendo. 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



S91 

Hoc ulique el iUis conlingil, duin a prava 
oculorum concupiscentia seipsos aliquan- 
lisper conlinere noientes , inlolerabilem 
sibi ignera coUigunt : et quanlo scilicet se 
inagis obleclari putant, lanlo magis malo 
miplicanlur, diabolo suis artibus hoc cu- 
rante ad incrementum et perseveranliam 
incendii, ut ardentes et deleclentur et do- 
leant, absurdum quoddam teiuperamentuin 
in aniraabus suis efficientes. 

Idem, hom. 2 ad pop. Antiocheniim, t. II. 
— Sicut non raala res vinum, sed mala ebrie- 
las • ila non mala res divitiœ, sed raala ava- 
ritia, mala cupiditas. Aliud avarus, et aliud 
dives ; avarus non est dives, avarus mul- 
tis ind'iget ; indigens autera raultis, nun- 
quam dives esse possit. Avarus custos est, 
non dominas pecuniarum ; servus , non 
possessor. Facilius enim alicui ex proprjis 
carnibus, quam ex deiosso auro communi- 
caret. Velul enim jussus nihil de rei)0sitis 
tangere, sic cura omni diligentia ea serval 
pt delinet, a suis tanquam alienis abstinens : 
et cerlesunt aliéna. Quœ enim aliiserogare 
nunquam palerelur, neque in egenos distri- 
buere, eliam si intinilas sustineret pœnas, 
quomodo hœc esse propria putare posset? 
Quomodo vero eorum habet possessionem, 
quorum nec usum, nec fruclum cum liber- 
tate habet? 

Idem, hom. 48 m Gen. xxiv, t. IV. — 
Slulte, ista nocte abs te aniinam tuam répè- 
tent : quœ autem prœparasli, cujus erunt ? 
(Luc. XII, 20.) Quare, die mihi, tanlopere 
siudes, ut colligas ea quœ non mullo post 
hinc abripiendus, hic relinques, ex eis non 
solum nihil ulililalis percipere valens, sed 
et onus peccatorum in humeris i)ropriis le- 
rensel inulili pœnitenlia duclus? Nam ea 
quae a te per avariiiam collecta sunt, in hos- 
tium sœpe devenient munus, te aulem pro 
iis ralionem et pœnam dabis. Quantae igilur 
est demenliae aliis laborare, el te propierea 
pcsnam dare? 

Idem, Expos, in psal. xlviii, t. V. — 
Quid l'ueril à ratione alienius homme, qui 
lemere el cum sui capitis malo ac discrimine 
orbem terrœ percurril, el innumerabrles 
necunios colligil, non sibi sed alns sibi non 
ijolis, sœpe auum hoslibus et insidiaion- 
bus? recle aulem dixil (Psalmisla): iielin- 
quent alienis diviiias snas. {Psal. xlviii, 
11.) Quid est euim stullius, quam, ut hi ia- 
ciunl, labores quidem et peccaia quœ in 
bis colligendis admillunlur, suscipere, alie- 
nis vero eorum usulructu cedere ? Deiinie 
cum amore pecuniœinanem quoqueglunam 
adducens in médium, eos pungit vehemeii- 
tissime dicens : Vocavcrunt nomma sua in 
terris suis. {Ibid., 12.) Quid his rursus est 
a ratione alienius, qui lapidibus el ligms el 
inauimatœ mateiiœ suam committunt me- 
moriam, el propriam credunt gloriam? Ali- 
quos enim bonis omnibus everterunt, yi- 
Uuas spoliarunt, el pupillorum lacullales 
diripuerunt, ul vermi domum lacèrent 
splendidam , tineœque et corruption! ma- 
gniticos ambitus œdilicarent, quod exisli- 
îûent suam per ea luluram immortalem me- 



292 



moriam, quœ ne parvo quidem momenlo 
tem[)oris potuerunl corpofa retinere. Hac 
via illorum scandalnm ipsis. (Ibid.) Quœ- 
nam est, quœso, hœc via? Slndium quod 
in res ejusmodi confertiir, vanus labor, 
insana pecuniœ habendœ cnpidilas, in- 
satiabilis gloriœ ebrietas : et ante fulu- 
rura, inquit, supplicium hic tit eis scanda- 
ium et impedimentum. Non parvura igilur 
offendiculura, non parvum impedimentum, 
non [)arvum obstaculum hœc via est ad ope- 
rotionem virlutis.'Et idco dicit : Hœc vita 
illorum scandalum ipsis. Recte autem dixit : 
hanc.viara esse ipsis scandalum. Sibi ipsis 
vincijla injiciunt, se ipsos impediunt. 

Idem, hom. 74-, ai. 75, in Matth., t. VU. 
— Amas pecunias et avaritiara, ut febrici- 
tantes aquam frigidam? AiidiquiiJ illi (apo- 
stoli) consilii afferant, sicut medicus edicit 
libi, si cupiditalem sequaris, i)eribis; el illud 
atque illud mali libi eveniet, sic et Paulus : 
Qui ditari volant, inquit, incidunt in tenta' 
tionem et laquées diaboli, et in concupis' 
centias slultas et noxias , quœ in profundum 
interitus et perditionis homines prœcipitant. 
[l Tim. VI, 9.) Sed impatiens es? Audi illuia 
dicentem : Adhuc paululum, et qui venturus 
est veniet , et non tardabit. {Hebr. x , 37.) 
Dominus prope est : nihil solliciti sitis. [Phi- 
lip. IV , 5.) Et rursum : Prœterit figura hujus 
mundi. [I Cor. vu, 31.) Non enim prœcipit 
tanlum, sed eliam consolatur ut medicus. 
Ac sicut medici pro Irigidis alla quœdaiu 
excogi.ant ;sicelisteconcupiscenliam iraiiS- 
ferl. Vis, inquit , ditescere ? lu bonis opc- 
ribus dives este. Vis ttiesauros recondere? 
Non repugno , sed in cœlo reconde. Ac sicut 
medicus dicit : Aqua frigida nocet deniibus , 
nervis, ossibus; sic el ille brev.us quiueni, 
nam brevituti sludet, sed clarius el va idius : 
Radix, inquit, omnium malorum est ava- 
ritia. (/ Tim. vi, 10.) Quo igiiur uien-Juni? 
Hoc quoque dicit : Sufficientia, avariliœ locu. 
Magnus enim quœstus est sufjicienlia cwn 
pietate. Quod si œgre leras et plura desi- 
deres, necdum [lossis supeiflua quœqMe 
abjicere; .^ic œgrolanteiu monet , quouiodo 
iis sil utendum : Ut qui lœtantur in posics- 
sionibus, sicut non lœtantcs sint; et qui ha- 
bent, tanquam non retinentes ; et qui utuntur 
hoc mnndo, tanquam non ulantur. {ICor. "vii, 
31.) Vidisiine quœ prœcipiat? Vis alium 
inciucam medicum?Mihi ceiteplacet. Neque 
enim sunt hi medici, perinde alque corpo- 
rum medici, qui sœpe prœ invidia concer- 
tantes, œgrotum pessumdant. Al non sic 
isti qui œgrorum salulem spectant , nec am- 
bilione ducuniur. Ne ilaque illorum mulli- 
ludinem formides : unus in omnibus lo-l 
quilur magister Ghristus. 

Vide ruisus iiitranlem alium et graviter 
de hoc muibo loquentem, imo ipsuiu illi-us 
ore magislrum : Non potestis enim Deo scr-j 
vire et mammonœ. {Malth. vi, 2*.) Eliam, 
inquies, sed quouiodo hœc erunt? quoiiiodo 
concupisceuliam deponemus? Hinc ediscerc. 
licel. El quomodo discemus? Audi ipsuDC 
hoc quoque dicenlem : Nolite thesaurizard 
vobis thesauros in terra, ubi œruijo et Itnec 



U 



293 



AVARITIA 



ÏOi 



demolitur et ubi fures effodiunl et furantiir. suum ferunt ; suum enira est, eliarasl alio- 

(Ibid 19 ) Videsne duomodo et a loco , et a rum quantum ad personam. Hi vero nisi odi- 

cnrru'ptorihus ab liac terrena concupiscentia nia denudarint , et orania domi recondant , 

jiverlai elillara cœlo affigal,ubi lula orania? nunquara salianlur, imo veronunquara im- 

Si enim inquit, illo divilias iransl'eralis ubi plenlur. Ideo eorum manus, non feraruru 



noque œrugo , neque linea consumit, ubi 
fuies nec effodiunt, nec lurantur, et hune 
depelletis morbum, et aniraam in opulentia 
magna constituelis. Ad heec exemplum af- 
fert, que te sapere doceat. Et sicut medicus 
ul aigrum terreat dicit : ille quod aqna fri- 
gida uterelur, interiit; sic et ille divilem 
inducit œgrura, qui et vitam et valeludinem 



manus lanlum dixeris , sed longe ferociores 
et iraraaniores. Ursi namque et lupi cum sa- 
tiali luerint, aj lali alimento recedunl : hi 
vero nunquara satiantur. 

Avaritia radix malorum; et ejus remédia. 

Idera , hom. 17 in I Tim. i , t. II. — Fu- 
giamus radicem maloriim. Avarilia est ra- 
Cuperet, nec pol'uerit consequi , quod ava- dix : Paulus loculus est; imo Cliristus per 
ritiœ sluderet , sed qui vacuus abierit. Paulum. Videamus autem quoiuodo. Ipsa 

Idem , hom. 39 , ai. 40, in Malth., t. VII. rerum exfjcrientia teslatur. Quid enim mali 
Peccati onera videamus. Avaros ilaque in per pecunias non inveclura est; imo non 
médium adducamus, illos nerape qui ira- per pecunias, sed per raaiara volunlalein 
pudentes lenora tractant et rétractant. Quid eorura qui ipsis uti nesciunt. Nara licebat 
ergo onerosius lali negoliatione luerit?Ouot pecuniis recte uti, Jicebat regnum per illas 
dolores, quot sollicitudines , quot sco[)ulI , possiderc. Nunc vero quae data sunt in sub- 
quot pericuia , quot insidiee et bella quoti- sidîura pauperum , ad liberalionem pecca- 



die ex hoc lucro oriunlur ? quot turbae et lu- 
multus? Queraadraodum enira mare nun- 
quara sine lluctibusvideas; sic oechujusmodi 
animum sine cura, mœrore, timoré ac perîur- 
batione; sed priora a sequenlibus excipiun- 



toruui , ad gloriara et beneplacilum Dei; 
bis ulimur contra miseros pauperes; imo 
contra- aniraam nostram et ad otlensionem 
Dei. Ab alio enim quis pecuniara ab>lulit , 
ipsumin paupertatera conjecit, seque ipsuui 



tur, hœc ab aliis , quibus nondum sedatis, jn mortem ; huncque sic ille hic inopia ai- 



aiia insurgunt. 

Avari imago. 

S. Chrïs., hom. 9 in 1 Cor., t. X. — Ni- 
hil ila inconsideralum est ut peccatura, 
nihil ita insipitns, slultum ac violenlum. 
Orania avertit et confundit, et perdit, quo- 
cunque insilierit; visu deforrae, grave et 
molestura. Et si quis ipsum pictor effinge- 
ret , non aberrare mihi videretur, si sic 
ipsumetrormarcl;rauliereranempequamJara 
forraa belluina, barbarara , ignem spiruntem, 
injucundara , nigrara , quales externi poetae 



lonuat, seque ipsum œlerno snpplicio parât. 
Nura haec [laria sunt? quid mali hœc non 
l'aciunl? Annon liinc habendi cupidilales? 
annon rapinae ? amion gemitus, inimicitiae, 
pugnœ, contentiones? Annon usque ad 
mortuos manus exlendunt? annon usque 
ad patres et l'ratres ? Annon leges naturas , 
Dei praece{)ta , et orania subverterunt hac 
cupidilate concitali? Annon iribunalia il!o- 
rura causa sunt constitula. Toile ilaque pe- 
cuniarum amorera, et lessabit belluui ; cos- 
sabunt pugnœ, inimicitiœ, liles et conten- 



Scyllas depingunt. Innuraeris enim manibus Uones 



cogitationes noslras apprehendit, atque ex 
improviso ingredilur, oraniaque discerpit 
et dilacerat, sicut canes clanculum mor- 
dentes. Imo quid opus nobis est piclura, 
cura liceat eos qui illud perpétrant in mé- 
dium adducere? Quemitaquevultis piiraum 
describamus? Avarura et raptorem? Ecquid 
est oculis illis impudenlius?quid magis in- 
verecundura, quid raagis caninum? non 
enim canis ila mipudens slat ut hic, quanJo 
omnium bona rapit. Quid manibus illius 
deteslabilius? quid ore pelulaniius ejus qui 
omnia dévorai, et nunquara satialur? Ne 
ejus vullum et oculos intuearis, quod siut 
hominis. Non enira sic aspiciunl iiumani 
oculi. Non aspicit ille homines tanquam 
homines , non aspicil cœlum tanquam cœ- 
lum : ad Dominum non nulu suo tendit; 
^ed omnia pecunias esse existimat. Humani 
oculi soient atllictos homines inlueriet Iran- 
gi. Rapaciuiu oculi pauperes vident et elle- 
raolur. Humani oculi non ut sua intuentur 
aliéna, sed propria sibi ut aliéna vident; et 
ea, quœ aliis daia sunt, non coiicupiscunt , 



Idem, hom. 20 in Hcbr. x, t. Xll. — 
Non vides quot mala liant propter |)ecu- 
nias? non dico quœ tiunl propter avaritiam, 
et plura habendi cupiditatem, sed quœ in 
ipsa quœ ex lis exislil aUectione : ut exem- 
pli causa, si quispiam amiserit pecunias, 
vivit viiam quavis morte graviorem. Quid 
doles , o homo, quid lacrymaris? Quod le 
Deus a supervacanea liberarit custodia? 
Quod non sedeas tremens, et timens? Dein- 
de, si quis te alligarit tliesauro , jubens 
illic sedere perpeluo, et vigilaie pro alienis, 
doles, et œgre 1ers. Tu aulem cum te i(.sum 
alligaris gravissimis vincuiis , quonitim a 
servitute libiraïus es, doles? Rêvera anti- 
ciftatœ opinionis sunt dolores et gaudia. 
Eas enim sic custodimus , tanquam habenles 
aliéna. 

Idem , hom, 4 in Malth. xiii. — Ni- 
hil sic diabolo hominem subjicit, ul inhiare 
opibus, atque habendi amore superari : id que 
ex liis, quœ nunc (iunl, facile doceri potest. 

Idem , liom. 2i in Matih. vi. — Duo lin- 
gantur, quorum unusagros coemal et servos. 



sed m alios quoque sua elfundunt. Hi vero et quautacuniiue sunt (alia, nullaque ad 

id non ferunt, nisi omnium bona abri[)iant. hœc inuiuitale ducatur : aller vero œqualiter 

Non enim liumanum , sed ferinum habent locuples vendal agros, doraos, vasa argen- 

visum. Humani oculi nudum videre corpus leaet aurea, atque horura omnium prelium 



295 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



396 



indigenlibus largiatur, curet œgrotos, in 
necessilate posilos absolvat , alios vinculis 
eximat, alios eripial de metallis, alios eges- 
talis impalienlia ad laqueum convolaules 
in vitee amorem reducal, liberet de servi- 
tute ac morte caplivos : de cujias vos tandem 
esse parte malletis? El cerle nondum fulura 
dicimus, sed intérim isla prœsentia. Cujus, 
inquam, similesesse malletis, congregantis 
aurum, an plurimorum pericula submoven- 
tis? Ementis agros , an hominibus diversa 
calaraitatum lempeslale vexalis , semelip- 
sum portum parantis? Multo auro circuni- 
dali, an mille laudibus coronali? Nonne hic 
videlur angeli aliciijus similis qui de cœlo 
ad consolationem emendationemque horai- 
nura descenderit? Aller vero nec humini 
conferendus, sed cuipiam parvulo, vane 
cuncta et inaniter congreganli? 

Idem , hom. 56 m Matlh. xvii. — Gravis 
morbus et magno studio indigens in Eccle- 
siam incidit. Nam cum neque a juslis qui- 
dem laboribus recondere pecuniam jubea- 
mur , sed apertas pauperibus domos lenere, 
ex aliorum inopia opes nobis colligimus, 
excusabile avaritise ac rapinœ genus inve- 
rtisse putantes. Nec de illis mihi dicas quid- 
quam quœ exterioris sunt legis. Nam et 
Publicanus exterioreiu serval legem et ta- 
men punilur. Tu simulalione solaminis ma- 
jores facis aerumnas, el liberalilalem vendis 
lenore. Vendas iicet , si vendis regno cœ- 
iorum ; nec cenlesimam parlem, abjectum 
cerle et vile |)relium , sed vilara rajàs im- 
morialem.— Noii mihi dicere, quaeso, quia 
gau.iet, et gratiam habet, quod sibi lenore pe- 
cuniaui colloces;id euim crudelilate luafacit. 
Idem, ibid, hom. 62. — Et monachi 
et avari , quid avaritia sit, ignorant. — 
illi , quia longe a morbo absunl ; isti, quia 
hujus passioiiis ebiielale occupantur, ne 
seniire quideui iiunc morbum possunt. 

S. Hier., Con^menl. in Eccle., t. II, — 
Avarus describilur, quod nunquam opibus 
explealur; et quanio plus habueril, taulo 
plus cupial, Flacci (Horalii) quoque super 
toc coucordanle .'"enteniia, qui ait: 

Seniper avarus egel : 
et nubilis hislonci (ballusliij : quod ava- 
riiia neque inopia, neque copia luinuatur, 
Nihil eigo, inquil Eccle^iaslts {Eccte.\, 9: 
Avcrus non implebilur pecunia, et qui amat 
divitias, fructum non capiet ex eis), prosunt 
Uiviiiat; possidenti , nisi noc solum ut videat 
quœ possidet. Quanto enim major tuent 
substaulia, tanto plures njuiislros habebit , 
qui opes dévorent congregalas. llle auiem 
videat tanlum quod hubul, et plus (juam 
unius hominis cibum c; père non possil. — 
Est malum quod vidi sub sole, el frequens 
apud homines. Yir cui dedit Deus diviiias , 
el substantiam , et gloriam, et nihil dee^l 
animœ ejus ex omnibus quœ desideravit , et 
non dedit ei Deus poteslutcm ut manducaret 
ex eo : sed vir alienus comedit illud. Uœc 
vanitus est y et languor pessimus. Si genuerit 
vir centrnn^ elc. (Eccle. vi.) Describit ava- 
lum divitem, ei hoc maium Irequens esse 
iu hominibus asserit, quud nihil eoiuiu 



quœ iin mundo putantur bona, ei desil et 
nihilominus stultissima parcitate se crucial 
aliis devoranda conservans. Necnon et 
illnd hyperbolice adjicit : quod eliamsi 
cenlum iiberos procreaverit, et non ut 
Adam prope mille, sed duobus miilibus 
vixerit annis, et anima ejus cupiditate et 
avaritia conlabescat; multo deterioris con- 
ditionis sit abortivo, qui slatim ut nalus 
videlur, interiit. llle enim nec mala vjdit, 
nec bona : iste vero cum bona possederil , 
semper trislitiis, et cogilalione crucialus 
est, magisque requiem habeat abortivus, 
quam avarus ille longœvus; et laraen ambo 
œquali fine rapiuntur, dum et hic et ille 
morte simili sublrabuntur? 

Idem, ep. 22, ad Eustoch. — Avaritiœ 
libi. vitandum est malum, non ut aliéna 
non appelas, hoc enim et publicœ leges 
puniunt ; sed quo tua , quœ tibi sunt aliéna, 
non serves. 

Idem, epist. 103, Paul. — Avaro tam 
deesl quod habet quam quod non habet. 
Credenii lotus raundus divitiorum est; in- 
fidelis eliam obolo indiget. — Victus el 
vestilus diviliœ Christianorum sunt. 

Idem, I. I in Matlh. vi. — Non poteslis 
Deo servir e et mammonœ. Audial hoc ava- 
rus; audiat qui censetur vocabulo Chris- 
liano, non posse se simul diviiiis Christo- 
que servire. Et tamen non dixit : qui habet 
divitias, sed qui serrif divitiis. Qui enim 
(iiviliarum servus est,diviiias custodil ul 
servus : qui aulem servilutis excussil ju- 
gum, disuibuil eas ul duniinus. 

S. Algust. , serm. 177 De verbis Apost. 
J lim. VI, t. V. — Onuiia Deus Paler, 
el Filius, et S{)iritus sanclus. Merito solus 
i-ulhcil. Si avaii sumus, if)sum amemus. Si 
opes desideramus, solus nos saliare poterit 
de quo diclum est : Qui saliul in bonis de 
siderium tuum {Psal. en, 5J , hue pecca- 
tori nonsufficit? hoclanium , tam magnum 
bonum peccalori non sullicit? Volendo ha- 
bere omnia, plus perdidil Oinnia : quia Ra- 
dix est omnium malorum avaritia. Merito 
per Prophelam increpat animœ peccaliici 
et a se lornicanli, et dicit : Existimasli . si 
a me discederes, aliquid te aai[)lius habi- 
turam. Sed quo modo ille lilius minor, 
et ce purcos pavisli : ecce omnia perdidisli; 
ecce fgins remansisli , et sero t'essus re-J 
diisli. Jam inteliige quia id quod libi paler' 
dabat , lulius ipse servabat. Exislimasli si 
a me leiiessisses, aliquid amplius te habi- 
luram. O anima peccalrix et impleta lor- 
nicatinnibus, facla turpis, lacia decolor, 
lacla immunda, et sic amala. Kedi ergo 
ad pulchrum, ut ad puJchritudinem re- 
deas:redi, el die ilii qui libi .^olus suf- 
hcit : Perdidisti omnem qui lornicalur «bs 
le. Quid ergo suliicit, nisi quod sequitur: 
Mihi aulem adhœrere Deo bonum est. [Fsal. 
Lxxii, 28 ) Ergo sursum cor non jn terra, 
non in mendacissimo ihesauro , non in Joco 
putredinis. Radix est enim omnium malorum 
avaritia. El in ipso Adam radix oumium 
mal'orum avarilia fuit. Plus enim voluil, 
quam acce])il, quia Deus iili non suilecit. 



$97 



AVARITIA 



5S8 



S. AcG., in psal. ixxii. — Avare, quid 
jnhias cœlo et terrœ? Melior est qui fecit 
cœlum et terram; ipsum visurus es, ipsura 
habiturus es. 

Idem, in psal. xlviii. — Qui vult esse 
dives, non hœreat parti, et tolum posside- 
bit : illi inhœreat qui tolum creavit. 

Idem, m psal. li. — Forte in divite est 
pecunia, et non avarilia : et in paupere 
non est fjecunia, sed avarit-ia. In sinum 
Abrahae divitis, pauper Lazarus sublatus 
est : an potius ambo Deo divites , ambo 
cupiditate pauperes? Non quia dives habuit 
divitias, sed quia in ipsis speravit, et 
non in Deo; ideo damnatur, ideo punitur. 
Si non est prœsuœendum de divitiis, quanlo 



dite a me, mnledicli, in igngm œlernum, etc. 
{Matth. XXV, 41.)— Si tanta pœna raulclatur 
qui non dédisse sua oonvincilur,qiia pœna fe- 
riendus est qu! redarguituraliena abstulisse ? 

Idem, ihid. — Et sœpe omnipoteiis Deus 
cum avarœ menli vehementer irascilur, 
prius ei permitlit ad votum cuncla suppetere, 
et poslea perullionom subirahit, ut pro eis 
debeat supplicia œlerna tolerare. Undo et 
subditur : Et cum habuerit quœ concupierat, 
possiderenon poterit. 

Idem, Moral. — Mira est securilas 
cordis, aliéna non quœrere , sed unius- 
cujusque diei victii contentum manere. Ki 
qua videlicet securilate eliam perenuis re- 
quies nascitur, quia a bona et tranquilla 



magis non prœsumeudumde paupertate,sed cogitalione ad gaudia aeterna transitur. Quo 
de Deo vivo? 

Idem , in psalm. cxxiii. — Ille habet au- 
rum,qui novit iili auro : qui autem auro 
uti non novit, babelur, non habet. Estote 
doiiiini auri, et non servi. 

Idem, Lib. de decem chordis. — In affectioni- 
bus saecularibus non vobis sulficiunt quos 
prœcessistis; sed vultis esse divites, aequa- 
Jes dilionbus vobis non altenditis, quan- 
tos pauperiores transcenditis? Vincere vul- 
tis diliores: sed in eleemosynis habetur 
modus. N(tli sub imagine pielatis augere 
pecuniam; filiis meis, inquit, serve: ma- 
gna excusatiol servat tibi pater luus , ser- 
vas tu tiliis tuis, filii tui filiis suis, et sic 
par omues, et nullus facturus est prœcepta 
Dei. 

Idem , in Verb. Domini. — Et habes , et 
concupiscis ; et plenus es, et sitis : morbus 
I est, non opulentia. 

Idem, jDe ï)iversis. — Non solumavarus 
est qui ra[)it aliéna, sed qui cupide ser- 
val» sua: sed si sic culpatur qui cupide 
serval sua , quomodo damnatur qui rapil 
aliéna. 
I S. Gregor. , 1. IV in\Job m, t. I. — 



contra reprobi, et liic fatigantur in deside- 
riis, et illic in tormenlis, eisque de Jabore 
cogitalionis, labor doloris nascitur, dum ab 
œstu avaritiae Irahuntur ad ignem gehennae. 
Et quia sœpe perversus quisque quanlo 
citius pervenit ad desiderium, tanlo facilius 
rapitur ad tormentum. 

S. Berxard., serin. 21 inCant.,t.l. — Ava- 
rus terrena esurit ut mendicus, fidelis com- 
temnit ut dominus. Ille possidendo mendi- 
cat, iste conlemnendo servat. Quare a quovis 
eorum qui insatiabili corde lucris tempora- 
libus inhiant, quidnam de bis senlial, qui 
sua vendenles et dantes paupeiibus régna 
cœlorum pro terrena mercantur substantia, 
sapienter agant necne ? Procul dubio re- 
S[)ondebit : Sapienter. Queere item cur quod 
approbat, ipse non facil? Non possum, in- 
quiet. Quare ? perfecto quia domina avari- 
tia non permitlit, quia liber non est ; quia 
non sunt sua quœ possidere videtur ; sed 
nec ipse sui juris. Si vere lua sunt expen- 
de ad lucra, et pro terrenis cœlestia commu- 
talo. Si non vales, fatere le pecuniœ luœ, 
non dominum esse sedservum; custodem, 
non possessorem, denique et contbrmaris 



Avarus plerumque concupita adipisci non crumenœ tuœ, tanquam servusdomiuœsuœ, 
valens, diem quidem in olium, noclem dum quo modo ille illi necessario et con- 
vero in coKÏlalionem versai : lorpct ab utili gaudet gaudenti, et dolenli condolet : tu 



opère, quia fatigatur iilicita cogilatione. 

Consilia mulliplicat , et sinum mentis co- 

gilalionum iuvenlionibus lalius expandit : 

pervenire ad concupita satagit, alque ad 

oblinenda bœc quosdam secrelissimos cau- 

sarum mealus quœril. Qui mox ut in causa 

aliquid subtile invenisse se œstimat, jam 

se obtinuisse quod concupierat, exsullat : 

I jam quid eliam adeplœ rei adjungat , exco- 

jgilat, alque ut in meliori statu debeat 

I excoli , perlractat. Quam quia jam quasi 

I possidet, et quasi ad meliorera speciem 

I adducit ; mox insidias invidentiutn consi- 

!derat, et quid contra se jurgii moveatur 

i pensât. Exquiril quid respoiideai, et cum 

! rem nullam teneat,jam in defensione rei 

jquam appétit, vacuus liligator élaborai. 

i^uamvis ergo nihil de re concupita recepe- 

I rit, bubet tamen in corde jaui tructum con- 

cupiscenliœ, laborem rixœ. Gravi itaque 

populo premilur, qui insliganlis avariliœ 

tumuitu vaslalur. 

S. Gregor. Magn., Moral. — Disce- 

DiCTIONN. DE LA TRADITION. I. 



quoque cum crescente tuomarsupio crescis 
pariter animo, et cum decrescenle decrescis. 
Nam et conlraheris trisUlia, cum illud ex- 
inanitur; et lœiitia solveris, sut certe inlla- 
ris su{)erbia, cum implelur. Hoc ille. Nos 
vero sponsœ curemus œmulari libertatein 
alque conslantiam, quœ sicut berie inslru- 
cla in omnibus, et erudita corde in sapienlia 
scit abuûdare, scit et penuriam pâli. Cum 
se rogat trahi, osteiidil quid desit sibi, non 
pecuniœ, sed virtulis. Rursum cum se nihi- 
lominus de spe redilurœ graliœ consolaïur; 
et si deticere, non tamen dillidere se probai. 

Sacerdotum avarilia acriler perstringilur. 

Y- Idem, serm. 10 in Cant., t. 1. — Quanti ho- 
die secus allectos se ostendunt ! De his dico, 
qui animas regere susceperunl. Quod eniiu 
sine miserubili gemilu dicendum non est, 
Ghrisli opprobria, spula, ilagella, clavos, 
lanceani, crucem et inoilem, bœc omnia in 
lornace avariliœ contlanl, et profligaiU iu 
acquisilioucm lurjns quaeslus, et preliuia 

10 



ÎS9 



DICTIONNAIRE DE 



nniversilatîs suis marsupiis includere fe- 
slinant; hoc solo sane a Juda IscarioUs dit- 
lerentes, quod ille hornmomne emolumen- 
turn paucorum denariorum numéro com- 
pensavit; isli voraciori ingluvie lucrçrum 
infinitas exigunt pecunias, his insaliabili 
'iesiderio inhiant. pro his ne amiltanl, ti- 



LA TRADITION. 500 

ment; et cum amittunt, dolent : harum in 
amore quîescunt, quantum dunlaxat liberum 
eis est a servandi vel augmentandi cur;). 
Animarum nec casus reputalur, nec salus. 

[Ex conciliis.] 
Yid. verb. Uscai, FunxuM, elc 



AVERSIO 

Vid. verb. Odiom. 

AVIDITAS 

Yid. verb. Ambitio. 



B 



BAPTISMUS 



[Eï SS. Patribns.] 
PgEDDO-iGNATii ùd Antioch. 1. X, Const. 
avost.l. viH, 1. 1. —Et ego Paulus, apostolo- 
rum minimus, hœc de canonibus consUtuo 
vobis episcopis et presbytens. Qui primo ad 
mvsteriura pietatis accedunl ; episcopo vel 
presbyleris perdiaconos addùcantur ; et cau- 
sas exquirontur, quare se ad verbumDomini 
adiunxeiinll:quiqueoblulerunt,testimonium 
eisprœbeant,diligenierexploralisquafiadeos 
sneclant. Examinentur autem eorum mores 
ac vita ; et an servi sint, vel liberi. Atque si 
fidelis seu Christiani servus fuerit; inter- 
ro'^etur dominus ejus, utrura ei testimo- 
nium perhibeat. Si nonperhibet, rejiciatur, 
donec Domino probaverit dignum se esse ; 
si vero ei perhibet testiraonium admitlatur. 
Ouod si elhnici sit f.imulus ; doceatur pla- 
cere domino, ut Yerbum et Chrisliana reli- 
tio non aspergalur inlamia. Rursus si habet 
uxorem, aut mulier virura ; edoceanlur se 
muluo, conjuges, esse conlenti : sin vero 
Don suntmatrimonio conjuncti; discant non 
scortari, sed legilimo suciari connubio. Si 
autem dominus ejus, cura sit fidelis, et 
sciât quod ille scortelur, non dat ei uxorem, 
aut mulieri virum, excomunicetur. Si quis 
vero dœmonem habeal; doceatur quidem 
nielalem, sed non recipiatur ad communio- 
nem, anlequam mundetur ; lamen si mors 
urgeat, recipiatur. Si quis est leno ; aut 
desinal perductorem agere, aut repellatur. 
Merelrix quae accedit, aut désistât, aut reji- 
ciatur. Idolorum artifex, cum accedit, aut 
désistât, aut rejiciatur. [Ephes. yi,CûIoss.i\, 

Pfiilcm ) 

Scenicorum si quis accédât, vir sive fe- 
mina; vel auriga, vel gladiator, vel sladii 
cursor, vel lanista seu ludorum curalor, vel 
olvmpicus, vel choraules, vel cilharista, 
vel lyristes, vel saltationeiii osienlans, vel 
caupo; hi aut finem faciant, aut rejicianlur. 
Miles accedens, doceatur nemini injuriara 
inferre, non calumniari, conlenlus esse sibi 
dalis siipendiis. {Luc. m, il.) Obtemperans 



his, admitlatur; repugnans, rrejiciatur. Ne- 
fandœ libidinis perpelrator, cinœdus, lasci- 
vus, magus, incantalor, astrologus, vales, 
ca[;tator carminum raagicorum, mendicus, 
agyrta, circulalor, arauleta faciens, lu- 
strans, augur, orainum et signorum mon- 
strator, palpilationum interpres, in occursu 
observans vilia oculorum aut pedum, vel 
observans aves, aut mustelas, aut voces, aut 
symbolicas auditiones, probentur tempore ; 
vix enim elui potest malitia : cum igilur 
desierint, admittantur : si non pareant, reji- 
ciantur. Concubina cujuspiara infidelis raan- 
cipium, illi sùli dedila, admitlatur; si au- 
tem etiam cum aliis petulanter agit, reji- 
ciatur. Fidelis qui habet coneubinam ; si 
servam, desinat, et légitime du(!at uxorem ; 
si liberam, eam in uxorem legitimam acci- 
piat; si noiit, rejiciatur. , . . . 

Qui gentilium mores sectatur, vel judai- 
cas fabulas, aut mutet vitam,aut repellatur. 
Si quis animum addicit insaniœ tliealri, aut 
venationibus, aut equeslribus cursibus, aut 
ludorum certaminibus ; vel cesset, vel re^ 
iiciatur. Qui erit catethumenus, per très 
annos; calechesi informetur ; quod si slu- 
diose se gerit, et rei desiderio tenetur, 
admitlatur: quia non terapus, sed vitae in- 
stilulum perpendilur. Qui docet, quamvis 
laicus sit, modo'perilus in sermone, ac mo- 
rura probitale ornatus, doceat: Erunt enira 
omnes a Deo docti. (Joan. vi, 45.) Omnis ; 
Christianus, vel Chrisliana, mane ex somno 
surgenles , anlequam opus faciant, lavent 
ac precenlur; si autem aiiqua sermonis! 
catechesis agalur, operi quisque anteponat 
verbum pielalis. Fidelis vir, vel fidelis mu- 
lier, bénigne se habeant nrga lamulos : sicut 
et in prsecedenlibus consliluimus et nij 
Epistolis docuimu^. 

Forma baptismi. 

Conslil. aposi. 1. vu, t. I. — Deinde v.e- 
nit ad aquam. Sacerdos autem benedicit ac 
laudal Dominum Deum omniputentem, Pa 



;oi 



BAPTISML'S 



3()i 



Irem unigeniti Dei, et graliasagit, quiamisit 
Filium suiini, qui honio fieret proptor nos, 
ul nos salvarel: quia suslinuit ut ille in 
Incarnalione fierel |)er orania obediens, prae- 
dicaret regnum cœlorum, remissiotiem pec- 
caloruin, ruorluorum resurreclionem. Ad 
hœc adorât ipsum unigenitum Deuai post 
eum, et per illum gralias huic agens , quod 
ille mortem \)V0 omnibus per crucem subi- 
erii, cujas morlis tiguram dédit baptismum 
regenerationis. Laudat eliam quia in no- 
niine Ciu-isti, Deuscunclorum Dominus, in 
Spirilu sancto non abjecit huinanum genus, 
sed variis lemooribus variam providenliaiu 
adhibuit. 

De cafechumenis. 

Constit. apost. 1. m, t. I. — Qui bapti- 
zalur, se prœslet alienum ab omni impietate, 
inelficacem ad peccalura , aniicum Dei, ho- 
stem diaboii, hœredera Dei Patris, et cohœ- 
redem Filii ejus; eumque qui renuntiaverit 
Salanae, illiusque dœnionibus ac lallaciis. 
Sit caslus, parus, sanctus , Deo amicus, fi- 
lius Dei; orans , tanquam fiiius patrem; 
atque hoc modo, veluli nomine communis 
fidelium cœlus proloquens; Pater noster qui 
ji €s in cœliSf etc. 

; Baptismiissanguinis. 

Ibid.,\. V, t. l..^Qui martyrio dignus est 
habitus, laetilia in Domino etferatur, quod 
tantam coronam nactus fuerit, et per con- 
fessionem ex liac vilamigret. Quamvis ca- 
techumenus sit, sine trislitia excédât: 
passio enim pro Christo perlata, erit ei 
sincerior baptismus ; quando quidera ipse 
rêvera et periculum faciendo, Clirislo com- 
nioritur, reiiqui vero, hoc est, qui bapti- 
zantur , figura tanlum. Gaudeat ergo de 
Maglslri iinilatione, si quidem prœceptum 
esl : Perfectus sil omnis, sicut magister ejus. 
{Luc. VI, 4-0.) Atqui Magister ejus et noster, 
Dominus Jésus, propter nos plagas susli- 
nuit, conviria, et probra œquo animo tole- 
ravit, conspulus est, colaphis et alaj)is 
percussus, cruci post tlagra affiius, aceto et 
lelle polatus; consummalisque omnibus quoe 
scripla erant, dixit Deo et Patri : Jn manus 
tuas commendo spirilum meum, {Luc. xxiii, 
4G. ) Quaproplcr qui optât illius esse disci- 
pulus, œuiuletur, ejus certaruina, imitetur 
patienliani; sciens quod etsi in ignem ab 
hoiuinibus conjiciatur, nihil palietur; sicut 
illi 1res pueri {Dan. m.) ; aut si aiiquid pa- 
tiatur, mercedem a Domino accipiet; fidem 
habens uni et soli vero Deo ac Palri, per 
Jesum Cln-isium , magnum ponliticem, et 
redemptoreuj animarum, cerlaminumquo 
remuneralorem. 

S. Irkn., ado. hœres., I. i, c. 2. — Justis 
et praecepta ejus servantibus, et in dile- 
clione ejus ()erseveranlibus, quibusdam qui- 
dem ab initio , quibusdam aulem ex pœni- 
lenlia,vilam dunans, incorruptelam looo 
muneris conferl, et claritatem œternam 
circuuiddt. 

S. Justin., Dialog, cum Tnjphone Judœo. 
- Si quis [)uras luuiius non iiubet, lavet et 



purus est. Neque enim vos ad balneum 
misil Isaias, ut ibi cœdem et alia peccala 
abluereiis, quos ex[)urgare ne tota quidem 
maris aqua idonea sit. sud, ut par est, jam 
tum ipsuui illud iavacruin salulare prœdi- 
cabat, quod eorum est, qui pœnitentiam 
agunt, necjam hircorum et ovium sanguine 
C'xpi.iiiluf, aut vilulcB cinere.similœve obia- 
lionibus, sed tide ()er sanguinoin Christi et 
raorteuj ejus, qui ea ipsa de causa mortuus 
est quemadmodum ait Isaias liis verbis: 
Jtcvelabit Dominus brachium sanclum suum , 
etc. {Isa. LU, 10 et seq.) Circumcidamini 
igitur prœpulio cordis veslri : quemadmo-' 
dum divinœ Sciipturœ his omnibus verbis 
postulant. 

Tertull. , Depudicitia. — Quibus regnum 
adimitur, ulique nec vita permillitur, quae 
inest regno. Étiam ingerens, sed hœc qui- 
dem l'uistis, sed abluti estis, sed sanctifi- 
cali estis in nomine Domini nostri Jesu 
Christi, et in spiritu Dei nostri, Quantode- 
licta ista ante lavacrum acceptolacit, tanto 
post lavacrum irremissibilia consliluit. Si- 
quidem denuo ablui non licet. 

Idem, Lib. de corona militis.— Queecamus 
au et traditio non scripta non debeat recipi? 
plane negabimus récipiendam, si nulla 
exempla prœjudicent aliarum observatio- 
num, quas sine ullius scripturœ insiru- 
mento solius traditioais titulo, exinde con- 
suetudinis palrocinio vindicamus. Ul a 
baptismo aggrediar ; aquam adituri, ibidem, 
sed et aliquanto prius in Ecclesia sub Au- 
listitis manu conlestamur nos renunliare 
diabolo, et pompœ et angelis (îjus. Dehinc 
ter raergitamur, amplius aiiquid respon- 
dentes, quara Dominus in Evangelio deler- 
minavit. 

Idem, Lib. de baptism. , c. 7, 8.— Egressi 
de lavacro perungiuiur benedicla unclione. 
— Sic in nobis carnaliter currit unctio, sed 
spiritaliter proficit : quomodo et ipsius ba- 
plismi cdrnalis aclu quod in aqua mergi- 
mur: spirilalis ellectus, quod deiiciis li- 
beramur. — Terrae id est, carni nostrue 
emergenti de lavacro post vêlera delicta, 
columba sancti Spiritus advolat, pacem Dei 
al'ferens, ubi Ecclesia est, arca hgurala. 

Idem, ibid., c. 17. — Dandi quidem ba- 
ptismi habet jus summus sacerdos qui est 
episcopus. Dehinc presbyieri et diaconii non 
tamen sine episco[)i auctorilate, propter 
EcclesiiB honorem. Quo salvo salva pax esl. 
Alioquin eliam laicis jus esl. Pruinde et 
baptismus œque Dei census ab omnibus 
exerceri polesi ; sed quanto magis laicis 
disciplina verecuudiœ ei modestiœ incumbit, 
cum ea majoribus competal, ne sibi assu- 
mant dicatum episcopis ollicium episco- 
patus. — Sulliciat scilicet in necessilalibus 
ut ularis , sicuii aut loci , aut lemporis, aut 
personae condillo com[)ellil. 

Ingressuros baplismum, oralionibus cre- 
bris, jejuniis et geniculaiionibus et pervi- 
giliis orare 0[)Orlet, et cum conl'essione 
omnium relro delictorum , ut exponant 
eliam baplismum Joannis. Tinguebanlur^ 
\\n\(\\\.t conjitentes delicla sua. Nobis grain- 




503 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



S04 



landum est, si non pnblice contilemur ini- 
quilates aal lurpitudines nostras. Simul 
enim et de pristinis satisfaciraus contlicla- 
tione carnis et spirilns, et subsecuturis 
lenlationibus munimenla prseslruimus. 

Tertull. Lib. de Baptismo, cap. 20.— T igi- 
lale et orale, ne incidatis in tcntationem. Et 
ideo, credo, lenlali suni. apostoli quoniara 
obdorraierunt, ut apprehensam Dominum 
desUlu<;rinl. . 

Idem, ibid, cap. 11.— Anima cum ad U- 
dpm pervenit reformata per secundom na- 
tiyita'era, ex aqua et superria virlule — 
cxcipiUir aSpiritu sancto , sicut in pnslina 
nativilate a spirilu profane. Sequitur ani- 
mam nubenlem Spirilui caro , ut dotale 
raancipium, et jam non animée famula , sed 
spiritus. O beatum connubium , si non ad- 
raiserit adulteriuml 

ORiGEN..Z)e principiis, Iib. i, t. 1. — ^-i 
in Aclibus apostolorura per impositionem 
manuura aposlolicarum Spirilus sanclus 
dabatur in baptismo. Ex quibus omnibus 
didicimus tantae esse auctoritatis et digm- 
latissubstantiam Spirilus sancti, utsalularis 
baptism_us non aliter nisi exccllentissimœ 
omnium Trinilalisauclorilate,ul est Pains, 
ot Fibi, et Spirilus sancli cognommalione 

complealur. o , n 

Idem, in Leviticiim, nom. o, t. ii , — 

Audi David dicenlem : Jn iniqnilaiibns 

concepins swm, et in peccalis peperit me 

mater mea {Psal. l, 7); ostendens quod 

quœcunque anima in carne nascilur, ini- 

cuitatis el peccati sorde polluitur; et pio- 

ptorea dictum esso illud , quia nemomundus 

a sorde, nec si uniiis diei sil vila cjus. [Job 

IV, k ] Addi eliam illud polest, utrequiralur 

qui causœ sit, cum baptisma Ecdesiœ pro 

remissione peccalorum detur , secundum 

l'cclesiœ observantiam eliam parvulis bap- 

lismum dari : cum ulique si nibii essel in 

luirvulis quod ad remissionem deberet et 

indulgentiam pertinere, gratia baplismi su- 

perflua viderelur. 

idem, m Num., hom. ià, t. il. — ne- 
cordetur unusquisque tidelium , cum pri- 
œum venitadaquas baptismi, cum signa- 
cula lidei prima suscepit, et ad fontem 
salularis accessit, quibus ibi tune usus 
sitverbis, et quid renuntiaverit diabolo : 
non se usurum pompis ejus, neque ope- 
ribus ejus, neque ullis omnino servims 
eius ac volupt;ilibus panturura. El hoc esl 
quod his Ifgis sermonibus adumbralur , 
quia non dedinel Israël, nequu in agrum 
eius, neque in vineam ejus. Sed neque 
aquara de lacu ejus pollicetur, sed se es.e 
nolalurum. Non enim uUra disciplinée dia- 
bolicee, non aslrologiœ, non magicee non il- 
jius omnino doctrinee, quee conira Dei pie- 
lalem aliquid doceat, pocuium suraet iuMis. 
Habet enira suos foules, et bibit de lonlibus 
Israël, bibit de lonlibus salularis : non bibit 
aquam de lacu Seon, nec reliiiquens lonlem 
aquœ vivœ congregat sibi lacus confrac os. 
Sed et via regali incessurum se prolilelur. 
Quœest via regalis? llla sine dnbio quffi 
dicit : Ego siim via, veritas et vila. [Joan. 



xiv, 6.) Et merito regalis ; ipse est enim de 
quo Prophela ail : Dcus judicium luum régi 
da. (Psal. Lxxi, 1.) Via ergo regali inceden- 
dum esl, nec declinandum usquara neque 
inagruraejus, neque in vineam ejus : id est, 
neque ad opéra, neque ad sensus diabolicos 
declinare ultra mens fidelium debel. 

Idem, in Luc, hom. 2i , t. 111. — De eo 
quod scriptum est : Ego quidem baptizo vos 
AQL-A {Luc. m, 2, 16), usque ad eum locum 
ubi ait : Ipse vos baptizabit Spibitu sancto 

ET IGNE. 

Joannera qui minor est Christo , suscepit 
populus, reputans et cogilans ne forte ipse 
osset Chrislus : cum v<to qui major illo 
veneral, non suscepil. Vis causam scire? 
cognosce '■ Joannis baptisma videbalur , 
Chrisiibaptismus invisibiiis erat :£'^o enim, 
inquit, baptizo vos in aqua : qui autem post 
me venit, major est ; ipse vos baptizabit Spi- 
rilu sancto el igné, {ibid.) Quando baptizat 
Jésus Spirilu sanclo , et rursum quando 
igné baplizai? Nunquid uno atque codera 
lemi)ore S[)irilu el igné baplizat , an vano 
atque diverso ? Vos autem baptizabimini 
Spirilu sancto non post multos hos dies. 
[Ad. I, 5.j Baptizali sunt apostoli fiosl as- 
censionem ejus ad cœlos Spiritu sancto : 
quod autem igni fuerinl ba()lizali, Si:iiplura 
non memorat. Sed quoraodo Joaunes juxia 
Jordanemtluvium venieiites ad bapiismum 
|)rœstolabalur, et alios abigebat dicens : 
Generalio viperarum, el reliqua [Luc. m, 1); 
porro eos qui contilebantur vilia atque 
peccala , suscipiebat : sic slabit in igneo 
tlumine Dominus Jésus juxta flarameara 
rhompliœam, ut quemcunque posl exiium 
vitcc hujus qui ad paradisum transire desi- 
derat, et purgalione indiget,- hoc eum amne 
baptizel, el ad cupila iransmitlal; eum vero 
qui non habet signum priorum baptisma- 
tum,lavacro igneo non baplizet. Oporiet 
enim prius aliquem bapiizari aqua el Spi- 
rilu, ut cura ad igneum;iluvium venent, 
oslendat se et aquœ el Spirilus lavacra ser- 
vasse, et lune mereatur eliam iguis accipere 
baptismura in Chrislo Jesu. 

Idem., hom. 22 in Lue., t. 111. — Quse- 
nam egredienlibus ad baplismum Joannes 
loquitur, attendendura. Si quis vull bapii- 
zari, agrediatur. Manens enim in pristino 
statu, el mores suos el cousueludinem non 
lelinquens, nequaquara rite ad baplismum 
venit. — Accipe leslimonium , el ausculta 
verba quibus Deus loquitur ad Abraham : 
Egredere de terra tua, et reliqua. [Gen. xii, 
1 1 Egredienlibus itaque ad lavacrum turbis, 
non egressis, sed tanlum egredienlibus, 
Joannes loquitur quee sequuntur. Si enim 
jam egressiiuisseiit, nunquam ad eos dice- 
rel • Generatio viperarum. [Luc. m, 7.) Quœ- 
cunque igiiur ad ilios loquiiur, ad vos, o 
calechumeni et catechumenœ, loquitur. Qui 
disponilis veniread baplismum, con^ideraie 
num forsilan vobis dici possil : Generatio vi- 
perarum. iied el illud quod sequilur, nisi 
niovilalem venenaque serpentuiu de curde 
vestro expuleritis, diceiur ad vos :(/»'« 
oslcndit vobis fugere ab ira venluraj [Luc. 



805 



BAPTISMUS 



306 



m, 7.) Magna huic sœculo impendel ira; 
omnis iraiii Dei {)assurus est mundiis : tan- 
Inm vnstitatem cœli , ei latitudiiiem terrai, 
et stellarutn choros, splendoreiu solis, et 
lunae noctiirnœ solatia, Dei ira subvertet. 
Raec enini omnia propter hominura peccata 
transiburit. Et olim quidem super oraiiia 
lantura in terra venit ira Dei , quia omnis 
caro reliquorat viam suarn super terram. 
{Gen. VI, 12.) Nunc autem et super cœluQi , 
et super tcrrani ventura est ira Dei. Cœti 
perlransibunt, lu autem permunebis (ad Deuii: 
dicitur), et omnes sicut testimenlum vetera- 
scenl. {Fsal. ci,'21.) 

Idem, liom. G in Ezech., t. III. — Bapli- 
zalis quid necessariuin sit ut baptizentur in 
saluteui. Aqua non es Iota insaluteni, [Ezech. 
XVI, 4.) Videamus ea qua3 suiit in Jérusa- 
lem , ne l'urie et in nobis reperiantur. 
Verbi gratia diclum sit : est quœdam mul;er 
nuMC Iota, veruin quœrilur an et in salu- 
tem, ut et nos limeamus propter lioc quod 
ait in salutem. Simon lotus est etbaplisma 
conseculus perseverabal in Pliilip[;i socit- 
lale : verum quia non erat lutus in salu- 
tem, condemnatus est ab eo qui in Spiritu 
sancto dixit ad eum : Pecunia tua tecum sit 
inperditionem. (Act. viii, 20.) Ingentis est 
dillicullalis eum qui lavatur, lavari in sa- 
lutem. Attendite, catechumeni audite, et 
ex his quœ dicuntur, prœparate vosmet- 
ipsos dum catechumeni eslis, dum necduru 
esiis baptizati, et venialis ad Javacrum, et 
laveraini in salutem; nec sic Javemini ut 
quidam qui loti sunt, sed non in salutem : 
ut qui accepit aquam, et non accepit Spiri- 
lum sanctum. Qui lavatur in salutem, et 
a(|uam acci[iit et Spirilum sanctum. Quia 
non fuit Simon lolus in salutem, accepit 
aquara, et non accepit Spiritum sanctum, 
putans quia possit donum Spiritus pecunia 
comparari, in qua non est lotus in salu- 
tem. Ad omnem animam peccalricem (luee 
\idetur credere, isla dicuntur quœ nuuc 
dicta legimus ad Jérusalem, ut non ad 
inajura conscendam, et ea quœram quœ ultra 
vires meas sunt et ingenium. 

Idem, 1. V m Epist. ad Rom., t. IV. — 
Quamvis secundum typum Ecclesiis iradi- 
lum {al. Ëcclesiastici tradilionis), omnes 
baptizati simus in aquis istis visibilibus, 
et in chrismate visibili.ta'men qui morluus 
oal [)eccalo, et vere ba{)tizatur in morte 
Cbrisli, et consepelilur ei per baptismum 
in mortem, iste vere in Spiritu sancto et 
aqua de superioribus baptizatur. El in- 
tuereadhuc diligentius mystici ordinis con- 
sequentiam. Mori prius oportet te peccato, 
lit possis se[)eliri eum Glnislo. Mortuo 
enim sepultura debetur. Si enim vi vis adtiuc 
peccuto, consepeliri non potes Christo, nec 
in iiovo fcjus sepulcro collocari, quia vê- 
tus homo luus vivii, et non potest in novi- 
tateviiœ aiiibidare. Propterea namquc curée 
fuit Spiritui sanclo Iradere per Scripturas 
quod et sipulcrum novum fuerit in quo 
se[)ultus est Jesys , et quod in sindono 
munda ebvolulus sit {Matlli.u\, GOj : ut 
sciât omnis qui consepeliri vult Christo 



per baptismum, nihil vetuslatis ad sepul- 
crum novum, nihil iramunditia) ad mun- 
dam sindonera deferendum. Ista est ergo 
beala mors, de qua dicit Apostolus, quia 
semper mortem Jesu Christi in corpore no- 
stro circuraferimus (// Cor. iv, 10) et ite- 
rum quotidie morior. (J Cor. xv, 31.) Sed 
et illud eum dicit : Omnia vestra sunt, sive 
Paulus, sive Apollo, sive Cephas, sive hic 
mundus, sive vita, sive mors (/ Cor. m, 
22). mortem hanc qua peccaloj morimur, 
et Chrislo consepclimur enumerat. 

S. Cyprian., epist. 75. — Interrogandi 
sunt a nobis qui hœreticos del'endunl , 
ulrum carnale sit eorum baplisma, an spi- 
rituale. Si enim carnale est, nihil diffe- 
runl a Judeeorum baptismo, quo sic illi 
uluniur, ut eo tanquam commun! et vul- 
gari iavacro tantum sordes lavenlur. Sin 
autem spirituale est; quomodo apud illos 
esse baplisma spiritale potest, apud quos 
Spiritus sanctus non est? Ac per hoc aqua 
qua tinguntur, lavacrum est iilis carnale 
tantum, non baptismi sacramentum. Quod 
si baplisma haerelicorum habere potest re- 
generationem secundee nativitatis; non hee- 
retici, sed filii Dei computandi sunt, qui 
apud illos baptizanlur. Secunda enim na- 
tivitas quae est in baptismo, filios Dei gêne- 
rai. Si autem sponsa Christi una est, quae 
est Ecclesia catholica, ipsa est quœ so- 
la générât -Dei filios. Neque enim multae 
sponsa) Christi; eum dical Apostolus : De- 
spondi vos uni viro virginem castam assi- 
gnare Christo. [Il Cor, xi, 2.) 

Idem, Epist. ad Donat. — Poslquam undae 
genitalis auxilio su})eriorisaivi labe detersa, 
in expiatum pectus ac purum desuper lu- 
men infudit; postquam cœlitus Spiritu hau- 
sto in novum me hominem nativilas se- 
cunda reparavit ; mirum in modum pro- 
tinus confirmare se dubia, petere clausa, 
lucere tenebrosa facultatem darequod prius 
difficile videbatur, geri posse quod im- 
possibile putabatur : ut esset agnoscere 
terrenum fuisse. Quod prius carnaliter na- 
tum delictis obnoxium viveret; Dei esse 
cœpisse quod jam spiritus animaret. 

idem, ep. 76. — Per exorcislas voce hu- 
mana et potestate divina tlagellatur, et uri- 
lur et torquetur diabolus. — Cum ad aquam 
salularem atque ad baptismi sanctiticalio- 
nem venilur, debemus et fidere, quia illic 
diabolus opprimitur : sicut scor})ii et ser- 
[)entes qui in sicco praevalent, in aquam 
prœcipilali, sua venena reiiuere non pos- 
sunt. 

Idem, Discipl. et habit, virg. — ïempla 
Dei sunt raembra iiostra, ab omni lœcc 
conlagionis anliquse, lavacri vitalis sancti- 
ticalione purgala; nec violari ea aut poUui 
fas est, quando (jui violât, et ipsc violelur. 
Eorum nos lemplorum cullores et anlisli- 
les sumus : servinmus illi cujus esse jam 
cœpimus. 

S. HiLAR., tract, in psal. xci, t. I. — Per 
conjunclioiiem carnis assumplic samus ïa 
Chrislo : et hoc est sacramentum Dei 
abscondiliim a sœculis et generalionibus 



DICTIONNAIRE DE LA TRADITION. 



307 

in Deo, quod mine revelatura est sanclis 
ejus, esse nos cohaeredes et concorpora- 
,es el comparticipes pollicilationis ejus in 
Christo. Patet ergo universis aditus in 
r.hristo per conjunctionem oarnis, si exuant 
veterem hominem, et cruci ejus affliganl, 
et ab his, quee ante gesserunt, in bapti- 
smo ejus consepeliantur, ad vitara ; et ut 
in consortium Christi carnis introeant, cur- 
nem cum vitiis et concupiscenliis affigant. 
Istiusmodi enim corpora configurabit in 
Iransformalione corporis sui, et horum hu- 
militatem in gloriam carnis suœ fransfe- 
ret, qui contundenles omnes cupiditatura 
aculeos, et voluptatum sordes abluentes 
per novse nalivilatis sacramentnm, raenai- 
nerint se non suam carnem habere, sed 

Christi. , ^^ ^ 

S. Cyril. Hierosol., catecn. 20. — O no- 
viim inauditumque rerum genus ! Non su- 
mus vere mortui, nec vere sepulti, nec 
vere crucifiïi resurreximus : verura earum 
rerum per imaginem imilatio expressa est, 
nt veritate parla bine salus. Christus vere 
.Tuciûxus est, et vere sepullus, et vere sur- 
rexit : et hœc omnia nobis per gratiam sunt 
impertita , ut per imilationem parlicipes 
ejus perpessionum lacli, in jverilale sa- 
hitem luereraur. O exuberantera in homi- 
nes amorera ! Cbristus incontaminatis |)e- 
«iibus ac rcanibus suis clavos excepit, et 
dolorem pertulit; et mihi doloris et labo- 
ris inexperto, per suorum dolorum com- 
luunicalionem salulem gratiflcatur. 

Nemo ergo existimet l)aplisma in rerais- 
sionispeccalorum duntaxat et in adoptionis 
gralia consistera, sieut erat Joannis bai)- 
lisma, quod solam peccatorum reraissionem 
conferebat : cura contra accurate noverimus, 
illud sicut peccatis expurgandis valet, et 
Spiritus sancti donum conciliât , ita et 
Christi passionum aniilypum aique expres- 
sionem esse. Propter hoc enim et Paulus 
modo damans aiebat : An ignoratis, quod 
quicunque baptizati sumus in Chnstum 
Jesum, in raortem ejus baptizali sumus? 
Consepulti ergo ei sumus per baptismum in 
raortem. Haec ad eos dicebat, qui in animum 
induxerant suum , baplismum remissionem 
peccatorum, et adoplionem equidem con- 
ferre; non aulem eliam Christi passionum , 
secundum imitationem quaaidam , partici- 
pationem complecli. 

Ut igilur disramus Cbrislum, queecunque 

pertulit, haec propter nos et nostram salu- 

tem vere et non opinions tantum susli- 

nuisse, nosque passionum ejus parlicipes 

eflici ; Paulus summa diligentia el sedulilate 

clamabat : Si enim insiliiii HU facti sumus 

similitudine morlis ejus, niminun et resur- 

recdonis, parlicipes enmus. Pulchreiilud, 

insitiiii. Quoniam enim hic plantala est vitis 

Tera, nos quoquecommunicatiune baplismi 

morlis , insiliiii illi facti sumus. Adverie 

\ero multa cum altentione animum Apostoii 

verbis. Non enim dixit : 5/ insitilu illi Jacti 

sumus morte, sed, similitudine mortis. Vere 

enim mors apud Chrislum ; vere quiii|)e 

anima a corpore separiila est; vtra quoque 



308 



sepulfura; nam in sin lone munda sa:utum 
corpus ejus involulum est, vereque omnia 
in ipso contigerunt. {Malth. xxvii, o9.)Al in 
vobis morlis quidem est passionum simili- 
ludo ; salutis vero non similitudo, sed veri- 

S.GRKGOR.Nyss.,Oro/. m eos qui differunt 
haptisma. — Es extra paradisum , catéchu- 
mène, socius exsilii Adœ, primi nostri pa- 
renlis. Nnnc aulem oslio tibi aperto ingre- 
dere unde es egressus, et ne tardes, ne si 
forle mors inciderit,ea libi obstruât aditura. 
— Multum lemporis dedisti voluplali,da 
eliam aliquid philosophiee. £xue veterem 
hominem tanquam vestem sordidam , qusB 
est plena probro ac dedecore, quee ex pec- 
catorum conflala est raultitudine, et con- 
sarcinala ex miserabilibus pannis iniquita- 
tis. Accipe aulem indumentum incorruptio- 
nis , quod explicalum et extensum tibi 
Christus porrigit , nec repelle donum , ne 
injuria afTicias eum qui dédit. In lulo dives 
volutatus, festina ad meum Jordanem, non 
Jeanne vocante , sed Christo adhortante. 
Fluvius enim gratife fluit ubique, non fontes 
habens in Palaestina : et in vieinum mare 
influens, sed totum mare circumiens, et 
ingrediens paradisum , fluens ex adverso 
illorum quatuor qui illinc efDuunt et m 
paradisum longe preliosiora inferens quam 
quœ illinc exportantur. Nam illi quidem te- 
ruiil aromata, agriculturam et germen ter- 
rse. Hic aulem infert homines a Spirilu ge- 
neratos. Quocunque traxeris, illuc iransfluit : 
derivalur in totum orbem terrae, et non con- 
sumil tluentum in iis in quœ dividitur. Fon- 
tem enim divitem habet Chrislum, et ex 
illo fluens inundat mundum universum. 

S. Athanas., in illud Evangel. Quicunque 
DixERiT. — Est inter pœnitentiam et bap- 
lismum non levé discrimen. Quem enim 
pœnitet, is desinit quidem peccare, sed ta- 
men retinel vuinerum cicatrices. Qui aulem 
baplizaïur, tum veterem hominem exuil, 
lum superne renovalur, quasi de integro 
regeneralus Spiritus sancti gralia.: 

S. Athan., ad Anthioc.princip. — Quem- 
admodum ferens uterum mulier, ex suc- 
cusatione pueri verecognoscit quod fruclum 
conceperil, ila eliam anima ejus qui vere 
Chrislianus est, non quid parentes aiunt, 
sed ex re ipsa et subsultationibus cordis sui, 
prœcipue diebus feslis , el illuslrationum 
lempore, et sumptionis sacri corporis et 
sanguinis Christi , discit ex gaudio intimo 
Spiritum sanctum se accepisse cum bapH-|. 

zatus est. . i i' 

S. Basil., Comment, m Isai., iv, t. l. — 
Quia abluet Dominus sordes filiorum et plia^ 
rum Sion , et sanguinem Jérusalem purgabil 
ex medio eorum in spiritujudicn, et m spi- 
ritu combustionis. {Isai. iv, 4.) \ erba hœ( 
iuem perspicue praeuuntiant, quod Joaniiej 
de Domino dixit : Ipse est qui vos baptizabu 
in Spiritu sancto et igné (Joan. i , àz) 
de se ipso aulem ait : Ego quidem vos bap- 
tizo in aqua in pœnitentiam. Quoniam igitu: 
utruraque conjunxit Doraïuus , J^'"^' f^ 
aquam j.œnitenliam :item illud, Exspmt% 



309 



BAPTISMLS 



510 



in regeneralionera , eliam baplisma ulrum- 
que (iesignat Scriptura. Equidem hand scio 
an très sint baptisuuUis acceptiones , ex- 
purgalio sordium, regeneralio per spirilum, 
et ea quœ in igné judicii fil probalio ; adeo 
«l abliiiio quidein de ea peccati deposilione 
quaî boc terapore (it , accipiatur ; bœ vero 
dicliones spirilu judicii et spiritu combus- 
tionis, ad probalionem per ignem in i'uluro 
sœculo Bïigendam reierantur. Sed admissa 
per ignorantiara peccata , cura sint veluii 
sordes quaedam , quae animœ superficiem 
corrumpunt, ejusque nativara déformant 
pubîliritudinetn , expurgaiione quae per la- 
vationem accessura sit indigent. Quae vero 
ad mortem ducunt peccata, eorum, qui (losl 
acceptam cognitionem voluntarie délin- 
quant, sanguis vocanlur, ac ustionis judicio 
egent. Quisquis igilur confiletur, seque 
abliii postulat et expurgari, fatetur suam 
quidem iniquitalem lotura, peccatum vero 
expurgatione indigere, cura ail : Amptius 
lava me ab iniquitalc mea et a peccalo vieo rénal us fuerù ex aqua vi